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31 juillet 2026

La poésie d'Agnès Ledig pour réfléchir ensemble à ce que nous voulons pour demain

Puisque la poésie
N’a plus beaucoup de place
Dans ce monde en charpie
Où l’avenir grimace
Nous en ferons une arme
Une arme issue du cœur
Pour transformer nos larmes
En un projet d’ampleur

 Mettre en lumière le beau

Pour ceux qui ont laissé
S’en aller en lambeaux
Leur âme émerveillée
A vous les politiques
Qui manquez de courage
De respect et d’éthique
Entendez-vous la rage

 De ceux qui veulent sauver

L’habitabilité
D’une terre massacrée
Par vos lois insensées
Quand les scientifiques
Annoncent l’étincelle
L’inaction climatique
En devient criminelle.

 Et vous autorisez

Les fameux pesticides
D’un Duplomb acharné
Marionnette lucide
Malgré les pétitions
L’avis des médecins
Aux lobbys du poison
Vous donnez un blanc-seing

La climatisation

Sur vos lèvres, sans fin
N’est pas la solution
Pour habiter demain
Elle n’est qu’un argument
De populiste crasse
Qui endort et qui ment
Sur ce qu’il faut qu’on fasse

 Le monde entier suffoque
Et vous  pendant ce temps
Dans vos fauteuils baroques
Vous vous fichez des gens
Des poissons, des oiseaux,
Des arbres et des enfants,
Des mers et des ruisseaux
En somme, du vivant.

Vous empoisonnez l’eau

Et vous tuez le loup
Peu importe les maux
Peu importe les coups
Avec vos complices
Et dans leur intérêt
Vous cédez aux caprices
De tous les Pouyanné

 Les forêts, les étangs

Les jardins, les vergers
Et tous leurs habitants
Qui n’ont rien demandé
Meurent et meurent sous nos yeux
Des yeux qui vont pleurer
Avant que d’être vieux
Car vous aurez tué

 Tout ce qui nous nourrit

Nous apprend, nous anime
Dans un grand incendie
Les chances sont infimes
Entendez-vous le chant
De la colère qui gronde
Dans les rues, dans les champs
Entendez-vous la fronde

Elle viendra vous chercher,
Vous demander des comptes
Peut-être vous juger
Au moins vous faire honte
Pour qu’enfin d’une voix
Nous soyons entendus
Et que tombent les choix
D’assemblées corrompues

 Puisque la poésie

N’a plus beaucoup de place
Fabriquons à l’envi
Du merveilleux tenace
Ensemble, unis et prêts
Imaginons demain
Et le chant des forêts
Résonnera sans fin…

Agnès Ledig

Jusqu'à il y a très peu de temps, je ne connaissais pas du tout l'auteure de cette poésie, mais j'admire cette femme d'honneur qu'est Agnès Ledig. Son nom m'est apparu ce mois de juillet, lorsqu'elle a fait l'actualité en annonçant qu'elle rendait sa décoration de la Légion d'honneur pour dénoncer l'inaction politique face à la crise climatique et la loi d'urgence agricole.

"Pour garder mon honneur, je vous rends ma Légion", annonce l'autrice Agnès Ledig, dans une lettre ouverte au président de la République, trois ans après avoir été médaillée. "Ceux qui ont les clés de la République ne nous respectent pas. Leur inaction climatique nous fais souffrir dans notre chair et notre cœur", déplore-t-elle.

Vous trouverez ci-après le texte original de la lettre ouverte au Président de la République d'Agnès Ledig, relayée par Michelle Tirone sur sa chaine Youtube "Regard citoyen". 

Lecture de la lettre ouverte d'Agnès LEDIG par Michelle Tirone 
Elle est un peu longue mais fort intéressante lorsqu'on apprend le parcours si particulier de cette femme maman de trois enfants (études scientifiques, pratique du métier de sage-femme pendant 10 ans, maintenant paysanne bio éleveuse de chèvres dans les Vosges - mais aussi autrice de romans à succès depuis la disparition de son fils de 5 ans, atteint de leucémie). Fondamentalement attachée au vivant, Agnès s'est toujours sentie concernée par la santé et une meilleure qualité de vie des hommes, mais également pour la nécessaire sauvegarde de la nature, faune et flore sont si essentielles à la survie de l'humanité. 

Merci à elle pour ses mots percutants et pour son encouragement à ne pas rester passifs devant cette situation incroyable que nous sommes tous en train de (vivre) subir. 

17 juillet 2026

Témoignage de saine colère : indignons-nous pour qu'on respecte enfin le vivant!


Trop anéantie moi-même par la chaleur pour avoir encore la force de créer, je relaie ici les mots écrits par Gabrielle, une femme habitant le littoral normand au 4ème jour de la deuxième canicule de l’année.
***

Le corps et l’esprit à bout. La plume qui prend le relais pour dire, ressentir, s’indigner, dire la colère de ce qui était prédit. La première canicule de l’année a en Normandie eu lieu fin mai, juste après les Saints de Glace. Courage, amour et douceur à nos corps, et à nos cœurs. Et au Vivant.

Après les Saints de Glace
vient le temps de la Sainte Colère.
Celle de la canicule,
de la Terre qui brûle,
de la nature et de l’Homme qui suffoquent.
On nous a offert un paradis,
une planète bleue, verte et si jolie,
un parfait havre de vie pour des milliers,
des millions d’espèces,
un monde d’interdépendance,
de multitude et de beauté,
La merveille de notre galaxie.

Nous aurions pu être les gardiens de cet écosystème,
nous avions les clés pour le préserver
et pour, harmonieusement, cohabiter.
Beaucoup d’entres nous l’ont d’ailleurs aimé,
honoré et respecté à travers les âges.
Encore aujourd’hui, certains le font.
Mais voilà que d’autres ont inventé,
au fil des siècles,
des Lois d’Hommes pour asservir et contrôler
les Lois de la nature, et du Vivant.

Rien de bon ne pouvait naître de cela,
Trahir les mécanismes originels réglés au millimètre,
À la seconde près en chaque chose et en chaque être.
Quel plus grand péché d’égo ?
Quel plus grand crime que d’assécher jusqu’à la dernière goutte
ces ressources précieuses, miraculeuses,
de détruire ce qui était parfait,
Offert, peut-être, par plus grand que nous,
Afin que, simultanément, nous en jouissions
Et le protégions ?
Ce que beaucoup appellent “progrès” ou “évolution”
n’est en fait, à l’égard de la Terre, qu’une destruction.

Il faudra beaucoup d’amour, beaucoup de chemin et de prières,
Beaucoup de forces et de cœurs ouverts
Pour guérir du crime d’avoir saccagé ce qui était sacré,
Le seul et unique bien commun de toute l’Humanité.

L’appel est lancé.
Vous qui en ressentez l’élan,

Venez.

22 juin 2026

T208 - Printemps japonais en bleu et poésie hugolienne , de Chantal

Juste avant que nous ne suffoquions sous les températures caniculaires de l'été, le mail-art de Chantal a été composé dans le but de m'apporter le bleu des fleurs (celui que je préfère) et la fraicheur du printemps, saison préférée de ma correspondante.

Pour évoquer le printemps au Japon, nous parlons surtout ici de sakura avec la beauté des cerisiers roses en fleurs,  mais les tapis de némophyles couvrant le sol sous les quelques arbres du parc Hitachi Seaside c'est aussi une vraie féérie. 

Au parc Hitachi Seaside, admirez le champ bleu onirique du Japon composé de 5,3 millions de fleurs de némophile (mi-avril 2026) - à droite, gros plan sur l'adjonction de fleurs pressées : paquetette et  violette 

Printemps 

Voici donc les longs jours, lumière, amour, délire !
Voici le printemps ! mars, avril au doux sourire,
Mai fleuri, juin brûlant, tous les beaux mois amis !
Les peupliers, au bord des fleuves endormis,
Se courbent mollement comme de grandes palmes ;
L’oiseau palpite au fond des bois tièdes et calmes ;
Il semble que tout rit, et que les arbres verts
Sont joyeux d’être ensemble et se disent des vers.
Le jour naît couronné d’une aube fraîche et tendre ;
Le soir est plein d’amour ; la nuit, on croit entendre,
A travers l’ombre immense et sous le ciel béni,
Quelque chose d’heureux chanter dans l’infini.

Victor Hugo

Chantal, merci pour ce poème et pour ce courrier fleuri à souhait : oui, c'est vrai que je vis mal en ce moment en appartement à cause de la chaleur et du trop de béton et d'asphalte qui la retienne -c'est le cas hélas de milliers d'autres gens dans les villes-, je te remercie de m'adresser ce mail-art qui est un véritable rafraichissement pour les yeux et pour l'âme. 

Chère Chantal, merci pour les fleurs printanières que tu y as joint, pour mon plus grand plaisir : tu es une véritable amie, merci et bel été à toi.

18 mai 2026

PO07 - "Sensation" de Rimbaud dans un festival de couleurs

Depuis quelques temps ma correspondante parisienne, Michèle, s'adonne avec succès à l'art du pastel sec et elle a utilisé cette technique pour répondre à mon nouvel appel permanent sur la poésie.

Aujourd'hui j'en reçois une belle preuve que je suis contente de voir arriver dans ma boite aux lettres car La Poste a pris pas mal de retard  dans la distribution du courrier, quand elle ne le perd pas. Il s'agit d'un poème d'Arthur Rimbaud accompagné de magnifiques couleurs.


Sensation
Par les soirs bleus d'été, j'irai dans les sentiers
Picoté par les blés, fouler l'herbe menue.
Rêveur, j'en sentirai la fraîcheur à mes pieds
je laisserai le vent baigner ma tête nue 
Arthur Rimbaud (1889)

Son envoi s'accompagne d'une bien jolie carte de correspondance avec à son recto une reproduction d'une oeuvre de Frantisek Kupka, artiste peintre tchèque dont j'ai beaucoup entendu parler lors de mes cours de patchwork.
Les touches de piano, le lac - 1909- Kupka 1909
Kupka, dans son cheminement vers l'abstraction, mêle ici deux scènes :en haut une barque avec des voyageurs est amarrée au ponton d'un lac ; en bas, une main parcourt le clavier d'un piano qui se défait

En effet, notre professeur nous avait demandé de choisir une oeuvre de l'un des quatre pionniers de l'art abstrait (Vladimir Kandinsky, Piet Mondrian, Kasimir Malevitch ou Frantisek Kupka) pour en reproduire tout ou partie en patchwork ; c'est ainsi que j'ai eu l'occasion de réaliser en 2014 une pièce textile en appliqué,  représentant le tableau "Bleus mouvants II, 1936" de Kupka (le choix de la couleur bleue ne vous étonnera pas!).
tableau original à gauche, ma réalisation textile à droite

Je te remercie Michèle de cette très belle réalisation et de la poésie superbe de Rimbaud que je connais très mal. Belle continuation et bel été à toi. 

8 avril 2026

PO06 - Quand une belle salade va chez le coiffeur, de Claire

C'est tout à fait l'annonce du renouveau, le printemps quand arrive le moment de Pâques avec ce mail-art original et craquant. De la poésie, de la fraîcheur, de la verdure et de l'humour, voilà de quoi passer un joli moment. 

Merci Claire pour ce second courrier reçu ce jour*. 


La salade

La salade qu'arrosa
Dès l'aurore la rosée
Avait la crinière en pleurs.
Elle alla chez le coiffeur,
Exigeant que l'on frisât
Sa chevelure irisée.

Quoi faire chez le coiffeur
En attendant que vînt l'heure
Du shampooing et des rouleaux,
La salade se cala
Dans un fauteuil à roulettes.

Or voilà qu'on lui prend la tête
Pour la mettre dans un grand plat.
On lui tortille les bouclettes,
On la frotte, on la dorlote,
Avec un brin d'échalote
Et beaucoup de vinaigrette.

La salade ébouriffée
se trouva bien coiffée
la chevelure en aigrette
d'abord douchée, puis séchée, 
on n'en fit qu'une bouchée. 

Charles Dobzynski (Fablier des légumes et des fruits)

* Expédié le 20 mars depuis les Yvelines, département voisin du mien, ce mail-art absolument correct et suffisamment affranchi a mis 12 jours de plus que le poisson d'avril  pour me parvenir... mais que se passe t-il à la Poste en ce moment ?

PO05 - Poisson d'avril en patchwork bleu et poème associé, de Claire

De l'amie Claire voici le traditionnel poisson d'avril qu'elle n'oublie jamais de m'envoyer le jour J 'en pensant très fort à la chanson de Bobby Lapointe. Cette fois encore elle l'a réalisé avec un patchwork de tissus dans un camaïeu de bleus, superbe. Merci beaucoup Claire pour cette gentille attention. 

Celui-ci a l'oeil rouge, reflétant sans doute sa colère intérieure face aux ravages qui sont faits par la pêche industrielle, où nombre de ses frères sont sortis de l'eau puis rejetés pour y mourir s'ils n'ont pas la bonne taille!... oui, en 2026, on en est là : gaspillage et pillage systématique des ressources halieutiques et interruption dans le cycle normal de la régénération des espèce. Modifier ainsi artificiellement la biodiversité de ce milieu va fatalement conduire à un appauvrissement en nombre de l'espèce et au déréglement de toute la chaine alimentaire.


Alors aujourd'hui, décidons de ne plus trop penser à toutes ces calamités, et récitons à l'unisson avec ce beau spécimen la  poésie du poisson d'avril par Noël Prévost.

Poisson d'avril

C'est aujourd'hui que les enfants
font manger la soupe à leur mère
apprennent à lire à leur père
et font voler les enfants
Tout est permis, tout est facile
puisque c'est le premier avril" 

Mon livre de calcul est florissant, 
mon vélo bat des ailes, 
le laitier est une gazelle 
et la Loire va à Paris,
capitale de la Sicile,
pour fêter le 1er avril. 

J'ai entendu mon chien chanter,
j'ai vu une baleine flotter 
dans un vase en porcelaine. 
J'ai vu un académicien embrasser 
un sergent de police,
et vive le 1er avril ! 

Ce qui gratte un peu dans le dos, 
est-ce la tour Notre-Dame ? 
Un baiser ? Un hippopotame ? 
Une corne d'escargot ? 
Peut-être une automobile ? 
Mais non ! C'est un poisson d'avril !

 Les petits poissons deviendront gros : 
dans le salon où tu te caches, 
si je t'attrape, je t'attache.
 Je pêche. avec toi le printemps, 
Qui saute et danse au bout du fil 
Comme un joli poisson d'avril

 (Noël Prévost) 

17 mars 2026

PO04 - Découpe en nuages pour paysage et poésie à la japonaise, de Fabienne

Encore bouleversée d'avoir appris le décès de notre ami URSU, survenu il y a un mois jour pour jour, et pour me remercier de l'avoir prévenue, Fabienne m'adresse cette composition d'inspiration tout à fait japonaise pour la découpe en nuage des arbres.
A l'intérieur de son enveloppe elle me fait le cadeau de quelques lignes extraites des "Contes du monde flottant" (1666)  d'Asai Ryôhi, qu'elle a encore expurgé avant de me le livrer. 

« Vivre uniquement le moment présent, se livrer tout entier à la contemplation de la lune, de la neige, de la fleur de cerisier et de la feuille d’érable .../...se divertir juste en se laissant flotter, flotter ...comme une calebasse sur la rivière »

C'est vrai que ces mots incitant à la méditation et à la contemplation des choses naturelles sont très poétiques, ils s'inscrivent tout à fait à la philosophie zen de la culture japonaise. Avec raison, leur  auteur Asai Ryōhi , prêtre bouddhiste et écrivain japonais du début de la période Edo 1612-1691),  insiste sur la beauté des choses qui nous sont offertes naturellement et que trop souvent, dans notre vie trépidante, nous ne prenons plus le temps d'observer ni de contempler. 

Ah vivre uniquement le moment présent, un rêve que je caresse depuis longtemps mais qui me semble difficilement accessible avec le tempérament qui est le mien. Merci Fabienne pour ce moment relaxant. 

20 février 2026

PO03 - Poésie et gravures dans un livre d'artiste en mini format, de Daniella

Quand une enveloppe un peu épaisse arrive jusqu'à ma boite aux lettres, j'ai le sentiment heureux que l'amie Daniella a encore eu une belle idée géniale, dans son domaine où la créativité n'a pas de limite.

Je me suis habituée à la voir protéger ses créations dans une enveloppe ordinaire car ce qu'elle m'adresse est toujours fragile, et on sait avec quelle délicatesse nos plis postaux sont désormais traités.  Ceci explique que je considère toujours qu'il s'agit bien d'art postal à mon attention car Daniella met toute son âme dans ses réalisations.

J'ouvre l'enveloppe et déballe le papier de soie qui contient un nouveau bijou, que Daniella appelle "la petite chose" qui suit : 

 







Encore une fois je suis comblée avec ce nouveau cadeau que ma correspondante très douée m'offre avec ce merveilleux livre d'artiste aux toutes petites dimensions de 6x6 cm, dont les pages contiennent de la poésie en prose associée à des impressions de gravures.

Un énorme merci à toi Daniella, qui me gâte décidément beaucoup. J'apprécie tellement tes créations. L'envoi de poésie de ta part n'est pas nouveau mais j'apprécie énormément. C'est à mon tour de te créer quelque chose, pour cela il va me falloir retrouver un peu de niaque, qui me fait plutôt défaut en ce moment. 

19 février 2026

PO02 : Le poème du chat de Baudelaire, en calligramme, par Marc

Ah les amis, comme c'est sympa : à peine  publié mon nouvel appel sur la poésie pour réenchanter le monde, que déjà m'arrivent les premiers mail-arts sur ce thème. 

Connaissant mon amour des chats, passion que nous avons en commun, l'ami Marc n'a pas tardé à sortir sa plus belle plume pour composer ce magnifique calligramme en forme de "greffier", d'après le poésie de Baudelaire.

Le chat

Viens, mon beau chat, sur mon coeur amoureux ;
Retiens les griffes de ta patte,
Et laisse-moi plonger dans tes beaux yeux,
Mêlés de métal et d’agate.

Lorsque mes doigts caressent à loisir
Ta tête et ton dos élastique,
Et que ma main s’enivre du plaisir
De palper ton corps électrique,

Je vois ma femme en esprit. Son regard,
Comme le tien, aimable bête
Profond et froid, coupe et fend comme un dard,

Et, des pieds jusques à la tête,
Un air subtil, un dangereux parfum
Nagent autour de son corps brun.

Charles Baudelaire, Les fleurs du mal

Sois vivement remercié ici, cher aminaute, pour avoir réagi si promptement et si joliment à mon besoin de poésie et de beauté en ce moment. A moi de prendre la main, maintenant, même si j'ai beaucoup de mal à créer en ce moment. 

PO01 - Rêve d'une sirène sur graine de caroube, par Eric

Aie Aie Aie Caroubia! 

Pas de courrier du tout depuis une semaine (et les vacances n'ont pas encore commencé) et là, paf, un grand sac jaune de la Poste, ce qui n'annonce généralement pas une bonne nouvelle.

Cela me fait terriblement mal au coeur de constater en l'ouvrant qu'il contenant une graine de caroube artistiquement décorée, en trois morceaux heureusement encore attachés ensemble : ouf ! soulagement, car j'espère arriver à recoller les morceaux.
Prendre une étoile dans la main
Plonger dans la nuit
et renaître en paix demain 

Tu es le premier : merci Eric d'avoir déjà si joliment répondu à mon nouvel appel, pour venir combler mon besoin de beauté et de poésie! Comme c'est chouette d'avoir des copains mail-artistes si connectés à mes humeurs et mes goûts profonds. Merci l'Ami

12 février 2026

Appel à mail art : La poésie pour réenchanter le monde

«La poésie c'est  un des plus vrais, un des plus utiles surnoms de la vie » Jacques Prévert

Généralités :
Format A5 de préférence, A4 maxi - pas d'ATC - timbre et adresse au recto
Création libre - Appel permanent 

2026 - La poésie pour réenchanter le monde (PO) :
Rester capable de s'émerveiller encore devant la beauté du monde, de la nature et du vivant, voilà l'une de nos richesses d'être pensant qu'aucun milliardaire ou dictateur au monde (*) ne pourra nous voler.

Dans cette époque que nous vivons où il faut courir sans arrêt pour tout mener de front,  tout est orchestré pour que nous n'ayons jamais le temps de rêver, de prendre le temps de penser, de réfléchir, de nous poser. Le soir venu restent juste une grande lassitude et beaucoup de désappointement. Pourtant le monde est beau et nous ne savons plus le regarder.

S'exprimer par la poésie, c'est une façon de résister, de montrer que nous ne sommes totalement lobotomisés par les publicités qui entretiennent nos addictions consuméristes ni par les chaines de désinformation en continu qui ne savent qu'activer la haine et favoriser un racisme exacerbé pour mieux nous diviser et nous monter les uns contre les autres, 

Si comme moi, vous avez envie de marquer un temps d'arrêt et de vous tourner vers ce qui est beau, ce qui vous fait vibrer, ce qui enchante votre coeur, ce qui éblouit vos yeux, bref, ce qui vous fait réagir en tant qu'être sensible, n'hésitez pas à vous exprimer par l'art postal qui permet tout.

Il ne s'agit pas là forcément de créer vous-même des poèmes (mais ne vous censurez surtout pas si vous en avez envie) mais plutôt de laisser cours à toute votre sensibilité. Cela pourra être d'illustrer par exemple des fragments de poèmes qui font écho en vous, ou bien imaginer et illustrer une scène tout à fait poétique (car la poésie peut êgalement être visuelle).

J'accepte toutes les formes de poésie,  la classique en vers ou la plus contemporaine comme par ex. : 
- l'acrostiche ou le calligramme ou encore la poésie caviardée, plus visuels et  plus ludiques, 
- le haiku, poésie traditionnelle japonaise,  pour restituer une émotion dans le temps présent
- la poésie en vers libre, 
- la poésie surréaliste (celle de Jacques Prévert ou de René Char par exemple)
- la poésie narrative 
- etc...etc..la liste n'est pas du tout exhaustive

Si ce thème vous plait, vous avez quartier libre pour créer un art postal qui vous fait du bien en le composant et qui sera agréable à recevoir. 

(*) même si dans les cas extrêmes de privations, de tortures et autres sévices, cela doit être beaucoup plus difficile de s'accrocher à sa condition d'être humain - mais des déportés ont réussi à le faire au fond des camps nazis 

 *** Voici quelques exemples ***


Quelques exemples : calligramme à gauche, acrostiche au centre, poésie caviardée à droite 
Haiku avec illustration en rapport avec le thème du poème

*** Avis de différents poètes sur la situation actuelle de la poésie ***

Jean-Pierre Siméon  débute (et termine) son essai, par une citation forte de sens, qui marquera la lecture de son ouvrage et donnera le ton au lecteur : « La poésie sauvera le monde, si rien ne le sauve. Au reste, elle le sauve de son indignité. » Le poète français n’est d’ailleurs pas le seul à percevoir la poésie comme une surpuissance sous-estimée.

Son confrère américain Lawrence Ferlinghetti, pour qui la poésie occupe aussi une place première et décisive, complétera : « La poésie peut encore sauver le monde en modifiant les consciences », dans une interview avec le magazine culturel américain Guernica en 2010.

Tahar Ben Jelloun écrira, dans son ouvrage Mes contes de Perrault (2014), que « seule la poésie a le pouvoir de sauver le monde, même si elle est aujourd’hui abandonnée, négligée, combattue ».

Son point de vue partagé, Jean-Pierre Siméon le développe dans son essai engagé qui attire notre attention sur son combat, un combat spécifique, qui concerne la position de la poésie dans notre société qui ne privilégie ni son apparition ni son épanouissement. Il y a dans l’ouvrage du poète français, qui va au-delà d’un acte artistique, un acte de révolte à travers son analyse de notre monde.

Le monde… ce qu’on en a fait ? 

Selon le poète français, Jean-Pierre Siméon, un système qui, régulé par de nouvelles lois, du marché, de la finance et du marketing, aplanit le réel et met fin à tout questionnement profond et véritable. Même le monde littéraire, censé éveiller les consciences, se serait transformé en production littéraire, faite majoritairement de récits, qui ne questionnent (quand ils le font) qu’en superficie, et contribuent eux aussi à endormir les consciences, à ne plus faire de nous des acteurs autonomes, sensés et concernés, mais de passifs consommateurs de récits mièvres, surconsommateurs d’images. La dématérialisation que génère l’absorption du réel dans le virtuel, entre lesquels les frontières ne sont (presque) plus, est en train d’abolir progressivement les liens du corps avec l’environnement, en nous abolissant nous-mêmes, avertit l’auteur.

Ainsi, comme l’a si bien noté Jean-Pierre Siméon, l’homme du XXIe siècle est distrait par les médias et les industries créatives qui, en se pliant de plus en plus aux exigences de l’audimat, ont fait des actes littéraire et artistique des spectacles visuels sans véritables acteurs, qui aujourd’hui tendent à obéir au seul principe du divertissement impératif. L’homme moderne, assailli par les représentations de la grande machinerie des mots et des images surabondants, n’aurait donc plus le temps ni l’espace de produire de lui-même l’imaginaire qui les constitue. 

Pour l’auteur, dans un monde où « l’imaginaire est (devenu) un territoire occupé et soumis », le poème, saisie subjective et singulière du réel qui témoigne de la vie dans une langue aussi complexe qu’elle l’est, devient un « acte de résistance contre cette oppression ». Ainsi, « la réappropriation de la faculté d’imagination, dont l’expérience de la métaphore retrouvée dans l’écoute du poème est un moyen aisé, est la condition de l’émancipation de l’imaginaire collectif hors du champ clos de l’imaginaire imposé». 

Car comme l’écrit Jean-Pierre Siméon, « la poésie n’est pas un communiqué, elle n’informe de rien : elle interroge »
Source : extrait d'un article du 4 décembre 2022,  tiré du quotidien libanais L'Orient-Le jour


 *** Les Poètes ***
poème de Louis Aragon mis en musique et chanté par Jean Ferrat 

Je ne sais ce qui me possède
Et me pousse à dire à voix haute
Ni pour la pitié ni pour l'aide
Ni comme on avouerait ses fautes
Ce qui m'habite et qui m'obsède

Celui qui chante se torture
Quels cris en moi quel animal
Je tue ou quelle créature
Au nom du bien au nom du mal
Seuls le savent ceux qui se turent

Machado dort à Collioure
Trois pas suffirent hors d' Espagne
Que le ciel pour lui se fît lourd
Il s'assit dans cette campagne
Et ferma les yeux pour toujours

Au-dessus des eaux et des plaines
Au-dessus des toits des collines
Un plain-chant monte à gorge pleine
Est-ce vers l'étoile Hölderlin
Est-ce vers l'étoile Verlaine

Marlowe il te faut la taverne
Non pour Faust mais pour y mourir
Entre les tueurs qui te cernent
De leurs poignards et de leurs rires
A la lueur d'une lanterne

Etoiles poussières de flammes
En août qui tombent sur le sol
Tout le ciel cette nuit proclame
L'hécatombe des rossignols
Mais que sait l'univers du drame

La souffrance enfante les songes
Comme une ruche ses abeilles
L'homme crie où son fer le ronge
Et sa plaie engendre un soleil
Plus beau que les anciens mensonges

Je ne sais ce qui me possède
Et me pousse à dire à voix haute
Ni pour la pitié ni pour l'aide
Ni comme on avouerait ses fautes
Ce qui m'habite et qui m'obsède

5 décembre 2025

L'émigration polonaise : les mineurs de fond - leurs traditions d'exilés, pour Michele - Carnet 37 - 16 pages

Mon amie belge est issue d'une famille émigrée de Pologne pour venir extraire le charbon du bassin houiller dans la région liégeoise. Si je n'en connais que des bribes, je sais aussi combien cette histoire-là est importante pour elle. 

Alors, même si j'ai eu bien du mal à réunir de la documentation sur les mineurs belges, j'ai tenu à lui faire un carnet-souvenir qui lui parlera des mineurs de fond,  des traditions que les Polonais exilés ont amené avec eux : leurs recettes traditionnelles de cuisine et leurs traditions pour les fêtes religieuses de Noël et de Pâques. C'est le cadeau que je lui ai préparé pour son anniversaire en essayant que ce modeste présent lui soit agréable et de nature à  honorer la mémoire de ces gens très courageux qui ont quitté leur pays natal pour espérer une meilleure vie ailleurs. 


Bon anniversaire mon amie, et bonne réception de ce volumineux carnet qui je l'espère te parviendra sans dommages car il voyage sans protection comme 99.9 % de mes envois.

A noter que la documentation en images que j'ai pu recueillir est essentiellement centrée sur le bassin minier du Nord de la France qui accueillit également de nombreux émigrés polonais, dans les années 1920 . 

Motifs folkloriques d'artisat polonais trouvés sur Pinterest et Facebook
Poésie "nos chers parents les Polonais" trouvée sur Facebook
le mineur à droite a été peint par Célestin Meunier artiste belge 
Photo de l'ancien charbonnage du Hasard, publiée sur le site du journal Le Soir https://www.lesoir.be/
Les trois photos centrales sont extraites du site  https://www.polonaisducentre.eu/  
Dessin d'un wagonnet chargé de charbon, qu'on appelle une berline
La carte de bas de page a été trouvée sur le site du patrimoine industriel de Wallonie-https://patrimoineindustriel.be/
Visages de Gueules noires et mascotte de la Sainte Barbe trouvés sur Pinterest
Salle des pendus, vestiaire où les mineurs suspendaient leurs vêtements  - ici dans la mine de Puymoreau
Groupe de mineurs sculpté par Constantin Meunier, artiste belge 
Deux tomes du livre de mémoires écrits par un polonais du Nord de la France : Patrice Dufossé-Rybka
Le carreau de la minte trouvé sur le site belge http://www.fossiliraptor.be/
photo des polonaises en train de broder au 19e siècle trouvée sur le site https://podroze.onet.pl/
photo de la chorale trouvée sur le site https://mineurdefond.fr/fr
Tous les dessins de ces  trois  pages consacrées aux mineurs ont été extraits d'un document pédagogique trouvé sur le site https://www.mineronchamp.fr/

Grange peinte vue sur Pinterest - Femme décorant une maison à Zalipie ,Eglise en bois de Zakopane
 et  église en bois de la Petite Pologne trouvées sur Pinterest
Photo du Parc National des Tatras vu sur le site https://www.polonia.travel/
Vues de la forêt primaire de  Bialowieza trouvées sur le site https://www.destinationpologne.fr/
Carte de la Pologne d'aujourd'hui trouvée sur Flickr
carte postale ancienne avec le costume d'un couple de Cracovie trouvée sur Pinterest
Photos des villes de Varsovie, Gdansk, Cracovie et Poznan vues sur différents site de voyages 
La réalisation des pirojki par les femmes vue sur le site https://rodzina.polki.pl/
les différents mets ont été relevés sur des sites culinaires 
Femme cuisinant un bigos énorme, pour la semaine de la polinité - vu dans la Voix du Nord
Crêche de Cracovie, Bronisław Pięcik , 2000 fot. Jacek Kubiena 
Le partage de l'Oplatek vu sur le site https://cudaboze.pl/ et sur Facebook 
 Les Koledy chants de Noel vu sur le site https://www.ab2pro.com/ 
Le Borsch, la carpe farcie, menu emblématique de Noel et le zernik comme dessert
ainsi que la table pourvue des 12 plats de Noel vus sur le site https://www.mypolishmarket.com/
Carte polonaise de Pâques vintage - pisanki et paniers garnis  vus sur le site "Sauce polonaise"
photos de banquet de Paques et de la Fête des Palmes le jour des rameaux trouvées sur Facebook
Tradition du lundi mouillé, photos trouvées sur Facebook et Pinterest

En plus d'avoir l'occasion de faire  plaisir à une amie, cette réalisation m'a permis de parler un peu des fameuses "gueules noires". C'est ainsi qu'on appelait ces mineurs qui ont tant donné de leur personne pour aller extraire le charbon dans les profondeurs de la terre, risquant à tout moment l'effondrement d'une veine mal boisée ou pire l'explosion du gaz de mine, le fameux coup de grisou, tout en étant très mal payé, et vite atteint de la silicose, cette maladie déclenchée par l'inhalation de la poussière de charbon. 

Bientôt 35 ans que les mines ont fermé dans le Nord de la France, 20 ans en Lorraine, et l'on n'entend plus guère parler des mineurs. Pourtant, pour les rares mineurs ayant connu le fond encore vivants et  leurs descendants, cette histoire-là est incrustée au plus profond de leur coeur. Ils travaillaient comme des forçats mais ils avaient un sens aigu de la solidarité, et savaient s'unir pour aller jusqu'à faire grève lorsque les exploitants de la mine "poussaient le bouchon trop  loin". Si vous avez lu "Germinal" de Zola, vous savez combien ces ouvriers-là, qui ont tant contribué à l'essor économique de la France comme de la Belgique, travaillaient dans des conditions inhumaines : ce n'est pas un hasard si les patrons des Houillères avaient essentiellement recours à de la main d'oeuvre étrangère, plus endurante et plus "docile". 

J'avais depuis longtemps envie de rendre hommage aux mineurs :  merci ma chère Michele, l'envie de te faire un cadeau en célébrant tes origines m'en a donné l'occasion. 
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Vidéo publiée sur la chaine youtube de Petite Marie, en hommage à son papa, mineur de fond 

Chanson de Pat RIEUX-BOYER : Fils de Mineurs
Ce chant originalement dédié à mon Grand-père et au musée de la mine d'Aubin en Aveyron
 est un clin d'oeil à tous les Mineurs de fond du monde. P.R-B

D'une grande famille tu étais l'aîné et à quatorze ans il a fallu y aller
Dans ces galeries, prêtes à s'écrouler, par manque de temps pour les consolider
A quarante ans tes poumons étaient brûlés, la silicose avait fait son effet

Mineur, nous sommes fils de mineur, père, nous sommes fiers de toi
Accepte ces mots en ton honneur, toi qui as connu le noir et le froid, le sort des gueules noires

Le soleil ne s'était pas encore levé que déjà dans les puits tu redescendais
Plongeant dans le cœur de l'obscurité avec ton seul casque pour t'éclairer
Sur la roche glacée il te fallait ramper, le corps lacéré, sans mot dire, tu piochais

Mineur, nous sommes fils de mineur, père, nous sommes fiers de toi
Accepte ces mots en ton honneur, toi qui as connu le noir et le froid, les peines et les joies

Quand du fond de la mine surgissait la rumeur, que le feu du grisou avait encore frappé
Accouraient les femmes, le visage en pleurs, priant que leur mari en ressorte épargné
Pourtant si le charbon t'a brisé le cœur, dans les rudes hivers sa chaleur t'a sauvé

Au Nord ou en Aveyron on te rend hommage, les musées de la mine t'y sont dédiés
Justes remerciements pour ton courage, car tes luttes acharnées ont tout changé
Dans les vitrines s'étalent tes témoignages, derniers souvenirs d'une vie effacée.

Mineur, nous sommes fils de mineur, père, nous sommes fiers de toi
Accepte ces mots en ton honneur, toi qui as connu le noir et le froid, ici-bas, on pense à toi.

Auteur : Pat Rieux-Boyer / Interprètes : Pat Rieux-Boyer & Koutine
Compositeurs : Pat Rieux-Boyer / Nathalie Texier / Christine Costantino / Eric Costantino
Production : Musique & Solidarité Productions.

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Lors de mes recherches sur internet j'ai trouvé quelques documents visuels ou sonores intéressants que je vous partage.

Épisode 4/4 : On ferme les mines
* Les écrits de l'auteur Patrice Dufosse-Ribka descendant d'une famille d'émigrés polonais qui a beaucoup écrit à leur sujet, et sur les conditions de vie des mineurs dans le Nord de la France