Répéré il y a déjà quelques temps sur son blog, j'attendais avec impatience ce portrait croqué et mis en couleurs par l'ami Éric et, chouette, aujourd'hui samedi, voici son enveloppe enfin dans ma boite aux lettres...
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| Danseuse de flamenco |
Blog d'art-postal, essentiellement textile , créé pour satisfaire toutes mes envies de couture, broderie, embellissement, collages et autres fantaisies... en les appliquant aux univers riches et variés induits par les timbres postaux. Il peut m'arriver d'y noter mes coups de coeur pour des expositions ou des artistes, sources d'inspiration ou d'émotions. BIENVENUE!
Répéré il y a déjà quelques temps sur son blog, j'attendais avec impatience ce portrait croqué et mis en couleurs par l'ami Éric et, chouette, aujourd'hui samedi, voici son enveloppe enfin dans ma boite aux lettres...
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| Danseuse de flamenco |
Dans cette enveloppe que m'adresse Marc, je retrouve bien son état d'esprit et sa clairvoyance :
L'allusion à la formule "89 secondes avant minuit, sur l'horloge de l'Apocalypse" ainsi que le tampon "Fragile" répété plusieurs fois sur cette carte du monde sont très clairs : notre planète mit des millions d'années à se construire pour que la vie y soit possible mais en seulement deux siècles les hommes s'échinent à continuer de la détruire, faisant fi de toutes les calamités que leurs activités déclenchent (méga-feux, inondations, cyclones destructeurs, et canicules).
Oui les équilibres sur notre Terre sont devenus très fragiles et ce n'est pas le déclenchement de toutes ces guerres de colonisation, ni le climato-dénisme de bien des dirigeants, qui vont dans le sens d'un changement de cap prochain.
Dans le même temps, Marc se montre plein d'espoir avec la carte glissée à l'intérieur, représentant une alliance pour la coopération entre Strasbourg (qui symbolise l'Europe) et Kagoshima pour le Japon (pays éprouvé s'il en fut par les deux bombes largués à Hiroshima et Nagasaki en 1945).
Merci Marc, pour cet envoi, car tu as raison à la fois de ne pas être indifférent ni aveugle sur la situation de notre monde devenu fou, tout en conservant ce qu'il faut d'énergie, de lucidité et d'espoir pour résister et pour croire encore à la beauté du monde et à des valeurs comme le partage, la paix, l'entraide et le dialogue entre les peuples.
Je l'avais bien repérée sur son blog, et je ne doutais pas qu'elle finirait par me parvenir : la lettre ouverte de Mr R, reçue seulement aujourd'hui, trois semaines après son expédition, mais dans un emballage protégé !
J'imagine que c'est parce qu'elle a bien tourné entre les mains des différents acteurs de la Poste et peut-être que sa distribution a été retardée par les nombreux jours fériés du mois de mai. Mais, comme toujours avec ce correspondant génial, cela valait la peine d'attendre : un nez proéminant en crève littéralement le centre tandis que des mains s'aggripent au rebord de l'enveloppe, entourant deux timbres, le tout représentant quasiment un visage : j'adore!
Quelle créativité cher Christian, un très grand merci à toi. Et même si j'ai décidé de ralentir vraiment mon rythme de production mailartistique pour quelques mois, une réponse s'impose.
Vous savez combien j'apprécie le talent et la sensibilité de ce bel artiste qu'est Gauvain Sers. Alors j'en remets une couche avec la chanson Quatre enfants plus loin, extraite de son 4e album Boulevard de l'enfance dont je vous ai déjà parlé ici lors de sa sortie.
Vous trouverez ci-après le clip officiel et le texte de cette chanson où il fait honneur à sa maman qui les a élevés, lui et ses trois frères, avec tant de tendresse. Il a tellement raison, Gauvain, car ce n'est pas seulement le jour de cette fête très commerciale qu'est la Fête des Mères, qu'il faut y penser et leur exprimer toute notre gratitude : très souvent, c'est en s'oubliant et se privant de beaucoup de choses au profit de leur progéniture qu'elles ont mené leur vie, pour nous faire un avenir meilleur.
Ma correspondante Isabelle connaît bien mes goûts où le cinéma a toujours figuré en bonne place.
Alors là, qu'elle m'ait choisie parmi les élus pour recevoir un mail-art extrait de sa série dédiée au 7e art en plein festival de Cannes ne pouvait me faire davantage plaisir.

Avec Sylvie, nous nous régalons avec le jeu du timbre imposé (et d'ailleurs, si d'autres correspondants veulent se prêter au jeu, nous ne sommes pas exclusives).
Voici donc ma réponse pour intégrer le nouveau timbre qu'elle avait masqué dans son envoi précédent, extrait d'une série de fleurs brodées éditée récemment par la Poste.
Une série de timbres "Fleurs brodées" rend hommage à l’art de la broderie française à travers l’œuvre d’Ugo Lo Monaco, célèbre brodeur récompensé par une médaille d’or lors de l’Exposition Internationale des Arts et Techniques de Paris en 1937. Ces timbres originaux, à la fois poétiques et raffinés, s’inspirent de douze compositions brodées authentiques conservées dans les archives familiales.
C’est Gérard Lo Monaco, petit-fils du brodeur, illustrateur et scénographe reconnu, qui signe cette création philatélique. Il réinterprète avec sensibilité les motifs floraux de son grand-père en leur insufflant une nouvelle vie grâce à la richesse des couleurs et à un design contemporain.
Évidemment, j'ai bien compris que Sylvie rend ainsi hommage à l'art de la broderie que j'aime tant et à laquelle elle s'essaie avec succès depuis peu. Hélas, malgré toutes mes recherches pour retrouver quelques-uns de ses motifs originaux sur internet, j'ai fait chou blanc : aucune trace visible de l'oeuvre d'Ugo Lo Monaco, artiste pourtant primé. De plus, les couleurs utilisées ne sont pas idéales pour recréer un motif de broderie de toute pièce.
J'ai donc choisi de jouer avec le graphisme particulier de la fleur et de ses feuille et me suis orientée vers l'art chinois ancien des émaux cloisonnés pour intégrer ce timbre dans mon mail-art. Voici le résultat :
De cette ambiance étouffante, de cette atmosphère sulfureuse qui nous pollue le corps et l'esprit, de cette noirceur environnante que les décisions de nos élites contribuent à amplifier, souvent les femmes sont les premières à en pâtir.
Alors se comprend d'autant mieux la nouvelle gravure que m'adresse Fabienne. Le feu de l'enfer, démoniaque comme fond avec au premier-plan une femme qui fait de son mieux pour se sortir de là, mais qui, dans cette lutte n'oublie pas de diffuser à la fois du parfum et des fleurs -grâce au timbre coeur du parfumeur Fragonard-, c'est à dire de l'espoir et de l'amour !
Depuis quelques temps ma correspondante parisienne, Michèle, s'adonne avec succès à l'art du pastel sec et elle a utilisé cette technique pour répondre à mon nouvel appel permanent sur la poésie.
Aujourd'hui j'en reçois une belle preuve que je suis contente de voir arriver dans ma boite aux lettres car La Poste a pris pas mal de retard dans la distribution du courrier, quand elle ne le perd pas. Il s'agit d'un poème d'Arthur Rimbaud accompagné de magnifiques couleurs.
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| Les touches de piano, le lac - 1909- Kupka 1909 |
Kupka, dans son cheminement vers l'abstraction, mêle ici deux scènes :en haut une barque avec des voyageurs est amarrée au ponton d'un lac ; en bas, une main parcourt le clavier d'un piano qui se défait
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| Auteur de la photo anonyme et libre de droits : Amis ensemble au coucher du soleil |
Voici ma seconde participation à ce bel appel à mail-art lancé par AGIR en Pays Jalignois, dont le thème cette année est consacré à l'amitié.
Depuis toutes ces années aucune des deux n’avait changé, jamais elles ne s’étaient séparées, toujours marchant main dans la main.De la petite école à la retraite elles ne s’étaient jamais lâchées la main.Pour elles quand elles aimaient ça devait durer toute la vie.Toutes deux étaient veuves et avaient vécu le décès de leur époux comme un abandon qu’elles ne comprenaient pas.Alors toutes deux se sont consolées mutuellement, bras dessus bras dessous comme dans leur enfance et ce fut une nouvelle jeunesse.Cela fut difficile car perdre leur époux avait été quelque chose de monstrueux qui avait empli leur cœur jusqu’à le faire éclater.Alors cette profonde amitié qui les liait depuis l’enfance se transforma en un profond amour platonique qui ne remplaçait pas l’amour de leur époux mais qui leur permettait de survivre.C’était une forme d’amitié amoureuse qui les unissait non seulement par le cœur mais par les âmes.70 ans de cette amitié indéfectible, qui résiste à tout, plus fort que l’amour en cela qu’elle peut commencer dans la petite enfance et perdurer jusqu’au à son dernier jour.Bras dessus bras dessous avec leur cartable pour partir et revenir de l’école, main dans la main avec leur cabas pour aller et revenir du marché.extrait d'un article de JFMauran du Groupe Les plumes Sacrées
Je souhaite une belle moisson d'art postal à cette association littéraire, et une belle exposition à suivre.
Pour répondre à l'appel à mail-art sur le thème de l'amitié, lancé par l'Association AGIR en Pays Jalignois, j'ai choisi d'évoquer l'amitié que j'ai rencontré dans mes premières lectures.
Si j'ai choisi d'illustrer l'amitié par l'exemple qu'en donnaient les enfants du Club des Cinq, c'est que, gamine, comme beaucoup d'autres de mon age, j'étais friande de leurs aventures. Les nombreuses histoires inventées par Enid Blyton étaient publiées dans "La bibliothèque rose", en version originale traduite de l'anglais et parue en France à compter de 1955 (mon année de naissance). J'appréciai tout particulièrment leur indéfectible amitié très utile pour agir efficacement dans la résolution de leurs enquêtes qu'ils démystifiaient, dans une belle complicité. Déja sans doute pointait en moi le goût de la recherche de la vérité, de percer les mystères : mes premières histoires "policières" en quelque sorte.
Etant plutôt une fillette solitaire, j'admirai particulièrement l'amitié qui liait la fratrie de François, Mick, Annie, avec leur cousine Claude et son chien Dagobert. Dans le cas où une fâcherie troublait leur belle entente ou bien qu'une incompréhension temporaire s'établissait entre l'un et les autres membres du Club, cela n'allait jamais bien loin : on les sentait toujours aussi unis que les doigts d'une seule main, à pouvoir compter les uns sur les autres, en toute circonstance, ce qui est vraiment pour moi une belle définition de l'amitié.
Je souhaite une belle réception d'art postal sur un si beau sujet à l'Association et je leur souhaite aussi une belle exposition à suivre.
*** le Club des Cinq ***
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| Enid Blyton, l'autrice du Club des Cinq, et d'autre publication pour la jeunesse comme le Clan des Sept et Oui-Oui |
- Claudine « Claude » Dorsel a onze ans. Elle veut que tout le monde l'appelle Claude car elle trouve son prénom trop féminin. Elle possède une île dont sa mère a hérité (ainsi que la maison), laquelle lui a dit « qu'elle la lui donnait ». Cette île est le domaine des Cinq, qui y vont souvent camper. Claude adore son chien Dagobert et l'emmène partout, même dans son collège. Elle est très généreuse et ne ment jamais, mais elle a un caractère difficile. Elle n'en fait qu'à sa tête et n'obéit qu'à son instinct. Dans les deux premiers livres tout du moins, Claude a une forte personnalité et joue un rôle majeur. Elle refuse de se comporter comme devrait le faire une fille (selon les attentes sociales de l'époque) et affirme son égalité avec les deux garçons du groupe
- François Gauthier est l'aîné des enfants. Très raisonnable pour ses douze ans, il est responsable de son frère, de sa sœur et de sa cousine. Il est grand et fort, prudent et sérieux. Il pense à tout, mais est parfois un peu « lourd » pour ses cadets avec ses recommandations. Pessimiste, il n'a pas beaucoup de patience.
-Michel « Mick » Gauthier fait souvent équipe avec sa cousine Claude qui est du même âge que lui. Petit et malin, il taquine toujours tout le monde sur tout : Claude sur son prénom et son attitude masculine, François sur sa prudence exagérée et sa gourmandise et Annie sur sa taille et sa timidité. Mais il sait être courageux et réfléchi quand il le faut. Il est très optimiste, mais casse-ou. C'est un incorrigible gourmand et il est vite insupportable avec ses blagues incessantes.-Annie Gauthier (Anne Kirrin) du haut de ses « dix ans », est la plus petite. Mick et Claude la traitent souvent de « bébé ». Claude trouve Annie trop « fifille » et froussarde, Annie trouve Claude trop intrépide et garçon manqué, mais elles s'entendent bien. Très douce et très timide, elle est cependant très maligne et, quand elle est en colère, devient redoutable. Elle surgit dans l'action au moment où l'on s'y attend le moins pour sauver ses amis en danger. Elle aime être la ménagère et la cuisinière du groupe. Elle fait souvent des gaffes.
-Dagobert, souvent abrégé en « Dag » ou « Dago » (Timothy, souvent abrégé en Tim ou Timmy) est le chien de Claude. C'est un chien très affectueux qui ne se sépare jamais de sa maîtresse. Il ne possède pas de pedigree. Claude ne s'en séparerait pour rien au monde : il sait monter la garde, suivre une piste, effrayer les bandits, mais il peut aussi être calme, doux et joueur. Un chien parfait et le plus intelligent au monde, selon Claude.
***
Aujourd'hui, je relaie un article de Reporterre le Média, magazine de l'écologie, dont j'ai eu connaissance via le blog de l'ami Éric.
Nous n'en pouvons plus de supporter ces injonctions à subir "la loi du marché" et à prendre toujours en pleine face ses conséquences, nos dirigeants s'employant tous à nous faire croire que nous sommes les responsables et coupables de cette situation, si la "croissance" n'est pas au rendez-vous, si "le coup du travail est exorbitant",si "les caisses de l'Etat sont vides" etc... Si nous nous élevons contre les problèmes de pollution de l'air et des sols, et de spoliation de l'eau par l'agro-industrie, nous devenons pour eux des éco-terroristes. Alors comment imaginer des futurs plus réjouissants ?
Des récits nous emmènent dans d'autres possibles : je vous laisse en lire la proposition.
Reporterre et la maison d’édition La Volte publient le 14 mai le livre Lucioles,
dont la couverture est signée Aline Zalko. © E.B / Reporterre
L’imaginaire : un levier essentiel pour nous sortir du
capitalisme mortifère
Face à la dystopie dans laquelle nous vivons, comment
sortir de la sidération ? Créer des imaginaires dissidents est l’une des
clés. Reporterre le Média publie un recueil de 15 fictions écologiques, dont voici la
postface.
Wendy Delorme, Catherine Dufour, Elio Possoz, Juliette Rousseau... En tout 15 autrices et auteurs de fiction ont répondu à l’appel pour raconter des futurs réjouissants, écologiques et subversifs.
On
y découvre des utopies anarchistes ou matriarcales, des alliances inter-espèces
ou des pirates de l’espace qui kidnappent les milliardaires de la tech dans
leurs fusées, entre autres récits destinés à combattre l’imaginaire
capitaliste.
Nous
publions ici, dans une version raccourcie, la postface de l’ouvrage, dans
laquelle notre journaliste Vincent Lucchese développe pourquoi la guerre des
imaginaires est un levier essentiel pour sortir le monde de l’ornière.
« Éclater
l’horizon des possibles » ; « percer la chape de plomb qui
écrase l’avenir » ; « donner à voir des futurs écologiques,
excitants et subversifs, pour contrer les récits dystopiques dans lesquels nos
dirigeants nous ont enfermés ».
Voilà à quoi pouvaient ressembler les consignes
distillées depuis 2024 par Reporterre à
des autrices et auteurs de fiction, dont les textes ont été publiés
sur notre site. Une partie de ces récits a été regroupée dans ce livre,
édité avec la maison d’édition La Volte.
Aux origines de ce projet, une question lancinante traversait la rédaction : comment sortir de la sidération ? Pas un jour ne passe sans apporter son lot de nouvelles cataclysmiques. « L’atrocité climatique » est déjà là, le réchauffement menace les fondements de nos civilisations et le vivant s’effondre à un rythme effréné. Pas une source d’eau qui ne soit polluée aux pesticides, microplastiques et autres déchets toxiques. Pas une forêt qui ne soit menacée de partir en fumée ou de dépérir dans les années à venir.
Assécher l’imaginaire pour mieux régner
Partout, l’autoritarisme, la répression et les guerres
se multiplient. La montée du fascisme répond à la destruction écologique du
monde, comme les deux faces d’une même pièce. Les deux conséquences logiques du
capitalisme et de son insatiable volonté de prédation : pour assouvir
le besoin d’accumulation du capital, il faut presser les humains et
la Terre jusqu’à la dernière goutte.
En bref, nous vivons en pleine dystopie.
Et pourtant, aucune révolte d’ampleur ne gronde à
l’horizon. Des alternatives et des résistances existent, bien sûr, et sont même
foisonnantes. Mais elles restent marginales à l’échelle de la société, et loin
d’être susceptibles d’entraver la course du rouleau-compresseur à l’origine de
ces catastrophes.
Chez de nombreux activistes, le burn-out militant guette. Le matraquage des corps n’y est pas étranger. Mais l’abattement touche aussi, si ce n’est plus, les esprits. Le surgissement du pire, déjà bien engagé, paraît pour beaucoup inéluctable. Le fatalisme domine. On est alors tenté de ressortir l’adage attribué alternativement aux philosophes Fredric Jameson et Slavoj Žižek : « Il est plus facile d’imaginer la fin du monde que celle du capitalisme. »
« Le
désespoir n’est pas naturel ; il est fabriqué »
Voilà
le cœur du problème. C’est là la plus fine ruse mobilisée par la classe
dominante pour maintenir le statu quo : assécher l’imagination.
Imprégner les esprits de l’idée qu’« il
n’y a pas d’alternative ».
« La
première question que nous devrions nous poser est : comment cela est-il
arrivé ? Est-il normal que les êtres humains soient incapables de
s’imaginer à quoi ressemblerait un monde meilleur ? », interrogeait
dès 2008 l’anthropologue David Graeber
« Le désespoir n’est pas naturel ;
il est fabriqué », poursuit-il. Et d’expliquer comment
les dirigeants du monde eurent pour obsession de défaire tout mouvement
contestataire naissant, à coups de répression et de propagande, pour tuer dans
l’œuf toute idée d’alternative possible. « Ce système n’existe que pour broyer et pulvériser l’imagination
humaine, pour détruire toute possibilité d’envisager d’autres futurs. »
La religion du marché
Ce
zèle de la part de la classe dominante n’est évidemment pas anodin. Elle détruit les imaginaires dissidents
car elle sait à quel point les fictions collectives, les mythes, sont au
fondement de tout pouvoir politique.
De nombreux chercheurs et penseurs ont théorisé le
rôle que jouaient les grands récits communs dans la légitimation et la cohésion
de l’ordre social. Le philosophe Cornelius Castoriadis parlait d’« imaginaire
social instituant » à propos de la puissance de l’imaginaire
collectif, capable de façonner, transformer et légitimer les institutions d’une
société. L’anthropologie a quant à elle documenté dans de nombreuses sociétés
traditionnelles le « fondement mythique de la légitimité du pouvoir politique ».
« Le réel est façonné de toutes pièces, et en grande partie par nos imaginaires. Il n’est pas exagéré de dire que nous vivons dans un monde inventé, résultat d’une évolution où le présent serait le fruit de nos choix antérieurs — eux-mêmes opérés selon des croyances bien plus que des décisions rationnelles », résume Vincent Gerber dans L’Imaginaire au pouvoir. Science-fiction politique et utopies (Le Passager clandestin, 2024).
Et si les mythes, les religions et les
idéologies constituent les plus puissants de ces récits collectifs, notre
époque est indubitablement dominée par la religion du capitalisme. Le marché
fait office de dieu tout-puissant, la croissance à tout prix est son premier
commandement, Adam Smith l’un de ses prophètes et les économistes néoclassiques
sont ses oracles.
De nombreux chercheurs ont travaillé
très sérieusement sur cette « théologie du libéralisme » et son fondamentalisme
religieux qui ne tolère aucune remise en cause.
« Autrefois, les prophètes
entraient en transe et informaient la populace inquiète de l’humeur des dieux,
de l’opportunité d’entreprendre un voyage, de se marier ou de faire la guerre. Aujourd’hui,
les désirs versatiles du marché sont élucidés par les bulletins quotidiens de
Wall Street et des autres organes sensoriels de la finance. Ainsi, nous pouvons
savoir au jour le jour si le marché est “inquiet”, “soulagé”, “nerveux” ou
parfois “exubérant” », écrivait en 1999 le chercheur et théologien Harvey
Cox, dans un article de The Atlantic.
Faire vaciller les récits dominants
On ne compte plus le nombre de réformes
politiques brutales et iniques imposées au nom des impératives « lois
du marché ». L’imaginaire constitue l’un des plus puissants atouts du
pouvoir mais il est aussi son talon d’Achille. Car il suffit que la fiction sur
laquelle il est bâti se délite pour que tout s’effondre, parfois bien plus
rapidement qu’on ne le pense. Prenons l’exemple d’un des plus grands empires
ayant jamais existé : l’Union soviétique.
Dans les années 1980, aucun des
observateurs occidentaux n’aurait imaginé que la puissante URSS puisse
se disloquer si rapidement en 1991, rappelle dans un article Léon Aron, spécialiste étasunien
de cette période. Certes, l’Union soviétique traversait alors de graves
difficultés économiques, sociales et militaires, mais rien de nécessairement
fatal.
Le modèle soviétique s’est effondré
parce que plus personne, ou presque, n’y croyait. La promesse de l’avènement
prochain du communisme réel avait peu à peu disparu des discours officiels, le
régime perdit peu à peu en crédibilité et la catastrophe nucléaire de
Tchernobyl porta un coup terrible au récit d’une science soviétique supérieure,
génératrice d’une société vivant en harmonie avec la nature.
L’ensemble de ces facteurs, parmi
d’autres, « amène à une remise en cause complète du récit soviétique.
Et là, tout craque », résume à Géo Julie Deschepper, historienne de l’URSS.
Il ne s’agit évidemment pas de minorer l’importance des faiblesses économiques
et politiques structurelles de l’Union soviétique mais de souligner le rôle
crucial d’un imaginaire et de ses récits dans la cohésion, et en l’occurrence
dans la destruction, d’un ordre social.
C’est d’un tel arrachement à
l’imaginaire morbide du capitalisme dont nous avons urgemment besoin
aujourd’hui.
De fait, les promesses de ce système ne
font déjà plus rêver grand monde, du moins en Occident, où sa propagande règne
depuis trop longtemps pour ne pas laisser paraître l’envers du décor, la
misère, les maladies et les destructions des milieux de vie qu’il génère.
La fiction comme « réservoir cognitif »
L’imaginaire du capitalisme tient encore
debout mais il a l’allure d’un mort-vivant titubant sans but ni grand-chose à
proposer. Paradoxalement, son mythe fondateur reste pourtant solidement ancré.
L’impératif de croissance économique constitue toujours un argument massue dans
le débat public. S’y opposer est très généralement inaudible.
Prôner la sobriété, questionner la
finalité de la technologie, ou même promouvoir l’égalité et le respect des
minorités valent d’être traité d’Amish et de « wokiste ». Le
violent retour de bâton masculiniste en cours, porteur d’un idéal réactionnaire
antiwoke nostalgique d’une « pétromasculinité » menacée, montre la prégnance
de ces imaginaires frelatés.
Il faut donc briser le carcan. Les
œuvres de science-fiction alternatives et autres récits subversifs existent.
Ils s’emploient à élargir les fissures dans le bloc de l’imaginaire dominant,
à « désincarcérer le futur », ainsi que le proclame le collectif
Zanzibar, dont plusieurs de ses membres signent des nouvelles de notre recueil.
Notre conviction est qu’il est urgent
d’amplifier le mouvement. De rendre audibles au plus grand nombre ces récits
d’autres futurs possibles. Car la sidération et l’atonie actuelles viennent en
partie d’un vertige, d’une peur du vide : que faire et par quoi remplacer
ce système abject ? Comment inventer tout un monde ?
« La science-fiction crée à ce
titre ce que [le chercheur en science politique] Yannick Rumpala a appelé un
“réservoir cognitif”, un stock d’expériences capables de “travailler les
possibilités”. […] elle permet d’appréhender, de se familiariser avec cet
inconnu », écrit Vincent Gerber.
Les utopies n’ont d’ailleurs pas
vocation à offrir sur un plateau la recette pour établir une société parfaite.
Pour la bonne et simple raison qu’une telle société ne peut exister. L’être
humain étant lui-même condamné à l’imperfection, la société la plus harmonieuse
qui puisse être est celle qui tâtonne, écoute, prend soin des relations entre
ses membres (humains et non humains) et se réinvente en permanence. Une utopie
figée, certaine de ses règles parfaites, sacrifierait la liberté humaine et
tomberait instantanément dans la dystopie, celle d’un « paradis pour
automates », résume encore Vincent Gerber.
Notre espoir est que ce livre ait apporté quelques contributions au tâtonnement révolutionnaire. Évidemment, la littérature ne peut pas tout ; tout au plus peut-elle servir de catalyseur. Mais, pour piocher une dernière citation dans le décidément très riche ouvrage de Vincent Gerber, laissons Terry Pratchett conclure : « Vous avez besoin de croire dans les choses qui ne sont pas vraies. Autrement, comment pourraient-elles advenir ? »
Il y a bien longtemps que nous n'avons pas joué ensemble au "jeu du timbre imposé" que nous pratiquions alors en groupe d'une dizaine de personnes lorsque nous fréquentions conjointement le forum Mailarter à l'infini, il y a une grosse dizaine d'années.Le Covid est passé par là, le prix exorbitant du timbre aussi, si bien que nombre de personnes ont laissé tombé l'art postal et le forum a largement perdu en fréquentation et en intérêt.
Dans un échange mail récent, France m'a écrit être partante pour remettre cela à deux, car, comme moi, elle avait gardé un bon souvenir de cet exercice qui nous pousse un peu dans nos retranchements, surtout quand on tourne un peu en rond et qu'on n'a pas trop d'inspiration. Quoi de mieux qu'un beau timbre pour amener un sujet ? Vous qui me connaissez bien savez quelle place importante tient le timbre dans la composition de mes cartes de mail-art textile (je n'ai pas toujours un timbre original, mais dans ce cas, j'en fait une photocopie à la bonne dimension, que j'appelle un timbre image).
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| carte montrant les sites où visiter les plus belles maisons créoles de La Réunion |
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| Henry de
Monfreid,
en rade de
Djibouti à la
proue d’un
zaroug, vers
1930 - la photo sur le bateau est tiré d'un long article dédié à Monfreid dans les croisières du haschich |
En 1911, Henry de Monfreid quitte la France pour l'Abyssinie. Au coeur des régions interdites du Yémen et de l'Ethiopie, il sera pêcheur de perles, marchand d'armes et de haschich, et même espion. Navigateur insatiable, il affronte la mer Rouge et ses tempêtes. Contrebandier, photographe, dessinateur et écrivain épris de liberté, Henry de Monfreid ne cesse d'écrire sa propre légende. Ce personnage ambivalent a fasciné des générations de lecteurs par sa profonde singularité, son jusqu'au-boutisme, et son ambigüité. Son histoire peut aussi se comprendre comme celle d'un Occident malade venant se regénérer au contact de l'Afrique et de son mysticisme.
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Henry de Monfreid (au premier plan) sur le pont du bateau le Massabieh, Paris-Soir, 15 mars 1935 – source : RetroNews-BnF |
Jacques-Nicolas Bellin, né à Paris en 1703, mort à Versailles le 21 mars 1772, est un cartographe hydrographe français. En 1721, Bellin est nommé hydrographe du ministère de la Marine suite à la création de l’office hydrographique français et du Dépôt des cartes et plans de la Marine. Membre de l’Académie de Marine et la Royal Society of London. Au cours d’une carrière de 50 ans, il est l’auteur d’un grand nombre de cartes et d’atlas. Ses cartes du Canada et des territoires français de l’Amérique du Nord (Nouvelle-France, Acadie, Louisiane) sont d’une valeur considérable.
Pour ceux qui voudraient en savoir davantage sur ce personnage incroyable, lien sur son site
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Je souhaite à l'Association des Rencontres de la Baie de Carentec un bien beau festival et une très belle exposition d'art postal, tant je suis certaine que ce thème aura bien plu. Et grand merci à l'Être anonyme d'avoir relayé cet appel.