Blog d'art-postal, essentiellement textile , créé pour satisfaire toutes mes envies de couture, broderie, embellissement, collages et autres fantaisies... en les appliquant aux univers riches et variés induits par les timbres postaux. Il peut m'arriver d'y noter mes coups de coeur pour des expositions ou des artistes, sources d'inspiration ou d'émotions.
BIENVENUE!
Pourtant certains se l'approprient à nos dépends :
Les sources et les nappes phréatiques sont mises à mal par les sociétés d'embouteillages de l'eau, même si cela lèse grandement les producteurs locaux (agriculteurs, éleveurs, maraichers),
Certains villages depuis plusieurs années n'ont plus d'eau potable au robinet, tant elle a été viciée par des polluants éternels et autres résidus de pesticides
L'agro-industrie et tous les lobbyes de l'agro-chimie font voter des lois au mépris de toute démocratie pour en détourner un maximum en demandant l'extension des méga-bassines, afin de continuer à cultiver des céréales gourmandes en eau.
Pourtant jamais la sécheresse n'a fait autant de dégâts partout, les paturages même en altitude sont devenus paillassons, et les éleveurs ayant déjà commencé à utiliser le stock de fourrage prévu pour la mauvaise saison, se demandent ce qu'ils pourront donner à manger aux bêtes cet hiver.
La multiplicité et la propagation de méga-feux qui détruisent nos paysages et nos habitations n'a jamais été si importante sur le territoire français où cela brûle partout : et nous savons tous combien il est important d'avoir beaucoup d'eau à disposition pour les pompiers et tous les sauveteurs bénévoles.
INDISPENSABLE A LA VIE, L'EAU EST UNE RESSOURCE ESSENTIELLE QUI SE RAREFIE.
La consommation domestique de l'eau représente 10 à 15% de la ressource disponible. Alors à chacun de nous d'adopter de bonnes habitudes, des gestes de préservation pour ne surtout pas la gaspiller
Continuons sur le terrain à exercer une vigilance active pour alerter les autorités compétentes à chaque fois qu'un détournement ou un prélèvement illégal par les industrielsest constaté.
A ce stade, ce n'est pas de la délation, c'est de la résistance!
***
Même s'il n'est pas réputé pour sa sensibilité à l'écologie, dans cette chanson Henri Salvador chantait déjà en 1989 tout ce qui touchait au détournement de l'eau pour en faire du profit.
Henri Salvador - Les voleurs d'eau (Audio officiel) - 1989
vidéo publiée sur le site Youtube de 100% Chansons françaises
VOLEURS D’EAU
Ils détournent la rivière, là haut, là haut Ils se moquent de nos misères, là haut, là haut Si la soif nous affaiblit Et si nos sources sont taries Tous nos troupeaux Vont périr l'un après l'autre, là haut, là haut Il faut sortir nos fusils, là haut, là haut Il faut lutter pour nos vies Mais d'abord il nous faut parler A ces gringos Tantôt Nos terres sont les plus fertiles C'est l'eau, c'est l'eau Et nous vivions si tranquilles De nos travaux Quand nous montions dans nos barques Lorsque nous pêchions dans le lac Heureux, heureux Ils veulent construire un barrage Là haut, là haut C'est la vallée qu'ils saccagent Là haut, là haut Ils inonderont nos villages Et nous mettrons dans des cages Là haut comme des corbeaux Nous devons les empêcher Là haut, là haut De détruire nos foyers Si beaux, si beaux Tous les hommes vont s'armer Toutes les femmes vont les aider Il faut de l'eau Il faut de l'eau
Il faut de l'eau De l'eau Ils nous montrent des contrats C'est tout, c'est tout
Maintenant que me voici "redescendue" avec quelques difficultés pour retrouver le monde "normal", j'ai envie de vous raconter l'expérience intense que j'ai vécue, cette première quinzaine de juin. En ettet, je rentre d'un stage dans l'Ariège, tout près de Pamiers, où j'ai eu le loisir de chanter 6 jours durant, lors d'un stage organisé par Nicole Rieu.
Oui, vous avez bien lu : je vous parle bien de la chanteuse qui finit 4e au concours de l'Eurovision en 1975 avec "Et bonjour à toi l'artiste",
Ci dessus 1975 - Et bonjour à toi l'artiste - Chanson de Nicole Rieu à l'Eurovision en Suède
Ci-dessous en 2025 Nicole raconte ses souvenirs de cet événement
celle de "Je suis" et de "la goutte d'eau", qui fut propulsée au sommet des hits-parade puis radiée aussi subitement des ondes, mais qui n'a jamais cessé de chanter, en s'auto-produisant, bien loin des circuits officiels (après une période de vaches très maigres).
Voici deux des dernières chansons qu'elle a enregistrées :
16 septembre 2022 - Et la vie coulait -
2 février 2024 - Les Héritiers Duo Nicole Rieu/Frédéric Bobin
Paroles Philippe Bobin / Musique Frédéric Bobin / Réalisation du clip Charly Bourquin Félicien Fort
Nicole est une chanteuse au grand coeur (choeur). Ce stage m'a ramenée quelques 15 et 16 années en arrière (étés 2009 et 2010) où j'avais déjà pratiqué cet exercice formidable de chanter avec elle et dans la nature ; cela se passait alors dans son pays, à Seix, petit village du Couserans, dans le Piémont Pyrénéen. Cette fois-ci le rendez-vous était encore en Ariège, dans un lieu unique implanté sur la commune de Saint-Victor Rouzaud, à savoir l'Éco-village de Sainte-Camelle. Ici l’écologie intérieure est indissociable du vivre-ensemble et du respect du vivant.
C'est un endroit où la nature est préservée et où de belles personnes s'entendent pour vivre là, dans un bel esprit, d'une manière décroissante, en préservant la ressource en eau, et en s'appuyant sur leur savoir-faire respectif au profit du collectif pour toutes les tâches qu'ils entreprennent, utilisant énormément le recyclage, tout en respectant toutes les composantes de la terre, qu'elles soient végétales, animales, minérales ou humaines.
A chaque contact que nous pouvions avoir avec les Camellitos et les Camellitas, je les ai trouvés épanouis, calmes, souriants, toujours à l'écoute et heureux de partager ce qu'ils ont produit pour en faire des repas délicieux qu'ils vous offrent comme des cadeaux. J'ai eu l'impression de vivre dans une oasis, bien éloignée pour un temps des tourments du monde... une bien jolie parenthèse.
En plus de retrouver le plaisir intact de chanter (que je croyais éteint) avec les autres stagiaires au sein d'un petit groupe, nous avons pu ensemble accompagner Nicole dans deux concerts, un dans l'EHPAD de Pamiers l'avant-dernier jour (où l'on reçoit autant que l'on donne lorsque l'on voit des visages de personnes très agées se ranimer au fil des chansons) et un second, le dernier jour, à nos hôtes et leurs invités, au sein même de l'Éco-village. La aussi, beaucoup de plaisir partagé lorsque, à la toute fin, les spectateurs se sont joints à nous en une vaste ronde pour reprendre ensemble les refrains de Nicole, et également pour chanter la paix dans le monde.
J'ai apprécié de pouvoir découvrir la nourriture végan qui est tout sauf fade, monotone et répétitive : nous mangions des fleurs quasiment à tous les repas (bourrache, pétales de rose, lotier, mauve) ainsi que de nombreuses plantes sauvages comme l'ortie, le pissenlit (et d'autres dont j'ai oublié le nom) en plus des nombreux légumes du potager que nous connaissons tous bien mais que nous n'utilisons pas toujours au mieux de leurs potentialités, qu'il s'agisse des légumineuses variées, des féculents ou de légumes verts plus classiques. Fruits secs, graines et noix en tout genre, herbes et plantes aromatiques, épices variés sont venus compléter avec subtilité la palette gustative de nos repas....
et, contrairement à tous mes préjugés, je me suis accoutumée à la vie de tous les jours avec des toilettes sèches (une expérience pas si insurmontable, finalement).
Merci à Nicole pour le beau projet de "Chanter dans et pour la nature", merci à Sainte-Camelle pour son accueil formidable et merci à tous mes compagnons et compagnes de chant, qui m'ont permis de passer un séjour absolument formidable.
Vous savez combien j'apprécie le talent et la sensibilité de ce bel artiste qu'est Gauvain Sers. Alors j'en remets une couche avec la chanson Quatre enfants plus loin, extraite de son 4e album Boulevard de l'enfance dont je vous ai déjà parlé ici lors de sa sortie.
Vous trouverez ci-après le clip officiel et le texte de cette chanson où il fait honneur à sa maman qui les a élevés, lui et ses trois frères, avec tant de tendresse. Il a tellement raison, Gauvain, car ce n'est pas seulement le jour de cette fête très commerciale qu'est la Fête des Mères, qu'il faut y penser et leur exprimer toute notre gratitude : très souvent, c'est en s'oubliant et se privant de beaucoup de choses au profit de leur progéniture qu'elles ont mené leur vie, pour nous faire un avenir meilleur.
Clip officiel de la chanson "4 enfants plus loin" de Gauvain Sers avec Zabou Breitman
Quatre enfants plus loin
Bien qu'elle en sourie, elle a le cœur gros
D'avoir encore mis une assiette en trop
Fâcheuse habitude depuis que son fiston
Pour faire des études a fait ses cartons
On l'avait prévenue que ce serait coton
Quand le dernier venu quitterait le cocon
Ça lui paraît dingue, ce temps révolu
Le panier à fringues ne déborde plus
Bien sûr elle est fière, mais ça pique un peu
Pour moi, pour mes frères, elle a fait de son mieux
Ma mère est de celles qui sont, mine de rien
Toujours aussi belles
60 ans plus loin
60 ans plus loin
Ma mère est de celles toujours aussi belles
60 ans plus loin
Elle caresse le chat, les yeux au plafond
Elle regrette déjà la musique à fond
Comme elle rembobine le film du passé
Ce soir elle cuisine des pâtes alphabet
La table est immense, le matou heureux
Le repas, tu penses, est bien silencieux
Peut-être qu'il faudra libérer l'espace
Des rallonges en bois qui prennent toute la place
Bien sûr elle est fière, mais ça pique un peu
Pour moi, pour mes frères, elle a fait de son mieux
Ma mère est de celles qui sont mine de rien
Toujours aussi belles
Un divorce plus loin
Un divorce plus loin
Ma mère est de celles toujours aussi belles
Un divorce plus loin
En passant devant les piaules désertiques
Le bordel d'avant la rend nostalgique
Elle entend les rires, le parquet qui craque
Elle sait que vieillir est une belle arnaque
Le front dans sa paume, elle n'en mène pas large
De laisser ses mômes dans un monde de barges
Une daronne il faut toujours qu'elle s'inquiète
Même quand ses marmots la dépassent d'une tête
Bien sûr elle est fière, mais ça pique un peu
Pour moi, pour mes frères, elle a fait de son mieux
Ma mère est de celles qui sont mine de rien
Toujours aussi belles
Quatre enfants plus loin
Quatre enfants plus loin
Ma mère est de celles toujours aussi belles
Quatre enfants plus loin
Gauvain Sers
Paroles.net dispose d’un accord de licence de paroles
de chansons avec la Société des Editeurs et Auteurs de Musique (SEAM)
Merci Gauvain, pour cette magnifique chanson, universelle, et merci à toutes les mamans, qu'elles soient encore auprès de nous pour les plus chanceux, ou tellement présente en nos coeurs, pour les autres.
Aujourd'hui 8 mai, jour de l'armistice de la deuxième guerre mondiale, c'est le jour où se remémorer toutes les victimes de ce conflit terrible, le jour pour célébrer tous ceux qui se sont battus afin que la France redevienne libre, et pour remercier tous ceux qui sont tombés pour cela (et pas seulement un jour férié de mai qui permet de faire le pont et de pouvoir partir en week-end prolongé).
Dans cette période noire de l'Occupation, il y eut des moments singuliers comme l'histoire de ces deux chants patriotiques, qui sont parfois un peu confondus, alors qu'ils n'ont pas tout à fait la même histoire. Peut-être est-ce parce que, dans les deux cas, la chanteuse Anna Marly a participé à leur création (musique et paroles russes du Chant des Partisans - et musique pour la complainte) ainsi qu'à leur diffusion.
1 / "Le Chant des partisans" (ou "Chant de la libération") devenue l'hymne de la Résistance
La musique, initialement composée en 1941 sur un texte russe, est due à la Française Anna Marly, ancienne émigrée russe qui en 1940 avait quitté la France pour Londres. A l'origine il est utilisé comme indicatif musical d'une émission de la BBC consacrée à la France libre. Pourquoi ? Outre la mélodie entraînante, à même de susciter le désir de libération, l'air sifflé permettait de traverser le brouillage ennemi !
Ce n'est qu'à la Libération, en 1945, que "Le Chant des partisans" s'impose comme l'hymne de la Résistance.
Anna Marly raconte la création du " Chant des partisans " et de " Complainte du partisan " enregistrée en 2000 -
Vidéo youtube de lysgauty1 collection disques David Silvestre
Le Chant des partisans ou Chant de la libération est l'hymne de la Résistance française pendant l'occupation par l'Allemagne nazie, pendant la Seconde Guerre mondiale. La musique, initialement composée en 1941 sur un texte russe, est due à la Française Anna Marly, ancienne émigrée russe qui en 1940 avait quitté la France pour Londres.
Les paroles originales en français ont ensuite été écrites en 1943 par Joseph Kessel, également d'origine russe, et son neveu Maurice Druon qui ultérieurement ont tous deux rejoint les Forces françaises libres.
Le Chant des Partisans :
Ami, entends-tu le vol noir des corbeaux sur nos plaines ?
Ami, entends-tu les cris sourds du pays qu'on enchaîne ?
Ohé, partisans, ouvriers et paysans, c'est l'alarme.
Ce soir l'ennemi connaîtra le prix du sang et les larmes.
Montez de la mine, descendez des collines, camarades !
Sortez de la paille les fusils, la mitraille, les grenades.
Ohé, les tueurs à la balle et au couteau, tuez vite !
Ohé, saboteur, attention à ton fardeau : dynamite...
C'est nous qui brisons les barreaux des prisons pour nos frères.
La haine à nos trousses et la faim qui nous pousse, la misère.
Il ya des pays où les gens au creux des lits font des rêves.
Ici, nous, vois-tu, nous on marche et nous on tue, nous on crève...
Ici chacun sait ce qu'il veut, ce qu'il fait quand il passe.
Ami, si tu tombes un ami sorte de l'ombre à ta place.
Demain du sang noir sèchera au grand soleil sur les routes.
Chantez, compagnons, dans la nuit la Liberté nous écoute
...
Ami, entends-tu ces cris sourds du pays qu'on enchaîne !
Ami, entends-tu le vol noir des corbeaux sur nos plaines !
En réponse à l'appel à mail-art lancé par l'Association C.L.E. (Créer, Lire, Ecrire) de Cousances, voici ma troisième participation, illustrant la vision qu'avait l'écrivain britannique Georges Orwell de la liberté d'expression, notamment dans son roman "1984".
Le roman de George Orwell "s'applique presque mot pour mot à la réalité qu'on vit, et pas seulement en Amérique, un peu partout dans le monde", souligne aussi sur France Inter le réalisateur Raoul Peck, qui vient de sortir le documentaire "Orwell 2+2=5" dont je vous ai parlé précédemment.
Statue de George Orwell devant la Maison de la radiodiffusion à Londres
Parler de liberté n'a de sens qu'à condition que ce soit la liberté de dire aux gens
ce qu'ils n'ont pas envie d'entendre.
"La liberté, c'est la liberté de dire que deux et deux font quatre.
Lorsque cela est accordé, le reste suit "
Georges Orwell dans 1984
Je souhaite à l'Association C.L.E. une bonne réception de ce nouveau mail-art
***
Pour compléter, ce thème magnifique, je vous propose d'écouter Liberté Chérie de Louis Chedid.
Vidéo de la chanson Liberté publiée sur la chaine Youtube de Louis Chedid
LIBERTÉ
Écrire sur les murs ce que l'on pense,
Graffiti-morsures, impertinences.
Noircir du papier, sans qu'on vous poursuive,
Bondir, exister et non pas survivre.
Qu'on ait tort, qu'on ait raison,
Pouvoir le dire haut et fort
Sans craindre la prison
Ni risquer la mort.
Ooohhh!!! liberté chérie!
Ooohhh!!! liberté chérie!
Ooohhh!!! liberté chérie!
Ooohhh!!! liberté chérie!
Libre d'aller, de venir,
De passer les frontières,
De voyager, de bouger, de partir
De faire le tour de la terre.
Ni Dieu, ni maître, ni esclave de personne,
Liberté, liberté pour tous les hommes.
Pour calmer la blessure de l'impuissance
Je fais des graffiti sur les murs d'intolérance.
Ooohhh!!! liberté chérie!
Ooohhh!!! liberté chérie!
Ooohhh!!! liberté chérie!
Ooohhh!!! liberté chérie!
Louis Chedid
Paroles.net dispose d’un accord de licence de paroles de chansons
avec la Société des Editeurs et Auteurs de Musique (SEAM)
C'est en participant à l'appel à mail-art de Christophe Blaise sur les "gueules"que j'ai eu envie de parler de celle d'un "métèque" dont j'ai particulièrement apprécié les chansons et que j'ai envie d'honorer aujourd'hui, car cela fait déjà un bon moment qu'il est parti rejoindre les étoiles filantes.
Georges Moustaki était un artiste complet, un auteur-compositeur-interprète d'origine italo-grecque naturalisé français en 1985 mais, c'est moins connu, il était aussi artiste-peintre, écrivain et acteur.
Georges Moustaki photographié lors de son concert à Rotterdam, en 1980. Photo Gerard van Bree/Alamy Stock Photo
Débutant dans l'ombre des géants (il écrit pour Edith Piaf, Yves Montand et Barbara), Georges Moustaki s'est hissé au rang des très grands auteurs-compositeurs et interprètes de la chanson française. Le «Métèque», d'après le classique qu'il chante en 1969, est devenu un vétéran atypique et incontournable et offre l'exemple d'une personnalité artistique longuement mûrie avant de s'affirmer durablement sous les feux de la rampe. Célébré par un coffret en 2002, Georges Moustaki n'en continue pas moins d'enregistrer les albums Moustaki (2003), Vagabond (2005) et Solitaire (2008) et d'effectuer quelques tournées. Ce géant de la chanson né à Alexandrie (Égypte) en 1934 dans une famille juive originaire de Grèce, s'éteint le 23 mai 2013 à l'âge de 79 ans.
*** Georges MOUSTAKI ***
1934-2013
de g à d : Moustaki en 1955 photo Sacem / Photo prise le 23-11-1972 du chanteur Georges Moustaki -Belga-AFP/ photo en couleur non datée sans légende ni auteur précisé
Yussef (Giuseppe) Mustacchi est né à Alexandrie (Egypte) le 3 mai 1934, dans une famille juive grecque. Le fils Mustacchi parle italien à la maison, arabe dans la rue et français à l'école : ses parents libraires, attachés à la culture noble, ont tenu à ce qu'il étudie dans une institution française. L'éducation cosmopolite et francophile du jeune homme l'amène à s'intéresser à la musique française, et à se piquer de reprendre au piano des standards de Tino Rossi, Charles Trenet ou Edith Piaf. Après avoir décroché le bac, le futur Georges Moustaki fait un voyage à Paris et en revient convaincu de son désir de vivre dans la capitale française. Ayant obtenu l'autorisation de son père, il s'expatrie définitivement et s'installe chez l'une de ses soeurs, qui tient une librairie à Paris avec son époux.
L'expatrié
Ce Grec de culture francophone n'obtiendra pourtant la nationalité française qu'en 1985. Le jeune homme tente d'abord de gagner sa vie en vendant des livres de poésie au porte-à-porte, puis en travaillant dans la presse (il écrit des chroniques de la vie culturelle parisienne pour un journal égyptien dont il est le correspondant). Les lettres ne nourrissant pas leur homme, il travaille également comme barman dans un piano-bar, ce qui lui permet de rencontrer des personnalités du monde du spectacle. Grattant un peu de la guitare, il s'interroge encore sur sa voie. Un soir, il assiste aux Trois Baudets à un récital de Georges Brassens : bouleversé, cet amateur de musique est convaincu que son chemin se trouve dans le spectacle. Il n'aura de cesse de le considérer comme son maître, allant jusqu'à adopter son prénom comme nom de scène. Ayant peu après l'occasion de le rencontrer, Giuseppe lui montre les textes qu'il écrit ; Georges Brassens l'encourage à continuer.
Georges, Edith et les autres
La pente est cependant escarpée et Moustaki, chargé de famille à peine majeur, hésite encore entre la musique et la peinture, tout en chantant occasionnellement dans des cabarets parisiens. Il a l'occasion de rencontrer quelques figures de la chanson française comme Henri Salvador et le guitariste Henri Crolla. C'est ce même Crolla qui, en 1958, présente Georges Moustaki à l'une de ses idoles, Edith Piaf : de cette rencontre naît une liaison entre le jeune aspirant musicien et la star, de 19 ans son aînée. Celui-ci devient auteur-compositeur pour Piaf, pour laquelle il écrit la chanson « Milord », grand succès de la chanteuse. C'est un début de notoriété pour le jeune Moustaki, que Piaf présente à la télévision française : encore gauche et timide, la voix hésitante, il se produit pour la première fois devant une caméra. Il accompagne ensuite Piaf dans ses tournées, mais leur relation est vite mise à l'épreuve par le caractère entier de la chanteuse et par ses problèmes de santé. Au cours de la tournée américaine de la « Môme » Piaf, pendant laquelle elle tombe gravement malade, le couple se sépare. Un peu secoué par son passage dans la vie publique, Georges Moustaki se met un peu en retrait et se perfectionne en étudiant la guitare classique, tout en continuant son activité de parolier-compositeur : il écrit pour Colette Renard, Yves Montand ou Barbara. Il sort quelques disques au début des années 1960 mais préfère encore son activité d'auteur à celle d'interprète. Pathé-Marconi met un terme à son contrat de chanteur en 1965.
Le juif errant
Georges Moustaki profite de cette période d'inactivité pour voyager en Grèce, découvrant ainsi le pays de ses parents. Il ne tarde cependant pas à rebondir, grâce à sa rencontre avec Serge Reggiani : à 42 ans, le comédien souhaite prendre de la distance avec le cinéma et se concentrer sur une carrière de chanteur, qu'il commence en 1963 en interprétant des textes de Boris Vian. Georges Moustaki compose pour lui plusieurs chansons à succès, comme « Sarah » ou « Ma Solitude ». Désormais remis en selle en tant qu'auteur, il écrit pour d'autres fortes personnalités de la scène française, comme Barbara, avec qui il se lie d'amitié.
Georges Moustaki et Barbara chantent la dame brune - vidéo publiée par Ina Chansons
En 1968, il interprète en duo avec elle « La Longue dame brune », chanson douce et tendre qui devient un standard des deux interprètes. La même année, au cours d'une tournée, Barbara est prise d'un malaise avant de monter sur scène. Malgré son trac, Georges Moustaki la remplace au pied levé et s'affirme comme un chanteur capable de charmer le public. L'année suivante, à 35 ans, il se révèle enfin avec le grand succès de la chanson « Le Métèque », touchante ode au déracinement et à l'amour, qui demeure le titre le plus connu de son auteur. Ce titre et le 33-tours enregistré dans la foulée lui valent de remporter le prix de l'Académie Charles Cros, avant de réaliser un tour de chant qui le mène jusqu'à Bobino. Chanteur chaleureux et sensible, Georges Moustaki crée un lien intimiste avec le public des années 1970, qui en redemande : deux albums se succèdent, et une tournée internationale achève de le consacrer, tardivement mais sûrement. Il affirme une personnalité de chanteur à textes à la voix chargée d'émotion, dans la lignée de son maître Georges Brassens. Sa personnalité de poète cosmopolite à l'indolence revendiquée séduit les spectateurs, d'autant que s'ajoute à ce côté « baba-cool » un grand talent d'auteur et d'interprète. Moustaki développe également son image d'artiste « libertaire » et anarchiste, engagé à gauche, qui ne se démentira jamais : poussé à la fois par sa sincérité et sa gentillesse, le chanteur s'engagera au fil des années dans de nombreuses causes médiatiques, allant du plus consensuel (l'opposition à la dictature des colonels en Grèce dans les années 1960), au plus hasardeux (la défense de Cesare Battisti en 2004).
Après avoir assisté en 1972 au festival de la chanson populaire de Rio de Janeiro - ce qui lui donne l'occasion de rencontrer notamment Chico Buarque et Gilberto Gil -, Georges Moustaki agrémente sa musique d'influences brésiliennes, notamment de bossa nova, qui se font sentir dans l'album Déclaration (1973). Il adapte des chansons brésiliennes en français et continue de s'imprégner des influences musicales du monde entier grâce à ses tournées internationales qui satisfont également son goût des voyages et de la découverte. Tout en se montrant très productif, démentant ainsi sa paresse revendiquée, Georges Moustaki parcourt le monde (Etats-Unis, Japon, Allemagne, Egypte...) sans jamais se départir de sa tendresse de poète épris d'universel. En 1979, il se produit à l'Olympia pendant deux semaines avant de partir en tournée européenne. Attiré par les influences musicales du sud, il cherche aussi à se diversifier en se tournant vers les pays du nord, notamment en collaborant avec le groupe néerlandais Flairk, avec lequel il sort un album et fait une tournée (1982).
Une activité qui ne s'essouffle pas
Ayant quitté en 1986 sa maison de disques Polydor pour le label Blue Silver, il réalise l'album Jou Jou, avec la collaboration de Maxime Le Forestier, Paco Ibañez et Richard Galliano. Il réalise à cette occasion une originale « tournée dans Paris intra-muros », passant d'une salle à une autre, avec dix-neuf dates. Dans les années suivantes, un double album live et un livre - Les Filles de la mémoire - honoré par une préface de l'écrivain brésilien Jorge Amado, viennent s'ajouter à ses succès professionnels. Sa production chez Polydor est recueillie en 1992 dans un coffret, Balades en Ballades, qu'accompagne un double album studio. Une nouvelle tournée suit en 1993.
Georges Moustaki multiplie les rencontres artistiques et les collaborations, élargissant son univers : on le voit adapter un poème soufi du turc Yunus Emre, et réaliser des duos avec Nilda Fernandez ou Enzo Enzo. Son véritable intérêt tient cependant dans les tournées, qui lui permettent de satisfaire ses envies de découverte et de nouvelles rencontres, avec des artistes et des publics différents. En dehors des modes, comptant sur l'affection d'un public fidèle, il poursuit loin des médias les plus branchés une carrière des plus actives : concert à l'Olympia joué à guichets fermés en 2000, tournée en 2001, bilan de carrière avec un coffret de dix CD en 2002, nouvel album en 2003 (Moustaki, avec pour la première fois sa propre version de « Milord », la chanson écrite pour Piaf) et encore un album en 2005 (Vagabond, enregistré au Brésil). Un autre album suit en 2008, baptisé Solitaire. Atteint de problèmes respiratoires, Georges Moustaki doit annuler une série de concerts en 2009 en raison d'une hospitalisation. Il s'installe ensuite à Nice où il s'éteint au matin du 23 mai 2013, à l'âge de 79 ans, d'une maladie des bronches. Dès l'annonce de sa disparition, les hommages tant artistiques que politiques affluent envers ce géant de la chanson.
Ayant brillamment creusé un sillon clair et profond dans l'univers de la chanson française, Georges Moustaki a su conserver une authenticité artistique formée au creuset de la tendresse, de « l'amour de l'amour » et d'une identité irréductiblement cosmopolite. À force de penser que « l'homme dépend du songe », le « Métèque » a su réaliser ses rêves et se faire une place dans le coeur des Français.
Source : Le site d'Universal Music
*** Ecoutons-le encore chanter et raconter son parcours ***
On peut retrouver l'artiste dans trois poadcasts diffusés en 2025 sur France Culture Série Georges Moustaki, chanteur poète :
L'invité de TV5MONDE rend hommage à Georges Moustaki le citoyen du monde - Vidéos réalisées en 2005
Partie 1 - J'ai révé ma vie jusqu'au bout
Partie 2 - Piaf, mon amour
Pour finir, voici quelques chansons, des pépites que je connais par coeur et qui m'accompagnent toujours, mais peut-être que c'est aussi le cas pour vous.
Le facteur : Georges Moustaki chante "le facteur"... un de ses plus beaux textes ouverts à de multiples interprétations. De qui parle Georges Moustaki, peut-être d'un jeune homme qu'il a connu autrefois ou bien peut-être de lui même, de sa jeunesse enfuie ? Qui a tué ce jeune facteur, est-ce une guerre, un accident, ou seulement le temps qui passe ?...
La chanson originale est en grec et a été écrite par Manos Hadjidakis en 1961.
Georges Moustaki chante "ma solitude" la seule compagnie qui ne vous quitte que pour votre bien et jamais tout à fait...
C'est une Chanson pleine de gratitude à contrepoint de celle de Barbara.
La solitude est pour Georges Moustaki, le prix de la vraie liberté...
Georges Moustaki chante "voyage"... Pris au piège d'une ensorcelante courtisane, le voyageur onirique consent à se faire dévorer avec délice sur les ailes du sommeil...
Georges Moustaki chante "en Méditerranée": très belle évocation poétique d'une région de brassage culturel, lieu magnifique de rencontres et d'affrontements perpétuels entre trois continents, mais aussi fausse carte postale dans laquelle le chanteur dénonce en creux l'air de rien, les dictatures européennes de l'époque, le régime de Franco en Espagne et celui des colonels en Grèce... Chanson peu connue à faire découvrir et à (re)découvrir... car hélas toujours d'actualité en ces temps troublés de démocraties plus ou moins triomphantes et de violence fanatique ...
Georges Moustaki, accompagné de sa choriste chilienne Marta Contreras, chante "Portugal" en 1975, traduit du portugais et composé par Chico Buarque et écrit par Ruy Guerra réalisateur mozambicain exilé au Brésil, un an après la victoire contre la dictature salazariste du 25 avril 1974... La révolution des oeillets redonnait espoir aux voisins Espagnols, toujours soumis à Franco, et aussi aux exilés grecs, qui avait fui le putsch des colonels du 21 avril 1967.
Georges Moustaki chante "Flamenco" au théâtre de la ville en 1976... et s'insurge de toute sa poésie contre Franco : auprès de son label, l'Ambassade d'Espagne intervient pour supprimer la chanson. A cette date, Georges Moustaki avait déjà chanté pour la cause de la démocratie en Grèce ("chansons pour Andréas de Théodorakis") , et au Portugal ("Portugal")... Franco meurt l'année suivante, mais de sa "belle mort"... Il n'y aura pas de "défaite" finale du franquisme ni de condamnation internationale claire de la dictature franquiste mais une transition démocratique pour ainsi dire à l'amiable... Certes heureusement mais pas complète ni définitive. De ce fait, la mémoire est tronquée, et loin d'être unanime en Espagne, elle reste l'enjeu de confrontations et de provocations de part et d'autres des deux camps adversaires, et quarante cinq ans après, une flaque de sang, rouge comme une robe de flamenco sépare encore les descendants des acteurs de cette guerre civile...
Georges Moustaki chante "Une blessure"... de celles indélébiles qu'on garde pourtant précieusement au fond de soi..
Georges Moustaki chante "Nous sommes deux"... et dénonce la torture et les mauvais traitements subis par les prisonniers politiques en Grèce au temps des colonels. Il s'agit du titre "Imaste dio", de Mikis Théodorakis, compositeur grec en exil en France après avoir été emprisonné sous le régime de la dictature, de 1967 à 1973. Très beau texte engagé pour la résistance et la lutte, finalement justifiées par les violences commises contre elles. Qui veut étouffer le cri de la liberté ne fait que la renforcer : un puis deux puis trois aujourd'hui à tomber seront demain des milliers à se lever...
Ma Liberté avec sa musique originale
Georges Moustaki chante "ma liberté" sa dernière compagnie, joliment accompagné au piano pour cette sérénade nocturne, dans l'air d'un soir d'été, quelque part en Allemagne.
Dans ces chansons, Georges Moustaki nous prouve s'il en était encore besoin qu'on peut être sensible et s'engager pour parler des maux du monde avec tant de si belle poésie. Merci l'Artiste d'avoir éclairé mon âme et réjouit mon coeur avec tes beaux textes et tes musiques, à jamais.