Blog d'art-postal, essentiellement textile , créé pour satisfaire toutes mes envies de couture, broderie, embellissement, collages et autres fantaisies... en les appliquant aux univers riches et variés induits par les timbres postaux. Il peut m'arriver d'y noter mes coups de coeur pour des expositions ou des artistes, sources d'inspiration ou d'émotions.
BIENVENUE!
Puisque la
poésie N’a plus
beaucoup de place Dans ce
monde en charpie Où l’avenir
grimace Nous en
ferons une arme Une arme
issue du cœur Pour
transformer nos larmes En un projet
d’ampleur
Mettre en
lumière le beau
Pour ceux
qui ont laissé S’en aller
en lambeaux Leur âme
émerveillée A vous les
politiques Qui
manquez de courage De respect
et d’éthique Entendez-vous
la rage
De ceux
qui veulent sauver
L’habitabilité D’une
terre massacrée Par vos
lois insensées Quand les
scientifiques Annoncent l’étincelle L’inaction
climatique En devient
criminelle.
Et vous
autorisez
Les fameux
pesticides D’un Duplomb
acharné Marionnette
lucide Malgré les
pétitions L’avis des
médecins Aux lobbys
du poison Vous
donnez un blanc-seing
La
climatisation
Sur vos
lèvres, sans fin N’est pas
la solution Pour habiter
demain Elle n’est
qu’un argument De populiste
crasse Qui endort
et qui ment Sur ce qu’il
faut qu’on fasse
Le monde
entier suffoque Et vous pendant ce temps Dans vos
fauteuils baroques Vous vous
fichez des gens Des poissons,
des oiseaux, Des arbres
et des enfants, Des mers
et des ruisseaux En somme,
du vivant.
Vous
empoisonnez l’eau
Et vous
tuez le loup Peu
importe les maux Peu importe
les coups Avec vos
complices Et dans
leur intérêt Vous cédez
aux caprices De tous
les Pouyanné
Les
forêts, les étangs
Les jardins,
les vergers Et tous
leurs habitants Qui n’ont
rien demandé Meurent et
meurent sous nos yeux Des yeux qui
vont pleurer Avant que
d’être vieux Car vous aurez
tué
Tout ce
qui nous nourrit
Nous
apprend, nous anime Dans un
grand incendie Les chances
sont infimes Entendez-vous
le chant De la
colère qui gronde Dans les
rues, dans les champs Entendez-vous la fronde
Elle
viendra vous chercher, Vous demander
des comptes Peut-être
vous juger Au moins
vous faire honte Pour qu’enfin
d’une voix Nous soyons
entendus Et que
tombent les choix D’assemblées
corrompues
Puisque la
poésie
N’a plus
beaucoup de place Fabriquons
à l’envi Du merveilleux
tenace Ensemble,
unis et prêts Imaginons
demain Et le
chant des forêts Résonnera sans
fin…
Agnès Ledig
Jusqu'à il y a très peu de temps, je ne connaissais pas du tout l'auteure de cette poésie, mais j'admire cette femme d'honneur qu'est Agnès Ledig. Son nom m'est apparu ce mois de juillet, lorsqu'elle a fait l'actualité en annonçant qu'elle rendait sa décoration de la Légion d'honneur pour dénoncer l'inaction politique face à la crise climatique et la loi d'urgence agricole.
"Pour garder mon honneur, je vous rends ma Légion", annonce l'autrice Agnès Ledig, dans une lettre ouverte au président de la République, trois ans après avoir été médaillée. "Ceux qui ont les clés de la République ne nous respectent pas. Leur inaction climatique nous fais souffrir dans notre chair et notre cœur", déplore-t-elle.
Vous trouverez ci-après le texte original de la lettre ouverte au Président de la République d'Agnès Ledig, relayée par Michelle Tirone sur sa chaine Youtube "Regard citoyen".
Lecture de la lettre ouverte d'Agnès LEDIG par Michelle Tirone
Elle est un peu longue mais fort intéressante lorsqu'on apprend le parcours si particulier de cette femme maman de trois enfants (études scientifiques, pratique du métier de sage-femme pendant 10 ans, maintenant paysanne bio éleveuse de chèvres dans les Vosges - mais aussi autrice de romans à succès depuis la disparition de son fils de 5 ans, atteint de leucémie). Fondamentalement attachée au vivant, Agnès s'est toujours sentie concernée par la santé et une meilleure qualité de vie des hommes, mais également pour la nécessaire sauvegarde de la nature, faune et flore sont si essentielles à la survie de l'humanité.
Merci à elle pour ses mots percutants et pour son encouragement à ne pas rester passifs devant cette situation incroyable que nous sommes tous en train de (vivre) subir.
Trop anéantie moi-même par la chaleur pour avoir encore la force de créer, je relaie ici les mots écrits par Gabrielle, une femme habitant le littoral normand au 4ème jour de la deuxième canicule de l’année.
***
Le corps et l’esprit à bout. La plume qui prend le relais pour dire, ressentir, s’indigner, dire la colère de ce qui était prédit. La première canicule de l’année a en Normandie eu lieu fin mai, juste après les Saints de Glace. Courage, amour et douceur à nos corps, et à nos cœurs. Et au Vivant.
Après les Saints de Glace
vient le temps de la Sainte Colère. Celle de la canicule, de la Terre qui brûle, de la nature et de l’Homme qui suffoquent. On nous a offert un paradis, une planète bleue, verte et si jolie, un parfait havre de vie pour des milliers, des millions d’espèces, un monde d’interdépendance, de multitude et de beauté, La merveille de notre galaxie.
Nous aurions pu être les gardiens de cet écosystème, nous avions les clés pour le préserver et pour, harmonieusement, cohabiter. Beaucoup d’entres nous l’ont d’ailleurs aimé, honoré et respecté à travers les âges. Encore aujourd’hui, certains le font. Mais voilà que d’autres ont inventé, au fil des siècles, des Lois d’Hommes pour asservir et contrôler les Lois de la nature, et du Vivant.
Rien de bon ne pouvait naître de cela, Trahir les mécanismes originels réglés au millimètre, À la seconde près en chaque chose et en chaque être. Quel plus grand péché d’égo ? Quel plus grand crime que d’assécher jusqu’à la dernière goutte ces ressources précieuses, miraculeuses, de détruire ce qui était parfait, Offert, peut-être, par plus grand que nous, Afin que, simultanément, nous en jouissions Et le protégions ? Ce que beaucoup appellent “progrès” ou “évolution” n’est en fait, à l’égard de la Terre, qu’une destruction.
Il faudra beaucoup d’amour, beaucoup de chemin et de prières, Beaucoup de forces et de cœurs ouverts Pour guérir du crime d’avoir saccagé ce qui était sacré, Le seul et unique bien commun de toute l’Humanité.
L’appel est lancé. Vous qui en ressentez l’élan, Venez.
Juste avant que nous ne suffoquions sous les températures caniculaires de l'été, le mail-art de Chantal a été composé dans le but de m'apporter le bleu des fleurs (celui que je préfère) et la fraicheur du printemps, saison préférée de ma correspondante.
Pour évoquer le printemps au Japon, nous parlons surtout ici de sakura avec la beauté des cerisiers roses en fleurs, mais les tapis de némophyles couvrant le sol sous les quelques arbres du parc Hitachi Seaside c'est aussi une vraie féérie.
Au parc Hitachi Seaside, admirez le champ bleu onirique du Japon composé de 5,3 millions de fleurs de némophile (mi-avril 2026) - à droite, gros plan sur l'adjonction de fleurs pressées : paquetette et violette
Printemps
Voici donc les longs jours, lumière, amour, délire !
Voici le printemps ! mars, avril au doux sourire,
Mai fleuri, juin brûlant, tous les beaux mois amis !
Les peupliers, au bord des fleuves endormis,
Se courbent mollement comme de grandes palmes ;
L’oiseau palpite au fond des bois tièdes et calmes ;
Il semble que tout rit, et que les arbres verts
Sont joyeux d’être ensemble et se disent des vers.
Le jour naît couronné d’une aube fraîche et tendre ;
Le soir est plein d’amour ; la nuit, on croit entendre,
A travers l’ombre immense et sous le ciel béni,
Quelque chose d’heureux chanter dans l’infini.
Victor Hugo
Chantal, merci pour ce poème et pour ce courrier fleuri à souhait : oui, c'est vrai que je vis mal en ce moment en appartement à cause de la chaleur et du trop de béton et d'asphalte qui la retienne -c'est le cas hélas de milliers d'autres gens dans les villes-, je te remercie de m'adresser ce mail-art qui est un véritable rafraichissement pour les yeux et pour l'âme.
Chère Chantal, merci pour les fleurs printanières que tu y as joint, pour mon plus grand plaisir : tu es une véritable amie, merci et bel été à toi.
Depuis quelques temps ma correspondante parisienne, Michèle, s'adonne avec succès à l'art du pastel sec et elle a utilisé cette technique pour répondre à mon nouvel appel permanent sur la poésie.
Aujourd'hui j'en reçois une belle preuve que je suis contente de voir arriver dans ma boite aux lettres car La Poste a pris pas mal de retard dans la distribution du courrier, quand elle ne le perd pas. Il s'agit d'un poème d'Arthur Rimbaud accompagné de magnifiques couleurs.
Sensation
Par les soirs bleus d'été, j'irai dans les sentiers
Picoté par les blés, fouler l'herbe menue.
Rêveur, j'en sentirai la fraîcheur à mes pieds
je laisserai le vent baigner ma tête nue
Arthur Rimbaud (1889)
Son envoi s'accompagne d'une bien jolie carte de correspondance avec à son recto une reproduction d'une oeuvre de Frantisek Kupka, artiste peintre tchèque dont j'ai beaucoup entendu parler lors de mes cours de patchwork.
Les touches de piano, le lac - 1909- Kupka 1909
Kupka, dans son cheminement vers l'abstraction, mêle ici deux scènes :en haut une barque avec des voyageurs est amarrée au ponton d'un lac ; en bas, une main parcourt le clavier d'un piano qui se défait
En effet, notre professeur nous avait demandé de choisir une oeuvre de l'un des quatre pionniers de l'art abstrait (Vladimir Kandinsky, Piet Mondrian, Kasimir Malevitch ou Frantisek Kupka) pour en reproduire tout ou partie en patchwork ; c'est ainsi que j'ai eu l'occasion de réaliser en 2014 une pièce textile en appliqué, représentant le tableau "Bleus mouvants II, 1936" de Kupka (le choix de la couleur bleue ne vous étonnera pas!).
tableau original à gauche, ma réalisation textile à droite
Je te remercie Michèle de cette très belle réalisation et de la poésie superbe de Rimbaud que je connais très mal. Belle continuation et bel été à toi.
C'est tout à fait l'annonce du renouveau, le printemps quand arrive le moment de Pâques avec ce mail-art original et craquant. De la poésie, de la fraîcheur, de la verdure et de l'humour, voilà de quoi passer un joli moment.
Merci Claire pour ce second courrier reçu ce jour*.
La salade
La salade qu'arrosa
Dès l'aurore la rosée
Avait la crinière en pleurs.
Elle alla chez le coiffeur,
Exigeant que l'on frisât
Sa chevelure irisée.
Quoi faire chez le coiffeur
En attendant que vînt l'heure
Du shampooing et des rouleaux,
La salade se cala
Dans un fauteuil à roulettes.
Or voilà qu'on lui prend la tête
Pour la mettre dans un grand plat.
On lui tortille les bouclettes,
On la frotte, on la dorlote,
Avec un brin d'échalote
Et beaucoup de vinaigrette.
La salade ébouriffée
se trouva bien coiffée
la chevelure en aigrette
d'abord douchée, puis séchée,
on n'en fit qu'une bouchée.
Charles Dobzynski (Fablier des légumes et des fruits)
* Expédié le 20 mars depuis les Yvelines, département voisin du mien, ce mail-art absolument correct et suffisamment affranchi a mis 12 jours de plus que le poisson d'avril pour me parvenir... mais que se passe t-il à la Poste en ce moment ?
De l'amie Claire voici le traditionnel poisson d'avril qu'elle n'oublie jamais de m'envoyer le jour J 'en pensant très fort à la chanson de Bobby Lapointe. Cette fois encore elle l'a réalisé avec un patchwork de tissus dans un camaïeu de bleus, superbe. Merci beaucoup Claire pour cette gentille attention.
Celui-ci a l'oeil rouge, reflétant sans doute sa colère intérieure face aux ravages qui sont faits par la pêche industrielle, où nombre de ses frères sont sortis de l'eau puis rejetés pour y mourir s'ils n'ont pas la bonne taille!... oui, en 2026, on en est là : gaspillage et pillage systématique des ressources halieutiques et interruption dans le cycle normal de la régénération des espèce. Modifier ainsi artificiellement la biodiversité de ce milieu va fatalement conduire à un appauvrissement en nombre de l'espèce et au déréglement de toute la chaine alimentaire.
Alors aujourd'hui, décidons de ne plus trop penser à toutes ces calamités, et récitons à l'unisson avec ce beau spécimen la poésie du poisson d'avril par Noël Prévost.
Encore bouleversée d'avoir appris le décès de notre ami URSU, survenu il y a un mois jour pour jour, et pour me remercier de l'avoir prévenue, Fabienne m'adresse cette composition d'inspiration tout à fait japonaise pour la découpe en nuage des arbres.
A l'intérieur de son enveloppe elle me fait le cadeau de quelques lignes extraites des "Contes du monde flottant" (1666) d'Asai Ryôhi, qu'elle a encore expurgé avant de me le livrer.
« Vivre uniquement le moment présent, se livrer tout entier à la contemplation de la lune, de la neige, de la fleur de cerisier et de la feuille d’érable .../...se divertir juste en se laissant flotter, flotter ...comme une calebasse sur la rivière »
C'est vrai que ces mots incitant à la méditation et à la contemplation des choses naturelles sont très poétiques, ils s'inscrivent tout à fait à la philosophie zen de la culture japonaise. Avec raison, leur auteur Asai Ryōhi , prêtre bouddhiste et écrivain japonais du début de la période Edo 1612-1691), insiste sur la beauté des choses qui nous sont offertes naturellement et que trop souvent, dans notre vie trépidante, nous ne prenons plus le temps d'observer ni de contempler.
Ah vivre uniquement le moment présent, un rêve que je caresse depuis longtemps mais qui me semble difficilement accessible avec le tempérament qui est le mien. Merci Fabienne pour ce moment relaxant.
Quand une enveloppe un peu épaisse arrive jusqu'à ma boite aux lettres, j'ai le sentiment heureux que l'amie Daniella a encore eu une belle idée géniale, dans son domaine où la créativité n'a pas de limite.
Je me suis habituée à la voir protéger ses créations dans une enveloppe ordinaire car ce qu'elle m'adresse est toujours fragile, et on sait avec quelle délicatesse nos plis postaux sont désormais traités. Ceci explique que je considère toujours qu'il s'agit bien d'art postal à mon attention car Daniella met toute son âme dans ses réalisations.
J'ouvre l'enveloppe et déballe le papier de soie qui contient un nouveau bijou, que Daniella appelle "la petite chose" qui suit :
Encore une fois je suis comblée avec ce nouveau cadeau que ma correspondante très douée m'offre avec ce merveilleux livre d'artiste aux toutes petites dimensions de 6x6 cm, dont les pages contiennent de la poésie en prose associée à des impressions de gravures.
Un énorme merci à toi Daniella, qui me gâte décidément beaucoup. J'apprécie tellement tes créations. L'envoi de poésie de ta part n'est pas nouveau mais j'apprécie énormément. C'est à mon tour de te créer quelque chose, pour cela il va me falloir retrouver un peu de niaque, qui me fait plutôt défaut en ce moment.
Connaissant mon amour des chats, passion que nous avons en commun, l'ami Marc n'a pas tardé à sortir sa plus belle plume pour composer ce magnifique calligramme en forme de "greffier", d'après le poésie de Baudelaire.
Le chat
Viens, mon beau chat, sur mon coeur amoureux ;
Retiens les griffes de ta patte,
Et laisse-moi plonger dans tes beaux yeux,
Mêlés de métal et d’agate.
Lorsque mes doigts caressent à loisir
Ta tête et ton dos élastique,
Et que ma main s’enivre du plaisir
De palper ton corps électrique,
Je vois ma femme en esprit. Son regard,
Comme le tien, aimable bête
Profond et froid, coupe et fend comme un dard,
Et, des pieds jusques à la tête,
Un air subtil, un dangereux parfum
Nagent autour de son corps brun.
Charles Baudelaire, Les fleurs du mal
Sois vivement remercié ici, cher aminaute, pour avoir réagi si promptement et si joliment à mon besoin de poésie et de beauté en ce moment. A moi de prendre la main, maintenant, même si j'ai beaucoup de mal à créer en ce moment.
Pas de courrier du tout depuis une semaine (et les vacances n'ont pas encore commencé) et là, paf, un grand sac jaune de la Poste, ce qui n'annonce généralement pas une bonne nouvelle.
Cela me fait terriblement mal au coeur de constater en l'ouvrant qu'il contenant une graine de caroube artistiquement décorée, en trois morceaux heureusement encore attachés ensemble : ouf ! soulagement, car j'espère arriver à recoller les morceaux.
Prendre une étoile dans la main Plonger dans la nuit et renaître en paix demain
Tu es le premier : merci Eric d'avoir déjà si joliment répondu à mon nouvel appel, pour venir combler mon besoin de beauté et de poésie! Comme c'est chouette d'avoir des copains mail-artistes si connectés à mes humeurs et mes goûts profonds. Merci l'Ami
«La poésie c'est un des plus vrais, un des plus utiles surnoms de la vie » Jacques Prévert
Généralités : Format A5 de préférence, A4 maxi - pas d'ATC - timbre et adresse au recto Création libre - Appel permanent
2026 - La poésie pour réenchanter le monde (PO) :
Rester capable de s'émerveiller encore devant la beauté du monde, de la nature et du vivant, voilà l'une de nos richesses d'être pensant qu'aucun milliardaire ou dictateur au monde (*) ne pourra nous voler.
Dans cette époque que nous vivons où il faut courir sans arrêt pour tout mener de front, tout est orchestré pour que nous n'ayons jamais le temps de rêver, de prendre le temps de penser, de réfléchir, de nous poser. Le soir venu restent juste une grande lassitude et beaucoup de désappointement. Pourtant le monde est beau et nous ne savons plus le regarder.
S'exprimer par la poésie, c'est une façon de résister, de montrer que nous ne sommes totalement lobotomisés par les publicités qui entretiennent nos addictions consuméristes ni par les chaines de désinformation en continu qui ne savent qu'activer la haine et favoriser un racisme exacerbé pour mieux nous diviser et nous monter les uns contre les autres,
Si comme moi, vous avez envie de marquer un temps d'arrêt et de vous tourner vers ce qui est beau, ce qui vous fait vibrer, ce qui enchante votre coeur, ce qui éblouit vos yeux, bref, ce qui vous fait réagir en tant qu'être sensible, n'hésitez pas à vous exprimer par l'art postal qui permet tout.
Il ne s'agit pas là forcément de créer vous-même des poèmes (mais ne vous censurez surtout pas si vous en avez envie) mais plutôt de laisser cours à toute votre sensibilité. Cela pourra être d'illustrer par exemple des fragments de poèmes qui font écho en vous, ou bien imaginer et illustrer une scène tout à fait poétique (car la poésie peut êgalement être visuelle).
J'accepte toutes les formes de poésie, la classique en vers ou la plus contemporaine comme par ex. : - l'acrostiche ou le calligramme ou encore la poésie caviardée, plus visuels et plus ludiques, - le haiku, poésie traditionnelle japonaise, pour restituer une émotion dans le temps présent - la poésie en vers libre, - la poésie surréaliste (celle de Jacques Prévert ou de René Char par exemple) - la poésie narrative - etc...etc..la liste n'est pas du tout exhaustive
Si ce thème vous plait, vous avez quartier libre pour créer un art postal qui vous fait du bien en le composant et qui sera agréable à recevoir.
(*) même si dans les cas extrêmes de privations, de tortures et autres sévices, cela doit être beaucoup plus difficile de s'accrocher à sa condition d'être humain - mais des déportés ont réussi à le faire au fond des camps nazis
*** Voici quelques exemples ***
Quelques exemples : calligramme à gauche, acrostiche au centre, poésie caviardée à droite
Haiku avec illustration en rapport avec le thème du poème
*** Avis de différents poètes sur la situation actuelle de la poésie ***
Jean-Pierre Siméon débute (et termine) son essai, par une citation forte de sens, qui marquera la lecture de son ouvrage et donnera le ton au lecteur : « La poésie sauvera le monde, si rien ne le sauve. Au reste, elle le sauve de son indignité. » Le poète français n’est d’ailleurs pas le seul à percevoir la poésie comme une surpuissance sous-estimée.
Son confrère américain Lawrence Ferlinghetti, pour qui la poésie occupe aussi une place première et décisive, complétera : « La poésie peut encore sauver le monde en modifiant les consciences », dans une interview avec le magazine culturel américain Guernica en 2010.
Tahar Ben Jelloun écrira, dans son ouvrage Mes contes de Perrault (2014), que « seule la poésie a le pouvoir de sauver le monde, même si elle est aujourd’hui abandonnée, négligée, combattue ».
Son point de vue partagé, Jean-Pierre Siméon le développe dans son essai engagé qui attire notre attention sur son combat, un combat spécifique, qui concerne la position de la poésie dans notre société qui ne privilégie ni son apparition ni son épanouissement. Il y a dans l’ouvrage du poète français, qui va au-delà d’un acte artistique, un acte de révolte à travers son analyse de notre monde.
Le monde… ce qu’on en a fait ?
Selon le poète français, Jean-Pierre Siméon, un système qui, régulé par de nouvelles lois, du marché, de la finance et du marketing, aplanit le réel et met fin à tout questionnement profond et véritable. Même le monde littéraire, censé éveiller les consciences, se serait transformé en production littéraire, faite majoritairement de récits, qui ne questionnent (quand ils le font) qu’en superficie, et contribuent eux aussi à endormir les consciences, à ne plus faire de nous des acteurs autonomes, sensés et concernés, mais de passifs consommateurs de récits mièvres, surconsommateurs d’images. La dématérialisation que génère l’absorption du réel dans le virtuel, entre lesquels les frontières ne sont (presque) plus, est en train d’abolir progressivement les liens du corps avec l’environnement, en nous abolissant nous-mêmes, avertit l’auteur.
Ainsi, comme l’a si bien noté Jean-Pierre Siméon, l’homme du XXIe siècle est distrait par les médias et les industries créatives qui, en se pliant de plus en plus aux exigences de l’audimat, ont fait des actes littéraire et artistique des spectacles visuels sans véritables acteurs, qui aujourd’hui tendent à obéir au seul principe du divertissement impératif. L’homme moderne, assailli par les représentations de la grande machinerie des mots et des images surabondants, n’aurait donc plus le temps ni l’espace de produire de lui-même l’imaginaire qui les constitue.
Pour l’auteur, dans un monde où « l’imaginaire est (devenu) un territoire occupé et soumis », le poème, saisie subjective et singulière du réel qui témoigne de la vie dans une langue aussi complexe qu’elle l’est, devient un « acte de résistance contre cette oppression ». Ainsi, « la réappropriation de la faculté d’imagination, dont l’expérience de la métaphore retrouvée dans l’écoute du poème est un moyen aisé, est la condition de l’émancipation de l’imaginaire collectif hors du champ clos de l’imaginaire imposé».
Car comme l’écrit Jean-Pierre Siméon, « la poésie n’est pas un communiqué, elle n’informe de rien : elle interroge »
Source : extrait d'un article du 4 décembre 2022, tiré du quotidien libanais L'Orient-Le jour
*** Les Poètes ***
poème de Louis Aragon mis en musique et chanté par Jean Ferrat
Mon amie belge est issue d'une famille émigrée de Pologne pour venir extraire le charbon du bassin houiller dans la région liégeoise. Si je n'en connais que des bribes, je sais aussi combien cette histoire-là est importante pour elle.
Alors, même si j'ai eu bien du mal à réunir de la documentation sur les mineurs belges, j'ai tenu à lui faire un carnet-souvenir qui lui parlera des mineurs de fond, des traditions que les Polonais exilés ont amené avec eux : leurs recettes traditionnelles de cuisine et leurs traditions pour les fêtes religieuses de Noël et de Pâques. C'est le cadeau que je lui ai préparé pour son anniversaire en essayant que ce modeste présent lui soit agréable et de nature à honorer la mémoire de ces gens très courageux qui ont quitté leur pays natal pour espérer une meilleure vie ailleurs.
Bon anniversaire mon amie, et bonne réception de ce volumineux carnet qui je l'espère te parviendra sans dommages car il voyage sans protection comme 99.9 % de mes envois.
A noter que la documentation en images que j'ai pu recueillir est essentiellement centrée sur le bassin minier du Nord de la France qui accueillit également de nombreux émigrés polonais, dans les années 1920 .
Motifs folkloriques d'artisat polonais trouvés sur Pinterest et Facebook
Poésie "nos chers parents les Polonais" trouvée sur Facebook
le mineur à droite a été peint par Célestin Meunier artiste belge
Photo de l'ancien charbonnage du Hasard, publiée sur le site du journal Le Soir - https://www.lesoir.be/
Les trois photos centrales sont extraites du site https://www.polonaisducentre.eu/
Dessin d'un wagonnet chargé de charbon, qu'on appelle une berline
La carte de bas de page a été trouvée sur le site du patrimoine industriel de Wallonie-https://patrimoineindustriel.be/
Visages de Gueules noires et mascotte de la Sainte Barbe trouvés sur Pinterest
Salle des pendus, vestiaire où les mineurs suspendaient leurs vêtements - ici dans la mine de Puymoreau
Groupe de mineurs sculpté par Constantin Meunier, artiste belge
Deux tomes du livre de mémoires écrits par un polonais du Nord de la France : Patrice Dufossé-Rybka
Le carreau de la minte trouvé sur le site belge http://www.fossiliraptor.be/
photo des polonaises en train de broder au 19e siècle trouvée sur le site https://podroze.onet.pl/
photo de la chorale trouvée sur le site https://mineurdefond.fr/fr
Tous les dessins de ces trois pages consacrées aux mineurs ont été extraits d'un document pédagogique trouvé sur le site https://www.mineronchamp.fr/
Grange peinte vue sur Pinterest - Femme décorant une maison à Zalipie ,Eglise en bois de Zakopane
et église en bois de la Petite Pologne trouvées sur Pinterest
Photo du Parc National des Tatras vu sur le site https://www.polonia.travel/
Vues de la forêt primaire de Bialowieza trouvées sur le site https://www.destinationpologne.fr/
Carte de la Pologne d'aujourd'hui trouvée sur Flickr
carte postale ancienne avec le costume d'un couple de Cracovie trouvée sur Pinterest
Photos des villes de Varsovie, Gdansk, Cracovie et Poznan vues sur différents site de voyages
La réalisation des pirojki par les femmes vue sur le site https://rodzina.polki.pl/
les différents mets ont été relevés sur des sites culinaires
Femme cuisinant un bigos énorme, pour la semaine de la polinité - vu dans la Voix du Nord
Crêche de Cracovie, Bronisław Pięcik
, 2000
fot. Jacek Kubiena
Le partage de l'Oplatek vu sur le site https://cudaboze.pl/ et sur Facebook
Les Koledy chants de Noel vu sur le site https://www.ab2pro.com/
Le Borsch, la carpe farcie, menu emblématique de Noel et le zernik comme dessert
ainsi que la table pourvue des 12 plats de Noel vus sur le site https://www.mypolishmarket.com/
Carte polonaise de Pâques vintage - pisanki et paniers garnis vus sur le site "Sauce polonaise"
photos de banquet de Paques et de la Fête des Palmes le jour des rameaux trouvées sur Facebook
Tradition du lundi mouillé, photos trouvées sur Facebook et Pinterest
En plus d'avoir l'occasion de faire plaisir à une amie, cette réalisation m'a permis de parler un peu des fameuses "gueules noires". C'est ainsi qu'on appelait ces mineurs qui ont tant donné de leur personne pour aller extraire le charbon dans les profondeurs de la terre, risquant à tout moment l'effondrement d'une veine mal boisée ou pire l'explosion du gaz de mine, le fameux coup de grisou, tout en étant très mal payé, et vite atteint de la silicose, cette maladie déclenchée par l'inhalation de la poussière de charbon.
Bientôt 35 ans que les mines ont fermé dans le Nord de la France, 20 ans en Lorraine, et l'on n'entend plus guère parler des mineurs. Pourtant, pour les rares mineurs ayant connu le fond encore vivants et leurs descendants, cette histoire-là est incrustée au plus profond de leur coeur. Ils travaillaient comme des forçats mais ils avaient un sens aigu de la solidarité, et savaient s'unir pour aller jusqu'à faire grève lorsque les exploitants de la mine "poussaient le bouchon trop loin". Si vous avez lu "Germinal" de Zola, vous savez combien ces ouvriers-là, qui ont tant contribué à l'essor économique de la France comme de la Belgique, travaillaient dans des conditions inhumaines : ce n'est pas un hasard si les patrons des Houillères avaient essentiellement recours à de la main d'oeuvre étrangère, plus endurante et plus "docile".
J'avais depuis longtemps envie de rendre hommage aux mineurs : merci ma chère Michele, l'envie de te faire un cadeau en célébrant tes origines m'en a donné l'occasion.
***
Vidéo publiée sur la chaine youtube de Petite Marie, en hommage à son papa, mineur de fond
Chanson de Pat RIEUX-BOYER : Fils de Mineurs
Ce chant originalement dédié à mon Grand-père et au musée de la mine d'Aubin en Aveyron
est un clin d'oeil à tous les Mineurs de fond du monde. P.R-B
D'une grande famille tu étais l'aîné et à quatorze ans il a fallu y aller
Dans ces galeries, prêtes à s'écrouler, par manque de temps pour les consolider
A quarante ans tes poumons étaient brûlés, la silicose avait fait son effet
Mineur, nous sommes fils de mineur, père, nous sommes fiers de toi
Accepte ces mots en ton honneur, toi qui as connu le noir et le froid, le sort des gueules noires
Le soleil ne s'était pas encore levé que déjà dans les puits tu redescendais
Plongeant dans le cœur de l'obscurité avec ton seul casque pour t'éclairer
Sur la roche glacée il te fallait ramper, le corps lacéré, sans mot dire, tu piochais
Mineur, nous sommes fils de mineur, père, nous sommes fiers de toi
Accepte ces mots en ton honneur, toi qui as connu le noir et le froid, les peines et les joies
Quand du fond de la mine surgissait la rumeur, que le feu du grisou avait encore frappé
Accouraient les femmes, le visage en pleurs, priant que leur mari en ressorte épargné
Pourtant si le charbon t'a brisé le cœur, dans les rudes hivers sa chaleur t'a sauvé
Au Nord ou en Aveyron on te rend hommage, les musées de la mine t'y sont dédiés
Justes remerciements pour ton courage, car tes luttes acharnées ont tout changé
Dans les vitrines s'étalent tes témoignages, derniers souvenirs d'une vie effacée.
Mineur, nous sommes fils de mineur, père, nous sommes fiers de toi
Accepte ces mots en ton honneur, toi qui as connu le noir et le froid, ici-bas, on pense à toi.
Auteur : Pat Rieux-Boyer / Interprètes : Pat Rieux-Boyer & Koutine
Compositeurs : Pat Rieux-Boyer / Nathalie Texier / Christine Costantino / Eric Costantino
Production : Musique & Solidarité Productions.
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Lors de mes recherches sur internet j'ai trouvé quelques documents visuels ou sonores intéressants que je vous partage.
* Les écrits de l'auteur Patrice Dufosse-Ribka descendant d'une famille d'émigrés polonais qui a beaucoup écrit à leur sujet, et sur les conditions de vie des mineurs dans le Nord de la France