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2 janvier 2026

Meilleurs voeux pour l'année 2026 : redonner toute sa place au monde sauvage, pour Nathalie

En un autre siècle, des civilisations autres que la nôtre étaient qualifiées de sauvages, donc de primitives, termes se rejoignant dans l’opprobre et le déclassement : alors même que ces peuplades n’avaient que très rarement détruit leur environnement, destruction qui est une des belles preuves de civilisation que notre société productiviste persiste à étaler au gré de ses appétits.

Nonobstant le « bon sauvage » cher à Rousseau, nous avons partout méprisé, écrasé ce qui n’était pas nous, imposé notre pouvoir, notre religion, notre technologie, ivres de puissance et de fatuité.

L'animal sauvage est réputé res nullius (sans maître, mais appropriable). Il est livré « au plus tirant  » ! traqué et tué au gré des lobbys et de ceux qui ne voient en lui qu’objet de loisir, en lui déniant tout droit d’existence.

Il est alors grand temps de célébrer le sauvage, de savoir admirer la magie des plumes, des rameaux, des herbes et des vents, des épines et des ombres, des mousses et de leur espace de libre expression, ce jardin de nature qui vit s’épanouir l’incroyable diversité du vivant.

Nous en sommes comptables : le sauvage, que d’aucuns voudraient rejeter dans le passé, est notre avenir, si tant est que nous soyons encore demain ouverts à l’émerveillement de l’altérité.(source téla botanica) 

Le sauvage est notre avenir : en 2026, transitons joyeusement vers un monde plus vivant

20 novembre 2025

CH17 - Jane Goodall a révolutionné l'éthologie avec ses observations sur les chimpanzés en Tanzanie, pour Nathalie

Voici pour Nathalie tout un groupe de chimpanzés qui semblent avoir pris la pose pour celui qui les a photographiés. Ces proches cousins sont vraiment des animaux passionnants, que nous avons appris à mieux connaître grâce aux travaux de Jane Goodall, récemment disparue. 

Groupe de chimpanzés observés par le Jane Goodall Institude  
Avec un ancêtre commun il y a environ 7 millions d’années, les chimpanzés et les bonobos sont les espèces les plus proche de l’homme. Nous partageons en effet 99 % de notre ADN avec eux ! Les observations éthologiques de ces grands singes ont permis d’importantes avancées dans la compréhension de leur comportement mais aussi dans la définition de ce que signifie être humain.

C’est en 1960 que Jane Goodall a révolutionné cette discipline, en rapportant notamment que les chimpanzés utilisaient des outils. On pensait alors que c’était le propre de l’humain. Ses méthodes de recherche et ses travaux d’observation sur le long terme, en immersion dans un groupe de chimpanzés sauvages en Tanzanie, ont contribué à complètement revoir la place de l’humain dans le règne animal. De nombreux comportements autrefois considérés comme exclusivement humains pourraient avoir été hérités d’ancêtres communs que nous partagions avec les chimpanzés il y a des millions d’années comme :

La fabrication et l’utilisation d’outils. Les chimpanzés utilisent des bâtons pour extraire les termites de leur termitière ou comme « lance » pour chasser des petits primates (galagos), des pierres pour casser des noix ou des « éponges » pour récupérer de l’eau des troncs d’arbres.

La culture. Les chimpanzés sont présents dans de nombreux pays d’Afrique équatoriale et manifestent des différences culturelles importantes, notamment dans l’utilisation des outils, mais aussi dans les vocalisations utilisées (dialectes).

La chasse. Les chimpanzés étaient autrefois considérés comme végétariens, mais nous savons aujourd’hui qu’ils sont en réalité omnivores comme nous ! Ils chassent en groupe et partagent le produit de leur chasse. Ils consomment en général la viande d’autres primates (colobes notamment) mais aussi de petites antilopes et jeunes potamochères.

La guerre. Les chimpanzés forment des patrouilles afin de sécuriser les abords de leur territoire. Lorsque deux communautés se rencontrent, elles peuvent s’engager dans des interactions très agressives voire mortelles.

La communication. Les vocalisations des chimpanzés sont très diverses et Jane Goodall a pu distinguer jusqu’à 32 vocalisations différentes basées sur cinq principales catégories qui sont produites dans des contextes différents. Les vocalisations peuvent aussi être combinées en séquences plus ou moins longues et qui peuvent présenter des différences selon les communautés (dialectes). Les chimpanzés communiquent aussi avec un riche répertoire gestuel lorsqu’ils sont à proximité.

Les relations sociales. Les chimpanzés vivent en communauté de fission-fusion dans laquelle la taille et la composition du groupe social évolue selon le moment de la journée. Les chimpanzés choisissent donc avec quels autres individus ils vont passer du temps selon leur intérêt (nourriture, reproduction, hiérarchie, affinité, etc). Jane Goodall fut la première à reconnaître que chaque individu avait sa propre personnalité et avait été à l’époque critiquée pour son anthropomorphisme. Elle observa aussi les relations étroites entre les femelles et leurs petits. Les mères chimpanzés conservent des liens privilégiés avec leurs enfants, même lorsque ceux-ci deviennent adultes. Des femelles et même des mâles peuvent parfois adopter un orphelin.

Source : article publiés sur le site https://janegoodall.fr/nos-histoires/vies-de-primates/ethologie

7 novembre 2025

Dentelle et porcelaine de Meissen, pour Nathalie

Il y a bien trop longtemps que j'ai écrit à Nathalie, peintre sur porcelaine, l'amie des fourmis. Alors aujourd'hui c'est son tour. 

Pour allier nos deux passions, je lui ai fait un mail-art textile avec une assiette en dentelle de porcelaine, mais pas n'importe laquelle, puisqu'il s'agit de la porcelaine de Meissen

Assiette porcelaine ajourée Meissen - décor fleurs -Photo trouvée sur le site d'enchères en ligne E-Bay

En France, nous connaissons bien et surtout la Porcelaine de Sèvres, ou celle de Limoges, et aussi la Porcelaine de Dresden en Allemagne. La porcelaine de Meissen ne me parlait pas du tout, alors vous trouverez ci-après son histoire.

Chère Nathatlie, j'espère que cette enveloppe, sobre j'en conviens, saura te plaire ; je t'en souhaite une bonne réception ainsi qu'une bonne continuation. 

PS : ce 28 novembre, j'ai appris que le mail-art était arrivé chez Nathalie mais sans l'assiette, pièce centrale du mail-art!  je refait un envoi à Nathalie pour remplacer la pièce manquante .
Assiette porcelaine ajourée Meissen - décor fleurs -Photo trouvée sur le site d'enchères en ligne E-Bay

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Porcelaine de Meissen : première porcelaine européenne

Histoire de la porcelaine de Meissen 

La porcelaine ancienne de Meissen est née de l’enthousiasme croissant des gens pour la porcelaine chinoise au XVIIe siècle. Cette fascination est également partagée par Auguste le Fort, l’électeur de la Saxe, qui, pour échapper à une crise économique, charge alors ses alchimistes de percer le secret de la fabrication de l’or à partir de métaux communs.

Dans le même processus, presque par hasard, en novembre 1707, Johann Friedrich Böttger réussit à produire un grès rouge dit “Jaspisporzellan“. Il ne restait plus qu’à remplacer l’argile rouge par du kaolin blanc. Au point de fusion élevé de 1 450 degrés cela permet de créer des formes particulièrement délicates et résistantes. Le 15 janvier 1708, la première porcelaine blanche européenne est ainsi cuite. Suivra le 6 juin 1710 : Auguste le Fort fonde la première manufacture de porcelaine européenne, la “Königlich-Polnische und Kurfürstlich-Sächsische Porzellan-Manufaktur“. Afin de certifier l’authenticité et l’originalité de la porcelaine, les épées croisées, basées sur les armoiries de l’électeur de Saxe, ont été utilisées à partir de 1722. Ces marques sont considérées comme les plus anciennes du monde et sont toujours utilisées aujourd’hui. 

Service à café du 20ème siècle, Meissen

L’influence de la Chine 

Au 18e siècle, il y avait une mode générale en Europe pour les chinoiseries. Cela explique le mélange des styles asiatiques et européennes que l’on observe à Meissen. Un exemple célèbre est le motif oignon de Meissen, qui ne représente pas en réalité un oignon mais plutôt des melons, des pêches sur les bords et de délicates chrysanthèmes au centre

La période des sculptures

À cette époque, de nombreuses grandes sculptures ont été créées dans le style baroque. Les modélistes se concentrent alors principalement sur la production de sculptures animales grandeur nature. La ménagerie en porcelaine d’animaux indigènes et exotiques de l’électeur, ainsi que les chambres d’art, d’histoire naturelle et la réserve de gibiers du pavillon de chasse de Moritzburg servent de modèles. Cependant, les artistes ne connaissant les animaux exotiques seulement par le biais d’histoires, ils faisaient le plus souvent appel à leur imagination, donnant des créations tout à fait singulières. La production d’une sculpture animale grandeur nature reste à ce jour un véritable exploit dans l’histoire de la production de Meissen. 

La conception de la porcelaine, en particulier celle concernant les surtouts de tables, met intentionnellement le pouvoir en valeur en montrant, la puissance économique et le niveau culturel de la cour saxonne. Le “große Ehrentempel” de Johann Joachim Kaendler, datant de 1748, en est un exemple célèbre.

Figurine en porcelaine de Meissen,
“Le tailleur du comte Brühl sur une chèvre”, XIXème siècle

II La manufacture de Meissen : Style et Motifs 

Les fleurs de boule de neige : les “Schneeballblüten”   

Le motif des fleurs « Boule de neige » (bot. : Viburnum opulus) marque la transition vers un style européen plus opulent qui utilise ses propres motifs et s’appuie sur le goût rococo, dérivé de la cour de France et du style Louis XV. En 1739, à la demande d’Auguste III, Kaendler crée un service par lequel le roi souhaitait manifester son amour pour son épouse Maria Josepha d’Autriche. Il s’agit d’un nouveau défi technique, car chaque fleur est formée à la main, appliquée sur le récipient à l’aide d’un outil pointu, puis peinte à la main. Cette technique, très remarquée, deviendra alors tendance pour les autres manufactures européennes, les Schneeballblüten étaient nées.

Le service aux cygnes : “Das Schwanenservice”

En 1737, le service aux cygnes est commandé par Heinrich Graf von Brühl, mais il faudra compter cinq ans pour le terminer. Jamais auparavant un ensemble aussi riche en motifs sculpturaux et opulent n’avait été créé à cette échelle. Conçu pour cent personnes, le service comprend alors plus de 2 200 pièces individuelles. Le motif principal est le cygne, qui apparaît à la fois comme bas-reliefs et comme figures sculpturales allant même jusqu’à entourer certains récipients. De nombreuses autres figures tirées de la mythologie grecque animent également le service. Pour ces derniers, Kaendler s’est inspiré de dessins et de gravures sur cuivre de Dresde. Chaque récipient représente une variation du leitmotive mythologique et est interprété à la manière baroque. Le Service aux cygnes est un ensemble visuellement époustouflant de formes, de décorations luxuriantes et de jeux de lumière.

Assiette - Sucrier  - Tasse et sous-tasse
Le service aux cygnes “Schwanenservice”, 1738, Porcelaine de Meissen

Les motifs de la chasse 

Dès 1722 environ, les décorations de chasse font partie du répertoire de la manufacture de Meissen. Les vases, la vaisselle et les gobelets décorés de motifs animaliers et de chasse faisaient partie de l’inventaire des nombreux pavillons de chasse d’Auguste le Fort. Ici, ce ne sont pas seulement les représentations naturalistes qui sont façonnées, mais aussi des compositions imaginatives. Depuis la fin du XVIIIe siècle, les motifs de chasse de Meissen s’attachent à montrer des animaux dans le cadre idyllique de leur habitat, ne pouvant manquer à la culture bourgeoise de la table et de la salle à manger, orientée vers la nature. Cela se remarque dans les chandeliers de chasse créés par Jörg Danielczyk en 2004, aux fines feuilles de chêne en porcelaine.


Coupe de chasse couverte, 1741, porcelaine de Meissen

Meissen et le classicisme : la mythologie

Depuis le milieu du 18e siècle, les artistes ont utilisé la mythologie antique comme source de motifs pour leurs œuvres. Dans le classicisme, les ornements et les motifs décoratifs suivaient les modèles architecturaux de l’Antiquité. Pour Meissen, l’accent a été mis sur la conception des services, mais également sur les ornements décoratifs tels que les frises, les festons et les guirlandes. La vision de l’antiquité de Winckelmann et les sculptures antiques de la collection royale du palais japonais et de la salle orientale de la cour des écuries de Dresde servent de modèles.

L’apogée de Meissen est interrompue par la guerre de Sept Ans, entre 1756 et 1763, les privations qui y sont associées rendant difficile la poursuite de la fabrication. Une fois passé, le modeleur français Michel Victor Acier vient à Meissen et y laissera une forte empreinte sur la période Marcolini, du nom du comte Marcolini, directeur de la manufacture à partir de 1774. À cette époque, une orientation stricte vers les formes architecturales et ornementales de l’Antiquité supplante la coloration baroque au profit d’une peinture ton sur ton. La glaçure même est supprimée pour un temps.

III La nouvelle technique au début du XIXème siècle 

Les conséquences de l’industrialisation

Avec l’émergence du Royaume de Saxe, la manufacture fait commerce sous le nom de “Königlich-Sächsische Porzellan-Manufaktur” (Manufacture royale de porcelaine de Saxe) à partir de 1806.

En 1817, Heinrich Gottlob Kühns met au point une nouvelle couleur sous glaçure, le vert oxyde de chrome, utilisée pour créer une nouvelle décoration populaire, le “Vollen Grünen Weinkranz“. Kühn introduit également le four rond et invente ce qu’on appelle l’or brillant en 1827. Il s’agit d’une technique de dorure qui, contrairement à l’or poli, ne nécessite pas de polissage après la cuisson de décor. Ici, pour la première fois, même les reliefs détaillés peuvent être entièrement dorés.

Au milieu du XIXe siècle, la consommation des classes moyennes augmente. La porcelaine n’est plus exclusivement réservée à la noblesse. Par conséquent, la clientèle croissante demande de nouvelles formes et de nouveaux décors adaptés à leur mode vie. Durant cette période d’historicisme, de nombreuses porcelaines ont été créées dans différents néo-styles.  Le plus élémentaire de ces styles est le néo-rococo, qui trouve ses racines dans l’opulence et le langage des formes diversifié du baroque de Meissen. Ce style marque le début du deuxième âge d’or de la manufacture. A ce titre, il convient de citer les magnifiques vases, récipients et figurines d’Ernst August Leuteritz, à qui la manufacture doit, entre autres, les “Schlangenhenkelvasen“. Imposants ils sont devenus un classique de la manufacture.

Schlangenhenkelvase, porcelaine de Meissen, 1924-1934

L’art moderne

Au début du XX siècle, de nombreux artistes progressistes ont cherché une échappatoire au monde de l’art académique conservateur et l’ont trouvée dans l’Art nouveau. Ce mouvement s’est également manifesté en ce qui concerne la porcelaine. On observe également un art de la porcelaine correspondant à la période moderne, les “Hentschelkinder” de Julius Konrad Hentschel ou la “Kugelspielerin” de Walter Schrott en sont des exemples. En 1907, le cortège des princes de Dresde a été inauguré avec de la porcelaine de Meissen à l’aide d’un décor mural, alors très à la mode, composé de 25 000 plaques peintes à la main. Il s’agit toujours aujourd’hui de l’une des plus grandes fresques en céramique du monde.

En 1919, le nom “Böttgersteinzeug” a été réinventé et inscrit au registre des marques de l’Office des brevets de Berlin. Également connu sous le nom de « Feinsteinzeug », ce matériau désigne les carrelages de céramique à très faible absorption d’eau, mais aussi les figurines et les récipients.

L’histoire centenaire de la manufacture de Meissen reste aujourd’hui encore une source d’inspiration pour les artistes. Ces derniers s’appuient sur les modèles historiques, antiquités d’aujourd’hui et s’inspirent des techniques traditionnelles développées au fil des siècles et les replacent dans le monde contemporain, faisant ainsi dialoguer les siècles. 


source : l'histoire de la porcelaine de Meissen première porcelaine de l'Europe / https://www.antikeo.com/magazine/porcelaine-de-meissen-premiere-porcelaine-europeenne/?srsltid=AfmBOopVWNvS7AUESxlsAwlYSeTdIjPpto6rc6JNv4MmRS0eMQK7TkHs

5 mai 2025

De l'or et des fragments de porcelaine : l'art du Kintsugi pour Nathalie

Nathalie, peintre sur porcelaine, est une grande et belle artiste. Lorsque j'ai trouvé cette photo associant la main à l'assiette en cours de restauration,  j'ai immédiatement su que cela deviendrait une mail-art pour elle.

assiette en cours de restauration, vue sur Flickr - Pas de nom d'auteur de la photo

En espérant que ce nouvel mail art te parviendra sans encombre, je t'en souhaite une très belle réception
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Le Kintsugi, l'art de réparer les objets en sublimant les cassures

Un vase brisé, une tasse ébréchée… Plutôt que de recoller les morceaux en cachant les cassures, et si on les réparait selon la méthode Kintsugi ? Cette discipline japonaise nous incite à accepter les objets avec leurs imperfections.

C'est un mot qui signifie littéralement "jointure en or" en japonais. Le Kintsugi permet de restaurer des objets cassés, abîmés, non pas en dissimulant les fêlures, mais en les sublimant avec de l'or. Le Kintsugi est une ode à l'imperfection et à la fragilité. Il nous incite à prendre soin de nos objets du quotidien au lieu de les jeter quand ils ont subi l'épreuve du temps. Myriam Greff est une restauratrice d'art qui le pratique.

Myriam Greff, artiste : "On passe d'un objet qui est destiné à la poubelle à un objet qui non seulement devient une œuvre d'art et qui, en plus, peut être réutilisé dans son usage d'origine."

À l'origine, l'artiste installée à Meaux avait appris à réparer les objets dans une démarche "illusionniste", c'est-à-dire en donnant l'illusion que l'objet était neuf une fois réparé.

Myriam Greff : "On me demandait d'effacer les traces du temps et ça avait quelque chose à la fois de magique et de complètement faux. La céramique, c'est avant tout des objets utilitaires. Quand on fait de la restauration dite illusionniste, donc invisible, on ne peut pas se resservir des objets parce que les produits utilisés pour la restauration sont toxiques. Donc je rendais des pièces qui semblaient en parfait état et qui ne pouvaient plus servir."

C'est en arpentant les allées du musée Guimet que Myriam Greff découvre le Kinstugi, méthode de restauration née au Japon au XVe siècle pour satisfaire le caprice d'un shogun qui voulait faire réparer un bol cassé. Contrairement à d'autres méthodes, le Kintsugi permet de retrouver l'usage de l'objet à 100 %, tout en transformant complètement son esthétique.

Myriam Greff : "Sur ce vase, une fois cassé, il manquait un très grand tesson. Au lieu de faire un grand aplat doré, j'ai préféré le combler de laque noire qui est polie. J’ai profité de cette absence pour pouvoir faire un dessin. J'ai choisi un motif floral assez dynamique, inspiré de l'art nouveau qui rappelle un peu le tableau du Cri."
Des mois pour restaurer une pièce

Pour restaurer une pièce "façon Kintsugi", il faut deux ingrédients : de la sève d'un arbre qui pousse en Asie et de la poudre d'or. Cette méthode ne nécessite pas de cuisson au four, mais le séchage exige de la patience et une grande précision.

Myriam Greff : "Le séchage de la laque est très différent quand je travaille en hiver ou en été. Il faut être très à l'écoute de son environnement, il y a une odeur et un toucher. Il y a une manière dont la laque commence à briller, commence à se tendre."

Le Kintsugi redonne de l'importance au vécu de l'objet et aux accidents qu'il a subis.

Myriam Greff : "C'est beau de pouvoir montrer cette fragilité, parce qu'un objet, ou une personne, qui se montre fragile, elle peut obtenir du soutien. Par exemple, voici deux tasses que j'ai cassées et que j'ai mélangées pour que l'une complète l'autre, pour avoir une sorte de symbolique, une double symbolique de la résilience et du soutien qu'on peut apporter."

L'amour porté aux objets du quotidien

Le Kintsugi, c'est aussi une philosophie qui incite à accepter les objets avec leurs défauts et leurs aspérités.
Myriam Greff : "Il y a une recherche esthétique autour de l'imperfection et de l'asymétrie, avec en même temps une recherche très forte autour de la perfection. Je ne laisserais jamais une poussière dans ma laque, les lignes doivent être très belles. Souvent, on pense que je coule du métal dans les cassures et quand on me demande ça, je me dis que mon travail a été bien fait."
Mais tous les objets ne se cassent pas accidentellement. Parfois, certains clients demandent à l'artiste de casser les objets elle-même pour pouvoir transformer leur apparence.
Myriam Greff : "Les gens n’osent pas les casser eux-mêmes parce qu'ils ne connaissent pas bien la matière céramique et ils ont peur de me donner un sachet de poudre et de tessons. Ça peut paraître complètement aberrant et en même temps, quand on a compris le message qu'il y a autour de la résilience, de cette ode à la fragilité, on comprend mieux ces réactions de vouloir restaurer un objet alors qu'il est actuellement en parfait état."

20 avril 2025

Quand les demoiselles fourmis sont de sortie, pour Nathalie

Nathalie est passionnée de ce tout petit animal qu'est la fourmi. Elle en met partout dans son travail de peintre sur porcelaine, et son travail minutieux est absolument magnifique.

Quand j'ai la chance de tomber sur une scène rigolote, en gros plan, dans un livre d'illustration pour enfant, j'en fait aussitôt un mail art textile pour l'amie Nathalie.

Composition d'après une illustration de Feodor Rojankovsk tiré du livre Intitulé « Frog Went A-Courtin »,
ce livre a remporté le prix Caldicot du meilleur album jeunesse de l'année en 1955.

Seul hic, les mail-art que je lui adresse arrivent en mauvais état, ou bien déchirés et sans l'adresse (miracle, comment cela a fini par arriver) ou bien n'arrivent pas du tout. 

Alors cette fois-ci, croisons les doigts, tout a été vérifié au niveau du collage des différents élément , plutôt deux fois qu'une, alors je t'en souhaite une très bonne réception!

17 janvier 2025

Que l'année 2025 te soit douce, Nathalie

En 2025, la France, deuxième plus grand territoire maritime au monde, célèbre l'Année de la Mer, une initiative nationale visant à éveiller les consciences face à l'urgence de protéger l'Océan. 

C'est le thème que j'ai choisi de développer pour illustrer mes cartes de voeux. 

Découverte : la baleine bleue ne serait pas l'animal le plus lourd de tous les temps

Un nouveau fossile découvert au Pérou suggère que la baleine bleue, qui a longtemps détenu le titre d'animal le plus imposant de tous les temps, pourrait bien avoir été battue par une autre baleine préhistorique : Perucetus colossus.

La baleine bleue, qui peut atteindre les 30 mètres de long et peser plus de 200 tonnes, a longtemps détenu le titre de plus grand animal de tous les temps. Cela pourrait toutefois changer : des paléontologues ont découvert un immense cétacé plus petit, mais peut-être encore plus lourd, qui nageait le long des côtes du Pérou préhistorique, il y a plus de 37 millions d’années.

Baptisée Perucetus colossus par l’équipe du paléontologue Giovani Bianucci de l’Université de Pise, cette baleine pourrait bien avoir dépassé les 300 tonnes. Ce mastodonte d’environ 18 mètres de long a été décrit cette semaine dans la revue Nature.

C’est en 2010 que Mario Urbina, paléontologue à l’Université nationale de San Marcos et coauteur de l’étude, a mis au jour le squelette partiel dans la roche de la vallée d’Ica, dans le sud du Pérou. La découverte n’a pas été immédiatement impressionnante aux yeux des scientifiques, les os étant si gros qu’ils ressemblaient davantage à d’énormes rochers qu’à des fossiles.

« Au début, il a dû convaincre les autres membres de l’équipe que ce qu’il avait trouvé était en réalité un fossile, à cause de sa forme étrange », se souvient Eli Amson, coauteur de l’étude et paléontologue au Musée national d’histoire naturelle de Stuttgart, en Allemagne. Lorsque les chercheurs ont examiné de fines sections de fragments provenant du site, les pièces étranges se sont bel et bien révélées être des os, et les équipes de terrain ont passé les dix années suivantes à dégager le colosse de la roche.

Au total, les fossiles exhumés de la vallée d’Ica comprennent treize vertèbres, quatre côtes et une partie de la hanche. L’anatomie des os, ainsi que la période à laquelle la baleine nageait au large des côtes sud-américaines, indiquent que l’espèce était un parent de Basilosaurus, une baleine entièrement aquatique qui possédait un long museau rempli de dents perçantes et tranchantes. En comparant les os connus de Perucetus avec des squelettes plus complets de baleines vivantes et fossiles, Amson et ses collègues ont pu estimer la taille de cet ancien géant.

Bien qu’elle ne soit pas remarquablement longue, Perucetus était probablement très lourde. Les fossiles retrouvés présentent des signes de pachyostéosclérose étendue, une condition qui se caractérise par des os épais et denses et qui a été observée chez les lamantins et chez d’autres baleines primitives. Ces os denses permettent aux mammifères marins d’être suffisamment lourds pour rester immergés sans pour autant être trop lourds pour remonter à la surface.

Cette relique pourrait-elle appartenir au plus grand animal ayant un jour parcouru notre planète ? Une nouvelle analyse des fossiles de Perucetus colossus mis au jour dans le sud du Pérou suggère que cet animal préhistorique mesurait près de 18 mètres pour un poids dépassant les 300 tonnes.

« S’il a un corps trop dense, l’animal coule au fond de l’eau et doit dépenser de l’énergie en permanence pour remonter », explique Amson. Pour compenser la lourdeur de leurs os, les mammifères marins doivent posséder suffisamment de tissus flottants, comme les muscles et la graisse : ils peuvent ainsi flotter facilement dans la colonne d’eau sans dépenser d’énergie superflue pour remonter ou redescendre. « Nous avons utilisé le rapport entre le tissu squelettique et tous les autres tissus connus chez plusieurs espèces vivantes de mammifères marins pour estimer la masse corporelle totale de Perucetus », détaille Amson. Selon le paléontologue, la baleine aurait pesé entre 93 et 370 tonnes.

Si le poids de Perucetus atteignait le point le plus lourd de ces estimations, cela en ferait l’animal le plus imposant ayant jamais vécu à notre connaissance.

Des estimations complexes

Davantage de matière fossile sera nécessaire pour déterminer plus précisément la taille de cette baleine préhistorique. « Il manque la moitié supérieure du squelette du spécimen. Nous n’avons donc pas une idée complète de la taille de cette espèce, ce qui complique considérablement l’estimation de son poids », explique Nicholas Pyenson, chercheur spécialiste des baleines au Musée national d’histoire naturelle, qui n’était pas impliqué dans cette nouvelle étude.

Le fait que Perucetus ait appartenu à un groupe éteint de baleines dont les proportions corporelles différaient de celles des baleines qui vivent aujourd’hui contribue également à compliquer ces estimations. Ces baleines préhistoriques étaient probablement plus légères pour leur longueur que les baleines modernes, ajoute Pyenson. «Les estimations qui dépassent les 300 tonnes me paraissent difficiles à croire ; même l’estimation la plus basse de 60 à 80 tonnes est spectaculairement élevée. »

Même si Perucetus ne s’avère pas plus massif que la baleine bleue, ce cétacé était tout de même un géant pour son époque. « Ce qui est clair, c’est que cet animal était énorme, et il semble que sa masse corporelle ait été relativement proche de celle de la baleine bleue, même si elle n’était pas disposée de la même façon », affirme Travis Park, chercheur spécialiste des baleines au Musée d’histoire naturelle de Londres, qui n’était pas non plus impliqué dans la nouvelle étude.

Jusqu’à présent, les scientifiques pensaient que les baleines avaient commencé à atteindre des tailles gigantesques il y a seulement cinq millions d’années, lorsque des changements dans la circulation océanique ont permis le développement d’animaux filtreurs plus imposants, qui pouvaient désormais se nourrir de quantités abondantes de krill et d’autres aliments planctoniques. Le groupe de baleines auquel Perucetus appartenait était toutefois constitué de prédateurs actifs, qui se nourrissaient généralement de proies plus grosses comme les poissons.

«Cette découverte montre que nous avons sous-estimé le pic de taille des baleines anciennes qui a eu lieu à la fin de l’Éocène», admet Pyenson. Si c’est bien le cas, il faudrait alors déterminer comment Perucetus était capable d’attraper suffisamment de nourriture pour alimenter son énorme corps.

Un régime alimentaire encore mystérieux

Si les scientifiques ont beaucoup appris sur ce grand cétacé, ils n’ont pas encore déterminé à quoi ressemblait son mode de vie. Un corps aussi imposant nécessitait sans nul doute d’énormes quantités de nourriture, mais le contenu de cette nourriture demeure inconnu. « La tête de Perucetus est un mystère complet », affirme Amson.

Néanmoins, la masse corporelle particulièrement élevée de l’animal laisse entrevoir quelques régimes alimentaires possibles. Contrairement à la famille des Basilosauridae à laquelle elle est apparentée, et dont les individus poursuivaient leurs proies dans les océans, selon Amson, Percetus ne semble pas avoir été une nageuse agile ; dans ce cas, elle n’aurait donc pas pu chasser des proies rapides telles que les poissons. Il est également peu probable qu’elle se soit nourrie de plantes, car aucune baleine herbivore n’a été identifiée à ce jour.

Le grand mammifère se nourrissait peut-être dans les profondeurs, de proies comme des palourdes et de crustacés. La découverte d’un crâne avec des dents permettrait de résoudre la question, note Park, car « si Perucetus se nourrissait de nombreuses proies benthiques à coquille dure, son crâne et ses dents y étaient probablement adaptés. »

Pour le moment, les experts ne peuvent que tenter de deviner ce qui composait le régime alimentaire de l’animal. « Bien qu’il ne s’agisse que de spéculations, ma théorie préférée est que Perucetus était un charognard qui se nourrissait des carcasses d’autres grands animaux », confie Amson.

Les futures découvertes permettront sans doute de mieux comprendre ce que faisait cette baleine dans les océans préhistoriques, et pourquoi elle a eu besoin de développer un squelette aussi épais. Si l’une de ces baleines inhabituelles a été découverte, il est probable qu’il en existe d’autres.

Selon Pyenson, «nous n’avons pas encore découvert tous les nombreux types de baleines qui ont existé à travers l’Histoire», même si de nouvelles découvertes fossiles ont permis de mettre en évidence certains des moments charnières de l’évolution des baleines,.

Source : Article de Riley Black, publication du 3 août 2023, National Geographic avec photos à consulter sur le site https://www.nationalgeographic.fr/sciences/decouverte-la-baleine-bleue-ne-serait-pas-lanimal-le-plus-lourd-de-tous-les-temps

19 décembre 2024

Quand tombe la neige, le vélo se repose, pour Nathalie

Ma troisième et dernière enveloppe bricolée est destinée à Nathalie, la savoyarde.

J'imagine qu'en ce moment la neige a été plusieurs fois au rendez-vous en Savoie et il est encore annoncé des chutes pour les prochains jours dans les stations, à la grande joie des vacanciers en partance pour la montagne.

auteur de la photo inconnu, reproduit sur Pinterest

Pour les amateurs de randonnée à vélo le dimanche comme le fait régulièrement Nathalie, la saison d'hiver n'est pas la plus appréciée, d'où mon choix pour illustrer cette enveloppe. 

Je t'en souhaite une très bonne réception Nathalie ainsi que de beaux moments de partage pour Noël et les fêtes de fin d'année. 

10 décembre 2024

CN12 - Rimes, pour Nathalie

J'ai choisi cette très jolie chanson pour Nathalie, ma correspondante savoyarde car je l'aime vraiment beaucoup. Claude Nougaro le poète, le Motsicien, nous régale de ses trouvailles, mariant les mots avec une gourmandise qui n'appartient qu'à lui : le mot devient musique!

Contrairement à ce qui s'est passé pour le mail-art précédent, j'espère que cette enveloppe hommage arrivera à bon port. Je t'en souhaite une très bonne réception,  Nathalie, ainsi qu'un Joyeux Noël et de belles fêtes de fin d'année.

Numéro Un, TF1 : 12 septembre 1981 Claude NOUGARO interprète "Rimes", assis sur un tabouret, dans un décor à dominante bleue. Images d'archives INA Institut National de l'Audiovisuel

RIMES

J'aime la vie quand elle rime à quelque chose
J'aime les épines quand elles riment avec la rose
J'aimerais même la mort si j'en sais la cause
Rimes ou prose

J'aime ma chanson quand elle rime avec ta bouche
Comme les ponts de Paris avec bateau-mouche
Et la perle des pleurs avec l'œil des biches
Rimes tristes

J'aime les manèges quand ils riment avec la neige
J'aime les nains qui riment avec Blanche-Neige
Rimons, rimons tous les deux
Rimons, rimons si tu veux
Même si c'est pas des rimes riches
Arrimons-nous on s'en fiche

J'aime les manèges quand ils riment avec la neige
J'aime les nains qui riment avec Blanche-Neige
Rimons, rimons tous les deux
Rimons, rimons si tu veux
Même si c'est pas des rimes riches
Arrimons-nous on s'en fiche

J'aime la vie quand elle rime à quelque chose
J'aime les épines quand elles riment avec la rose
J'aimerais même la 
mort si j'en sais la cause
Rimes ou prose

J'aime ma chanson quand elle rime avec ta bouche
Comme les ponts de Paris avec bateau-mouche
Et la perle des pleurs avec l'œil des biches
Rimes tristes

J'aime les manèges quand ils riment avec la neige
J'aime les nains qui riment avec Blanche-Neige
Rimons, rimons tous les deux
Rimons, rimons si tu veux
Même si c'est pas des rimes riches
Arrimons-nous on s'en fiche

J'aime la vie quand elle rime à quelque chose
J'aime les épines quand elles riment avec la rose
Rimons, rimons belle dame
Rimons, rimons jusqu'à l'âme
Et que ma poésie
Rime à ta peau aussi
Rimons, rimons belle dame
Rimons, rimons jusqu'à l'âme
Et que ma poésie
Rime à ta peau aussi

Source : Musixmatch
Paroliers : Claude Nougaro / Aldo Romano

14 novembre 2024

T172 - Bleuet, centaurée ou barbeau, la fleur de l'Armistice du 11 novembre 1918, par Nathalie

A chaque 11 novembre, jour du souvenir pour les disparus de la première guerre mondiale, Nathalie participe à la journée régionale de la Philatélie à Chambéry, sa ville. Et à chaque fois, j'ai la très grande chance de recevoir l'une de ses créations.

Cette fois-ci ce sont à la fois son métier de peintre sur porcelaine qui est mis à l'honneur et le bleuet, la fleur emblème du 11 novembre en France,  qui sont représentés sur cette copie d'assiette restaurée où elle n'a pas manqué de faire courir ses amies les fourmis.  Nathalie m'apprend un autre nom pour cette fleur sauvage qu'on appelle par chez moi le bleuet ou la centaurée : on dit aussi le barbeau en Savoie. 

Son art postal est magnifiquement rehaussé par le choix d'un timbre spécifique "Novembre" relatif à l'armistice du 11 novembre 1918, que je n'avais jamais vu.


Pour rester à la fois dans le bleu et dans la jolie vaisselle, j'ai trouvé au dos de l'ouvrage principal une assiette à dessert à fleurs bleues, contenant une savoureuse tartelette aux myrtilles (que l'on appelle aussi des bleuets), fruit sauvage que l'on trouve en abondance en Savoie.

Bref, voici un mail-art superbe rendant hommage à toutes les personnes tombées pour la liberté de notre Nation, dont il faut plus que jamais honorer le souvenir. Un grand merci à toi, chère Nathalie, car tu as su en plus le rendre appétissant et à mon goût en ce qui concerne les fleurs bleues (et aussi les myrtilles que j'adore).

23 septembre 2024

Jour d'emplettes pour les fourmis, pour Nathalie

Voici une parfaite illustration de la fable de Mr Jean de la Fontaine : on y voit effectivement les fourmis en plein boulot maintenant que l'été tire à sa fin et qu'il faut songer aux provisions afin d'assurer la survie de la colonie pendant la mauvaise saison ; dans le même temps,  bien sûr,  la cigale (ou la sauterelle plutôt ici) fait la sieste, mollement bercée au sommet d'une graminée bien fournie, songeant certainement à quelques belles paroles nouvelles à introduire dans ses chansons.

Comme Nathalie est très passionnée par les fourmis et qu'il est compliqué d'en trouver en dehors des fables, surtout en un si grand format, je n'ai pas résisté à rebroder les belles ouvrières que j'ai trouvées dans cette illustration, 

Illustration tirée d'un site d'apprentissage de l'anglais :
Grasshopper and the Ants - Charles Santore

J'espère que ces insectes fort actives  dans leur environnement champêtre d'été sauront te plaire Nathalie : je t'en souhaite la meilleure réception ainsi qu'un bel automne isérois plein de belles couleurs.

26 août 2024

Avec Jean Derval, la magie de la céramique, pour Nathalie

Depuis toujours je suis fascinée par les artistes qui maîtrisent à la fois le travail de modelage la terre puis sa cuisson au four en anticipant au mieux la réaction des engobes ou des émaux avec les très hautes températures de cuisson.

Qu'ils soient potiers ou céramistes, j'aime voir leurs doigts savent façonner avec agilité la moindre pièce, cela semble toujours simple quand on les regarde faire. Pour avoir modestement tenté l'expérience je peux vous dire que c'est tout autre chose quand on s'y essaie car il y a beaucoup de paramètres à prendre en compte simplement pour la façon avec tournage ou pas. Ensuite il faudra rajouter tous les aléas liés à la cuisson. 

En ce domaine voici un très grand artiste sur lequel j'avais envie de mettre un coup de projecteur, en partant d'une pièce magnifique que j'ai vue sur le magazine La Gazette Drouot et que je destine à Nathalie peintre sur porcelaine. 

Maîtrisant parfaitement l’art du feu, Jean Derval nous livre une pièce unique, véritable ode à l’équilibre avec ces acrobates soutenant une coupe. J'aime infiniment les couleurs choisies en plus de la modernité de l'ensemble.

Chère Nathalie je te souhaite une bonne réception de cet art postal un peu différent de ce que je t'envoies d'habitude, mais se tourner vers l'art ne peut que te séduire, j'en suis certaine. Belle fin d'été.

Jean Derval (1925-2010), Les Saltimbanques, 2003, 
sculpture en terre chamottée et émaillée polychrome représentant deux acrobates 
soutenant une coupe circulaire, publication La Gazette Drouot 

Les numéros d’acrobates fascinent le public, tant au Moyen Âge que dans les temps modernes. José María Sert utilisa notamment ces pyramides humaines comme ornements décoratifs pour des décors luxueux. Les deux saltimbanques de Jean Derval, issus de cette ancienne culture populaire, façonnés en terre chamottée et émaillée, sont certes moins acrobatiques, mais traités avec plus de monumentalité ! Il a été « élu de la céramique », comme l’affirmait l’intitulé de l’exposition du musée de Sèvres, à l’été 2004. Bel et bien « élu », car cet artiste, venu des arts décoratifs, avait travaillé en tant qu’affichiste et illustrateur, entre autres pour la maison Christofle. Envoyé par cette maison à Saint-Amand-en-Puisaye pour négocier les possibilités de production d’une ligne de pièces d’usage, il découvre un univers qui le fascine par la richesse de ses techniques et par ses possibilités artistiques. Il apprécie aussi son immédiateté quasi magique de réalisation. Il y apprend donc l’art de la céramique jusqu’en 1946, lorsqu’il rejoint à Vallauris Roger Capron et Robert Picault pour intégrer Madoura, puis, en 1951, fonder l’atelier du Portail. Jean Derval y développera un art subtil, d’une grande virtuosité technique et artistique, voué à la pièce unique. 

Jean DERVAL  (1925-2010) France

Jean Derval reçoit d'abord une éducation artistique comme graphiste et affichiste à l'École des Arts Appliqués de la rue Dupetit-Thouars à Paris. Sa vocation pour la céramique lui vient fortuitement en créant des services en grès pour la maison d'orfèvrerie Christofle. En 1945, lors de son passage à Saint-Amand-en-Puisaye, il apprend le métier de céramiste dans l'atelier Maubrou-Pigaglio notamment auprès de Camille Gendras.

En 1947, Jean Derval rejoint ses camarades Robert Picault et Roger Capron à Vallauris où ils ont créé un atelier de poterie l'année précédente. Le monde élégant des amateurs et des artistes se retrouve à cette époque sur la Côte d'Azur autour de Picasso. Jean Derval entre en 1949 dans le célèbre atelier Madoura, où il côtoie le maître andalou pendant deux ans. En 1951, il fonde son propre établissement, Le Portail.
Au lieu de créer une véritable manufacture, il choisit la voie difficile des « pièces uniques ». Derval propose un répertoire de poteries domestiques, essentiellement d'inspiration anthropomorphe et zoomorphe, réinterprétées à partir des leçons du cubisme et de l'abstraction. La fin des années 1960 est marquée par une évolution du goût vers des grès aux teintes sourdes et cuivrées. Jean Derval s'oriente alors vers une céramique architecturale avec une vision de sculpteur plus que de potier.

5 février 2024

Qu'en 2024 s'envolent les colombes de la paix, de la fourmidable Nathalie

Avec la durée de distribution désormais incontrôlable du courrier malgré une tarification des timbres devenue exorbitante, la période des voeux s'étend désormais sur plusieurs mois, pour le plus grand plaisir de ma boite aux lettres.

Et aujourd'hui, c'est Nathalie, l'artiste peintre sur porcelaine, qui m'adresse ses voeux pour 2024 portés à tire d'ailes par de magnifiques colombes, au moyen d'un faux timbre d'artiste : pourtant, c'est extraordinaire, sa missive m'est parvenue en trois jours ouvrés! 

Colombe emporte-piècée , au gauche au bas de l'enveloppe 
  
Carte postale dessinée par Nathalie pour le centenaire de l'armistice du 11-11-1918

Merci beaucoup Nathalie, la passionnée des toutes petites fourmis que l'on retrouve systématiquement dans ses peintures comme sur ses courriers. Femme-colombe comme tu t'es si bien dessinée,  je te remercie beaucoup pour tes bons voeux et pour ces dessins pour la paix que nous espérons tous.

22 décembre 2023

Bonne et heureuse année 2024, pour Nathalie

 

Tous mes vœux  de santé et de paix, que la nature t’enveloppe de sa beauté et de sa sérénité tout au long de cette année.

16 novembre 2023

MAE32 - La machine à écrire Hall Boston, pour Nathalie

A l'occasion de la 14e Journée Mondiale du Faux-Timbre d'Artiste dont le destinataire privilégié est le Musée de la Machine à Ecrire de Lausanne et parce que mon premier métier fut dactylo, j'ai eu envie de créer une série pour rendre hommage à ma machine à écrire mécanique et à toutes celles qui furent produites à travers le monde, globalement pendant un siècle de 1870 à 1970.
Voici pour toi, Nathalie, un modèle rare et de collection d'une machine à écrire vintage, la Hall Boston : 


Machine à écrire Hall, modèle Boston fabriqué en 1886 par National Typewriter Company à Boston, USA.


Il s’agit du troisième modèle des machines Hall ( le premier modèle est de 1881) et sont pratiquement identiques, sauf pour les moindres détails. Les deux autres Hall sont le Hall New York et le Hall Salem, ainsi nommés d’après le site de fabrication. 

Les machines Hall ont une grande importance dans l’histoire des anciennes machines à écrire, car c’était la première machine d’index. Ces machines sont munies d’un pointeur ou d’un indicateur permettant de choisir le caractère désiré imprimé sur un panneau. Elles n’avaient pas de clavier et étaient donc plus lentes à écrire, mais elles avaient beaucoup moins de pièces qu’un modèle de bureau et étaient donc plus économiques. Plus que pour une entreprise, ces machines s’adressaient à des particuliers qui avaient besoin d’écrire des documents mécaniquement et où le temps n’était pas important. Cependant, ils sont des machines rapides une fois mémorisé la place de chacun des caractères.

Source : description complète donnée sur TODOCOLLECTION, site espagnol de vente en ligne d'objets de collection

5 juillet 2023

Quand la nature inspire la création joaillère, pour Nathalie

J'aime profondément la nature et toutes les beautés qu'elle nous offre, tant dans le monde vivant du végétal et de l'animal, que dans le monde du minéral forcément plus statique, encore que changeant au gré de la lumière et des saisons.

Citation : "Les bijoux ne vont pas changer le monde, les femmes qui les portent, si" - Auteur inconnu

Ici, j'ai trouvé que ces deux broches anciennes, hirondelle à la perle et papillon, étaient magnifiées lorsqu'elles reposaient sur cette dentelle ancienne plutôt rustique. 

Alors, j'espère que ce mail-art saura plaire à Nathalie l'artiste peintre sur porcelaine, bien que ses amies les petites fourmis en soient, cette fois, absentes. 

26 décembre 2022

Bonne et heureuse année 2023, pour Nathalie

Série patinage d'antan : le patinage c'est bien sympathique, mais le laçage des patins à glace à cette époque là, c'est toute une galère... heureusement qu'il y a un chevalier servant tout prêt à venir aider cette belle jeune fille

personnages tirés d'une carte postale de voeux vintage

16 novembre 2022

T137 - Colombe de la paix en mémoire des héros de 14-18, de Nathalie

Emise le 11 novembre dernier lors d'une journée philatélique qui se tenait à Chambéry avec son ami Vincent, Nathalie me fait la joie de m'envoyer une superbe colombe de la paix.

Le bel oiseau est réalisée comme un pliage pop-pop, avec un timbre de circonstance émis en 2018, en mémoire de tous nos héros, morts pour la patrie lors de la terrible guerre de 1914 à 1918.

envoi fait d'un mélange harmonieux et très chic de papier blanc à dessin et de coupures imprimées extraites des pages d'un livre ancien.
J'ignore si c'est parce que c'était une journée tellement particulière mais j'ai reçu tout cela parfaitement tamponné par un timbre à date à l'encre rouge puis glissé dans une enveloppe transparente fermée par un ruban au sigle de La Poste. C'était magnifique! 

Un grand merci à toi Nathalie, et comme toi avec tes beaux oiseaux, je ne pense et je n'espère que cela : la PAIX au plus vite!

26 octobre 2022

Bel oiseau de la paix, vole vite sans te perdre, vers Nathalie

Le dernier envoi que j'ai fait pour Nathalie s'est perdu dans les limbes de la Poste.

Croisons les doigts cette fois-ci et espérons que ma colombe de la paix brodée à la main, la 14ème qui prend son envol, saura la retrouver, qu'elle franchira tous les obstacles pour lui parvenir. Elle est chargée de tous mes espoirs d'une paix prochaine pour le peuple ukrainien qui souffre particulièrement en ce moment, juste avant l'hiver, privé d'eau et d'électricité. Chaque jour je pense à eux.

Broderie libre sur un modèle de dessin proposé au coloriage 
Je t'en souhaite une bonne réception Nathalie, tiens moi au courant. 

8 août 2022

Tournesol, fleur nationale de l'Ukraine, pour Nathalie

Outre le blé, le maïs, et le colza, principales céréales exportées en masse depuis les ports d'Ukraine, une autre plante est très présente dans les champs ukrainiens, car ce pays exporte massivement l'huile de tournesol (ça c'était avant la guerre!).

La fleur du tournesol est devenue la fleur nationale de l'Ukraine : j'espère qu'elle plaira à Nathalie, même si des fourmis (un peu grosses) ont envahi cette belle plante que je lui adresse. 

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Les tournesols ukrainiens, riches en symboles
La fleur nationale de l’Ukraine apparaît toujours plus comme un emblème de résistance face à l’offensive russe. En 1996, elle était associée à l’abandon de l’arsenal nucléaire ukrainien. Et a servi à dépolluer les sols après la catastrophe de Tchernobyl

«Prends ces graines. Au moins, comme ça, quand tu seras mort sur notre sol, des tournesols pourront pousser autour de toi!» Une petite dame, bonnet de laine sur la tête, apostrophe, énervée, un soldat russe à Genichesk, dans la région de Kherson, au sud de l’Ukraine. Elle le presse de glisser les semences dans sa poche, puis tourne les talons. Sur les réseaux sociaux, la scène est devenue virale. L’audace de cette femme désarmée sidère, mais son geste rappelle aussi l’importance de cette fleur pour les Ukrainiens.

La First Lady aussi : depuis le début de l’offensive russe en Ukraine, le tournesol s’impose partout, comme symbole de résistance et de solidarité. Dans les cheveux des filles qui manifestent pour la paix, de New York à Paris. Sur les tracts, les habits, les pancartes ou les graffitis. Et même sur la manche droite de la robe bleue de la First Lady américaine, Jill Biden, lors du discours sur l’état de l’Union de son mari devant le Congrès. La veille, elle le portait, brodé, sur son masque anti-covid.

Le tournesol est la fleur nationale du pays, arrivée vers 1700 d’Amérique du Nord. L’Ukraine fournit, avec la Russie, jusqu’à 75-80% des exportations mondiales d’huile de tournesol, et rien qu’en 2020-2021 le pays en a cultivé 6,5 millions d’hectares, selon le Département ukrainien du développement agricole. L’Eglise orthodoxe a contribué à populariser la fleur: pendant le carême, l’huile de tournesol est vite devenue un substitut du beurre et de la graisse animale. Et les Ukrainiens sont très friands des graines.

«Voir le soleil briller à nouveau» : mais il y a surtout la scène de 1996. En juin de cette année, des responsables de la base de missiles de Pervomaysk, dans le sud de l’Ukraine, ont planté des dizaines de tournesols pour célébrer l’abandon par l’Ukraine du troisième plus grand arsenal nucléaire du monde, hérité lors de l’effondrement de l’Union soviétique en 1991. En présence des ministres de la Défense américain, russe et ukrainien.

«Il est tout à fait approprié de planter des tournesols ici à Pervomaysk pour symboliser l’espoir que nous ressentons tous de voir le soleil briller à nouveau», avait alors déclaré le ministre américain William Perry, debout sur une petite plateforme de béton dans l’ancien champ de missiles.

Des missiles nucléaires SS-19, prêts à viser les Etats-Unis, étaient enfouis sous terre à cet endroit précis, jusqu’à ce que l’Ukraine, à travers le Mémorandum de Budapest de 1994, renonce officiellement à son arsenal de plus de 1900 ogives, en l’échange d’une promesse qui résonne bizarrement aujourd’hui. Les pays signataires s’étaient engagés à «respecter l’indépendance, la souveraineté et les frontières existantes de l’Ukraine». Et à «s’abstenir de recourir à la menace ou à l’emploi de la force contre l’intégrité territoriale ou l’indépendance politique de l’Ukraine». Ils ont aussi promis qu’aucune de leurs armes «ne sera jamais utilisée contre l’Ukraine, sauf en cas de légitime défense ou autrement, conformément à la Charte des Nations unies».

Multiples vertus : Fallait-il voir dans ces ministres usant de leurs pelles pour planter des tournesols avant tout une formidable opération de communication version «flower power»? Pas seulement. Car des scientifiques s’accordent aussi à dire que ces végétaux ont quelques vertus.

C’est ce que rappelle notamment, sur un blog, Richard Niesenbaum, professeur de biologie à l’université privée de Muhlenberg (Pennsylvanie). Si la plante «heureuse», dont il existe 67 espèces, a des graines aux valeurs très nutritives, des pétales comestibles, des tiges qui peuvent être utilisées pour fabriquer du papier ou des vêtements, et des feuilles qui peuvent être bues en infusion et soulageraient notamment «les fièvres, la diarrhée et les affections pulmonaires», ses racines ne sont pas en reste: elles auraient des propriétés pour éliminer les radiations des sols.

«Cette technique a été utilisée pour nettoyer la catastrophe nucléaire de Tchernobyl en Ukraine en 1986. Les racines de tournesol sont également employées en phytothérapie pour traiter les morsures de serpent et d’araignée», écrit Richard Niesenbaum. Des tournesols ont par exemple aussi été plantés en 2011 dans le village japonais d’Iitate, après l’accident nucléaire de la centrale de Fukushima, pour dépolluer les sols contaminés.

Amour inconditionnel : Le tournesol est désormais avant tout associé à la guerre en Ukraine déclenchée le 24 février par le président russe Vladimir Poutine. «La principale raison pour laquelle ce type de symboles peut devenir le signe d’une résistance populaire est qu’il n’est lié à aucun parti politique ou idéologie. D’autres symboles ont été utilisés plus tôt dans l’histoire par un camp et sont donc entachés, commente Orla Vigsö, professeur en communication à l’Université de Göteborg (Suède). Le tournesol est traditionnellement considéré comme un symbole de foi inébranlable et d’amour inconditionnel, qui sont des sentiments positifs, au-dessus du spectre politique. Une vaste résistance populaire peut donc se l’approprier. Si le symbole a un lien naturel avec le pays, cela renforce la possibilité qu’il soit accepté par une large base.»

Le tournesol s’invite notamment dans Les Fleurs de soleil du survivant de l’Holocauste et chasseur de nazis Simon Wiesenthal. En 1942, alors qu’il était interné dans un camp de travaux forcés polonais à Lemberg, il passait chaque jour devant un cimetière militaire. Sur chaque tombe de soldat nazi, il y avait un tournesol. Simon Wiesenthal était alors hanté par sa propre mort. Mais il se doutait que, le moment venu, il n’aurait pas droit à un tournesol. L’Ukrainienne qui a interpellé un soldat à Genichesk avait-elle ce livre en tête lorsqu’elle a suggéré au Russe qui se dressait devant elle de glisser des graines de tournesol dans sa poche?

Extrait d'un article de Valérie de Graffenried du 17 mars 2022 publié dans le journal Le Temps (Suisse)