Blog d'art-postal, essentiellement textile , créé pour satisfaire toutes mes envies de couture, broderie, embellissement, collages et autres fantaisies... en les appliquant aux univers riches et variés induits par les timbres postaux. Il peut m'arriver d'y noter mes coups de coeur pour des expositions ou des artistes, sources d'inspiration ou d'émotions.
BIENVENUE!
J'avais vu sur le site de l'ami Eric, que ce film était un documentaire à ne pas manquer, mais j'avais déjà l'intention de le voir, et c'est édifiant de voir combien Orwell avait tout compris sur ce que nous sommes en train de vivre aujourd'hui !
1949 : George Orwell termine ce qui sera son dernier mais plus important roman "1984". Le documentaire Orwell 2+2=5 plonge dans les derniers mois de la vie d'Orwell et dans son oeuvre visionnaire pour explorer les racines des concepts troublants qu'il a révélé au monde dans son chef d'oeuvre dystopique : le double discours, le crime par la pensée, la novlangue, le spectre omniprésent de Big Brother... des vérités sociopolitiques qui résonnent encore plus puissament aujourd'hui.
Pour ceux qui n'auraient pas encore lu son livre, voici quelques explications mais le mieux est quand même de le lire.
"1984" de George Orwell - pas si classique
Vidéo de France Télévisions sur Lumni
« 1984 » de George Orwell (le roman)
1984, écrit par l’auteur britannique George Orwell, nous plonge dans un monde post-apocalyptique divisé en trois grands Etats autoritaires. Une œuvre devenue la référence absolue en termes de romans d’anticipation, de dystopie, et même de science-fiction.
L’histoire de 1984
L’histoire prend place en Angleterre, trente ans après une guerre nucléaire. Trois grandes régions engagées dans des conflits permanents se partagent le monde : l’Océania, l’Eurasia, et l’Estasia. L’Océania est gouvernée par une dictature avec une figure d’autorité appelée Big Brother, que l’on peut voir en ville sur les nombreuses affiches indiquant : « Big Brother is watching you ». Ou, en français : « Grand frère vous surveille ». Son administration est régie par quatre ministères : la Paix, la Vérité, l’Amour, et l’Abondance. C’est un régime totalitaire, qui scrute absolument tous les faits et gestes de sa population, même les plus intimes, avec une langue officielle volontairement faible en vocabulaire, afin de mieux contrôler et asservir les citoyens. Un pouvoir à l’image de ses trois slogans : «La guerre, c’est la paix», «La liberté, c’est l’esclavage», et «L’ignorance, c’est la force».
Winston Schmidt, le héros de 1984, est employé comme falsificateur auprès du ministère de la Vérité. Son travail consiste à remanier les archives historiques pour qu’elles correspondent à la doctrine du parti. Une mission qui lui convient, car elle lui permet d’accéder à des vérités historiques camouflées par le pouvoir en place, qu’il décide de noter dans un carnet. Mais dont il est rapidement déprimé, à force d’assister à des manifestations de haine, à la délation et aux pendaisons. Tandis qu’il devient progressivement un opposant au régime, il tombe amoureux de Julia, une femme qui partage ses opinions. Ils louent secrètement une chambre à un vieil homme pour se retrouver sans être vus par Big Brother.
La couple va ensuite faire la rencontre du mystérieux O’Brien, qui semble être, comme eux, un dissident politique, et qui va notamment leur transmettre des livres interdits. Mais la réalité éclate rapidement : il est en fait un espion du parti, comme le vieux logeur. Winston et Julia sont arrêtés et torturés, physiquement et mentalement. Le protagoniste finit par renier toutes ses convictions ainsi que son amour pour Julia, et reprend sa place au sein de la société. Il mourra exécuté d’une balle dans la nuque, prix à payer pour tous les criminels de la pensée, une fois leur folie expurgée.
George Orwell, un homme de convictions
George Orwell, né dans la région du Bengale au sein d’une famille anglo-indienne, était un socialiste convaincu. Cela le mènera à se ranger aux côtés des Républicains dans la guerre civile d’Espagne, face aux fascistes, dont il reviendra toutefois terrifié par le fanatisme des deux camps. C’est cette expérience et sa peur du totalitarisme qui vont le pousser à écrire La ferme des animaux, en 1945, puis 1984, en 1948. Le choix de l’année futuriste s’explique donc simplement par l’année d’écriture de son œuvre, dont les deux chiffres ont été inversés. Ce roman, inspiré par les régimes communistes et nazis de son époque, rencontra un grand succès lors de sa parution. Et il reste toujours parfaitement d’actualité aujourd’hui, dans une société marquée par les polémiques autour des problèmes de confidentialité des réseaux sociaux et des écoutes de la NSA. Au point de devenir le livre le plus vendu aux Etats-Unis lors de l’élection de Donald Trump, en 2016.
Producteur : France Télévisions - Année de copyright : 2021
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Visionné à Cinémassy dans une salle de 140 places un samedi après-midi de congés scolaires, j'ai quand même été heureusement surprise de voir une quinzaine de spectateurs à une séance de tout début d'après-midi : il y avait des femmes, surtout, quelques couples de retraités mais aussi quelques jeunes. Et à la fin de la séance, il y a eu des applaudissements. Oui c'est vrai que je me suis contentée de peu, car en fait ce type de film n'attire hélas que les personnes déjà bien conscientes du gouffre dans lequel notre monde devenu fou est en train de tomber.
Vous vous souvenez certainement de l'expression formulée en 2004 par Patrick Le Lay, alors président de TF1, sur "le temps de cerveau disponible" qu'il utilisait pour parler de sa manière de satisfaire les besoins des annonceurs (Mac Do ou Coca Cola... où autre), en glissant les publicités entre chaque fraction d'une téléréalité débile, d'un téléfilm plat ou d'un film à gros succès populaire. Autrement dit, dans ce monde où le capitalisme fait tout pour encourager le consumérisme à tout va, la puissance de l'image est là pour annihiler toute vélléité de pensée autonome et sensée en s'adressant à un public captif.
La puissance de la télévision pour phagocyter notre capacité de reflexion est incroyable et bien peu de personnes savent y résister. Pourtant, oui, nous sommes tous des êtres sensibles et intelligents, qui pouvont lire, penser, rire, rêver par nous-mêmes et pouvons manifester notre libre-arbitre afin de ne pas se laisser gaver par tous les discours convergeant vers une pensée unique et mortifère.
Résistons en affirmant nos choix d'une société plus juste, plus libre, plus humaine, plus belle.
Hélas.... quand je suis rentrée du cinéma, j'apprenais que des frappes américano-israéliennes ont été ciblées sur l'Iran, et que la riposte a frappé le Qatar, Bahreïn, les Émirats arabes unis..et plusieurs pays du Moyen-Orient...
Alors si je vous dis que la Guerre c'est la Paix, vous en pensez quoi ?
Comme cela fait plaisir de recevoir du courrier sur un sujet qui me tient tant à coeur comme tout ce qui touche à l'environnement, à la perte de la biodiversité et du vivant.
Sur le magnifique dessin au pastel sec de Michèle, on voit, parmi les blocs de la banquise se fractionnant en petits ilots au moment de la débacle qui intervient de plus en plus tôt, l'ours polaire peinant à chercher comment se sortir de là...
Oui, hélas, avec le réchauffement climatique qui est bien plus sensible au niveau des pôles (et des massifs montagneux) qu'ailleurs, si la fonte de la calotte glaciaire arrange bien les affaires de tous ces prédateurs de la planète plus avides les uns que les autres de venir exploiter rapidement les ressources minières de ce territoire, elle ne fait pas du tout l'affaire de l'ours polaire dont le métabolisme n'est pas franchement adapté à cette nouvelle situation.
Les températures anormalement élevées font que la banquise se reforme de plus en plus tard, et elle est de moins en moins couvrante, si bien que la période de jeun à terre pour les ours s'agrandit et qu'il leur est difficile de trouver des alternatives pour se nourrir. Récemment une photo d'un ours polaire en train de mourir de faim a été publiée par un photographe de National Geographic, et elle a choqué. Mais elle avait le mérite de montrer une réalité implacable. Les ours polaires sont en train de mourir de faim!
Vidéo publiée sur la chaine Youtube de Slice Document
Pendant un an, le cinéaste Jérôme Bouvier a suivi le destin bouleversant d'une famille d'ours polaires au cœur d'un Arctique en mutation. Deux oursons, frère et sœur, grandissent sous le regard attentif de leur mère. Très vite, leurs différences apparaissent : lui apprend à chasser le phoque avec efficacité, elle joue, libère ses forces et tarde à s'adapter. Lorsque vient l’indépendance, le déclenchement de la banquise bouleverse leurs chances de survie. Tandis que le mâle parvient à s'adapter aux nouvelles conditions et poursuit sa route vers le nord, sa sœur, affaiblie par la raréfaction des proies, lutte en vain. Son destin tragique devient le symbole d'un monde qui disparaît. Titre : Ours polaire avec ou sans glace ? Réalisation : Jérôme Bouvier Production : Saint-Thomas Productions (2005)
Les ours blancs peuvent-ils s'adapter à une vie sans banquise ?
Les ours polaires peuvent perdre plus de 1 kg par jour lorsqu'ils sont sur la terre ferme, un constat particulièrement préoccupant face à la fonte progressive de leur environnement naturel.
Pour les ours blancs du Manitoba, au Canada, la banquise qui enveloppe l’ouest de la baie d’Hudson pendant la majeure partie de l’année constitue un terrain de chasse idéal. Cependant, lorsque les canicules estivales arrivent et que ces étendues de glace commencent à fondre, ces grands mammifères sont contraints d’aller trouver refuge sur la terre ferme, où la vie n’est pas de tout repos.
Là-bas, privés de nourriture adaptée, les ours doivent vivre sur leurs réserves de graisse pendant plusieurs mois, et cette attente devient de plus en plus longue. Face aux conséquences du changement climatique, la banquise fond en effet plus tôt au printemps et se reforme plus tard à l’automne. En outre, les recherches montrant que l’Arctique se réchauffe deux fois plus vite que le reste du monde, une question essentielle se pose : comment les ours blancs s’adapteront-ils à de plus longues périodes de vie sur la terre ferme ?
Selon une étude publiée dans la revue Nature, cette adaptation sera difficile. En effet, lorsqu’ils sont sur terre, plutôt que de se reposer comme le pensaient les scientifiques, ces carnivores passent leur temps à chercher de la nourriture, comme des oiseaux et des baies. En agissant ainsi, ils dépensent toutefois autant d’énergie qu’ils en gagnent grâce à la nourriture qu’ils ingèrent ; au cours des trois semaines qu’a duré l’étude, les ours suivis ont perdu en moyenne plus de 1 kilogramme par jour en attendant le retour de la glace.
« Il n’y a pas de bonne stratégie » pour les ours blancs, affirme Anthony Pagano, responsable de l’étude et biologiste spécialisé dans la recherche sur la vie sauvage à l’U.S. Geological Survey à Anchorage, en Alaska. « Ils ne pourront pas trouver la nourriture dont ils ont besoin sur la terre ferme. »
Les scientifiques avertissent qu’en passant de plus longues périodes sur la terre ferme sans une quantité suffisante de nourriture, les individus vulnérables, et tout particulièrement les jeunes ours, risqueront de souffrir de la faim, ce qui pourrait mettre à risque la survie de populations entières.
En outre, selon les chercheurs, les rencontres dangereuses avec les humains pourraient également se multiplier, les ours polaires se déplaçant vers de nouveaux espaces habités à la recherche de nourriture.
Une activité surprenante : Les ours blancs sont répartis dans dix-neuf régions à travers l’Arctique, du Canada au Groenland en passant par la Russie. Tandis que certaines populations vivent sur des banquises permanentes, d’autres dépendent des glaces saisonnières. Le changement climatique ayant provoqué une perte plus ou moins importante des étendues de glace dans la totalité de ces régions, entraînant ainsi un déclin considérable des populations, l’Union internationale pour la conservation de la nature considère désormais que les ours blancs sont une espèce vulnérable à l’extinction.
D’après l’étude, la période d’absence de banquise dans l’ouest de la baie d’Hudson a augmenté de trois semaines entre 1979 et 2015. Les ours de la région passent donc en moyenne 130 jours sur terre par an, un chiffre qui devrait augmenter de 5 à 10 jours par décennie à l’avenir.
Pour découvrir ce que font les ours blancs lorsqu’ils sont sur la terre ferme, Pagano et son équipe ont placé des traqueurs vidéo équipés de GPS sur vingt individus de la baie d’Hudson pendant des périodes de trois semaines au cours des étés de 2019 à 2022. Les scientifiques ont pu suivre le régime alimentaire, les déplacements et les comportements des ours, ainsi que l’évolution de leur masse corporelle et la quantité d’énergie qu’ils dépensaient chaque jour.
« Auparavant, nous ne disposions que de bribes [d’informations] sur ce que les ours faisaient sur la terre ferme », explique Pagano, qui a mené une étude similaire axée sur l’activité des ours sur la banquise il y a plusieurs années.
Le comportement des ours varie considérablement. Trois d’entre eux ont effectué de longues nages en eau libre, dont une femelle qui a parcouru plus de 150 kilomètres. Des images vidéo ont montré que, pendant sa nage, l’ourse avait trouvé un béluga mort, mais n’avait pas pu s’en nourrir. « Nous avons ainsi découvert que les ours ne sont pas capables de se nourrir en eau libre. »
Le biologiste confie avoir, tout comme ses collègues, été surpris par ses résultats : avant cela, les scientifiques pensaient que les ours blancs réduisaient significativement leur activité lorsqu’ils étaient sur la terre ferme afin de conserver leur énergie.
Si les mâles adultes passaient effectivement presque tout leur temps à se reposer, réduisant ainsi leur dépense énergétique à des niveaux similaires à ceux des ours en hibernation, 70 % des individus se déplaçaient en réalité activement à la recherche de sources de nourriture, notamment de baies, d’herbes et de carcasses d’oiseaux et de caribous. Ces aliments sont beaucoup moins riches en énergie que la graisse des phoques, leurs proies de choix lorsqu’ils sont sur la banquise.
Sur les vingt ours suivis, dix-neuf ont perdu du poids, et ce quels que soient leur âge, leur sexe ou leur taille.
L’étude prévoit qu’un quart des mâles adultes, les individus les plus grands et les plus résistants qui peuvent peser jusqu’à 800 kg, commenceraient à souffrir de famine à partir de 180 jours sur la terre ferme. Pour les plus vulnérables, tels que les jeunes, la famine arriverait encore plus tôt.
De plus en plus de temps sur terre :
Selon Andrew Derocher, professeur de biologie à l’Université d’Alberta au Canada qui étudie depuis longtemps les ours blancs, certains individus sont en meilleure forme que d’autres.
« Certains animaux peuvent passer de nombreux mois avant d’avoir des problèmes, tandis que d’autres peuvent commencer à manquer d’énergie après quelques semaines seulement », révèle Derocher, qui n’était pas impliqué dans l’étude publiée dans Nature. Plus un ours est parvenu à faire des réserves de graisse pendant ses mois sur la banquise, plus il pourra faire face à la période qu’il passera sur la terre ferme. « C’est ce que j’appelle la survie des plus gros. »
Les ours blancs passant de plus en de temps sur terre où ils sont contraints de se déplacer activement à la recherche de nourriture, « certains [d’entre eux] font face à un certain désespoir qui les met en conflit potentiel avec les humains ».
Dans le passé, les ours blancs se rassemblaient près de la ville canadienne de Churchill, dans le Manitoba, qui a ainsi pris l’habitude de gérer leur présence, notamment par le biais d’un centre de détention spécialisé connu sous le nom de « prison pour ours polaires », où les ours dangereux sont détenus avant d’être redéplacés plus loin de la ville.
Il semblerait cependant que de plus en plus d’individus migrent vers le nord à la recherche de glace et s’installent ainsi dans des villes qui, contrairement à Churchill, ne se sont pas préparées à leur présence.
« Parfois, ces ours sentent de la nourriture pour chiens et viennent la récupérer », explique Derocher. « Ils n’ont pas envie de venir se nourrir de nos déchets. Ils préfèreraient être sur la banquise et chasser des phoques, mais ils sont de plus en plus souvent coincés sur la terre ferme. »
Source : Article de Stefan Lovgren - publié dans National Geographic 10 déc. 2024
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Merci Michèle pour ce magnifique dessin si totalement coordonné avec le timbre sur les ours polaires. Bravo et merci à toi pour cette magnifique réalisation et pour l'information importante qu'elle véhicule.
Elle vient d'échoir dans ma boite aux lettres du jour, et L'Être anonyme, auteure de l'envoi, a bien eu du mal à qualifier l'expression sur ce jeune visage tout lisse qui ne manque pas d'intriguer. Est-elle plongée dans un songe, ou totalement indifférente à ce qui l'entoure avec ce regard vide? Par contre ses traits d'une très grande douceur donnent envie d'en savoir davantage.
Je ne suis pas douée du tout en art sacré mais je ne pense pas qu'il s'agisse d'une madonne comme on en rencontre dans les églises car elle est particulièrement jeune pour représenter la Vierge Marie. Curieuse comme je le suis, avec l'aide de Gxxxle, j'ai retrouvé son histoire que l'on peut lire complètement ici.
La "Tête de cire" fait partie du legs de Jean-Baptiste Wicar à la Société des sciences, de l'agriculture et des arts de Lille, en 1834. Dans le procès-verbal de dépôt du legs, elle est désignée comme « Une tête en cire, du temps de Raphaël », sans autre précision. On peut la voir au Palais des Beaux-Arts de Lille.
Joconde ou Madonne / la Tête de Cire / Publication de la ville de Lille
Une jeune femme au teint diaphane, le regard perdu dans le vide. Voici la "Tête de cire", dont la beauté et la mélancolie ont fasciné des milliers de visiteurs. Autrefois idole incontestée des collections, on lui préfère aujourd’hui les œuvres de Donatello, Rubens ou Goya. Mais il y a de cela quelques décennies, la demoiselle occupait une place de choix dans la muséographie. Elle a longtemps occupé une niche à fond doré, placée au centre d’un édicule de bois ouvragé, à la manière d’une statue de culte dans un temple grec.
Plusieurs hypothèses sur son origine ont été proposées, sans que l’on ait de preuves pour confirmer les unes ou les autres. Si on considère aujourd’hui qu’elle a été réalisée au XVIIe ou au XVIIIe siècle, certains chercheurs l’ont attribuée à un sculpteur italien de la Renaissance. Les noms de Domenico del Barbiere, sculpteur florentin, ou d’Orsino Benintendi, un sculpteur sur cire du XVe siècle, ont été lancés. On a même imaginé que l’empreinte de ce visage avait été prise sur une morte retrouvée à Rome en 1485. Ce dont on est certain, c’est de la référence à l’Italie renaissante, considérée par les artistes comme un idéal de perfection.
Sa beauté a même inspiré des chansons, des romans ou encore de poèmes, comme celui de Géry Legrand, maire de Lille de 1881 à 1896 : « Sur cette ébauche magnifique / Chef d’œuvre d’un style incomplet / Je vois que le génie antique / Projette un suprême reflet ».
N° d’inventaire : Pl.1- Détail :Le petit piédestal mouluré sur lequel repose la tête est appelée le piédouche. Il est en terre cuite.
Merci l'Être anonyme d'avoir mis en lumière cette oeuvre étonnante rien qu'en découpant et collant ce doux visage. Et merci de relire de la poésie, j'imagine que cela te plaira autant qu'à moi. Il n'y a pas besoin d'aller chercher très loin pour se faire plaisir dans ce domaine, d'autant que la saison du printemps arrive, généralement très inspirante.
C'est avec beaucoup d'émotions que j'apprends aujourd'hui le décès d'Ursu, un mail-artiste généreux qui fréquenta plusieurs forum d'art postal à la fois et avec lequel j'ai eu une relation mailartistique privilégiée, des années durant.
Rencontre avec Ursu à Montataire le 22 octobre 2018
Je l'avais même rencontré ainsi que son épouse, lorsqu'il habitait encore Montataire, avant de partir se rapprocher de ses filles, dans le Lot, juste après le confinement de 2020.
J'avais bien constaté que les e-mails et les courriers tombaient dans le vide depuis quelque temps et je me doutait bien que sa santé n'était sûrement pas au top, mais là à l'imaginer partir si vite pour les étoiles à seulement 81 ans, me laisse dans une peine immense.
Ursu, tailleur de pierre dans son dernier métier parmi les nombreux qu'il exerça était un véritable géant de deux mètres au moins, à la chevelure et la longue barbe blanche, mais un géant doux comme un agneau ; c'était un sacré personnage, qui s'était fait tout seul, un érudit aussi, qui a rencontré bien des gens (dont Georges Brassens dont il ignorait tout alors, et qu'il invita plusieurs jours durant à partager le pain et le vin dans son cabanon de berger) et bien des situations, où sa force de travail et sa force tout court ont été beaucoup exploitées par ses patrons successifs. Mais URSU était un vrai gentil, il n'en gardait pas rancune et aimait la vie et toutes les femmes qu'il respectait, mais il adorait la sienne, il aimait aussi les jeux de mots, les escargots, le chocolat, l'origami, les civilisations, etc... etc... je ne compte plus le nombre d'appels à mail-art qu'il avait lancé, curieux de tout il était ce bonhomme là! C'était un épicurien, en fait.
URSU a tenu longtemps un blog où il rédigeait des anecdotes de vie et publiait aussi ses séries et son art postal. Je vous laisse le découvrir, vous pourrez vous faire une opinion sur le personnage et sa fantastique et nombreuse production. C'était un grand coeur, un homme d'une grande générosité, vraiment. Je suis très peinée de sa disparition, c'est une vrai perte pour ses amis. J'espère juste qu'il n'a pas souffert et qu'il ne s'est pas vu partir.
Je présente toutes mes condoléances les plus sincères à sa femme Catherine, ses deux filles et ses petits-enfants qu'il adorait et dont il était très fier, et à sa famille au sens large.
Que Jean-Paul repose en paix, qu'il retrouve là-haut des copains pour rigoler et pour deviser. Pour tous ceux qui ont eu la chance de croiser sa route et pour tous ceux qui ont eu la chance d'échanger avec lui, les mail-artistes et les autres, soyez certains que nous ne pourrons jamais l'oublier.
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Pour vous associer à la cérémonie, ou pour laisser un hommage, je vous mets ici tous les renseignements utiles.
Message de la famille
Chère famille, chers amis,
C’est avec une grande tristesse que nous vous annonçons le décès de Jean-Paul BELDERBOS survenu le mardi 17 février 2026 à Cahors. La cérémonie se déroulera le lundi 23 février 2026 à 08h30 à l’adresse suivante : Crématorium du Rouergue et du Quercy - Rue Gérard Philippe - 12700 Capdenac-Gare.
Nous vous invitons à utiliser cet espacepour laisser vos condoléances, partager des photos souvenirs, une anecdote ou exprimer vos pensées à travers des poèmes ou des textes. Cet endroit est un lieu d'expression dédié à honorer la mémoire de Jean-Paul BELDERBOS.
Quand une enveloppe un peu épaisse arrive jusqu'à ma boite aux lettres, j'ai le sentiment heureux que l'amie Daniella a encore eu une belle idée géniale, dans son domaine où la créativité n'a pas de limite.
Je me suis habituée à la voir protéger ses créations dans une enveloppe ordinaire car ce qu'elle m'adresse est toujours fragile, et on sait avec quelle délicatesse nos plis postaux sont désormais traités. Ceci explique que je considère toujours qu'il s'agit bien d'art postal à mon attention car Daniella met toute son âme dans ses réalisations.
J'ouvre l'enveloppe et déballe le papier de soie qui contient un nouveau bijou, que Daniella appelle "la petite chose" qui suit :
Encore une fois je suis comblée avec ce nouveau cadeau que ma correspondante très douée m'offre avec ce merveilleux livre d'artiste aux toutes petites dimensions de 6x6 cm, dont les pages contiennent de la poésie en prose associée à des impressions de gravures.
Un énorme merci à toi Daniella, qui me gâte décidément beaucoup. J'apprécie tellement tes créations. L'envoi de poésie de ta part n'est pas nouveau mais j'apprécie énormément. C'est à mon tour de te créer quelque chose, pour cela il va me falloir retrouver un peu de niaque, qui me fait plutôt défaut en ce moment.
Le temps passe extrêmement vite et voilà déjà mon petit Léo qui va fêter ses deux ans! Je ne le connais pas beaucoup mais j'apprécie vraiment les rares moments où j'ai pu profiter de sa compagnie. Comme c'est plaisant de le voir s'éveiller, et maitriser déjà beaucoup de vocabulaire.
Comme beaucoup de petits garçons de son âge, Léo est passionné par tous les animaux et aussi par tout ce qui est motorisé comme les avions, les camions, les bus et autres tracteurs. Les livres sont ses amis ainsi que tout ce qui peut permettre de faire de la musique car il chantonne et il danse.
Pour fêter ses deux ans, les animaux de la jungle se sont réunis pour lui offrir un beau gâteau et l'aider à souffler sur ses deux bougies, et bien sûr pour faire la fête avec lui.
J'en fait autant : Joyeux anniversaire, mon petit bouchon!
L'appel à mail-art lancé par la Médiathèque La Boussole de Montigny-en-Gohelle sur la voix des femmes qui nous inspirent me donne l'occasion de consacrer un article à l'une d'entre elles, dont j'ai toujours suivi le parcours depuis mon adolescence : il s'agit d'Angela Davis.
Bien évidemment je me suis servie de dentelle noire ancienne pour simuler sa coupe Afro de l'époque si reconnaissable
Voici comment cela a commencé : Le 7 août 1970, une tentative de libération d’un membre du Black Panther Party se conclut par la mort d’un juge. Angela Davis, une enseignante communiste et noire de l’université de San Diego qui est accusée d’avoir fourni les armes, est en cavale. Rattrapée par le FBI, elle est accusée dans un procès qui peu lui valoir la peine de mort. Fleurissent alors des banderoles « Free Angela » sur toute la planète.
Comme beaucoup d'autres personnes en France, c'est à ce moment là que j'ai entendu parler d'elle pour la première fois. Nous étions au début des années 1970, j'avais 15 ans : j'ai longtemps arboré le badge "Free Angela", d'ailleurs 56 ans plus tard, ce badge est toujours en ma possession.
Avec l'immense élan populaire que cette injuste incarcération puis ce procès soulevèrent, Angela est devenue une icône internationale sans l'avoir voulu, au point qu’aujourd’hui encore on trouve sa silhouette d’alors, avec sa coiffure afro restée célèbre, sur de nombreux murs où les street-artistes du monde entier l'ont taggée.
Street-art à Blois, à Berlin, à Oakland
J'ai toujours été extrêmement touchée par la cause de cette femme injustement accusée parce que femme, noire, communiste et professeure se battant pour les droits civiques des afro-américains. Au fil du temps où je suivais de loin en loin son parcours, je l'ai toujours trouvée inspirante par son courage et sa détermination, toujours profondément militante et engagée, fidèle aux nombreux combats qu'elle mène sans faillir, à maintenant 82 ans.
Née le 26 janvier 1944 à Birmingham dans l'état de l'Alabama, au cœur de l’Amérique ségrégationniste, Angela Davis a fait de sa vie une école de résistance. Philosophe marxiste, militante du Black Power et féministe avant l’heure, elle a connu la cavale, la prison, la gloire et l’exil ; sans jamais renier sa pensée. De la salle de classe aux tribunaux, des universités américaines aux tribunes de l’ONU, elle a transformé la lutte en méthode, et la pensée en arme. Aujourd’hui encore, son nom incarne l’alliance rare entre rigueur intellectuelle, courage politique et quête universelle de justice.
Elle n'est pas devenue cette combattante par hasard : durant sa jeunesse, Angela a été profondément marquée par son expérience du racisme, des humiliations quotidiennes provoquées par la ségrégation raciale et le climat de violence qui règne dans son environnement quotidien.
Birmingham, une ville de ségrégation
En 1963, la ville de Birmingham, dans l’État d'Alabama, est « probablement la ville où la ségrégation est la plus rigoureuse de tous les États-Unis », selon les mots de Martin Luther King.Bien que sa population de presque 350 000 habitants soit à l'époque à 60 % blanche et 40 % noire, la ville ne compte aucun noir parmi ses officiers de police, pompiers, vendeurs dans les grands magasins, conducteurs de bus, employés de banque ou caissiers. Les secrétaires noirs n'avaient pas le droit de travailler pour des professionnels blancs. Les emplois accessibles aux noirs étaient limités aux travaux de force dans les aciéries de Birmingham, aux emplois de service domestique et d'entretien, ou au travail dans les quartiers noirs. En cas de plans de licenciement, les employés noirs étaient souvent les premiers touchés. Le taux de chômage des noirs était deux fois et demi supérieur à celui des blancs, et le revenu moyen des noirs de la ville n'atteignait pas la moitié de celui des blancs. Il était courant que les échelles de rémunération des travailleurs noirs dans les aciéries locales soient significativement inférieures à celles de leurs collègues. La ségrégation raciale dans les établissements publics et dans les commerces du comté de Jefferson était légalement requise, couvrait tous les aspects de la vie et était rigoureusement appliquée. En 1960, seulement 10 % de la population noire de la ville était inscrite sur les listes électorales....
Source :Extrait débutant un long article sur la campagne de Birmingham sur Wikipédia (à lire pour se rendre compte de la violence exercée sur la population noire à cette époque-là).
Tout ce vécu a sans doute compté pour beaucoup dans l'engagement d'Angela Davis très tôt dans la lutte contre l’oppression des Afro-Américains aux États-Unis, son premier combat.(*)
Ce ne fut pas le seul. C'est pourquoi Angela est une femme que je n'ai jamais pu oublier, représentant pour moi un modèle de courage et d'engagement pour toutes les luttes qui sont les siennes, dans le but de faire évoluer les mentalités contre le racisme, le sexismeet le capitalisme et pour le féminisme, la sauvegarde de l'environnement et le bien-être animal.
*** FREE ANGELA ***
Sa soeur Janis, Louis Aragon et Jacques Laurent en tête du cortège à Paris le 3-10-1971
- Manifestation monstre à Paris le 3 octobre 1971 pour demander la libération d'Angela Davis, avec la participation d'environ 100 000 personnes,
- Des personnalités comme Jean-Paul Sartre, Louis Aragon, Jacques Prévert l'on soutenu à cette époque
- John Lennon et Yolo Ona lui dédie une chanson "Angela" tandis que les Rolling Stones lui dédie la chanson "Sweat black angel" en 1972
- Une référence à Angela Davis, dans la chanson "Lily" de Pierre Perret en 19
- La complainte pour Angela Davis par Francesca Solleville, en 1972
- Angela, chantée par Yannick Noah en 2010
- ...
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Pour en savoir davantage sur la vie de cette femme extraordinaire de courage, de force et de volonté, voici quelques compléments d'informations, cette liste étant bien sûr non exhaustive
* Podcast sur France Inter dans l'émission de Guillaume Gallienne "ca peut pas faire de mal : Angela Davis et son combat pour la liberté :
* Radioscopie avec Jacques Chancel qui reçoit Angela Davis en 1977
* Extrait d'''Une lutte sans trève", un des livres publiés par Angela Davis où elle analyse les luttes antiracistes dans leurs différentes implications, allant de l’incarcération de masse des populations non blanches aux Etats Unis à la solidarité internationale avec le peuple palestinien
* Le portrait d'Angela Davis, une icône des luttes sociales, sur le site "Celles qui osent".
Bien que décidée à lever un peu le pied* sur l'art postal, je me devais de faire une réponse sans trop tarder à Christiane, une nouvelle interlocutrice qui vient de me prendre contact avec moi.
Christiane, je te prie de bien vouloir m' excuser car j'ai réalisé là un mail-art textile assez simpliste. J'ai présumé qu'habitant la campagne, tu aimais forcément les fleurs et la nature. J'espère ne pas m'être trop trompée et je t'en souhaite une bonne réception.
*trop lasse et écrasée par l'actualité du monde qui me brise le moral, je ressens depuis des semaines déjà un grand manque de motivation et d'inspiration
Quelquefois, il existe d'heureux hasards sur Internet : en voici un que je vais vous conter.
A l'occasion d'une de mes recherches sur la toile, j'ai activé un lien qui m'a amenée vers une certaine Catherine Guigon peintre. Ce patronyme a aussitôt fait tilt dans ma tête car je me souvenais d'une actrice portant le même nom qui m'avait frappée et dont je venais d'un coup de me rappeler l'effet qu'elle avait produit sur moi. Je l'ai retrouvée et je peux maintenant vous la présenter.
Photos publiées dans Le Monde, Le Progrès (photo d'Elise Faure) et Ouest France
Michèle Guigon, née le 1er juin 1959 à Belfort et disparue le 4 septembre 2014 à Paris, est une comédienne, accordéoniste, humoriste, auteur-compositrice et metteuse en scène, puis à la fin de sa vie, chroniqueuse à France Inter pour l'émission On va tous y passer.
Lorsque j'ai eu la chance d'aller voir son spectacle solo dans une toute petite salle du théatre parisien du Lucernaire, il y a de cela une bonne quinzaine d'années, j'avais été terriblement impressionnée par cette femme extraordinaire qu'était Michèle Guigon, tellement émue aussi par sa simplicité et sa grande intelligence, sa musique avec son accordéon et ses chansons, mais surtout, surtout, par son amour de la vie. A l'époque en rémission d'un premier cancer du sein, elle avait pris une certaine distance avec la maladie et en avait fait une ode à la vie extraordinaire.
Pièce de théâtre "La vie va où" - de et par Michèle Guigon (Intégrale filmé au Théâtre de Vidy-Lausanne)
publiée sur la chaine Youtube Cinemapalace
La pièce de théâtre "Pieds nus traverser mon coeur" de et par Michèle Guigon (filmé au Théâtre de Vidy-Lausanne)
publiée sur la chaine Youtube Cinemapalace
Toutes ses chroniques sur la Matinale de France Inter sont désormais accessibles en podcast : elles sont construites autour de l'invité du jour. Je vous les conseille, à écouter, c'est un format court mais cela montre combien cette femme incroyable était sensible, drôle, mais surtout terriblement amoureuse de la vie.
Aimer la vie (quand ça va pas) même - Chronique du 11-09-2013 publiée sur la chaine Youtube de France Inter
Invité Bruno Salomone
Merci Michèle de la belle personne que tu fus, et merci à tout ce que tu as incarné pour ceux qui ont eu la très grande chance de te voir ou de te cotoyer.
*** Michèle GUIGON - sa vie, son oeuvre ***
Comédienne, compositrice et accordéoniste chez Jérôme Deschamps de 1978 à 1985, des Oubliettes à La Veillée , elle est aussi auteur et metteur en scène. En 1984 elle crée la Cie du P’tit Matin, avec Anne Artigau. Alain Crombecque, directeur du Festival d’Avignon, ayant vu leur premier spectacle Strapontin , lui passe commande pour_Marguerite Paradis ou l’histoire de tout le monde_ . Suivent les créations d’Etats d’amour , En face ou la chanson perdue , Les Chantefables de Desnos/Wiener avec Anne Artigau aux mises en scène. Claude Régy lui conseille de présenter un dossier pour la Villa Médicis Hors-Les-Murs dont elle est Lauréate en 1990.
Elle crée ensuite Piavodéon avec Susy Firth. En 1992, Alain Crombecque lui commande un «cabaret» qui deviendra Le Cabaret du P’tit Matin , où elle réunit toute sa famille d’artistes variés et crée un spectacle où se croisent et se marient plusieurs disciplines. Puis Duo histoire d’amourire , Il y a… écrit par Anne Artigau, Le P’tit Matin aux étoiles , Quel cirque la vie , GuiGon &Cie , Un cabaret à double-fond , et avec Susy Firth Trois trios en 2007.
C’est ainsi, par les liens du cœur, que Michèle – après deux solos - La vie va vite et Une seconde (avec Susy Firth à la mise en scène)- entreprit ce 3ème solo La vie va où ?... à l’Espace 1789 de Saint Ouen avec la collaboration d’Anne Artigau pour son sens de l’image et des jeux d’ombres et lumières, et Susy Firth pour sa précision du mot et sa dramaturgie.
Très éclectique, elle met aussi en scène de nombreux spectacles hors de sa compagnie : le duo suisse Cuche & Barbezat, le conteur Pépito Mattéo, le jongleur de mots Vincent Roca, la chanteuse Michèle Bernard, les danseurs jazz-rock-hiphop Le Collectif Jeu de Jambes, et les soirées d’humour du Montreux Festival du Rire en Suisse.
Elle dirige en 2008 Denis Lavant dans Big Shoot de Koffi Kwahule, Patrice Thibaud dans Cocorico (avec Susy Firth), puis en 2009 Mireille Perrier dans Non rééducable et Xavier Mortimer, magicien-musicien, dans son spectacle L’Ombre-orchestre . Depuis 2003 elle est impliquée dans le travail avec les danseurs hiphop, notamment Raphaël et Sébastien, et participe à la mise en place du festival Danse Hip-hop Tanz en Seine-Saint Denis. En 2011 elle revient pour un 4e spectacle solo, Pieds nus traverser mon cœur qu’elle joue au Lucernaire jusqu’au 23 octobre.
Connaissant mon amour des chats, passion que nous avons en commun, l'ami Marc n'a pas tardé à sortir sa plus belle plume pour composer ce magnifique calligramme en forme de "greffier", d'après le poésie de Baudelaire.
Le chat
Viens, mon beau chat, sur mon coeur amoureux ;
Retiens les griffes de ta patte,
Et laisse-moi plonger dans tes beaux yeux,
Mêlés de métal et d’agate.
Lorsque mes doigts caressent à loisir
Ta tête et ton dos élastique,
Et que ma main s’enivre du plaisir
De palper ton corps électrique,
Je vois ma femme en esprit. Son regard,
Comme le tien, aimable bête
Profond et froid, coupe et fend comme un dard,
Et, des pieds jusques à la tête,
Un air subtil, un dangereux parfum
Nagent autour de son corps brun.
Charles Baudelaire, Les fleurs du mal
Sois vivement remercié ici, cher aminaute, pour avoir réagi si promptement et si joliment à mon besoin de poésie et de beauté en ce moment. A moi de prendre la main, maintenant, même si j'ai beaucoup de mal à créer en ce moment.
Pas de courrier du tout depuis une semaine (et les vacances n'ont pas encore commencé) et là, paf, un grand sac jaune de la Poste, ce qui n'annonce généralement pas une bonne nouvelle.
Cela me fait terriblement mal au coeur de constater en l'ouvrant qu'il contenant une graine de caroube artistiquement décorée, en trois morceaux heureusement encore attachés ensemble : ouf ! soulagement, car j'espère arriver à recoller les morceaux.
Prendre une étoile dans la main Plonger dans la nuit et renaître en paix demain
Tu es le premier : merci Eric d'avoir déjà si joliment répondu à mon nouvel appel, pour venir combler mon besoin de beauté et de poésie! Comme c'est chouette d'avoir des copains mail-artistes si connectés à mes humeurs et mes goûts profonds. Merci l'Ami
Janvier 2021, lors d'une assemblée générale à Notre-Dame-des-Landes, un collectif se forme sous l'appellation Les soulèvements de la Terre. Luttant contre l'accaparement des terres et de l'eau, il mène différentes actions – manifestations, recours juridiques, désobéissance civile, action directe – pour défendre le bien commun face à la marchandisation et l'artificialisation du vivant. En 2023, le gouvernement dissout par décret Les soulèvements de la Terre ; cette décision est annulée quelques mois plus tard par le Conseil d'État qui juge alors une absence de proportionnalité entre les actions du mouvement et la violence d'une dissolution.
Le grand mérite du documentaire de Thomas Lacoste est de laisser hors-champ ces tergiversations politiques pour se centrer sur la parole de celles et ceux qui s'engagent, chacun à sa manière, chacune à son endroit, à lutter contre la loi du plus fort, du plus riche, du « puissant ». Face caméra, une poignée d'entre eux ont tout le temps de dérouler leurs pensées, de transmettre leurs convictions, de partager leurs inquiétudes comme leurs victoires. Beaucoup sont jeunes, certain·es un peu moins, mais toutes et tous sont passionné·es et passionnant·es : ils relient avec bon sens les batailles locales aux enjeux planétaires, agissent sans cesser de réfléchir et réfléchissent tout en agissant. La multiplicité des points de vue dresse à la fois une trajectoire commune, cohérente, mais témoigne aussi d'un renouvellement permanent, d'une adaptation aux spécificités de chaque territoire par l'appui sur celles et ceux qui en ont la connaissance.
Entrecoupé d'images magnifiant la nature et les luttes les plus emblématiques, Soulèvements préfère le kaléidoscope aux grands discours. Thomas Lacoste traite ainsi avec honnêteté un mouvement oeuvrant pour la convergence des luttes et appliquant une pluralité de modes d'action : son film est un appel à le rejoindre !
Source : Note accompagnant la sortie du film
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Je ressors du cinéma bouleversée à la fois par le témoignage des seize protagonistes du mouvement des Soulèvements de la Terre, interviewées en toute simplicité devant la caméra du réalisateur pour narrer leurs actions et leurs motivations profondes, que par l'immense espoir qu'elles soulèvent avec leur détermination à défendre coûte que coûte la beauté et l'intégrité de leurs territoires pour tout simplement espérer pouvoir continuer à y vivre.
Depuis la Zad de Notre Dame des Landes, en passant par les bassines de Sainte-Soline, le projet de retenue collinaire de La Clusaz, le projet d'extension de la Sablière de Saint-Colomban, le projet de construction de l'autoroute A69, le projet de contournement de Rouen, le projet de 3e tronçon de téléphérique à La Grave-La Meije au dessus d'un glacier la Girose, etc... tous les combats menés par ces personnes engagées ont renforcé leur rapport à la nature et au vivant, en cherchant à y tisser de nouveaux liens, et à expérimenter d'autres modes de vie. Toutes ont exprimé le bonheur redecouvert dans la lutte et la joie qu'il y avait à entreprendre des actions en commun, en mettant leur savoir-faire et leur connaissance du terrain au service de la cause à défendre. A chaque fois dans le souci d'entreprendre la bonne action, au bon moment pour être le plus efficace possible.
Tous sont fascinants à écouter, les plus jeunes d'une grande sensibilité laissent paraître beaucoup d'émotion lorsqu'ils expriment pourquoi ils sont amener à ainsi se battre. Deux d'entre eux, plus âgés, m'ont particulièrement émue, deux papas qui s'expriment à coté de leur fils ou fille. D'abord cet habitant de la Clusaz qui remercie sa fille d'avoir entrepris des actions pour empêcher la création d'une retenue collinaire en construisant de nuit des cabanes pour surprendre les investisseurs et occupant ainsi le bois tout le temps où c'était nécessaire : il m'a tiré les larmes lorsqu'il lui demande pardon pour son aveuglement, au point qu'il a maintenant changé de bord politique.
Que dire aussi du papa vivant dans les Deux Sèvres, menuisier de métier, qui explique que, né en 1951, il a tout connu du plan Marshall avec l'obligation d'arracher les haies pour faire des parcelles bien plus grandes, puis l'élargissement des rivières afin de drainer toutes les zones humides pour agrandir encore les parcelles? Et quand 10 ans plus tard, l'autosuffisance alimentaire était acquise en France après la disette d'après-guerre, la décision politique a été contre tous les avis de continuer de produire en augmentant les rendements pour l'exportation. Pour pouvoir agir contre ces décisions désastreuses, ce monsieur s'est engagé comme maire et comme conseiller de la communauté des communes pendant 19 ans... mais de là, il s'est rendu compte à quel point toutes les actions de bon sens étaient impossibles à mener à bien tant toutes les instances du pouvoir étaient infestées par les lobbies! Quelle émotion lorsqu'il affirme haut et fort qu'il n'y a plus que la désobéissance civile pour tenter de faire changer les choses.
"Soulèvements" est un film qui nous fait nous poser bien des questions, un film salutaire que je recommande.
*** Extrait d'un article paru dans Reporterre à propos du film ***
Elles et ils ont été qualifiés d’« écoterroristes », surveillés par la DGSI et menacés de dissolution par le gouvernement. Les Soulèvements de la Terre incarnent l’un des exemples les plus marquants de criminalisation des luttes écologiques de ces dernières années. Dans son documentaire Soulèvements en salles mercredi 11 février, Thomas Lacoste fait voler en éclats cette campagne de disqualification, relayée par une partie des médias.
Le réalisateur donne la parole, face caméra, à seize membres du mouvement. Les militants racontent ce qui est systématiquement invisibilisé : une organisation collective, ancrée dans les territoires, qui expérimente d’autres manières de vivre, de lutter et de faire monde pour défendre les communs face à l’artificialisation des sols et l’accaparement des terres et de l’eau. Ce contre-récit puissant invite les détracteurs du mouvement à aller voir par eux-mêmes et surtout, donne envie de lutter.