Blog d'art-postal, essentiellement textile , créé pour satisfaire toutes mes envies de couture, broderie, embellissement, collages et autres fantaisies... en les appliquant aux univers riches et variés induits par les timbres postaux. Il peut m'arriver d'y noter mes coups de coeur pour des expositions ou des artistes, sources d'inspiration ou d'émotions.
BIENVENUE!
Interviewé par l'Académie du Climat, la vidéo ci-dessous nous permet de mieux connaître Vincent Verzat et sa démarche de vouloir donner un autre sens à ses combats pour l'écologie en étant davantage à l'écoute des animaux et plus globalement du vivant:
Youtubeur, vidéaste et créateur de contenu, Vincent Verzat nous parle de son évolution à travers les années de son engagement écologique. Découvrez son processus créatif, sa vision du militantisme, les façons qui permettent de raconter la nature ou encore de permettre aux gens de se réapproprier leurs territoires et de créer un lien émotionnel avec leurs écosystèmes. Une vidéo qui donne envie de tisser des liens avec nos écosystèmes et de se reconnecter aux autres formes de vie sur terre.
"Le film est à vous, gratuitement et sans pub, pour tout le monde et pour toujours".
Ce sont les mots du créateur de ce film-documentaire, qui m'ont incité à le publier sur mon blog pour le faire partager au plus grand nombre.
Le VIVANT qui se défend : Documentaire de Vincent Verzat visible sur la plateforme youtube "Partager c'est sympa"
► SYNOPSIS Vincent Verzat filme les mobilisations écologiques depuis 10 ans sur la chaîne YouTube Partager c'est Sympa (310k abonnés·es). Partant d'un récit personnel et sensible, le film « Le VIVANT qui se défend » retrace son cheminement entre militantisme et naturalisme, sa recherche d'un équilibre entre combat et contemplation, traçant un chemin pour vivre dignement et affronter ce qui vient. Des luttes forestières du plateau des Millevaches à la tanière d'une famille de blaireaux, en passant par les méga bassins du Poitou, les cerfs du Vercors et l'autoroute A69, « Le VIVANT qui se défend » fait le lien entre les animaux sauvages et les luttes qui sont menées partout en France contre la destruction de leurs habitats. Un documentaire de Vincent Verzat, auto-produit et auto-distribué par Partager c'est Sympa.
► PRIX ET SELECTION EN FESTIVAL ⭐ Sélection Officielle au FIPADOC Biarritz 2026 | Festival international du film documentaire, catégorie "En famille" ⭐ Sélection Officielle au Festival International du Film Ornithologique (Ménigoute - FR- 2025) ⭐ Sélection Officielle au Festival Salamandre (Morges - CH - 2025) ⭐ Coup de Cœur du Jury, film commun 2026 du Festival du Film Vert (FR/CH - 2026) ⭐ Sélection Officielle au Festival d'Amnesty International France "Au cinéma pour les Droits Humains" (FR - 2026) ⭐ Prix du "Meilleur Film - International" au Films for Future Festival (Zurich - CH - 2025) ⭐ Prix du "Meilleur Documentaire" au Sustain Film Festival (Guildford - UK - 2025) ⭐ Sélection Officielle au Festival de La Biolle (FR - 2025) ⭐ Prix du Public et Mention Spéciale du Jury au Festival International du Film Ecologique et Social (Cannes - FR - 2025) ⭐ Prix Albert Schweitzer 2026 (CH)
► PRODUCTION Auteur, réalisateur, monteur : Vincent Verzat Co-auteur : Gaspard d'Allens Bilan de la tournée d'avant-première au cinéma : 370 séances, 35k spectateurs entre juin et le 6 novembre 2025 Date de mise en ligne YouTube : 6 novembre 2025 Auto-produit et auto-distribué par l'association Partager c'est Sympa via deux financements participatifs (1300 donateurs sur Tipeee). Avec le soutien du centre national du cinéma et de l'image animée (CNC Talent)
Souvenez-vous, en décembre dernier, ma correspondante jurassienne Sylvie Graindorge m'avait proposé de participer à un défi qu'elle lançait à plusieurs de ses correspondants et amis en partant d'une étiquette noire. Charge à nous d'intégrer cette étiquette dans un mail-art avec le choix d'un timbre approprié, sachant qu'il était possible de l'utiliser entière ou par moitié et de la costumiser à notre gré. En retour, Sylvie a relevé le défi en nous adressant ses propres créations.
Et aujourd'hui, comme les autres participants, j'ai eu la grande joie de trouver dans la boite aux lettres une grande enveloppe de Sylvie contenant les quatre pages récapitulatives de ce joyeux défi : les deux premières pages représentent nos envois, les deux suivantes ses retours.
Pour des raisons de confidentialité évidentes, j'ai anonymisé les patronymes et adresses des personnes privées qui ont joué avec Sylvie.
Merci beaucoup Sylvie de m'avoir intégrée à cette boucle de création : j'ai adoré participer et je suis partante a priori pour toute nouvelle proposition de jeu, auquel je me prêterai bien volontiers.
Que ce soit en 2D ou en 3D, dessiner des visages est vraiment une des spécialités de l'ami Eric, et quand ce n'est pas dans une boite à camembert, c'est cette fois-ci dans le fond d'une boite à thé qu'il fait dialoguer deux olibrius au nez rouge et plein d'entrain dans leurs propos. La conversation semble animée et je voudrai bien être une petite souris pour savoir ce qui se raconte là!
En art postal toujours, j'ai la chance de recevoir régulièrement l'une ou l'autre de ces boites ce qui commence à me constituer une jolie petite collection. Merci beaucoup Eric, j'adore tes personnages, et je suis vraiment ébahi lorsque je vois à quel point tu maitrises...le dessin et les expressions.
Pour ceux qui ne te connaîtrais pas vraiment encore, je leur conseille d'aller voir comment chaque année tu est le concepteur puis l'architecte de ce fameux Pois Chiche Masqué, totem de la Fête du Pois Chiche qui se tient à la fin mai chaque année, à Montaren... et cette année, double boulot car tu es en train de réaliser un Janus, c'est à dire un personnage à double faciès pour l'édition 2026.
Une petite vidéo pour vous rendre compte de la jovialité des participants, et combien ce totem a une place incroyable dans le déroulement des festivités.
Bravo à toi Éric, et merci de tout ce que tu fais et de la joie que tu apportes à tous ceux qui ont la chance de te connaître et de te compter comme ami.
On a tous des souvenirs identiques à ce cliché, lorsqu'enfant nous fréquentions la cantine scolaire. Comme cette petite fille nous avons joué avec les verres empilables et incassables Duralex. Les fameux verres avec des numéros inscrits au fond des verres, qui pouvaient servir entre autres à désigner celui qui irait remplir la carafe d'eau à la fontaine
Copie d'une photo et extrait de publicité vus sur le site de Duralex associés à un timbre récent de la Poste pour fêter les 80 ans de la marque, sur fond de dentelle bleue.
Je profite de cette occasion pour parler de la marque Duralex qui vient de fêter ses 80 ans.
Née au cœur de la France, à la Chapelle Saint-Mesmin, l'usine incarne un savoir-faire unique : celui du verre trempé, résistant, fonctionnel et durable qui traverse les générations. Dès 1945, Duralex révolutionne la table avec une ambition simple : proposer à chacun une vaisselle fiable, esthétique et accessible.
Quelle preuve de longévité de cette marque qui a réussi à survivre et même à se renouveler grâce à l'opiniatreté et au courage de ses ouvriers. En effet, sous la forme d'une SCOP, 226 personnes ont repris la production et l'usine en main, après de nombreux problèmes de trésorerie, sept changements de direction, des mises en redressement judiciaire successives, toujours à attendre et à espérer des repreneurs. Finalement, ils ont pris les rênes eux-mêmes et cherché à moderniser un peu la marque. Grâce à leur production, ils ont même pu ouvrir pour les fêtes de fin d'année une boutique éphémère dans le coeur d'Orléans où les produits ont été plébiscités par les clients, suscitant un engouement inattendu et réjouissant. Souhaitons-leur beaucoup de succès encore et longue vie à Duralex
PS : Pour fêter son anniversaire Duralex ouvre ses portes : une visite de l'usine historique de la Chapelle-Saint-Mesmin, est maintenant possible sur inscription.
Cher Christophe, je te souhaite une bonne réception de ce nouveau mail-art avec la petite fille espiègle qui l'anime et un bon accrochage pour ta nouvelle exposition, car avec l'arrivée des beaux jours, tu vas certainement rouvrir bientôt ton joli petit musée.
Pour sa toute prochaine exposition nouvelle dans son joli musée international de l'Art Postal (MIAP) sur le thème des "gueules" , je suis sûre que l'ami Christophe en aura reçu beaucoup et en recevra encore au cours de ce mois, toutes sortes de gueules : des bizarres, des tordues, des vertes et des pas mûres, des gueules cassées, des gueules de bois, des gueules en biais, etc... etc...
Pour compléter sa collection, je lui adresse aujourd'hui une gueule très "chouettes" et j'espère qu'elle lui fera plaisir.
malheureusement je n'ai pas réussi à retrouver la statue originale de cette photo, j'espère que ce n'est pas une image trafiquée par intelligence artificielle, elle est beaucoup reprise sur internet mais sans aucun nom d'auteur
Bonne réception de ce mail-art, ami Christophe, et rendez-vous, je l'espère, cet été, pour une visite guidée de cette expo à venir qui sera, à n'en pas douter, magnifique.
Pour répondre une nouvelle fois à l'appel à mail-art de Christophe sur les "gueules", j'ai choisi de jouer sur les mots car pour parler d'un visage en langage populaire, on peut aussi dire une bouille, une bobine ou encore une trogne.
Et c'est donc une très belle trogne, formant un véritable visage, que je mets en lumière avec ce mail-art dont je souhaite une très belle réception à l'ami Christophe.
Composition réalisée sur fond en tissu avec la tête-visage d'une trogne de chêne photographie aux aux alentours de Nogent sur Vernisson (45) complétée par la copie d'une aquarelle montrant la belle biodiversité abritée dans une trogne de frêne (Source : la Maison Botanique, auteur Dominique Mansion)
Je vous propose ci-après de découvrir un peu mieux cette technique agroforestière très ancienne qu'on commence à revoir dans certaines campagnes, après tous les ravages dus au remembrement et la destruction systématique des haies.
*** Arbres aux mille visages *** les « Trognes » sculptures paysannes aux gueules vieillissantes
schéma pour expliquer la manière de travailler un jeune arbre pour en obtenir une trogne quelques années plus tard
(documentation de Dominique Mansion)
La nature produit « naturellement » des trognes
Bien avant qu'ils ne soient taillés par les humains, les arbres ont été confrontés aux dommages naturels causés par les tempêtes, le givre, la glace, les avalanches, les crues, la chute de rochers ainsi que la dent des herbivores. Au cours de cette longue évolution, les feuillus, notamment, ont acquis la faculté étonnante de se régénérer à partir de bourgeons dormants situés sous leur écorce. Stimulés, suite à un stress (casse, coupe, abroutissement), ces bourgeons se réveillent pour former de nouvelles branches. En pratiquant le taillis et l'étrognage, les hommes ont eu l'idée géniale d'utiliser cette incroyable faculté du génie végétal. Coupés à faible hauteur par le castor, saules, peupliers, frênes, ormes repoussent comme des mini-trognes naturelles. En Guyane, en mangeant les feuilles de Pterocarpus officinalis, l'hoatzin, oiseau ruminant, crée des trognes sur lesquelles il peut installer son nid. Dans les montagnes, les arbres broutés au-dessus de la couche de neige repartent en se ramifiant et en émettant de nouvelles branches. Ce regard sur les origines nous éclaire sur la nature inventive du végétal.
Depuis quand des trognes ?
Des restes de vannerie trouvés dans des gisements du néolithique laissent penser qu'à cette époque les arbres étaient déjà coupés à hauteur pour protéger leurs repousses des herbivores sauvages et domestiques. En Angleterre, des vestiges de trognes âgés de 3400 ans ont été découverts enfouis dans le lit de la rivière Trent. En Bretagne, l'analyse de bois d'œuvre archéologique montre que l'émondage était pratiqué à l'époque carolingienne. La sculpture, la mosaïque, la fresque sont de précieuses sources de renseignement qui nous offrent des représentations datées, pour les plus anciennes, de 3500 ans. L'enluminure médiévale est une mine d'informations : dans les miniatures des douze mois de l'année des « Très Riches Heures du duc de Berry » (première moitié du XVe siècle) des trognes sont illustrées aux mois d'avril, juin, juillet et octobre. Depuis plus de 3000 ans, une multitude de représentations témoignent de la présence et de l'importance des arbres têtards et des arbres d'émonde dans le paysage, que viennent confirmer les textes anciens, les coutumes qui commencent à être fixées par écrit au Moyen Âge, les baux ruraux, l'édition des Usages locaux, par exemple.
Source : la Maison Botanique
Trognes, les arbres aux mille visages
Vidéo publiée sur la chaine Youtube du Musée Cantonal de Zoologie
Trognes, des piliers de la biodiversité en milieu rural
Vidéo publiée sur la chaine Youtube du Conservatoire d'Espace Naturel d'Auvergne
Qu’est ce qu’une
trogne ? La trogne est un arbre, le plus souvent un feuillu, conduit
à hauteur pour une récolte régulière de bois, de feuillage, de fruits, sans
avoir à couper le tronc. Créée sur un jeune arbre, la trogne ou arbre têtard
offre une cueillette qui, convenablement gérée, peut durer des siècles. Cette
pratique ancestrale, connue depuis au moins 3 000 ans, présente de multiples
avantages : production augmentée et de proximité hors d’atteinte de la dent des
herbivores sauvages et domestiques, pérennité de l’arbre et de son système
souterrain, limitation de l’emprise sur les cultures ou les bâtiments voisins,
pôle de biodiversité inestimable, mobilisation du carbone, marqueur de
paysage... Créer une trogne c’est s’engager avec un arbre pour toutes ces
raisons. Son seul véritable inconvénient : la nécessité d’intervenir à hauteur.
Mais on peut aussi faire des trognes basses !
Si la trogne m’était
contée Drôles de trognes qui jalonnent discrètement nos campagnes
arborées… Véritables monuments végétaux, figures emblématiques mais
insoupçonnées de notre biodiversité quotidienne… Des visages singuliers parmi
les multiples facettes de la nature ordinaire, parce que justement très
apprivoisés, parce que totalement cultivés… Une nature domestique et
pittoresque dont on remarque l'étrangeté, et dont on a failli perdre la mémoire
et les valeurs, économique, écologique, esthétique…. La trogne ou l'émonde, la
ragosse, le têtard ou l'escoup… ce n'est pas l'arbre idéal. C'est l'arbre
"paysan", l'arbre utile par excellence, que l'on taille avec
assiduité pour en tirer le maximum de profit, en respectant au mieux ses
exigences biologiques, et pour en pérenniser la ressource : la nécessité de
produire plus avec la plus grande économie de moyens et d'espace possible.
C'est l'arbre que l'on taille non sans peine, ni par plaisir ou par sadisme, ni
par devoir pour "lui faire du bien" ou encore lui donner de la
vigueur. La trogne c'est surtout une connaissance et des savoir-faire, une
expérience du génie végétal au service de la petite industrie verte d'antan,
mais c'est surtout un formidable potentiel d'avenir et de modernité dont on ne
perçoit pas clairement les enjeux et la mesure. … les enjeux de l"'arbre
de pays", et de sa lente mais inexorable réhabilitation dans nos logiques
de production agricole et d'aménagements en tous genres, dans sa grande
générosité à produire de la biomasse et accueillir de la biodiversité, à
protéger notre environnement et nos territoires, à paysager notre cadre de vie…
La trogne : un
réservoir de biodiversité Les trognes constituent un abri précieux pour de nombreuses
espèces animales. A l’instar des autres arbres hors-forêt et des haies
champêtres, sa répartition doit être le plus homogène possible sur tout le
territoire, afin d’offrir des corridors aux espèces qui lui sont inféodées. En
vieillissant, les arbres taillés en têtard se creusent, la partie centrale se
dégrade alors que la périphérie continue de se développer. D’abord, au niveau
de la « tête » de l’arbre, la décomposition des feuilles, les particules
apportées par le vent et l’accumulation des fientes d’oiseaux participent à la
formation d’un terreau spécifique favorable au développement d’une flore dite
épiphyte. Les troncs des arbres têtards forment ensuite de nombreuses cavités
et fissures qui sont autant de lieux de vie attractifs pour une faune variée
qui s’y réfugie et s’y alimente. Dans ces anfractuosités naturelles ou celles
creusées par le pic, tout un cortège d’espèces vont se succéder ou cohabiter :
les cavernicoles, les passereaux insectivores (mésanges, sittelles,
rouges-queues, etc...), les rapaces nocturnes (chevêches, hulottes...) mais
aussi les écureuils, loirs, martres et certaines chauves-souris; sans oublier
les coléoptères et les insectes pollinisateurs qui pourront élire domicile dans
ces vieux arbres.
A gauche, croquis trouvé dans l'article "vous avez dit trognes?" sur le site https://trognes.fr/definition/
A droite : « Trogne – arbre habitat », 180/240cm, Aquarelle, Encre de Chine, Gouache, 2023-2024
avec la collaboration de Dominique Mansion, Alexandre Boissinot et Laurent Larrieu.
Moi qui ne regarde quasiment plus la télévision sauf pour quelques films, je suis tombée aujourd'hui avec un grand bonheur sur une émission dédiée à Jean-Michel Folon, artiste multidisciplinaire, que j'admire tant
Reproduction d'une photo trouvée sur le site des Galeries Bartoux de Monaco
L'émission Rembobina consacré à l'artiste intégre essentiellement la diffusion d'un documentaire de Claude Ventura (le réalisateur a suivi Folon cinq jours durant dans son environnement en 1973, là où il a choisit de vivre en pleine nature, avec ce qu'il aime dans et autour de sa maison de Burcy, en Seine-et-Marne) puis différents extraits d'émissions avec Jacques Chancel. Le tout baigné de musiques magnifiques de Michel Colombier puis d'Ennio Moricone.
J'ai retrouvé la joie éprouvée lors de ma rencontre avec nombre de ses oeuvres lors d'une très belle exposition de l'été 2023 à l'intérieur de la Saline Royale d'Arc en Senans. Mais aujourd'hui, je viens d'y trouver un complément avec une incarnation du personnage. En effet, d'avoir pu le visualiser en chair et en os, évoluer dans son quotidien, tant à sa table de travail qu'arpentant la campagne environnante en marchant longuement le nez au vent, ou bien courir comme un enfant en tirant la ficelle d'un cerf-volant, me permet davantage encore de comprendre sa personnalité si riche, de percevoir sa sensibilité extrême. J'aime infiniment l'entendre parler de ses rencontres artistiques et de ses amitiés, de ses voyages...et de sa manière de capter la lumière et les couleurs lors de ses pérégrinations.
Mais je crois qu'avant tout, c'est de cette passion du dessin qui l'anime depuis l'enfance que je suis la plus admirative. Jean-Michel Folon dessine comme il respire. "Lorsque je dessine, je n'arrive pas avec une idée préconçue du dessin à venir, j'écoute mon imagination et le dessin vient tout seul".
Folon, un artiste protéiforme et engagé / Rembob'INA sur la chaine youtube de LCP Assemblée Nationale
Rembob'Ina rend hommage au créateur belge des mythiques hommes bleus volants du générique d'Antenne 2, qui a marqué l'imaginaire de millions de téléspectateurs entre 1976 et 1983. L'occasion de redécouvrir son immense talent et son œuvre prolifique dans un portrait sensible et poétique, réalisé par Claude Ventura pour l'émission Italiques en 1973. Disparu il ya 20 ans, il reste un artiste emblématique de la seconde moitié du 20ème siècle, aujourd'hui célébré partout dans le monde. Ses dessins, aquarelles, sculptures et œuvres graphiques étaient visibles partout, dans des journaux et des publicités, sur des timbres et des affiches et à la télévision. Artiste engagé et pionnier, il a également créé pour des causes qui lui tenaient à cœur, comme Greenpeace, la Croix Rouge, l'Unicef et Amnesty International.
Invitations : Elena Benazet, régisseuse et restauratrice des collections à la Fondation Folon, Claude Ventura, réalisateur, Richard Poirot, Ina.
Pour en savoir davantage je vous mets le lien sur la biographie détaillée de Jean-Michel Folon délivrée par la Fondation Folon, un musée imaginé par l'artiste.
Bienvenue à la Fondation Folon - vidéo de la chaine Youtube de la Fondation
Un musée en pleine nature En octobre 2000, Jean-Michel Folon (1934-2005) a créé un musée, situé à 20 minutes de Bruxelles, dans la Ferme du Château de La Hulpe, au cœur du Domaine régional Solvay. Cet écrin de verdure de 227 hectares est bordé par la Forêt de Soignes et parsemé de sentiers et d'étangs tranquilles (où s'épanouissent une faune et une flore remarquables). L'artiste belge en a imaginé le parcours dans une scénographie originale et interactive composée d'installations, de jeux de lumière, de musique et d'effets d'optique. Les quinze salles d'exposition présentent ses images/figures emblématiques parmi les encres, aquarelles, peintures, gravures, affiches, objets, sculptures... Ces quelques 350 œuvres permettent de découvrir la richesse du travail d'un artiste multidisciplinaire qui, grâce à l'universalité de son message, a connu rapidement une reconnaissance internationale. Fondation d'utilité publique, la Fondation Folon poursuit, par toutes les activités qu'elle met en place, la défense des valeurs et les combats de l'artiste pour les droits humains et la protection de la nature. Retrouvez les activités sur www.fondationfolon.be
Je ne sais pas si j'aurai cette chance d'aller visiter un jour cette Fondation, mais j'avoue que cela me fait terriblement envie. En attendant, si vous aimez aussi cet artiste, régalez-vous avec l'émission de TV tant qu'elle est disponible sur la chaine LCP, sinon grâce à la vidéo ci-dessus.
C'est en participant à l'appel à mail-art de Christophe Blaise sur les "gueules"que j'ai eu envie de parler de celle d'un "métèque" dont j'ai particulièrement apprécié les chansons et que j'ai envie d'honorer aujourd'hui, car cela fait déjà un bon moment qu'il est parti rejoindre les étoiles filantes.
Georges Moustaki était un artiste complet, un auteur-compositeur-interprète d'origine italo-grecque naturalisé français en 1985 mais, c'est moins connu, il était aussi artiste-peintre, écrivain et acteur.
Georges Moustaki photographié lors de son concert à Rotterdam, en 1980. Photo Gerard van Bree/Alamy Stock Photo
Débutant dans l'ombre des géants (il écrit pour Edith Piaf, Yves Montand et Barbara), Georges Moustaki s'est hissé au rang des très grands auteurs-compositeurs et interprètes de la chanson française. Le «Métèque», d'après le classique qu'il chante en 1969, est devenu un vétéran atypique et incontournable et offre l'exemple d'une personnalité artistique longuement mûrie avant de s'affirmer durablement sous les feux de la rampe. Célébré par un coffret en 2002, Georges Moustaki n'en continue pas moins d'enregistrer les albums Moustaki (2003), Vagabond (2005) et Solitaire (2008) et d'effectuer quelques tournées. Ce géant de la chanson né à Alexandrie (Égypte) en 1934 dans une famille juive originaire de Grèce, s'éteint le 23 mai 2013 à l'âge de 79 ans.
*** Georges MOUSTAKI ***
1934-2013
de g à d : Moustaki en 1955 photo Sacem / Photo prise le 23-11-1972 du chanteur Georges Moustaki -Belga-AFP/ photo en couleur non datée sans légende ni auteur précisé
Yussef (Giuseppe) Mustacchi est né à Alexandrie (Egypte) le 3 mai 1934, dans une famille juive grecque. Le fils Mustacchi parle italien à la maison, arabe dans la rue et français à l'école : ses parents libraires, attachés à la culture noble, ont tenu à ce qu'il étudie dans une institution française. L'éducation cosmopolite et francophile du jeune homme l'amène à s'intéresser à la musique française, et à se piquer de reprendre au piano des standards de Tino Rossi, Charles Trenet ou Edith Piaf. Après avoir décroché le bac, le futur Georges Moustaki fait un voyage à Paris et en revient convaincu de son désir de vivre dans la capitale française. Ayant obtenu l'autorisation de son père, il s'expatrie définitivement et s'installe chez l'une de ses soeurs, qui tient une librairie à Paris avec son époux.
L'expatrié
Ce Grec de culture francophone n'obtiendra pourtant la nationalité française qu'en 1985. Le jeune homme tente d'abord de gagner sa vie en vendant des livres de poésie au porte-à-porte, puis en travaillant dans la presse (il écrit des chroniques de la vie culturelle parisienne pour un journal égyptien dont il est le correspondant). Les lettres ne nourrissant pas leur homme, il travaille également comme barman dans un piano-bar, ce qui lui permet de rencontrer des personnalités du monde du spectacle. Grattant un peu de la guitare, il s'interroge encore sur sa voie. Un soir, il assiste aux Trois Baudets à un récital de Georges Brassens : bouleversé, cet amateur de musique est convaincu que son chemin se trouve dans le spectacle. Il n'aura de cesse de le considérer comme son maître, allant jusqu'à adopter son prénom comme nom de scène. Ayant peu après l'occasion de le rencontrer, Giuseppe lui montre les textes qu'il écrit ; Georges Brassens l'encourage à continuer.
Georges, Edith et les autres
La pente est cependant escarpée et Moustaki, chargé de famille à peine majeur, hésite encore entre la musique et la peinture, tout en chantant occasionnellement dans des cabarets parisiens. Il a l'occasion de rencontrer quelques figures de la chanson française comme Henri Salvador et le guitariste Henri Crolla. C'est ce même Crolla qui, en 1958, présente Georges Moustaki à l'une de ses idoles, Edith Piaf : de cette rencontre naît une liaison entre le jeune aspirant musicien et la star, de 19 ans son aînée. Celui-ci devient auteur-compositeur pour Piaf, pour laquelle il écrit la chanson « Milord », grand succès de la chanteuse. C'est un début de notoriété pour le jeune Moustaki, que Piaf présente à la télévision française : encore gauche et timide, la voix hésitante, il se produit pour la première fois devant une caméra. Il accompagne ensuite Piaf dans ses tournées, mais leur relation est vite mise à l'épreuve par le caractère entier de la chanteuse et par ses problèmes de santé. Au cours de la tournée américaine de la « Môme » Piaf, pendant laquelle elle tombe gravement malade, le couple se sépare. Un peu secoué par son passage dans la vie publique, Georges Moustaki se met un peu en retrait et se perfectionne en étudiant la guitare classique, tout en continuant son activité de parolier-compositeur : il écrit pour Colette Renard, Yves Montand ou Barbara. Il sort quelques disques au début des années 1960 mais préfère encore son activité d'auteur à celle d'interprète. Pathé-Marconi met un terme à son contrat de chanteur en 1965.
Le juif errant
Georges Moustaki profite de cette période d'inactivité pour voyager en Grèce, découvrant ainsi le pays de ses parents. Il ne tarde cependant pas à rebondir, grâce à sa rencontre avec Serge Reggiani : à 42 ans, le comédien souhaite prendre de la distance avec le cinéma et se concentrer sur une carrière de chanteur, qu'il commence en 1963 en interprétant des textes de Boris Vian. Georges Moustaki compose pour lui plusieurs chansons à succès, comme « Sarah » ou « Ma Solitude ». Désormais remis en selle en tant qu'auteur, il écrit pour d'autres fortes personnalités de la scène française, comme Barbara, avec qui il se lie d'amitié.
Georges Moustaki et Barbara chantent la dame brune - vidéo publiée par Ina Chansons
En 1968, il interprète en duo avec elle « La Longue dame brune », chanson douce et tendre qui devient un standard des deux interprètes. La même année, au cours d'une tournée, Barbara est prise d'un malaise avant de monter sur scène. Malgré son trac, Georges Moustaki la remplace au pied levé et s'affirme comme un chanteur capable de charmer le public. L'année suivante, à 35 ans, il se révèle enfin avec le grand succès de la chanson « Le Métèque », touchante ode au déracinement et à l'amour, qui demeure le titre le plus connu de son auteur. Ce titre et le 33-tours enregistré dans la foulée lui valent de remporter le prix de l'Académie Charles Cros, avant de réaliser un tour de chant qui le mène jusqu'à Bobino. Chanteur chaleureux et sensible, Georges Moustaki crée un lien intimiste avec le public des années 1970, qui en redemande : deux albums se succèdent, et une tournée internationale achève de le consacrer, tardivement mais sûrement. Il affirme une personnalité de chanteur à textes à la voix chargée d'émotion, dans la lignée de son maître Georges Brassens. Sa personnalité de poète cosmopolite à l'indolence revendiquée séduit les spectateurs, d'autant que s'ajoute à ce côté « baba-cool » un grand talent d'auteur et d'interprète. Moustaki développe également son image d'artiste « libertaire » et anarchiste, engagé à gauche, qui ne se démentira jamais : poussé à la fois par sa sincérité et sa gentillesse, le chanteur s'engagera au fil des années dans de nombreuses causes médiatiques, allant du plus consensuel (l'opposition à la dictature des colonels en Grèce dans les années 1960), au plus hasardeux (la défense de Cesare Battisti en 2004).
Après avoir assisté en 1972 au festival de la chanson populaire de Rio de Janeiro - ce qui lui donne l'occasion de rencontrer notamment Chico Buarque et Gilberto Gil -, Georges Moustaki agrémente sa musique d'influences brésiliennes, notamment de bossa nova, qui se font sentir dans l'album Déclaration (1973). Il adapte des chansons brésiliennes en français et continue de s'imprégner des influences musicales du monde entier grâce à ses tournées internationales qui satisfont également son goût des voyages et de la découverte. Tout en se montrant très productif, démentant ainsi sa paresse revendiquée, Georges Moustaki parcourt le monde (Etats-Unis, Japon, Allemagne, Egypte...) sans jamais se départir de sa tendresse de poète épris d'universel. En 1979, il se produit à l'Olympia pendant deux semaines avant de partir en tournée européenne. Attiré par les influences musicales du sud, il cherche aussi à se diversifier en se tournant vers les pays du nord, notamment en collaborant avec le groupe néerlandais Flairk, avec lequel il sort un album et fait une tournée (1982).
Une activité qui ne s'essouffle pas
Ayant quitté en 1986 sa maison de disques Polydor pour le label Blue Silver, il réalise l'album Jou Jou, avec la collaboration de Maxime Le Forestier, Paco Ibañez et Richard Galliano. Il réalise à cette occasion une originale « tournée dans Paris intra-muros », passant d'une salle à une autre, avec dix-neuf dates. Dans les années suivantes, un double album live et un livre - Les Filles de la mémoire - honoré par une préface de l'écrivain brésilien Jorge Amado, viennent s'ajouter à ses succès professionnels. Sa production chez Polydor est recueillie en 1992 dans un coffret, Balades en Ballades, qu'accompagne un double album studio. Une nouvelle tournée suit en 1993.
Georges Moustaki multiplie les rencontres artistiques et les collaborations, élargissant son univers : on le voit adapter un poème soufi du turc Yunus Emre, et réaliser des duos avec Nilda Fernandez ou Enzo Enzo. Son véritable intérêt tient cependant dans les tournées, qui lui permettent de satisfaire ses envies de découverte et de nouvelles rencontres, avec des artistes et des publics différents. En dehors des modes, comptant sur l'affection d'un public fidèle, il poursuit loin des médias les plus branchés une carrière des plus actives : concert à l'Olympia joué à guichets fermés en 2000, tournée en 2001, bilan de carrière avec un coffret de dix CD en 2002, nouvel album en 2003 (Moustaki, avec pour la première fois sa propre version de « Milord », la chanson écrite pour Piaf) et encore un album en 2005 (Vagabond, enregistré au Brésil). Un autre album suit en 2008, baptisé Solitaire. Atteint de problèmes respiratoires, Georges Moustaki doit annuler une série de concerts en 2009 en raison d'une hospitalisation. Il s'installe ensuite à Nice où il s'éteint au matin du 23 mai 2013, à l'âge de 79 ans, d'une maladie des bronches. Dès l'annonce de sa disparition, les hommages tant artistiques que politiques affluent envers ce géant de la chanson.
Ayant brillamment creusé un sillon clair et profond dans l'univers de la chanson française, Georges Moustaki a su conserver une authenticité artistique formée au creuset de la tendresse, de « l'amour de l'amour » et d'une identité irréductiblement cosmopolite. À force de penser que « l'homme dépend du songe », le « Métèque » a su réaliser ses rêves et se faire une place dans le coeur des Français.
Source : Le site d'Universal Music
*** Ecoutons-le encore chanter et raconter son parcours ***
On peut retrouver l'artiste dans trois poadcasts diffusés en 2025 sur France Culture Série Georges Moustaki, chanteur poète :
L'invité de TV5MONDE rend hommage à Georges Moustaki le citoyen du monde - Vidéos réalisées en 2005
Partie 1 - J'ai révé ma vie jusqu'au bout
Partie 2 - Piaf, mon amour
Pour finir, voici quelques chansons, des pépites que je connais par coeur et qui m'accompagnent toujours, mais peut-être que c'est aussi le cas pour vous.
Le facteur : Georges Moustaki chante "le facteur"... un de ses plus beaux textes ouverts à de multiples interprétations. De qui parle Georges Moustaki, peut-être d'un jeune homme qu'il a connu autrefois ou bien peut-être de lui même, de sa jeunesse enfuie ? Qui a tué ce jeune facteur, est-ce une guerre, un accident, ou seulement le temps qui passe ?...
La chanson originale est en grec et a été écrite par Manos Hadjidakis en 1961.
Georges Moustaki chante "ma solitude" la seule compagnie qui ne vous quitte que pour votre bien et jamais tout à fait...
C'est une Chanson pleine de gratitude à contrepoint de celle de Barbara.
La solitude est pour Georges Moustaki, le prix de la vraie liberté...
Georges Moustaki chante "voyage"... Pris au piège d'une ensorcelante courtisane, le voyageur onirique consent à se faire dévorer avec délice sur les ailes du sommeil...
Georges Moustaki chante "en Méditerranée": très belle évocation poétique d'une région de brassage culturel, lieu magnifique de rencontres et d'affrontements perpétuels entre trois continents, mais aussi fausse carte postale dans laquelle le chanteur dénonce en creux l'air de rien, les dictatures européennes de l'époque, le régime de Franco en Espagne et celui des colonels en Grèce... Chanson peu connue à faire découvrir et à (re)découvrir... car hélas toujours d'actualité en ces temps troublés de démocraties plus ou moins triomphantes et de violence fanatique ...
Georges Moustaki, accompagné de sa choriste chilienne Marta Contreras, chante "Portugal" en 1975, traduit du portugais et composé par Chico Buarque et écrit par Ruy Guerra réalisateur mozambicain exilé au Brésil, un an après la victoire contre la dictature salazariste du 25 avril 1974... La révolution des oeillets redonnait espoir aux voisins Espagnols, toujours soumis à Franco, et aussi aux exilés grecs, qui avait fui le putsch des colonels du 21 avril 1967.
Georges Moustaki chante "Flamenco" au théâtre de la ville en 1976... et s'insurge de toute sa poésie contre Franco : auprès de son label, l'Ambassade d'Espagne intervient pour supprimer la chanson. A cette date, Georges Moustaki avait déjà chanté pour la cause de la démocratie en Grèce ("chansons pour Andréas de Théodorakis") , et au Portugal ("Portugal")... Franco meurt l'année suivante, mais de sa "belle mort"... Il n'y aura pas de "défaite" finale du franquisme ni de condamnation internationale claire de la dictature franquiste mais une transition démocratique pour ainsi dire à l'amiable... Certes heureusement mais pas complète ni définitive. De ce fait, la mémoire est tronquée, et loin d'être unanime en Espagne, elle reste l'enjeu de confrontations et de provocations de part et d'autres des deux camps adversaires, et quarante cinq ans après, une flaque de sang, rouge comme une robe de flamenco sépare encore les descendants des acteurs de cette guerre civile...
Georges Moustaki chante "Une blessure"... de celles indélébiles qu'on garde pourtant précieusement au fond de soi..
Georges Moustaki chante "Nous sommes deux"... et dénonce la torture et les mauvais traitements subis par les prisonniers politiques en Grèce au temps des colonels. Il s'agit du titre "Imaste dio", de Mikis Théodorakis, compositeur grec en exil en France après avoir été emprisonné sous le régime de la dictature, de 1967 à 1973. Très beau texte engagé pour la résistance et la lutte, finalement justifiées par les violences commises contre elles. Qui veut étouffer le cri de la liberté ne fait que la renforcer : un puis deux puis trois aujourd'hui à tomber seront demain des milliers à se lever...
Ma Liberté avec sa musique originale
Georges Moustaki chante "ma liberté" sa dernière compagnie, joliment accompagné au piano pour cette sérénade nocturne, dans l'air d'un soir d'été, quelque part en Allemagne.
Dans ces chansons, Georges Moustaki nous prouve s'il en était encore besoin qu'on peut être sensible et s'engager pour parler des maux du monde avec tant de si belle poésie. Merci l'Artiste d'avoir éclairé mon âme et réjouit mon coeur avec tes beaux textes et tes musiques, à jamais.
Ah quelle joie aujourd'hui de retrouver le courrier postal de Nadine, cette amie suisse toujours originale et spontanée dont les enveloppes atypiques et le courrier écrit à la main qu'elles contiennent sont toujours d'une grande richesse, pleins d'anecdotes et de découvertes.!
Maintenant qu'elle a quitté le littoral breton où elle s'était retranchée pour près de trois mois, je comprends combien la réadaptation au monde doit être un peu ardue d'autant que la neige s'est réinvitée pour Pâques.
Chère Nadine, je te souhaite d'arriver à conserver toute la zénitude que ton séjour hors du monde et hors du temps t'a amenée, et de profiter à ton rythme des joies de la vie printanière à la montagne, maintenant que tu as retrouvé Chateau d'Oex..
Merci pour cette chouette enveloppe : je suis ravie de voir nos échanges reprendre doucement : ta fantaisie et ta joie de vivre m'ont manqué.
Quoi de plus beau que le timbre brodé pour la paix avec cette colombe bleu sur fond blanc, né de l'union d'une douzaine de pays et d'organisations internationales, comme raconté ci-dessous, dans le but de promouvoir la paix .
*** En savoir plus sur la collection de timbres brodés « Colombe de la paix » ***
Unis pour la paix – Maille après maille
En septembre 2025, l’Union postale universelle (UPU), aux côtés de 11 organisations postales, a dévoilé la série brodée Colombe de la paix afin de marquer la Journée internationale de la paix et de mettre en avant la portée universelle de ce message. Alors que les opérateurs postaux participants ont émis un véritable timbre-poste, l’UPU a produit un objet philatélique assorti, conçu exclusivement comme pièce de collection.
Aux côtés de l’UPU, les opérateurs ayant pris part à cette initiative conjointe sont : l’Administration postale des Nations Unies, l’Arménie, l’Autriche, la Barbade, Chypre, le Danemark – Îles Féroé, le Danemark – Groenland, la Finlande – Åland, le Liechtenstein, le Luxembourg et la Suisse. Une telle démarche collective demeure rare et souligne la forte portée symbolique du projet.
Le visuel représente une colombe blanche brodée portant un rameau d’olivier bordé de bleu – un emblème universel de paix. Les ailes déployées, la colombe transmet un message qui dépasse les frontières, les religions et les idéologies, devenant un symbole d’unité.
Produite par l’entreprise autrichienne Hämmerle & Vogel, cette création textile en édition limitée associe la finesse de la broderie au travail artistique, réunissant savoir-faire, design et message universel à travers toutes les émissions participantes.
C'est tout à fait l'annonce du renouveau, le printemps quand arrive le moment de Pâques avec ce mail-art original et craquant. De la poésie, de la fraîcheur, de la verdure et de l'humour, voilà de quoi passer un joli moment.
Merci Claire pour ce second courrier reçu ce jour*.
La salade
La salade qu'arrosa
Dès l'aurore la rosée
Avait la crinière en pleurs.
Elle alla chez le coiffeur,
Exigeant que l'on frisât
Sa chevelure irisée.
Quoi faire chez le coiffeur
En attendant que vînt l'heure
Du shampooing et des rouleaux,
La salade se cala
Dans un fauteuil à roulettes.
Or voilà qu'on lui prend la tête
Pour la mettre dans un grand plat.
On lui tortille les bouclettes,
On la frotte, on la dorlote,
Avec un brin d'échalote
Et beaucoup de vinaigrette.
La salade ébouriffée
se trouva bien coiffée
la chevelure en aigrette
d'abord douchée, puis séchée,
on n'en fit qu'une bouchée.
Charles Dobzynski (Fablier des légumes et des fruits)
* Expédié le 20 mars depuis les Yvelines, département voisin du mien, ce mail-art absolument correct et suffisamment affranchi a mis 12 jours de plus que le poisson d'avril pour me parvenir... mais que se passe t-il à la Poste en ce moment ?
De l'amie Claire voici le traditionnel poisson d'avril qu'elle n'oublie jamais de m'envoyer le jour J 'en pensant très fort à la chanson de Bobby Lapointe. Cette fois encore elle l'a réalisé avec un patchwork de tissus dans un camaïeu de bleus, superbe. Merci beaucoup Claire pour cette gentille attention.
Celui-ci a l'oeil rouge, reflétant sans doute sa colère intérieure face aux ravages qui sont faits par la pêche industrielle, où nombre de ses frères sont sortis de l'eau puis rejetés pour y mourir s'ils n'ont pas la bonne taille!... oui, en 2026, on en est là : gaspillage et pillage systématique des ressources halieutiques et interruption dans le cycle normal de la régénération des espèce. Modifier ainsi artificiellement la biodiversité de ce milieu va fatalement conduire à un appauvrissement en nombre de l'espèce et au déréglement de toute la chaine alimentaire.
Alors aujourd'hui, décidons de ne plus trop penser à toutes ces calamités, et récitons à l'unisson avec ce beau spécimen la poésie du poisson d'avril par Noël Prévost.
Cette soirée du 2 avril 2026, j'ai eu la très grande chance de pouvoir écouter ce magnifique pianiste qu'est Bachar Mar-Khalifé en concert à Paul.B, ce lieu exceptionnel dédié à toutes les musiques que nous avons à Massy et auquel je m'abonne chaque saison.
Qui est ce musicien, multi instrumentiste ?
Né en 1983 à Beyrouth, fils du célèbre chanteur et oudiste libanais Marcel Khalifé, Bachar Mar-Khalifé arrive en France avec sa famille à l’âge de six ans. Après avoir étudié la musique au Conservatoire de Paris, il envisage une carrière de chef d’orchestre mais se dirige la composition. Il publie son premier album, Oil Slick, en 2010 suivi de six autres albums dont les deux derniers en date On/Off (2020), enregistré au Liban, et Postludes (2024). Depuis le début des années 2010, il se montre par ailleurs très créatif dans l’univers du cinéma, ayant composé des musiques pour une dizaine de longs et courts métrages.
Sur le programme, Bachar Mar-Khalifé est décrit comme un artiste gravitant librement entre musique libanaise, chanson française, électro, jazz et néo-classique et nous n'allons pas être déçus.
Pas de première partie, donc pas d'allées et venues comme lorsqu'il y a un entracte.
Un piano à queue Steinway and Sons au beau milieu de la scène, par ailleurs tout à fait dépouillée
Sur ce piano un instrument à percussion. Le décor est planté.
Bachar Mar-Khalifé entre en scène et s'installe au piano. Un premier morceau, fluide, et envoutant, probablement une musique de film, très rafraichissant. Puis ensuite, au fil du déroulement du concert, une chanson de Nirvana, des morceaux plus jazz, un morceau sur lequel on écoute les mots d'un poème de Khalil Gibran...
Sur les enfants de Khalil Gibran
Vos enfants ne sont pas vos enfants. Ils sont les fils et les filles du désir de la Vie pour elle-même. Ils viennent par vous, mais pas de vous, Et bien qu'ils soient avec vous, ils ne vous appartiennent pas.
Vous pouvez leur donner votre amour, mais pas vos pensées, Car ils ont leurs propres pensées. Vous pouvez loger leurs corps, mais pas leurs âmes, Car leurs âmes habitent la maison de demain, Que vous ne pouvez pas visiter, pas même dans vos rêves. Vous pouvez vous efforcer d'être comme eux, Mais ne cherchez pas à les faire comme vous. Car la vie ne recule pas et ne s'attarde pas avec hier. Vous êtes les arcs d'où vos enfants Sont lancés comme des flèches vivantes. L'archer voit la cible sur le chemin de l'infini, Et Il vous courbe avec Sa puissance Afin que Ses flèches aillent vite et loin. Que votre courbure dans la main de l'archer soit pour la joie ; Car de même qu'Il aime la flèche qui vole, De même Il aime aussi l'arc qui est stable.
Enchainement avec sa version des Paradis perdus de Christophe, puis un morceau que Bachar nous dit avoir eu la chance de le jouer avec Christophe lui-même, "Folie", où l'artiste est prodigieux, ses doigts courant dans un jeu extraordinaire de force et de vélocité sur les touches du piano!!!
Tout ceci se déroule devant assistance subjuguée, dans un silence respectueux, pas de smartphone intempestifs pour rompre le charme, des salves d'applaudissements... et des moments d'émotion intense lorsque Bachar nous invite à continuer de chanter avec lui pour les enfants du Sud Liban et de la Palestine dans sa chanson Sawfa Nabqa Houna ci-dessous
Bachar Mar-Khalifé chante Sawfa Nabqa Houna - vidéo publiée sur la chaine Youtube de l'artiste
Concert-création en hommage au peuple soudanais et aux dix ans des révolutions arabes.
Enregistré le 14 juin 2021 au Trianon, Paris.
Direction artistique, réalisation et montage : Jeremix. Fils de mixage : Fabien Girard.
Invités : Abd Al Malik, Camélia Jordana, Arthur H, Bachar Mar-Khalifé, TIE, Awa Ly, Emel, Lynn Adib, Zeid Hamdan, Daara J, Rasha, Ghandi Adam, Yalla Sawa. Backing Band Arat Kilo : Michaël Havard, Aristide Gonçalves, Fabien Girard, Florent Berteau, Gérald Bonnegrace et Octave Ducasse. Régie vidéo Live : Laurent Hasse et Alexis Cohen. Images : Jeremix, Fabrice Crenel, Thomas Renaux, Félix Métayer, Mathieu Gueritte et Théo Stefanini.
Vidéo publiée sur la chaine Youtube de l'artiste
Une heure et demie plus tard, en fin de reprise, l'artiste invite un massicois de ses amis, un percussionniste dont je n'ai pas hélas retenu le nom et à eux deux, ils nous jouent un morceau d'anthologie mêlant piano, percussion et voix.... absolument formidable comme conclusion d'un magnifique concert.
Bachar Mar-Khalité n'était pas un inconnu pour moi : j'avais déjà pu l'écouter en 2017 lors d'un concert hommage à Barbara où il partageait la scène en duo avec Jeanne Cherhal : j'en avais gardé un merveilleux souvenir. En voici quelques extraits :
Jeanne Cherhal et Bachar Mar-Khalifé rendent hommage à Barbara - extraits du concert
Vidéo publiée sur la chaine Youtube de Sabino Sasso
Difficile de trouver le sommeil, après cela. C'est pourquoi je rédige ce post, à chaud, histoire de prolonger un peu ce moment de grâce.
J'en suis convaincue, pour moi écouter en live des chants en français, en arabe, ou en n'importe quelle autre langue, ou seulement de la musique, c'est la beauté qui vous inonde, qui vous réchauffe le coeur, qui vous fait vous sentir vivant et en communion avec l'humanité toute entière.
Quelle chance j'ai de pouvoir ainsi découvrir des artistes du monde entier, dans des styles différents et avec une telle proximité dans cette petite salle. Merci Paul B.
Dans une belle harmonie de rose, mon amie Michele m'envoie un mail-art plein de douceur.
Sur un fond de dentelle qu'elle a créé au moyen d'une plaque de gélatine, un petit lapin de Pâques aux longues oreilles vient m'offrir un gros oeuf bien décoré.
Je n'ai pas la même passion que toi pour les lapins de Pâques mais j'apprécie ce mail-art délicat. Je sais que tu n'as pas trop le moral en ce moment, alors je te remercie d'autant plus chaleureusement de m'avoir associé à cette fête de Pâques importante pour toi et ta famille.