Ni les saisons derrière un écran
La pluie se lit dans le ciel qui change
Et le temps se compte autrement
C'est pas la mode qui fait la moisson
Ni les slogans qui nourrissent les gens
Avant les lois, avant les leçons
C′est pas dans les bureaux qu'on apprend la saison
Ni dans les discours qu'on nourrit la nation
Avant les leçons, les statistiques, les plans
Il y a le bon sens paysan
Il sait attendre, il sait prévoir
Il sait tenir quand tout vacille
Il a la terre dans la mémoire
La terre répond quand on la comprend
Elle parle aux calmes, jamais aux gens pressés qu'elle freine
Ils connaissent le gel, la pluie, le temps long
Les silences lourds et les matins sans nom
Et quand tout casse ou quand tout chancelle
Ils tiennent debout, fidèles et réels
C'est pas dans les bureaux qu'on apprend la saison
Ni dans les discours qu'on nourrit la nation
Avant les leçons, les statistiques, les plans
Il ya le bon sens paysan
Ils ne promettent pas ce qu'ils ne peuvent tenir
Les paysans sèment en sachant qu'il faudra souffrir
Chaque récolte est un pari discret
Un acte de foi sans jamais tricher
Car travailler la terre et croire
C'est souvent marcher dans la même histoire
Entre le ciel et les sillons
Se tient le cœur des traditions
C'est pas dans les bureaux qu'on apprend la saison
Ni dans les discours qu'on nourrit la nation
Avant les leçons, les statistiques, les plans
Il ya le bon sens paysan
Ils ont défriché avant nous
Pris la forêt à bras-le-corps
Sous la bure, dans le silence
Les moines paysans ont fait naître champs et ports
Des abbayes sont nés les bourgs
Des cloches ont toujours sonné dans les villages
Prière et travail, nuit et jour
Ont façonné nos paysages
C′est pas dans les bureaux qu'on apprend la saison
Ni dans les discours qu'on nourrit la nation
Avant les leçons, les statistiques, les plans
Il ya le bon sens paysan
Dans l'abbaye de Féniers
Ils vivaient simples et droits
Moines et paysans à la fois
Gardiens des terres et de la foi
Ils cultivaient du blé et du silence
Dans la rigueur et la patience
Et protégeaient les gens d'ici
Des routes sombres et des nuits
Face au château de Lugarde
De l'abbaye se dressaient les murs, sécurisants et sûrs
Les moines cultivaient
Veillaient et priaient pour apporter la paix, sans détour
Par le travail et par l'amour
Et dans leurs gestes, encore présents
Se retrouve le bon sens paysan
Ils n'ont pas bâti pour demain matin
Mais pour des siècles, lentement
C'est pas dans les bureaux qu'on apprend la saison
Ni dans les discours qu'on nourrit la nation
Avant les leçons, les statistiques, les plans
Il y a le bon sens paysan
Ce qu'on transmet, ce qu'on garde en main
Entre la terre, la foi, le repas
Il tient le monde à hauteur d'homme
Aujourd'hui on les traite d'archaïques
Parce qu'ils refusent le hors-sol
Mais quand tout craque et tout se dérègle
C'est vers eux qu'on se retourne encore
Que tout se paie tôt ou tard
Que la liberté n'est pas un slogan
Mais un travail de chaque regard
C'est pas dans les bureaux qu'on apprend la saison
Pas de pays sans paysans
Pas d'avenir sans transmission
Sans racines, rien ne tient vraiment
Et eux respectent la civilisation
Le bon sens paysan
Le temps long
La terre
Auteur : Pierre Bredeau














