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11 août 2026

Attention aux voleurs d'eau : déjà en 1989, Henri Salvador nous alertait

L'eau c'est la vie et c'est un bien commun. 
Pourtant certains se l'approprient à nos dépends : 

Les sources et les nappes phréatiques sont mises à mal par les sociétés d'embouteillages de l'eau, même si cela lèse grandement les producteurs locaux (agriculteurs, éleveurs, maraichers),

 Certains villages depuis plusieurs années n'ont plus d'eau potable au robinet, tant elle a été viciée par des polluants éternels et autres résidus de pesticides

L'agro-industrie et tous les lobbyes de l'agro-chimie font voter des lois au mépris de toute démocratie pour en détourner un maximum en demandant l'extension des méga-bassines, afin de continuer à cultiver des céréales gourmandes en eau. 

Pourtant jamais la sécheresse n'a fait autant de dégâts partout, les paturages même en altitude sont devenus paillassons, et les éleveurs ayant déjà commencé à utiliser le stock de fourrage prévu pour la mauvaise saison, se demandent ce qu'ils pourront donner à manger aux bêtes cet hiver. 

La multiplicité et la propagation de méga-feux qui détruisent nos paysages et nos habitations n'a jamais été si importante sur le territoire français où cela brûle partout : et nous savons tous combien il est important d'avoir beaucoup d'eau à disposition pour les pompiers et tous les sauveteurs bénévoles. 

INDISPENSABLE A LA VIE, L'EAU EST UNE RESSOURCE ESSENTIELLE QUI SE RAREFIE.  

La consommation domestique de l'eau représente 10 à 15% de la ressource disponible. Alors à chacun de nous d'adopter de bonnes habitudes, des gestes de préservation pour ne surtout pas la gaspiller

Continuons sur le terrain à exercer une vigilance active pour alerter les autorités compétentes à chaque fois qu'un détournement ou un prélèvement illégal par les industriels est constaté. 
A ce stade, ce n'est pas de la délation, c'est de la résistance!

***
Même s'il n'est pas réputé pour sa  sensibilité à l'écologie, dans cette chanson  Henri Salvador chantait déjà en 1989 tout ce qui touchait au détournement de l'eau pour en faire du profit. 
Henri Salvador - Les voleurs d'eau (Audio officiel) - 1989
vidéo publiée sur le site Youtube de 100% Chansons françaises

VOLEURS D’EAU 

Ils détournent la rivière, là haut, là haut
Ils se moquent de nos misères, là haut, là haut
Si la soif nous affaiblit
Et si nos sources sont taries
Tous nos troupeaux
Vont périr l'un après l'autre, là haut, là haut
Il faut sortir nos fusils, là haut, là haut
Il faut lutter pour nos vies
Mais d'abord il nous faut parler
A ces gringos
Tantôt
Nos terres sont les plus fertiles
C'est l'eau, c'est l'eau
Et nous vivions si tranquilles
De nos travaux
Quand nous montions dans nos barques
Lorsque nous pêchions dans le lac
Heureux, heureux
Ils veulent construire un barrage
Là haut, là haut
C'est la vallée qu'ils saccagent
Là haut, là haut
Ils inonderont nos villages
Et nous mettrons dans des cages
Là haut comme des corbeaux
Nous devons les empêcher
Là haut, là haut
De détruire nos foyers
Si beaux, si beaux
Tous les hommes vont s'armer
Toutes les femmes vont les aider
Il faut de l'eau
Il faut de l'eau

Il faut de l'eau
De l'eau
Ils nous montrent des contrats
C'est tout, c'est tout
Qui leur donnent tous les droits
Sur nous, sur nous
Ils veulent nous rayer du temps
Et puis du monde des vivants
Pour de l'argent, l'argent
Que ferions-nous dans leur ville
Tombeau, tombeau
Comme des tigres qu'on exile
Au zoo, au zoo
C'est pourquoi jusqu'au dernier
Nous lutterons pour exister
Pour l'eau, pour l'eau, pour l'eau, pour l'eau...
De l'eau, de l'eau, de l'eau...

Source : LyricFind - Paroliers : Bernard Michel / Henri Salvador -Paroles de Les Voleurs d’eau © Allo Music Editions

Logo et actions du Collectif Eau Voleurs

6 août 2026

On l'appelait Le Maestro : adieu Francesco Guccini, chanteur de l'amitié et des gens simples!

Francesco Guccini - photographie de La Presse

Tout le peuple italien en deuil rend hommage à Francesco Guccini, l'un des plus grands auteurs-compositeurs-interprètes de la Péninsule. Ses chansons, d'une grande portée artistique, existentielle, politique et sociale, ont marqué l'histoire de la chanson italienne. L'artiste s'est éteint à son domicile de Pavana, à l'age de 83 ans. "Guccio" comme il était aussi surnommé, était très populaire et très aimé, beaucoup par les provinciaux et les petites gens :  aujourd'hui beaucoup ont le sentiment d'avoir perdu un ami véritable. 

Je vous mets un lien vers son site internet officiel où  sa biographie est détaillée, lui l'enfant de Modène né le 14 juin 1940 soit quatre jours après l'entrée en guerre de l'Italie fasciste. 

Au cours des cinq décennies de sa carrière musicale, il a enregistré 16 albums et collections en studio et 6 albums live. Il est aussi écrivain, ayant publié des romans autobiographiques et des romans noirs, ainsi que comique. Francesco Guccini a également travaillé comme acteur, compositeur de bandes sonores, lexicographe et dialectologue.
Ses textes ont été loués pour leur valeur poétique et littéraire et ont été utilisés dans les écoles de poésie moderne. Guccini a gagné l'appréciation des critiques et des fans, qui le considèrent comme une figure emblématique. Il a reçu plusieurs prix pour ses travaux ; un astéroïde, une espèce de cactus et une sous-espèce de papillon ont été baptisés de son nom. L'instrument principal de la plupart de ses chansons est la guitare acoustique. 
Personnage placé à gauche sur l'échiquier politique, Francesco Guccini a traité des questions politiques et plus généralement du climat politique de son époque dans certaines chansons.
(source Wikipédia)

Comme je ne parle pas sa langue, même si j'ai 50% de sang italien dans les veines, j'ai voulu, avec trois de ses chansons, vous donner à entendre et à lire la grande humanité et le profond engagement de cet immense auteur- compositeur-interprête, qu'était Francesco Guccini.

Premier choix : ode à la liberté

Chanson live La tua liberta - Vidéo publiée sur la chaine Youtube de Haller 

LA TUA LIBERTA / TA LIBERTÉ

Oltre le mura / au-delà des murs
Delle città / des villes
Un orizzonte insegue un orizzonte / un horizon poursuit un horizon
A un'autostrada, un'altra seguirà / une autoroute en suivra une autre
Gli spazi sono fatti per andare / les espaces sont faits pour avancer
La tua libertà / ta liberté
Se vuoi / si tu le veux
La puoi trovare / tu peux la trouver
 
E un uomo saggio / Et un homme sage
Regole farà / fera des règles,
Una prigione fatta di parole / une prison faite de mots ;
I carcerieri di una società /les geôliers d’une société
Ti impediranno di cercare il sole - vous empêcheront de chercher le soleil
La tua libertà / ta liberté
Se vuoi / si tu le veux
La puoi trovare / tu peux la trouver

Fossi un uccello / J’étais un oiseau
Alto nel cielo / haut dans le ciel
Potrei volare senza aver padroni / je pourrais voler sans avoir de maîtres;
Se fossi un fiume / si j’étais une rivière
Potrei andare / je pourrais y aller
Rompendo gli argini nelle mie alluvioni / en brisant les digues dans mes inondations

E boschi e boschi / Et bois et forêts
Cerco attorno a me / je cherche autour de moi
Dov'è la terra che non ha barriere? /  Où est la terre qui n’a pas de barrières?
Dov'è quel vento che ci spingerà / où est ce vent qui nous poussera
Come le vele o come le bandiere / comme les voiles ou les drapeaux ;
La tua libertà / ta liberté 
Se vuoi / si tu veux
La puoi trovare / tu peux l'avoir
Fossi un uccello / J’étais un oiseau
Alto nel cielo / haut dans le ciel
Potrei volare senza aver padroni / je pourrais voler sans avoir de maîtres;
Se fossi un fiume /si j’étais une rivière
Potrei andare / je pourrais y aller
Rompendo gli argini nelle mie alluvioni / en brisant les digues dans mes inondations

Ma sono un uomo / Mais je suis un homme
Uno fra milioni / un parmi des millions
E come gli altri ho il peso della vita / et comme les autres j’ai le poids de la vie
E la mia strada lungo le stagioni / et ma rue au fil des saisons
Può essere breve, ma può essere infinita / peut être courte, mais elle peut être infinie ;
La tua libertà / ta liberté

Cercala / Cherche-la
Che si è smarrita / qui s’est perdue
Cercala / Cherche-la
Che si è smarrita / qui s’est perdue
Cercala / Cherche-la
Che si è smarrita / qui s’est perdue
Cercala / Cherche-la
Che si è smarrita / qui s’est perdue
Cercala / Cherche-là
Source: LyricFind
Songwriters: Francesco Guccin i- lyrics © Sony/ATV Music Publishing LLC
Deuxième choix : une chanson pour la mémoire et que jamais ne soient oubliés les millions de personnes qui partirent en fumée dans les camps nazis. Tout d'abord la version originale chantée par son auteur, puis, en live, cette magnifique chanson interprétée par le groupe folk-rock italien I Nomadi, pour le frisson, lorsque le public reprend à l'unisson. 
La chanson de l'enfant dans le vent - Auschwitz - Chanson de Francesco Guccini ‧ 1967

LA CONZONE DEL BAMBINO NEL VENTO - AUSCHWITZ
LA CHANSON DE L ENFANT DANS LE  VENT - AUSCHWITZ
Son morto con altri cento / Je suis mort avec cent autres
Son morto ch'ero bambino / je suis mort quand j'étais enfant
Passato per il camino / Passé par la cheminée
E adesso sono nel vento / Et maintenant je suis dans le vent
E adesso sono nel vento / Et maintenant je suis dans le vent

Ad Auschwitz c'era la neve / Il y avait de la neige à Auschwitz
Il fumo saliva lento / La fumée montait lentement
Nel freddo giorno d'inverno / Dans la froide journée d'hiver
E adesso sono nel vento / Et maintenant je suis dans le vent
Adesso sono nel vento / Maintenant je suis dans le vent

Ad Auschwitz tante persone / De nombreuses personnes à Auschwitz
Ma un solo grande silenzio / Mais juste un grand silence
È strano non riesco ancora / C'est étrange, je ne peux toujours pas
A sorridere qui nel vento / Souriant ici dans le vent
A sorridere qui nel vento / Souriant ici dans le vent

Io chiedo come può un uomo / Je demande comment un homme peut
Uccidere un suo fratello /Tuer un de ses frères
Eppure siamo a milioni / Pourtant nous sommes des millions
In polvere qui nel vento / Épousseté ici par le vent
In polvere qui nel vento / Épousseté ici par le vent

Ancora tuona il cannone / Le canon gronde encore
Ancora non è contento / Il n'est toujours pas content
Di sangue la belva umana / La bête humaine est ensanglantée
E ancora ci porta il vento / Et toujours le vent nous amène
E ancora ci porta il vento / Et toujours le vent nous amène

Io chiedo quando sarà / Je demande quand ce sera
Che l'uomo potrà imparare / Cet homme peut apprendre
A vivere senza ammazzare / Vivre sans tuer
E il vento si poserà / Et le vent s'installera
E il vento si poserà / Et le vent s'installera

Io chiedo quando sarà / Je demande quand ce sera
Che l'uomo potrà imparare / Cet homme peut apprendre
A vivere senza ammazzare / Vivre sans tuer
E il vento si poserà / Et le vent s'installera
E il vento si poserà / Et le vent s'installera
E il vento si poserà / Et le vent s'installera

La conzone del bambino nel vento - Auswichz par le groupe I NOMADI
enregistrement live de 1992 publiée sur la chaine youtube du groupe
Dernier choix : une très belle chanson d'amour : Vorrei
 VORREI,  extraite de son album "D’amour, de mort et d’autres balivernes" (vidéo publié sur la chaine youtube de l'artiste)

VORREI / JE VOUDRAIS

Vorrei conoscer l'odore del tuo paese / J’aimerais connaître l’odeur de ton pays
camminare di casa nel tuo giardino, /marcher de la maison dans ton jardin,
respirare nell'aria sale e maggese, /respirer dans l’air salin et maigre,
gli aromi della tua salvia e del rosmarino / les arômes de ta sauge et du romarin

Vorrei che tutti gli anziani mi salutassero / Je voudrais que tous les anciens me saluent
parlando con me del tempo e dei giorni andati,/ me parlant du temps et des jours passés,
vorrei che gli amici tuoi tutti mi parlassero, / J’aimerais que tous tes amis me parlent,
come se amici fossimo sempre stati. / comme si on avait toujours été amis.

Vorrei incontrare le pietre, le strade, gli usci / Je voudrais rencontrer les pierres, les rues, les lieux
e i ciuffi di parietaria attaccati ai muri, / et les mèches de pare-air attachées aux murs,
le strisce delle lumache nei loro gusci, / les bandes des escargots dans leurs coquilles,
capire tutti gli sguardi dietro agli scuri /comprendre tous les regards derrière les ténèbres

E lo vorrei / Et je le voudrais
perché non sono quando non ci sei / pourquoi je ne suis pas quand tu n’es pas là
e resto solo coi pensieri miei ed io... / et je reste seulement avec mes pensées et moi...

Vorrei con te da solo sempre viaggiare,/ J’aimerais voyager toujours seul avec toi,
scoprire quello che intorno c'è da scoprire / découvrir ce qu’il y a à découvrir autour
per raccontarti e poi farmi raccontare / pour te raconter et ensuite me faire raconter
il senso d' un rabbuiarsi e del tuo gioire; / le sens d’un frisson et de ta joie ;
vorrei tornare nei posti dove son stato, / je voudrais retourner dans les endroits où j’ai été,
spiegarti di quanto tutto sia poi diverso / vous expliquer à quel point tout est différent
e per farmi da te spiegare cos'è cambiato / et pour que tu m’expliques toi-même ce qui a changé
e quale sapore nuovo abbia l'universo. / et quelle nouvelle saveur a l’univers.

Vedere di nuovo Istanbul o Barcellona / Voir à nouveau Istanbul ou Barcelone
o il mare di una remota spiaggia cubana / ou la mer d’une lointaine plage cubaine
o un greppe dell'Appennino dove risuona / ou une colline des Apennins où résonne
fra gli alberi un'usata e semplice tramontana / parmi les arbres une tramontane simple et d’occasion

E lo vorrei / Et je le voudrais
perché non sono quando non ci sei / pourquoi je ne suis pas quand tu n’es pas là
e resto solo coi pensieri miei ed io... / et je reste seulement avec mes pensées et moi...
Vorrei restare per sempre in un posto solo / Je voudrais rester pour toujours dans un seul endroit
per ascoltare il suono del tuo parlare / pour écouter le son de votre parole
e guardare stupito il lancio, la grazia, il volo / et regarder, étonné, le lancement, la grâce, le vol
impliciti dentro al semplice tuo camminare / implicites à l’intérieur de ta simple marche
e restare in silenzio al suono della tua / et rester silencieux au son de la tienne
o parlare, parlare, parlare, parlarmi addosso / ou parler, parler, parler, me parler
dimenticando il tempo troppo veloce / en oubliant le temps trop rapide
o nascondere in due sciocchezze che son commosso. / ou cacher dans deux bêtises que je suis ému.
Vorrei cantare il canto delle tue mani,/ Je voudrais chanter le chant de tes mains,
giocare con te un eterno gioco proibito / jouer avec toi un éternel jeu interdit
che l'oggi restasse oggi senza domani / que l’aujourd’hui restait aujourd’hui sans demain
o domani potesse tendere all'infinito / ou demain pourrait tendre à l’infini
E lo vorrei / Et je le voudrais
perché non sono quando non ci sei / pourquoi je ne suis pas quand tu n’es pas là
e resto solo coi pensieri miei ed io... / et je reste seulement avec mes pensées et moi...
***
Comme je comprends l'immense peine des italiens si émus par la disparition de ce formidable artiste, lui qui  savait si bien parler d'eux et de leur vie quotidienne, avec tant de poésie et une très grande liberté de ton.
Surtout ne vous limitez pas à la sélection forcément très parcellaire que je vous propose, allez l'écouter sur votre plateforme favorite ou sur internet où il est facile de traduire les paroles, comme je l'ai fait.
ADIEU et MERCI Maestrone! Soyez en Paix 
***
Pour terminer voici ce qu'en dit la chaine italienne RAI-News
Le chanteur-compositeur qui a marqué toute une génération est décédé à 86 ans.
 Le pays est en deuil, notamment sa région natale, l'Émilie-Romagne. Paolo Sommaruga -
Vidéo pulbiée sur la chaine italienne @RaiNews

16 juin 2026

"Chanter dans et pour la nature" : stage à l'Eco-village de Sainte-Camelle, en Ariège : belle découverte !

Maintenant que me voici "redescendue" avec quelques difficultés pour retrouver le monde "normal", j'ai envie de vous raconter l'expérience intense que j'ai vécue, cette première quinzaine de juin. En ettet, je rentre d'un stage dans l'Ariège, tout près de Pamiers, où j'ai eu le loisir de chanter 6 jours durant,  lors d'un stage  organisé par Nicole Rieu. 

Oui, vous avez bien lu : je vous parle bien de la chanteuse qui finit 4e au concours de l'Eurovision en 1975 avec "Et bonjour à toi l'artiste"

Ci dessus 1975 - Et bonjour à toi l'artiste - Chanson de Nicole Rieu  à l'Eurovision en Suède 
Ci-dessous en 2025 Nicole raconte ses souvenirs de cet événement 

celle de "Je suis" et de "la goutte d'eau", qui fut propulsée au sommet des hits-parade puis radiée aussi subitement des ondes, mais qui n'a jamais cessé de chanter, en s'auto-produisant, bien loin des circuits officiels (après une période de vaches très maigres). 

Voici deux des dernières chansons qu'elle a enregistrées : 

16 septembre 2022 - Et la vie coulait -

2 février 2024 - Les Héritiers Duo Nicole Rieu/Frédéric Bobin 
Paroles Philippe Bobin / Musique Frédéric Bobin / Réalisation du clip Charly Bourquin Félicien Fort

Nicole est une chanteuse au grand coeur (choeur). Ce stage m'a ramenée quelques 15 et 16 années en arrière (étés 2009 et 2010) où j'avais déjà pratiqué cet exercice formidable de chanter avec elle et dans la nature ; cela se passait alors dans son pays, à Seix, petit village du Couserans, dans le Piémont Pyrénéen. Cette fois-ci le rendez-vous était encore en Ariège,  dans un lieu unique implanté sur la commune de Saint-Victor Rouzaud, à savoir l'Éco-village de Sainte-Camelle. Ici l’écologie intérieure est indissociable du vivre-ensemble et du respect du vivant.

C'est un endroit où la nature est préservée et où de belles personnes s'entendent pour vivre là, dans un bel esprit, d'une manière décroissante, en préservant la ressource en eau, et en s'appuyant sur leur savoir-faire respectif au profit du collectif pour toutes les tâches qu'ils entreprennent, utilisant énormément le recyclage, tout en respectant toutes les composantes de la terre, qu'elles soient végétales, animales, minérales ou humaines. 

A chaque contact que nous pouvions avoir avec les Camellitos et les Camellitas, je les ai trouvés épanouis, calmes, souriants, toujours à l'écoute et heureux de partager ce qu'ils ont produit pour en faire des repas délicieux qu'ils vous offrent comme des cadeaux. J'ai eu l'impression de vivre dans une oasis, bien éloignée pour un temps des tourments du monde... une bien jolie parenthèse.

En plus de retrouver le plaisir intact de chanter (que je croyais éteint) avec les autres stagiaires au sein d'un petit groupe,  nous avons pu ensemble accompagner Nicole dans deux concerts, un dans l'EHPAD de Pamiers l'avant-dernier jour (où l'on reçoit autant que l'on donne lorsque l'on voit des visages de personnes très agées se ranimer au fil des chansons) et un second, le dernier jour, à nos hôtes et leurs invités, au sein même de l'Éco-village. La aussi, beaucoup de plaisir partagé lorsque, à la toute fin,  les spectateurs se sont joints à nous en une vaste ronde pour reprendre ensemble les refrains de Nicole, et également pour chanter la paix dans le monde. 


J'ai apprécié de pouvoir découvrir la nourriture végan qui est tout sauf fade, monotone et répétitive : nous mangions des fleurs quasiment à tous les repas (bourrache, pétales de rose, lotier, mauve) ainsi que de nombreuses plantes sauvages comme l'ortie, le pissenlit (et d'autres dont j'ai oublié le nom) en plus des nombreux légumes du potager que nous connaissons tous bien mais que nous n'utilisons pas toujours au mieux de leurs potentialités, qu'il s'agisse des légumineuses variées,  des féculents ou de légumes verts plus classiques. Fruits secs, graines et noix en tout genre, herbes et plantes aromatiques, épices variés sont venus compléter avec subtilité la palette gustative de nos repas....

et, contrairement à tous mes préjugés,  je me suis accoutumée à la vie de tous les jours avec des toilettes sèches (une expérience pas si insurmontable, finalement).

Merci à Nicole pour le beau projet de "Chanter dans et pour la nature", merci à Sainte-Camelle pour son accueil formidable et merci à tous mes compagnons et compagnes de chant, qui m'ont permis de passer un séjour absolument formidable. 

6 juin 2026

Elle dessinait pour la liberté : adieu et merci Marjanne

C'est avec beaucoup de tristesse que j'apprends seulement aujourd'hui la disparition  de la grande artiste Marjane Satrapi, d'origine iranienne, morte "de tristesse" le jeudi 4 juin, juste une année après la perte de son mari. Elle n'avait que 56 ans.

Je relaie ci-après, pour ceux qui ne la connaîtraient pas encore, le superbe hommage qu'Éric Babaud lui a dédié ce jour sur son blog  en soulignant l'importance de son oeuvre de dessinatrice et de réalisatrice et la richesse de sa personnalité.

Dans ses interviews, Marjane Satrapi insistait sur l'importance de vivre pleinement et librement, et de lutter contre l'ignorance, les préjugés et les égocentriques ridicules.

Dans ses bande-dessinées, Marjane Satrapi commençait toujours par dessiner les yeux. Selon elle, on comprend tout des autres en regardant leurs yeux. Elle nous a prêté les siens, dans ses livres, ses œuvres et ses films, pour regarder le monde. Elle nous apprend à en rire, malgré tout – pour mieux l’aimer. 

Adversaire acharnée des autorités de Téhéran, Marjane Satrapi avait refusé la Légion d'honneur française en 2025 pour dénoncer « l’attitude hypocrite de la France vis-à-vis de l’Iran », qui connaissait alors une nouvelle vague de répression. « Depuis un moment, j’ai réellement du mal à comprendre la politique de la France vis-à-vis de l’Iran », avait-elle expliqué sur Instagram, regrettant que de « jeunes Iraniens épris de liberté, des dissidents, des artistes, se voient refuser des visas.

Je rajoute que son film Persépolis, du même nom que ses célèbres bandes dessinées, est actuellement visible gratuitement sur France TV.

Merci Marjane, tu vas nous manquer, ainsi qu'à tout ton peuple.

27 mai 2026

Un beau cadeau à offrir à toutes les mères sans attendre dimanche : merci Gauvain

Vous savez combien j'apprécie le talent et la sensibilité de ce bel artiste qu'est Gauvain Sers. Alors j'en remets une couche avec la  chanson Quatre enfants plus loin, extraite de son 4e album Boulevard de l'enfance dont je vous ai déjà parlé ici lors de sa sortie. 

Vous trouverez ci-après le clip officiel et le texte de cette chanson  où il fait honneur à sa maman qui les a élevés, lui et ses trois frères, avec tant de tendresse. Il a tellement raison, Gauvain,  car ce n'est pas seulement le jour de cette fête très commerciale qu'est la Fête des Mères, qu'il faut y penser et leur exprimer toute notre gratitude : très souvent, c'est en s'oubliant et se privant de beaucoup de choses au profit de leur progéniture qu'elles ont mené leur vie,  pour nous faire un avenir meilleur. 

Clip officiel de la chanson "4 enfants plus loin" de Gauvain Sers avec Zabou Breitman

Quatre enfants plus loin

Bien qu'elle en sourie, elle a le cœur gros
D'avoir encore mis une assiette en trop
Fâcheuse habitude depuis que son fiston
Pour faire des études a fait ses cartons
On l'avait prévenue que ce serait coton
Quand le dernier venu quitterait le cocon
Ça lui paraît dingue, ce temps révolu
Le panier à fringues ne déborde plus

Bien sûr elle est fière, mais ça pique un peu
Pour moi, pour mes frères, elle a fait de son mieux
Ma mère est de celles qui sont, mine de rien
Toujours aussi belles
60 ans plus loin
60 ans plus loin
Ma mère est de celles toujours aussi belles
60 ans plus loin

Elle caresse le chat, les yeux au plafond
Elle regrette déjà la musique à fond
Comme elle rembobine le film du passé
Ce soir elle cuisine des pâtes alphabet
La table est immense, le matou heureux
Le repas, tu penses, est bien silencieux
Peut-être qu'il faudra libérer l'espace
Des rallonges en bois qui prennent toute la place

Bien sûr elle est fière, mais ça pique un peu
Pour moi, pour mes frères, elle a fait de son mieux
Ma mère est de celles qui sont mine de rien
Toujours aussi belles
Un divorce plus loin
Un divorce plus loin
Ma mère est de celles toujours aussi belles
Un divorce plus loin

En passant devant les piaules désertiques
Le bordel d'avant la rend nostalgique
Elle entend les rires, le parquet qui craque
Elle sait que vieillir est une belle arnaque
Le front dans sa paume, elle n'en mène pas large
De laisser ses mômes dans un monde de barges
Une daronne il faut toujours qu'elle s'inquiète
Même quand ses marmots la dépassent d'une tête

Bien sûr elle est fière, mais ça pique un peu
Pour moi, pour mes frères, elle a fait de son mieux
Ma mère est de celles qui sont mine de rien
Toujours aussi belles
Quatre enfants plus loin
Quatre enfants plus loin
Ma mère est de celles toujours aussi belles
Quatre enfants plus loin
 Gauvain Sers
 Paroles.net dispose d’un accord de licence de paroles de chansons avec la Société des Editeurs et Auteurs de Musique (SEAM)

Merci Gauvain, pour cette magnifique chanson, universelle, et merci à toutes les mamans,  qu'elles soient encore auprès de nous pour les plus chanceux,  ou tellement présente en nos coeurs,  pour les autres.

30 avril 2026

Jeune vendeuse de muguet parisiennne et sa charrette des quatre saisons

Comme à chaque fois que je fais une série, j'ai pris l'habitude de m'adresser un spécimen pour conserver en mémoire le tissu support, le format et la manière dont j'ai réfléchi à la composition. 

Voici donc comment je me suis fait plaisir en m'adressant un brin de muguet en provenance de cette jolie charrette parisienne et du sourire de la vendeuse de bouquets de muguet, immortalisée sur une photo magnifique du grand photographe Georges Martin, découvert à cette occasion 

Composition réalisée au moyen d'un tissu comportant de réserves blanches en forme de brin de muguet sur fond vert, ajout de la photo ci-dessous imprimée sur tissu et  de la photo d'une broche en camée, avec un bouquet de muguet en relief
photo originale de Georges Martin photographe 

J'ai toujours beaucoup apprécié le 1er mai, et les deux traditions qui y sont liées à cette date :

- ayant la chance de vivre à la campagne, gamine,  j'allais avec ma mère et ma soeur fin avril cueillir du muguet dans les bois aux alentours de mon village et nous en ramenions de bien beaux bouquets odorants qui parfumaient notre maison.

- le 1er mai, nous allions en offrir des brins à toute la famille géographiquement proche, comme porte-bonheur et nous faisions cela, à pied, car ce jour-là, Fête des Travailleurs, était une vraie journée de Fête, une journée fériée, payée et chômée, que chacun pouvait utiliser à sa guise. 

C'était et c'est toujours un jour de mémoire en souvenir des luttes de nos ainés qui se sont battus pour obtenir des conditions de travail plus dignes, pour les ouvriers. Il n'est pas question que cela change. On ne nous volera pas ce jour férié, payé, chômé et laïc.

21 avril 2026

"La poésie c'est de l'action" pour l'éco-citoyen CharlÉlie Couture

Lue ce matin dans l'Infolettre de Reporterre le média de l'écologie, voici l'interview donné par CharlÉlie Couture à l'occasion de la sortie de son nouvel album dont je vous ai déjà parlé précédemment. Comme j'aime sa vision du monde et les mots qu'il choisit pour nous parler d'écologie, avec toute la poésie qui le caractérise, j'ai eu envie de partager avec vous. 

***
« La poésie, c’est de l’action » : de Yannick Noah à la Béninoise Angélique Kidjo, le musicien Charlélie Couture fait chanter en duos de nombreux artistes pour son 27e album, dédié à l’écologie. 
Les bénéfices seront reversés à France Nature Environnement.

CharlÉlie Couture dans son atelier Parisien - © Mathieu Génon/Reporterre
Qu’est-ce qui peut bien pousser un artiste accompli de 70 ans à composer un disque dédié à l’écologie, et à reverser ses recettes à une association de protection de l’environnement, en l’occurrence FNE ? Une révélation, une rencontre, l’amour des enfants ?

Pour comprendre, Reporterre est allé à sa rencontre, au bout d’une impasse parisienne de briques et de lilas. Charlélie Couture nous attendait, la barbiche grisonnante, le regard vif et franc. Projet Bleu Vert, son 27e album, venait de dévoiler sa pochette sur les plateformes d’écoute : la planète Terre découpée en continents verts baignant dans le bleu, et soutenue par deux larges mains — une réalisation de Michel Granger, peintre qui a beaucoup travaillé sur l’image de la Terre.

Dans les années 1980, on entendait la chanson « Comme un avion sans aile » sur toutes les ondes. Puis Charlélie Couture, son compositeur-interprète, sembla s’être tu. Mais non, cet artiste à la voix si singulière avait simplement été lâché par le showbizz, qui avait préféré des idoles plus productives. Lui n’était pas disposé à consacrer tout son temps à la chanson ; il voulait devenir un artiste « multiste », c’est-à-dire qui développe plusieurs arts pour exprimer son ressenti dans la forme la plus adéquate. Il le fera jusqu’à vivre de sa peinture lors de son séjour à New York (2004-2018) et obtenir le prix Heredia de l’Académie française pour son recueil de poésie La Mécanique du ciel.

Autour d’une table de bois épaisse et ravinée comme on en voit guère à Paris, il a raconté à Reporterre comment était né Projet Bleu Vert, de quels hasards, colères, attachements. Jusqu’à ébranler notre regard, avec sa foi en l’émotion.

C’était en 2025. Charlélie -nom de scène tiré de son prénom composé, Bertrand Charles Élie- pensait à un nouvel album. Une remarque d’un élève du lycée Henri-Poincaré de Nancy (celui-là même où il avait fait ses études) lui revient alors en tête. À l’issue d’une rencontre organisée autour de la transdisciplinarité, ce dernier lui avait dit : « C’est étonnant parce que, dans tous vos disques, il y a des chansons qui évoquent l’environnement, la nature, d’une manière ou d’une autre. Pourtant, quand on tape votre nom associé à écologie ou à environnement dans un moteur de recherche, rien n’apparaît. » La remarque allait faire son chemin.

« Solidarité entre tous ceux qui sont réceptifs à la cause écologique »

2025, c’est encore une année noire pour l’écologie. Plusieurs scandales l’agitent : les eaux polluées de Nestlé, l’hypocrisie sur la protection des océans, et surtout la loi Duplomb, qui fait monter la moutarde au nez de Charlélie. « “Les autres pays, ils font pire”, nous dit Duplomb. Mais ce n’est pas le sujet, de s’aligner sur le pire ! On n’en veut plus de ces poisons chimiques, c’est ça, le sujet ! »

Bref, entre le climat ambiant, ses petits-enfants dont il parle avec les yeux qui brillent, l’intérêt pour ses anciennes chansons « écolo » qu’on continue de lui réclamer à ses concerts, l’idée lui vient de les réenregistrer, pour les transformer en duos. « Je me suis dit : à quoi ça sert de faire un nouvel album si on ne parle pas des chansons que j’ai déjà écrites, et surtout, si on n’en parle pas pour ce qu’elles sont ?» Et c’est ainsi qu’il a proposé à des chanteurs amis de composer des duos avec lui, du Brésilien René Nunes à la Béninoise Angélique Kidjo, en passant par Yannick Noah, sa propre fille Yamée Couture et d’autres encore.
Charlélie Couture est à la fois musicien, peintre et écrivain.© Mathieu Génon/Reporterre

Voilà comment Projet Bleu Vert est né, de rencontres musicales inédites après un échange imprévu avec un ado curieux. L’ensemble des morceaux procure à l’écoute une sensation d’ouverture : le swing si particulier de la samba côtoie des morceaux plus rock ou des mélodies au piano, les timbres de voix sont contrastés, cosmopolites. Le tout s’accordant à la recherche d’universel de ce chanteur avide de sens : « C’est ça, être un artiste : descendre le plus possible à l’intérieur de soi, pour tenter de toucher le reste du monde. »

Son engagement à lui, artiste élevé dans l’amour de la culture et le respect des autres, il est là d’abord, mais pas seulement : « Moi je ne suis pas un militant au jour le jour, ma relation avec le monde est liée au sensible… Je crois à la puissance de l’émotion. Mais j’admire les gens qui travaillent sur le terrain, et si cet album pouvait créer comme une solidarité entre tous ceux qui sont réceptifs à la cause écologique, ce serait bien ; c’est ça, son but. »

À ces neuf duos réarrangés (issus de chansons écrites entre 1990 et 2022), il a ajouté un poème en prose du militant écologiste controversé Paul Watson, rencontré fin 2024 à Paris, après sa libération des prisons groenlandaises. Dit par Watson lui-même, il raconte la mort des océans et des baleines, « cette honte pour l’humanité », et tout ça au nom de l’économie, « le seul langage qu’ils comprennent ».

Un discours qui trouve beaucoup d’écho chez Charlélie : « Comment nier que la finalité, aujourd’hui, ce n’est plus que le profit à court terme ? Que nous, la génération post-guerre qui a vécu des privations, des difficultés, ait abusé du pouvoir de la chimie, qu’elle découvrait, on peut le comprendre. Mais maintenant qu’on sait que 40 % de la production alimentaire mondiale sont jetés tous les ans, on ne peut plus dire que l’agriculture industrielle ou la surpêche sont là pour nourrir le monde ! C’est un gâchis à l’échelle industrielle… Je fais partie de ceux qui sont bouleversés par ça, et je ne me prive pas de le dire ! »

Est-ce pour cette raison que cet « écocitoyen », comme il se définit, a placé au centre de l’album un appel à la résistance, « Engagé volon-Terre » ? « Bah oui, sinon qu’est-ce qu’on va leur laisser aux jeunes, ce monde de merde ? »

Parler simplement de la douleur devant des lieux abîmés

L’écologie n’affronte pas seulement la destruction du monde, elle affronte aussi son abstractisation. Si la biologiste Rachel Carson, par exemple, a réussi, avec son livre Printemps silencieux (1962), à faire interdire l’insecticide phare des années 1950, le DDT, c’est en décrivant par le menu les tortures endurées par les poissons qui en avaient absorbé : leurs yeux sortis de leurs orbites, leurs spasmes ultraviolents. Mais comment pourrions-nous être émus aujourd’hui par des sigles ou des termes froids comme « biodiversité », répandus par la technocratie néolibérale ? Et sans émotions, comment pourrions-nous nous sentir reliés au monde ?

Bien qu’assez classiques (on n’y trouvera pas l’extravagance de Nino Ferrer ou l’étrangeté poétique de Bashung), les chansons de Charlélie recèlent une énergie qui lève ce frein à la relation sensible : écoutez « La petite rivière », par exemple, ou « Le jardin de mon oncle ». Toutes deux nous parlent simplement, mais charnellement, de la douleur que l’on peut ressentir devant des lieux abîmés, « pollués par négligence », « industrialisés sans prudence ». « J’aime passionnément la poésie, mais pas les “roucoulades”, insiste le clown Couture en faisant des grimaces mièvres. La poésie, c’est de l’action — du grec, “poiêsis”, qui veut dire “agir”. ».

Au fil des morceaux, des images fortes libèrent notre colère contre les « mensonges de Goliath, pesticides et glyphosate », contre le « bricolage de la nature pour quelques milliards de dollars » (« Eugène le gène »), contre « ces salauds et ces pourris qui vous salissent la vie », des « heures caniculaires » aux « nitrates dans les rivières ». C’est salutaire : quelque peu soulagé du poids des douleurs enfouies, on retrouve de l’énergie pour défendre un « bonheur natural » (expression inoubliable dans la voix fruitée de René Nunes, qui signifie bonheur simple, relationnel, sans recherche ostentatoire).

« Après tout, qu’est-ce qu’on en a à foutre de manger des ananas toute l’année ? », demande Charlélie, pour qui les gens et la nature, c’est « un truc indissociable ». « Je tiens ça de mon expérience, entre 7 et 16 ans à peu près, aux Éclaireuses et éclaireurs de France, l’équivalent laïc des scouts. Ils avaient comme devise : “L’éclaireur protège la nature et les hommes”. »

Mais comment « Garder la foi dans le bleu, dans le vert / croire qu’on peut changer l’histoire » ? Formule d’esthète pour finir en trompettes, au moment où l’écologie n’a jamais été aussi décriée et piétinée (rebonjour M. Duplomb)… ? « On est face à un front conservateur, en particulier depuis l’arrivée au pouvoir du banquier qui nous dirige actuellement. Mais je ne suis pas un donneur de leçons. À chacun selon sa conscience, ses dispositions. Moi, j’ai essayé de dérouler une vision que je dirais plutôt lucide, éclairée, tout en donnant la pêche. C’est pas parce que le monde déconne que tu dois te tirer une balle. La mort viendra bien assez tôt. »
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Chacun peut écouter le disque gratuitement sur le site de Charlélie Couture, mais acheter le CD,  pour ceux qui le peuvent,  permettra de soutenir France Nature Environnement, fédération à laquelle iront tous les profits générés par les ventes de l’album.