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25 septembre 2026

L'histoire du village de pêcheurs de Saint-Tropez est vieille de plus de 500 ans, pour France

Non, la célébrissime ville de Saint-Tropez n'est pas née dans les années 50 avec l'arrivée des stars. Non, ce ne sont pas ses vedettes qui firent Saint-Tropez comme l'écrivent encore trop souvent quelques journalistes "people". 

La ville actuelle est vieille de plus de 500 ans, elle a été façonnée, siècle après siècle par ses gens de mer, qu'ils soient pêcheurs, capitaines ou simples matelots. Elle était connue dans tous les ports du monde qui voyaient accoster les capitaines tant réputés de la petite cité provençale. En 1950, le petit port de la Côte d’Azur séduit les bourgeois parisiens mais n’est encore qu’un village.

Pour répondre au jeu du timbre imposé que m'a adressé France, en l'illustrant, j'ai choisi de parler de ce mythique village, dont finalement nous ne savons pas grand-chose hormis ce qu'en a fait la jet-set et tous les artistes qui continuent de le surfréquenter. 

Le port au soleil couchant Opus 236 Saint Tropez par Paul Signal en 1892
J'ai plutôt voulu rendre hommage aux peuple des pêcheurs qui l'ont façonné et animé pendant des siècles, en m'attachant à ce joli petit port de pêche au début des années 1950 sur lequel j'ai pu mettre en exergue le magnifique timbre d'une peinture de Paul Signal , avec le soleil couchant sur Saint-Tropez.

Recto : Dans les années 1950, Saint-Tropez comptait 40 pêcheurs, contre trois seulement aujourd’hui. 
photographie sortie d'une archive personnelle de François Coppola, fils de pêcheur agée d'une vingtaine d'années à ce moment là /publiée dans le Parisien du 18/07/2020

Au verso : vue d'une carte postale ancienne en sépia représentant le port de Saint-Tropez. On y aperçoit des barques de pêcheurs amarrées au quai au  premier plan avec, en arrière plan, les façades  des maisons typiques du vieux port et le clocher emblématique de l'Eglise de Saint-Tropez - Une vue nostalgique de la vie maritime provençale au début du XXème siècle. 

J'en souhaite une très bonne réception à France, sachant qu'à l'intérieur de mon envoi je lui ai proposé un nouveau timbre imposé, pour son courrier prochain, quand elle le voudra, au rythme qui sera le sien.

*** 
HISTOIRE DE SAINT-TROPEZ

‍‍L'histoire de la ville actuelle de Saint-Tropez débute en 1470, jour où le noble Raphaël de Garessio organise le repeuplement de Saint-Tropez à la demande de Jean Cossa, seigneur suzerain des terres du Golfe de Grimaud. Comme de nombreuses paroisses de Provence, Saint-Tropez avait été délaissée par sa population, victime des guerres, épidémies et disettes, les trois fléaux du Moyen-âge.

Les premiers Tropéziens, venus d'Italie ou des villages proches, construisent leurs maisons autour de la tour seigneuriale partiellement démolie, l'actuel château Suffren, place de la Mairie. Imaginons-les charriant les pierres depuis Ville-vieille, nom qu'ils donnent au village ancien situé sur les hauteurs, sans doute légèrement à l'ouest de l'actuelle chapelle Sainte-Anne, imaginons aussi les bateaux transporter les outils, les tuiles, la chaux. Quant au sable, il provient des plages proches et le bois du massif des Maures.

Ce premier Saint-Tropez se lit encore très bien dans la ville. Il s'étend de la place Garessio à la tour du Portalet. C'est à l'origine un tout petit village avec seulement trois rues : celle du Portalet, celle du puits et enfin, celle du Saint-Esprit qui existent encore. Un livre d'instructions nautiques, appelé portulan, paru dans les années 1470 décrit très sommairement ce premier village les pieds dans l'eau.

Il affirme surtout la vocation maritime du lieu en donnant quelques conseils aux marins : “Le golfe de Grimaud est un bon lieu pour crocher le fer, le fond est plat et tu y entres, et tu y mouilles l’ancre contre les maisons qui sont sur le rivage et garde-toi de deux écueils qui sont à l’entrée”. Petit à petit le port se développe et prend le dessus sur celui de Cavalaire pourtant très fréquenté depuis l'Antiquité. La ville connaît un essor remarquable durant tout le XVIe siècle et attirera marins et négociants.

LE XVIe SIÈCLE
C'est un siècle où l'on voit les terres de la petite seigneurie locale coincées entre la mer, Gassin et Ramatuelle être mises progressivement en culture. Une agriculture largement basée sur la vigne tant et si bien que la quantité de vin produite s’avèrera rapidement supérieure aux besoins de la population locale. Les Tropéziens qui regardent déjà vers le large l'exporterons vers les ports provençaux et très probablement italiens.

Ce cabotage représente une part importante de l'économie locale. Les patrons et les capitaines importent tout ce qui manque à commencer par le blé que les terres d'ici ne produisent que trop peu. Mais on importe aussi tout ce que la cité ne produit pas tel que céramiques, tissus, armes, bref tout ce qu’une cité en pleine expansion peut nécessiter. À l’inverse, les marins exportent aussi tout ce que la nature du massif des Maures offre de bois, de liège ou de châtaignes.

À côté de cette activité de cabotage la pêche se développe. On devrait même dire les pêches tant celle-ci adopte des formes variées. La petite bien sûr qui ramène sur les grèves du port le poisson consommé quotidiennement, puis à partir du XVIIe siècle la grande, celle du thon que l'on pêche avec les madragues, nom que l'on donne aux instruments de cette pêche mais aussi à la maison-entrepôt de ces pêcheurs. N'est-il pas symbolique que ce nom, qui rappelle une pêche violente qui voit la mer se rougir du sang des thons, soit devenu célèbre dans le monde entier après que la maison de ces pêcheurs a été achetée par Brigitte Bardot, une des plus grandes militantes de la cause animale ?

Il y a aussi la prestigieuse pêche du corail rouge arraché des fonds rocheux de ce massif des Maures qui plonge dans cette mer azur. Pline l'Ancien, historien romain du 1er siècle de notre ère, écrit dans son Histoire naturelle (XXXII, 11) que le littoral du sud de la Gaule abonde en corail et que celui qui bordent les îles d'Hyères est particulièrement réputé. La pêche se faisait en apnée pour le corail le plus proche de la surface ou plus souvent à l'aide d'une croix de Saint-André sur laquelle était fixée des filets qui accrochaient le corail plus profond. Les Tropéziens qui étaient spécialistes de cette pêche furent appelés dans les années 1540 par les Marseillais pour aller pêcher cet or rouge sur les côtes d'Afrique du Nord. Le corail participe ainsi à l'enrichissement de la ville qui compte près de 4000 habitants à la fin du XVIe siècle.

Ne croyons cependant pas que les Tropéziens de ce XVIe siècle ne connaissent pas de difficultés. L'installation à Alger dans les années 1510 des frères Barberousse, intrépides marins au service du sultan de Constantinople, inaugure des décennies de pirateries musulmanes sur tous les littoraux chrétiens. Saint-Tropez n'échappe pas à ces déprédations. Nombre de Tropéziens finissent en esclavage en Afrique du Nord. Certains, à l'image de Vincent Sigismond et d'Antoine Spitario parviennent à s'échapper en 1592, d'autres comme Barthélémy Magne, esclave à Tunis, meurent en captivité dans les années 1630. D'autres encore, de gré ou de force, sont convertis à la religion musulmane et deviennent à leur tour corsaires à l'image du jeune tropézien Jacques Fabre capturé à l'âge de 9 ans en 1609, circoncis de force sur le bateau qui le ramène à Tunis. En 1618, il est capturé par les Espagnols alors qu'il navigue sous le nom de Mourad. Ce danger insidieux et quasi permanent qui menace les habitants du littoral et les marins est rappelé par Nostradamus dans l'un de ses célèbres quatrains: “Non loin du port pillerie et naufrage/ De la Cieutat frapte Isles Stecades/ De Saint Tropé grand marchandise nage/ Chasse barbare au rivage et bourgades”. Les archives municipales regorgent d'allusions à ce danger. En 1518, les syndics de Saint-Tropez, nom que l'on donnait aux édiles municipaux, écrivent à ceux de Grimaud les informant que des pêcheurs ont repéré 14 voiles de Maures et de Turcs dans les mers des caps Taillat et Lardier.

En 1559, un garde du cap Lardier est tué, trois autres sont enlevés avec une femme et deux enfants. Une nouvelle attaque a lieu au même endroit en 1563 : une douzaine de Provençaux sont enlevés et une rançon immédiatement demandée.

Nous avons là la principale raison du développement de la milice bourgeoise qui existe encore de nos jours à travers le corps de bravade. À l'origine de la ville, ces hommes en arme étaient commandés par le seigneur ou par un homme honorablement connu et capable en cas d'absence du seigneur. À partir des années 1510, le seigneur qui ne réside pas souvent à Saint-Tropez délaisse peu à peu ses obligations militaires. En 1558, les autorités municipales décident de pallier cette défaillance en prenant en charge la défense de la cité en nommant annuellement un capitaine de ville. Si malgré ces dangers le XVIe siècle reste un siècle d'essor pour la ville et ses habitants, le siècle suivant est un siècle de crises.

LE XVIIe SIÈCLE
Le bel essor s'enraye en effet. Le danger barbaresque est à son apogée. Une grande partie de la flotte tropézienne est capturée. Les archives nous apprennent que de 1607 à 1625, 22 vaisseaux, tartanes et barques ont été pris ou brûlés par les pirates barbaresques. La ville s’appauvrit et perd près de 1 500 habitants. Le port mal curé se comble peu à peu des terres qui ruissèlent depuis la colline où, depuis les années 1600, une citadelle royale couronne la ville. Mais cette population qui se plaint des malheurs qui touchent sa paroisse est une population trop fière pour accepter cette citadelle, bastion du pouvoir royal, qui les oblige en plus à déplacer sur la colline voisine les moulins qui attendent chaque jour le vent et le blé d'ailleurs.

La situation semble tout aussi catastrophique au milieu du siècle. Dans les années 1660, la flotte ne se résume plus qu'à quelques tartanes et bateaux de pêche. Comme toutes les crises, celle-ci passe et on assiste à une reprise dès la fin du siècle.

LE XVIIIe SIÈCLE
Le XVIIIe siècle est marqué par une nouvelle période de développement durant laquelle les Tropéziens se tournent en nombre du côté de l'Empire ottoman. Les Turcs qui n'ont plus la maîtrise des mers voient leur commerce maritime diminuer. Pour eux, une seule solution, affréter des navires du roi de France, leur seul allié en Méditerranée depuis la signature de la paix entre François 1er et Soliman le Magnifique en 1536. Aussi étrange que cela puisse paraître, dans cet affrontement entre chrétiens et musulmans, ce sont les navires provençaux et notamment tropéziens qui vont assurer la sécurité en mer des biens et des personnes de l'Empire turc. Il faut y voir là l'expérience des marins de la petite cité provençale qui fréquentent depuis bien longtemps tous les rivages de la Méditerranée, de Gibraltar au Bosphore, d'Alexandrie à Marseille.

Les marins de la cité se mettent donc au service des sujets du sultan pour transporter biens et personnes d'un point à l'autre de l'Empire, à l'image de ce que font d'autres marins du littoral provençal. Les marins qui pratiquent ce grand cabotage, essentiellement dans le bassin oriental de la Méditerranée passent souvent la moitié de leur vie en Orient. Ils sont familiers des ports de Constantinople, de Beyrouth, Smyrne, Alexandrie, La Cannée, Tripoli... Les Trullet, les Allard, les Martin, les Guérin et bien d'autres encore, sont à l'origine de véritables dynastie de capitaines, de père et en fils. Qui se souvient de nos jours que les ancêtres du général Allard pratiquaient ce commerce dans les échelles du Levant ?

Le XVIIIe siècle est également marqué par le système des classes. Cette pratique mise en place par Colbert à la fin du siècle précédent consiste pour l'État à organiser une levée des marins français suivant ses besoins. Ainsi, les vaisseaux du Roi ont des équipages constitués de pêcheurs, d'ouvriers des chantiers navals et des marins du commerce, tous encadrés par des officiers souvent nobles. Saint-Tropez est une pépinière de marins car 6 à 7 hommes sur 10 ont une activité marine. Il n'est donc pas surprenant de les voir si nombreux appelés à Toulon pour embarquer sur les bâtiments de guerre. Ils sont plus de 200 à la bataille de Velez-Malaga, le 24 août 1704 durant la guerre de Succession d’Espagne, où la France soutient Philippe V, petit-fils du roi de France Louis XIV et roi d’Espagne contre les autres puissances européennes. L’Escadre du Levant, menée par Louis Alexandre de Bourbon, comte de Toulouse et amiral de France quitte le port de Toulon pour reprendre Gibraltar à l’amiral anglais Rooke.

C'est 10% de la population totale de la ville, plus de 60% des marins de la cité. Ils sont plus de 500 à participer à tour de rôle à la Guerre d'Indépendance américaine de 1778 à 1784, plus d'une centaine à la tragique bataille d'Aboukir qui opposa les flottes britannique et française dans la baie d'Aboukir, près d'Alexandrie en Égypte entre le 1er et le 2 août 1798. On relève les noms de plus de 70 hommes présents au large de la Crimée en 1854. Malgré la baisse du nombre de marins, ils sont encore très nombreux à porter l'uniforme pendant les deux guerres mondiales.

LE XIXe SIÈCLE
Mais reprenons le fil de notre histoire en abordant le XIXe siècle. Ce siècle sera marqué par un certain déclin qu'illustre non sans ironie et emphase Eugène Sue dans son roman La Salamandre : “Tranquille et vieux port de Saint-Tropez, patrie d'un brave amiral, du noble Suffren ! Il ne te reste plus de ton ancienne splendeur que ces deux tours, rougies par un soleil ardent, crevassés, ruinées, mais parées de vertes couronnes de lierre et de guirlandes de convolvulus à fleurs bleues... Et toi aussi, l'on peut te plaindre, pauvre port de Saint-Tropez ! Car ce ne sont plus ces fringants navires aux banderoles écarlates qui mouillent dans tes eaux désertes ; non, c'est quelquefois un lourd bateau marchand, un maigre mystic ; et si par hasard, une mince goélette, au corsage étroit et serré comme une abeille, vient s'abattre à l'abri de ton môle, tout le bourg est en émoi”. Eugène Sue a bien senti qu'une page de l'histoire de la ville était en train de se tourner. Les glorieux voyages en Orient au service des Turcs étaient déjà un lointain souvenir, mais ce que semblait ignorer Eugène Sue, bien qu’amateur éclairé d’histoire maritime, c’est tous ces hommes naviguant sur les mers du globe au fil des côtes africaines ou à destination des Antilles pour des voyages au long cours. Lorsque son roman parut en 1832, Saint-Tropez se cherchait un avenir, et c’est avec la vitalité des chantiers naval de l’Annonciade que la gloire de la ville renaîtra au milieu du siècle.

Alors que les chantiers de La Ciotat et La Seyne se spécialisent dans la construction des vapeurs à coques métalliques, ceux de Saint-Tropez continuent à répondre à la forte demande de voiliers en bois. Les Tropéziens construisent de plus en plus grands. Les bricks et les trois-mâts sont réputés dans tous les ports méridionaux du pays. Les constructeurs tropéziens vendent leurs voiliers aux capitaines de la plupart des ports français méridionaux, d'Agde jusqu'à Antibes. Mais ce sont les armateurs et capitaines marseillais qui achètent les plus belles constructions aux Tropéziens. C'est ainsi, qu'Augustin Fabre, pour ne citer qu'un exemple, le grand armateur de la cité phocéenne des années 1830, achète au constructeur Jacques Bory, un grand trois-mâts de plus de 40 mètres qu'il nomme le Luminy, nom de sa propriété marseillaise.

Dans le même temps, les Tropéziens de la seconde moitié du XIXe siècle se détournent cependant petit à petit de la mer, mais nombreux sont ceux qui poursuivent encore le métier de leurs ancêtres. Ils passent de plus en plus le détroit de Gibraltar pour naviguer sur toutes les mers du monde à bord de grands trois mâts naviguant de l'océan Indien à la mer de Chine, le long des côtes africaines, de Gorée à Zanzibar, fréquenter les ports de La Havane, New York, Valparaiso ou San Francisco.

Les voyageurs de passage, à l'image de Guy de Maupassant ou ceux qui finissent par se fixer dans le petit port comme le peintre Paul Signac voient surtout chaque jour les pêcheurs revenir à quai faire sécher et remailler leurs filets pendant que les épouses vendent le poisson, en ignorant la vie de ces marins au long cours. Le mythe du charmant petit port de pêche naît ainsi.

Pourtant jusque dans les années 1920 encore, de grands capitaines de la cité commanderont parmi les plus belles unités de la marine marchande française sur les grandes lignes du Havre à New York ou de Marseille à Yokohama. En 1903, c'est même un Tropézien, Ignace Gardanne qui bat le record de traversée entre l'Angleterre et le Chili en 56 jours. Dans ce même temps, la petite cité attire ceux qui recherchent le calme, un bout du monde, isolé du reste de la Provence par le massif des Maures.

Émile Ollivier, le dernier chef de gouvernement de Napoléon III ouvrit la voie dès 1862, suivi à la fin du siècle par Octave Borrelli, bey du vice-roi d'Egypte qui fit construire un grand château qui porte encore son nom. La bâtisse couronne encore de nos jours les Parcs de Saint-Tropez. Les peintres, l'histoire est bien connue, mais aussi les écrivains puis les cinéastes après la Première Guerre mondiale s'installent dans la cité et dans le golfe.

C’est ainsi que Saint-Tropez change de visage une nouvelle fois. Rapidement le petit port devient très à la mode à cette époque et le célèbre homme de spectacle Léon Volterra n'y sera sans doute pas pour rien. Il fera l’acquisition en 1926 du château Camarat qui deviendra Voltera où furent accueillis entre autre Raimu avec qui il monta Marius de Marcel Pagnol au Théâtre de Paris, ou encore Colette qui commençait à s’offusquer de l’attrait trop touristique que prenait la ville. Volterra deviendra même maire de Saint-Tropez de 1935 à 1941. Le film de Jean Godard Pour un soir tourné dans la cité en 1931 avec dans le rôle principal Jean Gabin illustre magnifiquement ce Saint-Tropez des années folles qui perdurera encore quelque temps.

De nombreux autres films seront tournés à Saint-Tropez. On y rencontre des réalisateurs qui viennent raconter une histoire se passant en Provence comme Jean Choux qui tourne en 1929 La servante mais aussi plus curieusement ceux qui racontent une histoire dont l’intrigue se passe sous les tropiques. Ainsi, l’origine du nom de la plage de Tahiti est un hommage à la mémoire du tournage du film Aloha le chant des îles qui sortira en salle en 1937. L'année suivante c'est The Beachcomber qui sort en salle avec dans le rôle principal l'immense acteur Charles Laughton.

Après la Seconde guerre mondiale, Saint-Tropez sera plus à la mode que jamais. Les réalisateurs reviennent et dès 1954 sort en salle les Corsaires du bois de Boulogne de Norbert Carbonnaux assisté de Georges Lautner. Puis viendra le choc de l'année 1956 avec le mythique film de Roger Vadim Et Dieu créa la femme tourné en 1955 et auquel le célèbre club de la plage de Pampelonne doit son nom.

Pour la suite, nous connaissons mieux l’histoire, certainement parce que plus récente, qui verra naître le tourisme de masse et la notoriété de la ville se confirmer. Le monde entier - toutes classes sociales confondues - passe par Saint-Tropez où on lance la mode dans les années 60 et où l'on continue à tourner chefs-d'œuvre et nanars. Le port demeure aujourd'hui le plus célèbre port de plaisance du monde et la presqu'île reste encore, malgré de réels désordres environnementaux dû à sa surfréquentation, un des coins du littoral du sud de la France les plus préservés et les moins artificialisés. Et on l'aura compris, derrière une image festive se cache une histoire riche et plus secrète, celle de Tropéziens qui génération après génération ont fait le Saint-Tropez d'aujourd'hui.
Source : article trouvé sur le site https://www.bigisaguide.com/articles/fragments-dhistoires

Dorothea Lange, une femme engagée dans le documentaire photographique, pour Nadine

Aujourd'hui encore, je veux mettre à l'honneur une femme remarquable de mon panthéon personnel et cette fois-ci ce mail-art est destiné à mon amie suisse qui sait apprécier la photographie. Voilà pourquoi  je pense que l'univers capté par Dorothea Lange saura lui plaire, elle qui s'est appliquée à immortaliser  des moments singuliers dans la vie des gens simples dans une période si particulière aux USA.

A travers ses photos, Dorothea Lange s’est fait la porte-parole de l’Ouest américain abandonné lors de la Grande Dépression des années 1930 ; la  période même décrite par John Steinbeck dans son roman "Les raisins de la Colère". 

en haut en partant de la gauche : autoportrait de  Dorotea Lange  / famille de migrants avec sur la droite de la tente la célèbrissime "Migrant mother" 1936 /
en bas, en partant de la gauche : Famille de migrants qui a voyagé en train de fret jusqu’à la vallée de Yakima, 1939 / Famille sur la route Oklaoma 1938 / Jeune garçon en train de travailler dans les champs
verso : citations et deux timbres édités par les USA sur deux photos particulièrement importantes dans sa carrière :
 la mère migrante et le travailleur migrant

Je suis heureuse d'avoir retrouvé un tout petit peu d'énergie aujourd'hui et j'en ai profité pour élaborer quelques correspondances qui ne pouvaient souffrir davantage de retard. Chère Nadine, je t'en souhaite une très bonne réception.

 *** Dorothea Lange, pionnière du documentaire social  ***
Autoportrait en 1936
La photographe américaine, Dorothea Lange (1895-1965), est souvent réduite à une seule photo Migrant Mother, devenue une icône. Le Jeu de Paume lui consacre une exposition passionnante (en 2018) et très documentée, levant le voile notamment sur un épisode méconnu de l’histoire des Etats-Unis : l’internement des citoyens américains d’origine japonaise en 1942. Retour sur le parcours d’une femme engagée qui a fait de la photographie un outil documentaire et politique.

« Il faut vraiment utiliser l’appareil photo comme si on devait être frappé de cécité demain »
Dorothea Lange :

Dorothea Nutzhorn (1895-1965) naît dans le New Jersey dans une famille d’immigrants allemands de la deuxième génération. Dès l’âge de dix-huit ans, elle se lance dans la photographie et apprend son métier d’abord à New York, auprès des photographes portraitistes de studios renommés comme Arnold Genthe ou Clarence H. White. Après 1900, le pictorialisme vit encore de belles heures ; et les premiers travaux de Lange révèlent une pratique de la photographie d’art, même si elle semble avoir manifesté dès le début un intérêt pour le social. « Sa capacité prononcée à s’identifier aux figures marginales de la société a très certainement ses racines dans les séquences émotionnelles laissées par les deux événements que sont le handicap et la perte du père », souligne Sandra S. Philips. En effet, à sept ans, Dorothea contracte la poliomyélite, sa jambe droite restera déformée. Cinq ans plus tard, le père abandonne sa famille.

En 1918, elle ouvre son propre studio à San Francisco et adopte le nom de jeune fille de sa mère, Lange. Son studio devient un centre de la vie artistique de la ville et lui offre une indépendance financière. Mariée au peintre Maynard Dixon, elle est mère de deux garçons. Même pour elle, qui est depuis longtemps une portraitiste bien implantée dans le milieu local, le krach boursier de 1929 et la crise économique qui s’ensuit, représente une césure dans son cursus professionnel.

« Les gens que ma vie a touchés », 1932-1934 
En 1932, au cœur de la Grande Dépression, Dorothea Lange se détourne du portrait de studio pour se concentrer sur des scènes de rues et montrer les conséquences de la récession à San Francisco ainsi que l’agitation sociale qui y règne. Elle photographie manifestations et personnes sans abri. Ses portraits urbains comme White Angel Breadline (1933) deviendront plus tard autant d’images représentatives de cette période. Car pour la photographe, « le but n’est pas la bonne photographie, mais les implications de la photographie. »

Cette période de deux ans marque un tournant dans sa vie : elle prend conscience de l’importance de la condition humaine dans son travail. Son traitement novateur attire l’attention de Paul Schuster Taylor, professeur d’économie à l’université de Californie à Berkeley et spécialiste des conflits agricoles des années 1930 ; il deviendra plus tard son second mari. En 1934, il utilise l’une des photos de Lange pour illustrer son article consacré à la grève maritime la plus longue et la plus importante de l’histoire des Etats-Unis.

L’investigation documentaire – le récit de la migration, 1935-1941
En 1935, Lange accompagne Taylor sur le terrain ; l’objectif : rendre compte de la situation des migrants ayant quitté le Middle West pour la Californie rurale. Taylor se sert des photographies de Lange pour illustrer les articles qu’il publie dans Survey Graphic, de même que les rapports qu’il adresse aux autorités fédérales. La force des images de Lange est telle que les pouvoirs publics entreprennent de construire des camps d’hébergement au profit des travailleurs agricoles migrants, dans le cadre de la politique du New deal définie par Roosevelt. L’un des programmes : la Farm Security Administration, aboutit à la création des plus vastes archives photographiques jamais constituées aux Etats-Unis : regroupant plus de 130 000 négatifs, elles rendent compte de la contribution du New Deal à l’endiguement de la pauvreté dans les régions rurales.

Dorothea Lange, qui a couvert vingt-deux Etats différents, s’est vu confier deux contrats, l’un portant sur la période 1935-1937, l’autre de 1938 à la clôture du programme en janvier 1941. Elle considère que les photographies qu’elle réalise dans ce cadre font partie intégrante de son œuvre. Elle produit à cette occasion des images iconiques, comme Migrant Mother.

Un an plus tard, Lange et Taylor sont engagés par des agences fédérales instituées dans le cadre du New Deal de Roosevelt. Durant trente ans, leur relation professionnelle et personnelle se nourrira d’une volonté commune de créer un récit qui rende compte par le texte et l’image de quelques-unes des grandes étapes de l’évolution de la société américaine. Ils vont comme de nombreux autres photographes et sociologues être chargés de documenter les politiques agricoles fédérales. Ils publient en 1939 An American Exodus : A Record of Human Erosion qui témoigne des conditions sociales dans les Etats ruraux. Avec cet ouvrage, ils font connaître au grand public le récit des déplacements de population et la précarité de l’époque de la Grande Dépression. Le média photo est un outil documentaire et politique.

Dorothea Lange se détourne de l’agriculture industrialisée pour s’intéresser à une nouvelle forme de migration intérieure celle provoquée au début des années 1940 par l’expansion galopante des industries, des programmes de formation navale et les organisations de défense militaire dans la région de la baie de San Francisco. C’est dans ces zones urbaines que s’est installée une partie de la population autrefois méprisée et rejetée de travailleurs agricoles migrants, les « Okies », qui désormais contribuent fièrement à l’effort de guerre.

En 1944, Dorothea Lange est chargée par le magazine Fortune de photographier les chantiers navals Kaiser, jeune entreprise fondée à Richmond pour soutenir cet effort et qui emploie à cette époque près de 100 000 ouvriers non qualifiés grâce à la mise en œuvre de techniques révolutionnaires de fabrication et d’assemblage. Elle photographie les rotations des équipes de trois-huit, l’intense activité du chantier naval, la diversité de la main d’œuvre, les conditions de vie mais aussi l’isolement et la solitude des nouveaux venus, et en particulier des Afro-Américains qui demeurent des parias. Elle s’intéresse également au nouveau statut de la femme, devenue ouvrière dans le secteur industriel.

« Une photographie documentaire n’est pas en soi une photographie factuelle. C’est une photographie qui communique entièrement le sens et la portée de l’épisode, ou de la circonstance, ou de la situation, lesquels – parce qu’il n’est pas vraiment possible de les montrer – ne peuvent être révélés que par cette autre qualité. En fait, on ne peut pas vraiment parler de guerre entre l’artiste et le photographe documentariste. Un photographe doit être les deux. »

Pour voir davantage de photos, voici un lien expliquant 10 des plus célèbres d'entre elles.

Les saltimbanques de la troupe "Graines de bonheur" semant l'art dans la rue, pour PJC de Lambesc

En France, il exist(ait)e de nombreux festivals sur les arts dans la rue, comme par exemple le plus connu celui d'Aurillac, mais aussi ceux de Châlon dans la rue, les Accroche-coeurs d'Angers, les Turbulences à Vieux-Condé dans le Nord de la France ou encore à Ramonville Saint-Agne. Espérons qu'avec les restrictions budgétaires de plus en plus drastiques pour tout ce qui concerne la culture menées dans les municipalités, la bonne humeur de ces manifestations bon enfant et le partage avec les habitants continueront encore longtemps de ravir les spectateurs.
Pour répondre au concours de mail-art 2026 du PJC de Lambesc dédié aux arts de la rue, j'avais vraiment l'embarras du choix, entre théâtre de rue, acrobaties, jonglages, cracheurs de feu, échasses,  musiques et danses urbaines, yarn-bombing (tricot), street-art etc... J'ai finalement choisi de représenter les saltimbanques qui défilent parmi les passants, pour des animations estivales dans les villes ou les villages, déguisés ou montés sur des échasses, ce qui plait toujours beaucoup. 
Sur fond de dentelle ancienne, avec le timbre édité par la Poste sur les arts de la rue 
une médaille ancienne d'immatriculation d'un saltimbanque et un spectacle de la rue 
(photo de "Graine de bonheur" de la Compagnie libre visible sur le site https://www.compagnielibre.com/la-cie  )

Graines de Bonheur - Spectacle de rue musical et enchanté avec 3 artistes musiciens et comédiens - déambulation avec échasses pneumatiques

Une graine de Bonheur/Arrosée de bonne humeur/Dans le cœur des enfants/Dans le sourire des passants!!!  
Elle vous fera choisir la graine qui vous parle. Vous pourrez alors la planter avec précaution, l'arroser, la bichonner. Plantin, le jardinier du bonheur musicien sera là pour vous aider
- le pavot fou
- le piment plein de surprise 
- le petit pois pour gagner en légèreté... et tant d'autres...
Tournesol, leur ami l'épouvantail sera là pour surveiller votre plantation et s'assurer qu'aucun prédateur ne s'approche trop près du bonheur fraîchement semé.

Ces trois personnages nous invitent à questionner notre relation au bonheur tout en créant un environnement poétique, plein de surprises - l'épouvantail immobile, haut perché sur ces échasses pneumatiques, se met à courser les intrus s'approchant de trop près. Gare à vous !

Je souhaite  une très bonne réception de ce mail-art textile à l'organisation en charge de ce concours, la félicitant de continuer à proposer de tels challenges aux mail-artistes, car bien que non philatélistes, nous avons notre propre manière d'apprécier les timbres et de les mettre en valeur. Merci de considérer cet art "mineur qu'est l'art postal : encourager sa pratique est un bon moyen de faire se rencontrer toutes les générations autour d'un projet, et à faible coût, juste celui du timbre. 

Merci à vous et rendez-vous au prochain concours.
***

Les arts dans la rue se manifestent maintenant largement  par le street-art, de plus en plus apprécié des habitants des villes. Je vous invite ci-après à une ballade dans le 20e arrondissement de Paris, où l'expression artistique sur les murs est très riche.

Street art dans le 20e arrondissement - épisode 1/3

Street art dans le 20e arrondissement - épisode 2/3

Street art dans le 20e arrondissement - épisode 3/3 
3 vidéos publiées sur le youtube de France3 Ile de France  
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Voici une  autre forme assez largement représentée dans les arts de la rue : ce sont les artistes de cirque déambulant sur échasses, sous des déguisements joyeux. 
Les échassiers  du cirque d'antan - une déambulation spectacle d'Eklabul 
vidéo publiée sur leur chaine Youtube

18 septembre 2026

Colette Magny, l’artiste qui portait la voix des oubliés jusque dans les usines en grève, pour Éric

J'adresse ce mail-art hommage à mon ami Éric qui a probablement entendu parler de cette artiste si particulière. Je suis à peu près certaine que cette chanteuse-là ne le laissera pas indifférent, si toutefois il ne la connaissait pas encore. 

Cher Éric, je t'en souhaite une très bonne réception. 
recto avec photo sur un fond de dentelle tiré d'un vieux rideau

verso : à gauche photo trouvée sur le site https://souljazzbluesnco.canalblog.com
à droite phtot trouvée sur le site https://colette-magny.over-blog.com

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2026 étant l'année du centenaire de sa naissance, j'ai eu envie de vous parler de cette femme remarquable qu'a été Colette Magny (1926-1997) probablement oubliée de la plupart d'entre vous, si ce n'est pas carrément une inconnue. 
Dactylo devenue chanteuse dans les années 60, Colette Magny a choisi de mettre en musique et en chansons la révolte et les luttes sociales plutôt que de faire carrière. Des planches de l’Olympia jusqu’aux usines en grève ou aux mines de charbon, elle acquiert une notoriété parmi les classes populaires.

Chanteuse, autrice-compositrice qui a commencé sa carrière sur le tard et totalement en décalage avec ce qui se faisait à l'époque (celle des yés-yés). elle a été une figure majeure de la chanson engagée et du blues en France.

Ce que j'admire en elle, au-delà de sa voix puissante au timbre si particulier, c'est sa probité, son engagement total et sans aucune concession : elle n'a jamais fait que ce qu'elle a voulu, ce qui lui a valu d'être personna non grata dans beaucoup de lieux dédiés au music-hall, et censurée comme personne dans toutes les radios. 

Elle chantait par conviction pure : jamais elle n'a voulu céder à tous ceux qui voulaient bien de son chant mais pas de sa musique ni de ses paroles. Or, ce qu'elle voulait au-dela de tout, c'est s'exprimer grâce à sa voix mais aussi car elle avait beaucoup à dire, notamment sur tous les grandes questions agitant le monde (la guerre d'Algérie, la guerre au Vietnam, Mai 1968,... ), se plaçant toujours du coté des plus petits, des exploités du monde ouvrier.
Colette Magny chante une chanson autobiographique "Mélocoton" au « petit conservatoire de la chanson » de Mireille le 4 mars 1967 /ORTF - Si cette chanson la fait connaître du grand public, elle finira par ne plus supporter qu'on la lui demande
 tant elle a occulté tout le reste de son oeuvre (230 chansons)
 
En 1963, le succès de sa chanson Melocoton est fulgurant et la conduit à l'Olympia en première partie de... Sylvie Vartan, mais il est sans lendemain. Elle refuse de devenir la blues-woman blanche promise au succès et son répertoire personnel, plus politisé (Co-opération, Viva Cuba), ne plaît pas à CBS. L'éditeur progressiste Le Chant du Monde la prend sous contrat, lui offre toute liberté de création et une série d'albums mémorables verra le jour: Frappe ton cœur, VietNam 67, Feu et Rythme, Répression, Transit, jusqu'à Visage-Village, son chef-d'œuvre de 1977.

Parallèlement, elle se produit sur des scènes conformes à ses convictions: la Cartoucherie, la Fête de l'Humanité ou celle du PSU, mais aussi dans les foyers déjeunes travailleurs, les MJC, les usines occupées. Son répertoire composite reflète une grande cohérence de la forme et du fond. Il défie le monde du spectacle par sa diversité : blues magistralement interprétés, free jazz, mélodie française, poèmes mis en musique (Hugo, Aragon, Louise Labé, LeRoi Jones, Neruda...), chansons-collage truffées de citations ou écrites au cœur des luttes. Ses thèmes dérangent: la répression policière, le conflit israélo-palestinien, les enfants handicapés. À l'occasion, Colette pratique l'humour voire l'autodérision comme dans le célèbre Ras-la-trompe ("Je suis un petit pachyderme de sexe féminin").

Elle invente une écriture très personnelle, fruit d'une recherche formelle exacerbée, faisant éclater le genre jusqu'à chanter le dictionnaire ! Avec une diction et une articulation qui swinguent naturellement, elle recompose les textes à partir de leur rythme propre afin de leur donner du sens. Sa voix vient des tripes : elle systématise l'usage du cri, les borborygmes, les coulées verbales à la scansion hachée, les modulations inédites. À son crédit, de nombreuses collaborations inter-arts avec le free jazz (François Tusques), la musique classique (Sylvie Dubal) ou contemporaine (André Almuro), le rhythm'n'blues (Mickey Baker) et les arts plastiques (Ernest Pignon-Ernest). Elle s'implique dans des créations collectives: Femmes en lutte avec Catherine Ribeiro et la Haïtienne Toto Bissainthe, Chili: un peuple crève... avec Le Forestier et Mara ou, en 1979, avec les enfants d'un institut médico-pédagogique. Éveillée à la politique au temps de la guerre d'Algérie, elle hurle mieux que quiconque les révoltes d'alors. Un temps, ses spectacles furent perturbés par des militants intransigeants, au point qu'elle délaissa la scène plusieurs années.

On ne peut citer que quelques joyaux parmi les 230 titres enregistrés : Saint James Infirmary, Les Tuileries, VietNam 67, À Saint-Nazaire, Jabberwocky, Répression, Chronique du Nord, La Panade, La mort me hante, Quand j'étais gamine... Respectée par la profession (nombreux prix Charles-Gros) bien que boudée du grand public, d'une rare rigueur artistique et morale, Colette était généreuse jusque dans ses emportements, qui cachaient mal une nature sensible. Sa corpulence impressionnante avait une certaine grâce et elle exerçait une séduction réelle sur les publics féminins, mais resta toujours discrète sur ses amours particulières. Malade de la colonne vertébrale, elle vécut ses dernières années dans une semi-retraite et des conditions précaires. Avant que ses saintes colères et son rire tonitruant ne laissent un grand vide.
C.M.

Source : le blog https://colette-magny.over-blog.com/ qui contient de nombreuses références et articles sur la chanteuse. Je vous en conseille la lecture.

 Colette Magny - Répression / Exil (1972) Entre deux chansons récentes de son répertoire, Colette Magny se confie sur le bonheur, sa manière de chanter, la société et la politique.Vidéo publiée sur la chaine Youtube de la RTS Archives
Colette Magny - Oink Oink - sur l'album "Répression" (1972)vidéo sur la chaine Youtube de Fida le Rebecc

Pour en écouter davantage sur le grand répertoire de Colette Magny, voici le lien qui donne accès aux clips et permet d'écouter ses textes si forts et malheureusement toujours actuels. 

Merci à toi Colette, une vraie citoyenne rebelle, une belle personne sans concession, comme il en existe de moins en moins. Pour conclure, voici une dernière et tellement percutante chanson :

Colette Magny « Les gens de la moyenne » enregistré sur l'ORTF le 3 décembre 1966 dans l'émission de Guy Béart "Bienvenue à Jean-Pierre Chabrol - Vidéo publiée sur la chaine Youtube de Par si Par là 

LES GENS DE LA MOYENNE

Comment ça va les gens de la moyenne ?
vous savez sans vous, on ne peut rien du tout 
comment ça va les gens de la moyenne ? 
savez-vous que sans vous, on ne peut rien du tout.

Les études se sont guère nécessaires 
pour les hommes que l'on dit ordinaires
 4 % de fils d'ouvriers à l'université 
mais pour voter, même par une croix à signer 
on vous incitera et si jamais trop nombreux 
vous refusez d'y aller un jour 
si vous n'y prenez garde 
on vous y conduira par aiguillon électrique
un bétail pour aller plus vite comme en Amérique 

Mais c'était à Selma Alabama
c'est pas notre chair
c'est pas notre sang 
on s'en fout ! 

Comment ça va les gens de la moyenne ?
vous savez sans vous, on ne peut rien du tout
comment ça va les gens de la moyenne ? 
savez-vous que sans vous, on ne peut rien du tout. 

Les étudiants ont manifesté 
par la police, ont subi des sévices 
mais c'était à Lisbonne, au Portugal 
mais cette fois, c'était leur chair, c'était leur sang. 
les bourgeois de la ville 
ont renié publiquement
quarante années de gouvernement. 

Comment ça va les gens de la moyenne ?
vous savez sans vous, on ne peut rien du tout 
comment ça va les gens de la moyenne ? 
savez-vous que sans nous, personne ne peut rien du tout.

11 septembre 2026

Liberté d'expression, pour la Médiathèque Pablo Neruda de Malakoff

Je participe pour la troisième fois à l'appel à mail-art lancé par la Médiathèque Pablo Neruda de Malakoff, et je trouve son thème particulièrement bien choisi en ces temps difficiles que nous vivons tous en ce moment.

« Je ne suis pas d'accord avec ce que vous dites, mais je me battrai jusqu'à la mort
 pour que vous ayez le droit de le dire ».
Evelyn Beatrice Hall
Photo issue de Youtube : la liberté d'expression est elle en danger en Europe?

Au moment où les média et l'édition des livres et des journaux sont de plus en plus concentrés entre les mains de quelques milliardaires aux idées étroites, la liberté d'expression est un droit fondamental qu'il nous faut utiliser sans auto-censure, dans les limites de la loi. 

Ne nous leurrons pas, si par malheur, l'extrême-droite vient au pouvoir en France en mai prochain, c'est l'un des premiers droits qui nous sera retiré. Pourtant : 

La liberté d'expression est consacrée parmi les « droits naturels et imprescriptibles de l'homme » dans la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen (DDHC) de 1789. Son article 11 en définit l'importance, le périmètre et les enjeux : « La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l'Homme : tout Citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l'abus de cette liberté dans les cas déterminés par la Loi ». Derrière cet article se retrouvent tous les enjeux liés à la liberté d'expression : depuis ce texte fondateur, nos sociétés ont eu à arbitrer entre la nécessité que cette liberté s'exprime pour chacun et en toutes circonstances pour garantir le pluralisme sans lequel elle n'existe pas et la question des abus de cette liberté qui peuvent conduire à des dérives violentes et liberticides (haine en ligne, diffamation, etc.).

Des réponses différentes ont été apportées selon les époques et les régimes politiques, faisant évoluer la définition et le périmètre de la liberté d'expression et se traduisant à chaque fois dans la loi. Derrière ce principe se trouve également un enjeu d'éducation majeur, avec la nécessité d'apprendre aux élèves à utiliser cette liberté, en s'exprimant librement tout en étant capable d'écouter et de comprendre d'autres opinions que les leurs, mais aussi en comprenant la nécessité que des limites communes soient fixées par la loi, limites pouvant faire l'objet de débats.

Cette liberté d'expression, défendons-là comme l'ont fait avant nous nombre d'instituteurs, certains y ayant même laissé leur vie comme ce fut le cas du regretté Samuel Paty. 

4 juin 2026

Quand artichauts et cardons deviennent fleurs, pour Nadine

Après bien des difficultés, j'en ai terminé avec cette broderie que je destine à mon amie Nadine. J'espère qu'elle saura lui plaire malgré bien des approximations dans la réalisation.

Je ne sais pas si elle est comme moi car j'ai toujours beaucoup aimé ce que l'on appelle improprement la "fleur d'artichaut" : c'est en réalité une inflorescence très condensée (le capitule). On peut le considérer ce capitule comme un fruit composé ou infruescence.On trouve également ce genre de fleur sur le cardon, légume de la même famille que l'artichaut, dont on ne consomme que les tiges (pétioles)
au centre, peinture botanique de Reinhild Raistrick de cardons en fleurs
à gauche, photo du dessus d'un artichaut violet 

Tableau de H. Remi les artichauts - au verso de l'enveloppe

Je n'ai jamais mangé de cardons car je ne sais pas les préparer, mais peut être  mon amie le sait-elle car sous forme de gratin c'est, en Provence ainsi que dans la région de Genève et à Lyon, un des plats incontournables du repas traditionnel de la veille de Noël.

Par contre j'appréciais autrefois grandement de consommer des artichauts : ceux du commerce et les quelques-uns que mon père arrivait à faire pousser dans notre potager. Mais depuis des années, même achetés tout frais en Bretagne principal lieu de production en France, ils me rendent malades, mon corps ne les supporte plus du tout  (mode de production trop chargé en intrants?) et j'ai du me résigner à les rayer de mon régime alimentaire même en les cuisant avec du carbonate de soude. Dommage, car c'était un légume fort agréable à déguster en été. 

Qu'importe, cela reste une plante fleurie bien jolie que je retrouve même dans des bouquets de fleuristes.
Bouquet vu sur le site de l'Atypique Fleuriste autrement
Voilà chère Nadine, un mail-art sur un thème assez particulier, dont j'avais très envie de te parler depuis longtemps : on peut trouver de la beauté partout, même dans un potager! Je t'en  souhaite une bonne réception ainsi qu'un bel été. 

PS : humour avec le sketch de Coluche "Le plus dur c'était la fin du mois" : On n'a qu'à manger des artichauts. Les artichauts, c'est un vrai plat de pauvres. C'est le seul plat que quand t'as fini de manger, t'en as plus dans ton assiette que quand tu as commencé !

Au printemps, les chevaux s'égaient dans la prairie fleurie, pour Léo

Voici une patite carte textile pour Léo, qui voue une véritable passion pour les chevaux (en ce moment). 

Lorsque je l'ai à la maison pour partager un petit moment, nous passons des heures dans les livres qui en parlent, et c'est à chaque fois un grand bonheur pour tous les deux, car moi-aussi j'aime beaucoup cet animal.

photo publiée sur Facebook par Amazing nature beauty, sans nom d'auteur
Et puis, en plein apprentissage du vocabulaire, Léo  pourra s'exercer à dire "un cheval, des chevaux", et savoir que la maman s'appelle une "jument" et le petit " le poulain".  

Ne sont ils pas mignons tous les deux à se faire des calins, tout comme le fait une maman avec son petit garçon ou sa fille? Belle réception de cette carte, mon Léo, à bientôt.

Bel anniversaire Sasha!

Il fut un temps où tu as voulu t'essayer à la danse classique et tu étais bien jolie avec tes ballerines, tes guêtres et ton justaucorps... mais depuis, tes goûts ont changé, tu préfères les chorégraphies plus dynamiques et plus modernes aussi, de la K-Pop. 

Pour célébrer tes 6 ans, la fin de ta scolarité à l'école maternelle, tes deux dents absentes dans ton large sourire de presque CP, je t'adresse cette jolie ballerine dans une ambiance toute rose, comme tu aimes, en espérant que cette carte te plaira bien : je t'en souhaite une bonne réception et t'embrasse tout plein. 

Bel anniversaire à toi, Sasha!

Je souhaite à Mallow un Happy Birthday!

Revoici le temps de te fêter ton anniversaire, le 5ème déjà : comme le temps passe vite! Cher Mallow, bien que tu sois éloigné de la famille par la distance, tu es toujours très présent dans nos pensées et dans nos coeurs.  

Composition à partir d'une carte d'anniversaire vu sur Pinterest et d'une photo d'une voiture de pompier à pédiales,
sur un fond de tissu flammes
 
Pour toi, mon petit neveu franco-canadien,  très fan des pompiers, voici une carte d'anniversaire qui devrait te plaire : j'espère qu'elle arrivera à temps, de l'autre coté de l'Atlantique,  pour t'apporter tous mes bons voeux de bel anniversaire et tout plein de bisous.

Happy Bithday, Mallow!

Véronique n'a plus la tête sur ses épaules, pour Marie

Vous qui me suivez, vous me savez totalement athée, pour autant cela ne m'empêche pas d'aller souvent visiter des églises et de m'émouvoir devant la beauté de certaines statues ou tableaux. 

Cette fois-ci la rencontre n'a été que virtuelle : alors que je cherchai des visages pour répondre au thème désormais clos lancé pour le MIAP de Christophe, j'ai trouvé cette statue tellement belle avec cette jeune femme très douce, accompagnée de ce que je croyais être ses enfants. Cette statue de Sainte Véronique portant sa tête après décapitation, accompagnée de deux anges, se trouve au Louvre.

Je destine ce mail-art à Marie, qui va bientôt voir le bout de l'année scolaire : je lui en souhaite bonne réception, ainsi qu'un bel été.  

*** Sainte Valérie, céphalophore, accompagnée de deux anges ***

Des saints ont la tête sur les épaules ; d’autres l’ont entre leurs mains. Ce sont des céphalophores, étymologiquement « des porteurs de tête » (céphale).

Le plus célèbre céphalophore est saint Denis, un évêque de Paris que les Romains décapitèrent. Il ramassa sa tête et préféra mourir quelques kilomètres plus loin. Sur ce lieu fut implantée la célèbre basilique Saint-Denis.

Mais les saintes ne sont pas en reste, comme le montre cette image de sainte Valérie. Selon la légende, elle aussi paya son appartenance au christianisme par la décapitation. Elle aussi se prit la tête (au sens premier). Mais où aller ? Elle se dit : « Et si je me rendais auprès de mon ami saint Martial, évêque de Limoges ? ».

Martial disait la messe. Sainte Valérie déposa sa tête au pied de l’autel. La légende ne dit pas ce que l’évêque fit de cet encombrant cadeau.

Sur cette statue exposée au Musée du Louvre, deux enfants accompagnent la sainte. Ce sont en fait les anges qui la guidèrent jusqu’à l’église de saint Martial.

Sainte Valérie, céphalophore, accompagnée de deux anges 1475/1500 (4e quart du XVe siècle)
France Nivernais - RF 1519 - Département des Sculptures du Moyen Age, de la Renaissance et des temps modernes - Le Louvre