25 septembre 2026

Dorothea Lange, une femme engagée dans le documentaire photographique, pour Nadine

Aujourd'hui encore, je veux mettre à l'honneur une femme remarquable de mon panthéon personnel et cette fois-ci ce mail-art est destiné à mon amie suisse qui sait apprécier la photographie. Voilà pourquoi  je pense que l'univers capté par Dorothea Lange saura lui plaire, elle qui s'est appliquée à immortaliser  des moments singuliers dans la vie des gens simples dans une période si particulière aux USA.

A travers ses photos, Dorothea Lange s’est fait la porte-parole de l’Ouest américain abandonné lors de la Grande Dépression des années 1930 ; la  période même décrite par John Steinbeck dans son roman "Les raisins de la Colère". 

en haut en partant de la gauche : autoportrait de  Dorotea Lange  / famille de migrants avec sur la droite de la tente la célèbrissime "Migrant mother" 1936 /
en bas, en partant de la gauche : Famille de migrants qui a voyagé en train de fret jusqu’à la vallée de Yakima, 1939 / Famille sur la route Oklaoma 1938 / Jeune garçon en train de travailler dans les champs
verso : citations et deux timbres édités par les USA sur deux photos particulièrement importantes dans sa carrière :
 la mère migrante et le travailleur migrant

Je suis heureuse d'avoir retrouvé un tout petit peu d'énergie aujourd'hui et j'en ai profité pour élaborer quelques correspondances qui ne pouvaient souffrir davantage de retard. Chère Nadine, je t'en souhaite une très bonne réception.

 *** Dorothea Lange, pionnière du documentaire social  ***
Autoportrait en 1936
La photographe américaine, Dorothea Lange (1895-1965), est souvent réduite à une seule photo Migrant Mother, devenue une icône. Le Jeu de Paume lui consacre une exposition passionnante (en 2018) et très documentée, levant le voile notamment sur un épisode méconnu de l’histoire des Etats-Unis : l’internement des citoyens américains d’origine japonaise en 1942. Retour sur le parcours d’une femme engagée qui a fait de la photographie un outil documentaire et politique.

« Il faut vraiment utiliser l’appareil photo comme si on devait être frappé de cécité demain »
Dorothea Lange :

Dorothea Nutzhorn (1895-1965) naît dans le New Jersey dans une famille d’immigrants allemands de la deuxième génération. Dès l’âge de dix-huit ans, elle se lance dans la photographie et apprend son métier d’abord à New York, auprès des photographes portraitistes de studios renommés comme Arnold Genthe ou Clarence H. White. Après 1900, le pictorialisme vit encore de belles heures ; et les premiers travaux de Lange révèlent une pratique de la photographie d’art, même si elle semble avoir manifesté dès le début un intérêt pour le social. « Sa capacité prononcée à s’identifier aux figures marginales de la société a très certainement ses racines dans les séquences émotionnelles laissées par les deux événements que sont le handicap et la perte du père », souligne Sandra S. Philips. En effet, à sept ans, Dorothea contracte la poliomyélite, sa jambe droite restera déformée. Cinq ans plus tard, le père abandonne sa famille.

En 1918, elle ouvre son propre studio à San Francisco et adopte le nom de jeune fille de sa mère, Lange. Son studio devient un centre de la vie artistique de la ville et lui offre une indépendance financière. Mariée au peintre Maynard Dixon, elle est mère de deux garçons. Même pour elle, qui est depuis longtemps une portraitiste bien implantée dans le milieu local, le krach boursier de 1929 et la crise économique qui s’ensuit, représente une césure dans son cursus professionnel.

« Les gens que ma vie a touchés », 1932-1934 
En 1932, au cœur de la Grande Dépression, Dorothea Lange se détourne du portrait de studio pour se concentrer sur des scènes de rues et montrer les conséquences de la récession à San Francisco ainsi que l’agitation sociale qui y règne. Elle photographie manifestations et personnes sans abri. Ses portraits urbains comme White Angel Breadline (1933) deviendront plus tard autant d’images représentatives de cette période. Car pour la photographe, « le but n’est pas la bonne photographie, mais les implications de la photographie. »

Cette période de deux ans marque un tournant dans sa vie : elle prend conscience de l’importance de la condition humaine dans son travail. Son traitement novateur attire l’attention de Paul Schuster Taylor, professeur d’économie à l’université de Californie à Berkeley et spécialiste des conflits agricoles des années 1930 ; il deviendra plus tard son second mari. En 1934, il utilise l’une des photos de Lange pour illustrer son article consacré à la grève maritime la plus longue et la plus importante de l’histoire des Etats-Unis.

L’investigation documentaire – le récit de la migration, 1935-1941
En 1935, Lange accompagne Taylor sur le terrain ; l’objectif : rendre compte de la situation des migrants ayant quitté le Middle West pour la Californie rurale. Taylor se sert des photographies de Lange pour illustrer les articles qu’il publie dans Survey Graphic, de même que les rapports qu’il adresse aux autorités fédérales. La force des images de Lange est telle que les pouvoirs publics entreprennent de construire des camps d’hébergement au profit des travailleurs agricoles migrants, dans le cadre de la politique du New deal définie par Roosevelt. L’un des programmes : la Farm Security Administration, aboutit à la création des plus vastes archives photographiques jamais constituées aux Etats-Unis : regroupant plus de 130 000 négatifs, elles rendent compte de la contribution du New Deal à l’endiguement de la pauvreté dans les régions rurales.

Dorothea Lange, qui a couvert vingt-deux Etats différents, s’est vu confier deux contrats, l’un portant sur la période 1935-1937, l’autre de 1938 à la clôture du programme en janvier 1941. Elle considère que les photographies qu’elle réalise dans ce cadre font partie intégrante de son œuvre. Elle produit à cette occasion des images iconiques, comme Migrant Mother.

Un an plus tard, Lange et Taylor sont engagés par des agences fédérales instituées dans le cadre du New Deal de Roosevelt. Durant trente ans, leur relation professionnelle et personnelle se nourrira d’une volonté commune de créer un récit qui rende compte par le texte et l’image de quelques-unes des grandes étapes de l’évolution de la société américaine. Ils vont comme de nombreux autres photographes et sociologues être chargés de documenter les politiques agricoles fédérales. Ils publient en 1939 An American Exodus : A Record of Human Erosion qui témoigne des conditions sociales dans les Etats ruraux. Avec cet ouvrage, ils font connaître au grand public le récit des déplacements de population et la précarité de l’époque de la Grande Dépression. Le média photo est un outil documentaire et politique.

Dorothea Lange se détourne de l’agriculture industrialisée pour s’intéresser à une nouvelle forme de migration intérieure celle provoquée au début des années 1940 par l’expansion galopante des industries, des programmes de formation navale et les organisations de défense militaire dans la région de la baie de San Francisco. C’est dans ces zones urbaines que s’est installée une partie de la population autrefois méprisée et rejetée de travailleurs agricoles migrants, les « Okies », qui désormais contribuent fièrement à l’effort de guerre.

En 1944, Dorothea Lange est chargée par le magazine Fortune de photographier les chantiers navals Kaiser, jeune entreprise fondée à Richmond pour soutenir cet effort et qui emploie à cette époque près de 100 000 ouvriers non qualifiés grâce à la mise en œuvre de techniques révolutionnaires de fabrication et d’assemblage. Elle photographie les rotations des équipes de trois-huit, l’intense activité du chantier naval, la diversité de la main d’œuvre, les conditions de vie mais aussi l’isolement et la solitude des nouveaux venus, et en particulier des Afro-Américains qui demeurent des parias. Elle s’intéresse également au nouveau statut de la femme, devenue ouvrière dans le secteur industriel.

« Une photographie documentaire n’est pas en soi une photographie factuelle. C’est une photographie qui communique entièrement le sens et la portée de l’épisode, ou de la circonstance, ou de la situation, lesquels – parce qu’il n’est pas vraiment possible de les montrer – ne peuvent être révélés que par cette autre qualité. En fait, on ne peut pas vraiment parler de guerre entre l’artiste et le photographe documentariste. Un photographe doit être les deux. »

Pour voir davantage de photos, voici un lien expliquant 10 des plus célèbres d'entre elles.

Les saltimbanques de la troupe "Graines de bonheur" semant l'art dans la rue, pour PJC de Lambesc

En France, il exist(ait)e de nombreux festivals sur les arts dans la rue, comme par exemple le plus connu celui d'Aurillac, mais aussi ceux de Châlon dans la rue, les Accroche-coeurs d'Angers, les Turbulences à Vieux-Condé dans le Nord de la France ou encore à Ramonville Saint-Agne. Espérons qu'avec les restrictions budgétaires de plus en plus drastiques pour tout ce qui concerne la culture menées dans les municipalités, la bonne humeur de ces manifestations bon enfant et le partage avec les habitants continueront encore longtemps de ravir les spectateurs.
Pour répondre au concours de mail-art 2026 du PJC de Lambesc dédié aux arts de la rue, j'avais vraiment l'embarras du choix, entre théâtre de rue, acrobaties, jonglages, cracheurs de feu, échasses,  musiques et danses urbaines, yarn-bombing (tricot), street-art etc... J'ai finalement choisi de représenter les saltimbanques qui défilent parmi les passants, pour des animations estivales dans les villes ou les villages, déguisés ou montés sur des échasses, ce qui plait toujours beaucoup. 
Sur fond de dentelle ancienne, avec le timbre édité par la Poste sur les arts de la rue 
une médaille ancienne d'immatriculation d'un saltimbanque et un spectacle de la rue 
(photo de "Graine de bonheur" de la Compagnie libre visible sur le site https://www.compagnielibre.com/la-cie  )

Graines de Bonheur - Spectacle de rue musical et enchanté avec 3 artistes musiciens et comédiens - déambulation avec échasses pneumatiques

Une graine de Bonheur/Arrosée de bonne humeur/Dans le cœur des enfants/Dans le sourire des passants!!!  
Elle vous fera choisir la graine qui vous parle. Vous pourrez alors la planter avec précaution, l'arroser, la bichonner. Plantin, le jardinier du bonheur musicien sera là pour vous aider
- le pavot fou
- le piment plein de surprise 
- le petit pois pour gagner en légèreté... et tant d'autres...
Tournesol, leur ami l'épouvantail sera là pour surveiller votre plantation et s'assurer qu'aucun prédateur ne s'approche trop près du bonheur fraîchement semé.

Ces trois personnages nous invitent à questionner notre relation au bonheur tout en créant un environnement poétique, plein de surprises - l'épouvantail immobile, haut perché sur ces échasses pneumatiques, se met à courser les intrus s'approchant de trop près. Gare à vous !

Je souhaite  une très bonne réception de ce mail-art textile à l'organisation en charge de ce concours, la félicitant de continuer à proposer de tels challenges aux mail-artistes, car bien que non philatélistes, nous avons notre propre manière d'apprécier les timbres et de les mettre en valeur. Merci de considérer cet art "mineur qu'est l'art postal : encourager sa pratique est un bon moyen de faire se rencontrer toutes les générations autour d'un projet, et à faible coût, juste celui du timbre. 

Merci à vous et rendez-vous au prochain concours.
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Les arts dans la rue se manifestent maintenant largement  par le street-art, de plus en plus apprécié des habitants des villes. Je vous invite ci-après à une ballade dans le 20e arrondissement de Paris, où l'expression artistique sur les murs est très riche.

Street art dans le 20e arrondissement - épisode 1/3

Street art dans le 20e arrondissement - épisode 2/3

Street art dans le 20e arrondissement - épisode 3/3 
3 vidéos publiées sur le youtube de France3 Ile de France  
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Voici une  autre forme assez largement représentée dans les arts de la rue : ce sont les artistes de cirque déambulant sur échasses, sous des déguisements joyeux. 
Les échassiers  du cirque d'antan - une déambulation spectacle d'Eklabul 
vidéo publiée sur leur chaine Youtube

100 dessins pour Gaza : Expo dans l'Hérault + Livre de dessins de presse pour soutenir les familles des journalistes palestiniens

Je relaie aujourd'hui un article important publié sur le blog de mon ami Éric Babaud. 

S'il est évident qu'on ne pourra pas tous se rendre à l'exposition prévue à Ganges dans l'Hérault pendant presque un mois, il me semble capital de ne pas passer à côté de la publication d'un livre de dessins de presse sur Gaza car : 
- non,  utiliser le mot de génocide n'est pas trop fort pour parler de l'ensemble des atrocités perpétrées contre les civils sur le territoire de Gaza, là où de très nombreux journalistes ont perdu la vie en tentant de nous tenir informés de ce qui s'y passait, au grand dam du gouvernement israélien qui interdit tout accès à la presse internationale
- non, nous ne pouvons pas continuer d'occulter ce crime contre l'humanité qui a lieu sous nos yeux, car se taire c'est être complice. 

Contrairement à ce qui est dit dans la vidéo, ce livre a déjà été publié (financé via la plate-forme Ulule) 
Il est disponible dans toutes les bonnes librairies au prix de 23 Euros depuis janvier 2026.
 ***
Exposition 100 dessins pour Gaza
du jeudi 24 septembre au dimanche 11 octobre 2026
24 rue Jeu de Ballon à Ganges (Hérault)
Du jeudi au samedi de 10h30 à 12h30 et 16h à 18h30, dimanche de 10h à 12h30

100 dessins pour Gaza

Dans le cadre du festival antifasciste et solidaire Les fourmilières, de l’autre côté présente l’exposition 100 dessins pour Gaza en présence de Jérôme Sié, dessinateur de presse, créateur et coordinateur du projet.

100 DESSINS POUR GAZA réunit plus d'une centaine d'artistes du monde entier. Jérôme SIÉ précise : “Ce n’est presque rien, un dessin. Cela parle à tout le monde. Quel que soit son âge, sa condition. Les dessinateurs et dessinatrices de presse travaillent avec ce matériau anxiogène qu’est l’actualité. Nous avons le devoir de faire rire, ou de faire réfléchir à partir de ce matériau-là. Nous sommes donc sensibilisé·es à l’égalité, à l’injustice. Les images qui proviennent de Gaza sont insoutenables. Elles nous laissent sidérés, impuissants, inutiles. Gaza est devenue le symbole de cette injustice mondiale. Les vraies voix de la paix sont moquées, diffamées, brutalisées.
Créer des images pour décrire une réalité qui crève pourtant les yeux ? C’est tout le paradoxe du dessin de presse, qui permet un pas de côté, et stimule à la fois l’affect et l’intellect.”
100 dessins pour Gaza est un livre collectif et caritatif en soutien aux journalistes palestiniens. Fabriqué depuis le Tarn, 126 dessinateurs du monde entier ont participé à ce livre, à l'initiative de Jérôme Sié.

Les bénéfices de ce livre leur seront reversés. Car, plus que jamais, notre époque a besoin d'un journalisme libre pour déjouer les fake news, les propagandes et les manipulations. À l'heure où s'écrivent ces lignes – janvier 2026 –, 250 journalistes ont été tués, 530 blessés, 120 institutions détruites par l'armée israélienne, qui interdit tout accès à la presse internationale sur ce territoire.
Parmi les contributrices et contributeurs figurent de grands noms de la bande dessinée et du dessin de presse du monde entier, notamment Art Spiegelman et Joe Sacco, Altan, Aurel, Ben Jennings, Angel Boligán, Emil Ferris, Philippe Geluck, Marilena Nardi, Ann Telnaes (prix Pulitzer 2025) Willem, Wozniak, mais aussi les dessinateurs palestiniens Mohammad Sabaneeh et Safaa Odah, et bien d’autres encore.

24 septembre 2026

L'homme orchestre pour l'EANM la Borie de Graves de Villefranche-de-Rouergue

Je réponds aujourd'hui à un appel à mail-art connu très tardivement, sur le thème de la musique,  destiné à être distribué aux pensionnaires résidant dans l'Établissement d'Accueil Non Médicalisé La Borie de Graves à Villefranche-de-Rouergue (personnes agées dépendantes, personnes handicapées).

Je trouve cette initiative de la Fondation Optéo remarquable car tout doit être fait pour apporter joie et fantaisie à ces personnes qui ont souvent une vie un peu en marge de la société, et cela me fait énormément plaisir de pouvoir leur apporter une petite "respiration".
Réalisé sur fond papier enveloppe retournée + bandeau de dentelle brodée
Photo d'un artiste musicien multiple, officiant dans la région de Lyon,
un de ces hommes-orchestre comme le fut Remy BriCka quand j'ai étais gamine 

Je souhaite une très bonne réception de ce mail-ail à l'équipe d'animation du Centre et j'espère qu'elle pourra un petit peu égayer les pensionnaires de l'établissement à qui je souhaite de recevoir pléthore d'art postal sur la musique.  

Ceci n'est pas un pull, pour les Châtelaines du Château de Latour-sur-Sorgue

Maintenant que les grosses chaleurs sont passées (enfin je l'espère), j'ai pu ressortir mes aiguilles à tricoter pour répondre à l'appel lancé ici par les Châteleines du Château de Latour-sur-Sorgue, en vue d'une journée autour de la laine et du tricot le 11 octobre prochain.

Pour réaliser ce mail-art je me suis inspiré de la couverture d'un livre que j'ai aménagé à ma façon, remplaçant des lettres tricotées par des lettres brodées avec de la laine.

composition directement inspirée de la couverture du livre
 "Le tricot et le crochet dans l'art contemporain" de Charlotte Vannier
Je souhaite à l'organisation aveyronnaise une très belle journée autour de la laine et du tricot, ainsi qu'une bonne réception dans les meilleurs délais de ma petite création. 

23 septembre 2026

De l'art brout, avec du carton ondulé et trois bouts de ficelle, par Christian

Quand on dit que l'art postal peut faire plaisir à peu de frais, c'est tout à fait vrai : il suffit de voir comment l'"art brout" de Christian (comme il le définit) sait m'enchanter avec ces créations toujours plus ingénieuses les unes que les autres. 

Et s'il fallait convaincre les personnes dubitatives, regardez comment, à partir d'une chute de carton révelant ses ondulations et un bout de cordon tressé, Mr R a su en faire la tête d'un personnage saugrenu et singulier.

Merci infiniment, Christian, de ton amitié, de ta fidélité et de ta très grande créativité.

Les rues de l'humanité : une superbe nouvelle chanson de Noé Preszow

Décidément ce jeune chanteur belge me plait beaucoup : à chaque nouvelle chanson de lui que je découvre, j'ai toujours une grande émotion qui m'envahit.

J'apprécie infiniment ses textes empreints d'infiniment d'humanité, justement, ce sentiment-là, vous voyez, celui qui fait que vous n'ètes pas indifférents à ces personnes que vous croisez dans la vie de tous les jours, dont les galères sont de plus en plus importantes, mais qui s'accrochent de toutes leurs forces à l'espoir pour pouvoir continuer à vivre dignement, à quand même garder la tête haute et pouvoir se regarder dans un miroir. Combattre le désenchantement que ce 21e siècle est en train de nous préparer comme avenir commun, avec Noé. 

Merci Noé, j'ai envie de partager tes paroles et ta musique, même si ci-dessous on ne peut pas te voir encore en vidéo. 


Les rues de l’humanité, par Noé Preszow

Ces deux gars dans la ville qui marchent main dans la main
sans laisser transparaître le courage qu'ils cachent
et puis qui te racontent au détour d'un matin
combien ils se sont pris de coups sans qu'on le sache

cette prof qui revient d'un dernier jour d'école
et qui dit cette fois, c'est fini, j'arrête tout
je refuse tout autant de mettre des heures de colle
que de m'faire menacer par des familles à bout

ce poète qui a tout pour être Rimbaud
dont les oeuvres n'iront pas plus loin que sa chambre
et cette comédienne rêvant loin des plateaux
qui répète dans sa tête de janvier à décembre

il a fui sa maison, échappé aux combats,
dit au revoir à sa femme, embrassé ses deux filles,
traversé le Sahel pour en arriver là
dans l'attente que la chance se souvienne de lui

Dans les rues de l'humanité
on est de plus en plus serrés
quand ça va mieux, ça devient pire
plus de passé que d'avenir

Dans les rues de l'humanité
ça sent la peur, ça sent la haine
mais bizarrement, ça tient quand même
on est de plus en plus serrés

Ces deux parents penchés au bord d'un berceau vide
l'enfant tant attendu n'est pas venu vivant
et l'envie de cogner à ce destin stupide
pourtant il faudra bien vivre dès à présent

ce foulard enroulé autour de cette tête
pour cacher les cheveux que les traitements emportent
et qui danse pourtant au milieu de la fête
il n'y a rien à dire il faudra être forte

toutes ces voix qui s'échappent de cette prison immense
pour atterrir en vrac jusque dans ton salon
au 21ème siècle, c'est fou quand on y pense
qu'on ait rien trouvé d'autre mais au fond y pense-t-on ?

et cette agricultrice qui ne demande pas mieux
que de joindre les deux bouts en sauvant la nature
qui ‘regarde une dernière fois son troupeau dans les yeux
et ravale ses larmes en refermant la clôture

Dans les rues de l'humanité
on est de plus en plus serrés
quand ça va mieux, ça devient pire
plus de passé que d'avenir

Dans les rues de l'humanité
on est de plus en plus serrés
ça sent la peur, ça sent la haine
mais bizarrement, ça tient quand même

Cet alcool qui absorbe les désirs, les détresses
en mettant à genoux plus de gens qu'on n'le pense
mais comment démêler le poison de l'ivresse
sans flinguer sa santé, ses rêves, sa clairvoyance

ce visage creusé en début de vingtaine
l'angoisse d'à peu près tout ce qui fait notre époque
a déserté les cours depuis plusieurs semaines
barricadé derrière la porte de sa coloc

cet animal en sang sur la route enneigée
suffocant après une course ininterrompue
le tir a retenti dans toute la vallée
la forêt s'est figée et la vie continue

dans l'évidence folle du désastre annoncé
et alors que la lune s'apprête à disparaître
je m'accroche à mes rêves et à l'inespéré
espérant que la chute nous verra renaître

Dans les rues de l'humanité
on est de plus en plus serrés
quand ça va mieux, ça devient pire
plus de passé que d'avenir

Dans les rues de l'humanité
on est de plus en plus serrés
ça sent la peur, ça sent la haine
mais bizarrement, ça tient quand même
ça tient quand même
ça tient quand même
ça tient quand même
ça tient quand même

21 septembre 2026

Citation en vert pour une nouvelle belle dame nature, de L'Être anonyme

L'Être anonyme ne manque pas de ressources pour trouver de belles citations relatives à la nature, que nous aimons tant. Cette fois elle fait appel au grand dessinateur de mangas et réalisateur de films animés de grande qualité : Hayao Myazaki 


"C'est grâce à la NATURE que nous sommes en VIE" 

La couleur verte domine sur cette enveloppe pour représenter cette nature tellement attaquée et pourtant tellement essentielle à toutes les formes de vie. 

Merci Catherine, plus rien ne t'arrête, je suis définitivement "à la ramasse" et vais avoir un sacré retard à combler quand je vais me remettre à mailarter vraiment. Merci infiniment de ton amitié et de ta fidélité.

Hommage au beau métier de tailleur de pierre, de France

Lorsque nous étions très actives toutes les deux sur le forum d'art postal "Mailarter à l'infini" à partir de 2015, nous nous prêtions avec bonheur à ce jeu pratiqué entre une dizaine de personnes pré-inscrites. Cela consistait à recevoir un mail-art d'un correspondant contenant un timbre imposé, qu'on devait utiliser pour en faire une enveloppe nouvelle, sur le thème du timbre. Lorsque la composition était terminée, nous glissions à notre tour un autre timbre dans notre mail-art, afin que le jeu se renouvelle pour le correspondant suivant. 

Récemment, nous avons décidé de nous y remettre, puisqu'il est tout à fait possible d'y jouer à deux. C'est en pensant à Jean-Paul Belderbos, alias Ursu, notre ami mailartiste commun récemment disparu, que je lui avait adressé en catimini le timbre relatif à son beau métier de tailleur de pierre, ci-dessous. 

 

Et c'est avec beaucoup de joie que je reçois  aujourd'hui sa création autour du timbre. France a su utiliser les couleurs et l'aspérité même de la pierre dans les matériaux qu'elle a utilisés pour composer cette enveloppe mettant à l'honneur ce dur mais beau métier.


"Tailler, graver, fouiller, sonder la matière brute pour faire émerger le métier d'art"
 
Je suis contente de savoir que l'une comme l'autre avons toujours en mémoire ce bel artiste qu'était Ursu, et sa très grande générosité et que nous avons pris beaucoup de plaisir à évoquer sa mémoire. 

A mon tour, après avoir lu le petit mot d'accompagnement dans l'enveloppe de découvrir un nouveau timbre à illustrer dans ma prochaine correspondance pour France. Vous le connaîtrez au moment où je confectionnerai mon mail-art de réponse à France, que je remercie vivement pour ce bel échange.

20 septembre 2026

« La prochaine victime, ça pourrait être toi ou moi » : avec des milliers d'autres français je dis NON au permis de tuer!

Bien sûr, j'avais déja signé la pétition qui recueillit plus de 730 000 signatures et qui a été écartée négligemment par le gouvernement qui n'en a eu cure. 

Alors aujourd'hui, haut et fort je dis NON au permis de tuer !

Totalement en accord avec la démarche de nombreuses organisations qui se sont ralliées à ce grand mouvement unitaire dans de nombreuses villes en France, c'est mon état physique uniquement qui m'empêche d'être dans leurs rangs. 

(Stop aux Violences d'État [SAVE], le collectif à l'origine de cette mobilisation nationale, Comité Justice pour Adama et de nombreux autres comités de familles de victimes de violences policières, Amnesty International France, La Ligue des Droits de l'Homme, Utopia 56, Urgence Palestine,  ATTAC France, Les Soulèvements  de la Terre, Extinction-Rebellion, Nous-toutes, plusieurs syndicats de la Magistrature et de la Justice, plusieurs syndicats de l'Education et de la Fonction Publique, le Syndicat des Avocats, les partis LFI, EELV, PS et NPA, les syndicats CGT, FSU SNUipp, Solidaires Sud Education, et beaucoupo d'autres collectifs qu'il serait trop long d'énumérer ici)

Mais j'en fais une cause importante à défendre, tant il est impensable de laisser passer une telle loi, où l'Etat ne protège plus les citoyens en accordant systématiquement la légitimité à tous les tirs policiers, sans qu'il ne soit possible désormais d'en contester la justification et rendant ainsi impossible tout jugement ultérieur.

Pas besoin d'être grand observateur pour remarquer la droitisation extrême des forces de police, depuis longtemps déjà,  mais plus encore depuis l'ère d'Emmanuel Macron où les policiers ressemblent à des RoboCop et sont équipés d'armes létales qu'ils n'utilisent pas toujours à bon escient. 

Déjà aujourd'hui, à chaque fois qu'il y a mort d'homme (souvent des jeunes des quartiers, racisés, dans les banlieues et les quartiers, ou dans les manifestations bon enfant où des familles viennent réclamer leur droit à l'accès à l'eau, par exemple, comme à Sainte Soline),  les auteurs de ces délits ne sont pas incriminés, l'IGPN leur accordant très souvent le bénéfice du doute, les laissant en activité sur place ou au pire en les mutant à une autre entité. Devant cette impunité de fait, pourquoi se gêner?

Zyed Benna et Bouna Traoré mouraient dans un transformateur électrique, en fuyant un contrôle de la BAC le 27 octobre 2005. Depuis, le nombre de décès suite à une interaction avec les forces de l’ordre n’a cessé d’augmenter.162 personnes sont mortes suite à une tentative de contrôle de police.

Attention, je n'encourage absolument pas les délits, ni les vols, ni les pillages ni toutes les autres comportements insupportables au regard de la loi, et ne dit pas qu'il ne faut pas d'interventions policières à chaque fois que c'est nécessaire mais cela doit rester dans le cadre applicable à tous les citoyens français, même s'ils sont issus de l'immigration. On peut se demander pourquoi cette jeunesse-là est autant traquée? pourquoi y-a-t il un tel délaissement des services publics dans les banlieues où ils sont cantonnés, souvent avec peu d'espoir  dans un avenir meilleur? 

Pourquoi aussi les mouvements sociaux sont-ils autant encadrés avec des moyens totalement disproportionnés : des camions Centaure, des brigades entières de CRS et des équipements comme pour une guerre civile pour museler et coincer dans des nasses, toute manifestation rassemblant des ouvriers, des syndicats, des militants écologistes, alors que le droit de manifester en France, à ce jour, ne me semble pas aboli, n'est-ce-pas ?  Enfin on voit bien que l'Etat de droit recule de plus en plus, que ce soit dans la liberté d'expression comme dans la liberté de manifester. 

On peut parler aussi en 2018 de la  fin tragique de Zineb Redouane qui a été touché chez elle dans son appartement à Marseille d'un tir dans le visage fait toujours l'objet d'une enquête qui a été changé déja trois fois de juridiction, après des déclarations très contradictoires entre les témoins et les acteurs de la scène et la version officielle du parquet. Personne n'a oublié les mains arrachées, et les yeux éborgnés des manifestants Gilets Jaunes, encore un record de violence, ces mutilations sont à mettre au crédit de la volonté de notre cher Président et de son mépris du peuple. 

Je souhaite beaucoup de succès à ces marches unitaires en de nombreuses villes, en espérant qu'elles ne seront pas entachées par des bousculades ou des provocations (avec des bandes de Bad-block venues pour en découdre) et que le peuple français pourra exprimer haut et fort son refus de se voir ainsi traiter par cette Police qui ne craint plus personne et qui se sent au contraire tellement soutenue par l'extrême droite aux portes du pouvoir. 

Lien sur le site de SAVE Stop Aux Violences d'Etat : de quoi mieux comprendre le vocabulaire juridique, les institutions, les armes, les procédures et les mécanismes de l'impunité.

18 septembre 2026

Colette Magny, l’artiste qui portait la voix des oubliés jusque dans les usines en grève, pour Éric

J'adresse ce mail-art hommage à mon ami Éric qui a probablement entendu parler de cette artiste si particulière. Je suis à peu près certaine que cette chanteuse-là ne le laissera pas indifférent, si toutefois il ne la connaissait pas encore. 

Cher Éric, je t'en souhaite une très bonne réception. 
recto avec photo sur un fond de dentelle tiré d'un vieux rideau

verso : à gauche photo trouvée sur le site https://souljazzbluesnco.canalblog.com
à droite phtot trouvée sur le site https://colette-magny.over-blog.com

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2026 étant l'année du centenaire de sa naissance, j'ai eu envie de vous parler de cette femme remarquable qu'a été Colette Magny (1926-1997) probablement oubliée de la plupart d'entre vous, si ce n'est pas carrément une inconnue. 
Dactylo devenue chanteuse dans les années 60, Colette Magny a choisi de mettre en musique et en chansons la révolte et les luttes sociales plutôt que de faire carrière. Des planches de l’Olympia jusqu’aux usines en grève ou aux mines de charbon, elle acquiert une notoriété parmi les classes populaires.

Chanteuse, autrice-compositrice qui a commencé sa carrière sur le tard et totalement en décalage avec ce qui se faisait à l'époque (celle des yés-yés). elle a été une figure majeure de la chanson engagée et du blues en France.

Ce que j'admire en elle, au-delà de sa voix puissante au timbre si particulier, c'est sa probité, son engagement total et sans aucune concession : elle n'a jamais fait que ce qu'elle a voulu, ce qui lui a valu d'être personna non grata dans beaucoup de lieux dédiés au music-hall, et censurée comme personne dans toutes les radios. 

Elle chantait par conviction pure : jamais elle n'a voulu céder à tous ceux qui voulaient bien de son chant mais pas de sa musique ni de ses paroles. Or, ce qu'elle voulait au-dela de tout, c'est s'exprimer grâce à sa voix mais aussi car elle avait beaucoup à dire, notamment sur tous les grandes questions agitant le monde (la guerre d'Algérie, la guerre au Vietnam, Mai 1968,... ), se plaçant toujours du coté des plus petits, des exploités du monde ouvrier.
Colette Magny chante une chanson autobiographique "Mélocoton" au « petit conservatoire de la chanson » de Mireille le 4 mars 1967 /ORTF - Si cette chanson la fait connaître du grand public, elle finira par ne plus supporter qu'on la lui demande
 tant elle a occulté tout le reste de son oeuvre (230 chansons)
 
En 1963, le succès de sa chanson Melocoton est fulgurant et la conduit à l'Olympia en première partie de... Sylvie Vartan, mais il est sans lendemain. Elle refuse de devenir la blues-woman blanche promise au succès et son répertoire personnel, plus politisé (Co-opération, Viva Cuba), ne plaît pas à CBS. L'éditeur progressiste Le Chant du Monde la prend sous contrat, lui offre toute liberté de création et une série d'albums mémorables verra le jour: Frappe ton cœur, VietNam 67, Feu et Rythme, Répression, Transit, jusqu'à Visage-Village, son chef-d'œuvre de 1977.

Parallèlement, elle se produit sur des scènes conformes à ses convictions: la Cartoucherie, la Fête de l'Humanité ou celle du PSU, mais aussi dans les foyers déjeunes travailleurs, les MJC, les usines occupées. Son répertoire composite reflète une grande cohérence de la forme et du fond. Il défie le monde du spectacle par sa diversité : blues magistralement interprétés, free jazz, mélodie française, poèmes mis en musique (Hugo, Aragon, Louise Labé, LeRoi Jones, Neruda...), chansons-collage truffées de citations ou écrites au cœur des luttes. Ses thèmes dérangent: la répression policière, le conflit israélo-palestinien, les enfants handicapés. À l'occasion, Colette pratique l'humour voire l'autodérision comme dans le célèbre Ras-la-trompe ("Je suis un petit pachyderme de sexe féminin").

Elle invente une écriture très personnelle, fruit d'une recherche formelle exacerbée, faisant éclater le genre jusqu'à chanter le dictionnaire ! Avec une diction et une articulation qui swinguent naturellement, elle recompose les textes à partir de leur rythme propre afin de leur donner du sens. Sa voix vient des tripes : elle systématise l'usage du cri, les borborygmes, les coulées verbales à la scansion hachée, les modulations inédites. À son crédit, de nombreuses collaborations inter-arts avec le free jazz (François Tusques), la musique classique (Sylvie Dubal) ou contemporaine (André Almuro), le rhythm'n'blues (Mickey Baker) et les arts plastiques (Ernest Pignon-Ernest). Elle s'implique dans des créations collectives: Femmes en lutte avec Catherine Ribeiro et la Haïtienne Toto Bissainthe, Chili: un peuple crève... avec Le Forestier et Mara ou, en 1979, avec les enfants d'un institut médico-pédagogique. Éveillée à la politique au temps de la guerre d'Algérie, elle hurle mieux que quiconque les révoltes d'alors. Un temps, ses spectacles furent perturbés par des militants intransigeants, au point qu'elle délaissa la scène plusieurs années.

On ne peut citer que quelques joyaux parmi les 230 titres enregistrés : Saint James Infirmary, Les Tuileries, VietNam 67, À Saint-Nazaire, Jabberwocky, Répression, Chronique du Nord, La Panade, La mort me hante, Quand j'étais gamine... Respectée par la profession (nombreux prix Charles-Gros) bien que boudée du grand public, d'une rare rigueur artistique et morale, Colette était généreuse jusque dans ses emportements, qui cachaient mal une nature sensible. Sa corpulence impressionnante avait une certaine grâce et elle exerçait une séduction réelle sur les publics féminins, mais resta toujours discrète sur ses amours particulières. Malade de la colonne vertébrale, elle vécut ses dernières années dans une semi-retraite et des conditions précaires. Avant que ses saintes colères et son rire tonitruant ne laissent un grand vide.
C.M.

Source : le blog https://colette-magny.over-blog.com/ qui contient de nombreuses références et articles sur la chanteuse. Je vous en conseille la lecture.

 Colette Magny - Répression / Exil (1972) Entre deux chansons récentes de son répertoire, Colette Magny se confie sur le bonheur, sa manière de chanter, la société et la politique.Vidéo publiée sur la chaine Youtube de la RTS Archives
Colette Magny - Oink Oink - sur l'album "Répression" (1972)vidéo sur la chaine Youtube de Fida le Rebecc

Pour en écouter davantage sur le grand répertoire de Colette Magny, voici le lien qui donne accès aux clips et permet d'écouter ses textes si forts et malheureusement toujours actuels. 

Merci à toi Colette, une vraie citoyenne rebelle, une belle personne sans concession, comme il en existe de moins en moins. Pour conclure, voici une dernière et tellement percutante chanson :

Colette Magny « Les gens de la moyenne » enregistré sur l'ORTF le 3 décembre 1966 dans l'émission de Guy Béart "Bienvenue à Jean-Pierre Chabrol - Vidéo publiée sur la chaine Youtube de Par si Par là 

LES GENS DE LA MOYENNE

Comment ça va les gens de la moyenne ?
vous savez sans vous, on ne peut rien du tout 
comment ça va les gens de la moyenne ? 
savez-vous que sans vous, on ne peut rien du tout.

Les études se sont guère nécessaires 
pour les hommes que l'on dit ordinaires
 4 % de fils d'ouvriers à l'université 
mais pour voter, même par une croix à signer 
on vous incitera et si jamais trop nombreux 
vous refusez d'y aller un jour 
si vous n'y prenez garde 
on vous y conduira par aiguillon électrique
un bétail pour aller plus vite comme en Amérique 

Mais c'était à Selma Alabama
c'est pas notre chair
c'est pas notre sang 
on s'en fout ! 

Comment ça va les gens de la moyenne ?
vous savez sans vous, on ne peut rien du tout
comment ça va les gens de la moyenne ? 
savez-vous que sans vous, on ne peut rien du tout. 

Les étudiants ont manifesté 
par la police, ont subi des sévices 
mais c'était à Lisbonne, au Portugal 
mais cette fois, c'était leur chair, c'était leur sang. 
les bourgeois de la ville 
ont renié publiquement
quarante années de gouvernement. 

Comment ça va les gens de la moyenne ?
vous savez sans vous, on ne peut rien du tout 
comment ça va les gens de la moyenne ? 
savez-vous que sans nous, personne ne peut rien du tout.

17 septembre 2026

La musique - Appel à art postal pour l'EANM la Borie de Graves de Villefranche-de-Rouergue - DLE : 30-09-2026

 

Appel à participation "Art postal"
 
Dans le cadre de son Contrat Local de Santé, Ouest Aveyron Communauté vous présente une action dont elle est partenaire avec la Fondation OPTEO :

Appel à participation : Art postal ! Vous aimez créer ? Vous pouvez participer à un projet ouvert à tout le monde.

Le thème est : La musique.

Le principe est simple : Décorez une enveloppe.
Vous pouvez utiliser : de la peinture, des crayons, des feutres, du collage, de l’encre, ou toute autre technique.
Ensuite : écrivez l’adresse sur l’enveloppe, ajoutez un timbre, notez vos coordonnées, envoyez votre création par la Poste à :

EANM La Borie de Graves – OPTEO
232 Chemin de la Borie des Places
12200 Villefranche-de-Rouergue

Date limite d’envoi raisonnable car non précisée : 30 septembre 2026

Les enveloppes seront exposées au public du 5 au 18 octobre 2026 au gymnase du Tricot à Villefranche-de-Rouergue. Cette exposition fait partie des Semaines d'information sur la santé mentale 2026
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Pour information : EANM signifie "Etablissement Accueil Non Médicalisé" pratiquant l'accueil des personnes en situation de handicap mental âgées, subissant une diminution d’autonomie en raison de la nécessité de soins fréquents et d’un besoin de sécurité. 

16 septembre 2026

Un coup au coeur ce matin : la disparition brutale de Catherine Ringer, l'indomptable

Je me suis tellement coupée des réseaux et des circuits d'information classiques que je n'ai pas su et c'est mon ami Eric qui m'apprend ce matin cette très mauvaise nouvelle : la fougueuse et inclassable Catherine Ringer n'est plus, terrassée par un cancer foudroyant à 68 ans, ce 14 septembre.

Catherine Ringer au festival des Vieilles Charrues en 2021. Source Wikipédia

Avec Bernard Lavilliers, lors des 39e Victoires de la Musique à l'Olympia février 2024 - Getty images

Je dois confier n'avoir jamais été une véritable fan des Rita Mitsouko, le groupe qu'elle formait avec son compagnon Fred Chichin, lui aussi trop tôt disparu, même si j'écoutais volontiers leurs chansons à l'occasion et si j'aimais beaucoup la puissance de la voix de Catherine et son énergie. Moi, c'est avant tout la personnalité de Catherine et ses engagements que j'appréciais tout particulièrement en elle.  

à gauche : Catherine Ringer le 24 janvier 2023 - photo Joël Saget AFP
à droite, version recadrée d'une image plus grande montrant Catherine Ringer, du groupe Les Rita Mitsouko,
 lors de l'édition 2007 du festival Les Eurockéennes de Belfort. Source Wikipédia

Chanteuse engagée pour les droits des femmes, l’écologie ou contre l’extrême droite, Catherine Ringer avait, en 2024, revisité La Marseillaise pour célébrer l’inscription du droit à l’avortement dans la Constitution. « Marchons et chantons cette loi pure dans la Constitution », avait-elle chanté sur l’air de l’hymne national lors d’une cérémonie devant le ministère de la justice, à Paris, à l’issue de laquelle elle avait esquivé une tentative de baise-main d’Emmanuel Macron.

En 2018, elle avait participé à une mobilisation contre la destruction d’une forêt à Romainville, en Seine-Saint-Denis. Poursuivie en justice pour s’être introduite sur le chantier, elle avait été relaxée. En 2023, Catherine Ringer avait par ailleurs mis aux enchères une centaine d’œuvres de son père, Sam Ringer, peintre méconnu rescapé de neuf camps de concentration. « Il m’a transmis sa force de vie », avait-elle déclaré à l’AFP. (extrait d'un article hommage de l'AFP du 15/9/2026)

Et cette force de vie on la comprend mieux, grâce à la vidéo suivante : 

 le caractère de Catherine la survivante s'est formé à la dure école de la vie, transmise ensuite à ses 3 enfants, eux aussi artistes. Vidéo publié sur la chaine youtube d'Alberto Einstein

Adieu Marcia, le cancer t'a assassinée mais nous n'oublierons pas la belle personne que tu étais ni ton amour puissant pour la liberté. Reposes en paix près de ton amoureux retrouvé.

*** 

Puisqu'on en a parlé plus haut, et que cette homme-là a vraiment compté beaucoup dans la vie de Catherine, voici un reportage sur le peintre Serge Ringer.

Sam Ringer par sa fille Catherine Ringer - vidéo publiée par le Musée d'Art et d'Histoire du Judaïsme sur Youtube

Film réalisé pour le musée d'art et d'histoire du Judaïsme par Isabelle Filleul de Brohy. Catherine Ringer nous ouvre les portes de son atelier, dans lequel elle conserve la majorité des œuvres de son père, le peintre Sam Ringer. Devant la caméra d'Isabelle Filleul de Brohy se déploie ainsi l’univers de l'artiste, né en Pologne, étudiant à l’école des Beaux-Arts de Cracovie, avant d’être déporté dans neuf camps de 1940 à 1945.

15 septembre 2026

Insultes, non merci! de Tony

Comme cela me fait plaisir de recevoir un courrier de la part du grand Tony Mazzochin... il y a longtemps que j'ai eu de ses nouvelles : j'espère qu'il va continuer à nous concocter des projets un peu fous, car c'est un personnage foisonnant d'idées qui ont principalement pour but de faire se rencontrer les gens, d'établir des liens  et de favoriser les échanges sympas. Sa folie créatrice nous fait le plus grand bien. 

Sur son enveloppe on devine au pochoir la présence de l'oiseau bleu de Twitter (ou X) un des réseaux sociaux (mais ce n'est pas le seul hélas) où les commentaires sont largement agrémentés d'insultes sous couvert de l'anonymat, d'où la mention Insultes : non merci! 

Je suis si bien d'accord avec lui car ces torrents de haine sont tellement nauséabonds qu'ils finissent par miner, d'où mon détachement définitif d'avec Instagram. Cette décision me prive hélas aussi de communication avec les personnes que j'aimais suivre et qui m'intéressaient mais quand cela fait trop mal, il vaut mieux s'arrêter net. Et puis, on devient prisonnier très vite des algorythmes qui ne vous proposent plus que ce qui fait déjà partie de vos centres d'intérêt, si bien qu'on se retrouve "entre soi", où est l'intérêt ? 

Merci à toi, cher Tony, de ne pas m'avoir oubliée même si je ne suis pas du tout productive en ce moment et depuis des mois déjà. Merci poour le beau timbre dédié à la poétesse libanaise Andrée Chedid. Belle continuation à toi. 

14 septembre 2026

Par ses mots courageux, Adèle Haenel efface toute la silenciation et le déni portés en France sur les VSS et sur le génocide perpétré en Palestine par Israel

Il y a des jours où cela fait du bien de voir combien certaines femmes sont d'un courage et d'une exemplarité incroyables. Adèle en fait partie

Adèle Haenel avait deux puissants messages à faire passer pour sa carte blanche dans «La Grande Librairie» du 9 septembre dédiée à la rentrée littéraire, après avoir été invitée à l'occasion de la sortie de son premier livre "viser juste". Les mots prononcés "droit dans les yeux" lors de cette carte blanche, d'expression libre pourtant,  n'ont pas plu : depuis, France 5 a retiré le replay de toute l'émission, exerçant sans la nommer une véritable censure absolument crasse. 

Heureusement la prestation d'Adèle pu être enregistrée en privé puis être diffusée sur les réseaux sociaux provoquant de nombreuses réactions. Beaucoup s'offusquent à juste titre d'un tel traitement, mais cette sanction prouve, s'il en était encore besoin, que la parole n'est pas libre en France puisqu'il existe des réalités que tout le monde connaît et qui ne doivent absolument pas être dites.

C'est particulièrement le cas des viols et de l'inceste qu'il est de bon ton de passer sous silence même si tout le monde sait. C'est exactement la même chose pour le génocide toujours en cours à Gaza et toutes les atrocités qui se passent aussi en Cisjordanie, et maintenant dans le Sud Liban, tant le gouvernement d'Israël et son chef Netanyaou sont "intouchables" chez nous. 

Adèle a raison. Ne rien dire c'est accepter l'inacceptable, et être aussi coupables que le sont nos élites. Un crime contre l'humanité cela se dénonce, haut et fort. 

Ci-après le texte prononcé par Adèle, aujourd'hui censuré.
***

Autrice engagée, notamment pour la défense de la Palestine et contre les violences faites aux femmes, Adèle Haenel a livré un texte puissant sur le plateau de France 5.
Désormais autrice, Adèle Haenel était invitée de « La Grande Librairie » sur France 5, où elle a lu un texte inédit et engagé en toute fin d’émission.

Désormais autrice, Adèle Haenel était invitée de « La Grande Librairie » sur France 5, où elle a lu un texte inédit et engagé en toute fin d’émission.

Fidèle à elle-même. De retour sur la scène médiatique pour la sortie de son premier roman, Viser Juste, l’ex-comédienne désormais autrice engagée Adèle Haenel s’est assise dans le fauteuil du présentateur de La Grande Librairie.

Ce mercredi 9 septembre, l’un des invités a été convié par Augustin Trapenard à prendre sa place pour la traditionnelle carte blanche de fin d’émission. Et c’est Adèle Haenel qui s’est essayée à l’exercice. L’occasion pour l’actrice doublement césarisée de lire un texte inédit, préparé sur mesure pour l’émission de France 5.

Adèle Haenel exclut tout retour au cinéma, qui véhicule « sexisme et racisme »
Sous les yeux de Virginie Despentes, Lilia Hassaine ou Hervé Le Tellier, Adèle Haenel a commencé par déclamer un texte puissant sur la libération de la parole autour du viol. Un sujet sensible qui touche personnellement l’autrice, après avoir été elle-même victime d’abus sexuels de la part du cinéaste Christophe Ruggia entre ses 12 et 14 ans. Le réalisateur français a d’ailleurs été condamné en appel à cinq ans de prison pour agression sexuelle en avril dernier.

« Tu as pris une décision, cette fois-ci tu vas parler. La table de famille où tu t’assois est un plongeoir. Il faudra courir et sauter dans un mot, le reste de la phrase suivra, comme une chute irrémédiable. La peur accélère ton cœur, mais là, dehors, tu t’étais juré de ne pas reculer. Pour toi et toutes les autres qui parlent dans ta voix », a commencé par déclamer avec intensité celle qui avait décidé de claquer la porte de la cérémonie des César en 2020, lors du sacre de Roman Polanski, accusé de violences sexuelles mais récompensé d’un César de la meilleure réalisation.

« Alors le mot tombe : “il m’a violée”. Sujet, verbe, COD. La phrase, aiguisée, courte et pointue fend l’espace. Le tremblement de ton corps, le tremblement de ta voix contamine l’air et tous les corps autour. Le monde vibre sous l’impact », poursuit Adèle Haenel, avant d’amorcer une subtile transition dans son texte pour évoquer un tout autre sujet.

« N’acceptez pas l’inacceptable » en Palestine
« Il faut parler de l’acte de parole, de la peur de dire lorsque les mots prononcés sont des coups de hache qui révèlent que de leur absence permanente suinte à chaque instant l’acceptation par tous de l’inacceptable. Des mots qui mettent au jour cette couche du réel que tout le monde connaît, mais qui ne doit pas être dite », déclare-t-elle encore face caméra avec sobriété.

« Moi aussi j’ai pris une décision : je vais parler. La densification de l’angoisse ne ment pas. Ce fauteuil où je m’assois est un plongeoir. Le premier mot sera un saut dans le silence télévisuel qui englue le pays. Ce brouhaha médiatique qui masque sans répit l’absence omniprésente de certaines paroles. Pareillement, la phrase est courte. Et pareillement j’ai peur », ajoute Adèle Haenel avant de révéler la chute de son texte.

« Il faut parler pour redire ce qu’il y a dans ce silence, afin que tout le monde l’entende : l’État d’Israël commet un génocide en Palestine et la France est complice », lâche-t-elle enfin, avant de s’adresser aux autorités françaises. « N’acceptez pas l’inacceptable, alors sanctionnez Israël et libérez la Palestine », a conclu l'autrice qui a définitivement quitté le monde du cinéma en 2023.

Auprès du média Blast ce mercredi, l’ancienne actrice avait réexpliqué son choix de quitter le milieu du 7e art pour « dénoncer une industrie qui produit des violences ». Depuis ce départ fracassant, Adèle Haenel s’est davantage tournée vers le théâtre, l’écriture et le militantisme, notamment en faveur des victimes du conflit israélo-palestinien à Gaza.

Article complet du HuffingPost par Maxime Birken du 10.09.2026