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25 novembre 2025

16e JMFTA - Le jeu du chat et de la souris à la Banksy, d'Isabelle (et Léon)

A l'occasion de la Journée Mondiale du Faux-Timbre d'Artiste, Isabelle a  abandonné pour un temps le grand sapin de Noël avec un chat noir, qu'elle est en train d'élaborer par petits carrés crochetés, pour l'appliquer sur le mur de sa maison, à la manière d Invader.

Et voici donc l'une de ses fameuses enveloppes en 3D où  je retrouve le fameux chat noir occupé à taquiner la souris sur le mur, tandis qu'une vraie souris grise fais friser ses moustaches et onduler sa queue, en sortant de son cadre. C'est très chouette et plein d'humour même si ce n'est pas facile à scanner. 
J'ai zoomé pour vous  laisser admirer son faux-timbre qui ne manque pas de mettre Léon en vedette ainsi que la laine qu'il produit et qu'Isabelle travaille admirablement. 

Merci infiniement, Isabelle, pour ce travail magnifique, je suis comblée par cet envoi.

5 novembre 2025

Rendre l'indicible invisible et en faire un livre défiguré, par Daniella

Une enveloppe blanche bien épaisse avec mon adresse libellée d'une écriture que je connais bien : quel est ce mystérieux contenu envoyé aujourd'hui par mon amie Daniella depuis sa Bretagne?  

C'est un cadeau, c'est une merveille, je n'ai pas de mots pour définir ce que je ressens en ouvrant l'ouvrage : j'en suis encore toute bouleversée lorsque j'ai vu les pages de ce livre d'artiste intégralement composé par ses soins. 

à gauche, une page de Mein Kampf intégralement recouverte des nombre 1939-1945
avec au dessus les corps de ceux qui sont tombés à cause de toute cette haine.
Par égard pour le travail de Linda Ellia, je ne publierai pas les autres pages de ce superbe livre d'artiste.

Pour le réaliser, Daniella s'est inspirée d'une part des dessins du livre de Linda Ellia "Notre combat" (lire ci-dessous) et des textes de la chanson "Where Have All the Flowers Gone" composée par Pete Seeger en 1955 et magnifiquement interprété en français par Marlène Dietrich.
Livre "Notre combat" de Linda Ellia

Notre combat est un projet artistique atypique, véhiculant un message fort de paix universelle. Lorsque, par hasard, Mein Kampf– le livre programme d’Adolf Hitler – tomba entre les mains de Linda Ellia, elle fut saisie d’un sentiment de colère, d’injustice, et l’idée s’imposa à elle : il ne s’agissait pas d’oublier l’ouvrage honni mais au contraire de le combattre en permanence, de l’affronter. « Je décidai, explique-t-elle, de rendre son texte illisible, de le recouvrir, de l’éradiquer, comme une sorte de réponse face à son intolérance et à celle du monde d’aujourd’hui. » L’auteur de Notre combat est d’abord intervenue seule sur une trentaine de pages avant de confier à des inconnus, des artistes, des enfants, une page de Mein Kampf en leur demandant d’exprimer comme ils souhaitaient leur émotion face à un tel support. « Un soir, écrit-elle, l’idée m’est venue de faire participer un public de tous horizons et de toutes conditions… Je découperais chaque page du livre, la distribuerais à une personne de mon choix ou prise au hasard, et cela pour les 689 pages du livre. » Chaque personne est invitée à peindre, sculpter, gribouiller, noircir dans, autour, sur sa page de Mein Kampf. Véritable « atelier collectif », l’ensemble est saisissant : une page entourée de barbelés, un collage de goudron, des lignes entières noircies à l’encre de Chine pour effacer les mots sans les oublier. Certains ont aussi découpé la page, l’ont tressée, en ont fait des objets pour détourner la source de son horreur initiale et constituer ainsi un nouveau livre à partir d’un autre.

            * Mein Kampf signifie mon combat en allemand

Marlène Dietrich - Qui peut dire où vont les fleurs ? - Couverture de Pete Seeger
Vidéo sur la chaine Youtube de Reno Sixtine
A sa manière Daniella s'élève contre les mots de haine, et ne veut surtout pas faire honneur à qui fait le mal, car aucune nation, aucun humain ne devrait subir la violence d'autres nations, d'autres humains. 

La-dessus, nous nous rejoignons totalement : honte à ces media mainstream qui toute honte bue, diffusent à longueur d'antenne de télé, d'articles de journaux ou dans l'édition de certains livres, des contre-vérités pour attiser la haine des arabes, des noirs et des musulmans tout en propageant les propos nauséabonds de l'extrême droite qui prend chaque jour un peu plus la confiance.

Quand on sait que tous les créneaux d'infomations sont détenus à 80 % par seulement quelques multi-milliardaires aux idées conservatrices et anti-sociales, qui veulent nous cantonner dans leur vision étriquée et rétrograde du monde, comment s'étonner de n'avoir aucune image, aucune information pertinente et fiable sur les horreurs que subissent en continu les suppliciés de Gaza, du Soudan et de la République du Congo depuis des années.

Alors oui, un énorme merci à toi Daniella, pour ton magnifique cadeau et pour ta belle humanité. 

3 novembre 2025

BT07 - Les broderies afghanes de Shahrak, de la part de Cécile

Le Carrefour Européen du Patchwork vient d'avoir lieu à la mi-septembre dans le Val d'Argent,  aussi ne suis-je pas complètement étonnée de voir arriver dans ma boite aux lettres une superbe enveloppe de Cécile en rapport avec le textile. 

Elle me fait la très grande joie de me parler des broderies à la main réalisées par des réfugiées Afghanes dans le cadre d'une collaboration élaborée de longue date entre Allemagne et Afghanistan consistant à relier la culture afghane au reste du monde.

enveloppe recto avec quelques vrais points de broderie, du fil et une petite broderie afghane
Les broderies de Shahrak- Non loin de Herat, à l'ouest de l'Afghanistan, se trouve la petite ville nouvelle de Shahrak La population exclusivement Hazar est constituée de réfugiés rentrés de l'Iran et des familles qui n'ont pas quitté l'Afghanistan pendant la guerre. Un centre de formation pour femmes, du style Université Populaire, y a été créé en 2003 avec l'aide de la Deutsche-Afghanische Initiative (DAI) qui co-finance depuis cette institution. Une cinquantaine de brodeuses réalisent à la main des broderies très fines en fil de soie, nommées Khamak (broderie blanche) et Keshide (broderie colorée) ; elles les livrent plusieurs fois par an au centre. Vous trouverez plus d'informations sur le site Guldusi.  

enveloppe verso 

 le point utilisé pour ces broderies est bien visible sur cette carte

Par le passé, lorsque je me rendais régulièrement à Sainte Marie aux Mines pour le Carrefour Européen du Patchwork, je retrouvais chaque fois le stand exposant tous les travaux  de broderie à la main des Afghanes, sous la houlette de Pascale Goldenberg. Apparemment le mouvement de solidarité et d'échanges s'est étoffé et s'est poursuivi, ce qui permet à ces femmes de garder un lien avec le monde. Bravo à toutes les personnes impliquées dans ce beau projet ! Quel courage ont ces femmes-là! 

Merci beaucoup Cécile, c'est vraiment un beau cadeau que tu me fais là.

***
Projet Afghanistan Broderie de Pascale Goldenberg
La broderie des femmes hazaras

Les Hazaras, peuple d'origine mongole, constituent le troisième groupe ethnique d'Afghanistan. Appartenant à la minorité chiite, ils sont souvent réduits en esclavage par d'autres groupes ethniques, notamment les Pachtounes, et servent fréquemment de boucs émissaires. Victimes de massacres, ils se sont finalement installés dans la région du Hazarajat, au centre de l'Afghanistan, après des décennies d'exil et d'errance. Une grande partie de cette population vit également dispersée dans le reste du pays, au Pakistan et en Iran.

Près d'Hérat, dans l'ouest de l'Afghanistan, d'anciens réfugiés iraniens de retour au pays ont fondé la communauté de Shahrak, aux côtés des Hazaras restés en Afghanistan pendant la guerre. La petite ville de Shahrak s'apparente à un ghetto, sa population étant presque entièrement hazara. L'organisation DAI y soutient depuis plusieurs années un centre communautaire pour femmes. On y propose des cours d'alphabétisation, d'anglais, de couture et même de dessin et de karaté.

Les femmes hazaras sont réputées pour leur talent de brodeuses, maîtrisant une grande variété de techniques de broderie traditionnelles afghanes. Il était important pour moi d'enrichir cette région, où le DAI est très actif, par un projet de broderie, et aussi de faire revivre d'autres techniques. Les premiers essais, menés par écrit, ont donné des résultats prometteurs, bien que modestes. À l'été 2009, je me suis rendue pour la première fois à Hérat afin de rencontrer les femmes de Shahrak. Nous avons constaté que seules celles qui n'avaient pas quitté le pays pendant la guerre maîtrisaient réellement la broderie traditionnelle. Les autres, réfugiées en Iran, rejetaient complètement cette technique ancestrale ou l'avaient totalement oubliée.

Bien que les femmes hazaras soient considérées comme plus indépendantes que les autres en Afghanistan, j'ai rencontré des femmes très timides (je n'ai même pas osé leur demander une photo en partant) et ce n'est que grâce à l'indispensable intervention de Mme Aquila Nazari, la directrice du centre pour femmes, que j'ai pu persuader 5 femmes de réapprendre cette ancienne technique de broderie.

Nous nous sommes rencontrés à trois reprises afin d'instaurer une relation de confiance et de définir les modalités techniques du nouveau projet. Nous avons discuté et convenu des prix à fixer pour deux types de broderie : le Keshide (une broderie colorée semblable à la tapisserie vénitienne) et le Kandaharidusi (le voile intégral des Tshadris, entièrement blanc). La broderie serait réalisée exclusivement en fil de soie, offert par la société « Madeira Yarn ». Les femmes ayant perdu la plupart de leurs biens durant la guerre, elles ne possèdent pratiquement aucun motif traditionnel ; je leur ai donc envoyé une série de photographies de ces motifs à mon retour à Fribourg.

La première livraison de Shahrak est arrivée à Fribourg à la fin du printemps 2010. Au final, 17 femmes ont participé au projet. L'évaluation des broderies a révélé que certaines avaient suivi scrupuleusement les modèles fournis, tandis que d'autres étaient parvenues à les combiner avec talent. Certaines pièces pouvaient même être qualifiées d'improvisations très réussies.

Un grand merci à Rateb Assimi de Heart pour son aide très aimable et sa journée portes ouvertes !


Pascale Goldenberg -  Goldenberg-Freiburg@t-online.de
source : article du 11 janvier 2011 sur le blog d'art textile d'Adèle Thomas

15 septembre 2025

Bordeaux: à l'assaut des silos devenus murs d'escalade, pour Le Silo de Monts-sur-Guesnes

Voici ma première participation à l'appel à mail-art lancé par l'Art en Boite au sein du Silo de Monts-sur-Guesnes, car j'ai trouvé vraiment géniale la manière dont cette commune a choisi de transformer son vieux silo à grain, en choisissant d'en faire un trait d'union entre les habitants, un tiers-lieu au service du mieux vivre ensemble.  

La question se pose dans de nombreux pays : détruire définitivement ce type d'architechture ou les transformer en les réhabilitant. Je vous donne quelques exemples français ci-après. Mais je dis encore  bravo à la petite commune de Monts-sur-Guesnes d'avoir vu le potentiel de son silo, patrimoine architectural qu'elle a choisi de conserver et d'en faire un lieu associatif à la fois recyclerie (pour la remise en état des objets et matériels donnés, ensuite mis en vente dans une ressourcerie à Loudun) et un lieu pour le mieux vivre ensemble.

AVANT : 

Photo ancienne avec la Gare et le silo à grain de Monts sur Guesnes (Vienne)-
Photo trouvée sur le site Delcampe 

MAINTENANT



Les grandes villes s'en sortent beaucoup  mieux  pour les réhabilitations : plusieurs exemples intéressants comme à Bordeaux Marseille ou Strasbourg sont visibles sur ce post, mais  hélas, ces exemples-là sont exceptionnels. 

Pour aborder un cas de réhabilitation heureuse d'un ancien silo à grains, j'ai choisi de parler du Silo de Bacalan sur le Bassin à flots de Bordeaux : voici le mail-art en boite que j'envoie à Monts-sur-Guesnes. 


Je suis partie d'une boite à sous-vêtement que j'ai habillé de tissu avec les images imprimés trouvées sur le site de VertiGina, la société qui exploite à coté d'un hôtel les murs d'escalade les plus hauts de France. J'y ai fait passer des cordelettes pour simuler les cordes sur le mur.  Je me suis inspirée des photos ci-dessous. 
Bordeaux

Les silos à grains de Bacalan sont devenus les plus hauts spots d'escalade urbaine française à Bordeaux

Marseille

   
Ancien silo d'Arenc à Marseille devenue une salle de spectacle de 2000 places
Strasbourg

L'ancien silo Seegmüller de Strasbourg, dans le Quartier Malraux est devenue une Maison Universitaire Internationale 

***

J'en termine avec quelques silos joliment colorés, qu'ils soient réels ou virtuels, actifs ou désaffectés
 "Elevadores de Grano" du peintre argentin Alfredo Guttero-1928 

Avant leur démolition en janvier 2025 pour laisser la place à un futur quartier éco-responsablen les silos du Batardeau à Auxerre avaient été revêtus d'une jolie fresque par l'artiste Florent Maussion en 2018.
 Vues extraites d'un reportage FR3 Bourgogne
Néfertiti. Du street art sur un silo à grains.
Silo de la coopérative Noriap, situé sur une route touristique menant à Mers-les-Bains, dans la Somme - Fanny Boimare, alias K2B, est graphiste au Tréport - © K2B Graff  + Deux autres artistes de Beauvais, Satok et Dyan
https://www.reussir.fr/une-fresque-urbaine-aux-couleurs-de-legypte-sur-un-silo-grains

8 septembre 2025

Sensations fortes d'été, pour Isabelle

Ce mail-art un peu simpliste est une sorte d'allégorie que j'adresse à Isabelle en cette fin d'été : elle vient une fois encore de faire le grand saut dans l'inconnu pour aller travailler dans une nouvelle ville où elle n'a encore aucune attache, aucun repère. 

Je veux ainsi saluer son courage et sa détermination : cette jeune femme qui se lance à flanc de falaises pour descendre en tyrolienne, sur un cable (un fil) me fait beaucoup penser à elle restée si longtemps suspendue en attente d'un travail satisfaisant et qui enfin va pouvoir se projeter, après tellement de déconvenues. 

Tous mes voeux de bonne installation à Limoges et de succès dans tes nouvelles fonctions,  chère Isabelle, en espérant que ce mail-art te plaira et qu'il te parviendra rapidement. 

11 août 2025

T186 - Mail-art au désign psychédélique, de Sylvie

Lorsque j'ai vu cette oeuvre dépasser des autres courriers de ma boite aux lettres, je savais que j'allais découvrir encore une merveille composée par Sylvie...avec des perles et du cordonnet, bien sûr, mais pas que...
car lorsque vous apprendrez que c'est la bride d'une sandale perlée démodée qui l'a inspirée, vous n'en reviendrez pas, tout comme moi. Elle m'avait pourtant déjà fait le coup de la mule chinoise totalement transformée et non identifiable. 

Avec le timbre adéquat, et sur un fond d'intissé dans des couleurs psychédéliques des années 70, rehaussé par des rondelles vibrantes et des perles en leur centre, cette composition est tout à fait splendide. A noter aussi la mise en scène avec deux "sorties du cadre" particulièrement bien positionnées.

Bravo Sylvie, tu es un génie visionnaire, ta vue exceptionnelle te permet d'extrapoler les objets dans une autre dimension ou perspective, ce qui n'est pas donnée à tout le monde : et moi,  j'ai la très grande chance de recevoir tes créations. Un énorme merci à toi, c'est un superbe cadeau vraiment! Belle fin d'été!

21 juillet 2025

Magnifique reliure du 16e siècle pour un livre de prière, pour Ouiza

On peut en douter en voyant quelques posts de ce blog où je mets en exergue des chefs d'oeuvre artistiques sur lesquels je m'extasie alors qu'ils ont été conçus pour glorifier une religion. Je rappelle que je suis athée, et qu'à ce titre, je ne fait jamais le moindre prosélitisme : je me contente d'apprécier tout ce qui est beau, tout ce qui montre le savoir-faire immense et tellement varié des artisans d'art, que ce soit pour travailler la pierre, le fer, le verre, le textile, ou n'importe quelle autre matière.

Cette fois-ci, c'est la reliure extraordinaire d'un très ancien coran trouvé à Istambul, datant du XVIe siècle qui a retenu mon attention. Il me paraît d'une richesse inouïe avec ses dorures et ses sortes d'enluminure comme il en existe dans l'architecture arabe. 

C'est tout naturellement que cette oeuvre d'art est destinée à Ouiza dans un mail-art textile : j'aime beaucoup l'harmonie des bleus et du doré, couleurs reprises également dans le timbre.

Imagine originale, trouvée sur Gallica
Anonyme : Coran Istanbul XVIe siècle, styles Nesh et Rika, encre, pigments et or sur papier
Au début je pensais le rebroder, mais finalement, cela aurait fait une surcharge et n'aurait pas vraiment apporté de plus value :  cette reliure est déja si belle et si riche ainsi qu'elle se suffit à lui-même. 

Je t'en souhaite une bonne réception Ouiza,  ainsi qu'un bel été. 

16 juin 2025

Remerciements pour Dame Nature et ses cadeaux, pour Daniella

Cela fait un bon moment que je fais des essais avec des feuilles d'automne que j'ai traitées avec de la glycérine pour qu'elles restent souples, pour en obtenir comme une sorte de cuir. Je rêve en fait d'être capable un jour de réaliser des compositions mariant feuilles mortes et points de dentelle au crochet  comme le fait magnifiquement bien l'artiste Suzanner Bauer que j'admire, mais jusqu'alors je n'y suis pas parvenue (ce n'est pas encore la bonne variété de feuilles ou  la bonne texture pour éviter que le "cuir" des feuilles" ne se déchire avec le passage de l'aiguille ou du crochet) .

Cependant, comme certaines tentatives n'ont pas été totalement moches, je n'ai pas tout jeté et j'ai eu envie d'en faire un mail-art au naturel pour mon amie Daniella. Avec des lambeaux d'écorce de boulot, et des morceaux de feuilles que j'ai découpés, fixés par broderie sur le fond en tissu teinté à la soupe de clous rouillés (ce sont les toutes dernières chutes), j'ai tenté un assemblage expérimental... et voilà ce que cela donne !
Vue du dessus
Lorsqu'on le voit ainsi à plat, on dirait un oiseau perdu dans la tempête, avec les couleurs de la rouille qui pourraient symboliser les rafales.... cela aurait été bien que je me rende compte de cela avant de le terminer car j'aurai pu ordonnancer autrement les différentes pièces sur le tissu! Pourtant, cela fait plusieurs mois que je l'avais mis en stand-by, attendant un moment d'inspiration plus favorable! Bon, promis, j'essaierai de mieux faire la prochaine fois.
Vue de la tranche, avec volume à gauche, au bas de l'écorce de bouleau
C'est extrêmement fragile mais  je vais le laisser partir par la Poste en l'état. 

Chère Daniella, j'espère te faire plaisir avec cette "création" à l'image de ce que tu aimes m'envoyer, un bidule "complètement nature". Souhaitons qu'il arrive jusqu'à ta boite aux lettres dans le meilleur état possible (pas comme le précédent sur le bleu Asse que tu n'as jamais reçu).  

24 mai 2025

F74 - Rangement original pour canette de couture, de Thérèse

Longtemps après avoir utilisé du tissu pour un ouvrage principal, on s'apprête à utiliser les chutes dudit tissu, avec la bonne couleur du fil restée sur une canette de machine à coudre , c'est quelquefois bien compliqué à la retrouver, lorsque cette dernière est bien cachée parmi les autres; 

Le problème est apparemment résolu par une couturière pragmatique : bien suspendue à sa bobine de fil,  cette canette inaugure un mode de classement jusqu'à ce jour inégalé.

Merci Thérèse pour le clin d'oeil à l'un de mes thèmes anciens mais toujours en vigueur "tenir à un fil". 

5 mai 2025

De l'or et des fragments de porcelaine : l'art du Kintsugi pour Nathalie

Nathalie, peintre sur porcelaine, est une grande et belle artiste. Lorsque j'ai trouvé cette photo associant la main à l'assiette en cours de restauration,  j'ai immédiatement su que cela deviendrait une mail-art pour elle.

assiette en cours de restauration, vue sur Flickr - Pas de nom d'auteur de la photo

En espérant que ce nouvel mail art te parviendra sans encombre, je t'en souhaite une très belle réception
***

Le Kintsugi, l'art de réparer les objets en sublimant les cassures

Un vase brisé, une tasse ébréchée… Plutôt que de recoller les morceaux en cachant les cassures, et si on les réparait selon la méthode Kintsugi ? Cette discipline japonaise nous incite à accepter les objets avec leurs imperfections.

C'est un mot qui signifie littéralement "jointure en or" en japonais. Le Kintsugi permet de restaurer des objets cassés, abîmés, non pas en dissimulant les fêlures, mais en les sublimant avec de l'or. Le Kintsugi est une ode à l'imperfection et à la fragilité. Il nous incite à prendre soin de nos objets du quotidien au lieu de les jeter quand ils ont subi l'épreuve du temps. Myriam Greff est une restauratrice d'art qui le pratique.

Myriam Greff, artiste : "On passe d'un objet qui est destiné à la poubelle à un objet qui non seulement devient une œuvre d'art et qui, en plus, peut être réutilisé dans son usage d'origine."

À l'origine, l'artiste installée à Meaux avait appris à réparer les objets dans une démarche "illusionniste", c'est-à-dire en donnant l'illusion que l'objet était neuf une fois réparé.

Myriam Greff : "On me demandait d'effacer les traces du temps et ça avait quelque chose à la fois de magique et de complètement faux. La céramique, c'est avant tout des objets utilitaires. Quand on fait de la restauration dite illusionniste, donc invisible, on ne peut pas se resservir des objets parce que les produits utilisés pour la restauration sont toxiques. Donc je rendais des pièces qui semblaient en parfait état et qui ne pouvaient plus servir."

C'est en arpentant les allées du musée Guimet que Myriam Greff découvre le Kinstugi, méthode de restauration née au Japon au XVe siècle pour satisfaire le caprice d'un shogun qui voulait faire réparer un bol cassé. Contrairement à d'autres méthodes, le Kintsugi permet de retrouver l'usage de l'objet à 100 %, tout en transformant complètement son esthétique.

Myriam Greff : "Sur ce vase, une fois cassé, il manquait un très grand tesson. Au lieu de faire un grand aplat doré, j'ai préféré le combler de laque noire qui est polie. J’ai profité de cette absence pour pouvoir faire un dessin. J'ai choisi un motif floral assez dynamique, inspiré de l'art nouveau qui rappelle un peu le tableau du Cri."
Des mois pour restaurer une pièce

Pour restaurer une pièce "façon Kintsugi", il faut deux ingrédients : de la sève d'un arbre qui pousse en Asie et de la poudre d'or. Cette méthode ne nécessite pas de cuisson au four, mais le séchage exige de la patience et une grande précision.

Myriam Greff : "Le séchage de la laque est très différent quand je travaille en hiver ou en été. Il faut être très à l'écoute de son environnement, il y a une odeur et un toucher. Il y a une manière dont la laque commence à briller, commence à se tendre."

Le Kintsugi redonne de l'importance au vécu de l'objet et aux accidents qu'il a subis.

Myriam Greff : "C'est beau de pouvoir montrer cette fragilité, parce qu'un objet, ou une personne, qui se montre fragile, elle peut obtenir du soutien. Par exemple, voici deux tasses que j'ai cassées et que j'ai mélangées pour que l'une complète l'autre, pour avoir une sorte de symbolique, une double symbolique de la résilience et du soutien qu'on peut apporter."

L'amour porté aux objets du quotidien

Le Kintsugi, c'est aussi une philosophie qui incite à accepter les objets avec leurs défauts et leurs aspérités.
Myriam Greff : "Il y a une recherche esthétique autour de l'imperfection et de l'asymétrie, avec en même temps une recherche très forte autour de la perfection. Je ne laisserais jamais une poussière dans ma laque, les lignes doivent être très belles. Souvent, on pense que je coule du métal dans les cassures et quand on me demande ça, je me dis que mon travail a été bien fait."
Mais tous les objets ne se cassent pas accidentellement. Parfois, certains clients demandent à l'artiste de casser les objets elle-même pour pouvoir transformer leur apparence.
Myriam Greff : "Les gens n’osent pas les casser eux-mêmes parce qu'ils ne connaissent pas bien la matière céramique et ils ont peur de me donner un sachet de poudre et de tessons. Ça peut paraître complètement aberrant et en même temps, quand on a compris le message qu'il y a autour de la résilience, de cette ode à la fragilité, on comprend mieux ces réactions de vouloir restaurer un objet alors qu'il est actuellement en parfait état."

30 janvier 2025

D186 - Des feuilles-dentelles et du bleu pour la chambre peinte par Suzanne Valadon, de la part d'Ouiza

Deuxième courrier reçu ce jour de ma nouvelle correspondante iséroise, et c'est encore 'un must" : un grand merci à toi Ouiza pour cette magnifique enveloppe réalisée pour m'adresser tes voeux.

Pour célébrer l'entrée dans l'année 2025, tu t'es focalisée sur la Terre, bleue comme une orange a dit le poète. Avec cette feuille-dentelle teintée de bleu composée de plusieurs couches de feuilles mortes d'un même gabarit où les morsures du vent, de la pluie, des pas qui les ont foulés ont emporté certaines parties, laissant entrevoir une composition unique, tu portes le message de la beauté et de la poésie de cette nature qui nous entoure... prenons-en soin, sachons toujours la regarder et la respecter.

Pour compléter l'envoi, un rectangle végétal près du timbre, tout embelli de fil d'argent laisse comme une trainée de lune sur l'enveloppe et rappelle la broderie métallique placée à la base de la feuille dentelle.

Il y a beaucoup d'informations sur cette réalisation : j'en termine par le magnifique faux-timbre d'artiste faisant la part belle à cette peinture de Suzanne Valadon dite "la chambre bleue", oeuvre mise partout à l'honneur en ce moment car une exposition est dédiée à cette femme-peintre au Centre Pompidou depuis le 15 janvier et jusqu'au 25 mai 2025.

"La chambre bleue" 1923. Suzanne Valadon.
Comme tant d’autres, méconnue parce que femme, Suzanne Valadon (1865-1938), née Marie-Clémentine Valade, n'a eu comme hommage pour son 150 ème anniversaire, que celui de figurer sur un timbre-poste. Trop longtemps reléguée par la postérité à son statut de mère de Maurice Utrillo et de « Muse de Montmartre », Suzanne est pourtant l’une des peintres les plus avant-gardistes de la fin du XIXe siècle. Ses œuvres bouleversent la représentation du corps féminin et marquent une rupture avec l’hyper-sexualisation de la femme prolétaire, motif pictural prégnant du XIXe siècle, de l’impressionnisme au postimpressionnisme. Son origine de classe, souvent ignorée par l’indigente littérature qui lui est consacrée est essentielle dans la compréhension de son œuvre. Fille de prolétaires, elle est entrée dans le très patriarcal milieu artistique parisien en tant que modèle. Comme le souligne l’historienne d’art féministe Patricia Mattews : « Sa double expérience qui l’a amené à poser comme un corps sous un regard masculin, et comme artiste naissante, à scruter le processus qui transforme et positionne un corps en un objet du regard sur la toile a eu des conséquences significatives sur son attitude à l’égard de sa propre image des femmes et du corps féminin ».
Les œuvres de Suzanne Valadon sont émancipatrices en ce qu’elles permettent une véritable réappropriation picturale. Sur ce tableau la rupture avec le genre est frappante : le regard est ailleurs, le corps n’est pas offert mais incarné, loin des représentations fantasmées. Les femmes prolétaires, comme celle représentée sur cette toile, sont loin des clichés misérabilistes, qui véhiculent une autre forme de soumission à un regard voyeur et condescendant.
Berthe Morisot, la grande peintre impressionniste qui l’a précédée, n’est jamais allée aussi loin que Suzanne Valadon dans la rupture avec les conventions. Elle représente essentiellement des femmes de son milieu dans des occupations domestiques et convenues.
Femme révolutionnaire, Suzanne Valadon ne figure pas au Panthéon de la peinture, mais est enterrée au cimetière parisien de Saint-Ouen.
Source : Instagram Emma Duhem

12 octobre 2024

Racines, pour Les Ecornées de Warwick

Les Ecornées de Warwick au Québec ont lancé leur 7e appel à mail-art en retenant cette année le thème des Racines. Ce thème est très inspirant mais je l'ai malheureusement appris trop tard. J'ai quand même eu le temps de leur faire une petite création que voici, 

Lorsque nous nous promenons en forêt,  nous ne soupçonnons pas le nombre infini de racines puis de radicelles qui forment un réseau pour aller chercher toutes les ressources en eau et en nutriments dont chaque arbre a besoin pour grandir, résister aux maladies et aux parasites, et pour s'épanouir.

Depuis peu, nous savons que les arbres, bien qu'immobiles, communiquent entre eux :  c'est notamment par ce réseau très dense de racines relié entre elles grâce au mycélium qui leur est associé que les informations circulent.
Pour représenter le niveau zéro, celui de la terre ferme, j'ai utilisé un ruban de picots verts, puis pour le niveau souterrain, c'est une cordelette de cotton que j'ai intégralement détricotée jusqu'à l'obtention d'une multiplicité de fils fins que j'ai tenté d'organiser en réseau. J'ai choisi comme fond un tissu teint en brun au moyen d'une soupe de clous rouillés, afin de simuler les différentes couleurs de la terre.

Il m'a semblé que le timbre international avec la fameuse sphère des JO Paris 2024 retenue au sol par des fils tout en voulant atteindre le ciel était un joli symbole de l'arbre. Représentant un arbre avec toutes ses branches et aussi le faisceau de toutes ses racines, le second timbre m'a également semblé opportun pour illustrer le thème choisi. 

J'espère que ce mail-art arrivera sans encombre et dans les délais au Québec et que le 7e appel à mail-art organisé par les Ecornées de Warwick rencontrera beaucoup de succès.

*** Citation de Gustave Thibon, philosophe ***
N'oublions pas que ce n'est pas le nombre et la longueur de ses branches,
 mais la profondeur et la santé de ses racines qui font la vigueur d'un arbre.
***
"LE MURMURE DE LA FORET - QUAND LES ARBRES PARLENT"
Introduction d'une vidéo diffusée sur Arte en  mars -avril 2021, désormais indisponible  

« On connaît de mieux en mieux « l’intelligence » des arbres et les étonnantes facultés qui leur ont permis, depuis des millénaires, de tisser entre eux un réseau dense de communication. Au coeur de la forêt, amis, ennemis, partenaires d’affaires et parents entretiennent ainsi une conversation silencieuse, restée longtemps insoupçonnée.

Par le biais notamment de leurs racines, qui occupent généralement deux fois plus d’espace que le feuillage, et du réseau fongique qui leur est associé, tous sont reliés entre eux. Véritables signaux chimiques, les molécules qu’ils échangent transmettent des minéraux et des informations leur permettant de se défendre contre les agressions, par exemple des parasites, ou de favoriser la croissance des jeunes arbres. C’est ainsi que les bouleaux transfèrent des sucres aux jeunes sapins qui manquent de lumière, et qu’à la mauvaise saison les conifères en envoient vers les branchus défeuillés. Cette passionnante exploration de l’évolution des forêts européennes détaille l’extraordinaire nature sociale des arbres, qui leur permet de pratiquer à un haut degré l’entraide et la coopération. »


LES ARBRES PARLENT ENTRE EUX  : Vidéo publiée sur Youtube par Le Tatou 
On ne connait rien des arbres. Ils ont pourtant tellement à nous apprendre. Dans cette vidéo, on découvre certaines facultés incroyables des arbres ! Partage fort pour faire connaître ce sujet.

27 juin 2024

F73 - Machine à dérouler le fil conducteur , de la part de Claire

Pour continuer son défi personnel, c'est à dire un envoi au moins sur chacun de mes appels à mail-art permanent, Claire m'adresse cette fois-ci son interprétation sur le thème du fil, en partant de la copie d'une ancienne lithographie d'Etienne de Beaumont.

       

Lithographie originale d'Etienne de Beaumont (extrait de la revue caricaturale de 1843)

Il s'agit de l'invention d'une machine par un Magasin de la ville de Paris, dont le but est de délivrer le "fil conducteur" à chaque cliente, pour lui permettre de retrouver facilement le rayon textile et le tissu qu'elle souhaite acheter. 

Cet art postal est tout à fait complet avec un fond tiré d'un document ancien, avec du fil de couleur , avec un timbre "haute couture" bien ciblé, de la dentelle et un bouton. Un véritable mail-art textile sur le fond comme sur la forme. 

Un grand merci à toi Claire, pour cette belle interprétation de mon thème du fil : tu m'as bien gâtée.

21 juin 2024

Bidule textile + bois à suspendre et poésie, de Daniella

Evidemment l'objet était trop épais et fragile, il risquait d'être sali lors de son voyage postal, si bien que cette fois-ci l'envoi de Daniella était protégé par une enveloppe.


Mais quelle joie lorsque j'ai découvert et aussitôt suspendu dans mon atelier ce kakemono sobre et raffiné long d'environ 40 cm, orné d'enfilées de fil rouge et de fil blanc.

Voici les paroles du texte associé, sans titre mais signé de Pierre-André Benoît (P.A.B.) imprimeur ami avec Alechensky...dont Daniella apprécie les écrits :

Le pinceau chinois 
sait s'amuser 
car il est fait pour ça!
fait avec quoi ?
il ne faut pas le savoir!
il chérit surtout le noir 
pour exalter le blanc
il est savant 
tout en l'ignorant
ainsi peut-il faire
comme l'on danse
des trainées claires
ou denses
chinoiseries
pas chinoises forcément
qui cherchent noise
à l'obscur 
par le jeu pur 
d'un je ne sais quoi 
ici dans l'atmosphère
où l'on est heureux.

Ce texte me fait penser à la calligraphie chinoise ou au sumi-e japonais, l'art de peindre des mots essentiellement à l'encre de chine noire sur fond blanc.  

Un grand merci, Daniella, pour tes idées toujours originales, j'apprécie toujours ce que tu m'envoies, c'est toujours un vrai cadeau, quelque chose qui sort de l'ordinaire.