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11 septembre 2025

Dans les pas des gardiens de la nature, par Michele - Carnet 35-Page 5/5

Jolie surprise dans ma boite aux lettres aujourd'hui, alors qu'il y a des grèves partout et que le courrier est un peu bloqué dans le circuit postal en ce moment. Eh oui, c'est un carnet à 4 mains conçu avec mon amie belge, Michele, qui me revient après son dernier voyage.

Pour l'avenir de nos enfants et plus encore de nos petits-enfants, nous nous sentons toutes les deux particulièrement concernées par les questions sur l'environnement et la biodiversité. Nous sommes préoccupées de la manière dont la Terre est malmenée depuis l'ère industrielle au mépris de toutes les recommandations des scientifiques pour limiter le réchauffement climatique. Mais sans surprise dans ce monde capitaliste qui en veut toujours plus,  continue la surexploitation des ressources, la déforestation  et la disparition effrayante de nombre d'espèces vivantes, ce qui appauvrit considérablement la biodiversité, sans parler des problèmes cruciaux autour de l'eau, ressource indispensable à la vie 

Pour conclure en beauté ce carnet, Michèle me donne deux conseils de lecture tout en faisant référence à Pierre Rabhi, l'un des pionniers de l'agriculture écologique, et l'un des initiateurs du mouvement "Colibris".

"Un jour, il nous faudra répondre à notre véritable vocation, qui n'est pas de produire et de consommer jusqu'à la fin de nos vies, mais d'aimer, d'admirer et de prendre soin de la vie sous toutes ses formes". Pierre Rabhi

Page de gauche, en haut  : Pierre Rabhi /
Page de gauche,  en bas "Une vie pour la Nature" de Julien Perrot
Page de droite  : "L'enquête sauvage-Pourquoi et comment renouer avec le vivant", d'Anne-Sophie Novel 
l'intérieur de la dernière double page
Je te remercie  Michele pour ce beau carnet élaboré en commun et pour les références de livres à lire sur ce thème du respect de la nature et du vivant. Je vais pouvoir le garder précieusement, c'est un trésor de plus dans ma petite collection de carnets. 

27 août 2025

Dame Nature tu es mon essentielle, vers Michele - Carnet 35/5-4

Voici un carnet à quatre mains qui reprend son voyage vers mon amie Michele, tout dédié à Dame Nature et à toutes les beautés qu'elle sait encore nous offrir, pour peu qu'on sache encore les voir. 

Cette double pageest consacrée à la forêt et aux arbres qui la composent, tellement essentiels à notre vie quotidienne, dans la mesure où leur présence est indissociable du cycle de l'eau ainsi qu'au bon bon équilibre du vivant.

Comme ce carnet m'est destiné et qu'il terminera son voyage chez moi, c'est un thème que je tenais à développer, le sujet de l'eau prenant beaucoup trop d'importance aujourd'hui pour que je passe à coté. 
Quelques incrustations d'inflorescences séchées et de morceaux d'écorce viennent renforcer le côté nature de ces images forestières, à différents moments de la journée et en différents lieux.

"Les arbres sont des statues vivantes dans nos forêts. C’est un des patrimoines de Dame Nature, ces éléments ne doivent surtout pas terminer en chefs-d’œuvre en péril". Jean Pierre Szymaniak

"Les forêts précèdent les hommes, les déserts les suivent". François-René de Chateaubriand
Citations : source Ouest France sur le site  https://citations.ouest-france.fr/
Dans une ressourcerie, j'ai trouvé ce "ruban feuille", tout à fait "raccord" pour cet ouvrage

Chère Michele, j'espère que tu  recevras ce carnet sans encombre, j'ai pris quelques risques en le faisant voyager à découvert. A toi de terminer comme tu l'entends ce bel ouvrage que nous aurons en commun. 

***
Quel est le rôle joué par les forêts dans le cycle de l’eau ?

L’eau douce propre est devenue un atout clé du 21e siècle, alors que l’augmentation continue de la demande et la sécheresse induite par le changement global entraînent des pénuries chroniques dans de nombreux pays. Les forêts jouent un rôle essentiel dans l’approvisionnement stable en eau douce propre et en services écosystémiques connexes, tels que l’eau potable, la protection contre les inondations, l’érosion et les glissements de terrain, ainsi que la régulation du climat.

Les arbres sont des ingénieurs des eaux polyvalents, agissant en tant que :Un parapluie géant Les arbres ont une surface foliaire supérieure à celle des autres végétaux, de sorte que leurs canopées sont plus efficaces pour tempérer les forces érosives de la pluie et créer un microclimat plus ombragé et humide.
Une pompe à eau Les arbres ont des racines plus profondes, de sorte qu’ils peuvent pomper de plus grands volumes d’eau du sol pour les transporter vers les feuilles, ce qui entraîne plus de production de biomasse, de transpiration et de précipitations. Un grand chêne transpire jusqu’à 1600 litres d’eau par jour. Les forêts européennes transpirent environ 400 mm par an, soit environ la moitié des précipitations sur le continent.
Un climatiseur L’évapotranspiration élevée des arbres et des forêts assure un fort effet de refroidissement sur leur environnement, en particulier dans les îlots de chaleur urbains.
Un réservoir d’eau Leur grande production de litière et leurs systèmes racinaires étendus conduisent à plus de carbone du sol et à une meilleure infiltration de l’eau du sol, ce qui améliore la rétention d’eau dans le sol et la recharge des eaux souterraines.

Le rôle exact des forêts dans le cycle de l’eau a fait l’objet de nombreux débats. Dans la littérature plus ancienne, les forêts étaient décrites comme des « éponges », mettant l’accent sur la capacité de leurs couverts, racines et sols de constituer un tampon d’eau, modérant les inondations et équilibrant les débits des rivières. Mais plus récemment, les multiples bénéfices générés par les services d’eau verte des forêts (production de biomasse, formation de microclimat, contrôle de l’érosion, refroidissement atmosphérique et recyclage des précipitations) ont été reconnus en plus des services d’eau bleue (recharge des nappes phréatiques, approvisionnement en eau pour les systèmes aquatiques et les besoins humains Figure). En conséquence, l’idée des arbres en tant que consommateur vorace d’eau a été remplacée par une approche intégrée reconnaissant les compromis entre les multiples avantages liés à l’eau verte des arbres et leur consommation d’eau.
Figure. Les forêts équilibrent les flux d’eau bleue et verte dans le paysage.
Eau verte : eau qui est interceptée ou absorbée par les plantes et renvoyée dans l’atmosphère par évapotranspiration.
Eau bleue : eau qui ruisselle ou percole et aboutit dans les aquifères, les rivières et les lacs.
Numéros 1 à 7 montrent les processus du cycle de l’eau qui sont améliorés par les arbres et les forêts.
(modifié d’après Ellison et al. 2019 et Falkenmark & Rockström 2005).

Plusieurs principes de gestion forestière respectueuse de l’eau sont bien établis pour gérer les synergies et les compromis dans l’ensemble des services écosystémiques liés à l’eau que les forêts peuvent fournir :Il est essentiel d’éviter la déforestation, en particulier dans les zones sujettes à l’érosion, de limiter la zone de coupes à blanc, en particulier sur les pentes abruptes et de réduire le ruissellement de surface et la perte de sédiments. La dégradation des terres et la perte du couvert forestier dans le monde contribuent à la perte du carbone de sol, de l’infiltration, de la rétention d’eau et de la recharge des nappes phréatiques, par conséquent les paysages asséchés deviennent plus vulnérables à la sécheresse et aux incendies de forêt.
La restauration des forêts le long des berges contribue à la qualité de l’eau et à la résistance aux inondations.
L’optimisation de l’emplacement des plantations forestières intensives avec des espèces d’arbres à croissance rapide peut tempérer l’évapotranspiration là où c’est nécessaire et donc conduire à une augmentation de la collecte d’eau.
Dans les zones de production d’eau potable, les forêts de feuillus sont préférées aux forêts de conifères, car leur surface foliaire moyenne dans le temps plus faible produit plus d’eau et réduit la contamination des aquifères.
Dans le contexte des changements climatiques et de la sécheresse estivale accrue, une intensité d’éclaircie plus élevée stimule la vitalité des forêts et la croissance des arbres. Le mélange d’espèces d’arbres conduit souvent à une exploration complémentaire du sol par les racines et peut contribuer à une meilleure tolérance à la sécheresse.
Couvrir les villes de verdure avec des arbres refroidit les îlots de chaleur urbains et atténue les débits de pointe.

Dépasser l’échelle des peuplements forestiers et des bassins versants pour passer à l’échelle régionale et continentale révèle l’étendue des interactions entre la forêt et l’eau. Les couverts forestiers produisent massivement des particules biologiques qui servent de noyaux de condensation pour la formation des pluies. L’évapotranspiration par les forêts recycle la pluie en nuages (écoulement de l’eau verte dans la Figure), impactant les vents et les conditions météorologiques et créant des « rivières volantes » au-dessus des continents qui assurent des précipitations dans la direction des vents profondément dans les terres intérieures. Cela aide à maintenir les précipitations dans bon nombre des principales régions productrices de cultures du monde. Par conséquent, la protection des forêts et leur gestion durable contribuent à la stabilité socioécologique mondiale.
Authors: Bart Muys (KU Leuven), David Ellison (Swedish University of Agricultural Sciences SLU), Sven Wunder (EFI)
Source : article paru sur le site de l'European Forest Institute

***  Francis Hallé : Réensauvager l'Europe ***

© Association Francis Hallé pour la forêt primaire
C’est un projet fou que propose Francis Hallé : recréer une forêt primaire en Europe de l’Ouest comme remède à l’effondrement du vivant. Laisser la nature faire son travail sur le long terme afin de transmettre aux générations futures un sanctuaire de biodiversité, source de vie, d’émerveillement et de connaissances.

L’homme qui murmurait à l’oreille des arbres
Le célèbre botaniste de 85 ans a passé sa vie entière au sommet des grands arbres des forêts primaires tropicales. Fervent défenseur du règne végétal, Francis Hallé nous rappelle que la forêt est essentielle et primordiale au bon équilibre du vivant. Que les arbres, en rejetant de l’oxygène, nous permettent tout simplement de respirer.

Bielowieza © Benkamorvan Flickr CC
C’est en Afrique de l’Ouest qu’il découvre sa première forêt primaire tropicale, en Côte d’Ivoire, en 1960. La forêt dite "primaire", appelée aussi "naturelle", c’est-à-dire à l’état originel, sans trace ni modification liée à l’intervention humaine. Comment la reconnaît-on ? "À sa beauté, et à sa richesse en vie végétale et animale" dit le botaniste.

Dans les années 1980, il devient le co-inventeur du fameux Radeau des cimes, une nacelle qui permet d’étudier la canopée des forêts. La plate-forme permet aux scientifiques du monde entier de s’y poser et d’y travailler pour observer l’ensemble de la biodiversité. Durant plus de quinze années d’expéditions scientifiques, près de 300 chercheurs internationaux explorent les canopées forestières tropicales, au Gabon, au Cameroun, en Guyane ou à Madagascar.

Première forêt primaire d’Europe de l’Ouest
Une nouvelle idée germe dans l’esprit de l’ardent défenseur de la nature. Un projet à contre-pied complet de l'air du temps, qui devrait aboutir dans… six ou sept siècles!. "C'est le temps qu'il faut pour reconstituer une forêt primaire en Europe de l'Ouest sur la base d'une forêt secondaire existante". - Francis Hallé

En Europe, les forêts primaires ont pratiquement toutes disparu. Il n’en existe plus qu’une seule, la forêt de Bialowieza, en Pologne, à la frontière avec la Biélorussie. Elle héberge toute une faune de grands herbivores, notamment des bisons, mais subit des menaces et un déclin alarmant.

Fort de ses années d’observation, Francis Hallé voit en la forêt primaire le moyen de lutter contre les problématiques actuelles de bouleversements climatiques et d’appauvrissement de la biodiversité. Ce n’est pas une utopie mais un projet bien réel. Depuis juin 2019, l’association Francis Hallé pour la forêt primaire s’engage pour la création d’une forêt primaire européenne sans aucune intervention humaine. La nouvelle forêt prendrait place sur 70 000 hectares, l’équivalent de la surface de l’île de Minorque, dans les Ardennes franco-belges ou les Vosges franco-allemandes.

Une réflexion et un hymne au vivant
Ce projet d’envergure entre dans les objectifs du Pacte vert européen qui entend instaurer la protection de 30% des terres d’ici 2030. Comme le précise Francis Hallé, le projet coûte peu, car il s’agit avant tout de trouver un espace et de laisser la nature évoluer librement sur une période de plusieurs siècles.

Ce sanctuaire servira également de lieu pour mener des actions de pédagogie et de sensibilisation à l’environnement. Les visiteurs pourront emprunter des passerelles surélevées ou bien l’explorer depuis des radeaux des cimes ! Toutefois, les défis sont nombreux : délimiter le territoire, s’entendre sur le cadre juridique, assurer le dédommagement des forestiers… Le projet demande également à tous de se projeter sur un temps très long, de minimum 700 ans, correspondant au délai estimé par les scientifiques pour obtenir une forêt primaire à partir d’une forêt déjà existante.

Participer à un projet aussi ambitieux, sans le voir terminé de son vivant, voilà une proposition qui ne manque pas d’audace. Une démarche salutaire qui remet l’humain à sa place : un fragment du vivant qui n’est pas au sommet de l’évolution comme il le croit trop souvent. Rêver pour changer les choses, voilà le plus beau des projets de Francis Hallé.

Pour en savoir plus :
Association Francis Hallé pour la forêt primaire : https://www.foretprimaire-francishalle.org
Un naturaliste sur le toit de la forêt - Francis Hallé raconté par Alexis Jenni, Ed. Paulsen, 
Avril 2024

Source https://voyage.tv5monde.com/fr/francis-halle-reensauvager-leurope
10 Décembre 2024 - Biodiversité / Nature / Préservation/Francis Hallé : réensauvager l’Europe

25 août 2025

"Tous les oiseaux font de leur mieux" dit le poète , pour Chocolatine & Stooby - Carnet 36-5/5

Voici venu le temps de conclure ce carnet à quatre mains qui est en route depuis pas mal de temps déjà avec Chocolatine et Stooby : j'essaie en ce morne et surtout très chaud mois d'août d'avoir de l'énergie pour me mettre à jour de tous mes "encours" datant un peu.

Avec de vraies plumes et quelques timbres d'oeufs d'oiseaux, voici la toute dernière double page de notre carnet, parti pour son dernier voyage et comportant quelques jolis oiseaux de nos jardins embellis de quelques points de broderie que je n'arrive plus aussi bien qu'avant à pratiquer.


Dans les pages intérieures, sur feuillets libres, j'ai inséré un poème de Prévert ainsi que la reproduction d'un poster détaillant le mode d'emploi pour  participer à l'inventaire des oiseaux du jardin, certaine que cette initiative est de nature à plaire à Chocolatine. 

Fiches de recensement à trouver sur le site https://www.oiseauxdesjardins.fr/index.php?m_id=1127&item=18
***

Au hasard des oiseaux

J’ai appris très tard à aimer les oiseaux
je le regrette un peu
mais maintenant tout est arrangé
on s’est compris
ils ne s’occupent pas de moi
je ne m’occupe pas d’eux
je les regarde
je les laisse faire
tous les oiseaux font de leur mieux
ils donnent l’exemple

pas l’exemple comme par exemple Monsieur Glacis 
qui s’est remarquablement courageusement conduit pendant la guerre 
ou l’exemple du petit Paul qui était si pauvre et tellement honnête avec ça 
et qui est devenu plus tard le grand Paul si riche et si vieux si honorable 
et si affreux et si avare et si charitable et si pieux
ou par exemple cette vieille servante qui eut une vie 
et une mort exemplaires jamais de discussions 
pas ça l’ongle claquant sur la dent 
pas ça de discussion avec monsieur ou avec madame 
au sujet de cette affreuse question des salaires
non

les oiseaux donnent l’exemple
l’exemple comme il faut
exemple des oiseaux
exemple des oiseaux
exemple les plumes les ailes le vol des oiseaux
exemple le nid les voyages et les chants des oiseaux
exemple la beauté des oiseaux
exemple le cœur des oiseaux
la lumière des oiseaux.


Jacques Prévert,     

18 août 2025

Les baleines nous sont indispensables, pourquoi tant les importuner ?, pour Gisèle - Carnet 31-Page 5/5

Pour terminer en beauté et en poésie ce carnet à 4 mains sur le thème de la mer, quoi de mieux que ces chères baleines qui ne sont jamais aussi passionnantes que dans leur milieu naturel...si on voulait bien les y laisser tranquilles.

Avec toutes les turbulences dans le milieu marin induites par le changement climatique, avec la chasse à la baleine encore pratiquée,  hélas,  par quelques pays attachés à des traditions rétrogrades, avec maintenant les embarcations chargées de touristes comme à La Réunion, qui s'en approchent beaucoup trop, gènant leurs déplacements et leurs communications, les baleines n'ont pas fini d'être perturbées par les activités humaines.

Il me restait quelques découpes du tissu qui m'avait servi à exprimer toute ma solidarité avec l'action de Sea Sheperd et du Capitaine Paul Watson l'an passé, pour composer cette dernière double page à laquelle j'associe à une poésie de Jacques Prévert, ajoutée sur feuillet libre.

Voilà, chère Gisèle, je te souhaite bonne réception de ce carnet qui m'est revenu après quatre années, ce qui fait vraiment beaucoup. Comme beaucoup d'autres de mes correspondants depuis la crise du Covid,  tu pratiques maintenant d'autres loisirs, dont l'art postal n'en fait plus partie.  

Alors, ne m'en veux pas, mais comme je ne souhaite ne pas continuer à t'encombrer avec tout cela,  j'ai choisi de terminer ce carnet à quatre mains en un seul voyage vers toi . Ansi il te restera comme prévu, comme le dernier beau souvenir des échanges plutôt sympas que nous avons eus ensemble.

J'espère qu'il te parviendra sans encombre et sans trop de délai, car la distribution du courrier en août n'est pas toujours très fluide.

Avec toute mon amitié, je te souhaite une bonne route vers d'autres horizons et une belle continuation. 

***

La pêche à la baleine

A la pêche à la baleine,
Disait le père d'une voix courroucée
À son fils Prosper, sous l'armoire allongé,
À la pêche à la baleine, à la pêche à la baleine,
Tu ne veux pas aller,
Et pourquoi donc ?
Et pourquoi donc que j'irais pêcher une bête
Qui ne m'a rien fait, papa,
Va la pêpé, va la pêcher toi-même,
Puisque ça te plaît,
J'aime mieux rester à la maison avec ma pauvre mère
Et le cousin Gaston.
Alors dans sa baleinière le père tout seul s'en est allé
Sur la mer démontée ...
Voilà le père sur la mer,
Voilà le fils à la maison,
Voilà la baleine en colère,
Et voilà le cousin Gaston qui renverse la soupière,
La soupière au bouillon.
La mer était mauvaise,
La soupe était bonne.
Et voilà sur sa chaise Prosper qui se désole :
À la pêche à la baleine, je ne suis pas allé,
Et pourquoi donc que j'y ai pas été ?
Peut-être qu'on l'aurait attrapée,
Alors j'aurais pu en manger.
Mais voilà la porte qui s'ouvre, et ruisselant d'eau
Le père apparaît hors d'haleine,
Tenant la baleine sur son dos.
Il jette l'animal sur la table, une belle baleine aux yeux
bleus,
Une bête comme on en voit peu,
Et dit d'une voix lamentable :
Dépêchez-vous de la dépecer,
J'ai faim, j'ai soif, je veux manger.
Mais voilà Prosper qui se lève,
Regardant son père dans le blanc des yeux,
Dans le blanc des yeux bleus de son père,
Bleus comme ceux de la baleine aux yeux bleus :
Et pourquoi donc je dépècerais une pauvre bête qui m'a
rien fait ?
Tant pis, j'abandonne ma part.
Puis il jette le couteau par terre,
Mais la baleine s'en empare, et se précipitant sur le père
Elle le transperce de père en part.
Ah, ah, dit le cousin Gaston,
On me rappelle la chasse, la chasse aux papillons.
Et voilà
Voilà Prosper qui prépare les faire-part,
La mère qui prend le deuil de son pauvre mari
Et la baleine, la larme à l'oeil contemplant le foyer détruit.
Soudain elle s'écrie :
Et pourquoi donc j'ai tué ce pauvre imbécile,
Maintenant les autres vont me pourchasser en moto-godille
Et puis ils vont exterminer toute ma petite famille.
Alors éclatant d'un rire inquiétant,
Elle se dirige vers la porte et dit
À la veuve en passant :
Madame, si quelqu'un vient me demander,
Soyez aimable et répondez :
La baleine est sortie,
Asseyez-vous,
Attendez là,
Dans une quinzaine d'années, sans doute elle reviendra ...

  Jacques Prévert

Bains de mer à Boulogne-sur-mer, pour Gisèle - Carnet 31 - Page 4/5

Je poursuis la réalisation du carnet à quatre mains sur le thème de la mer et de la poésie pour Gisèle par cette nouvelle double-page.


Affiche et carte postale anciennes visualisées sur Pinterest

C'est l'affiche que j'ai trouvée sur la publicité faite par la Compagnie des Chemins de fer du Nord, afin d'attirer de nouveaux touristes candidats à la baignade qui m'a donné envie de vous raconter l'histoire balnéaire de Boulogne sur Mer (source Gallica) :

Boulogne-sur-Mer, station balnéaire à la mode

Boulogne-sur-Mer, premier port de pêche français, évoque aujourd’hui plus une ville industrielle que balnéaire. Et pourtant, c’est dans cette ville que le tourisme balnéaire émerge dès la fin du XVIIIe siècle, avec Dieppe, l’autre oubliée de l’histoire de la plage en France.

Le bain de mer sur prescription médicale

Se baigner dans la mer est longtemps resté marginal. Quelques mentions anciennes existent mais l’essor se fait à partir de la fin du XVIIIe siècle, dans un but thérapeutique. Les bains de mer se développent d’abord au Royaume-Uni comme à Brighton, Blackpool, Bournemouth, Margate. Il s’agit de faciliter la guérison des maladies ou de fortifier les corps. Des médecins comme Russel vantent le bain de mer en cas de rage, scrofule (écrouelles), lymphatisme, apoplexie (AVC), etc.

Les Anglais vont traverser la Manche et favoriser le développement du bain de mer. Dès 1763, on trouve des mentions du médecin et écrivain Richard Smollett se baignant à Boulogne pour des raisons thérapeutiques. Cette habitude se développe à partir des années 1780.

Dans un premier temps, en Europe continentale, des établissements sont créés à Dieppe puis à Boulogne-sur-Mer. En 1785, François Cléry de Bécourt ouvre un établissement où l’on profite surtout de l’eau de mer dans des baignoires ou des douches. Les espaces sont en sous-sol pour être alimentés en eau salée par la marée. Certaines baignoires sont suspendues pour reproduire le mouvement apaisant des vagues. Hommes et femmes sont séparés dans deux pavillons.

Cléry de Bécourt symbolise l’enrichissement d’une bourgeoisie entreprenante qui obtient l’anoblissement au XVIIIe siècle. Il est issu du milieu des négociants, son père est un échevin boulonnais, sa mère est espagnole. Il naît à Séville, s’installe avec sa famille à Boulogne, s’inspire d’une pratique britannique mais c’est dans les thermes italiens qu’il faut chercher le modèle de son établissement. Cléry de Bécourt confie les travaux à l’architecte boulonnais Sannier.

Cet établissement n’est pas une grande réussite, il est sans doute trop tôt, d’autant plus que le contexte révolutionnaire ne facilite pas les choses. On observe une reprise à partir des années 1820, accentuée par la visite de la duchesse de Berry, belle-fille de Charles X, en 1825.

Un deuxième établissement des bains est fondé cette année-là, par Antoine Versial, originaire de Grenoble. Il confie la construction de son établissement au Boulonnais Joseph Marguet. Ce dernier conçoit aussi des voitures qui permettent de prendre des bains de mer. Le bain ne se prend plus dans l’établissement mais dans la mer. Sur la plage, hommes et femmes sont clairement séparés.

L’établissement des bains va profiter de la multiplication des préconisations médicales en faveur des bains de mer. A Boulogne-sur-Mer, Rouxel, médecin à l’hôpital, traduit les médecins anglais comme Buchan vantant les bains de mer et il loue les avantages de la plage boulonnaise.

L’émergence du phénomène balnéaire

L'établissement de Versial montre aussi une évolution dans la pratique balnéaire. Il propose de nombreux espaces de loisirs. Autour de la grande salle des fêtes, s’organisent des salles de lecture, billard, salons, etc. Installé sur le front de mer (alors que la ville historique se trouve en hauteur), le nouvel établissement montre une nouvelle dimension mondaine. Peu à peu l’argument médical passe à l’arrière-plan et la plage devient un loisir. Une terrasse-belvédère permet d’admirer la mer, pour l’instant bien à l’abri du soleil, sous une tente. Cet établissement, vu les tarifs pratiqués, est réservé à une clientèle huppée qui vient avec « ses » domestiques ou cherche à les recruter.

Racheté par la municipalité qui fait des travaux pour le rendre plus attractif, l’établissement propose à partir de 1863 de nouvelles salles d’hydrothérapie, des salons pour lire, pour jouer et une des premières piscines découvertes de France (si ce n’est la première), sur le modèle de Brighton. A partir de 1866, un aquarium pittoresque attire les clients.

Loger et divertir les vacanciers

Dans le sillage de ces établissements, se développent de nombreux hôtels et restaurants. Dans les années 1820, on compte cinq hôtels mais leur nombre ne va cesser d’augmenter au XIXe siècle. En 1839, on en dénombre 14, en 1844 sur le plan d’Hopkins, 36.

Le profil des propriétaires est varié mais il y a souvent peu de renseignements sur eux (et encore moins sur leurs employés). L’Hôtel du Nord est géré par Victor Muhlberque, ancien officier de la Grande Armée, Parisien marié à une femme du Nord. Ces établissements cherchent à attirer la nombreuse clientèle anglaise qui apprécie précocement les bains de mer. Les hôteliers sont parfois anglais. Le nom des hôtels est révélateur : hôtels de Londres, Bedford, Bristol, White Horse, Folkestone, Royal, British, etc.

Pour s’y retrouver, les guides ou les journaux recensent les bonnes adresses. Certains hôtels sont des références. D’abord l’Hôtel du Nord fondé par Muhlberque, qui accueille hommes d’Etat (Louis-Philippe et son fils le duc de Nemours, Napoléon III) ou de lettres (Victor Hugo, Walter Scott, etc.), puis l’Hôtel du Pavillon, devenu Hôtel du Pavillon impérial en 1854. Beaucoup ressemblent aux constructions parisiennes de la même époque.

Ces hôtels évoluent sans cesse, tel l’Hôtel des Bains. Ancien « établissement d’hydrothérapie » de Cléry évoqué plus haut, il est transformé en Hôtel des bains et change régulièrement de mains.

Dans la seconde moitié du XIXe siècle, les hôtels ont tendance à se regrouper. Afin de se démarquer d’une concurrence féroce, il propose un accueil aux gares ferroviaire ou maritime, en 5 langues.

Dans la suite de ces hôtels, de nombreuses pensions de famille, des meublés ou des logements chez l’habitant se développent. Souvent, la famille habite au sous-sol ou au rez-de-chaussée l’été pour pouvoir louer les étages supérieurs aux touristes. C’est une pratique répandue, à tel point que lors de la reconstruction après 1945, les habitants du Portel, proche de Boulogne, demandent aux architectes et urbanistes de tenir compte de cette pratique.

A Boulogne, il y a peu de villas. Celles-ci font leur apparition dans les stations plus tardives de la seconde moitié du XIXe siècle, comme Deauville, Le Touquet, Wimereux etc. Les villas ne font leur apparition à Boulogne qu’à la fin du siècle, dans une petite portion du front de mer.

Des équipements voient aussi le jour pour divertir les touristes, en premier lieu un casino. En 1857, la grande rivale, Dieppe, crée un nouvel établissement de jeux. La municipalité réplique en inaugurant un casino en 1863 dans l’établissement de Versial. Les modernisations sont régulières pour que Boulogne résiste à la concurrence des autres stations balnéaires qui se développent alors. En 1895, le casino est à nouveau rénové. 

Un musée est aussi visitable. Les artistes sont nombreux à se rendre à Boulogne et contribuent à faire parler de la ville : Liszt, Eugène Boudin, Manet.

Faire venir des touristes à Boulogne

Les vacanciers arrivent dans un premier temps surtout par mer, venus du Royaume-Uni. Les infrastructures du port vont se développer, tant celles liées à la pêche que celles liées au transport des voyageurs. Boulogne est une étape pour les Britanniques faisant leur Grand Tour ou pour les personnalités en visite en France. Les liaisons régulières avec l’Angleterre existent depuis 1822 et elles ne vont cesser de se développer.

Les Français vont aussi se tourner vers la plage et le chemin de fer va permettre de les conduire jusqu’à Boulogne. C’est notamment le combat d’Alexandre Adam, le maire de Boulogne, conscient de la nécessité de pouvoir acheminer un grand nombre de personnes pour remplir les hôtels. Il est aussi président de la Chambre de Commerce et du Conseil général du Pas-de-Calais. Une ligne vers Amiens est créée en 1848, qui est ensuite prolongée vers Lille et surtout Paris.

La compagnie du Chemin de Fer du Nord réalise de nombreuses publicités mettant en valeur la ville, tout comme les compagnies maritimes.

La Mairie lance aussi des aménagements pour faire face à l’afflux des vacanciers : égouts, éclairage au gaz, construction du pont sur la Liane (la rivière au centre de Boulogne), digue pour se promener en bord de mer et même certains trottoirs en marbre.

A Boulogne, station balnéaire à la mode, de nombreuses animations sont proposées pendant la saison : théâtre, notamment en anglais, musique, feux d’artifice, magie, sports, jeux, courses à âne, tir aux pigeons, excursions en mer ou dans l’arrière-pays, etc. Cette offre est mise en valeur dans la publicité qui se développe en cette fin du XIXe siècle. Certaines personnes sont aussi attirées à Boulogne par la dévotion mariale, la ville étant aussi un lieu de pèlerinage et de processions religieuses.

Des expositions internationales sont organisées, comme en 1866 l’exposition universelle autour de la pêche, sous l’égide de Napoléon III, ou en 1877, une exposition internationale des beaux-arts.

Pour conseiller les touristes, diverses cartes ou guides sont édités. Le guide Brunet connaît de nombreuses éditions, sous l’égide du « Comité de publicité de Boulogne ». On y retrouve l’incontournable plan détachable, des éléments historiques, les animations proposées, les heures des marées, les excursions possibles et même les places au théâtre. Il existe une version anglaise pour cette clientèle choyée, comme en témoigne aussi The Tableau de Boulogne-sur-Mer et The Visitor’s guide in Boulogne par Griset. Le « Comité de publicité » et l’établissement des bains proposent aussi le Petit guide officiel de l’étranger distribué gratuitement aux touristes.

L’image de Boulogne est aussi diffusée plus largement par le bouche à oreille, via les photographies de famille ou les dioramas.

La mer reste perçue comme dangereuse et les baigneurs doivent respecter des précautions. Dès 1824, un ancien marin propose ses services de sauvetage de mai à octobre. Des générations de sauveteurs vont se succéder.

Un tourisme balnéaire de plus en plus sportif

La forte présence de la communauté anglaise va favoriser le développement de sports issus du Royaume-Uni.

Les courses de chevaux, d’avirons et les régates se développent grâce à l’anglomanie. Des sports alors plus confidentiels émergent aussi. Un club de tennis, ou lawn-tennis, est fondé fin XIXe siècle, après que les joueurs ont pratiqué sur la plage. Il regroupe une poignée de joueurs et de joueuses au pied des remparts.

Le golf se développe lentement à Hardelot, en périphérie de Boulogne. Le football apparaît. D’un jeu de gentlemen anglais en villégiature au XIXe siècle, il devient un sport apprécié des travailleurs boulonnais.

Les nouveaux modes de locomotion sont aussi l’objet de courses effrénées. Les courses de cycles sont d’abord à la mode, le but étant aussi de former de bons soldats.

Ensuite, les courses de voitures apparaissent au début du siècle avant de se multiplier dans l’entre-deux-guerres. Il existe même des « concours d’élégance » pour les voitures, avec parfois une vedette pour en faire la publicité. La natation est donc loin d’être le seul sport pratiqué à Boulogne.

Le déclin de l’activité balnéaire à Boulogne

Boulogne-sur-Mer doit faire face à la concurrence de nombreuses autres stations balnéaires qui se développent sur la « Côte d’Opale » et ailleurs. De plus, la ville de Boulogne, premier port de pêche français, décide de miser sur son activité portuaire et industrielle. Si au XIXe siècle, les estivants sont ravis de contempler les activités du port, c’est moins le cas au XXe siècle où les ports s’agrandissent, s’industrialisent et se ferment. Cette photographie de 1925 montre que l’industrie marque désormais le paysage boulonnais avec ses cheminées.

La Première Guerre mondiale ralentit l’activité balnéaire. La ville voit passer les troupes venues du Royaume-Uni, de Belgique, du Congo, etc. Les Américains arrivent en 1917 à Boulogne avec Pershing. Certains hôtels sont transformés en hôpitaux.

C’est surtout la Seconde Guerre mondiale qui marque un coup d’arrêt à l’activité balnéaire. Zone logistique en temps de guerre, la ville est bombardée de 1940 à 1945, par les Allemands puis par les Alliés ...

***
Et voici une poésie en prose de Pierre Caminade, pour illustrer la thématique retenue.


BAINS DE MER
I
Juste au-dessus de l’eau, les sourcils, les pommettes, la bouche.
Toute lumière, l’eau recouvre le corps de nappes légères et les découvre. A l’air, la chair mouillée scintille, notes aiguës d’une flûte, ultimes tremblements des sons d’une cymbale.
Baignée, elle s’enlumine d’une huile topaze brûlée. Un vin muscat miroite dans le soleil. Le flux et le reflux, aussi mobiles que les éclats et les ombres que danse sur le sol un platane agité par le vent, dessinent sur la chair des feuilles qui se dorent et brunissent.

II
Elle va, nageant une brasse volontaire, scandée.
Elle se modèle sur une vision à vol d’oiseau qu’ils avaient eue ensemble au château d’If : un corps de femme et ses membres bronzés se ramassent sur eux-mêmes et se détendent sur un rythme égal, d’une manière mécanique et souple, dans une mer verte. La profondeur sensible pourtant se réduit au plan. La nageuse glisse lentement, image double du mouvement et de l’immobilité si parfaite, écrite au pochoir.

III
Il est massé et désarticulé membre à membre par à-coups hasardeux de douceur et de force. Il flotte, les yeux ouverts, seul est présent, ailleurs, un ciel qui ne commence nulle part et n’a pas de fin. Il n’est plus soumis à la pesanteur terrienne, ainsi après l’amour lorsque se dissout le monde de l’extase dans lequel la jouissance, après une débauche de reliefs, a enivré l’espace et brouillé ses dimensions.
Il respire sur un rythme très lent, sept battements de cœur dans un sens, sept dans l’autre, séparés par une courte pause à l’aller comme au retour, se berçant de sa propre houle, la vague harmonisée ou contraire, et toujours ce ciel sans but, ce soleil sans ombres.

Il flotte le ciel jusqu’au bout, tout à la lumière. Il est délivré des angles, de ses propres arêtes. Ici, se calme la douleur d’être volume relief contre relief, violence, – mortel ? Il flotte. C’est une sensation de glissements superposés et retenus de toutes les surfaces planes découvertes d’une grande étendue, places, places-jardins, esplanades, foirails, champ de manœuvres, pelouses des stades, avenues des grandes villes la nuit, villes aux maisons basses qui n’exilent pas le ciel, plaines, causses, hauts plateaux nus, deltas, pays des étangs de la mer.

IV
Et, nageant, il joue. Une main troue la surface, emporte de l’eau, la main brille, les gouttes s’égaillent une main accentue le mouvement du bras et provoque un courant plus ou moins vif qui masse le mollet ; un bras sort à mi-parcours, rampe et ricoche sur l’eau, tel l’aviron manqué ; un bras s’élève à la verticale et s’enfonce, roue à aubes ; l’avant-bras seul pagaie.
Il joue. Il tourne la tête sur le côté, l’œil à peine au-dessus de l’eau, il écoute le bras tourner dans l’omoplate, un son nacré enfermé dans la chair, il « écoute », ou plutôt il touche, ou plutôt il guette les sensations tactiles des muscles, il suit le glissement du bras tout entier, et s’attarde à la rigidité du poignet.

V
Il nage. Il nage, comme il marche, plus aisément même, ne dépensant aucune énergie pour tenir, la pesanteur répartie sur toute la surface du corps, la poitrine plus légère, l’air plus efficace. Plus intimement libre, hors de tout spectacle, cloîtré, en communion tactile vivace avec l’élément où il se meut. Le cerveau est un être clair, un être de fraicheur de promenade. Les idées ne sont pas des idées, des arabesques se dessinant sans se fermer, disparaissant et pourtant présentes ensemble, se superposant dans un temps incarné, et dansant, anguilles du soleil dans la mer d’une même lumière, chaque muscle est murmure et choc, appel et réponse, caresse et vigueur et suspens du secret, bloc opaque et transparent à lui-même et aux autres, s’accordant tous par bonds et glissements dans leurs jeux antagonistes et fraternels selon l’acte total du corps et son thème actuel. Chaque mot ? Une phrase, le poème ? Muscle ou petit rat ? Lequel a-t-on nommé d’abord ? Où s’est faite la rencontre ? Le mot, sensation et poème, saisie globale d’un évènement minuscule tout baigné dans l’organisme entier concentrant sur un seul point toute sa puissance de feu, et l’homme nomme, dénomme, parle, physiologie faite poète.

Ah ! écrire comme l’on nage

Pierre Caminade, in Fénix

(à suivre la double-page 5)

"Z'étaient chouettes les filles du bord de mer", pour Gisèle - Carnet 31-Page 3/5

Pour enrichir le carnet à quatre mains commencé il y a fort longtemps avec Gisèle sur le thème de la mer et de la poésie, voici une nouvelle double page sur les premiers bains de mer en France.

Dans l'Hexagone, c'est en Normandie qu'ont débuté les premiers bains de mer il y a près de 200 ans. Dès 1824, Dieppe, première station balnéaire du pays, attira chaque été l’aristocratie parisienne. Suivirent Trouville, Etretat, Cabourg, Deauville… 

trouvées sur Pinterest  sans nom d'auteurs : à gauche, photo d'une tenue de bain de 1895
à droite photo ancienne de baigneuses en maillot de bains des années 1900

1824, Dieppe inaugure le premier "établissement de bains" à visée thérapeutique en France, sous l’impulsion de Charles X. Sa belle-fille, Marie-Caroline de Bourbon, plus connue sous son titre de duchesse de Berry, s'en fait alors l'ambassadrice. Début août, ses péripéties aquatiques attirent l'attention de la presse de l'Hexagone. Le Journal des débats décrit la trempette de S.A.R. (Son Altesse Royale) avec une précision clinique :

"Le temps qui s’était opposé jusqu’à ce jour à ce que Mme la duchesse de Berry pût prendre les bains de mer, objet de son voyage à Dieppe, étant devenu plus serein, S. A. R. s’est rendue sur la plage, et, pour la première fois, elle est descendue dans la mer. M. Mourguet, médecin en chef des bains, n’a voulu céder à personne le soin d’accompagner la Princesse, et après avoir revêtu l’habit de baigneur, il a eu l’honneur de conduire S.A.R. et de l’exposer à la vague pendant l’espace d’environ huit minutes."

source : extrait d'un article du site :www.geo.fr/histoire/les-tout-premiers-bains-de-mer-vus-par-la-presse-francaise-205778

(à suivre les doubles pages 4 et 5)
***
Je n'ai pas trouvé de poésie ciblée sur les tous débuts des bains de mer mais j'aime bien celle-ci.

Jour d’été

Gravir la dune
les bronches emplies
d’air marin
puis découvrir là-bas
le miroir bleu aux rides
crêtées d’écume
et son argent éblouissant
Descendre vers la plage
s’asseoir sur le sable
être cet infime témoin
de l’harmonie des couleurs
et de la matière
Regarder l’horizon
et rêver de partir
seulement rêver
Rien ne vaut
le voyage immobile
déchiré du cri soudain
de la mouette

Kamal Zerdoumi, 2018

28 juin 2025

Du bleu sur et sous l'eau, de Gisèle - Carnet 31 - 5/2

Alors que cette correspondante ne semblait plus du tout faire d'art postal, j'ai la joie de retrouver dans ma boite aux lettres en rentrant de quelques jours de congés, un carnet à 4 mains commencé en 2021 avec Gisèle sur le thème de la mer et de la poésie.

J'avoue l'avoir totalement oublié dans l'intervalle de temps qui s'est écoulé, si bien que c'est une grande joie que de voir ainsi un lien se renouer alors que je le pensai rompu! Bonheur. 

Il est vrai que la règle d'or convenue entre les deux parties pour la réalisation conjointe de ces carnets à 4 mains est de ne pas se mettre la pression et de prendre tout le temps dont on a besoin (grosso-modo, il nous faut 2 ans). Dans son cas, Gisèle a fait fort puisque 4 années se sont écoulées et qu'elle ne mailartait plus du tout. Elle a vraiment bien fait de reprendre l'ouvrage en cours si elle veut en voir le terme, à condition toutefois de ne plus attendre aussi longtemps entre chaque envoi pour les pages restant à composer. 

Vous pouvez retrouver ici  la première double page du carnet, et voici la seconde double page telle que Gisèle vient de la compléter.

Pour ceux qui ne la connaissaient pas, vous remarquez combien le bleu est la couleur fétiche de Gisèle. Page de gauche, ciel au dessus de la mer, page de droite, les fonds marins avec algues, ancre et tortue marine. Très jolie composition. Bravo à toi. 

Alors promis, c'est à moi maintenant de reprendre le relais pour composer la troisième double page, ce que je vais faire bien volontiers dès qu'il redeviendra agréable de travailler à l'atelier. 

Je te souhaite un très bel été, Gisèle. 

20 juin 2025

Du bleu et du vert apaisants : saurons-nous à temps reprendre soin de la Terre? de Chantal - Carnet 34-5/5

On pourrait faire preuve d'optimisme en regardant rapidement les belles couleurs de cette dernière double page, couverture ultime du carnet à quatre mains sur le thème de la biodiversité au jardin, que Chantal m'offre. 

Mais si l'on y regarde mieux, ces beaux bleus et ces verts puissants montrent aussi des larmes, tant le comportement des humains sur la Terre devient totalement  fou.

"C'est une triste chose de songer que la nature parle et que l'humain ne l'écoute pas" disait Victor Hugo, déjà à son époque. Si nous avons tous le souhait profond que les prochaines générations puissent s'y épanouir, pourquoi les hommes continuent-ils à piller les ressources du globe terrestre en dépit du bon sens? 

Quand le genre humain va-t-il  comprendre que nous avons besoin de la Terre pour vivre (survivre) mais que l'inverse n'est pas vrai? Si nous ne prenons pas conscience du coté irréversible de nos excès, ni la haute technologie, ni l'intelligence artificielle ne pourront infléchir le mouvement. La Terre ne s'arrêtera pas de tourner, si l'humanité disparaît par auto-destruction. 

J'adore la couronne de feuilles et la fleur bleue de pervenches qui entourent le globe terrestre : les deux mains qui le tendent vers la nouvelle génération, c'est un message très fort, car oui "nous n'héritons pas la terre de nos ancêtres, nous l'empruntons à nos enfants".

J'apprécie toutes les couleurs de bleu et de verts, timbres inclus, et merci aussi pour le très beau marque-page aquarellé avec un véritable bleuet séché. 

Merci vraiment beaucoup Chantal pour ce merveilleux carnet, pour les messages forts qu'il véhicule et pour la poésie qui s'en dégage.

Biodiversité animale et végétale totalement nature , de Chantal - Carnet 34-5/4

Alors que je n'y pensai plus du tout, voici que resurgit dans ma boite au lettres un carnet à quatre mains commencé avec Chantal depuis une bonne année et demi sur le thème de la biodiversité au jardin, puisque ce sujet nous intéresse grandement toutes les deux.

Bravo l'artiste : les couleurs du timbre reprennent fidèlement le mauve des pétales et le coeur orangé de la primevère et ce tableau de fleurs et feuilles pressées mêlant terre et mer (car je vois des petites algues sèches) est du plus bel effet. 

La spécialité de Chantal où elle excelle c'est le quilling, si bien que nous avons convenu toutes les deux que la navette habituelle du carnet serait réduite à 3 voyages, pour éviter que les paperolles qui en orneront finalement la couverture ne se retrouvent écrasées dans le voyage, entre deux feuillets. 

Vous pouvez retrouver les pages précédentes ici, ici et là.

Merci Chantal donc pour cette belle composition, et rendez-vous au post suivant pour découvrir la dernière double page de ce carnet qui termine son voyage chez moi,  puisque tu as eu la délicatesse de me le destiner. 

28 février 2025

Quand une belle sirène rousse se prend pour une pom-pom girl, d'Eric - Carnet 33-6/6

Waouh, c'est la fête aujourd'hui puisqu'une deuxième superbe surprise m'attend aujourd'hui dans ma boite aux lettres! Pour son tout dernier voyage, c'est le retour de notre carnet à 4 mains conçu avec Eric sur le thème du monde secret des profondeurs abyssales. 


Toujours agrémentée de timbres raccord avec le thème des abysses et de l'océan, cette dernière simple page est riche d'une multitude de petits détails et accessoires qui entoure la belle rousse. Outre les dessins d'algues, les  étoiles de mer, les petits poissons lumineux qui tapissent le fond marin, il y a cette sorte de fleur magnifique en textile avec un coeur doré qu'elle tient à bout de bras et des algues dorées en 3D, objets de récupération certainement, qui sont en harmonie totale avec le tableau. Sont présentes aussi des sortes de petites bulles transparentes mais saillantes sous les doigts, peut-être réalisées à la colle, mais alors apposée très très finement... bref, que des merveilles! Merci Eric de t'être autant pris au jeu!

Lorsque nous nous sommes rencontrés au Festival d'Art Postal de Vienne en 2022, nous avons pu échanger sur la joie que nous avait procuré l'élaboration d'un premier carnet-navette en 2021-2022 sur le thème du rêve destiné à Eric, et nous n'avions pas exclu de recommencer l'expérience si enthousiasmante.

C'est ainsi qu'en février 2023, nous nous sommes mis d'accord pour en concevoir un second sur un thème qui nous allait bien., toujours en pleine liberté, sans délai de retour imposé et sans se mettre la pression.  Mais cette fois-ci Eric a tenu, par générosité, à ce que ce soit moi  la destinataire finale de ce nouvel ouvrage commun. Et c'est aujourd'hui l'aboutissement de cette aventure d'art postal d'une forme un peu particulière : quel beau cadeau c'est là et quelle belle preuve d'amitié réciproque! 

Merci Eric pour ce cadeau et pour cette belle preuve de confiance! Si tu ne me l'avais pas fait remarqué,  je ne me serais pas doutée que nous avions mis ce beau projet en route depuis déjà deux ans. En fait, peu importe le temps qui s'écoule entre deux voyages, ce qui compte c'est tout le plaisir partagé à élaborer un bel objet d'art postal. Composer une nouvelle page sur le carnet-navette est une joie tout comme l'est la surprise de le voir revenir dans la boite aux lettres, enrichi d'une nouvelle page, alors qu'on n'y pense plus.

Alors bien sûr on peut s'arrêter là, mais puisque le plaisir est intact pour l'un comme pour l'autre, on peut aussi continuer : si tu l'acceptes, Eric,  le prochain carnet à 4 mains sera pour toi, sur un thème que tu choisiras et quand bon te semblera. 
***
Pour ceux qui découvriraient cette histoire aujourd'hui, les pages précédentes du carnet sont publiées sur ce blog iciiciiciici et . De son côté,  Eric a aussi publié un article où il récapitule toutes les photos des différentes pages de notre beau carnet. 

7 février 2025

Une multitude d'oiseaux s'est donné rendez-vous à Massy, de Chocolatine & Stooby - Carnet 36-5/4

Voilà un carnet à 4 mains, qui, après une trêve de quelques mois, me revient pour être complété avant d'entreprendre son dernier voyage. J'adore quand chaque intervenant prend son temps pour peaufiner sa double-page, car c'est un bel objet où l'on s'investit beaucoup et qu'on aime conserver lorsqu'il est terminé.

Les mésaventures postales que nous subissons de plus en plus les uns et les autres font que maintenant on est un peu tendu lorsque l'on confie un tel objet aux services de la Poste le temps du voyage et on peut  respirer lorsque il est bien arrivé chez le destinataire. 

C'est cette crainte qui fait que j'avais exceptionnellement été prévenue par Chocolatine qu'elle le mettait au courrier ce mardi 4 février et - ô miracle! - le  voici déjà arrivé dans ma boite aux lettres, bruissant de toutes les ailes déployées de cette gent ailé! Bilan une distribution en très bon état et dans un délai record de 3 jours!

 

Ce sont tous des oiseaux de nos contrées, qu'il s'agisse de pics, corneilles, hérons cendrés, rouge-gorges, mésanges bleues, martins-pêcheurs, loriots et autres corbeaux freux, répartis sur le tronc ou les branches d'un arbre, ou bien juché pour l'un d'entre eux, sur l'arrière train d'une biche avec dans le bec quelques duvets pour garnir son nid. La plupart ont de quoi nourrir leur nichée dans leur bec, ce qui nous amène au printemps avec un peu d'avance.

J'aime beaucoup les quelques feuilles séchées qui viennent garnir le fond du carnet, ajoutant une jolie note de nature. 

C'est une magnifique composition, bravo et merci Chocolatine : tu m'as redonné la main, à moi d'être imaginative pour créer la toute dernière double page, avant que ce carnet ne parte définitivement vers vous pour conservation.

13 septembre 2024

Le bonheur est dans le pré, et la nature est un cadeau, de Michele - Carnet 35/5-3

Waouh, quelle magnifique surprise aujourd'hui dans ma boite aux lettres avec le retour du carnet à quatre mains que nous élaborons conjointement avec Michele.

Sur un fond vert tendre en lin, mon amie belge m'a brodée délicatement au point de croix une bien jolie citation d'un jeune écolier, qui s'est fait une philosophie de vie imparable : il veut pouvoir être heureux avec les belles choses que la nature sait nous prodiguer chaque jour et qui nous aide à savourer le plaisir de vivre et d'être heureux.

En plus de la scène très champêtre qui domine cette double plage, ma correspondante a trouvé des timbres allant pile poil dans le sujet, aux couleurs associées à la broderie. Le ruban sur la lisière gauche "le bonheur est dans le pré" est lui aussi, tout à fait opportun. C'est un travail magnifique, quelle fine réalisation!

Merci beaucoup Michele pour cette très jolie surprise, car oui on arrive à se surprendre, même si l'on connaît le thème retenu en commun,  on ne sait jamais comment la partenaire va s'emparer du sujet et le traiter in fine.

23 juillet 2024

Au bal des méduses, vers Eric - Carnet 33-6/5

Après une longue période en creux qui m'a paru une éternité, je reprends enfin et avec bonheur la poursuite de  notre carnet-navette sur le thème du monde mystérieux des abysses et des créatures qui y vivent. 

Pour ceux qui auraient manqué le début de cette aventure à quatre mains, vous trouverez les pages précédentes ici, ici, encore ici et  . 

Ce sera là mon dernier envoi puisqu'à sa demande express,  Eric a voulu composer la toute dernière page, pour que ce soit moi la destinatrice finale du carnet -merci, quel cadeau!- 


Cette fois-ci, j'ai réalisé cette scène exclusivement avec des morceaux de vieilles dentelles, des perles de différentes tailles et avec trois boutons dans le thème (hippocampe, coquillage et escargot), le tout monté sur une image de fond marin imprimée sur tissu. Seul le plastique à bulles bleu qui m'a servi à réaliser la tête des méduses n'est pas un article de mercerie.

Bon maintenant il faut le lâcher ce carnet et faire en sorte qu'il arrive en entier chez Eric. Je l'ai bien saucissonné pour que les éléments mobiles ne soient pas arrachés pendant le voyage postal. Croisons les doigts pour que tout se passe bien. 

Bonne réception de notre carnet à quatre mains Eric, et surtout prends tout ton temps pour le terminer. Encore une fois, j'ai l'impression que cela a été très vite, et j'ai tellement adoré traiter de ce thème avec mes fanfreluches que j'ai exploitées au maximum, cela a été un vrai régal. Et merci Eric d'avoir accepté encore d'être mon complice pour mener à bien une nouvelle fois cette aventure mail-artistique.

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Bon à savoir ; voici une toute nouvelle exposition permanente à découvrir si vous passez vos vacances dans le Nord de la France, sur ce thème des abysses. Cela se passe à Boulogne sur Mer, au centre Nausicaà.

Affiche de l'expo permanente sur les Abysses, Nausicaa, Boulogne sur Mer

Dans le cadre de sa thématique annuelle sur les grands fonds marins, et face aux enjeux cruciaux de leur préservation, Nausicaá a inauguré le 7 juin 2024, en partenariat avec l'Ifremer, «Destination Abysses», une nouvelle exposition permanente dédiée à la découverte de ce monde mystérieux et essentiel à l'humanité.

Les abysses, un milieu inconnu, foisonnant et vulnérable

Les abysses, c’est chaud !
A certains endroits des abysses, on trouve des sources océaniques dont l’eau s’est réchauffée au contact du magma qui brûle à l’intérieur de la terre jusqu’à atteindre les 400°C. Lorsque l’eau jaillit, les minéraux contenus dans l’eau créent des cheminées hydrothermales qui attirent des espèces endémiques. Une oasis des grands fonds s’y développe avec des vers géants, des crabes blancs et des poisson fantomatiques – un écosystème qui se développe sans l’énergie du soleil.

La vie abyssale est vulnérable
Les abysses ne sont pas épargnés par les activités humaines, que ce soit la pêche profonde, la pollution ou encore l'exploitation des hydrocarbures, le transport maritime et les activités terrestres, responsables de 80 % de la pollution en mer. En fin la hausse de la température de l'océan se constate aussi dans les grandes profondeurs.

Les abysses, des richesses à préserver !
Le potentiel des abysses, cet écosystème encore peu connu est énorme : biodiversité et ressources minérales. Par conséquent, leur exploration doit apporter de meilleures connaissances avant d’envisager toute exploitation.
 
L‘exploitation minérale dans les grands fonds – attention, danger !
L’Autorité internationale des fonds marins - AIFM, organisme intergouvernemental autonome créé sous l’égide des Nations Unies en 1994 contrôle les activités relatives aux ressources minérales des fonds marins dans la zone internationale hors des limites de la juridiction nationale (qui englobe zone territoriale et zone économique exclusive).

Actuellement des discussions sont en cours pour décider de l’avenir de ces grands fonds marins. Si certains États (et entreprises privées) y voient une opportunité d’exploitation des minerais pour assurer la transition énergétique, d’autres s’inquiètent des conséquences de l’exploitation de ces ressources autant sur les écosystèmes et la biodiversité de ces milieux que sur le climat.

Abysses et climat
L’océan joue un rôle essentiel dans la régulation du climat par sa capacité à absorber le CO2 produit par les activités humaines. Cela représente environ 30 % du CO2 émis dans l’atmosphère. En absorbant et en stockant le principal gaz à effet de serre, l’océan joue un rôle fondamental dans la régulation du climat. L’exploitation des minerais comme le cuivre, le manganèse ou le cobalt qui sont dans les abysses risquerait de « libérer » le CO2 et le méthane séquestrés dans les sédiments du fond des mers.

Extrait d'un article sur les 14 choses à savoir sur les Abysses : lien vers Nausicaa