Affichage des articles dont le libellé est annonce. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est annonce. Afficher tous les articles

20 novembre 2025

On parle beaucoup de la 16e JMFTA dans la presse : article dans 20 Minutes hier et dans le Nouvel Obs, aujourd'hui!

Je relaie ici le message de l'ami Marc qui nous propose sur son blog l'intégralité de l'article  rédigé par Gaéton Goron dans le "Nouvel Obs." de ce 20 novembre 2025.

« L’art postal est quelque chose de complètement iconoclaste » : qui sont ces artistes qui dessinent des timbres et peignent des enveloppes ?

Récit : La Journée mondiale du Faux Timbre d’Artiste (JMFTA), ce jeudi 20 novembre, est un exemple de la vitalité de l’art postal, qui, sous forme de multiples galaxies artistiques incontrôlables, amène de l’humain dans un réseau – celui de La Poste – de plus en plus mécanisé.

Timbres en hommage à Louise Brooks et Charles Gleyre créés par l’artiste Tony Mazzocchin pour la 16ᵉ Journée mondiale du Faux Timbre d’Artiste (JMFTA). photo de Tony Mazzochin

Tout part d’une lettre, l’an dernier, une de celles envoyées au «Nouvel Obs» par les cruciverbistes de l’été. Elle contient une grille géante de mots croisés dûment remplie. L’enveloppe est magnifique, décorée, elle contient des informations sur l’art postal, j’échange quelques messages avec son auteur, Marc Halter, et, dans le flot des courriers, nous en restons là.

Cette année, rebelote, une nouvelle œuvre postale de ce Strasbourgeois me titille : qu’est-ce que l’art postal ? Depuis quand existe-t-il ? Comment est-il structuré ? Qu’en dit La Poste ? Les réponses, je les dois principalement à Lise Mouchiquel. Cette éducatrice auprès d’adolescents, la cinquantaine, a pas mal bourlingué et vit aujourd’hui près de Dijon. L’an dernier, elle a soutenu la thèse suivante : « Art postal, ou le pari de la lettre : préserver l’humain ». Voici sa définition de l’art postal : « Démarche artistique consistant à créer une composition en utilisant comme support une enveloppe postale ou un autre objet, en jouant sur l’emplacement du timbre, sur la place ou la graphie de l’adresse du destinataire, et en l’envoyant par La Poste, l’oblitération postale étant condition sine qua non de la création de l’œuvre.» La docteure en arts appliqués poursuit : «L’art postal est quelque chose de complètement iconoclaste, non officiel même dans le monde de l’art. On peut parler de démarches, de pratiques, mais pas de mouvement, il n’y a pas de chef de file. Pour se le représenter, le mieux, c’est de voir des galaxies un peu partout. »

Le point de départ, c’est l’arrivée du timbre, 1840 en Angleterre, 1849 en France. Par la suite, on trouve de l’art postal chez de nombreux auteurs et artistes, et aussi dans les tranchées où les poilus décorent leur abondant courrier. En 1962, l’Américain Ray Johnson crée une vraie-fausse école de correspondance, le mail art commence à imprimer. Aujourd’hui, les nouvelles technologies (blogs, Instagram) facilitent l’imitation, la transmission et l’exposition des œuvres.

Entre 1849 et 2025, avec les révolutions techniques, la concurrence, et la dégradation des services publics, La Poste a beaucoup changé. L’automation – fonctionnement d’un ensemble productif, sous le contrôle d’un programme unique – fait loi. Les machines reconnaissent les écritures manuscrites, adresses, codes postaux, des normes de présentation sont imposées, et le personnel n’est plus toujours formé à prendre en charge manuellement des courriers originaux. « L’autre jour, la personne à qui je m’adressais ne savait pas ce que voulait dire “oblitérer manuellement” », constate Lise Mouchiquel. Pascal Charveron le sait, lui. Agent à la poste de Voiron, dans l’Isère, pendant près de quarante ans, il se souvient : « Des objets spéciaux, parfois en laine, des choses qui ne passaient pas dans les machines, moi, j’adorais. Je les oblitérais. Je l’ai vue changer, La Poste. J’y ai travaillé de 1982 à 2019, ce genre de courriers, ce n’était plus du goût de la hiérarchie mais la règle, pour moi, ça a toujours été : un colis, tant qu’il n’y a pas de message haineux évidemment, on le prend. »

Un homme lui apportait ces colis particuliers : Tony Mazzocchin. Cet artiste vit à Voiron, après plusieurs années en Italie et en Suisse où il travaillait dans l’hôtellerie et l’organisation d’événements. En 2010, il enseigne les arts appliqués dans un lycée de Chambéry mais se retrouve en mal d’école quand il se casse la malléole. Collé à son canapé, il correspond avec ses élèves en mail art, des courriers décorés. « J’ai alors décidé que chaque année, le troisième jeudi du mois de novembre ne serait plus seulement celui du beaujolais nouveau mais aussi la Journée mondiale du Faux Timbre d’Artiste (JMFTA). » Il lance un appel, l’idée est simple : envoyer quelque chose par La Poste, affranchi avec un faux timbre créé par l’expéditeur. Il se désigne comme l’unique destinataire de toutes ces œuvres d’art postal et en reçoit 200, postées le même jour de novembre 2010.

Chaque année, un particulier, une association, un musée est l’unique destinataire des envois de la JMFTA, souvent exposés dans les mois qui suivent. En 2012, Tony Mazzocchin choisit, à son insu, «pour se faire connaître et rigoler un peu », le Musée de La Poste à Paris. Plusieurs centaines de courriers affluent dans le 15e arrondissement. La directrice de l’époque, Mauricette Feuillas, se souvient : « Je lui ai dit que c’était un peu fort de café de ne pas nous avoir prévenus, d’autant que les courriers n’étaient pas affranchis et que, dans ce cas-là, le destinataire peut avoir des surtaxes à payer. Après, on a discuté, c’est une opération sympathique, l’approche est intéressante et promeut La Poste et son réseau. On a laissé faire, je trouve simplement paradoxal de profiter d’un réseau de distribution sans en respecter les règles. »

« Avec un vrai timbre, on perdrait toute valeur artistique », proteste l’artiste, qui préfère s’affranchir de l’affranchissement, même si ça peut piquer. En 2016, l’artiste peintre Christophe Renoux annonce à son facteur l’arrivée de plusieurs centaines de lettres pour le troisième jeudi du mois de novembre. «L’information est remontée et, en réaction, le centre de tri de Villefranche-sur-Saône [Rhône] a décidé de bloquer toute lettre non oblitérée. J’ai dû payer plus de 400 euros pour libérer les courriers », se remémore Tony Mazzocchin. L’an dernier, un particulier qui héberge un mini-musée d’art postal, à Rencurel, à la lisière entre Drôme et Isère, n’a pas reçu les nombreux envois. « Trois cents euros cette fois-ci. On s’est cotisés, mais on n’a pas pu tout récupérer. » Mais c’est le jeu. « Couleurs, qualité de l’impression, oblitérations, il y a un caractère aléatoire de l’œuvre d’art postal obtenue après sa transmission. Le résultat peut être amusant, déroutant, esthétique… Souvent, le destinataire envoie une photo à l’expéditeur qui voit ainsi comment son œuvre a évolué. Ce jeu va jusqu’à accepter le risque que l’œuvre ne soit pas transmise ou soit abîmée. C’est un pari », analyse Lise Mouchiquel.

« Le manque à gagner pour La Poste est négligeable »

Dans son musée de la machine à écrire à Lausanne, en Suisse, Jacques Perrier a reçu des faux timbres de Biélorussie, du Brésil, d’un peu partout. Hôte de la JMFTA en 2023, il retient « l’ingéniosité, la folie des gens. On a reçu des machines à écrire faites au crochet, d’autres en carton, des couvercles de camembert, une spatule en bois, toujours avec des faux timbres. Ça touche un public complètement frappadingue, c’est ce qui manque dans notre société. » Dans son « musée-café artistique punk », Jacques Perrier accueille des événements culturels, lectures, ateliers d’écriture et de création pour la JMFTA. Le samedi qui précède le beaujolais nouveau, « on voit des hommes, des femmes, des jeunes, des sexagénaires, ça fabrique, ça se mélange ».

Créer une œuvre et du lien social, Tony Mazzocchin l’a fait plusieurs années avec ses élèves du lycée hôtelier de Chambéry. « Ce sont des gamins qui viennent de quartiers difficiles, qui ont souvent du mal avec l’école, qui manquent de confiance en eux, et avec les arts appliqués, et l’art postal en particulier, ils se rendent compte qu’ils peuvent réussir quelque chose. Ils me disaient que c’était le seul cours où ils voulaient rester après la fin. » La thésarde Lise Mouchiquel abonde : « L’art postal a su investir le champ éducatif. Un timbre, son image, son thème, c’est un outil pédagogique. Utiliser le timbre avec les jeunes, c’est leur permettre d’accéder à l’art. Des élèves illettrés, loin de leur famille, peuvent correspondre à l’autre bout du monde avec un collage et un timbre. Avec peu de moyens, on peut envoyer des courriers très personnels. »

Des courriers en mail art, on en trouve quelques-uns au Musée de La Poste à Paris. « L’art et le timbre » est le fil rouge de son deuxième étage, boulevard de Vaugirard, face à la gare Montparnasse. On y trouve des tableaux, des boîtes postales pailletées, repeintes et tous les vrais timbres français de 1849 à nos jours. Un bout de mur parle de « l’art posté », et propose une vingtaine de créations sur des enveloppes, mais aucune issue de la JMFTA 2012.

Que représente l’art postal pour La Poste ? Y a-t-il encore une place pour lui dans une entreprise aussi mécanisée ? Les faux timbres d’artistes peuvent-ils vous aider à trouver de vrais faussaires en améliorant vos machines ? Personne n’a répondu à ces questions envoyées par écrit. Après plusieurs jours d’échanges avec l’agence extérieure qui gère la communication du groupe La Poste, une visite au musée, et malgré des contacts avec des personnes qui semblaient individuellement sympathiques, la seule réponse obtenue est l’e-mail suivant : « Bonjour. La Poste travaille en étroite collaboration avec les autorités compétentes, notamment les douanes, pour prévenir et lutter contre la contrefaçon des timbres. La Poste ne communique pas sur les dispositifs de contrôle dans le cadre du secret industriel. Cordialement. »

Légère crispation autour de la communication, donc. Mais qui a le mérite de rappeler que le timbre est presque devenu un produit de luxe. En 2016, c’était 0,70 euro pour une lettre verte, ce sera 1,52 euro au 1er janvier 2026. « La Poste a un vrai travail de lutte contre les faussaires, et des machines très performantes pour cela. Mais il n’y a rien à voir avec ce que font les participants à la JMFTA. Je suis éducatrice, je ne peux pas encourager les envois non affranchis mais, lors de cette manifestation, le manque à gagner pour La Poste est négligeable. Ces artistes ne sont pas des rebelles violents, ils ne sabotent pas les machines, ce sont quelque part de doux anarchistes », sourit Lise Mouchiquel. « Il faut voir l’humanité de ces courriers à nu, les messages qu’ils transmettent, les sourires qu’ils créent chez les postiers. » On se rappelle Pascal, l’agent de Voiron, ravi de faire passer de jolis plis, on trouve une volonté de bien faire dans des courriers parvenus au café-musée de Jacques Perrier à Lausanne, en 2023. « Sur plus de 500 œuvres, 95 % sont arrivées, et certaines, parfois encombrantes, avec une pochette plastique, une lettre de La Poste française et un mot d’excuses si elles étaient endommagées. »

Pour éviter les problèmes, Tony Mazzocchin compte enlever, l’an prochain, le « F » de son sigle – « Après tout, ces faux timbres sont des vraies créations » – et il a mis fin au destinataire unique. Si vous lisez cet article avant 23h59 ce jeudi 20 novembre, vous pouvez donc envoyer – même si ce n’est pas recommandé par La Poste – à qui vous voulez votre œuvre avec un faux timbre de votre création en indiquant « JMFTA 2025 », vous verrez bien si elle passe comme une lettre à la poste.

***
Le quotidien 20 Minutes a également consacré un article à cette manifestation que nous célébrons tous le troisième jeudi du mois de novembre, avec bonheur. En voici la teneur :

Pourquoi vous pouvez envoyer gratuitement vos lettres ce jeudi (mais à une condition)

Journée timbrée  La journée mondiale du faux timbre d’artiste vise à mettre en valeur l’art postal, une discipline qui consiste à personnaliser les lettres ou les enveloppes avant de les envoyer par La Poste à des correspondants. Et ce, sans affranchissement officiel

La journée mondiale du faux timbre d'artiste a lieu tous les troisième jeudi du mois de novembre. L'idée est d'envoyer une lettre avec un timbre personnalisé et créatif, mais sans affranchissement officiel. - Tony Mazzocchin

Pour les amateurs de vin, le troisième jeudi du mois de novembre est une célébration du Beaujolais nouveau. Mais pour les passionnés d’art postal cette date est un rendez-vous important, celui de la Journée mondiale du faux timbre d’artiste (JMFTA).

Le principe est simple : il suffit d’envoyer jeudi des enveloppes avec de faux timbres, créatifs et personnalisés, à la place de l’affranchissement officiel en mentionnant « 16e JMFTA ». L’initiative a été lancée en 2010 par Tony Mazzocchin, artiste plasticien et ancien restaurateur, afin de mettre en avant le «mail-art», ou art postal en VF.

«Drôle, parfois provocateur »
Cette discipline artistique consiste à décorer ses lettres et ses enveloppes. Des poètes comme Victor Hugo ou encore Stéphane Mallarmé la pratiquait, puis ces correspondances créatives ont aussi été investies par les mouvements surréalistes, dadaïstes ou encore futuristes à travers l’histoire. « Il y a beaucoup de facettes, explique Tony Mazzochin à 20 Minutes. Vous pouvez utiliser n’importe quel média, que ce soit de la photographie, du collage, de la peinture, des objets, des écritures… Cela peut être drôle, parfois provocateur. » Une seule contrainte pour cette correspondance artistique : la lettre doit passer par les services de La Poste, pour être tamponnée et distribuée, sinon ça ne compte pas.
Un exemple d'art postal, une boîte de sardines décorée et affranchie.- photo de Tony Mazzocchin

Tony Mazzocchin est tombé dans le « mail art » au contact d’un de ses clients, ancien postier, alors qu’il travaillait en Suisse dans son restaurant. Il tient un blog, « Poste nomade », comme une « boîte aux lettres » dédiée au sujet. L’artiste lance la JMFTA en 2010, alors qu’il enseigne cet art créatif dans un lycée hôtelier près de Grenoble. Immobilisé à la suite d’une blessure, il demande à ses élèves de continuer cette correspondance. C’est ce qui lui donnera l’idée de cette journée de liberté. « Il y a un côté généreux, les personnes ont plaisir à le faire et à personnaliser leur enveloppe, comme un tableau », évoque-t-il.

Quelques blocages
Tony Mazzocchin n’a jamais rien demandé à La Poste, mais assure que l’institution joue le jeu, distribuant régulièrement ces courriers pourtant non timbrés. « Il y a parfois des blocages, des soucis techniques, une surtaxe à payer, sourit-il. Mais imaginez aussi, un postier dans un village qui reçoit d’un coup 500 lettres non timbrées ? On peut se poser des questions. » Chaque année, depuis la création de la JMFTA, le plasticien annonce une adresse à laquelle envoyer les correspondances créatives. Parfois l’adresse d’un ami « mail artist » ou les coordonnées d’une institution, à l’instar du Musée de la machine à écrire à Lausanne ou encore le MIAP (Micro musée international et indépendant de l’art postal) à Rencurel, en Isère.

Cette année pour la première fois, le mot d’ordre est : « Choisissez votre destinataire ». Les artistes du jour sont invités à transmettre par mail une photo de leurs créations pour alimenter le blog de Tony Mazzocchin, déjà récipiendaire d’environ 3.000 lettres à travers les années. « Les gens découvrent chaque année cette journée, c’est un stimulant », se réjouit-il. Et de rappeler : « Il ne faut pas être spécialement un artiste. L’art postal, c’est à la portée de tous. »

Source : VINGT MINUTES article de Mathilde Durand Publié le 19/11/2025 à 18h10

8 novembre 2025

Des nouvelles de La Poste, pas très réjouissantes : bond du prix du timbre et disparition progressive des boites aux lettres

L'activité de mail-artiste fait obligatoirement qu'on s'intéresse de très près à La Poste et à la collecte et  distribution du courrier physique. Je sais, par nos échanges, que tout comme moi, vous constatez  la dégradation constante du "service public" auquel cette entreprise est pourtant astreinte s'amplifier,  avec une qualité de service inversement proportionnelle aux prix pratiqués pour toute l'activité du courrier, des distributions fantaisistes car les tournées des facteurs ne sont plus du tout régulières, quand ce ne sont pas, hélas, des destructions ou des pertes. 

Mais nous sommes des mordus de l'art postal et nous nous accrocherons tant que nous le pourrons financièrement à continuer d'écrire de vraies lettres et à composer des enveloppes artistiques, pour le plaisir de nos correspondants et pour celui  du personnel de La Poste, qu'il soit guichetier, au tri ou bien facteur,  tant que le courrier transitera par des mains humaines.

Prix de l'affranchissement en hausse : Le prix du timbre lettre verte France et celui de la lettre internationale pour 2026  font un bond énorme. 

La Poste justifie cette hausse nette des tarifs d'affranchissement par la nécessité « d'assurer la pérennité du service universel postal avec une qualité élevée »


 Photo d'illustration Sipa

Si vous en avez la possibilité, je ne peux que vous conseiller de "faire le plein" de timbres avant le changement de tarifs ou d'acheter en priorité des carnets de timbres à validité permanente, pour pouvoir les utiliser indépendamment de l'année où vous en faites l'acquisition.  

Tout cela n'est évidemment possible que si vous avez encore un Bureau de Poste à proximité. Sinon c'est l'achat par internet auxquels beaucoup d'entre vous sont opposés, mais vers lequel nous sommes inexorablement conduits.

Disparition progressive des boites à lettres : je viens de prendre connaissance d'un article de Médiapart de Benjamin Douriez en date du 3/11/2025 sur ce phénomène s'amplifiant d'années en années, celui de l'effacement progressif des boites aux lettres dans les rues de France, essentiellement dans les communes rurales dans un premier temps

La Poste supprime les célèbres boîtes jaunes à tour de bras depuis début 2025, principalement dans les zones rurales et jusqu’à une sur quatre en Vendée. L’opération, rendue nécessaire par la désaffection pour le courrier, est menée sans grande transparence. Mediapart dévoile les chiffres.

Un arrêté municipal pour sauver une boîte aux lettres ? La méthode est peu orthodoxe. C’est pourtant la seule qu’ait trouvée le maire du village de Farges-lès-Chalon (Saône-et-Loire) au printemps 2025. Le 15 avril, La Poste l’informe par courrier du retrait, prévu un mois plus tard, de la boîte de collecte installée dans un hameau de cette commune de 820 âmes. « Je suis tombé des nues », raconte l’édile, Sylvain Dumas. Cette « décision unilatérale » obligerait les habitant·es du hameau, âgé·es pour certain·es, à parcourir le kilomètre et demi les séparant du bourg pour poster un courrier.

Pour protester, le maire organise un rassemblement devant la boîte jaune menacée et signe un arrêté interdisant « à toute personne physique ou morale, y compris La Poste », de supprimer la boîte « située rue de la Maladière, sur le domaine communal, sans autorisation expresse de la commune ». La légalité de l’arrêté est incertaine. Mais, pour l’instant, la boîte aux lettres a été épargnée. Ce qui n’est pas vrai ailleurs.


Un peu partout en France, La Poste supprime des boîtes jaunes. Les médias locaux relatent la colère des habitant·es et des élu·es concerné·es depuis plusieurs mois. Voir ce petit morceau de service public disparaître du paysage est particulièrement difficile à accepter dans les zones rurales, de Launac (Haute-Garonne) à La Flèche (Sarthe), en passant par Warluis (Oise) ou Moriat (Puy-de-Dôme).

« Que ce soit un objet comme la boîte aux lettres ou un humain comme un ou une guichetière lorsqu’un bureau de poste ferme, les gens voient s’estomper le service public. Or le vote populiste a parmi ses carburants le sentiment d’abandon »
, souligne Nicolas Galépides, responsable fédéral du syndicat Sud PTT.

La direction de l’entreprise publique rechigne à reconnaître l’existence d’un « plan » de suppression des boîtes aux lettres. C’est pourtant bien ce que laissent apparaître les chiffres que publie Mediapart. Sur un réseau de quelque 121 000 boîtes aux lettres en début d’année, La Poste en a supprimé 6 307 à début octobre, soit de l’ordre de 25 chaque jour, samedis et dimanches compris.

Cet inventaire s’appuie sur des données publiques et des archives, émanant de La Poste elle-même . Rien que sur les neuf premiers mois de 2025, 5,2 % du parc de boîtes a donc disparu, pour tomber à moins de 115 000. Dans dix-sept départements, le recul est même supérieur à 10 %, toujours selon les calculs de Mediapart.

Entre janvier et octobre 2025, ce sont la Vendée, la Saône-et-Loire et la Loire-Atlantique qui ont, en proportion, perdu le plus de boîtes aux lettres de rue. Seules la Lozère et les Alpes-de-Haute-Provence en ont gagné quelques-unes.

Carte: Mediapart Source: La Poste © Infographie Mediapart

Pour justifier les suppressions, La Poste avance que «de très nombreuses boîtes aux lettres ne recueillent plus de courrier ou moins d’une lettre par semaine». L’entreprise argue aussi d’un retard dans l’adaptation du réseau aux besoins : «Le paysage urbain ayant évolué, certaines boîtes présentent un accès dangereux pour les clients ou le facteur »

« Lorsque la boîte aux lettres est dans un hameau, ça ne peut pas être un tableau Excel qui décide de sa suppression. Même si elle ne sert que pour trois lettres par semaine! », s’agace Sylvain Dumas, le maire de Farges-lès-Chalon. Même son de cloche dans la Vienne, auprès de la CGT de La Poste : le syndicat y a apporté son soutien à un collectif d’habitant·es du village de Persac qui a « kidnappé » une boîte jaune, juste avant son retrait annoncé par l’entreprise.

«Dans nos campagnes, les habitants qui restent sont ceux qui ont le plus besoin du service public postal. Notamment des personnes âgées qui paient encore leurs factures en envoyant un chèque», souligne Fabien Lecomte, responsable départemental du syndicat postal.

Selon lui, les boîtes excentrées sont justement celles que La Poste vise en priorité. Il s’agit moins de gagner la minute trente passée en moyenne par le facteur ou la factrice à en relever le contenu que les dix ou quinze minutes de détour : « Depuis la fin du timbre rouge et du courrier en J+1, le facteur ne passe plus forcément tous les jours chez chaque particulier. En revanche, le relevé quotidien de la boîte jaune reste obligatoire. Dans les hameaux, sa suppression lui permettra de ne plus venir quotidiennement. » La Poste indique à Mediapart vouloir « maintenir un réseau suffisamment dense pour couvrir le territoire », et ce « y compris en milieu rural ».

Mais l’exaspération se nourrit aussi des conditions entourant les décisions de suppression. Selon La Poste, toute décision de retrait «se fait en concertation avec les maires ». Les remontées de terrain indiquent que c’est loin d’être toujours le cas. «Même si ce n’est pas général, des maires sont encore mis devant le fait accompli», estime Xavier Cadoret, maire de Saint-Gérand-le-Puy (Allier), qui siège à l’Observatoire national de la présence postale. «Un dialogue préalable sur la base de statistiques objectives d’utilisation des boîtes jaunes visées est indispensable», ajoute-t-il.

La disparition des boîtes aux lettres ne se fait pas partout à la même vitesse. Selon nos calculs, la palme du département le plus touché revient à la Vendée, avec 25,6 % des boîtes jaunes supprimées depuis le début de l’année, soit une sur quatre. La Saône-et-Loire est sur la deuxième marche du podium, avec près d’une sur cinq (− 18,7 %).

La région Pays de la Loire est particulièrement concernée, avec trois autres de ses départements figurant dans le top 10 : Loire-Atlantique, Maine-et-Loire et Sarthe. De nombreux départements très ruraux figurent aussi dans le haut du classement : Cantal (5e), Dordogne (8e) ou Corrèze (10e).

Source : extrait d'un long article  sur le site https://www.mediapart.fr/journal/economie-et-social/031125/la-grande-disparition-des-boites-aux-lettres-dans-les-rues-de-france

***  Fin de la livraison des courriers physiques au Danemark au 1.1.2026 ***

Le Danemark sera le premier pays européen à suspendre complètement la livraison des lettres papier : à partir du 1er janvier 2026, PostNord ne distribuera plus de courrier traditionnel, mettant fin à une pratique qui dure depuis plus de 400 ans.

Cette décision s’accompagne du retrait des 1 500 boîtes aux lettres rouges ornées du symbole de la couronne, élément historique du paysage urbain danois. La dernière date pour envoyer des lettres sera le 18 décembre 2025 (courrier ordinaire), avec une livraison finale fixée au 30 décembre 2025. À partir de l’année prochaine, tout courrier restant sera géré par des opérateurs privés, tandis que PostNord se concentrera uniquement sur les colis.

Au Danemark, au 1er janvier 2026, il n'y aura plus aucun courrier physique.

La situation en Suisse est différente, où la Poste maintient la livraison des lettres cinq jours par semaine, malgré une baisse de 60 % depuis 2000. Le Conseil fédéral a déjà envisagé de réduire la fréquence (par exemple, à trois jours par semaine), mais il n’est pas question d’une abolition complète. Les boîtes aux lettres jaunes resteront également, bien qu’en nombre réduit et concentrées dans les zones à fort passage.

Le Danemark a opté pour un modèle radical, misant tout sur la numérisation et la logistique des colis. La Suisse, en revanche, adopte une approche plus prudente, cherchant à équilibrer l’innovation technologique et l’inclusion sociale.

Source : https://swissfederalism.ch/fr/courrier-papier-danemark/

*** Comment les autres pays ont réformé leurs systèmes postaux ***
Article du Figaro Economie du 12 janvier 2014

A l'heure du tout numérique et de la généralisation de la facturation en ligne, le courrier ne fait plus recette. Face au déclin de son cœur de métier, La Poste engage une réflexion sur son avenir et consulte ses usagers pour mieux reformer ses activités. Avant la France, le Canada, la Belgique, les États-Unis ou encore le Royaume-Uni ont fait évoluer leurs services postaux. Tour d'horizon des grands changements entrepris.

Au Canada, les courriers ne sont plus distribués à domicile
En décembre (2013) la poste canadienne a annoncé la fin de sa distribution à domicile du courrier d'ici cinq ans et le doublement du prix des timbres. Comme c'est déjà le cas en campagne, les foyers urbains recevront leur courrier dans des boîtes aux lettres collectives. La fin des parcours à domicile des facteurs «permettra à Postes Canada de réaliser des économies importantes et n'aura aucune incidence pour les deux tiers des ménages canadiens qui reçoivent déjà leur courrier et leurs colis dans une boîte postale communautaire, une boîte postale multiple ou une boîte aux lettres rurale», avait justifié Postes Canada.

Parallèlement, l'entreprise compte augmenter le nombre de bureaux de poste concessionnaires dans les commerces, alors qu'elle désire «ajuster les bureaux de poste qu'elle exploite elle-même en fonction de leur achalandage».

La poste américaine s'associe aux fournisseurs en ligne
La poste américaine, US Postal Service, va livrer le dimanche les colis du groupe de vente sur l'internet Amazon.com. Dans un premier temps, seules les agglomérations de New York et de Los Angeles seront concernées. Le nouveau service sera ensuite étendu à «une large proportion de la population américaine», avait annoncé le directeur général de US Postal Service, Patrick Donahoe.

La Grande-Bretagne mise sur le privé
En octobre dernier (2013), la Royal Mail a été privatisée. Une entrée en bourse remarquée puisque le titre de la poste britannique s'était envolée de 38 % en quelques minutes. Mais cette opération d'envergure - puisqu'il s'agit de la plus grande privatisation depuis l'ère Thatcher - a suscité une vaste polémique. De fait, après l'envolée du cours de Bourse, les détracteurs de l'opération ont accusé le gouvernement d'avoir bradé le service public centenaire.

Dans d'autres pays européens comme l'Allemagne, l'Autriche, la Suède ou les Pays-Bas, la Poste a également été privatisée. Une voie que l'Italie pourrait également emprunter. L'État transalpin réfléchit en effet à une privatisation partielle du groupe.

En Belgique, le facteur est aussi épicier!
La BPost ne distribue pas seulement le courrier. Pour survivre, les services postaux de nos voisins francophones se sont diversifiés. Outre la distribution des plis, les facteurs livrent également des produits d'épicerie, des livres, journaux et autres produits choisis par les usagers auprès d'enseignes partenaires de l'entreprise publique. Le groupe se charge aussi d'imprimer les ordonnances des médecins, les cartes grises pour les voitures ou les PV ainsi que la moitié des factures de toutes les entreprises du royaume. De plus, elle fabrique et livre sous 24 heures toutes les plaques d'immatriculation belge.

Attention cet article date un peu, les choses ont sûrement évolué depuis, et probablement pas dans le bon sens.
***
Désolée de toutes ces nouvelles qui ne nous sont pas favorables, à nous les passionnées de chouettes courriers artistiques,  qui nous accrochons mordicus aux flux physiques de nos enveloppes et cartes mail-artées. Je ne peux m'empêcher de penser aussi aux les personnes agées ou isolées en milieu rural qui ne sont pas toutes à l'aise avec le numérique et la dématérialisation des transactions ; pour certaines d'entre elles, cela peut devenir économiquement très difficile puisqu'il y a cumul entre le coût très élevé des timbres, le coût non négligeable du carburant pour se déplacer jusqu'à un bureau de poste en voiture, à la condition déja d'en posséder une, et surtout la perte de contact si les tournées deviennent  de moins en moins présentes et donc la visite du facteur rarissime.

Plus que jamais, et tant que ce sera possible, 
RESISTONS et continuons à nous faire plaisir avec l' ART POSTAL !

21 septembre 2025

Ce week-end, les Journées du Matrimoine ont 10 ans : Les femmes ne sont pas que des muses !

Créées en 2015 à l’initiative de l’association HF Île-de-France, les Journées du Matrimoine font écho aux Journées du Patrimoine pour faire émerger «l’héritage des mères» et rendre visibles leurs œuvres. Elles se déroulent chaque année au cours du week-end de la 3ème semaine de septembre.

Portrait de la concertise Louise Farrenc (née Jeanne-Louise Dumont)- (1804-1875), la figure Matrimoine 2020 -
ca. 1855, Bibliothèque nationale de France..

Les journées du Matrimoine ambitionnent de faire connaître et de rendre visibles les femmes du passé, par le biais d’une programmation culturelle variée. Parcours, visites, expositions, installations, spectacles, performances, concerts, conférences, lectures, projections…. de nombreux événements sont proposés gratuitement au public tout au long du week-end. Les journées du Matrimoine s’adressent à un public large, de tous âges.

Chaque année, cette manifestation culturelle accueille davantage de visiteur·ses et bénéficie d’une couverture médiatique croissante. De nombreuses initiatives se développent sur le territoire français et au-delà des frontières (Belgique, Espagne, Royaume-Uni, Italie…). La conviction que l’égalité entre femmes et hommes passe par la valorisation de l’héritage des femmes est donc désormais largement partagée, par le public et une partie des institutions. On peut ainsi parler d’effet Matrimoine.

Longtemps invisibilisées, les artistes féminines reprennent leur place dans notre mémoire collective. En parallèle des Journées européennes du Patrimoine, les Journées du Matrimoine nous font découvrir les contributions des femmes à la culture. Parcours, visites, expositions, installations, spectacles, performances, concerts, conférences, lectures, projections…. de nombreux événements sont proposés gratuitement au public tout au long du week-end, dans toute l'Île-de-France. Les journées du Matrimoine s’adressent à un public large, de tous âges.

 *** Le matrimoine n'est pas une notion récente ***

source : Wikipédia

Le matrimoine culturel est l'héritage culturel légué par les générations de femmes précédentes. Bien que le terme matrimoine existe depuis le Moyen Âge pour décrire les biens hérités de la mère, il fut supplanté par la notion de patrimoine et son usage resta longtemps limité. À partir des années 2000, la notion réapparaît dans un sens nouveau sous la plume d'auteurs souhaitant insister sur le rôle des femmes dans le développement culturel.

Étymologiquement, matrimoine est un dérivé du latin mater, «la mère»

Matrimoine est emprunté au latin impérial matrimonium, mariage, et à son pluriel matrimonia, les femmes mariées. Ceux-ci ont donné l'ancien français matremuine (1155), matremoine (1356), matrimoigne (1380) puis matrimoine en 1408. Ce dernier désigne dès lors l'ensemble des biens, des droits hérités de la mère, comme son vocable dérivé du latin mater, la mère, le suggère. C'est là une forme de legs parmi les plus courants.

Historique :

D’après Le Robert historique de la langue française, le mot apparaît dès 1155 en ancien français sous la forme de matremuine. On le retrouve en 1160, dans un manuscrit du poète anglo-normand Wace Au Moyen Âge, quand un couple se mariait, il déclarait son matrimoine d'une part, biens hérités de la mère, et d'autre part son patrimoine, l'héritage paternel.

Enluminure de 1413 montrant Christine de Pizan présentant ses Épîtres du Débat sur Le Roman de la Rose à la reine Isabelle de Bavière. Coll. BnF, Paris © Heritage Images / Fine Art Images / akg-images

Le terme patrimoine, à l'instar de matrimoine, dérive du lexique latin qui connaît patrimonium, lui même dérivé du latin pater, le père. Au XIIe siècle, patrimoine supplante progressivement matremoigne jusqu'à l'éclipser totalement. Cependant on rencontre le mot matrimoine encore au XIVe siècle. En 1408, l'orthographe du mot évolue de «matrimoigne» à « matrimoine ».

Le mot matrimoine est utilisé dans la traduction de La Cité des dames de Christine de Pizan (1405) réalisée par Thérèse Moreau et Éric Hicks en 1986 : «mes cheres dames si ne vueillés mie user de ce nouvel heritage sicome font les arrogans qui deviennent orgueilleux quant leur prosperité croist et leur richece multiplie» / «mes chères amies, ne faites pas mauvais usage de ce nouveau matrimoine, comme le font ces arrogants qui s’enflent d’orgueil en voyant multiplier leurs richesses et croître leur prospérité".

***

Pour en savoir davantage, quelques liens intéressants sur les femmes à découvrir :

* lien sur le site  Si/si les femmes existent, mémoire poétique :

C'est une association, loi 1901, dont le but est de faire sortir des oubliettes de l'Histoire une série de femmes remarquables. Notre démarche est née de la lassitude d'entendre dire que s'il n'y a pas de femmes dans les livres d'Histoire, les manuels scolaires, les maisons d'édition, musées, saisons théâtrales et autres diffuseur.se.s de culture, c'est parce qu'il n'y en a pas. Si, si, il y en a ! Les femmes méritant de figurer dans nos mémoires existent, elles sont nombreuses, mais nous ne les connaissons pas.

* lien sur le programme des Journées du Matrimoine 2025 en régions : renseignez vous pour ce qui est organisé près de chez vous. 
journées du Matrimoine 2025 en Ile de France  
journées du Matrimoine 2025 en Normandie
- etc...

11 octobre 2024

L'art postal et la 15ème JMFTA à l'honneur dans le journal, avec Tony et Christophe

Cette année encore, et très tôt dans le calendrier, le Dauphiné Libéré a rédigé un article en vue de la future nouvelle édition de la Journée Mondiale du Faux Timbre d'Artiste.

Article du Dauphiné Libéré du 10 octobre 2024 et la photo des deux amis -DR

On y voit nos deux compères en plein délire à l'intérieur du MIAP, faisant semblant de s'arracher un  beau tableau acheté en commun, réalisé par l'artiste isérois Philippe Chambon. Merci les amis de m'avoir envoyée la coupure de presse, 

J'espère que cette année encore il y aura une très belle participation à cette folle journée que les mail-artistes attendent avec impatience et délice. 

Retenez bien la date : c'est le jeudi 21 novembre 2024 que se déroule la 15e JMFTA!

4 septembre 2024

Concours d'art postal avec l'atelier d'Art Thérapie de l'EPSM71 : date limite d'envoi le 2 octobre 2024

Je viens de relever sur Instagram le lancement d'un concours d'art postal organisé par l'atelier d'art thérapie dit "Atelier du papier de Soi" de l'Etablissement Public de Santé Mentale de la Saône et Loire.

J'ai réussi à me procurer l'annonce et le règlement auprès de la personne qui a organisé cette manifestation et je vous les transmet, car tout le monde n'a pas accès à Instagram. Voici le  règlement du concours, n'hésitez pas à zoomer pour le visualiser.


Il n'y a rien de mieux que la création pour libérer son esprit de ce qui peut le tourmenter, alors quoi de plus simple et accessible que la pratique de l'art postal pour cela?

Les appels à mail-art sont devenus de plus en plus rares en France : c'est bien d'encourager de telles initiatives, merci d'avance, chers correspondants, pour votre participation.

30 juillet 2024

Dates et lieux de RV dans le Paris 2024 des premiers JO de la lenteur, avec Tony et son Tricot sans Fin




Pour annoncer sa sélection à ces premiers JO de la lenteur, le JT de Télégrenoble du 24 juillet dernier  consacre à Tony un reportage d'un peu plus de trois minutes. Depuis son atelier, notre grand Tricoteur explique le principe de son Tricot sans fin : pour voir la partie du reportage qui lui est consacrée, cliquer sur le lien et faire glisser le curseur entre 4.07 à 7.14..
arrêt sur image du début du reportage sur Tony et ses JO de la lenteur, au JT de Grenoble
 édition du 24 juillet 2024 - Reportage de  Jérémy Pinard
***

Je vous ai déjà parlé ici de la qualification de Tony Mazzochin aux premiers JO de la lenteur  mais il me restait à vous préciser où cela se tiendrait dans Paris.

Comme les lieux et les dates sont diffusés par Tony au fil de l'eau et seulement sur Instagram, je vous communique ici les rendez-vous qu'il a/va fixer,  essentiellement dans des parcs et jardins parisiens.

Su vous avez envie avec lui de venir Tricoter le monde dont nous rêvons et découvrir le manifeste laineux, voici les rendez-vous fixés connus à ce jour.

1/Dimanche 28 juillet,  de 14 heures à 18 heures, dans le Parc des Buttes Chaumont en bas du temple de la Sybille

 

Première journée des Olympiades de la lenteur aux Buttes de Chaumont. Des belles rencontres avec de gens de divers pays, passionnés et talentueux qui prennent le temps pour discuter et partager un moment agréable dans un lieu idyllique...(les photos et le texte émanent du compte Instagram de Tony)

2/ Lundi 29 juillet, le rendez-vous annoncé a été apparemment déplacé.
3/ Mardi 30 juillet - RV annulé au Parc de la Villette, faute de place à l'ombre et de beaucoup trop de monde dans le parc devant les fanzones.

J'en conclus que je vais arrêter là de relayer une information aussi volatile (je comprends que ce soit difficile en plein JO de pouvoir s'installer tranquillou quelque part, Tony fait comme il peut et il faut aussi tenir compte de la chaleur insoutenable aujourd'hui). Pour ceux qui seraient intéressés à le rejoindre dans ses pérégrinations laineuses, je vous recommande d'aller directement à la source sur son compte Instagram mazzocchintony.

19 juillet 2024

"Panem et circenses" : de quoi acheter la paix sociale

Panem et circenses (du pain et des jeux) 

Du pain et des jeux
et le peuple sera content,
il suivra aveuglément
les lois des seigneurs dieux.

Le peuple est-il content ?
Assurément,
il ne montre pas ses dents,
il aurait honte,
elles sont pourries.

Du pain il en a partout,
sous toutes ses formes,
pour tous les goûts.
Souvent même, il n’est plus à ses goûts
et il faut en faire des cendres
qui rempliront les déserts
au lieu de les nourrir.

Déjà, dans L’Empire Romain, le poète Juvénal disait que pour gouverner, il fallait donner au peuple «du  pain et  des Jeux ». Ainsi, le peuple pouvait se nourrir et se divertir. On assistait alors à une Paix sociale mettant ainsi le peuple hors du jeu politique, et évitant conflits, révoltes, soulèvements.

En sera-t-il ainsi en France, où les Jeux Olympiques de Paris se dérouleront dans un pays sans gouvernement, déchiré comme jamais? 
***

Illustration d'un article dans la chronique libre d'Yves Ponroy  

Depuis un bon moment maintenant, je suis saturée de toutes ces manifestations sportives à grand spectacle dont le but de rentabilité commerciale inavouée est quand même le moteur (Tour de France, Coupe d'Europe ou Coupe du Monde de Foot masculin...,) bref,  tous les sports où les joueurs professionnels sont grassement payés par des sponsors à l'éthique contestable ou reçus dans des pays ne respectant pas les droits de l'homme et du citoyen, quitte à tricher, à se doper ou voire même à fausser le résultat des matches pour les paris. Cela doit remonter au moins à l'affaire Festina et aux exploits de Lance Amstrong sur le Tour de France.

Un article du média indépendant "s'informer autrement"  pose les choses bien plus sereinement que moi. : je n'ai absolument rien contre le sport en soi, plutôt une bonne chose pour l'hygiène de vie, mais c'est surtout contre l'usage qu'on en fait.

En ce moment je n'ai pas le coeur à jouer, et je me dois d'admettre que les Jeux Olympiques de Paris 2024 m'incommodent tout spécialement. Je ne ferai donc aucune publicité ni aucun mail-art pour les Jeux Olympiques Officiels de Paris 2024 dont je réprouve l'organisation pour tous les mensonges qu'elle a déjà véhiculé et qu'elle véhicule encore. 

Les communicants du COJO savent vendre du rêve mais c'est bien tout , la réalité est bien plus sinistre :

- pour tous les déplacés (out les sans-abri et les précaires, out les étudiants qu'on a lourdé de leur studio pour en faire des locations saisonnières juteuses), 
- pour tous les banlieusards du 93 qui croyaient voir leur département sérieusement évoluer avec des infrastructures pérennes enfin dignes du 21e siècle, des piscines abordables qui seraient gérées par les municipalités et pas par le privé  (la belle blague!),
 -pour toutes les personnes racisées négativement, qui sont juste tolérées lorsqu'elles sont susceptibles de décrocher une médaille ou de ramener un trophée, mais à qui on lance des bananes sur le terrain, ou bien  que l'on affuble toujours de quolibets dégradants dans le sport mais hélas aussi dans la vie courante,
- pour tous les Français des DOM-TOM qui ne verront pas la distribution du réseau d'eau améliorée, alors que des milliards ont été consacrés à l'amélioration de la qualité des eaux de la Seine...pour des épreuves de natation de fort courte durée, si elles s'y déroulent vraiment
- pour tous les petits français qui ont cru qu'ils pourraient avoir accès aux compétitions avec une billetterie à prix abordable, abusés par le terme de Jeux Olympiques Populaires
- pour tous les petits clubs sportifs de province qui tirent la langue, en manque de subventions et d'équipements pour mettre le sport à la portée de tous, dans des conditions favorables 
- pour tous les travailleurs usagers des transports en commun qui vont avoir une vie d'enfer pendant deux mois,  
- pour tous ceux qui ont eu la faiblesse de penser que ce serait la manifestation sportive la plus éco-responsable, allons voir un peu de l'autre coté de la vitrine (notamment Coca Cola et son soda vendu dans des gobelets en carton mais livré en bouteilles plastiques, par millions), 
- etc... la liste du désenchantement est encore bien longue mais je vais m'arrêter là.

Il y aurait eu tant à faire dans notre pays avec les milliards d'euros qui vont être dépensés,  y compris bien sûr dans les localités où passe la flamme, car cela ne sera pas sans conséquence sur la fiscalité locale à une époque où les foyers sont déjà bien pressurisés. 

Marre de toute cette débauche de fric utilisé à mauvais escient, juste pour se faire mousser! La seule chose qui va rester permanente après tout ce grand cirque médiatique, ce sont les mesures de sécurité mises en place à cette occasion comme la reconnaissance faciale et la surveillance par drone. J'ai bien peur que notre droit à manifester en soit terriblement affecté, par la suite.

Je désapprouve tout autant l'organisation des JO d'hiver prévue en 2030 dans les Alpes alors qu'il y a déjà plusieurs années que l'enneigement fait défaut et qu'il faut recourir à la fabrication de neige artificielle. Toujours bonne première, la France a été la seule à candidater pour une telle hérésie climatique et environnementale. Si les départements des Alpes ont besoin d'infrastructures routières ou de désenclavement complémentaire, ces travaux sont à planifier dans le cadre des travaux à financer par l'Etat et les collectivités locales sans attendre les subsides des grands annonceurs internationaux. Nos impôts doivent servir à cela, avant tout, au lieu d'aller enrichir les cabinets Mc Kinsey et autres.

Foutaises que l'Olympisme moderne et ses belles valeurs! Quant aux Jeux Paralympiques, si l'idée de départ est belle, ce serait tellement mieux si les sportifs handicapés pouvaient pratiquer leur sport au sein d'une seule Fête Olympique! Quel bel exemple d'inclusion ce serait au lieu  de leur faire une session spéciale. Les problèmes d'organisation, plus compliqués je veux bien l'admettre, seraient certainement résolus pour peu qu'on ait une véritable volonté d'y parvenir. 

***

Voici une vidéo assez éloquente sur ce que génère le sport mondialisé et ses grand-messes  : édifiant !

Vidéo publiée sur la chaine Youtube Données Gueule
Jeux Olympiques, Coupes du Monde, d'Europe, Tour de France, Grand Chelem et autres... À travers la multiplication des grands événements sportifs mondialisés, l'émotion se diffuse et les valeurs du sport infusent. De grands notables sont devenus, au fil des sponsors, des slogans publicitaires qui envahissent l'espace public à chaque grande messe. Partons donc de l'Olympisme, ce berceau du sport mondial, pour questionner cette évidence du "sport fédérateur". Avec Marc Perelman, enseignant à l'université Paris-Ouest Nanterre-La Défense, auteur de "Le sport barbare".

3 juillet 2024

Tardius, Quietus, Verius : le Tricot sans Fin de Tony participe à sa manière aux JO de Paris 2024

Je relaie ici l'information trouvée sur Instagram à propos du Tricot sans Fin de Tony.


Si vous avez déjà lu son manifeste laineux dont je vous ai parlé ici, je ne vous surprendrai pas en vous précisant que Tony fête les Jeux Olympiques de Paris, à sa manière, avec son esprit taquin, un rien provocateur.

Remplaçant la devise de Pierre de Coubertin "Toujours plus haut, plus loin, plus fort, ensemble" par la sienne propre, il préconise au contraire de prendre tout son temps, tranquillement, dans la sincérité et en toute convivialité, dans un rassemblement joyeux et incongru : les Jeux Olympiques de la lenteur. 

Tony va installer son Tricot sans fin dans Paris, pendant les JO, comme il le précise ci-après ;

"Malgré le moment historique gravissime causé par notre "cher" president, je me prépare tout de même pour les Jeux Olympiques 2024 à Paris, qui ont lieu dans trois semaines. Pour ce qui me concerne, ce seront mes premiers " Jeux Olympiques de la lenteur! TARDIUS QUIETIUS VERIUS... (plus lent, plus tranquille, plus vrai) comme dit la devise olympique! Je vous donne donc, RDV du 26 juillet au 6 août dans la capitale!"

Rendez-vous donc du 26 juillet au 6 août dans la capitale. Dès que les lieux pour chacune de ses animations seront connues, je vous les préciserai.

Je lui souhaite du temps beau et chaud et une très belle participation à ses animations.

Tony Mazzocchin (crédit Tony Mazzochin et Laurence Sudre)

20 mai 2024

Christophe Blaise sera le grand invité de FB Drôme-Ardèche, aujourd'hui à 17 heures : tous à l'écoute!

Vous voulez en savoir plus sur le MIAP ? Rendez vous aujourd'hui lundi 20 mai à 17h sur France Bleue Drôme Ardèche à 17h dans l'émission "le grand invité". Christophe Blaise y parlera de son petit musée.

Le Musée International de l'Art Postal - Crédit photo de Christophe Blaise
Si vous ne connaissez pas encore ce mini-musée et si vous voulez entendre un artiste passionné vous parler d'art postal, et peut-être aussi de son appel à mail-art sur le monde du cirque, dans le cadre du Bazar de Saint-Martin de cet été, ne ratez pas ce rendez-vous avec l'ami Christophe!