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14 avril 2022

Dom Juan, dans Dom Juan et le Festin de Pierre de Molière, pour les Timbrés de l'Art Postal de Pézenas

Ma septième et dernière contribution à l'appel des Timbrés de l'art postal de Pézenas.

Dom Juan ou le Festin de Pierre est une pièce de théâtre de Molière, représentée pour la première fois en 1665. C'est l'histoire d'un jeune noble séducteur (dom Juan) qui tue un haut gradé pour obtenir la main de sa fille. Le personnage de Dom Juan s'inspire du héros de la pièce espagnole de Tirso de Molina jouée en 1630. L'esprit du haut gradé réincarné sous la forme d'un buste de pierre l'invite à manger chez lui ; aussitôt mis à table, le haut gradé s'énerve puis va en Enfer et emmène Dom Juan avec lui.

L'histoire est aussi connue par sa reprise 122 ans plus tard pour un opéra de Mozart : Don Giovanni.

C'est une des pièces de Molière les plus connues.
Le personnage central est extrait de la nouvelle édition des Oeuvres complètes de Molière
(Geffroy, Maurice Sand, Wolf , Manceau , Jules Janin) imprimée sur celles de 1679 et 1681,
avec des notes explicatives sur les mots qui ont vieilli, ornée de portraits en pied coloriés


Célèbre tirade des « conquêtes amoureuses » de Dom Juan dans la pièce de Molière (Acte I, scène 2)

Dom Juan :
Quoi ? Tu veux qu’on se lie à demeurer au premier objet qui nous prend, qu’on renonce au monde pour lui, et qu’on n’ait plus d’yeux pour personne ? La belle chose de vouloir se piquer d’un faux honneur d’être fidèle, de s’ensevelir pour toujours dans une passion, et d’être mort dès sa jeunesse à toutes les autres beautés qui nous peuvent frapper les yeux ! Non, non : la constance n’est bonne que pour des ridicules ; toutes les belles ont droit de nous charmer, et l’avantage d’être rencontrée la première ne doit point dérober aux autres les justes prétentions qu’elles ont toutes sur nos cœurs. Pour moi, la beauté me ravit partout où je la trouve, et je cède facilement à cette douce violence dont elle nous entraîne. J’ai beau être engagé, l’amour que j’ai pour une belle n’engage point mon âme à faire injustice aux autres ; je conserve des yeux pour voir le mérite de toutes, et rends à chacune les hommages et les tributs où la nature nous oblige. Quoi qu’il en soit, je ne puis refuser mon cœur à tout ce que je vois d’aimable ; et dès qu’un beau visage me le demande, si j’en avais dix mille, je les donnerais tous. Les inclinations naissantes, après tout, ont des charmes inexplicables, et tout le plaisir de l’amour est dans le changement. On goûte une douceur extrême à réduire, par cent hommages, le cœur d’une jeune beauté, à voir de jour en jour les petits progrès qu’on y fait, à combattre par des transports, par des larmes et des soupirs, l’innocente pudeur d’une âme qui a peine à rendre les armes, à forcer pied à pied toutes les petites résistances qu’elle nous oppose, à vaincre les scrupules dont elle se fait un honneur et la mener doucement où nous avons envie de la faire venir. Mais lorsqu’on en est maître une fois, il n’y a plus rien à dire ni rien à souhaiter ; tout le beau de la passion est fini, et nous nous endormons dans la tranquillité d’un tel amour, si quelque objet nouveau ne vient réveiller nos désirs, et présenter à notre cœur les charmes attrayants d’une conquête à faire. Enfin il n’est rien de si doux que de triompher de la résistance d’une belle personne, et j’ai sur ce sujet l’ambition des conquérants, qui volent perpétuellement de victoire en victoire, et ne peuvent se résoudre à borner leurs souhaits. Il n’est rien qui puisse arrêter l’impétuosité de mes désirs : je me sens un cœur à aimer toute la terre ; et comme Alexandre, je souhaiterais qu’il y eût d’autres mondes, pour y pouvoir étendre mes conquêtes amoureuses.
***
Cette pièce étant énormément jouée, il est difficile de faire une sélection des comédiens réputés pour avoir tenu le rôle de Dom Juan, succédant en cela aux grands acteurs du passé  Jean Vilar ou Louis Jouvet. Dans la dernière décennie, on a pu remarquer : 
Loic Corbery de la Comédie Française en 2014
Nicolas Bouchaud au Théatre de l'Odéon en 2014
Laurent Laffite de la Comédie Française en 2022 au Théâtre du Vieux Colombier 

Magdelon, dans Les Précieuses Ridicules de Molière, pour les Timbrés de l'art postal de Pézenas

Mon avant-dernière contribution à l'appel lancé par les Timbrés de l'art postal de Pézenas pour les 400 coups de Molière concerne Magdelon dans les Précieuses Ridicules de Molière, rôle qui fut tenu initialement par Madeleine Béjart, son épouse. 

Les Précieuses ridicules est une comédie en un acte et en prose de Molière, représentée pour la première fois le 18 novembre 1659 au théâtre du Petit-Bourbon, à Paris, en seconde partie de spectacle. Elle connut un succès considérable, qui se traduisit par l'apparition d'une mode littéraire nouvelle, la satire des « précieuses » et de la « préciosité », termes popularisés par la pièce de Molière. 

Pour éviter que la pièce ne fût imprimée sans son approbation, Molière accepta de la laisser publier par des libraires de son choix, et elle fut ainsi la première de son auteur à connaître les honneurs de l'impression.
Le personnage central est extrait de la nouvelle édition des Oeuvres complètes de Molière
(Geffroy, Maurice Sand, Wolf , Manceau , Jules Janin) imprimée sur celles de 1679 et 1681,
avec des notes explicatives sur les mots qui ont vieilli, ornée de portraits en pied coloriés
Madeleine Béjart dans le rôle de Magdelon qu'elle créa - l'auteur de la photot est inconnu
 
Propos de la pièce : 

Magdelon et Cathos, deux jeunes provinciales, débarquent à Paris en quête d'amour et de jeux d'esprit. Gorgibus, père de Magdelon et oncle de Cathos, décide de les marier à deux prétendants, mais elles les ridiculiseront de telle façon que ceux-ci décident de se venger...

Les Précieuses ridicules (Magdelon, Cathos, et le bel esprit Mascarille)
dans une mise en scène de Christian Schiaretti au TNP de Villeurbanne, 2007.
Catherine Ferran (Cathos) et Catherine Hiegel (Magdelon) dans Les Précieuses ridicules,
mise en scène de Dan Jemmett, 2007 © B. Enguérand, coll. Comédie-Française
Virginie Pradal (Magdelon), Jean-Luc Moreau (Mascarille) et Catherine Salviat (Cathos) dans Les Précieuses ridicules,
mise en scène de Jean-Louis Thamin, 1971 © C. Angelini, coll. Comédie-Française

Alceste, dans le Misanthrope de Molière, pour les Timbrés de l'art postal de Pézenas

Pour ma cinquième participation à l'appel des Timbrés de l'art postal de Pézenas, j'ai choisi d'illustrer le personnage d'Alceste, en hommage à Molière et à sa pièce du Misanthrope.

Le Misanthrope est une comédie de Molière en cinq actes et en vers représentée pour la première fois le 4 juin 1666 sur la scène du Palais-Royal. Le sous-titre « ou l'Atrabilaire amoureux » ne figure pas dans les éditions publiées de cette pièce mais seulement dans la mention manuscrite du privilège accordé le 21 décembre à Molière pour l'impression de sa pièce.
Le personnage central est extrait de la nouvelle édition des Oeuvres complètes de Molière
(Geffroy, Maurice Sand, Wolf , Manceau , Jules Janin) imprimée sur celles de 1679 et 1681,
avec des notes explicatives sur les mots qui ont vieilli, ornée de portraits en pied coloriés

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Tirade d'Alceste dans Le misanthrope : acte I Scène 1 : Vers 119 A 166

Non : elle est générale, et je hais tous les hommes :
Les uns, parce qu'ils sont méchants et malfaisants,
Et les autres, pour être aux méchants complaisants,
Et n'avoir pas pour eux ces haines vigoureuses
Que doit donner le vice aux âmes vertueuses.
De cette complaisance on voit l'injuste excès
Pour le franc scélérat avec qui j'ai procès :
Au travers de son masque on voit à plein le traître ;
Partout il est connu pour tout ce qu'il peut être ;
Et ses roulements d'yeux et son ton radouci
N'imposent qu'à des gens qui ne sont point d'ici.
On sait que ce pied plat, digne qu'on le confonde,
Par de sales emplois s'est poussé dans le monde,
Et que par eux son sort de splendeur revêtu
Fait gronder le mérite et rougir la vertu.
Quelques titres honteux qu'en tous lieux on lui donne,
Son misérable honneur ne voit pour lui personne ;
Nommez-le fourbe, infâme, et scélérat maudit,
Tout le monde en convient, et nul n'y contredit.
Cependant sa grimace est partout bienvenue :
On l'accueille, on lui rit, partout il s'insinue ;
Et s'il est, par la brigue, un rang à disputer,
Sur le plus honnête homme on le voit l'emporter.
Têtebleu ! ce me sont de mortelles blessures,
De voir qu'avec le vice on garde des mesures ;
Et parfois il me prend des mouvements soudains
De fuir dans un désert l'approche des humains.

***
Quelques comédiens célèbres qui tinrent le rôle d'Alceste :
Loïc Corbery (Alceste) et Georgia Scalliet (Célimène) dans "Le Misanthrope" de Molière, mise en scène de Clément Hervieu-Léger, à la Comédie Française (Salle Richelieu) (Audrey Natalizi / France 3 Paris)
Michel Fau (Alceste) et Julie Depardieu (Célimène) dans "Le Misanthrope" (Marcel Hartmann) images France Info - 2014

Argan, dans le Malade imaginaire de Molière, pour les Timbrés de l'art postal de Pézenas

Le Malade imaginaire est ma quatrième participation à l'appel des Timbrés de l'art postal de Pézenas, pour fêter avec eux les 400 ans de la naissance du grand Jean-Baptiste Poquelin dit Molière.

Cette dernière œuvre dramatique écrite par Molière, est une comédie-ballet en trois actes et en prose, créée le 10 février 1673 par la Troupe du Roi sur la scène du Palais-Royal à Paris, avec une musique de scène composée par Marc-Antoine Charpentier et des ballets réglés par Pierre Beauchamp.
Le personnage central est extrait de la nouvelle édition des Oeuvres complètes de Molière
(Geffroy, Maurice Sand, Wolf , Manceau , Jules Janin) imprimée sur celles de 1679 et 1681,
avec des notes explicatives sur les mots qui ont vieilli, ornée de portraits en pied coloriés
Résumé de la pièce : 
La pièce tourne autour d'Argan, le « malade imaginaire », éponyme. Il est veuf et a épousé en secondes noces Béline, qui simule des soins attentionnés, mais n'attend en réalité que la mort de son mari pour hériter. Il se fait faire des saignées et des purges et absorbe toutes sortes de remèdes, prescrits par des médecins pédants, plus soucieux de complaire à leur patient que de concourir à améliorer sa santé. Pour les berner, Toinette, sa servante, se déguise en médecin et lui dispense de nombreux conseils ironiques et moqueurs pour la profession.

Angélique, sa fille, aime Cléante, ce qui contrarie Argan, qui préférerait la voir épouser Thomas Diafoirus, lui-même médecin. Pour les tirer d'affaire, Toinette recommande à Argan de faire le mort. Sa femme, appelée par Toinette, manifeste, devant celui qu'elle croit trépassé, sa joie d'en être débarrassée. Angélique, appelée ensuite par Toinette, manifeste un chagrin sincère à la mort de son père, qui arrête aussitôt son jeu et accepte l'union avec Cléante, à la condition que celui-ci devienne médecin. Béralde, frère d'Argan, conseille à ce dernier de devenir médecin à son tour, menant à une fin burlesque de la pièce, à savoir la cérémonie bouffonne de l'intronisation du « malade imaginaire » comme médecin.

***
Lecture linéaire du monologue d’Argan du « malade imaginaire » (Acte 1, scène 1, Molière)

Argan, seul dans sa chambre assis, une table devant lui, compte des parties d’apothicaire avec des jetons; il fait parlant à lui-même les dialogues suivants.

Trois et deux font cinq, et cinq font dix, et dix font vingt. Trois et deux font cinq. "Plus, du vingt-quatrième, un petit clystère insinuatif, préparatif, et rémollient, pour amollir, humecter, et rafraîchir les entrailles de Monsieur. Ce qui me plaît, de Monsieur Fleurant mon apothicaire, c’est que ses parties sont toujours fort civiles. "Les entrailles de Monsieur, trente sols". Oui, mais, Monsieur Fleurant, ce n’est pas tout que d’être civil, il faut être aussi raisonnable, et ne pas écorcher les malades. Trente sols un lavement, je suis votre serviteur, je vous l’ai déjà dit. Vous ne me les avez mis dans les autres parties qu’à vingt sols, et vingt sols en langage d’apothicaire, c’est-à-dire dix sols ; les voilà, dix sols. "Plus dudit jour, un bon clystère détersif, composé avec catholicon double, rhubarbe, miel rosat, et autres, suivant l’ordonnance, pour balayer, laver, et nettoyer le bas-ventre de Monsieur, trente sols ;" avec votre permission, dix sols. "Plus dudit jour le soir un julep hépatique, soporatif, et somnifère, composé pour faire dormir Monsieur, trente-cinq sols ;" je ne me plains pas de celui-là, car il me fit bien dormir. Dix, quinze, seize et dix-sept sols, six deniers. "Plus du vingt-cinquième, une bonne médecine purgative et corroborative, composée de casse récente avec séné levantin, et autres, suivant l’ordonnance de Monsieur Purgon, pour expulser et évacuer la bile de Monsieur, quatre livres." Ah ! Monsieur Fleurant, c’est se moquer, il faut vivre avec les malades. Monsieur Purgon ne vous a pas ordonné de mettre quatre francs. Mettez, mettez trois livres, s’il vous plaît. Vingt et trente sols. "Plus dudit jour, une potion anodine, et astringente, pour faire reposer Monsieur, trente sols." Bon, dix et quinze sols. "Plus du vingt-sixième, un clystère carminatif, pour chasser les vents de Monsieur, trente sols." Dix Sols, Monsieur Fleurant. "Plus, le clystère de Monsieur réitéré le soir, comme dessus, trente sols." Monsieur Fleurant, dix sols. "Plus du vingt-septième, une bonne médecine composée pour hâter d’aller, et chasser dehors les mauvaises humeurs de Monsieur, trois livres." Bon vingt, et trente sols ; je suis bien aise que vous soyez raisonnable. "Plus du vingt-huitième, une prise de petit-lait clarifié, et dulcoré, pour adoucir, lénifier, tempérer, et rafraîchir le sang de Monsieur, vingt sols." Bon, dix sols. "Plus une potion cordiale et préservative, composée avec douze grains de bézoard , sirops de limon et grenade, et autres, suivant l’ordonnance, cinq livres." Ah ! Monsieur Fleurant, tout doux, s’il vous plaît, si vous en usez comme cela, on ne voudra plus être malade, contentez-vous de quatre francs ; vingt et quarante sols. Trois et deux font cinq, et cinq font dix, et dix font vingt. Soixante et trois livres quatre sols six deniers. Si bien donc, que de ce mois j’ai pris une, deux, trois, quatre, cinq, six, sept et huit médecines ; et un, deux, trois, quatre, cinq, six, sept, huit, neuf, dix, onze et douze lavements ; et l’autre mois il y avait douze médecines, et vingt lavements. Je ne m’étonne pas, si je ne me porte pas si bien ce mois-ci, que l’autre. Je le dirai à Monsieur Purgon, afin qu’il mette ordre à cela. Allons, qu’on m’ôte tout ceci, il n’y a personne ; j’ai beau dire, on me laisse toujours seul ; il n’y a pas moyen de les arrêter ici. (Il sonne une sonnette pour faire venir ses gens.) Ils n’entendent point, et ma sonnette ne fait pas assez de bruit. Drelin, drelin, drelin, point d’affaire. Drelin, drelin, Drelin, ils sont sourds. Toinette. Drelin, drelin, drelin. Tout comme si je ne sonnais point. Chienne, coquine, drelin, drelin, drelin ; j’enrage. (Il ne sonne plus, mais il crie.) Drelin, drelin, drelin. Carogne, à tous les diables. Est-il possible qu’on laisse comme cela un pauvre malade tout seul ! Drelin, drelin, drelin ; voilà qui est pitoyable ! Drelin, drelin, drelin. Ah ! mon Dieu, ils me laisseront ici mourir. Drelin, drelin, drelin. 

***
Quelques célèbres comédiens dans le rôle d'Argan :

Guillaume Gallienne de la Comédie Française - Credit @christophe Raynaud De Lage
2015 - Théâtre du Gymnase à Marseille - André Marcon dans le Malade imaginaire (Photo D.R.)
et comment ne pas terminer cet hommage avec celui qui tint le role d'Argan à de nombreuses reprises sur une période de 40 ans, je veux bien sûr parler de notre cher Michel Bouquet.
Le comédien Michel Bouquet (Centre), interprétant le Malade imaginaire, au côté de ses médecins, l
es comédiens Pierre Forest (G) et Pierre Val (D), (2008 - théâtre de la porte Saint-Martin à Paris)
 Crédits : © STEPHANE DE SAKUTIN - AFP

Scapin, dans Les Fourberies de Scapin de Molière, pour les Timbrés de l'art postal de Pézenas

Voici ma troisième contribution à l'appel des Timbrés de l'art postal de Pézenas pour honorer Molière à l'occasion du  400e anniversaire de sa naissance.

Les Fourberies de Scapin sont une comédie de Molière en trois actes et en prose, créée au théâtre du Palais-Royal à Paris le 24 mai 1671. Cette comédie de Molière est fortement empreinte de comédie italienne. À sa création, le spectacle n'obtient pas un grand succès public. Nicolas Boileau lui reproche son côté populaire et Fénelon l'exagération des caractères. Son intrigue est en partie inspirée du Phormion de Térence

Source :Wikipédia


Le personnage central est extrait de la nouvelle édition des Oeuvres complètes de Molière
(Geffroy, Maurice Sand, Wolf , Manceau , Jules Janin) imprimée sur celles de 1679 et 1681,
avec des notes explicatives sur les mots qui ont vieilli, ornée de portraits en pied coloriés


L'histoire :
 
En l’absence de leurs pères partis en voyage, Octave, fils d’Argante s'est épris de Hyacinte, jeune fille pauvre et de naissance inconnue qu’il vient d’épouser, tandis que Léandre, fils de Géronte, est tombé amoureux d'une « jeune Égyptienne », Zerbinette, de passage dans sa troupe .

Argante, père d'Octave revient en ville pour le marier. Il ne sait pas que son fils s'est marié pendant son absence. Octave, très inquiet de la réaction paternelle à l’annonce de son union et, de plus, fort à court d’argent, implore l'aide de Scapin, valet de Léandre. Mais cet « habile ouvrier de ressorts et d’intrigues » ne parvient pourtant pas à faire fléchir le vieillard.

Argante répète à Géronte une nouvelle qu’il tient d’une indiscrétion de Scapin : Léandre a commis une grave erreur. Aussi le jeune homme, fort mal accueilli par son père, tance-t-il vertement le valet pour sa trahison. Mais il quitte bientôt son ressentiment pour le supplier de lui venir en aide : il lui faut payer une rançon pour Zerbinette s’il ne veut pas la voir enlevée par les Égyptiens.

Par de hardis stratagèmes, l’inventif Scapin ne tarde pas à extorquer la somme aux deux vieillards. Mais Scapin entend encore se venger de Géronte qui l’a desservi auprès de Léandre. Aussi lui fait-il croire qu’un prétendu frère de Hyacinte est à sa poursuite, résolu à lui ôter la vie pour le punir de vouloir faire rompre le mariage. Afin de le soustraire à ce danger, Scapin cache sa victime dans un sac, et lui donne de violents coups, tout en feignant de le protéger des spadassins qui sont à sa recherche.

La fourberie de Scapin est éventée, et Géronte lui ferait payer cher sa fourberie, si par une diversion opportune une double reconnaissance ne révélait en Hyacinte la fille de Géronte, et en Zerbinette celle enlevée à Argante. Scapin, qui feint d'être à l'agonie par suite d’un accident, demande et obtient le pardon des vieillards.
Reprise des Fourberies de Scapin, comedie en trois actes de Moliere, mise en scene de Denis Podalydes, scenographie d Eric Ruf et costumes de Christian Lacroix a la salle Richelieu de la Comedie-Francaise du 21 decembre 2018 au 19 mars 2019. Avec Gilles David et Didier Sandre. - Crédit Photo de Juliette Parisot
Adeline d'Hermy et Benjamin Lavernhe dans "Les Fourberies de Scapin"
(Christophe Raynaud de Lage/Comédie-Française)

Agnès, dans l'Ecole des femmes de Molière, pour les Timbrés de l'art postal de Pézenas

Deuxième envoi à Pézenas pour répondre à l'appel des "400 coups de Molière" 

L’École des femmes est une comédie de Molière en cinq actes (comportant respectivement quatre, cinq, cinq, neuf et neuf scènes) et en vers (1 779 dont 1 737 alexandrins), créée au théâtre du Palais-Royal le 26 décembre 1662 au 17eme siecle.

La pièce de théâtre, novatrice par son mélange inédit des ressources de la farce et de la grande comédie en vers, est un immense succès, et suscite une série de débats connus sous le nom de « Querelle de L'École des femmes. » Cette querelle, habilement exploitée par Molière, lui donne l'occasion de répondre aux critiques qui lui sont adressées et de préciser son projet dramatique dans une comédie intitulée La Critique de l'École des femmes, représentée sur la scène du même théâtre au mois de juin de l'année suivante.
Le personnage central est extrait de la nouvelle édition des Oeuvres complètes de Molière
(Geffroy, Maurice Sand, Wolf , Manceau , Jules Janin) imprimée sur celles de 1679 et 1681,
avec des notes explicatives sur les mots qui ont vieilli, ornée de portraits en pied coloriés

Monologue d’Arnolphe dans L’Ecole des Femmes de Molière (Acte 4, Scène 1)

Arnolphe:
J’ai peine, je l’avoue, à demeurer en place,
Et de mille soucis mon esprit s’embarrasse,
Pour pouvoir mettre un ordre et dedans et dehors
Qui du godelureau rompe tous les efforts.
De quel œil la traîtresse a soutenu ma vue !
De tout ce qu’elle a fait elle n’est point émue ;
Et bien qu’elle me mette à deux doigts du trépas,
On dirait, à la voir, qu’elle n’y touche pas.
Plus en la regardant je la voyais tranquille,
Plus je sentais en moi s’échauffer une bile ;
Et ces bouillants transports dont s’enflammait mon cœur
Y semblaient redoubler mon amoureuse ardeur ;
J’étais aigri, fâché, désespéré contre elle :
Et cependant jamais je ne la vis si belle,
Jamais ses yeux aux miens n’ont paru si perçants,
Jamais je n’eus pour eux des désirs si pressants ;
Et je sens là dedans qu’il faudra que je crève
Si de mon triste sort la disgrâce s’achève.
Quoi ? J’aurai dirigé son éducation
Avec tant de tendresse et de précaution,
Je l’aurai fait passer chez moi dès son enfance,
Et j’en aurai chéri la plus tendre espérance,
Mon cœur aura bâti sur ses attraits naissants
Et cru la mitonner pour moi durant treize ans,
Afin qu’un jeune fou dont elle s’amourache
Me la vienne enlever jusque sur la moustache,
Lorsqu’elle est avec moi mariée à demi !
Non, parbleu ! Non, parbleu ! Petit sot, mon ami,
Vous aurez beau tourner : ou j’y perdrai mes peines,
Ou je rendrai, ma foi, vos espérances vaines,
Et de moi tout à fait vous ne vous rirez point.


Isabelle Adjani de la Comédie Française dans le rôle d'Agnès en 1973
crédit photo : la Comédie Française

Harpagon, dans l'Avare de Molière, pour les Timbrés de l'art postal de Pézenas

Pour répondre à l'appel à mail-art lancé par les Timbrés de l'art postal de Pézenas, "Les 400 coups de Molière", voici ma première contribution avec l'Avare, l'une des pièces très célèbre de notre célèbre auteur et acteur qu'était Jean-Baptiste Poquelin, dit Molière. 

Le personnage central est extrait de la nouvelle édition des Oeuvres complètes de Molière
(Geffroy, Maurice Sand, Wolf , Manceau , Jules Janin) imprimée sur celles de 1679 et 1681,
avec des notes explicatives sur les mots qui ont vieilli, ornée de portraits en pied coloriés
Sanguine de Molière interprétant Harpagon
 La cassette  - Estampe de F. Pierdon. Source : Gallica

Monologue d’Harpagon dans L’Avare de Molière (Acte IV, scène 7)

Harpagon, seul, criant au voleur dès le jardin, et venant sans chapeau.

Au voleur ! au voleur ! à l’assassin ! au meurtrier ! Justice, juste ciel ! Je suis perdu, je suis assassiné ; on m’a coupé la gorge : on m’a dérobé mon argent. Qui peut-ce être ? Qu’est-il devenu ? Où est-il ? Où se cache-t-il ? Que ferai-je pour le trouver ? Où courir ? Où ne pas courir ? N’est-il point là ? n’est-il point ici ? Qui est-ce ? Arrête. (À lui-même, se prenant par le bras.) Rends-moi mon argent, coquin… Ah ! c’est moi ! Mon esprit est troublé, et j’ignore où je suis, qui je suis, et ce que je fais. Hélas ! mon pauvre argent ! mon pauvre argent ! mon cher ami ! on m’a privé de toi ; et puisque tu m’es enlevé, j’ai perdu mon support, ma consolation, ma joie : tout est fini pour moi, et je n’ai plus que faire au monde. Sans toi, il m’est impossible de vivre. C’en est fait ; je n’en puis plus ; je me meurs ; je suis mort ; je suis enterré. N’y a-t-il personne qui veuille me ressusciter, en me rendant mon cher argent, ou en m’apprenant qui l’a pris. Euh ! que dites-vous ? Ce n’est personne. Il faut, qui que ce soit qui ait fait le coup, qu’avec beaucoup de soin on ait épié l’heure ; et l’on a choisi justement le temps que je parlais à mon traître de fils. Sortons. Je veux aller quérir la justice, et faire donner la question à toute ma maison ; à servantes, à valets, à fils, à fille, et à moi aussi. Que de gens assemblés ! Je ne jette mes regards sur personne qui ne me donne des soupçons, et tout me semble mon voleur. Hé ! de quoi est-ce qu’on parle là ? de celui qui m’a dérobé ? Quel bruit fait-on là-haut ? Est-ce mon voleur qui y est ? De grâce, si l’on sait des nouvelles de mon voleur, je supplie que l’on m’en dise. N’est-il point caché là parmi vous ? Ils me regardent tous, et se mettent à rire. Vous verrez qu’ils ont part, sans doute, au vol que l’on m’a fait. Allons, vite, des commissaires, des archers, des prévôts, des juges, des gênes, des potences, et des bourreaux ! Je veux faire pendre tout le monde ; et si je ne retrouve mon argent, je me pendrai moi-même après.

***

Voici quelques interprêtres célèbres ayant endossé le rôle d'Harpagon au théâtre 

Michel Aumont et Francis Huster dans "L'Avare" de Molière, mise en scène par Jean-Paul Roussillon et réalisée par René Lucot, le 20/07/1973. • Crédits : Jacques Chevry/ina - AFP - source France Culture
Michel Boujenah - 2022 - Théâtre des Variétés - Crédit Photo : Philip Ducap

Denis Podalydès en 2009 - Comédie Française, diffusée sur France Télévision - crédit photos : France télévision

 et pour terminer la sélection,  le très regretté et grand Michel Bouquet qui vient de nous quitter.

L 'Avare avec Michel Bouquet à l'Opéra de Vichy. Montage et photos Remi Dugne