Blog d'art-postal, essentiellement textile , créé pour satisfaire toutes mes envies de couture, broderie, embellissement, collages et autres fantaisies... en les appliquant aux univers riches et variés induits par les timbres postaux. Il peut m'arriver d'y noter mes coups de coeur pour des expositions ou des artistes, sources d'inspiration ou d'émotions.
BIENVENUE!
A l'occasion d'une série d'été sur les petits musées de la région, le Dauphiné Libéré met aujourd'hui en lumière l'art postal : la journaliste met l'accent sur cette belle activité qu'est le mail-art en parlant chaleureusement de la nouvelle exposition du Musée International de l'Art Postal (le MIAP) de notre ami et correspondant Christophe Blaise, à Rencurel (Isère).
Pour la saison 2026, son dernier appel à mail-art sur le thème "Quoi ma gueule ?" lui a permis de recevoir quelques 300 pièces timbrées et postées, qu'il a exposées dans son MIAP, musée petit par la taille car installé dans une cabane de jardin mais tellement remarquable par la créativité et l'inventivité des auteurs de ces courriers originaux.
Christophe Blaise devant la galerie de portraits de sa dernière exposition, sur le thème “Quoi ma gueule ?”. Quelque 300 portraits réalisés par des artistes amateurs et professionnels du monde entier sont présentés cette année au Musée international de l’art postal./ Photos B.D. / Le Dauphiné Libéré
article de Bénédicte Dufour, dans le Dauphiné Libéré du 9 août 2026
Si vous passez par le Vercors cet été, n'hésitez pas à faire un petit détour par Rencurel pour visiter cet incroyable petit musée et découvrir l'art postal et toutes les fantaisies qu'il permet.
Ouvert à la belle saison, de début mai à fin septembre (sauf quelques jours en aout),
Dans une jolie enveloppe largement timbrée de portrait d'artiste ou de musiciens de jazz, il m'adresse le book présentant l'essentiel de l'exposition avec moultes créations, toutes plus loufoques les unes que les autres.
En espérant que nombre d'entre vous pourrez allez visiter le MIAP lors d'un passage par Rencurel sur la route de vos vacances, je ne dévoile pas tout, pour vous laisser la surprise et le bonheur de découvrir toutes la créativité des mail-artistes.
Les visites ont lieu sur rendez-vous auprès de Christophe Blaise au 06 77 25 99 05
ou par mail à basile.tof@gmail.com
Merci infiniment, Christophe, de cette nouvelle initiative, car lancer un appel à mail-art sur un thème comme celui-ci dès le mois d'octobre 2025 t'a permis de garnir ton petit mais indispensable Musée de l'Art Postal pour y préparer une superbe exposition de mai à septembre 2026, avec tout ce qui t'a été envoyé au fil de l'eau, des mois durant.
Merci beaucoup pour cet envoi avec le petit livret de l'expo, et rendez-vous à l'automne, pour le prochain appel.
On a tous des souvenirs identiques à ce cliché, lorsqu'enfant nous fréquentions la cantine scolaire. Comme cette petite fille nous avons joué avec les verres empilables et incassables Duralex. Les fameux verres avec des numéros inscrits au fond des verres, qui pouvaient servir entre autres à désigner celui qui irait remplir la carafe d'eau à la fontaine
Copie d'une photo et extrait de publicité vus sur le site de Duralex associés à un timbre récent de la Poste pour fêter les 80 ans de la marque, sur fond de dentelle bleue.
Je profite de cette occasion pour parler de la marque Duralex qui vient de fêter ses 80 ans.
Née au cœur de la France, à la Chapelle Saint-Mesmin, l'usine incarne un savoir-faire unique : celui du verre trempé, résistant, fonctionnel et durable qui traverse les générations. Dès 1945, Duralex révolutionne la table avec une ambition simple : proposer à chacun une vaisselle fiable, esthétique et accessible.
Quelle preuve de longévité de cette marque qui a réussi à survivre et même à se renouveler grâce à l'opiniatreté et au courage de ses ouvriers. En effet, sous la forme d'une SCOP, 226 personnes ont repris la production et l'usine en main, après de nombreux problèmes de trésorerie, sept changements de direction, des mises en redressement judiciaire successives, toujours à attendre et à espérer des repreneurs. Finalement, ils ont pris les rênes eux-mêmes et cherché à moderniser un peu la marque. Grâce à leur production, ils ont même pu ouvrir pour les fêtes de fin d'année une boutique éphémère dans le coeur d'Orléans où les produits ont été plébiscités par les clients, suscitant un engouement inattendu et réjouissant. Souhaitons-leur beaucoup de succès encore et longue vie à Duralex
PS : Pour fêter son anniversaire Duralex ouvre ses portes : une visite de l'usine historique de la Chapelle-Saint-Mesmin, est maintenant possible sur inscription.
Cher Christophe, je te souhaite une bonne réception de ce nouveau mail-art avec la petite fille espiègle qui l'anime et un bon accrochage pour ta nouvelle exposition, car avec l'arrivée des beaux jours, tu vas certainement rouvrir bientôt ton joli petit musée.
Pour sa toute prochaine exposition nouvelle dans son joli musée international de l'Art Postal (MIAP) sur le thème des "gueules" , je suis sûre que l'ami Christophe en aura reçu beaucoup et en recevra encore au cours de ce mois, toutes sortes de gueules : des bizarres, des tordues, des vertes et des pas mûres, des gueules cassées, des gueules de bois, des gueules en biais, etc... etc...
Pour compléter sa collection, je lui adresse aujourd'hui une gueule très "chouettes" et j'espère qu'elle lui fera plaisir.
malheureusement je n'ai pas réussi à retrouver la statue originale de cette photo, j'espère que ce n'est pas une image trafiquée par intelligence artificielle, elle est beaucoup reprise sur internet mais sans aucun nom d'auteur
Bonne réception de ce mail-art, ami Christophe, et rendez-vous, je l'espère, cet été, pour une visite guidée de cette expo à venir qui sera, à n'en pas douter, magnifique.
Pour répondre une nouvelle fois à l'appel à mail-art de Christophe sur les "gueules", j'ai choisi de jouer sur les mots car pour parler d'un visage en langage populaire, on peut aussi dire une bouille, une bobine ou encore une trogne.
Et c'est donc une très belle trogne, formant un véritable visage, que je mets en lumière avec ce mail-art dont je souhaite une très belle réception à l'ami Christophe.
Composition réalisée sur fond en tissu avec la tête-visage d'une trogne de chêne photographie aux aux alentours de Nogent sur Vernisson (45) complétée par la copie d'une aquarelle montrant la belle biodiversité abritée dans une trogne de frêne (Source : la Maison Botanique, auteur Dominique Mansion)
Je vous propose ci-après de découvrir un peu mieux cette technique agroforestière très ancienne qu'on commence à revoir dans certaines campagnes, après tous les ravages dus au remembrement et la destruction systématique des haies.
*** Arbres aux mille visages *** les « Trognes » sculptures paysannes aux gueules vieillissantes
schéma pour expliquer la manière de travailler un jeune arbre pour en obtenir une trogne quelques années plus tard
(documentation de Dominique Mansion)
La nature produit « naturellement » des trognes
Bien avant qu'ils ne soient taillés par les humains, les arbres ont été confrontés aux dommages naturels causés par les tempêtes, le givre, la glace, les avalanches, les crues, la chute de rochers ainsi que la dent des herbivores. Au cours de cette longue évolution, les feuillus, notamment, ont acquis la faculté étonnante de se régénérer à partir de bourgeons dormants situés sous leur écorce. Stimulés, suite à un stress (casse, coupe, abroutissement), ces bourgeons se réveillent pour former de nouvelles branches. En pratiquant le taillis et l'étrognage, les hommes ont eu l'idée géniale d'utiliser cette incroyable faculté du génie végétal. Coupés à faible hauteur par le castor, saules, peupliers, frênes, ormes repoussent comme des mini-trognes naturelles. En Guyane, en mangeant les feuilles de Pterocarpus officinalis, l'hoatzin, oiseau ruminant, crée des trognes sur lesquelles il peut installer son nid. Dans les montagnes, les arbres broutés au-dessus de la couche de neige repartent en se ramifiant et en émettant de nouvelles branches. Ce regard sur les origines nous éclaire sur la nature inventive du végétal.
Depuis quand des trognes ?
Des restes de vannerie trouvés dans des gisements du néolithique laissent penser qu'à cette époque les arbres étaient déjà coupés à hauteur pour protéger leurs repousses des herbivores sauvages et domestiques. En Angleterre, des vestiges de trognes âgés de 3400 ans ont été découverts enfouis dans le lit de la rivière Trent. En Bretagne, l'analyse de bois d'œuvre archéologique montre que l'émondage était pratiqué à l'époque carolingienne. La sculpture, la mosaïque, la fresque sont de précieuses sources de renseignement qui nous offrent des représentations datées, pour les plus anciennes, de 3500 ans. L'enluminure médiévale est une mine d'informations : dans les miniatures des douze mois de l'année des « Très Riches Heures du duc de Berry » (première moitié du XVe siècle) des trognes sont illustrées aux mois d'avril, juin, juillet et octobre. Depuis plus de 3000 ans, une multitude de représentations témoignent de la présence et de l'importance des arbres têtards et des arbres d'émonde dans le paysage, que viennent confirmer les textes anciens, les coutumes qui commencent à être fixées par écrit au Moyen Âge, les baux ruraux, l'édition des Usages locaux, par exemple.
Source : la Maison Botanique
Trognes, les arbres aux mille visages
Vidéo publiée sur la chaine Youtube du Musée Cantonal de Zoologie
Trognes, des piliers de la biodiversité en milieu rural
Vidéo publiée sur la chaine Youtube du Conservatoire d'Espace Naturel d'Auvergne
Qu’est ce qu’une
trogne ? La trogne est un arbre, le plus souvent un feuillu, conduit
à hauteur pour une récolte régulière de bois, de feuillage, de fruits, sans
avoir à couper le tronc. Créée sur un jeune arbre, la trogne ou arbre têtard
offre une cueillette qui, convenablement gérée, peut durer des siècles. Cette
pratique ancestrale, connue depuis au moins 3 000 ans, présente de multiples
avantages : production augmentée et de proximité hors d’atteinte de la dent des
herbivores sauvages et domestiques, pérennité de l’arbre et de son système
souterrain, limitation de l’emprise sur les cultures ou les bâtiments voisins,
pôle de biodiversité inestimable, mobilisation du carbone, marqueur de
paysage... Créer une trogne c’est s’engager avec un arbre pour toutes ces
raisons. Son seul véritable inconvénient : la nécessité d’intervenir à hauteur.
Mais on peut aussi faire des trognes basses !
Si la trogne m’était
contée Drôles de trognes qui jalonnent discrètement nos campagnes
arborées… Véritables monuments végétaux, figures emblématiques mais
insoupçonnées de notre biodiversité quotidienne… Des visages singuliers parmi
les multiples facettes de la nature ordinaire, parce que justement très
apprivoisés, parce que totalement cultivés… Une nature domestique et
pittoresque dont on remarque l'étrangeté, et dont on a failli perdre la mémoire
et les valeurs, économique, écologique, esthétique…. La trogne ou l'émonde, la
ragosse, le têtard ou l'escoup… ce n'est pas l'arbre idéal. C'est l'arbre
"paysan", l'arbre utile par excellence, que l'on taille avec
assiduité pour en tirer le maximum de profit, en respectant au mieux ses
exigences biologiques, et pour en pérenniser la ressource : la nécessité de
produire plus avec la plus grande économie de moyens et d'espace possible.
C'est l'arbre que l'on taille non sans peine, ni par plaisir ou par sadisme, ni
par devoir pour "lui faire du bien" ou encore lui donner de la
vigueur. La trogne c'est surtout une connaissance et des savoir-faire, une
expérience du génie végétal au service de la petite industrie verte d'antan,
mais c'est surtout un formidable potentiel d'avenir et de modernité dont on ne
perçoit pas clairement les enjeux et la mesure. … les enjeux de l"'arbre
de pays", et de sa lente mais inexorable réhabilitation dans nos logiques
de production agricole et d'aménagements en tous genres, dans sa grande
générosité à produire de la biomasse et accueillir de la biodiversité, à
protéger notre environnement et nos territoires, à paysager notre cadre de vie…
La trogne : un
réservoir de biodiversité Les trognes constituent un abri précieux pour de nombreuses
espèces animales. A l’instar des autres arbres hors-forêt et des haies
champêtres, sa répartition doit être le plus homogène possible sur tout le
territoire, afin d’offrir des corridors aux espèces qui lui sont inféodées. En
vieillissant, les arbres taillés en têtard se creusent, la partie centrale se
dégrade alors que la périphérie continue de se développer. D’abord, au niveau
de la « tête » de l’arbre, la décomposition des feuilles, les particules
apportées par le vent et l’accumulation des fientes d’oiseaux participent à la
formation d’un terreau spécifique favorable au développement d’une flore dite
épiphyte. Les troncs des arbres têtards forment ensuite de nombreuses cavités
et fissures qui sont autant de lieux de vie attractifs pour une faune variée
qui s’y réfugie et s’y alimente. Dans ces anfractuosités naturelles ou celles
creusées par le pic, tout un cortège d’espèces vont se succéder ou cohabiter :
les cavernicoles, les passereaux insectivores (mésanges, sittelles,
rouges-queues, etc...), les rapaces nocturnes (chevêches, hulottes...) mais
aussi les écureuils, loirs, martres et certaines chauves-souris; sans oublier
les coléoptères et les insectes pollinisateurs qui pourront élire domicile dans
ces vieux arbres.
A gauche, croquis trouvé dans l'article "vous avez dit trognes?" sur le site https://trognes.fr/definition/
A droite : « Trogne – arbre habitat », 180/240cm, Aquarelle, Encre de Chine, Gouache, 2023-2024
avec la collaboration de Dominique Mansion, Alexandre Boissinot et Laurent Larrieu.
Je n'ai jamais été admirative de Johnny Halliday et donc pas réceptive non plus à son répertoire, dont la fameuse chanson "qu'est ce qu'elle a ma gueule"? Il y a plusieurs explications à cela, sans doute parce qu'avant la musique ce sont les mots des chansons qui me touchent, surtout quand elles viennent d'un auteur-compositeur-interprètre.
Pour répondre à l'appel à mail-art lancé de Christophe Blaise sur le thème des "gueules", mon choix s'est porté sur un autre artiste, qui, s'il n'a pas eu la même aura, a été très important dans le paysage de la chanson française. Nous avons perdu notre Phare d'Alexandrie lorsqu'il s'est éteint en 2013 : vous avez déja compris, je veux vous parler de Georges Moustaki un chanteur français issu d’un brassage culturel oriental, ce qui en faisait toute la richesse.
J'ai eu la chance d'écouter Georges Moustaki précisément l'année où il a rencontré le succès, en 1969, avec cette fameuse chanson Le métèque. Il chantait sur une scène devant laquelle nous, spectateurs, étions assis par terre en plein air, totalement bouleversés à l'écoute de cette magnifique chanson. D'y repenser j'en ai encore le poil au garde-à-vous.
Le métèque
Avec ma gueule de métèque, de juif errant, de pâtre grec et mes cheveux aux quatre vents Avec mes yeux tout délavés qui me donnent l'air de rêver, moi qui ne rêve plus souvent Avec mes mains de maraudeur, de musicien et de rôdeur qui ont pillé tant de jardins Avec ma bouche qui a bu, qui a embrassé et mordu sans jamais assouvir sa faim
Avec ma gueule de métèque, de juif errant, de pâtre grec et mes cheveux aux quatre vents Avec ma peau qui s'est frottée au soleil de tous les étés et tout ce qui portait jupon Avec mon cœur qui a su faire souffrir autant qu'il a souffert sans pour cela faire d'histoires Avec mon âme qui n'a plus la moindre chance de salut pour éviter le purgatoire
Avec ma gueule de métèque, de juif errant, de pâtre grec et mes cheveux aux quatre vents Je viendrai ma douce captive, mon âme sœur, ma source vive, je viendrai boire tes 20 ans Et je serai prince de sang, rêveur ou bien adolescent comme il te plaira de choisir Et nous ferons de chaque jour toute une éternité d'amour que nous vivrons à en mourir
Et nous ferons de chaque jour Toute une éternité d'amour Que nous vivrons à en mourir
Source : Musixmatch/Parolier : Paroles et Musique de Georges Moustaki/1969
Vous parler aujourd'hui d'une gueule de métèque en ces temps où le racisme et la xénophobie n'ont jamais été aussi présents et décomplexés en France, me fait énormément plaisir. S'il en était encore besoin de le prouver, la France est riche de toutes les personnes étrangères qui y sont venues et sont restées, attirées par l'esprit des lumières et amoureuses de la langue française comme l'était Georges Moustaki, le juif errant, le pâtre grec comme il aimait à se décrire.
Il a fallu attendre qu'il disparaisse pour que les media lui rendent véritablement hommage. Lui, le citoyen du monde très cultivé, parlant six langues et extrêmement prolifique dans la création de chansons et de musiques, tellement belles, n'a pas eu forcément la carrière qu'il aurait mérité en rapport avec son immense talent. Mais l'important pour ceux qui l'ont cotoyé, c'est d'avoir la conviction d'avoir apprécié un homme magnifique, un grand humaniste dont la poésie et les mots nous font encore le plus grand bien aujourd'hui.
Un post particulier lui sera dédié spécifiquement, sous peu, pour lui rendre hommage.
Pour répondre à l'appel à mail-art de Christophe en vue de la prochaine exposition du MIAP, j'ai joué sur les mots en lui proposant une variété sauvage d'une fleur bien connue de nos jardins d'été, le mufflier appelés aussi "Gueule de loup".
Composition à partir d'une silhouette de tête de loup trouvée sur le net et d'une photo de muffliers sauvages publiée sur le site des graines Echinops https://echinops-graines.com/fleurs/muflier-sauvage
Cette fleur se décline en de nombreuses couleurs dans sa version cultivée.
J'espère que Christophe recevra ce mail-art dans de bonnes conditions et qu'il le trouvera en pleine forme, prêt à préparer la future exposition de tous les mail-arts reçus sur le sujet "Qu'est ce qu'elle a ma gueule" pour la prochaine saison d'ouverture du MIAP.
Yes, quand une enveloppe arrive du MIAP, il y a généralement lieu de se réjouir : qu'est ce qui va se passer à Rencurel en 2026 ?
Avec cette enveloppe où un collage savant compose un visage surréaliste, Christophe m'invite à créer et lui envoyer de l'art postal sur le thème des "gueules" pour en faire une exposition au MIAP aux beaux jours de l'année prochaine, entre le 1er mai et le 30 septembre 2026.
Merci Christophe pour cette belle idée, opportune : avec le recyclage perpetuel à l'Elysée des mêmes têtes hypocrites pour toujours davantage nous berner et nous plumer, je vois là une belle occasion de pouvoir nous lâcher un peu...
Ce n'est pas encore précisé, mais j'imagine que la date de fin d'envoi des créations est à situer vers le 15 avril, histoire de laisser un peu de temps à Christophe pour faire l'accrochage, avant exposition.
Je rentre tout juste d'une semaine passée en Isère, dans les Terres Froides du Dauphiné les deux premiers jours. J'ai enchaîné par un séjour dans le Vercors, pour donner un coup de main à mes amis Christophe Blaise et son épouse, étant donnée l'ampleur de la fête qu'ils ont prévu et à laquelle ils se préparent depuis quasiment 10 mois.
Comme beaucoup d'autres amis mail-artistes, j'avais reçu l'invitation de Christophe Blaise (le créateur du MIAP) à participer à cette journée spéciale autour de l'art postal, qu'il organisait dans son jardin à Rencurel, le samedi 28 juin dernier.
Dès l'entrée au 192 chemin de La Lauze, l'accueil se matérialise par un superbe panneau textile tendu, en forme d'enveloppe "par avion". Réalisé avec beaucoup de créativité par quatre Rencurelloises de l'Atelier d'Art Créatif de l'association Domichat il est le résultat d'un mélange de techniques et de savoir-faire textile : - couture pour le fond et le tour de l'enveloppe - technique de l'appliqué en patchwork pour nom et adresse du destinataire et pour le chalet du MIAP - crochet pour le timbre - broderie main pour nom et adresse de l'expéditeur et pour le tampon de l'affranchissement postal.
Bravo à ces 4 dames adeptes de l'art du fil
Si le prétexte de cette journée était l'exposition dans le MIAP d'environ 350 oeuvres avec faux-timbre d'artistes sur le thème de l'art au Musée, l'intérêt de la fête de l'art postal ne s'arrêtait pas là. Mais quel régal pour l'esprit et pour l'oeil que de pouvoir mesurer à loisir la fantaisie et la créativité incroyable des participants à la 15e édition de la Journée Mondiale du Faux-Timbre d'Artiste.
Le chien-facteur en papier maché est une création de Christophe
Les boites à lettres et les facteurs ont été aussi à l'honneur tout au long de cette incroyable journée festive.
Des animations et des jeux, des ateliers et des chansons, de la poésie et du théâtre, rien n'a manqué pour nous régaler. Ce fut un réel bonheur de nous retrouver dans la convivialité, l'amitié, la bonne humeur, le partage : que de belles rencontres sous le chaud soleil du Vercors. Heureusement que dans la partie basse du terrain nous avons pu apprécier la fraîcheur et l'ombre des quelques arbres, ainsi que la chanson de la Doulouche, petite rivière de montagne joyeuse qui serpente au fond du vallon avant de se jeter quelques centaines de mètres plus bas dans la Bourne.
Voici le programme détaillé des réjouissances qui nous furent proposées:
La première partie se déroulait au jardin du MIAP à partir de 10 heures et jusqu'à 17 heures environ. En plus de la visite permanente possible dans le petit Musée, étaient prévues plusieurs autres activités :
- Une déambulation au jardin où 32 boites à lettres décorées par des artistes ont été disséminées, chacune affublé d'un numéro. Le jeu consistait à imaginer la concordance entre le thème induit par chacune des boites à lettres décorées et 32 courriers à distribuer virtuellement à des destinataires aux nom/prénom/nom de rue/code postal/nom de ville fantaisistes (mais existant vraiment), dans la seule boite aux lettres qui pouvait leur correspondre - en précisant le numéro dans la rue (celui de la boite) pour la finalisation du jeu.
- un jeu de piste dans le village où 10 boites à lettres peintes dans une couleur vive unique étaient placées dans des lieux "stratégiques" du village (école, mairie, belvédère....) et contenaient chacune une énigme. En plus d'une balade sympathique pour faire connaître le village de Rencurel, le jeu consistait à garder les deux ou trois premières lettres de la réponse à l'énigme pour reconstituer un mot mystère (gentilé d'un habitant du Vercors = vertacomicorien)
Pour la pause méridienne, Tony Mazzochin a enfilé son tablier de "chef" pour nous mitonner deux risotto qu'en bon italien il maîtrise parfaitement, tandis qu'une équipe de bénévoles s'affairait qui à la caisse pour vendre des bons d'achats pour la nourriture et la boisson, qui à la buvette pour servir à boire ou bien des crèpes (deux bénévoles ont chauffé les biligs toute la matinée). Le repas fut gai et très convivial car la salade bio de Carla accompagnant le risotto fut craquante et rafraichissante à souhait.
Sur la scène du jardin, l'après-déjeuner
débuta par un spectacle musical pendant une bonne heure où l’artiste Edouard
Petit de Romans sur Isère a mis de
l’ambiance avec ses « Cakes aux phonies » .
Stéphanie Miguet s'activa à découper les silhouettes de tous ceux qui l'ont souhaité tandis que Jacques Perrier, le conservateur du Musée de la Machine à écrire de Lausanne a organisé des concours de frappe à la machine, vitesse et justesse du texte ainsi tapuscrit, sur quatre de ses machines à écrire anciennes. Un jeu pour déterminer à quel arbre appartenait un bout d'écorce, un atelier d'origami, un atelier de carnet d'artiste et des lectures au jardin sont venus compléter le programme à Rencurel.
Dans un second temps, vers 18 heures, nous sommes tous descendus vers la Balme de Rencurel, dans la salle municipale "La Scie" où la fête s'est prolongée.
Tout d'abord Michel Fontaine nous a enchanté avec sa pièce de théâtre "Benjamin le facteur, grand voyageur" alliant poésie et voyage, bandonéon et chansons, plaisir de la rencontre avec les destinataires de courrier du monde entier, sourires et amourette : son facteur est un poète au grand coeur et à l'imagination débordante.
Carte de visite de Benjamin le Facteur - Michel Fontaine, compagnie La Cyrène
Ensuite nous avons partagé un repas où chacun avait amené sa contribution. La belle idée a été d'installer tables et chaises à l'extérieur de la batisse, tout à fait contre le lit de la Bourne qui nous a apporté beaucoup de fraicheur.. Un joli moment de rencontres et de partage, là encore.
Et c'est avec un concert participatif de chansons françaises (sorte de karaoké en live) que la soirée s'est terminée, avec l'ami Thierry Grenier à la guitare....(oui, Thierry c'est bien le copain lyonnais tintinophile de Christophe, pour lequel nous avions mail-arté en 2023 suite à son appel sur Tintin).
***** complément apporté le 12 juillet 2025 *****
Christophe a publié sur youtube le résultat du jeu des boites aux lettres d'artistes avec les courriers des 32 destinataires de lettres plutôt fantaisistes. Régalez-vous de son humour sans limites!
Aujourd'hui la Fête des Timbrés est
finie....
Merci à Christophe et Christine Blaise
d'en avoir eu l'idée et de l'avoir organisée, avec la complicité de Tony
Mazzochin, et le concours de nombreux bénévoles du village et d'associations
amies qui ont aidé aux décors, au montage et à l'apport logistique pour
faire de cette journée une réussite.
Merci à la municipalité pour la
réservation privée du Gite communal au Col de Romeyère, pour la mise à
disposition de la Salle des Fêtes, et pour leur compréhension sur les problèmes
de circulation automobile induit par une telle manifestation
Merci à tous les Rencurellois et
Rencurelloises qui ont mis des chambres à disposition pour permettre à de
nombreux invités de coucher sur place, en amont et en aval de la Fête.
Merci aux artistes qui ont participé en
décorant joliment une banale boite aux lettres, contribuant ainsi largement à
l'animation du jardin .
Merci aux contributeurs des ressourceries
du Vercors qui avaient à disposition des trésors que l'imagination sans limite
et la créativité de Christophe et Christine ont su transformer pour nous offrir
un tel moment de partage et de joie sans limites.
Merci au mail-artiste Eni Looka qui a tenu le rôle de reporter photo pendant toute la manifestation et ses derniers préparatifs.
Merci à tous les mail-artistes qui ont pu
faire le déplacement et une pensée toute particulière à tous ceux qui auraient bien
aimé être là mais qui résident bien trop loin ou ceux qui ont eu des
empêchements de dernière minute. Ce post est spécialement rédigé à leur
intention.
Merci à tous les visiteurs de passage
(randonneurs intrigués par la musique et les couleurs des voiles nous abritant
du soleil, ou bien convives invités dans le village pour d'autres
réjouissances) qui sont venus passer un moment avec nous au jardin, pour le
plaisir de la rencontre et de la découverte.
Quel rassemblement et quelle journée
magnifiques! Sûre qu'elle restera gravée pour longtemps dans nos
mémoires, cette Fête des Timbrés, des passionnés de l'art postal, des
amoureux de la correspondance artistique... ou celle des « fêlés du
bocal » qui apprécientl’humour, la
folie douce, la dérision, la controverse ou le bon mot.
Nombre d'entre nous se sont découverts
physiquement alors qu'ils entretenaient déjà une belle correspondance sans s’être
jamais rencontrés, d'autres qui ne s'étaient pas vu depuis le dernier Festival
du Mail-Art de Vienne de mars 2022 ont eu un très grand plaisir à se retrouver…
Vive l'ART POSTAL c'est GENIAL, c'est
VIRAL.... et c'est IRREMPLAÇABLE!