Il y a des jours où cela fait du bien de voir combien certaines femmes sont d'un courage et d'une exemplarité incroyables. Adèle en fait partie
Adèle Haenel avait deux puissants messages à faire passer pour sa carte blanche dans «La Grande Librairie» du 9 septembre dédiée à la rentrée littéraire, après avoir été invitée à l'occasion de la sortie de son premier livre "viser juste". Les mots prononcés "droit dans les yeux" lors de cette carte blanche, d'expression libre pourtant, n'ont pas plu : depuis, France 5 a retiré le replay de toute l'émission, exerçant sans la nommer une véritable censure absolument crasse.
Heureusement la prestation d'Adèle pu être enregistrée en privé puis être diffusée sur les réseaux sociaux provoquant de nombreuses réactions. Beaucoup s'offusquent à juste titre d'un tel traitement, mais cette sanction prouve, s'il en était encore besoin, que la parole n'est pas libre en France puisqu'il existe des réalités que tout le monde connaît et qui ne doivent absolument pas être dites.
C'est particulièrement le cas des viols et de l'inceste qu'il est de bon ton de passer sous silence même si tout le monde sait. C'est exactement la même chose pour le génocide toujours en cours à Gaza et toutes les atrocités qui se passent aussi en Cisjordanie, et maintenant dans le Sud Liban, tant le gouvernement d'Israël et son chef Netanyaou sont "intouchables" chez nous.
Adèle a raison. Ne rien dire c'est accepter l'inacceptable, et être aussi coupables que le sont nos élites. Un crime contre l'humanité cela se dénonce, haut et fort.
Ci-après le texte prononcé par Adèle, aujourd'hui censuré.
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Autrice engagée, notamment pour la défense de la Palestine et contre les violences faites aux femmes, Adèle Haenel a livré un texte puissant sur le plateau de France 5.
Désormais autrice, Adèle Haenel était invitée de « La Grande Librairie » sur France 5, où elle a lu un texte inédit et engagé en toute fin d’émission.
Désormais autrice, Adèle Haenel était invitée de « La Grande Librairie » sur France 5, où elle a lu un texte inédit et engagé en toute fin d’émission.
Fidèle à elle-même. De retour sur la scène médiatique pour la sortie de son premier roman, Viser Juste, l’ex-comédienne désormais autrice engagée Adèle Haenel s’est assise dans le fauteuil du présentateur de La Grande Librairie.
Ce mercredi 9 septembre, l’un des invités a été convié par Augustin Trapenard à prendre sa place pour la traditionnelle carte blanche de fin d’émission. Et c’est Adèle Haenel qui s’est essayée à l’exercice. L’occasion pour l’actrice doublement césarisée de lire un texte inédit, préparé sur mesure pour l’émission de France 5.
Adèle Haenel exclut tout retour au cinéma, qui véhicule « sexisme et racisme »
Sous les yeux de Virginie Despentes, Lilia Hassaine ou Hervé Le Tellier, Adèle Haenel a commencé par déclamer un texte puissant sur la libération de la parole autour du viol. Un sujet sensible qui touche personnellement l’autrice, après avoir été elle-même victime d’abus sexuels de la part du cinéaste Christophe Ruggia entre ses 12 et 14 ans. Le réalisateur français a d’ailleurs été condamné en appel à cinq ans de prison pour agression sexuelle en avril dernier.
« Tu as pris une décision, cette fois-ci tu vas parler. La table de famille où tu t’assois est un plongeoir. Il faudra courir et sauter dans un mot, le reste de la phrase suivra, comme une chute irrémédiable. La peur accélère ton cœur, mais là, dehors, tu t’étais juré de ne pas reculer. Pour toi et toutes les autres qui parlent dans ta voix », a commencé par déclamer avec intensité celle qui avait décidé de claquer la porte de la cérémonie des César en 2020, lors du sacre de Roman Polanski, accusé de violences sexuelles mais récompensé d’un César de la meilleure réalisation.
« Alors le mot tombe : “il m’a violée”. Sujet, verbe, COD. La phrase, aiguisée, courte et pointue fend l’espace. Le tremblement de ton corps, le tremblement de ta voix contamine l’air et tous les corps autour. Le monde vibre sous l’impact », poursuit Adèle Haenel, avant d’amorcer une subtile transition dans son texte pour évoquer un tout autre sujet.
« N’acceptez pas l’inacceptable » en Palestine
« Il faut parler de l’acte de parole, de la peur de dire lorsque les mots prononcés sont des coups de hache qui révèlent que de leur absence permanente suinte à chaque instant l’acceptation par tous de l’inacceptable. Des mots qui mettent au jour cette couche du réel que tout le monde connaît, mais qui ne doit pas être dite », déclare-t-elle encore face caméra avec sobriété.
« Moi aussi j’ai pris une décision : je vais parler. La densification de l’angoisse ne ment pas. Ce fauteuil où je m’assois est un plongeoir. Le premier mot sera un saut dans le silence télévisuel qui englue le pays. Ce brouhaha médiatique qui masque sans répit l’absence omniprésente de certaines paroles. Pareillement, la phrase est courte. Et pareillement j’ai peur », ajoute Adèle Haenel avant de révéler la chute de son texte.
« Il faut parler pour redire ce qu’il y a dans ce silence, afin que tout le monde l’entende : l’État d’Israël commet un génocide en Palestine et la France est complice », lâche-t-elle enfin, avant de s’adresser aux autorités françaises. « N’acceptez pas l’inacceptable, alors sanctionnez Israël et libérez la Palestine », a conclu l'autrice qui a définitivement quitté le monde du cinéma en 2023.
Auprès du média Blast ce mercredi, l’ancienne actrice avait réexpliqué son choix de quitter le milieu du 7e art pour « dénoncer une industrie qui produit des violences ». Depuis ce départ fracassant, Adèle Haenel s’est davantage tournée vers le théâtre, l’écriture et le militantisme, notamment en faveur des victimes du conflit israélo-palestinien à Gaza.
Article complet du HuffingPost par Maxime Birken du 10.09.2026

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