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25 juin 2026

T209 - Un vrai coup de jaune, ou du soleil à revendre, par Claire

Moi qui vit dans la quasi obscurité depuis plus d'une semaine, me voici éblouie en ouvrant ma boite aux lettres avec ce coup de jaune que m'adresse l'amie Claire : 

Yellow Day  parce que la journée du 20 juin serait la plus heureuse de l'année 

Ordinairement, je suis d'accord avec les qualificatifs associés à la couleur jaune, et j'apprécie pendant la belle saison le dynamisme, la chaleur que cette couleur dégage. 

Mais là, Claire, je dois t'avouer qu'en ce moment, je ne suis guère en mesure d'apprécier l'ardeur du rayonnement solaire tant je suis réduite à l'état d'une mollassonne toujours gluante de transpiration, dans mon appartement dont la température est  montée à 32.50° ce matin à l'heure du petit déjeuner. 

Quoi qu'il en soit, je te remercie beaucoup Claire de ta jolie création. Toute de jaune et  pleine de petites touches sympathiques, avec des collages judicieux, comme le merveilleux timbre associé, la silhouette découpée d'un loup, et la fleur de tournesol représentant on ne peut mieux, le dieu Hélios ((pensée pour l'Ukraine dont cette fleur est le symbole) : un vrai camaieu de créativité et d'énergie. 

30 avril 2026

Échange de sourires avec la vendeuse de muguet au métro Pigalle, pour Claire

Quand revient le mois de mai, nous revivons, c'est le temps des belles journées printanières, et bien sûr c'est le temps du 1er mai et du muguet.

La belle tradition d'offrir quelques brins de cette délicate fleur odorante le 1er mai  perdure, mais avec des brins de muguet produits de manière de plus en plus artificielle. Avec le changement climatique, cela devient difficile pour les producteurs de la région nantaise d'obtenir une floraison tombant pile poil avec la date du 1er mai, ce qui en enchérit le coût et augmente d'autant les problèmes de CO2 avec toute l'énergie dépensée en chauffage pour accélérer la floraison, ou maintenant en refroidissement pour la retarder. Quant au muguet sauvage, impacté lui aussi par le fait que nous ne connaissons quasiment plus d'hiver, sa floraison est bel et bien terminé pour le 1er mai. 

Pourtant, nous continuons la tradition qui veut que nous souhaitions de la chance et du bonheur à ceux qui sont importants pour nous en leur offrant un petit brin de Lys de la vallée (ancien nom du muguet, et bien plus poétique). C'est ainsi que j'ai choisi une photo de vendeuse de muguet dans Paris près de la station de métro Pigalle, pour le mail-art porte bonheur que je destine à Claire. Les deux femmes en contact pour le choix du bouquet fleuri ont l'air toutes les deux contentes de la transaction. Généralement ce jour-là j'ai remarqué que les gens semblaient plus heureux, plus légers, plus libres aussi. 

Composition réalisée au moyen d'un tissu comportant de réserves blanches en forme de brin de muguet sur fond vert, ajout de la photo ci-dessous imprimée sur tissu et de la photo d'une broche en camée, avec un bouquet de muguet en relief.
Vente de muguet à la station de métro Pigalle - Collection image historique d'archives Granger
Chère Claire, j'espère que tu recevras mon mail-art porte bonheur sans trop de délais et que demain, la journée du 1er mai sera pour toi une belle journée ensoleillée et printanière de Fête des Travailleurs, en hommage à tous ceux qui se sont battus pour obtenir des conditions de travail dignes.

8 avril 2026

PO06 - Quand une belle salade va chez le coiffeur, de Claire

C'est tout à fait l'annonce du renouveau, le printemps quand arrive le moment de Pâques avec ce mail-art original et craquant. De la poésie, de la fraîcheur, de la verdure et de l'humour, voilà de quoi passer un joli moment. 

Merci Claire pour ce second courrier reçu ce jour*. 


La salade

La salade qu'arrosa
Dès l'aurore la rosée
Avait la crinière en pleurs.
Elle alla chez le coiffeur,
Exigeant que l'on frisât
Sa chevelure irisée.

Quoi faire chez le coiffeur
En attendant que vînt l'heure
Du shampooing et des rouleaux,
La salade se cala
Dans un fauteuil à roulettes.

Or voilà qu'on lui prend la tête
Pour la mettre dans un grand plat.
On lui tortille les bouclettes,
On la frotte, on la dorlote,
Avec un brin d'échalote
Et beaucoup de vinaigrette.

La salade ébouriffée
se trouva bien coiffée
la chevelure en aigrette
d'abord douchée, puis séchée, 
on n'en fit qu'une bouchée. 

Charles Dobzynski (Fablier des légumes et des fruits)

* Expédié le 20 mars depuis les Yvelines, département voisin du mien, ce mail-art absolument correct et suffisamment affranchi a mis 12 jours de plus que le poisson d'avril  pour me parvenir... mais que se passe t-il à la Poste en ce moment ?

PO05 - Poisson d'avril en patchwork bleu et poème associé, de Claire

De l'amie Claire voici le traditionnel poisson d'avril qu'elle n'oublie jamais de m'envoyer le jour J 'en pensant très fort à la chanson de Bobby Lapointe. Cette fois encore elle l'a réalisé avec un patchwork de tissus dans un camaïeu de bleus, superbe. Merci beaucoup Claire pour cette gentille attention. 

Celui-ci a l'oeil rouge, reflétant sans doute sa colère intérieure face aux ravages qui sont faits par la pêche industrielle, où nombre de ses frères sont sortis de l'eau puis rejetés pour y mourir s'ils n'ont pas la bonne taille!... oui, en 2026, on en est là : gaspillage et pillage systématique des ressources halieutiques et interruption dans le cycle normal de la régénération des espèce. Modifier ainsi artificiellement la biodiversité de ce milieu va fatalement conduire à un appauvrissement en nombre de l'espèce et au déréglement de toute la chaine alimentaire.


Alors aujourd'hui, décidons de ne plus trop penser à toutes ces calamités, et récitons à l'unisson avec ce beau spécimen la  poésie du poisson d'avril par Noël Prévost.

Poisson d'avril

C'est aujourd'hui que les enfants
font manger la soupe à leur mère
apprennent à lire à leur père
et font voler les enfants
Tout est permis, tout est facile
puisque c'est le premier avril" 

Mon livre de calcul est florissant, 
mon vélo bat des ailes, 
le laitier est une gazelle 
et la Loire va à Paris,
capitale de la Sicile,
pour fêter le 1er avril. 

J'ai entendu mon chien chanter,
j'ai vu une baleine flotter 
dans un vase en porcelaine. 
J'ai vu un académicien embrasser 
un sergent de police,
et vive le 1er avril ! 

Ce qui gratte un peu dans le dos, 
est-ce la tour Notre-Dame ? 
Un baiser ? Un hippopotame ? 
Une corne d'escargot ? 
Peut-être une automobile ? 
Mais non ! C'est un poisson d'avril !

 Les petits poissons deviendront gros : 
dans le salon où tu te caches, 
si je t'attrape, je t'attache.
 Je pêche. avec toi le printemps, 
Qui saute et danse au bout du fil 
Comme un joli poisson d'avril

 (Noël Prévost) 

2 avril 2026

Tenue de soirée des années 20 et nuit étoilée, pour Claire

Voilà une élégante en train de rêver une nuit d'été observant les amours d'un couple de colombes,  pour l'amie Claire férue des années 20.

Je n'avais pas traité ce thème pour elle depuis un bon  moment, mais toujours à cause de mes problèmes avec la broderie à la main depuis l'an passé, j'avais mis ce projet de mail-art en stand-by. 

Comme j'essaie d'éliminer tous les en-cours avant de faire une pause, je viens tout juste de le terminer et le voici maintenant prêt au départ.

Ciel étoilé intégralement brodé à la main, robe du soir de Paul Poiret de 1924
d'après un dessin d'André Edouard Marty intitulé Les Colombes
Je t'en souhaite une très bonne réception, chère Claire, ainsi qu'une belle continuation. 

10 mars 2026

Nina Simone, compositrice, chanteuse et militante des droits civiques, pour Claire

Il y a 93 ans, au mois de février, naissait Eunice Weymon que nous connaissons davantage sous son nom d'artiste de Nina Simone.  Ce n'est pas trop du répertoire de l'artiste que je méconnais mais bien de la femme que j'ai envie de vous parler aujourd'hui : combattante et engagée toute sa vie pour les droits civiques de la communauté Afro-américaine, elle fait partie elle aussi des femmes remarquables à mes yeux,  celles dont le courage et la détermination sont à célébrer à jamais.

"Je vais te dire ce qu'est la liberté pour moi : pas de peur" 

à gauche, Nina Simone à Londres en avril 1967 à droite, une peinture de Clémence Powney

J'adresse ce mail-art à Claire, dont je ne connais absolument rien de ses goûts musicaux. Pourtant je suis à peu près certaine qu'elle a été forcément touchée par le parcours incroyable de cette femme qui n'a pas eu la chance de naître au bon endroit ni avec la bonne couleur de peau pour pouvoir exaucer son rêve de devenir la première pianiste classique virtuose noire, alors qu'elle en avait toutes les dispositions. 

Qu'elle soit ici honorée à la hauteur de son engagement et de sa pugnacité pour faire reconnaître les droits et le respect de tout un chacun sur cette terre.

Bonne réception de ce mail-art, chère Claire, le racisme et la xénophobie étant plus que jamais présents et exacerbés dans le monde d'aujourd'hui, il y a une sorte d'urgence à affirmer notre humanité et notre solidarité, au moins par la pensée, avec tous ceux qui sont minorés et qui en  souffrent.
Nina Simone, diva d'une colère noire : vidéo sur la chaine Youtube de France Culture 

Son rêve était de devenir la première pianiste classique noire. Le voeu de Nina Simone n’aura jamais été exaucée. "Je veux que les jeunes Noirs se rendent compte que je me bats encore pour leur cause, comme je l’ai fait pendant 20 ans. Je le fais car j’ai souffert encore plus qu’eux. Nina Simone"

Des détails bouleversants sur la vie de Nina Simone : vidéo sur le Youtube de Grunge

Comment une jeune fille nommée Eunice Waymon, originaire de Tryon, en Caroline du Nord, est-elle devenue l'une des artistes et militantes des droits civiques les plus marquantes du XXe siècle ? L'histoire de Nina Simone, à l'image de sa musique, est audacieuse et inoubliable.

*** Mississippi Goddam ***

« Mississippi Goddam » de Nina Simone. Enregistrement : Live à Antibes, les 24 et 25 juillet 1965. 
le sixième Festival de Jazz d'Antibes Juan-les-Pins s'est déroulé du 24 au 29 juillet.
En mars 2019, la prestigieuse Library of Congress (la Bibliothèque du Sénat) a classé la chanson «Mississippi Goddam» de Nina Simone parmi les 25 enregistrements « culturellement, historiquement ou esthétiquement importants » du pays. Le morceau sort pourtant en 1964, alors que le Sénat n’a pas encore aboli la ségrégation dans le sud du pays où l’artiste, née le 21 février 1933, a grandi.

«Ça c’est une chanson pour un spectacle, mais le spectacle de cette chanson n’a pas encore été écrit! ». C’est par cette phrase elliptique et grinçante que Nina Simone introduit ce morceau devant un public majoritairement blanc. On est en 1964 au légendaire Carnegie Hall, à New York, et il s’agit du premier enregistrement officiel de ce morceau. « Mississippi Goddam» va faire scandale, car bien entendu, tout le monde sait bien hélas que l’histoire de cette chanson a déjà été écrite. Elle renvoie au meurtre du militant noir américain Medgar Evers, assassiné en juin 63, à Jackson (Mississippi), par un suprémaciste blanc du Ku Klux Klan. Evers, défenseur des droits de l’homme, se battait pour l’accès des Afro-Américains à l’université du Mississippi.

« Et je pense que chaque jour sera mon dernier » 
L’Amérique est ébranlée par cette tragédie qui inspire aussi une chanson à une des idoles rebelles de l’époque, Bob Dylan (« Only a Pawn in Their Game« ).

Mais alors que Dylan se veut descriptif et raconte les balles qui sifflent, Nina Simone, elle, ne cite pas le nom d’Evers. Elle envoie tout bouler et cogne les touches de son piano : « tout le monde sait ce qui se passe dans le Mississippi Bon Dieu!» (ou tout le monde sait ce qui se passe dans le Mississippi putain!).
Nina Simone, elle, lie l’assassinat du militant à un autre épisode tragique de l’histoire du sud des États-Unis. Car trois mois plus tard, une bombe explosait dans une église baptiste de Birmingham en Alabama. L’attentat est revendiqué par le KKK. Il tue quatre gamines noires (Addie Mae Collins, Carole Robertson, Cynthia Wesley et Denise McNair) et blesse vingt-deux autres personnes. En pointant l’Alabama, le Mississippi et le Tennessee, Nina Simone dessine surtout avec clairvoyance la folie d’une société hypocrite, sourde et profondément injuste. On y sent le souffle chaud d’un sud poisseux, les nuques baissées rendues dociles, et surtout la peur et la mort qui rôdent quand elle chante :

Hound dogs on my trail / Chiens de chasse sur ma piste
School children sitting in jail / Des écoliers dans les prisons
Black cat cross my path / Un chat noir croise mon chemin
I think every day’s gonna be my last / Et je pense que chaque jour sera mon dernier !

Il faut dire que Nina Simone est née en 1933, après la Grande Dépression, dans la ségrégation du sud des États-Unis. Là, le soir, les voisins et les patrons portent des cagoules blanches du Ku Klux Klan, et le dimanche, sa mère prêche à l’Église. Eunice Kathleen Waymon (son nom à l’état civil) étudie le piano et donne son premier concert à 12 ans. Et refuse que ses parents cèdent leur siège à des spectateurs blancs ! « Quand tu naissais et que tu grandissais dans ce sud des États-Unis à l’époque, à 12 ans, c’était comme si tu en avais 50 ! Tu avais tellement vu et tellement vécu de choses terribles que ça faisait ta maturité » raconte le frère de Nina Simone, Sam Waymon.

Lorsque sa couleur de peau lui interdit de devenir pianiste classique et d’intégrer le fameux Curtis Institute de Philadelphie, la jeune Eunice se réinvente en Nina Simone, pour rendre hommage à son idole d’alors, l’actrice française Simone Signoret. À l’époque, la jeune fille sage ne dit pas de gros mots comme goddam! Intégrer ce juron à un titre de chanson, et en plus l’accoler à un « respectable » État lui vaut les plus vives critiques et même l’interdiction du morceau dans plusieurs états. C’est d’ailleurs, du propre aveu de la chanteuse, le morceau qui « a le plus nui à sa carrière ».

Nina au pays des mensonges
Pourtant, sur l’album Live At Carnegie Hall qui révèle « Mississippi Goddam », il y a aussi une chanson peut-être plus explicite sur les lois du pays. Dans « Old Jim Crow », elle réagit aux lois de la ségrégation. Mais « Mississippi Goddam » est la chanson qui sacre Simone comme une des icônes du mouvement des droits civiques. 

Quand sa colère monte, elle chante :
All I want is equality / Tout ce que je veux c’est l’égalité
For my sister my brother my people and me /Pour ma sœur mon frère mon peuple et moi
Yes you lied to me all these years / Oui tu m’as menti toutes ces années
You told me to wash and clean my ears / Tu m’as dit de me laver et de nettoyer mes oreilles
And talk real fine just like a lady / Et de bien parler comme une dame
And you’d stop calling me Sister Sadie / Et tu arrêterais de m’appeler sœur Sadie
Oh but this whole country is full of lies / Oh mais tout ce pays est plein de mensonges

Nina Simone chante encore cette chanson devant 40 000 personnes à la fin des fameuses « Marches de Selma à Montgomery » (1965), célèbres manifestations contre la ségrégation. À cette occasion, on lui présente Martin Luther King. En lui tendant la main, elle le prévient : « Je ne suis pas une non-violente, moi ! » Il lui aurait répondu calmement : « Aucune importance, ma sœur. »

Trois ans plus tard, le 4 avril 1968, l’assassinat de celui qui disait I Had A Dream met fin au rêve de non-violence du pays. Des émeutes éclatent dans les grandes villes américaines, et trois jours plus tard Nina Simone monte sur la scène de Westbury. Avant de chanter « Mississippi Goddam », elle raconte : 
«Il y a quelques années, quatre petites filles étaient été tuées en Alabama. À ce moment-là, ces morts nous avaient donné l’inspiration d’écrire cette chanson. Mais la mort du Dr King m’a laissée tellement anéantie que je ne sais plus où j’en suis, vraiment. Vous avez entendu la chanson «Shed A Little Light»  de James Taylor composée spécialement pour ce triste jour. J’espère que d’ici la fin de l’année, nous nous serons assez remis pour écrire des chansons qui plongent dans notre Histoire et qui rendent hommage à ces gens merveilleux et courageux qui ne sont plus de ce monde aujourd’hui.»

Dans ce concert, elle bouscule le public pour qu’il chante s’il «est ému par ce qui se passe, et s’il connaît ses chansons», et glisse qu’elle n’a pas l’intention de «rester non violente, ma chérie!» Pourtant la chanson qu’elle vient d’écrire pour King, le roi de l’amour (The King of love) est une chanson plus poignante qu’un appel à la guerre.

« C’était spontané et triste à la fois raconte Sam son frère présent sur scène ce jour-là. On ne savait pas à quoi le monde allait ressembler après tout ça. Quand j’étais sur scène, c’était le lieu et le moment où je me sentais le plus libre de ma vie, pour Nina c’était pareil parce que sur scène on existe et on se sent en sécurité. Je n’ai jamais eu peur sur scène, jamais. Le seul lieu où je me sentais menacé c’était dans le sud des États-Unis… »

Les leaders non violents sont assassinés ou en exil, et Nina doute. Changera-t-elle les États-Unis pour en faire un pays plus juste ? L’art peut-il révolutionner le monde ?

Dans son autobiographie Nina Simone écrit :  L’Amérique telle que je la rêvais pendant les années 60 était devenue une mauvaise blague avec Nixon à la Maison-Blanche, et la révolution noire remplacée par la disco (…) L’assassinat de Malcom X a renforcé ma conviction que notre lutte ne pourrait se livrer sans violence, et que si on tardait à le comprendre on tomberait comme des mouches, comme je le disais dans « Mississippi Goddam »».

Avant de prendre un révolver, Nina Simone quitte le pays, elle part pour des années d’errance et de voyages, entre la Barbade, la Suisse ou la France avec un passage par le Libéria où elle sera « enfin heureuse ». Elle dépense beaucoup, tombe amoureuse et voit son père en rêve… « J’ai vu des éclairs en Afrique. Ils vous foudroient et vous laissent sans voix », écrit-elle dans ses mémoires. Elle restera hantée par ses fantômes et ses fantasmes d’un monde plus juste avant de finir sa vie face à la mer sur la Côte d’Azur. Dr. Nina Simone y joue Bach, Debussy, Ravel et Chopin. Aujourd’hui, « Mississippi Goddam » repose à la Librairie du Congrès parmi les œuvres les plus importantes que les États-Unis aient créées. Ce n’est que justice.
Source : Article de PAM Pan Aafrican Music

*** Nina SIMONE, sa vie, son oeuvre ***

Nina Simone voit le jour le 21 février 1933 sous le nom d’Eunice Kathleen Waymon à Tryon, en Caroline du Nord (États-Unis). Elle est la sixième d’une famille afro-américaine modeste de huit enfants : son père est barbier, sa mère est femme au foyer et pasteure méthodiste. Prenant, dès l’âge de 3 ans, des leçons de piano, elle se révèle très douée. Aspirant à mener une carrière de pianiste concertiste classique, elle est toutefois recalée en 1950 à l’examen d’entrée du prestigieux Curtis Institute of Music de Philadelphie. Très déçue, Eunice Waymon attribue ce refus à sa couleur de peau.

Elle débute alors une carrière de pianiste de club : elle est engagée en 1954 dans un bar d’Atlantic City (New Jersey). Elle chante surtout des standards du jazz des années 1930, qu’elle interprète librement avec des improvisations tendant vers le blues, le gospel et le classique. Pour cacher son activité à ses parents, elle prend le nom de « Nina Simone » en hommage à l’actrice française Simone Signoret.

Elle connaît son premier succès en 1957 avec sa version de I Love You Porgy, tiré de Porgy and Bess, l’opéra de George Gershwin. Son premier album, « Little Girl Blue », sort en 1959 sur le petit label new-yorkais Bethlehem Records. On y retrouve notamment My Baby Just Cares for Me. De façon inattendue, ce titre deviendra un tube trente ans plus tard, en 1987, lorsque Chanel l’utilisera dans un spot publicitaire pour son parfum n° 5. Le style original de Nina Simone, issu d’un mélange entre jazz, gospel, blues, folk et musique classique, s’impose. Les années 1960 la voient enregistrer de nombreux albums pour de grandes maisons de disque (Colpix, Philips et RCA) et faire de grandes tournées, y compris hors des États-Unis.

En septembre 1963, révoltée par l’attentat contre l’église baptiste de la 16ᵉ rue de Birmingham (Alabama) qui a coûté la vie à quatre fillettes, ainsi que par l’assassinat du militant des droits civiques Medgar Evers, Nina Simone compose Mississippi Goddam, sa première protest song. Dès lors, elle s’engage activement dans le mouvement des droits civiques. Elle fréquente ainsi plusieurs grandes figures du mouvement, Martin Luther King, Malcom X ou Stokely Carmichael, époux de Myriam Makeba. Elle joue lors de grands rassemblements en faveur des droits civiques, comme les marches de Selma à Montgomery (Alabama) en 1965. Sur ses albums des années 1960, Nina Simone interprète des chansons sur la condition des Afro-Américains dans le Sud, tels Strange Fruit de Billie Holliday (sur l’album « Pastel Blues » en 1965) ou en compose, comme Wild is the Wind (sur l’album « Four Women » en 1966). En 1968, elle dédie la chanson Why ? The King of Love is Dead à Martin Luther King trois jours après son assassinat. Puis en 1969 To Be Young, Gifted and Black devient une chanson emblématique pour les jeunes Afro-Américains.

Écœurée par l’essoufflement du mouvement des droits civiques, brouillée avec de nombreuses personnes et en difficulté avec le fisc américain, Nina Simone n’a plus vraiment l’énergie pour composer au début des années 1970. En 1974, elle quitte alors les États-Unis pour le Liberia. Elle s’installe ensuite en Europe : en Suisse, aux Pays-Bas et en France.

Souffrant d’un cancer du sein, elle s’éteint le 21 avril 2003, à l’âge de soixante-dix ans, à Carry-le-Rouet, dans les Bouches-du-Rhône, où elle venait de s’installer. 

COMBLE DE L'IRONIE : À l'avant-veille de sa mort, elle reçoit un diplôme honorifique du conservatoire Institut Curtis de Philadelphie, celui-là même qui lui refusa l'admission en 1950.

***
Quelques compléments si vous voulez en écouter et en savoir davantage. 

* Podcast Radio France : l'adieu au classique de Nina Simone 
* Podcast Radio France : Nina Simone, mesure et démesure
* Podcast Radio France : les faces cachées de Nina Simone

29 janvier 2026

Le bleu du Blue Monday pour les bons voeux de Claire

Aujourd'hui, parmi les nombreux courriers reçus, je trouve les bons voeux de Claire tout en bleu pour le Blue Monday*, jour désigné à la date du 3e samedi du mois de janvier  comme étant le jour le plus déprimant de l'année! 

Si je n'ai vraiment aucune sympathie pour tous ces slogans publicitaires qui nous lancent des injonctions à n'en plus finir pour chaque mois de l'année, j'approuve totalement la manière dont Claire a construit sa carte de voeux : avec une publicité de voiture, elle a composé tout un patchwork inscrit dans un cercle et cela est vraiment du meilleur effet.

Bravo l'Artiste pour cette belle idée, et merci beaucoup Claire de tes bons voeux. Tu peux toujours m'envoyer du bleu à toute période de l'année, sans tenir compte de ces publicitaires qui nous manipulent, d'abord parce que le bleu n'a rien d'une couleur déprimante, et aussi parce c'est la couleur que je préfère dans les fleurs naturelles (assez rares). 

* En fait Blue Monday n'est en réalité qu'un concept publicitaire de plus : cette pseudoéquation mêlant la météo, le salaire et la motivation, a été inventée en 2005 pour faire la campagne d'une agence de voyages

2 janvier 2026

Meilleurs voeux pour l'année 2026 : redonner toute sa place au monde sauvage, pour Claire

En un autre siècle, des civilisations autres que la nôtre étaient qualifiées de sauvages, donc de primitives, termes se rejoignant dans l’opprobre et le déclassement : alors même que ces peuplades n’avaient que très rarement détruit leur environnement, destruction qui est une des belles preuves de civilisation que notre société productiviste persiste à étaler au gré de ses appétits. 

Nonobstant le « bon sauvage » cher à Rousseau, nous avons partout méprisé, écrasé ce qui n’était pas nous, imposé notre pouvoir, notre religion, notre technologie, ivres de puissance et de fatuité.

L'animal sauvage est réputé res nullius (sans maître, mais appropriable). Il est livré « au plus tirant  » ! traqué et tué au gré des lobbys et de ceux qui ne voient en lui qu’objet de loisir, en lui déniant tout droit d’existence.

Il est alors grand temps de célébrer le sauvage, de savoir admirer la magie des plumes, des rameaux, des herbes et des vents, des épines et des ombres, des mousses et de leur espace de libre expression, ce jardin de nature qui vit s’épanouir l’incroyable diversité du vivant.

Nous en sommes comptables : le sauvage, que d’aucuns voudraient rejeter dans le passé, est notre avenir, si tant est que nous soyons encore demain ouverts à l’émerveillement de l’altérité.(source téla botanica)

 Le sauvage est notre avenir : en 2026, transitons joyeusement vers un monde plus vivant

24 novembre 2025

16e JMFTA : Un blackfriday joliment illustré mais boycotté, de Claire

Tout comme moi, Claire ne rate jamais la JMFTA, c'est même à cette occasion-là qu'elle a découvert les joies de l'art postal, il y a quelques années déjà.

Composé de bandes de journaux, de magazines, de différents papiers noirs, c'est un mail-art engagé qu'elle m'adresse aujourd'hui, visant le Black Friday et ses excès.



A son tour, Claire s'insurge contre les délires de la publicité abusive qui nous inonde depuis plusieurs semaines pour encourager une surconsommation assumée alors qu'on devrait tous déjà mettre un grand coup de frein à cette addiction que les marques exercent sur nous. C'est vraiment assez de vouloir nous "culpabiliser" si toutefois nous ne possédons pas le dernier "air fryer" à la mode, où la dernière machine à faire du bon café en partant des grains, ou je ne sais quoi d'autre!!! 

Nous sommes des adultes capables de réfléchir et de nous rendre compte que cela ne nous rend pas davantage heureux de posséder le dernier truc à la mode et qui sera démodé dans les prochaines semaines... Pire, cela nous conditionne dans une espèce de roue infernale comme celle du hamster, où nous avons envie de toujours plus, de toujours mieux alors que dans nombre de foyers, le pouvoir d'achat a énormément baissé et que les charges incompressibles, elles, ont plutôt tendance à croître.
Enfin, chacun fera bien comme bon lui semble, mais rien, absolument rien ne nous oblige à acheter car l'achat le moins cher, la plus belle réduction à obtenir, c'est le non achat avec donc une remise de 100%. Et puis, après tout, le pouvoir est entre nos mains : si nous n'achetons pas autant, peut-être que la production sera revue à la baisse en nombre ou en mieux en qualité, in fine, pour éviter tous ces surplus à écouler au plus vite pour vider les rayons.

Merci Claire pour ce mail-art réalisé en 100 % recyclage de papiers et coupures de journaux divers. Et bravo pour cela! Merci pour cette nouvelle participation à la JMFTA, je te remercie de ce très chouette mail-art!

20 novembre 2025

CH34 - Protéger les chimpanzés, c'est aussi protéger notre santé, pour Claire

 Voici pour Claire les taquineries d'un jeune chimpanzé avec un adulte dans un arbre.

Photo vue le site Instagram de Jane Goodall Institute auteurs de la photo : Anna Mosser / Stephano Lihedule / Nick Riley

*** Protéger les chimpanzés, c’est aussi protéger notre santé ***
post sur Instagram du JGI

Certaines maladies peuvent se transmettre entre les humains et les animaux
Ces zoonoses représentent une véritable menace pour les chimpanzés, nos plus proches cousins, à cause de notre grande similarité génétique.

Depuis les premières recherches du Dr Jane Goodall à Gombe, en Tanzanie, nous savons qu’un simple contact rapproché peut exposer les chimpanzés à des maladies contre lesquelles ils ne sont pas protégés.

Pour prévenir ce risque, le Jane Goodall Institute et le Gombe Stream Research Center ont créé le Gombe One Health Hub. Ce programme innovant vise à protéger la santé des chimpanzés, des humains et de leur environnement grâce à :
  • un suivi régulier de la santé des chimpanzés,
  • des analyses non invasives et des tests PCR,
  • et une collaboration étroite avec les communautés locales.
L'objectif poursuivi : prévoir, détecter et répondre aux maladies pour un avenir plus sain pour tous.

22 septembre 2025

B61- Jardin aux couleurs de l'automne, en son premier jour, de la part de Claire

Waouh, que voilà une belle réalisation avec beaucoup de recherche entre les  motifs du tissu de base, les  formes et couleurs des timbres et des boutons, dans une belle harmonie automnale ! 

Claire me fait un bien joli cadeau avec son jardin d'automne, qu'elle mitonne pour moi depuis un bon moment, collectant patiemment les différents boutons et attendant que ce soit vraiment la saison pour me l'envoyer sans "fausse note".

Il a mis beaucoup de temps pour arriver jusqu'à moi mais il a bien fait de tarder un peu dans les circuits de distribution de la Poste car je l'ai reçu dans ma boite aux lettres pile-poil le jour officiel du changement de saison. 

Un très grand merci à toi, Claire, tu m'as réellement gâtée. 

2 septembre 2025

Quand le coeur bat pour un beau marin américain, pour Claire

Cette fois-ci, je ne crois pas avoir respecté les critères de Claire sur la période qu'elle préfère, celle des années 20 autrement dit des années folles.

Composition avec une  carte gravure  trouvée dans La Vie Parisienne
1918 - the loveable US sailor by George Barbier 

Mais comme j'ai trouvé ces deux amoureux fort charmants,  j'ai décidé, après quelques petits points de broderie pour les fleurs, d'en faire un mail-art pour ma correspondante qui me le pardonnera. Difficile de rester insensible, en effet, quand au printemps le coeur de deux jeunes gens chavire...comme sur carte gravure réalisée par George Barbier,  pour le magazine de mode de l'époque La Vie Parisienne en 1918. 

George Barbier est un illustrateur typique du courant Arts Déco par son trait graphique et précis. J'aurai l'occasion dans reparler sur ce blog.

Je te souhaite une bonne réception de ce mail-art, chère Claire. Bonne continuation 

25 juillet 2025

Hommage à Théodore Botrel, père de "la Pimpolaise", de Claire

Avec cette enveloppe représentant un vieux vagabond sur la partition de la chanson "Le vieux mendiant",  j'ai pensé que Claire avait voulu mettre en avant les gens "de peu", ceux qui ne comptent pas pour la société. De plus, le superbe timbre de Raymond Depardon me laissait entendre pour le moins qu'il s'agissait d'une histoire de petites gens, de travailleurs agricoles ou autres.  

 

Mais, c'est de ne pas retrouver à temps une partition de Théodore Botrel qui a justifié une telle réalisation sur l'enveloppe ; moi  je la trouve déjà très réussie ainsi. 

En réalité par ce courrier, Claire voulait essentiellement pouvoir rendre hommage à Théodore Botrel, auteur-compositeur-interprète breton (on disait chansonnier, à l'époque), dont le centenaire de la disparition est célébré en ce moment du coté de Pont-Aven.

Son nom ne vous dit peut être rien, pourtant de Théodore Botrel nous avons tous au moins entendu la chanson de "La Pimpolaise",  la plus célèbre mais loin d'être la seule car cet artiste fut un auteur très prolifique.

Claire me confie qu'il fait toujours partie du "foklore familial" : à chaque réunion importante avec toutes les siens figurent  immanquablement plusieurs chansons de ses chansons  dans le répertoire entonné par les convives. Elle se souvient aussi d'une grand-mère qui chantait aux veillées la "Chanson du couteau" dont le texte m'est fourni ci-dessous.

"Le couteau" : chanson populaire de Théodore Botrel (1908) 
chanté par l'auteur publiée sur la chaine Youtube de @lysgauty1

Merci vraiment Claire pour ce bel hommage à Théodore Botrel très complet et pour le texte de cette chanson du couteau.

Merci de m'avoir remis en mémoire cet été 1992 où avec ma petite famille nous sommes allés à Paimpol à la fête des vieux gréements, la ville était pavoisée, des chants de marins diffusés partout par des haut-parleurs : c'est là que j'ai entendu mais surtout bien écouté les paroles de "la Paimpolaise", je les ai trouvées  particulièrement émouvantes. 
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Auteur-compositeur-interprète à l'initiative de la Fête des Fleurs d'Ajonc
Théodore Botrel et Pont-Aven
http://jeanprovencher.com/2011/05/27/botrel-vient-nous-bercer-pour-cartier/

Couronné trois fois par l’Académie Française, le barde breton a été l’ambassadeur de la Bretagne dans le monde dès 1903.
Il a séjourné à Pont-Aven de 1905 à 1925.
Il a créé la toute première fête folklorique de Bretagne, la Fête des Fleurs d’Ajonc en 1905.
La fameuse chanson « LA PAIMPOLAISE » a été à l’origine de son succès et de sa carrière de chanteur.

L'enfance de Théodore Botrel
Le petit Théodore est né à Dinan le 14 septembre 1868. Son père vient d’une famille de forgerons de Saint-Méen et travaille comme homme à tout faire chez le maire de Dinan, sa mère y est lingère. Peu de temps après sa naissance, ils partent pour Paris pour essayer d’y faire fortune, en vain. Théodore est resté chez sa grand-mère paternelle à Saint-Méen. Il passe sept années de liberté comme tous les enfants de la campagne à cette époque. En 1875, ses parents le réclament et voici le petit paysan gallo enfermé dans un appartement où il se réfugie pour fuir les moqueries des petits citadins. Son accent et ses vêtements en sont la cause. Son inscription dans une école de frères de son quartier va lui permettre de s’intégrer. Il sympathise avec un autre élève d’origine bretonne, Eugène Hervé Vincent qui plus tard illustrera plusieurs recueils de ses œuvres.
Il obtient son certificat d’études et fait la fierté de son père illettré. Il débute comme apprenti chez un serrurier et enchaîne les petits boulots peu rémunérés. Pendant tout ce temps, il continue de fréquenter le patronage de l’église de Saint-Augustin. Le directeur lui trouve une place de coursier chez un avoué, Maître Denormandie. Celui-ci avoué de la Comédie Française, distribue des billets à ses employés. Théodore devient alors un spectateur assidu, il découvre la poésie, s’inscrit au cours du soir et commence à rimer.

Début de sa carrière à Paris
A 18 ans, il va à Rennes pour son service militaire mais malade il est réformé. Il rentre à Paris et cherche un emploi. Travaillant chez un courtier maritime, il porte très souvent du travail chez un imprimeur qui est aussi celui de La Bonne Chanson. Celui-ci lui conseille de participer au concours du « caveau ». Il s’inscrit au cours de maintien et de préparation du Conservatoire et fait de la figuration gratuite pour le théâtre libre d’Antoine. A ce cours il rencontre Melle Hélène Lutgen, alsacienne comme sa mère. Il l’épouse et travaille ensuite pendant neuf ans pour la compagnie de chemin de fer Paris-Lyon-Marseille.
Le soir, il fréquente les cabarets de Montmartre. Un soir, il chante ses œuvres pour remplacer un chanteur absent, dont La Paimpolaise (1895). Il y rencontre Feautrier, le pianiste qui devient son compositeur. Il lui écrit notamment, la musique de « La Paimpolaise » et de « la ronde des châtaignes ». Un soir de gala, n’ayant pas la tenue requise il a l’idée d’emprunter un gilet de Pont-l’Abbé au patronage. Il a trouvé son décor, un costume breton. Il adoptera par la suite, celui de Pont-Aven.

Botrel devient le chanteur à la mode
Botrel devient un chanteur très à la mode, ses succès ne se comptent plus, il sait utiliser les moyens de l’époque pour diffuser ses œuvres. La Bonne chanson est diffusée à 60 000 exemplaires chaque mois. 950 000 recueils de ses chansons les plus connues (une centaine) seront vendus.
En mauvaise santé, il vient se rétablir en Bretagne à Port-Blanc et donne quelques galas. En 1898, il chante à Morlaix. Lors d’une représentation de théâtre en breton donnée à Ploujean, en plein air (décors de Maufra), il est prié de chanter à l’entracte. Est-ce cette fête qui lui donna l’idée de ses pardons bretons ?

Arrivée à Pont-Aven
Venu donner un récital à l’Hôtel Julia, il apprécie la douceur du climat de Pont-Aven, et en 1905, décide de s’y installer. Cette année-là, il crée le pardon des Fleurs d’Ajonc qui se déroule le premier dimanche d’Août. Ce pardon s’est tenu tous les deux ans jusqu’en 1914.
En 1907, il s’installe définitivement à Pont-Aven. 
Il construit le Castel Brizeux sur la colline de Bourgneuf. Son entretien se révélant être une charge trop lourde, il s’en sépare en 1909 et construit Ker Botrel.
Pendant la première Guerre mondiale, il sera incorporé comme chanteur aux armées.
En 1916, sa femme meurt et est enterrée à Pont-Aven. Il repart aux armées.
En 1919, il épouse Marie Schreiber qui lui donne deux filles, Lénaik et Jeannick. La famille vit à Pont-Aven. Botrel avait alors repris ses tournées au Canada entre autres. En 1925, il s’apprête à repartir en Belgique, quand, pris d’un malaise à Port Manec’h, il doit rester aliter. Il meurt quelques jours plus tard. Ses obsèques ont marqué tous les Pontavenistes.

Botrel repose au cimetière de Pont-Aven. « J’aime, je chante, je crois » gravés dans le granit, telle est sa devise dont les mots résument le mieux sa vie.
Source : extrait d'un article paru sur le site de Concarneau à Pont-Aven

 Théodore BOTREL  - Dinan 1868 /Pont-Aven 1925

16 juin 2025

Élégantes sur la plage, pour Claire

Avec l'arrivée de l'été, nous sommes tentés d'aborder des thèmes évoquant les vacances.Je m'en suis donc donné à coeur joie, pour ce mail-art textile destiné à Claire. 

Rien de plus simple avec ce délicieux tissu de broderie anglaise bleu ciel que de simuler justement le ciel, pour l'arrière plan de cette composition des années 1920, où de belles dames fort élégantes se prélassent et devisent sur la plage. 

Pas sûre que leur installation avec vrai fauteuil et abri en toile soient totalement compatibles pour une vraie journée de détente en bord de mer, tant leur toilette me semble précieuse pour un tel endroit!

Chère Claire, je te souhaite une bonne réception de cet art postal : passes un bel été!

25 avril 2025

Vivre la beauté d'un début de printemps, tout en poésie, pour Claire

Claire aime particulièrement ce qui touche à la mode des années 1920 et aux années folles.

Pour cette fois-ci j'ai un peu extrapolé et j'ai remonté le temps pour elle : je l'emmène en Autriche avec ce  "Début du printemps" de Koloman Moser,  l'un des grands artistes du mouvement Art Nouveau et de la Sécession de Vienne. 

Composition emperlée avec le Début de printemps, oeuvre de Koloman Moser 1901
Début de printemps :Illustration d'un poème de Rainer Maria Rilke. 1901
C'est une mise en image du poème du grand Rainer Maria Rilke dont je n'ai pas réussi à trouver le texte en français. hélas. Par contre voici toutes les explications sur cette belle oeuvre.

Les principes de travail du printemps. L'illustration d'un poème de Rainer Maria Rilke par Koloman Moser, créé en 1901, est un charmant exemple du symbolisme et de l'art décoratif du mouvement moderniste au début du XXe siècle. Cette peinture évoque non seulement l'esprit du printemps, mais aussi intrinsèquement lié à la poétique de Rilke, en capturant l'essence du renouvellement et de la beauté de la nature à travers une représentation visuelle délicate et subtile.

Moser, un membre exceptionnel de la sécession de Vienne, se caractérise par sa capacité à fusionner des éléments décoratifs avec une conception philosophique et émotionnelle profonde dans son travail. Dans ce travail, le choix de la couleur est fondamental; La palette douce dans des tons de touches vertes, bleues et jaunes suggère la fraîcheur et la lumière qui accompagnent la renaissance du printemps. Les couleurs sont entrelacées afin qu'elles fournissent une atmosphère presque éthérée, enroulant le spectateur dans un sentiment de paix et de renouvellement. La capacité de Moser à utiliser la couleur symboliquement et de manière évocatrice est révélée, amenant le spectateur à une sorte d'état méditatif qui invite la contemplation.

Quant à la composition, le travail est équilibré de sorte que chaque élément semble avoir sa place, créant une harmonie visuelle. L'inclusion de motifs floraux est caractéristique de l'immobilisation de Moser, où vous pouvez voir une stylisation qui rappelle à la fois la nature et l'ornementation. Il n'y a pas de figures humaines dans la peinture, ce qui permet à l'approche d'être dans la nature elle-même, dans sa capacité à renaître et à s'épanouir chaque année. Cela résonne avec l'écriture de Rilke, qui explore souvent le lien entre l'être humain et le monde naturel, suggérant une relation symbiotique dans laquelle les deux sont en dialogue constant.

Un aspect intéressant de cette œuvre est sa fonction comme une illustration d'un poème, qui vous invite à considérer comment la poésie et la visualité se complètent mutuellement. Moser traduit non seulement le texte poétique en un langage visuel, mais fournit également une interprétation qui peut ouvrir de nouvelles voies de compréhension. La sensibilité que Moser montre lors de la sélection et de la capture d'éléments évocateurs renforce l'idée que la poésie et la peinture des disciplines peuvent converger et enrichir l'expérience du spectateur.

Dans le contexte plus large du travail de Moser, le début du printemps est représentatif de son exploration constante de l'esthétique moderniste, où la beauté et la fonctionnalité sont liées. Comme d'autres œuvres de son Gustav Klimt contemporain, Moser utilise une approche ornementale et décorative, bien qu'il établit également son propre style distinctif, plus influencé par le symbolisme et la nature que par des éléments figuratifs plus complexes.

En conclusion, les principes du printemps sont une œuvre qui célèbre non seulement l'arrivée de la nouvelle station, mais établit également un pont entre le mot et l'image, entre l'émotion de la poésie de Rilke et le lyrisme de Moser. Grâce à sa couleur vibrante et à sa composition harmonieuse, il invite le spectateur à vivre la beauté du printemps sous sa forme la plus pure, devenant une pièce intemporelle qui continue de résonner dans la philosophie de l'art contemporain.

Chère Claire, j'espère que tu ne m'en voudras pas d'avoir changé d'époque, et que tu recevras ce mail-art en bon état, dans des délais acceptables. 

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Biographie de Koloman Moser  1868-1918

Une conscience artistique forte 

Entre études aux Beaux-Arts et petits boulots prestigieux

Koloman Moser est le fils de Josef Moser et Theresia Hirsch, un couple bourgeois autrichien. Koloman grandi au sein de cette famille aisée, et bénéficie d’une éducation appuyée. Après avoir entamé des études en école de commerce, il passe des examens en vue d’intégrer la prestigieuse école des Beaux-Arts de Vienne en 1885, alors qu’il n’a que 17 ans. Il réussit le concours, mais voilà : ses parents ne sont pas au courant de son projet ! Il devient donc étudiant aux Beaux-Arts, et a la chance d’assister aux cours de professeurs prestigieux à l’époque : Franz Rumpler, Josef Trenkwald ou encore Christian Griepenkerl.

Malheureusement, une triste nouvelle vient entacher les heureuses années étudiantes de Koloman : son père décède en 1888, et il doit désormais subvenir à ses propres besoins. Qu’à cela ne tienne : le jeune artiste a de la suite dans les idées, et ils arrive à financer ses études aux Beaux-Arts en vendant ses illustrations à différents magazine d’Art autrichiens, dont notamment le Meggendorfer-Blätter ou encore la Wiener Mode. Les talents de dessinateur de Koloman Moser ne restent pas inaperçus longtemps auprès de ses professeurs : Josef Trenkwald l’encourage à donner des cours. C’est ainsi que Moser enseigne le dessin aux enfants de Karl Ludwig. Une mission prestigieuse, puisque Karl Ludwig est un archiduc qui lui permet de dispenser ses cours au sein du magnifique château Wartholz.

En 1894, alors âgé de 26 ans, Koloman Moser rejoint le Siebener-Club, dont il reste membre jusqu’en 1897. Le siebener Club, ou «Club des 7» en Français, est un groupe de discussion qui se réunit régulièrement au café Sperl de Vienne. Ses membres échangent leurs opinions sur les Arts Appliqués, l’Architecture, et leur vision de leur mission en tant qu’artiste.

Parmi leur débat revient souvent la question de la pertinence de l’enseignement académique. Les membres du Siebener Club sont en effet plus adeptes de l’enseignement à travers la pratique plutôt qu’à travers un enseignement classique et des cours magistraux. Une conviction paradoxale pour Koloman Moser, puisqu’il suit lui-même de très longues études, qu’il ne finit qu’à la fin des années 1890 !

Pour autant, il aime se réunir avec ses amis du Siebener Club. C’est d’ailleurs via ce groupe qu’il fait la connaissance d’autres grandes figures du mouvement d’Art Nouveau, comme Gustav Klimt, Josef Maria Olbrich ou encore Josef Hoffmann.

Koloman Moser et la Sécession Viennoise : le projet d’une vie

 Koloman Moser, la Sécession Viennoise et le Ver Sacrum : Entre 1893 et 1895, Kolo rejoint en tant qu’étudiant la Kunstgewerbeschule (ou école des Arts Appliqués en français) de Vienne. Il y devient même professeur par la suite en 1899. Une expérience de courte durée puisqu’il démissionne de son poste à peine 6 mois plus tard.

En 1897, Kolo fonde la Sécession viennoise (Die Wiener Secession en Allemand). Il s’agit d’un courant artistique que l’on peut comparer aujourd’hui avec recul comme un sous-mouvement d’Art à la croisée du Jugendstil et de l’Art Nouveau. Toutefois, la Sécession ne peut se résumer à cette simple définition : elle possède en effet ses propres caractéristiques, mais aussi son manifeste, ses artistes et expositions dédiées.

Le mouvement possède sa propre revue mensuelle intitulée « Ver Sacrum » et fondée par Gustav Klimt et Max Kurzweil en 1898. Koloman Moser y publie plus de 140 illustrations ! Il gère par ailleurs majoritairement l’organisation des expositions dédiées au mouvement, ce qui représente beaucoup de travail : rien qu’en 1897, il voyage à Nuremberg, Bamberg, Prague, Dresde ou encore Munich pour monter ces évènements.

La Sécession de Vienne sera particulièrement influente à Vienne, mais aussi à Prague, et plus largement en Europe de l’Est, et ce jusqu’à la fin des années 1900.

 Ditha Mautner, Carl Moll et les expositions : En 1902, Koloman Kolo Moser sort d’une décennie riche de nombreuses aventures artistiques à travers l’Europe, et de rencontres passionnantes faisant de lui un artiste Art Nouveau accompli. Il décide de se rapprocher de sa famille, et s’installe donc avec sa mère et sa sœur dans un immeuble-atelier à Vienne, dans le quartier Hohe Warte, alors prisé par les artistes (Carl Moll habite même dans son immeuble !). Soucieux du moindre détail, Kolo dessine les meubles de leur appartement. Mais son rythme de travail ne ralentit pas pour autant : durant l’été 1902, il se rend dans 4 villes à l’étranger pour des expositions : Padoue, Venise, Abbazia, Trieste et Lovran. Son agenda ne désemplit pas non plus les années suivantes : Carl Moll l’accompagne dans ses nombreux voyages en 1903, où il fait la rencontre de Cuno Amiet et Ferdinand Hodler. En 1904, c’est Ditha Mautner Markhof, sa future épouse, qui l’accompagne, en présence également de sa future belle-mère.

En route vers de nouvelles aventures : Koloman a envie d’autre chose. En 1905, avec Gustav Klimt et d’autres artistes, il quitte définitivement le mouvement de la Sécession Viennoise qu’il a fondé. Il épouse Ditha et devient protestant comme elle. Ce mariage l’amène à quitter l’appartement qu’il occupait depuis 3 ans avec sa mère et sa sœur à dans le Hohe Warte de Vienne. Les deux jeunes mariés s’installent à Landstrasse, dans l’hôtel particulier appartenant à la famille de Ditha. Si l’immeuble appartient à la famille de son épouse, la personnalité de Koloman y est bien présente : il y dessine encore une fois le mobilier Art Nouveau qu’il souhaite y installer. 

Apogée de Koloman « Kolo » Moser et fin de vie

Consécration artistique et maladie

A partir du milieu des années 1900, la chance semble sourire à Koloman Moser. En 1906, le premier enfant de la famille Moser naît : c’est un petit garçon prénommé Karl. En 1908, il participe à une exposition formée par Gustav Klimt et sa clique à Vienne. Koloman Moser ont par ailleurs un deuxième enfant en 1909 : un autre garçon, Dietrich.

En 1911, une exposition à la galerie Miethke de Vienne lui est entièrement consacrée. Cette même année, il participe par ailleurs à l’exposition internationale à Rome. Les années suivantes seront toujours riches de voyages, d’exposition et de rencontres avec d’autres artistes influents qu’il respecte, comme Ferdinand Hodler.La consécration est là : il participe à la première exposition internationale de la Sécession Viennoise à Rome, suivie dune autre exposition à Düsseldorf et une à Mannheim. En 1916, il expose ses propres œuvres lors d’une exposition à Berlin dédié à l’art viennois.

Malheureusement, le célèbre Koloman « Kolo » Moser, que rien ne semble arrêter, tombe gravement malade cette même année. Atteint d’un cancer du larynx, l’artiste se bat contre la maladie 2 années durant, mais perd finalement la bataille et meurt en 1918. Il est enterré le 21 octobre au cimetière de Hietzing, et laisse derrière lui une veuve, 2 jeunes garçons et des centaines d’œuvres emblématiques du mouvement Art Nouveau.

31 mars 2025

Danseurs en faïence de Quimper sur un air de musique bretonne, de la part de Claire

Je suis très en retard dans mes courriers de réponse car à part les voeux, je n'ai pas envoyé grand-chose en 2025, toute occupée que j'étais à tricoter pour l'oeuvre collective concoctée pour ce printemps par l'ami Tony. 

Et voici déjà le 3e envoi de Claire pour cette année : désolée, je vais me rattraper mais là, j'ai un gros coup de mou... et je suis amoindrie par des problèmes de vue pour le moment, m'empêchant de broder, comme j'aime tant à le faire. Heureusement, nous sortons de l'hiver qui m'a semblé bien pénible.

Merci pour ces petits danseurs bretons fabriqués dans la faïencerie Henriot de Quimper, si célèbre pour ses bols avec prénom dont chaque touriste qui passe en Bretagne fait immanquablement l'acquisition. C'est le cadeau privilégié des grands-mères pour leurs petits-enfants.

Je préfère pour ma part les petits danseurs comme ceux en constumes traditionnels si habilement peints que m'adresse ma correspondante dans son gentil courrier de printemps. Merci beaucoup Claire, tu me donnes encore plus envie d'aller faire un tour en Bretagne, pour me requinquer un peu!