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27 mai 2026

Lettre ouverte et facétieuse, de la part de Christian

Je l'avais bien repérée sur son blog, et je ne doutais pas qu'elle finirait par me parvenir : la lettre ouverte de Mr R, reçue seulement aujourd'hui,  trois semaines après son expédition, mais dans un emballage protégé !


 

J'imagine que c'est parce qu'elle a bien tourné entre les mains des différents acteurs de la Poste et peut-être que sa distribution a été retardée par les nombreux jours fériés du mois de mai. Mais, comme toujours avec ce correspondant génial, cela valait la peine d'attendre : un nez proéminant en crève littéralement le centre tandis que des mains s'aggripent au rebord de l'enveloppe, entourant deux timbres, le tout représentant  quasiment un visage : j'adore! 

Quelle créativité cher Christian, un très grand merci à toi.  Et même si j'ai décidé de ralentir vraiment mon rythme de production mailartistique pour quelques mois, une réponse s'impose.

27 mars 2026

Axe Dubien, celui qui fait l'étonné, de Christian

Ah quel bonheur de voir arriver dans ma boite aux lettres l'un des personnages exceptionnels créés par l'ami Christian. Celui-ci a pris beaucoup de temps pour arriver jusqu'à moi (un mois et vingt-cinq jours) mais, comme je ne l'attendais pas spécialement, le plaisir est intact.

J'avais repéré sur son blog il y a déjà pas mal de temps une nouvelle série de ces géniaux olibrius, mais comme ils sont publiés sans le nom du destinataire, je me régale surtout à chaque fois de leurs accoutrements et des patronymes dont Christian ne manque jamais de les affubler.

Je vous présente donc Axe Dubien qui fait partie d'une série "Nouvelle France,  lot comprenant aussi François Desouche, Jacques Unpoursoi et bien d'autres que je vous laisse découvrir, histoire que vous éprouviez le même ravissement que moi.

Quand on voit comment on peut arriver à être si caustique et en même temps plein d'humour simplement en créant à partir des emballages omniprésents de notre industrie alimentaire (boites à camembert, boites de conserves, etc...), je tire mon chapeau à l'Artiste avec un grand A et je le remercie vivement. 

20 février 2026

PO03 - Poésie et gravures dans un livre d'artiste en mini format, de Daniella

Quand une enveloppe un peu épaisse arrive jusqu'à ma boite aux lettres, j'ai le sentiment heureux que l'amie Daniella a encore eu une belle idée géniale, dans son domaine où la créativité n'a pas de limite.

Je me suis habituée à la voir protéger ses créations dans une enveloppe ordinaire car ce qu'elle m'adresse est toujours fragile, et on sait avec quelle délicatesse nos plis postaux sont désormais traités.  Ceci explique que je considère toujours qu'il s'agit bien d'art postal à mon attention car Daniella met toute son âme dans ses réalisations.

J'ouvre l'enveloppe et déballe le papier de soie qui contient un nouveau bijou, que Daniella appelle "la petite chose" qui suit : 

 







Encore une fois je suis comblée avec ce nouveau cadeau que ma correspondante très douée m'offre avec ce merveilleux livre d'artiste aux toutes petites dimensions de 6x6 cm, dont les pages contiennent de la poésie en prose associée à des impressions de gravures.

Un énorme merci à toi Daniella, qui me gâte décidément beaucoup. J'apprécie tellement tes créations. L'envoi de poésie de ta part n'est pas nouveau mais j'apprécie énormément. C'est à mon tour de te créer quelque chose, pour cela il va me falloir retrouver un peu de niaque, qui me fait plutôt défaut en ce moment. 

19 février 2026

PO01 - Rêve d'une sirène sur graine de caroube, par Eric

Aie Aie Aie Caroubia! 

Pas de courrier du tout depuis une semaine (et les vacances n'ont pas encore commencé) et là, paf, un grand sac jaune de la Poste, ce qui n'annonce généralement pas une bonne nouvelle.

Cela me fait terriblement mal au coeur de constater en l'ouvrant qu'il contenant une graine de caroube artistiquement décorée, en trois morceaux heureusement encore attachés ensemble : ouf ! soulagement, car j'espère arriver à recoller les morceaux.
Prendre une étoile dans la main
Plonger dans la nuit
et renaître en paix demain 

Tu es le premier : merci Eric d'avoir déjà si joliment répondu à mon nouvel appel, pour venir combler mon besoin de beauté et de poésie! Comme c'est chouette d'avoir des copains mail-artistes si connectés à mes humeurs et mes goûts profonds. Merci l'Ami

16 février 2026

Défi relevé avec la raînette et le nymphéa, pour Sylvie

Je ne sais pas si vous vous souvenez, mais en décembre dernier, mon amie jurasienne Sylvie m'avait gentiment lancé un défi, comme à plusieurs autres de ses correspondants. Cela consistait à incorporer l'étiquette ci-dessous dans une composition de notre choix pour en faire un mail-art particulier. 

Photo du nymphéa libre de droit publiée sur le site de Shutterstock - l'étiquette forme l'essentiel du corps de la raïnette

J'ai vraiment beaucoup galéré à cause de la taille de l'étiquette, car, si je voulais rester à l'échelle, il me fallait trouver une scène où incorporer un tel gabarit, ce qui allait forcément entrainer une réalisation en très grand format. 

Etiquette aux dimensions de10 x 4.5cm au plus large

Les idées ne m'ont pas manqué mais j'ai du les abandonner une à une, car cela m'aurait entrainé dans une dimension d'art postal supérieure au A4 , si je voulais respecter les proportions. Ensuite, j'ai essayé d'utiliser l'étiquette par moitié, dans le sens de la hauteur et celui de la largeur, mais cela ne changeait pas le problème. 

C'est finalement par l'exploration de l'oeuvre de Claude Monet dont on va fêter le centenaire de la disparition cette année que j'ai trouvé finalement une photo en très gros plan d'une feuille et d'une fleur de nymphéa où ma jolie raînette serait enfin bien à sa place. 

Je t'en souhaite une bonne réception chère Sylvie ; avec ton oeil si doué pour mettre en scène les timbres, j'ai hâte de voir ce que tu vas avoir imaginé de ton côté avec cette étiquette. 

Dans mon prochain envoi, comme nous en avons convenu, je t'enverrai de quoi jouer, mais ce sera avec un timbre à découvrir et à illustrer.

29 janvier 2026

Une belle tronche de plus pour ma collection, de la part de Christian

Dernier courrier aujourd'hui dans la boite aux lettres. Oh la la.... cela commençe mal : quand j'aperçois le sachet transparent jaune de La Poste, c'est souvent parce que le contenu a été plus ou moins abimé lors de son acheminement.

A première vue, cela n'a pas l'air catastrophique  (comparé à ce qu'il m'est déjà arrivé de recevoir, en miettes, dans ces fameux sacs jaunes). J'ouvre délicatement la pochette et là, surprise des surprises, et même si je m'en doutais un peu compte tenu du volume, c'est une merveille de plus de l'ami Christian, dit Monsieur R. 



En partant d'un emballage en carton bouilli dur et moulé utilisé pour le transport de bonnes bouteilles*, mon correspondant  a déployé son talent  incommensurable pour fabriquer l'une de ces trognes dont il a le secret : c'est hyper réaliste et toujours plein d'humour et de dérision à la fois, j'adore! 

Merci, merci Christian, pour ce nouvel envoi postal. Quel talent et aussi quel pied de nez à ce "Dry January" décrété qui n'empêche rien du tout pour les personnes addictes à l'alcool. 

En attendant de savoir comment toi,  tu l'as surnommé,  j'ai choisi de l'appeler Elia Bienbu : je ne  suis pas certaine d'avoir trouvé la bonne occurence car c'est la première fois que je m'adonne à cet exercice, merci de me corriger pour son nom de baptème. 

* Erratum : la matière première utilisée est un embauchoir à chaussure, donc rien à voir avec le jus de la treille, mais je n'ai pas envie de la débaptiser tant cette tronche n'a pas l'air d'avoir bu que de l'eau. Pour que vous vous régaliez vous aussi, je vous mets un lien sur le blog de Christian où vous pourrez voir ici et comment il a pris son pied à réaliser de telles trognes.

26 janvier 2026

Deux coquilles peintes pour me présenter ses voeux, par Cathy

C'est à l'occasion du Projet  "Conte et mail-art" lancée par  l'amie Françoise Tournet dont vous avez pu suivre les péripéties sur ce blog que j'ai eu l'occasion de correspondre avec Cathy. C'est une artiste peintre et sa spécialité n'est pas l'art postal.

Mais aujourd'hui elle m'adresse à son tour ses bons voeux pour 2026, d'une si jolie façon que je ne peux que la partager ici, avec vous. 

Tout d'abord j'ai trouvé dans ma boite aux lettres une enveloppe bien épaisse avec étiquette d'affranchissement : cela ne ressemblait à rien de connu, ni d'attendu. Mystère! Mais quand j'ai ouvert et déballé le papier bulle qui tenait le cadeau préciseusement emballé, voici ce que j'y ai découvert : outre une carte de voeux fabriquée maison, deux coquillages si joliment peints, l'un sur une Saint Jacques, l'autre sur une huitre.


Waouh, comme tes voeux sont présentés d'une manière si belle et si originale! De la jolie peinture sur coquillage, c'est la première fois que j'en reçois. Merci beaucoup Cathy, tu m'as beaucoup gâtée.

19 janvier 2026

2026, année à marquer d'une pierre blanche? de la part d'Eric

Ce petit caillou glané sur l'Ile de Ré m'en envoyé par Eric dans une boite à camembert et a voyagé très rapidement jusqu'à Massy.   

Devenu tête d'une sirène grâce à son opulente chevelure d'algue fine,  il est chargé d'un fort symbole,  celui de faire de ce nouveau millésime une année exceptionnnelle, à marquer d'une pierre blanche.

On peut interpréter cela dans le sens que l'on veut selon qu'on est optimiste ou pas. Tout comme Eric, j'espère pour nous tous que ce sera bien une année exceptionnelle,  même si les premières semaines de 2026 nous laissent un peu dépités, il en reste une bonne cinquantaine d'autres pour rattraper le coup... et en faire une "bonne année". Gardons espoir.

Merci Eric pour tes bons voeux toujours présentés d'une manière qui n'appartient qu'à toi. J'ai maintenant un peu de ton île natale dans mes boites à trésors, je t'en remercie beaucoup.

13 janvier 2026

T196 - Deux oiseaux égarés dans un paysage de neige, de Chocolatine & Stooby

Coincées plusieurs jours dans le verglas et la neige, mes correspondants ont été inspiré par la situation pour m'adresser leurs voeux les plus chaleureux pour l'année nouvelle. 

Ceci les a amené à créer à partir d'une ancienne carte postale ce mail-art de froidure et de neige où deux oiseaux  se sont égarés sur les branches des arbustes couverts d'une gangue de glace, et donc totalement hostiles pour eux à cette période de l'année. 
Bravo pour la mise en scène avec deux timbres du Canada représentant  geai bleu et  gros-bec errant et merci beaucoup à tous les deux pour vos bons voeux. 

19 décembre 2025

D192 - Deux cygnes flottant sur un lac de dentelle bleue, de Françoise

Waouh,  quel usage incroyable d'un emballage plastique de fromage  grec! Vite, voyons voir qui est l'auteur de cet art postal fort original ... pas de nom d'expéditeur!

Heureusement que le timbre a été composté lisiblement et que je peux y lire "Ambérieu-en-Bugey" ce qui m'amène à conclure que je dois ce mail-art fort ingénieux à Françoise, la conteuse magnifique!

La profondeur de l'emballage et surtout son opercule en plastique fort et  transparent me donnent l'illusion que je visionne par une fenêtre ce couple de cygnes évoluant sur les eaux bleues d'un lac avec le relief montagneux au lointain ...  peut-être me suis-je transportée sur les rives du Lac Léman?.

Cela n'a pas été facile à prendre en photo mais j'espère avoir rendu toute la singularité du cadeau : je t'adresse un très grand merci Françoise, tu as le chic pour surprendre, avec bonheur. Merci vraiment!

9 décembre 2025

Bouton d'or heureux de régaler une abeille épargnée par la Loi Duplomb, de Christian

C'est toujours un grand bonheur de recevoir l'art postal de Christian, issu très souvent d'emballage à jeter (ou recycler) : son imagination sans limite met toujours du sourire et de la fantaisie dan ses créations.



Cette fois-ci, en plus, son envoi est porteur d'un sacré message, celui de se réjouir de pouvoir pour un temps encore de voir des abeilles venir butiner les fleurs mellifères et pouvoir retrouver le chemin de leur ruche. Ceci ne serait évidemment plus du tout le cas si l'on remettait les nécotinoides en service, comme la Loi Duplomb le prévoyait.

Si le Conseil d'Etat en France s'est opposé à cette loi scélérate, rien n'est gagné pour autant. Maintenant c'est l'Union Européenne qui veut simplifier les règles autour des pesticides en supprimant l'obligation de faire ré-homologuer les produits de façon périodique. Autrement dit, ils seront utilisables à vie, ce qui fait qu'il n'y aurait plus aucune pression sur les fabricants les obligeant à rechercher les solutions les moins dangereuses pour les pollinisateurs (et accessoirement aussi pour les êtres humains).

Un grand merci Christian pour ce mail-art génial et pour la petite abeille sur le bout du nez, qui a supporté le voyage même si ses ailes ont été un peu cabossées et une de ses antennes un peu choquée.

28 novembre 2025

16e JMFTA : une belle gueule d'ahuri pour cet "écrabouillé", d'Eric

J'avais vu passer sur le blog de l'ami Eric, sa nouvelle technique pour créer des "gueules" improbables. En écrasant le carton de boites à oeufs dont il voulait se débarrasser pour que cela prenne moins de place dans le bac de tri, il s'est aperçu que cela avait créé fortuitement une sorte de visage!

C'est ainsi que lui est née l'idée d'en faire des motifs d'art postal, d'autant que nous avons un appel à mail-art sur ce thème pour l'exposition de l'an prochain au MIAP de l'ami Christophe


J'adore la créativité d'Eric. L'écrabouillé que je viens de recevoir a une belle gueule d'ahuri, ce qui peut se concevoir lorque l'on voit le faux-timbre d'artiste qui lui est adjoint : il y a là de quoi faire la gueule pour un bon moment ou bien... refuser de marcher.  

Merci Eric pour ton talent et ton humour caustique et décapant : le mail-art est arrivé en bon état , le timbre tamponné dans les règles de l'art pour l'affranchissement sans aucune taxe supplémentaire. Merci les postiers. 

13 novembre 2025

Jane Goodall en observation des chimpanzés au nid, pour Anne

Depuis les années 1970, je suis en admiration devant le travail de Jane Goodall, l'éthologue-primatoloque qui vient de s'éteindre à l'âge de 91 ans. J'en parle longuement dans un post précédent, car je tenais à rendre hommage à cette grande dame, fervente ambassadrice pour le respect de l'environnement et pour la protection du vivant.

J'ai d'ailleurs décidé de consacrer une série à cette femme et à ses chers chimpanzés dont elle fit l'étude sur le terrain, en autodidacte, car elle n'avait pas préalablement fait d'études scientifiques lorsqu'elle commença la première mission d'observation au sein du Parc National Gombe Stream en Tanzanie.
Jane en observation d'un nid de chimpanzés - photographie de Hugo Van Lawick, Nat Geo Image Collection

Tout comme ses consoeurs, Dian Fossey avec les gorilles ou Biruté Galikas avec les ourang-outangs, j'ai toujours admiré Jane, l'une de ces femmes remarquables qui n'hésitent pas à s'engager pour les étudier sur le terrain et ainsi contribuer à la sauvegarde des grands singes, nos plus proches cousins, espèces toujours menacées l'amoindrissement de leur territoire à cause de la déforestation, et aussi par le braconnage.

J'ignore si Anne avait connaissance de cette personnalité avant que la presse n'en parle beaucoup au moment de sa disparition mais j'ai eu envie de lui adresser ce mail-art en espérant que le sujet l'intéressera. Je lui en souhaite une bonne réception.

7 novembre 2025

Chats noirs, chat blanc, chats tout le temps, pour Philippe

Je ne connais pas bien les goûts de ce nouveau correspondant, sauf qu'il affectionne particulièrement le dessin (tout le contraire de moi, qui suit nullissime en ce domaine) mais je sais qu'il aime les chats, très souvent pris en photo sur Instagram dans ses publications. 

Alors je continue d'exploiter ce thème en essayant de me renouveler un peu.

photo d'un enfant fasciné par les chats sur le rebord d'une fenêtre  (pas de nom d'auteur) sur fond de tissu "chat" et un chat blanc occupé à sa toilette découpé dans la semelle d'une surchaussure

Cher Philippe, j'espère que ce nouveau mail-art dédié à la gent féline saura te plaire : je t'en souhaite une très bonne réception.

17 septembre 2025

Handala, icône de la résistance palestinienne, de la part d'Eric

C'est avec beaucoup d'émotion que je publie aujourd'hui l'enveloppe que m'a adressé Eric : elle contient à la fois toute l'horreur que vivent les Palestiniens au quotidien, mais aussi tout leur esprit de résistance avec ce petit personnage dessiné, Handala, inventé par le dessinateur de presse Naji Al-Ali.

à noter la petite fleur que Handala tient dans ses mains 

Ce dessin de gamin m'intriguait, je l'avais déjà repéré mais dont je ne connaissais absolument pas son origine ni toute l'histoire de son créateur. J'avais juste remarqué qu'un des bateaux de la Flottille en route pour briser le siège de  Gaza portait son nom, 

Je remercie vivement Eric de cet envoi et je relaie avec son accord l'article publié hier sur son blog, dont la lecture donne à penser vraiment sur ce qui se passe là-bas et depuis bien longtemps. 

***

« Il a tout d’abord été un enfant de Palestine pour ensuite devenir un enfant arabe et un enfant de l’Humanité » (Citation reprise dans l’avant-propos de « Le Livre de Handala », Naji Al-Ali, 2011, p. 5.)

Handala - Naji Al-Ali

C’est l’histoire des Palestiniens et du conflit israélo-arabe. C’est l’histoire de Handala, jeune garçon de 10 ans aux mains serrés et aux cheveux hérissés qui tourne le dos aux spectateurs parce qu’il se sent trahi. C’est l’histoire d’une indignation face à une situation vécue comme une injustice, mais plus que tout c’est l’histoire d’un combat, celui d’un enfant qui refuse de grandir pour ne pas se résigner, qui refuse de baisser les bras devant l’adversité. Handala incarne les souffrances et les espérances de son créateur, le dessinateur Naji Al-Ali et, à travers lui, celui du peuple palestinien. Handala n’acceptera de se retourner que lorsque son peuple aura un Etat [1]. Depuis sa naissance dans les années 60, son combat n’a pas pris une ride.

Naji Al-Ali : sa vie, son combat

« La Palestine est une de mes principales indignations. Les dessins de Naji Al-Ali la justifient et la renforcent. Sans doute parce qu’ils portent l’histoire des réfugiés palestiniens, ceux dont le sort est le plus incertain, bien qu’ils soient la racine de cette douloureuse et injuste histoire. Mais Naji Al-Ali, c’est aussi une création, et donc une résistance vivante. La puissance de sa non-violence l’a tué. Mais son espérance n’en est que plus à venir. » [2] (Stéphane Hessel, ancien ambassadeur de France, auteur de Indignez-vous !)

Qui est Naji Al-Ali ?

Vers 1937, année de sa naissance, Al-Shajara est encore un village palestinien situé dans le district de Tibériade, en Galilée, entre Nazareth et Tibériade. En mai 1948, après plusieurs jours de combat, l’armée israélienne s’empare et détruit le village, dont seules quelques décombres subsistent aujourd’hui, comme en témoigne l’historien Palestinien Walid Khalidi en 1992 : « les ruines des maisons et des barres d’acier brisées dépassent des lits de végétation sauvage. Un côté d’une porte voûtée tient toujours » [3]. Al-Shajara est l’un des près de 500 villages à avoir été détruits pendant la « Nakba » (catastrophe), et le jeune Naji, alors âgé d’une dizaine d’années, se trouve parmi ceux qui fuient les combats, parmi les plus de 750 000 réfugiés palestiniens [4] qui ont abandonné plus de la moitié de leur terre aux Israéliens. Lui et sa famille trouvent refuge au camp d’Aïn Al-Helwa, près de Saïda dans le sud Liban. Cette expérience marque sa vie et son œuvre jusqu’à sa mort : « De ces regards dans les yeux de nos mères et pères qui ne parlaient pas de faits, mais exprimaient une tristesse qui était la langue dans laquelle nous découvrions le monde, un langage de la colère qui trouve parfois son débouché dans le discours, parfois dans les actes. La plupart des garçons et des filles de la génération des années cinquante, à laquelle j’appartiens, a ressenti un profond sentiment d’abattement » [5].

Parallèlement à ses études en mécanique et en génie électrique dans un institut professionnel de Tripoli et à son activité d’ouvrier saisonnier agricole, il ne tarde pas à s’exprimer sur ce qu’il considère comme une injustice : dessiner sur les murs et les sols du camp de réfugiés, improviser avec ses camarades des pièces de théâtre prenant pour sujet la Palestine et la vie des réfugiés, manifester avec les membres du Mouvement des nationalistes arabes (actes pour lesquels il se fera plusieurs fois arrêter), tous les moyens sont bons.

Après une brève expérience à Djeddah, en Arabie saoudite, où il travaille comme tourneur de 1957 à 1959, il rentre au Liban où il décide de reprendre des études artistiques à l’Académie libanaise d’art en 1960. Cette expérience sera de courte durée. Sa participation dans le journal politique manuscrit Al-Sarkha (le cri), avec certains membres du Mouvement nationaliste arabe dont il a rejoint les rangs, lui vaut un bref séjour en prison. A sa sortie, il part pour l’école Jaafarite de Tyr où il enseigne le dessin pendant deux ans. C’est à cette période que sa vie bascule. L’écrivain Ghassan Kanafani (assassiné en 1972), en visite au camp d’Aïn Al-Helwa, remarque ses dessins et décide d’en publier quelques-uns dans le numéro 88 de la revue Al-Hurriya (La Liberté), le 25 septembre 1961.

En 1963, il part pour le Koweït où il exerce librement son art dans la revue d’opposition Al-Tali’a (l’Avant-Garde), puis au journal Al-Siyassa (La Politique) à partir de 1968 où il prêche l’espoir et la révolution. C’est là qu’il imagine le personnage de Handala, représentant sans détours et sans fioritures les problèmes auxquels les Palestiniens sont confrontés, nous plongeant par là même, avec une honnêteté parfois brutale, au cœur du conflit israélo-arabe. Quelques années plus tard, il retourne au Liban comme écrivain et caricaturiste pour le journal Al-Safir (L’Ambassadeur) à la demande de son éditeur en chef Talal Salman. Il est alors témoin et acteur de la guerre civile libanaise en 1982, année pendant laquelle il est détenu par les forces armées israéliennes avec d’autres réfugiés d’Aïn Al-Helwa. Il décide ensuite de repartir au Koweït où il travaille pour Al-Qabas (1983-1985), avant de s’en faire expulser sous la pression de Yasser Arafat. Eternel exilé, il doit quitter le monde arabe, craignant pour sa vie et conscient qu’il lui serait impossible d’y dessiner librement. Il part se réfugier à Londres où il intègre l’édition internationale du journal Al-Qabas. Son but : ne jamais oublier, toujours se battre pour la cause palestinienne : « J’ai toujours été troublé par mon incapacité à protéger les gens. Comment mes dessins allaient les défendre ? J’avais l’habitude de souhaiter pouvoir ne serait-ce sauver la vie d’un seul enfant » [6].

Mercredi 22 juillet 1987, vers 17h13, à Eves Street, au cœur de Londres. Sur son chemin vers les locaux du journal, Naji est victime d’un assassinat par balle. Le caricaturiste politique palestinien meurt de ses blessures cinq semaines plus tard, le 20 août 1987. Les commanditaires de son assassinat n’ont jamais pu être identifiés. Détracteur sans vergogne des régimes arabes et de l’occupation israélienne, Naji a été autant aimé qu’il a pu être détesté. Ses ennemis étaient nombreux et puissants, autorité palestinienne comprise - l’O.L.P l’aurait même menacé de représailles s’il ne corrigeait pas son attitude -, tant sa dénonciation était radicale et acerbe.

Porte-parole de la cause palestinienne, décrit par The Guardian en 1984 comme « la plus proche chose qu’il y ait d’une opinion publique arabe » [7], Naji Al-Ali a reçu de nombreuses distinctions. De son vivant, il obtient le premier prix de l’Association des caricaturistes arabes en 1979, et le premier prix ex-aequo en 1980. Un an après sa disparition, l’Union Internationale des éditeurs de journaux (FIEJ) remet en son nom à sa femme Widad et son fils Khaled le prix du Crayon d’or de la liberté, faisant de lui le premier arabe et le premier caricaturiste à en être honoré. Ses milliers de dessins [8] témoignent des souffrances du peuple palestinien autant qu’ils dénoncent la trahison et la corruption des régimes arabes.

Naji Al-Ali n’est plus, mais son œuvre lui survit. Et Handala, jeune garçon de 10 ans dessiné par Naji Al-Ali, se charge de poursuivre son combat.
Handala, « le gavroche palestinien [9] »

Son effigie est partout, taguée sur le Mur séparant Israéliens et Palestiniens, sur les porte-clés, les tee-shirts et même les pendentifs, représenté tel que Naji l’a imaginé : « Handala est né à l’âge de 10 ans et depuis son exil les lois de la nature n’ont aucune emprise sur lui. Il ne recommencera à croître que lors de son retour sur sa terre natale. Il n’est pas un enfant bien portant, heureux, serein et couvé. Il va nu-pieds comme tous les enfants des camps de réfugiés. Ses cheveux sont ceux de l’hérisson qui utilise ses épines comme arme. Bien qu’il soit rude, il a l’odeur de l’ambre. Ses mains, toujours derrière son dos, sont le signe du rejet des solutions porteuses de l’idéologie américaine. »

Ce personnage-culte, « aussi célèbre au Moyen-Orient que le keffieh », selon une expression de la journaliste Constance Desloire [10], s’inspire directement de la vie du caricaturiste. C’est vers l’âge de 10 ans que Naji fuit la Palestine, lors de la création de l’Etat d’Israël en 1948. C’est la date de naissance d’un combat et d’un espoir, celui des réfugiés palestiniens qui veulent croire à un retour possible sur leur terre natale pour les uns, sur la terre de leurs ancêtres pour les autres. Avec Handala, Naji dresse un rempart symbolique contre le renoncement, et revendique le droit des Palestiniens à toute la Palestine historique. Handala, qui signifie « l’amertume de la coloquinte » en arabe, représenté pour la première fois le 13 juillet 1969 dans le journal koweitien Al-Siyassa, incarne cette espérance. Le jeune garçon, né le 5 juin 1967, se présente alors en ces termes : « Le nom de mon père n’est pas important, celui de ma mère est Nakba [la « catastrophe », l’exil de 1948], et ils ont appelé ma petite sœur Naksa [extension de la zone d’occupation israélienne après la défaite arabe dans la guerre des Six-Jours de 1967]. […] J’ai rencontré l’artiste Naji par hasard […]. Il m’a expliqué comment, à chaque fois qu’il dessine une caricature sur un pays, son ambassade proteste et les autorités officielles avertissent et menacent.[…] Je lui ai dit que j’étais disposé à dessiner ses caricatures pour lui chaque jour, que je n’avais peur de personne à part Dieu, et que celui qui se met en colère et n’aime pas les caricatures pouvait aller paver la mer ».

Handala représente l’innocence et la détermination de la Palestine combattante, le flambeau de la résistance, une résistance non-violente, faisant écho aux souffrances des Palestiniens, faisant appel aux émotions de l’ensemble des spectateurs. Il ne dévoilera son visage que le jour où « la dignité arabe ne sera plus menacée, et qu’elle aura retrouvé sa liberté et son humanité ». Plutôt que de représenter des hommes politiques spécifiques, les dessins en noir et blanc de Naji, riches en références historiques, parfois accompagnés de quelques mots, illustrent des situations et des réalités où personne n’est épargné : il condamne l’aide américaine à Israël, critique les abus contre les droits de l’homme dans les pays arabes, la complaisance des Etats du Golfe à l’égard des Etats-Unis, les régimes arabes qui préfèrent blâmer Israël plutôt que de reconnaitre leurs échecs. Il évoque la destruction, la prison, l’exil, la résistance mais aussi la colère, l’espoir et le désespoir, la patiente et la ténacité. Handala représente un garde-fou pour les nouvelles générations, mais aussi pour les anciennes et pour lui-même, comme il le dit en 1984 : « ‘’Je suis Handala du camp d’Ain Al-Helwa. Je donne ma parole d’honneur que je resterai fidèle à la cause… ‘’. C’était la promesse que je m’étais faite à moi-même. Le personnage de Handala était une sorte d’icône qui protégeait mon âme de la chute à chaque fois que je me sentais léthargique ou que j’oubliais mon devoir. Cet enfant était comme un vent d’air frais sur mon visage, me préservant de l’erreur et de l’oubli. Il était la flèche de la boussole, pointant constamment vers la Palestine » [11]. Selon le dessinateur, la mission de Handala, en plus de dénoncer les complots ourdis contre le peuple arabe, d’insuffler l’énergie du combat pour la justice et l’auto-détermination, de reconnaitre le rôle des femmes dans la résistance et l’espoir dans le panarabisme issu de Nasser, est de garder vivante la mémoire palestinienne :

« Reste le témoin de cette période, Handala, enregistre tout.
Enregistre tout, Handala, n’oublie rien ;
Laisse l’Histoire témoigner de qui nous a vendus.
Qui nous a trahis, qui s’est enrichi sur notre dos.
Enregistre et n’oublie personne. » [12].
Les dessins sont simples et sans artifices, faciles à comprendre et souvent dénudés de paroles ; son langage est symbolique. Handala est souvent accompagné de trois autres personnages récurrents : Fatima (dessin de gauche), l’homme bon (Al-Zalama, au milieu) et l’homme mauvais (à droite). Fatima représente une forme de refuge, la mère et la terre de Palestine, l’épouse dévouée, la femme souffrante et la protectrice. Elle incarne également l’implication des femmes palestiniennes dans la résistance. Al-Zalama est un homme honnête et bon qui représente, comme Handala, l’homme arabe ordinaire : « je ne suis ni Palestinien, ni Jordanien, ni Koweitien, ni Libanais, ni Egyptien, aucun. En bref, je n’ai pas de carte d’identité et ne suis pas intéressé à prendre la nationalité d’un quelconque pays. Je suis juste une personne arabe » [13]. Sa maigreur symbolise l’oppression et la pauvreté des réfugiés. Son antagoniste, l’homme mauvais - laid, obèse, paresseux, sale, sans jambes car sans soutien populaire - personnifie la stupidité, la bassesse, l’oppression, les trahisons et les complots contre la résistance palestinienne.

Naji utilise aussi toute une symbolique de la résistance : Jésus et la Croix, emblèmes du combat et du sacrifice ; la clé de la maison, symbole de la Palestine originelle et du droit au retour des Palestiniens ; le drapeau palestinien ; les tentes et les camps de réfugiés, etc. Puis tout un vocabulaire visuel réparti en deux registres : les « bonnes valeurs » (fleurs et bougies représentant l’espoir, la paix et l’amour ; racines et arbres, la Terre de Palestine ; le stylo et la plume, la démocratie et la liberté d’expression ; le cœur, l’attachement à la Palestine et au Liban) ; les symboles de l’occupation et de l’oppression (soldats, armes, fils barbelés, etc.).

Longtemps méconnu à l’extérieur des pays du Proche-Orient, l’œuvre de Naji tend ces dernières années à franchir les frontières (ici principalement linguistiques) séparant le monde musulman du monde occidental. « A child in Palestine » (2009) et le « Livre de Handala » (2011) l’introduisent respectivement dans le monde anglophone pour le premier, dans la sphère francophone pour le second, participant d’autant plus à faire de Handala, « enfant arabe », un « enfant de l’humanité » comme le souhaitait son créateur.

« Handala est un témoin de son époque et il ne mourra jamais, il pénètre la vie avec une force qui ne le quitte jamais, une légende dont l’existence est un défi à l’éternité. Ce personnage que j’ai créé ne disparaîtra pas après moi. Je ne crois pas exagérer en disant que je serai immortalisé à travers lui ». (Naji Al-Ali)

Pour approfondir :
– Naji Al-Ali, A child in Palestine : the cartoons of Naji al-Ali, Verso, 2009 (introduction de Joe Sacco).
– Naji Al-Ali, Le Livre de Handala. Les dessins de résistance de Naji Al-Ali ou l’autre histoire de Palestine, Scribest Publications, Hœnheim, 2011 (préface de Plantu, postface d’Alain Gresh).
– Olivier Gérard, Te retourne pas, Handala !, Kyklos Editions, 2010.
http://www.handala.org/ (site hélas désactivé sur internet)

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Handala, petit bonhomme dessiné devenu le symbole de la résilience palestinienne
Créé en 1969 par le dessinateur de presse palestinien Naji Al-Ali, le personnage de Handala aura éternellement 10 ans. Reconnaissable entre mille, sa frêle silhouette orne aujourd’hui de nombreuses fresques et banderoles, comme un symbole des horreurs de la guerre et du destin de la Palestine.
Source : Courrier International