23 septembre 2026

De l'art brout, avec du carton ondulé et trois bouts de ficelle, par Christian

Quand on dit que l'art postal peut faire plaisir à peu de frais, c'est tout à fait vrai : il suffit de voir comment Christian sait m'enchanter avec ces créations toujours plus ingénieuses les unes que les autres. 

Et s'il fallait convaincre les personnes dubitatives, regardez comment, à partir d'une chute de carton révelant ses ondulations et un bout de cordon tressé, Mr R a su en faire la tête d'un personnage saugrenu et singulier.

Merci infiniment, Christian, de ton amitié, de ta fidélité et de ta très grande créativité.

Les rues de l'humanité : une superbe nouvelle chanson de Noé Preszow

Décidément ce jeune chanteur belge me plait beaucoup : à chaque nouvelle chanson de lui que je découvre, j'ai toujours une grande émotion qui m'envahit.

J'apprécie infiniment ses textes empreints d'infiniment d'humanité, justement, ce sentiment-là, vous voyez, celui qui fait que vous n'ètes pas indifférents à ces personnes que vous croisez dans la vie de tous les jours, dont les galères sont de plus en plus importantes, mais qui s'accrochent de toutes leurs forces à l'espoir pour pouvoir continuer à vivre dignement, à quand même garder la tête haute et pouvoir se regarder dans un miroir. Combattre le désenchantement que ce 21e siècle est en train de nous préparer comme avenir commun, avec Noé. 

Merci Noé, j'ai envie de partager tes paroles et ta musique, même si ci-dessous on ne peut pas te voir encore en vidéo. 


Les rues de l’humanité, par Noé Preszow

Ces deux gars dans la ville qui marchent main dans la main
sans laisser transparaître le courage qu'ils cachent
et puis qui te racontent au détour d'un matin
combien ils se sont pris de coups sans qu'on le sache

cette prof qui revient d'un dernier jour d'école
et qui dit cette fois, c'est fini, j'arrête tout
je refuse tout autant de mettre des heures de colle
que de m'faire menacer par des familles à bout

ce poète qui a tout pour être Rimbaud
dont les oeuvres n'iront pas plus loin que sa chambre
et cette comédienne rêvant loin des plateaux
qui répète dans sa tête de janvier à décembre

il a fui sa maison, échappé aux combats,
dit au revoir à sa femme, embrassé ses deux filles,
traversé le Sahel pour en arriver là
dans l'attente que la chance se souvienne de lui

Dans les rues de l'humanité
on est de plus en plus serrés
quand ça va mieux, ça devient pire
plus de passé que d'avenir

Dans les rues de l'humanité
ça sent la peur, ça sent la haine
mais bizarrement, ça tient quand même
on est de plus en plus serrés

Ces deux parents penchés au bord d'un berceau vide
l'enfant tant attendu n'est pas venu vivant
et l'envie de cogner à ce destin stupide
pourtant il faudra bien vivre dès à présent

ce foulard enroulé autour de cette tête
pour cacher les cheveux que les traitements emportent
et qui danse pourtant au milieu de la fête
il n'y a rien à dire il faudra être forte

toutes ces voix qui s'échappent de cette prison immense
pour atterrir en vrac jusque dans ton salon
au 21ème siècle, c'est fou quand on y pense
qu'on ait rien trouvé d'autre mais au fond y pense-t-on ?

et cette agricultrice qui ne demande pas mieux
que de joindre les deux bouts en sauvant la nature
qui ‘regarde une dernière fois son troupeau dans les yeux
et ravale ses larmes en refermant la clôture

Dans les rues de l'humanité
on est de plus en plus serrés
quand ça va mieux, ça devient pire
plus de passé que d'avenir

Dans les rues de l'humanité
on est de plus en plus serrés
ça sent la peur, ça sent la haine
mais bizarrement, ça tient quand même

Cet alcool qui absorbe les désirs, les détresses
en mettant à genoux plus de gens qu'on n'le pense
mais comment démêler le poison de l'ivresse
sans flinguer sa santé, ses rêves, sa clairvoyance

ce visage creusé en début de vingtaine
l'angoisse d'à peu près tout ce qui fait notre époque
a déserté les cours depuis plusieurs semaines
barricadé derrière la porte de sa coloc

cet animal en sang sur la route enneigée
suffocant après une course ininterrompue
le tir a retenti dans toute la vallée
la forêt s'est figée et la vie continue

dans l'évidence folle du désastre annoncé
et alors que la lune s'apprête à disparaître
je m'accroche à mes rêves et à l'inespéré
espérant que la chute nous verra renaître

Dans les rues de l'humanité
on est de plus en plus serrés
quand ça va mieux, ça devient pire
plus de passé que d'avenir

Dans les rues de l'humanité
on est de plus en plus serrés
ça sent la peur, ça sent la haine
mais bizarrement, ça tient quand même
ça tient quand même
ça tient quand même
ça tient quand même
ça tient quand même

21 septembre 2026

Citation en vert pour une nouvelle belle dame nature, de L'Être anonyme

L'Être anonyme ne manque pas de ressources pour trouver de belles citations relatives à la nature, que nous aimons tant. Cette fois elle fait appel au grand dessinateur de mangas et réalisateur de films animés de grande qualité : Hayao Myazaki 


"C'est grâce à la NATURE que nous sommes en VIE" 

La couleur verte domine sur cette enveloppe pour représenter cette nature tellement attaquée et pourtant tellement essentielle à toutes les formes de vie. 

Merci Catherine, plus rien ne t'arrête, je suis définitivement "à la ramasse" et vais avoir un sacré retard à combler quand je vais me remettre à mailarter vraiment. Merci infiniment de ton amitié et de ta fidélité.

Hommage au beau métier de tailleur de pierre, de France

Lorsque nous étions très actives toutes les deux sur le forum d'art postal "Mailarter à l'infini" à partir de 2015, nous nous prêtions avec bonheur à ce jeu pratiqué entre une dizaine de personnes pré-inscrites. Cela consistait à recevoir un mail-art d'un correspondant contenant un timbre imposé, qu'on devait utiliser pour en faire une enveloppe nouvelle, sur le thème du timbre. Lorsque la composition était terminée, nous glissions à notre tour un autre timbre dans notre mail-art, afin que le jeu se renouvelle pour le correspondant suivant. 

Récemment, nous avons décidé de nous y remettre, puisqu'il est tout à fait possible d'y jouer à deux. C'est en pensant à Jean-Paul Belderbos, alias Ursu, notre ami mailartiste commun récemment disparu, que je lui avait adressé en catimini le timbre relatif à son beau métier de tailleur de pierre, ci-dessous. 

 

Et c'est avec beaucoup de joie que je reçois  aujourd'hui sa création autour du timbre. France a su utiliser les couleurs et l'aspérité même de la pierre dans les matériaux qu'elle a utilisés pour composer cette enveloppe mettant à l'honneur ce dur mais beau métier.


"Tailler, graver, fouiller, sonder la matière brute pour faire émerger le métier d'art"
 
Je suis contente de savoir que l'une comme l'autre avons toujours en mémoire ce bel artiste qu'était Ursu, et sa très grande générosité et que nous avons pris beaucoup de plaisir à évoquer sa mémoire. 

A mon tour, après avoir lu le petit mot d'accompagnement dans l'enveloppe de découvrir un nouveau timbre à illustrer dans ma prochaine correspondance pour France. Vous le connaîtrez au moment où je confectionnerai mon mail-art de réponse à France, que je remercie vivement pour ce bel échange.

20 septembre 2026

« La prochaine victime, ça pourrait être toi ou moi » : avec des milliers d'autres français je dis NON au permis de tuer!

Bien sûr, j'avais déja signé la pétition qui recueillit plus de 730 000 signatures et qui a été écartée négligemment par le gouvernement qui n'en a eu cure. 

Alors aujourd'hui, haut et fort je dis NON au permis de tuer !

Totalement en accord avec la démarche de nombreuses organisations qui se sont ralliées à ce grand mouvement unitaire dans de nombreuses villes en France, c'est mon état physique uniquement qui m'empêche d'être dans leurs rangs. 

(Stop aux Violences d'État [SAVE], le collectif à l'origine de cette mobilisation nationale, Comité Justice pour Adama et de nombreux autres comités de familles de victimes de violences policières, Amnesty International France, La Ligue des Droits de l'Homme, Utopia 56, Urgence Palestine,  ATTAC France, Les Soulèvements  de la Terre, Extinction-Rebellion, Nous-toutes, plusieurs syndicats de la Magistrature et de la Justice, plusieurs syndicats de l'Education et de la Fonction Publique, le Syndicat des Avocats, les partis LFI, EELV, PS et NPA, les syndicats CGT, FSU SNUipp, Solidaires Sud Education, et beaucoupo d'autres collectifs qu'il serait trop long d'énumérer ici)

Mais j'en fais une cause importante à défendre, tant il est impensable de laisser passer une telle loi, où l'Etat ne protège plus les citoyens en accordant systématiquement la légitimité à tous les tirs policiers, sans qu'il ne soit possible désormais d'en contester la justification et rendant ainsi impossible tout jugement ultérieur.

Pas besoin d'être grand observateur pour remarquer la droitisation extrême des forces de police, depuis longtemps déjà,  mais plus encore depuis l'ère d'Emmanuel Macron où les policiers ressemblent à des RoboCop et sont équipés d'armes létales qu'ils n'utilisent pas toujours à bon escient. 

Déjà aujourd'hui, à chaque fois qu'il y a mort d'homme (souvent des jeunes des quartiers, racisés, dans les banlieues et les quartiers, ou dans les manifestations bon enfant où des familles viennent réclamer leur droit à l'accès à l'eau, par exemple, comme à Sainte Soline),  les auteurs de ces délits ne sont pas incriminés, l'IGPN leur accordant très souvent le bénéfice du doute, les laissant en activité sur place ou au pire en les mutant à une autre entité. Devant cette impunité de fait, pourquoi se gêner?

Zyed Benna et Bouna Traoré mouraient dans un transformateur électrique, en fuyant un contrôle de la BAC le 27 octobre 2005. Depuis, le nombre de décès suite à une interaction avec les forces de l’ordre n’a cessé d’augmenter.162 personnes sont mortes suite à une tentative de contrôle de police.

Attention, je n'encourage absolument pas les délits, ni les vols, ni les pillages ni toutes les autres comportements insupportables au regard de la loi, et ne dit pas qu'il ne faut pas d'interventions policières à chaque fois que c'est nécessaire mais cela doit rester dans le cadre applicable à tous les citoyens français, même s'ils sont issus de l'immigration. On peut se demander pourquoi cette jeunesse-là est autant traquée? pourquoi y-a-t il un tel délaissement des services publics dans les banlieues où ils sont cantonnés, souvent avec peu d'espoir  dans un avenir meilleur? 

Pourquoi aussi les mouvements sociaux sont-ils autant encadrés avec des moyens totalement disproportionnés : des camions Centaure, des brigades entières de CRS et des équipements comme pour une guerre civile pour museler et coincer dans des nasses, toute manifestation rassemblant des ouvriers, des syndicats, des militants écologistes, alors que le droit de manifester en France, à ce jour, ne me semble pas aboli, n'est-ce-pas ?  Enfin on voit bien que l'Etat de droit recule de plus en plus, que ce soit dans la liberté d'expression comme dans la liberté de manifester. 

On peut parler aussi en 2018 de la  fin tragique de Zineb Redouane qui a été touché chez elle dans son appartement à Marseille d'un tir dans le visage fait toujours l'objet d'une enquête qui a été changé déja trois fois de juridiction, après des déclarations très contradictoires entre les témoins et les acteurs de la scène et la version officielle du parquet. Personne n'a oublié les mains arrachées, et les yeux éborgnés des manifestants Gilets Jaunes, encore un record de violence, ces mutilations sont à mettre au crédit de la volonté de notre cher Président et de son mépris du peuple. 

Je souhaite beaucoup de succès à ces marches unitaires en de nombreuses villes, en espérant qu'elles ne seront pas entachées par des bousculades ou des provocations (avec des bandes de Bad-block venues pour en découdre) et que le peuple français pourra exprimer haut et fort son refus de se voir ainsi traiter par cette Police qui ne craint plus personne et qui se sent au contraire tellement soutenue par l'extrême droite aux portes du pouvoir. 

Lien sur le site de SAVE Stop Aux Violences d'Etat : de quoi mieux comprendre le vocabulaire juridique, les institutions, les armes, les procédures et les mécanismes de l'impunité.

18 septembre 2026

Colette Magny, l’artiste qui portait la voix des oubliés jusque dans les usines en grève, pour Éric

J'adresse ce mail-art hommage à mon ami Éric qui a probablement entendu parler de cette artiste si particulière. Je suis à peu près certaine que cette chanteuse-là ne le laissera pas indifférent, si toutefois il ne la connaissait pas encore. 

Cher Éric, je t'en souhaite une très bonne réception. 
recto avec photo sur un fond de dentelle tiré d'un vieux rideau

verso : à gauche photo trouvée sur le site https://souljazzbluesnco.canalblog.com
à droite phtot trouvée sur le site https://colette-magny.over-blog.com

***
2026 étant l'année du centenaire de sa naissance, j'ai eu envie de vous parler de cette femme remarquable qu'a été Colette Magny (1926-1997) probablement oubliée de la plupart d'entre vous, si ce n'est pas carrément une inconnue. 
Dactylo devenue chanteuse dans les années 60, Colette Magny a choisi de mettre en musique et en chansons la révolte et les luttes sociales plutôt que de faire carrière. Des planches de l’Olympia jusqu’aux usines en grève ou aux mines de charbon, elle acquiert une notoriété parmi les classes populaires.

Chanteuse, autrice-compositrice qui a commencé sa carrière sur le tard et totalement en décalage avec ce qui se faisait à l'époque (celle des yés-yés). elle a été une figure majeure de la chanson engagée et du blues en France.

Ce que j'admire en elle, au-delà de sa voix puissante au timbre si particulier, c'est sa probité, son engagement total et sans aucune concession : elle n'a jamais fait que ce qu'elle a voulu, ce qui lui a valu d'être personna non grata dans beaucoup de lieux dédiés au music-hall, et censurée comme personne dans toutes les radios. 

Elle chantait par conviction pure : jamais elle n'a voulu céder à tous ceux qui voulaient bien de son chant mais pas de sa musique ni de ses paroles. Or, ce qu'elle voulait au-dela de tout, c'est s'exprimer grâce à sa voix mais aussi car elle avait beaucoup à dire, notamment sur tous les grandes questions agitant le monde (la guerre d'Algérie, la guerre au Vietnam, Mai 1968,... ), se plaçant toujours du coté des plus petits, des exploités du monde ouvrier.
Colette Magny chante une chanson autobiographique "Mélocoton" au « petit conservatoire de la chanson » de Mireille le 4 mars 1967 /ORTF - Si cette chanson la fait connaître du grand public, elle finira par ne plus supporter qu'on la lui demande
 tant elle a occulté tout le reste de son oeuvre (230 chansons)
 
En 1963, le succès de sa chanson Melocoton est fulgurant et la conduit à l'Olympia en première partie de... Sylvie Vartan, mais il est sans lendemain. Elle refuse de devenir la blues-woman blanche promise au succès et son répertoire personnel, plus politisé (Co-opération, Viva Cuba), ne plaît pas à CBS. L'éditeur progressiste Le Chant du Monde la prend sous contrat, lui offre toute liberté de création et une série d'albums mémorables verra le jour: Frappe ton cœur, VietNam 67, Feu et Rythme, Répression, Transit, jusqu'à Visage-Village, son chef-d'œuvre de 1977.

Parallèlement, elle se produit sur des scènes conformes à ses convictions: la Cartoucherie, la Fête de l'Humanité ou celle du PSU, mais aussi dans les foyers déjeunes travailleurs, les MJC, les usines occupées. Son répertoire composite reflète une grande cohérence de la forme et du fond. Il défie le monde du spectacle par sa diversité : blues magistralement interprétés, free jazz, mélodie française, poèmes mis en musique (Hugo, Aragon, Louise Labé, LeRoi Jones, Neruda...), chansons-collage truffées de citations ou écrites au cœur des luttes. Ses thèmes dérangent: la répression policière, le conflit israélo-palestinien, les enfants handicapés. À l'occasion, Colette pratique l'humour voire l'autodérision comme dans le célèbre Ras-la-trompe ("Je suis un petit pachyderme de sexe féminin").

Elle invente une écriture très personnelle, fruit d'une recherche formelle exacerbée, faisant éclater le genre jusqu'à chanter le dictionnaire ! Avec une diction et une articulation qui swinguent naturellement, elle recompose les textes à partir de leur rythme propre afin de leur donner du sens. Sa voix vient des tripes : elle systématise l'usage du cri, les borborygmes, les coulées verbales à la scansion hachée, les modulations inédites. À son crédit, de nombreuses collaborations inter-arts avec le free jazz (François Tusques), la musique classique (Sylvie Dubal) ou contemporaine (André Almuro), le rhythm'n'blues (Mickey Baker) et les arts plastiques (Ernest Pignon-Ernest). Elle s'implique dans des créations collectives: Femmes en lutte avec Catherine Ribeiro et la Haïtienne Toto Bissainthe, Chili: un peuple crève... avec Le Forestier et Mara ou, en 1979, avec les enfants d'un institut médico-pédagogique. Éveillée à la politique au temps de la guerre d'Algérie, elle hurle mieux que quiconque les révoltes d'alors. Un temps, ses spectacles furent perturbés par des militants intransigeants, au point qu'elle délaissa la scène plusieurs années.

On ne peut citer que quelques joyaux parmi les 230 titres enregistrés : Saint James Infirmary, Les Tuileries, VietNam 67, À Saint-Nazaire, Jabberwocky, Répression, Chronique du Nord, La Panade, La mort me hante, Quand j'étais gamine... Respectée par la profession (nombreux prix Charles-Gros) bien que boudée du grand public, d'une rare rigueur artistique et morale, Colette était généreuse jusque dans ses emportements, qui cachaient mal une nature sensible. Sa corpulence impressionnante avait une certaine grâce et elle exerçait une séduction réelle sur les publics féminins, mais resta toujours discrète sur ses amours particulières. Malade de la colonne vertébrale, elle vécut ses dernières années dans une semi-retraite et des conditions précaires. Avant que ses saintes colères et son rire tonitruant ne laissent un grand vide.
C.M.

Source : le blog https://colette-magny.over-blog.com/ qui contient de nombreuses références et articles sur la chanteuse. Je vous en conseille la lecture.

 Colette Magny - Répression / Exil (1972) Entre deux chansons récentes de son répertoire, Colette Magny se confie sur le bonheur, sa manière de chanter, la société et la politique.Vidéo publiée sur la chaine Youtube de la RTS Archives
Colette Magny - Oink Oink - sur l'album "Répression" (1972)vidéo sur la chaine Youtube de Fida le Rebecc

Pour en écouter davantage sur le grand répertoire de Colette Magny, voici le lien qui donne accès aux clips et permet d'écouter ses textes si forts et malheureusement toujours actuels. 

Merci à toi Colette, une vraie citoyenne rebelle, une belle personne sans concession, comme il en existe de moins en moins. Pour conclure, voici une dernière et tellement percutante chanson :

Colette Magny « Les gens de la moyenne » enregistré sur l'ORTF le 3 décembre 1966 dans l'émission de Guy Béart "Bienvenue à Jean-Pierre Chabrol - Vidéo publiée sur la chaine Youtube de Par si Par là 

LES GENS DE LA MOYENNE

Comment ça va les gens de la moyenne ?
vous savez sans vous, on ne peut rien du tout 
comment ça va les gens de la moyenne ? 
savez-vous que sans vous, on ne peut rien du tout.

Les études se sont guère nécessaires 
pour les hommes que l'on dit ordinaires
 4 % de fils d'ouvriers à l'université 
mais pour voter, même par une croix à signer 
on vous incitera et si jamais trop nombreux 
vous refusez d'y aller un jour 
si vous n'y prenez garde 
on vous y conduira par aiguillon électrique
un bétail pour aller plus vite comme en Amérique 

Mais c'était à Selma Alabama
c'est pas notre chair
c'est pas notre sang 
on s'en fout ! 

Comment ça va les gens de la moyenne ?
vous savez sans vous, on ne peut rien du tout
comment ça va les gens de la moyenne ? 
savez-vous que sans vous, on ne peut rien du tout. 

Les étudiants ont manifesté 
par la police, ont subi des sévices 
mais c'était à Lisbonne, au Portugal 
mais cette fois, c'était leur chair, c'était leur sang. 
les bourgeois de la ville 
ont renié publiquement
quarante années de gouvernement. 

Comment ça va les gens de la moyenne ?
vous savez sans vous, on ne peut rien du tout 
comment ça va les gens de la moyenne ? 
savez-vous que sans nous, personne ne peut rien du tout.

17 septembre 2026

La musique - Appel à art postal pour l'EANM la Borie de Graves de Villefranche-de-Rouergue - DLE : 30-09-2026

 

Appel à participation "Art postal"
 
Dans le cadre de son Contrat Local de Santé, Ouest Aveyron Communauté vous présente une action dont elle est partenaire avec la Fondation OPTEO :

Appel à participation : Art postal ! Vous aimez créer ? Vous pouvez participer à un projet ouvert à tout le monde.

Le thème est : La musique.

Le principe est simple : Décorez une enveloppe.
Vous pouvez utiliser : de la peinture, des crayons, des feutres, du collage, de l’encre, ou toute autre technique.
Ensuite : écrivez l’adresse sur l’enveloppe, ajoutez un timbre, notez vos coordonnées, envoyez votre création par la Poste à :

EANM La Borie de Graves – OPTEO
232 Chemin de la Borie des Places
12200 Villefranche-de-Rouergue

Date limite d’envoi raisonnable car non précisée : 30 septembre 2026

Les enveloppes seront exposées au public du 5 au 18 octobre 2026 au gymnase du Tricot à Villefranche-de-Rouergue. Cette exposition fait partie des Semaines d'information sur la santé mentale 2026
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Pour information : EANM signifie "Etablissement Accueil Non Médicalisé" pratiquant l'accueil des personnes en situation de handicap mental âgées, subissant une diminution d’autonomie en raison de la nécessité de soins fréquents et d’un besoin de sécurité. 

16 septembre 2026

Un coup au coeur ce matin : la disparition brutale de Catherine Ringer, l'indomptable

Je me suis tellement coupée des réseaux et des circuits d'information classiques que je n'ai pas su et c'est mon ami Eric qui m'apprend ce matin cette très mauvaise nouvelle : la fougueuse et inclassable Catherine Ringer n'est plus, terrassée par un cancer foudroyant à 68 ans, ce 14 septembre.

Catherine Ringer au festival des Vieilles Charrues en 2021. Source Wikipédia

Avec Bernard Lavilliers, lors des 39e Victoires de la Musique à l'Olympia février 2024 - Getty images

Je dois confier n'avoir jamais été une véritable fan des Rita Mitsouko, le groupe qu'elle formait avec son compagnon Fred Chichin, lui aussi trop tôt disparu, même si j'écoutais volontiers leurs chansons à l'occasion et si j'aimais beaucoup la puissance de la voix de Catherine et son énergie. Moi, c'est avant tout la personnalité de Catherine et ses engagements que j'appréciais tout particulièrement en elle.  

à gauche : Catherine Ringer le 24 janvier 2023 - photo Joël Saget AFP
à droite, version recadrée d'une image plus grande montrant Catherine Ringer, du groupe Les Rita Mitsouko,
 lors de l'édition 2007 du festival Les Eurockéennes de Belfort. Source Wikipédia

Chanteuse engagée pour les droits des femmes, l’écologie ou contre l’extrême droite, Catherine Ringer avait, en 2024, revisité La Marseillaise pour célébrer l’inscription du droit à l’avortement dans la Constitution. « Marchons et chantons cette loi pure dans la Constitution », avait-elle chanté sur l’air de l’hymne national lors d’une cérémonie devant le ministère de la justice, à Paris, à l’issue de laquelle elle avait esquivé une tentative de baise-main d’Emmanuel Macron.

En 2018, elle avait participé à une mobilisation contre la destruction d’une forêt à Romainville, en Seine-Saint-Denis. Poursuivie en justice pour s’être introduite sur le chantier, elle avait été relaxée. En 2023, Catherine Ringer avait par ailleurs mis aux enchères une centaine d’œuvres de son père, Sam Ringer, peintre méconnu rescapé de neuf camps de concentration. « Il m’a transmis sa force de vie », avait-elle déclaré à l’AFP. (extrait d'un article hommage de l'AFP du 15/9/2026)

Et cette force de vie on la comprend mieux, grâce à la vidéo suivante : 

 le caractère de Catherine la survivante s'est formé à la dure école de la vie, transmise ensuite à ses 3 enfants, eux aussi artistes. Vidéo publié sur la chaine youtube d'Alberto Einstein

Adieu Marcia, le cancer t'a assassinée mais nous n'oublierons pas la belle personne que tu étais ni ton amour puissant pour la liberté. Reposes en paix près de ton amoureux retrouvé.

*** 

Puisqu'on en a parlé plus haut, et que cette homme-là a vraiment compté beaucoup dans la vie de Catherine, voici un reportage sur le peintre Serge Ringer.

Sam Ringer par sa fille Catherine Ringer - vidéo publiée par le Musée d'Art et d'Histoire du Judaïsme sur Youtube

Film réalisé pour le musée d'art et d'histoire du Judaïsme par Isabelle Filleul de Brohy. Catherine Ringer nous ouvre les portes de son atelier, dans lequel elle conserve la majorité des œuvres de son père, le peintre Sam Ringer. Devant la caméra d'Isabelle Filleul de Brohy se déploie ainsi l’univers de l'artiste, né en Pologne, étudiant à l’école des Beaux-Arts de Cracovie, avant d’être déporté dans neuf camps de 1940 à 1945.

15 septembre 2026

Insultes, non merci! de Tony

Comme cela me fait plaisir de recevoir un courrier de la part du grand Tony Mazzochin... il y a longtemps que j'ai eu de ses nouvelles : j'espère qu'il va continuer à nous concocter des projets un peu fous, car c'est un personnage foisonnant d'idées qui ont principalement pour but de faire se rencontrer les gens, d'établir des liens  et de favoriser les échanges sympas. Sa folie créatrice nous fait le plus grand bien. 

Sur son enveloppe on devine au pochoir la présence de l'oiseau bleu de Twitter (ou X) un des réseaux sociaux (mais ce n'est pas le seul hélas) où les commentaires sont largement agrémentés d'insultes sous couvert de l'anonymat, d'où la mention Insultes : non merci! 

Je suis si bien d'accord avec lui car ces torrents de haine sont tellement nauséabonds qu'ils finissent par miner, d'où mon détachement définitif d'avec Instagram. Cette décision me prive hélas aussi de communication avec les personnes que j'aimais suivre et qui m'intéressaient mais quand cela fait trop mal, il vaut mieux s'arrêter net. Et puis, on devient prisonnier très vite des algorythmes qui ne vous proposent plus que ce qui fait déjà partie de vos centres d'intérêt, si bien qu'on se retrouve "entre soi", où est l'intérêt ? 

Merci à toi, cher Tony, de ne pas m'avoir oubliée même si je ne suis pas du tout productive en ce moment et depuis des mois déjà. Merci poour le beau timbre dédié à la poétesse libanaise Andrée Chedid. Belle continuation à toi. 

14 septembre 2026

Par ses mots courageux, Adèle Haenel efface toute la silenciation et le déni portés en France sur les VSS et sur le génocide perpétré en Palestine par Israel

Il y a des jours où cela fait du bien de voir combien certaines femmes sont d'un courage et d'une exemplarité incroyables. Adèle en fait partie

Adèle Haenel avait deux puissants messages à faire passer pour sa carte blanche dans «La Grande Librairie» du 9 septembre dédiée à la rentrée littéraire, après avoir été invitée à l'occasion de la sortie de son premier livre "viser juste". Les mots prononcés "droit dans les yeux" lors de cette carte blanche, d'expression libre pourtant,  n'ont pas plu : depuis, France 5 a retiré le replay de toute l'émission, exerçant sans la nommer une véritable censure absolument crasse. 

Heureusement la prestation d'Adèle pu être enregistrée en privé puis être diffusée sur les réseaux sociaux provoquant de nombreuses réactions. Beaucoup s'offusquent à juste titre d'un tel traitement, mais cette sanction prouve, s'il en était encore besoin, que la parole n'est pas libre en France puisqu'il existe des réalités que tout le monde connaît et qui ne doivent absolument pas être dites.

C'est particulièrement le cas des viols et de l'inceste qu'il est de bon ton de passer sous silence même si tout le monde sait. C'est exactement la même chose pour le génocide toujours en cours à Gaza et toutes les atrocités qui se passent aussi en Cisjordanie, et maintenant dans le Sud Liban, tant le gouvernement d'Israël et son chef Netanyaou sont "intouchables" chez nous. 

Adèle a raison. Ne rien dire c'est accepter l'inacceptable, et être aussi coupables que le sont nos élites. Un crime contre l'humanité cela se dénonce, haut et fort. 

Ci-après le texte prononcé par Adèle, aujourd'hui censuré.
***

Autrice engagée, notamment pour la défense de la Palestine et contre les violences faites aux femmes, Adèle Haenel a livré un texte puissant sur le plateau de France 5.
Désormais autrice, Adèle Haenel était invitée de « La Grande Librairie » sur France 5, où elle a lu un texte inédit et engagé en toute fin d’émission.

Désormais autrice, Adèle Haenel était invitée de « La Grande Librairie » sur France 5, où elle a lu un texte inédit et engagé en toute fin d’émission.

Fidèle à elle-même. De retour sur la scène médiatique pour la sortie de son premier roman, Viser Juste, l’ex-comédienne désormais autrice engagée Adèle Haenel s’est assise dans le fauteuil du présentateur de La Grande Librairie.

Ce mercredi 9 septembre, l’un des invités a été convié par Augustin Trapenard à prendre sa place pour la traditionnelle carte blanche de fin d’émission. Et c’est Adèle Haenel qui s’est essayée à l’exercice. L’occasion pour l’actrice doublement césarisée de lire un texte inédit, préparé sur mesure pour l’émission de France 5.

Adèle Haenel exclut tout retour au cinéma, qui véhicule « sexisme et racisme »
Sous les yeux de Virginie Despentes, Lilia Hassaine ou Hervé Le Tellier, Adèle Haenel a commencé par déclamer un texte puissant sur la libération de la parole autour du viol. Un sujet sensible qui touche personnellement l’autrice, après avoir été elle-même victime d’abus sexuels de la part du cinéaste Christophe Ruggia entre ses 12 et 14 ans. Le réalisateur français a d’ailleurs été condamné en appel à cinq ans de prison pour agression sexuelle en avril dernier.

« Tu as pris une décision, cette fois-ci tu vas parler. La table de famille où tu t’assois est un plongeoir. Il faudra courir et sauter dans un mot, le reste de la phrase suivra, comme une chute irrémédiable. La peur accélère ton cœur, mais là, dehors, tu t’étais juré de ne pas reculer. Pour toi et toutes les autres qui parlent dans ta voix », a commencé par déclamer avec intensité celle qui avait décidé de claquer la porte de la cérémonie des César en 2020, lors du sacre de Roman Polanski, accusé de violences sexuelles mais récompensé d’un César de la meilleure réalisation.

« Alors le mot tombe : “il m’a violée”. Sujet, verbe, COD. La phrase, aiguisée, courte et pointue fend l’espace. Le tremblement de ton corps, le tremblement de ta voix contamine l’air et tous les corps autour. Le monde vibre sous l’impact », poursuit Adèle Haenel, avant d’amorcer une subtile transition dans son texte pour évoquer un tout autre sujet.

« N’acceptez pas l’inacceptable » en Palestine
« Il faut parler de l’acte de parole, de la peur de dire lorsque les mots prononcés sont des coups de hache qui révèlent que de leur absence permanente suinte à chaque instant l’acceptation par tous de l’inacceptable. Des mots qui mettent au jour cette couche du réel que tout le monde connaît, mais qui ne doit pas être dite », déclare-t-elle encore face caméra avec sobriété.

« Moi aussi j’ai pris une décision : je vais parler. La densification de l’angoisse ne ment pas. Ce fauteuil où je m’assois est un plongeoir. Le premier mot sera un saut dans le silence télévisuel qui englue le pays. Ce brouhaha médiatique qui masque sans répit l’absence omniprésente de certaines paroles. Pareillement, la phrase est courte. Et pareillement j’ai peur », ajoute Adèle Haenel avant de révéler la chute de son texte.

« Il faut parler pour redire ce qu’il y a dans ce silence, afin que tout le monde l’entende : l’État d’Israël commet un génocide en Palestine et la France est complice », lâche-t-elle enfin, avant de s’adresser aux autorités françaises. « N’acceptez pas l’inacceptable, alors sanctionnez Israël et libérez la Palestine », a conclu l'autrice qui a définitivement quitté le monde du cinéma en 2023.

Auprès du média Blast ce mercredi, l’ancienne actrice avait réexpliqué son choix de quitter le milieu du 7e art pour « dénoncer une industrie qui produit des violences ». Depuis ce départ fracassant, Adèle Haenel s’est davantage tournée vers le théâtre, l’écriture et le militantisme, notamment en faveur des victimes du conflit israélo-palestinien à Gaza.

Article complet du HuffingPost par Maxime Birken du 10.09.2026

12 septembre 2026

"Juste une femme" : tellement d'actualité cette reprise par Albin de la Simone de la chanson d'Anne Sylvestre

A ré-écouter sans réserve et à partager largement la reprise de cette chanson toujours aussi terriblement actuelle dont Albin de la Simone sort aujourd'hui une version délicate qui lui correspond bien. 

« Juste une femme » par Albin de la Simone - Les Rendez-vous Sylvestre – Saison 2  - avec Marielle Chatain - saxophone baryton / Vincent Taeger - batterie /Gustine - harpe // Paroles et musique : Anne Sylvestre // Enregistré/filmé aux Studios Ferber

Depuis la création de cette chanson par Anne Sylvestre en  2013, malgré le mouvement MeToo et tous les combats menés par les féministes pour que soient punies à leur juste mesure toutes les agressions sexistes et sexuelles dont elles sont les victimes, la gravité de ce qu'elles endurent est toujours minimisée, les plaintes sont globalement classées sans suite. Le soupçon porte toujours sur les victimes tandis que les agresseurs bénéficient systématiquement de la présomption d'innocence, quand bien même le nombre de plaintes s'accumulent contre eux. 

En France, les hommes machos sont toujours les rois. Il n'y a qu'à regarder le nombre de féminicides qui gonfle d'années en années pour s'en rendre compte. Nous décomptons a minima 63 féminicides par compagnons ou ex en France au 10 septembre 2026 mais déjà 93 féminicides toutes catégories confondues. 

Oui une femme meurt tous les trois jours sous les coups des hommes. 

Heureusement tous les hommes ne sont pas aussi monstrueux,  et Albin de la Simone fait partie de ceux qui ne refoulent pas leur part féminine, ses chansons sont toujours écrites et composées avec beaucoup de délicatesse et infiniment de tendresse et d'amour. 

Version originale de la chanson par Anne Sylvestre qui l'a créée en 2013, suite à l'affaire DSK
Publication sur sa chaine Youtube

JUSTE UNE FEMME

Petit monsieur petit costard
Petite bedaine
Petite sal’té dans le regard
Petite fredaine 
Petite poussée dans les coins
Sourire salace 
Petites ventouses au bout des mains 
Comme des limaces 
Petite crasse

Il y peut rien si elles ont des seins 
Quoi il est pas un assassin 
Il veut simplement apprécier 
C’que la nature met sous son nez

Mais c’est pas grave
C’est juste une femme
C’est juste une femme à saloper
Juste une femme à dévaluer
J’pense pas qu’on doive
S’en inquiéter
C’est pas un drame
C’est juste une femme

Petit ami petit patron
Petit’ pointure
Petit pouvoir p’tit chefaillon
Petite ordure
Petit voisin p’tit professeur
Mains baladeuses
Petit curé petit docteur
Paroles visqueuses
EntremetteusesI

l y peut rien si ça l’excite
Et qu’est-ce qu’elle a cette hypocrite
Elle devrait se sentir flattée
Qu’on s’intéresse à sa beauté

Mais c’est pas grave
C’est juste une femme
C’est juste une femme à humilier
Juste une femme à dilapider
J’pense pas qu’on doive
S’en offusquer
C’est pas un drame
C’est juste une femme

Petit mari petit soupçon
P’tite incartade
Petite plaisant’rie de salon
P’tite rigolade
Fermer les yeux on n’a rien vu
Petit’ souffrance
Et trembler qu’une fois de plus
Il recommence
Inconvenance 

Quoi si on peut plus plaisanter
On n’a plus qu’à s’la faire couper
Non c’est vrai il est pas un monstre
Et c’est l’épouse qui prend la honte 
Mais c’est pas grave
C’est juste une femme
C’est juste une femme à bafouer
Juste une femme à désespérer
J’pense pas qu’on doive
S’en séparer
C’est pas un drame
C’est juste une femme
Mais dès qu’une femme
Messieurs Mesdames
Est traitée comme un paillasson
Et quelle que soit la façon
Quelle que soit la femme
Dites-vous qu’il y a mort d’âme

C’est pas un drame 
Juste des femmes

Paroles et musique : Anne Sylvestre  ℗ et © BC Musique 
BC Musique est la maison d'édition qu'a créé Anne Sylvestre en 2018. Elle est gérée par ses filles et sa petite-fille, Philomène, Alice et Clémence. contact@annesylvestre.com annesylvestre.com

11 septembre 2026

Travaux d'aiguilles entre copines, de Sylvie

Comme je suis heureuse de recevoir ce mail-art si joliment composé et brodé à la main sur le carton fort du support : évidemment, il s'agit d'un nouveau cadeau venu du Jura, de la part de Sylvie.

Je n'arrive pas à voir si elles sont en train de faire de la dentelle ou de crocheter : qu'importe, la réalisation est exceptionnelle. 
Remarquez comme Sylvie a su, comme toujours, joliment ordonnancer le timbre avec la couleur de la broderie! Je suis à chaque fois époustouflée par son talent. 

Un énorme merci à toi, qui me gates toujours autant. Pour ce qui me concerne, je me pousse à revenir dans l'atelier mais j'ai énormément de mal à me remettre à créer, après ces mois apocalyptiques que nous venons de vivre et qui m'on littéralement liquéfiée. Je me supplémente en vitamines et oligoéléments histoire de me redonner un peu de pep's et je reviendrai vers toi. 

Merci pour les nouvelles que tu m'apportes : bonne visite en Suisse au Musée du Découpage de Papier de Chateau d'Oex pour l'expo de Stéphanie Miguet,  adresse toutes mes salutations à l'amie Nadine (je regrette tant d'habiter si loin).

PS : depuis la publication de ce post, j'ai appris sur la photo originale les deux vieilles dames étaient en train de réaliser des chapelets, à Valcivières.

Liberté d'expression, pour la Médiathèque Pablo Neruda de Malakoff

Je participe pour la troisième fois à l'appel à mail-art lancé par la Médiathèque Pablo Neruda de Malakoff, et je trouve son thème particulièrement bien choisi en ces temps difficiles que nous vivons tous en ce moment.

« Je ne suis pas d'accord avec ce que vous dites, mais je me battrai jusqu'à la mort
 pour que vous ayez le droit de le dire ».
Evelyn Beatrice Hall
Photo issue de Youtube : la liberté d'expression est elle en danger en Europe?

Au moment où les média et l'édition des livres et des journaux sont de plus en plus concentrés entre les mains de quelques milliardaires aux idées étroites, la liberté d'expression est un droit fondamental qu'il nous faut utiliser sans auto-censure, dans les limites de la loi. 

Ne nous leurrons pas, si par malheur, l'extrême-droite vient au pouvoir en France en mai prochain, c'est l'un des premiers droits qui nous sera retiré. Pourtant : 

La liberté d'expression est consacrée parmi les « droits naturels et imprescriptibles de l'homme » dans la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen (DDHC) de 1789. Son article 11 en définit l'importance, le périmètre et les enjeux : « La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l'Homme : tout Citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l'abus de cette liberté dans les cas déterminés par la Loi ». Derrière cet article se retrouvent tous les enjeux liés à la liberté d'expression : depuis ce texte fondateur, nos sociétés ont eu à arbitrer entre la nécessité que cette liberté s'exprime pour chacun et en toutes circonstances pour garantir le pluralisme sans lequel elle n'existe pas et la question des abus de cette liberté qui peuvent conduire à des dérives violentes et liberticides (haine en ligne, diffamation, etc.).

Des réponses différentes ont été apportées selon les époques et les régimes politiques, faisant évoluer la définition et le périmètre de la liberté d'expression et se traduisant à chaque fois dans la loi. Derrière ce principe se trouve également un enjeu d'éducation majeur, avec la nécessité d'apprendre aux élèves à utiliser cette liberté, en s'exprimant librement tout en étant capable d'écouter et de comprendre d'autres opinions que les leurs, mais aussi en comprenant la nécessité que des limites communes soient fixées par la loi, limites pouvant faire l'objet de débats.

Cette liberté d'expression, défendons-là comme l'ont fait avant nous nombre d'instituteurs, certains y ayant même laissé leur vie comme ce fut le cas du regretté Samuel Paty. 

8 septembre 2026

«Fuck la planète» : où comment les puissants ont fait le choix du réchauffement climatique (à voir sur Arte)

Avec les prochaines échéances électorales en France mais aussi ailleurs dans le monde et après les mois de  chaos que nous subissons en 2026 (inondations, sécheresse, méga-feux, canicules, méga-éboulements dans l'Himalaya et dans les Alpes générant coulées de boues et laves torrentielles, ...), il me semble utile de remettre l'église au milieu du village et de pouvoir nous faire notre propre opinion sur le pourquoi du dérèglement climatique.  

A cette fin, je vous communique ici, un article de Reporterre à propos du très éclairant documentaire diffusé à partir de ce soir sur ARTE.

Photo et article de la newsletter de ReporTerre du 8/9/2026

Depuis le milieu du XXe siècle, la nocivité des pollutions industrielles sur le climat est clairement établie. Mais les sociétés riches occidentales ont préféré passer outre, nous montre avec pertinence un documentaire Arte. 

C’est un titre bref, qui en dit long : Fuck la planète — Le choix du réchauffement (en français, Nique la planète ou J’emmerde la planète). Diffusé le 8 septembre à 21 heures sur Arte, en trois épisodes, ce documentaire incontournable raconte l’évolution du dérèglement du climat, et la manière dont notre civilisation occidentale s’en est arrangée, s’en arrange encore. (à voir en replay jusqu'au 7 avril prochain).

Le scénario n’a rien de roboratif ; son petit côté polar est même prenant. Avec témoignages et images d’archives, il nous ouvre les cours et arrière-cours de l’histoire. D’un côté, des scientifiques lanceurs d’alerte — pour les plus célèbres, Dennis et Donella Meadows ; de l’autre, de grandes entreprises comme ExxonMobil, qui dissimulent des informations capitales, des groupes de travail ultrasecrets, comme les Jason, et, entre les deux, des chefs d’État plus ou moins embarrassés… Ce qui donne quelques moments cocasses. Par exemple quand Valéry Giscard d’Estaing, alors ministre de Georges Pompidou (1969-1974), résume le rapport du Club de Rome à la télévision sans jamais citer le « réchauffement climatique ». On attend, on attend, et puis… Non. Est-ce un comédien né ou… ?

Ce récit-enquête bien rythmé, ciselé en trois épisodes de 45 minutes, est le fait d’auteurs confirmés. Le réalisateur, Jean-Robert Viallet, est un documentariste qui a déjà donné le jour à plusieurs enquêtes costauds, dont La Mise à mort du travail, sur les méfaits du management (prix audiovisuel Albert-Londres). Son complice, Jean-Baptiste Fressoz, est, lui, un historien notoire des sciences, des techniques et de l’environnement, chercheur au CNRS. Il a publié récemment Sans transition — Une nouvelle histoire de l’énergie (2024) et coécrit le volume I de La Nature en révolution — Une histoire environnementale de la France, 1780-1870 (2025).

Richement documenté, il pourrait ouvrir une autre période, celle d’un débat citoyen amplifié autour de cette question urgente : comment agir pour stopper le réchauffement climatique avant que ne s’enchaînent, de façon irréversible, phénomènes extrêmes et exil des populations ? Pour y contribuer, Jean-Robert Viallet se dit ouvert à toute proposition de projections-débats de la part de collectifs, d’associations ou d’établissements scolaires. Mais d’abord, bon film !

Une guerre contre nous-mêmes
L’enquête commence au XIXe siècle, dans les fumées noires de l’âge du charbon. Déjà surgissent les premières intuitions scientifiques de l’effet de serre. Mais c’est au cours de la Seconde Guerre mondiale, dans le berceau de la bombe atomique (les laboratoires étasuniens du projet Manhattan), qu’est élaboré le diagnostic du réchauffement climatique tel que nous le connaissons aujourd’hui. Les outils scientifiques ne vont plus dès lors cesser de se perfectionner, jusqu’à permettre des comparaisons du climat sur plusieurs centaines d’années en amont — la paléoclimatologue Valérie Masson-Delmotte l’explique très clairement, c’est passionnant.

Dans les années 1960-1970, aux États-Unis toujours, la question écologique gagne la rue. Le cri lancé par Rachel Carson dans Printemps silencieux, brûlot contre les pesticides, a ému la population, et pointé un débat de fond : les humains font-ils partie de la nature ? Et si oui, leur guerre contre la nature n’est-elle pas une guerre contre eux-mêmes ?

« Les États-Unis sont alors la première puissance économique mondiale (80 % des investissements économiques mondiaux) et le plus grand pollueur, précise à Reporterre Jean-Robert Viallet. C’est donc chez eux que la question des pollutions et du climat commence à s’écrire, du fait de leur mode de consommation. » La Journée de la Terre y est créée en 1970, avant le tout premier Sommet de la Terre à l’Organisation des Nations unies, en 1972. La question climatique commence à être prise au sérieux.

Cercle vicieux
1979 : année charnière. Le démocrate Jimmy Carter, président des États-Unis de 1977 à 1981, est bien ennuyé : « C’est un chrétien démocrate pour lequel la nature, donnée par Dieu aux hommes, est vraiment à protéger », précise Jean-Robert Viallet. Mais, face à une nouvelle crise d’approvisionnement pétrolier, du fait de la révolution iranienne, que fait-il ? Il lance un projet de transformation du charbon en carburant liquide, si polluant qu’il est critiqué même par les sénateurs de son camp. Puis il appelle la population à voyager moins, à privilégier le covoiturage et les transports en commun, et demande un nouveau rapport au météorologue étasunien Jule Charney, pour analyser les recherches récentes sur l’effet de serre et le climat. « Il est dans une crise de schizophrénie intense ! D’ailleurs, ça ne cessera plus : on parle de sobriété, d’énergies renouvelables, mais dès qu’une crise arrive, on relance tous azimuts les énergies polluantes ! Souvenez-vous des débuts de la guerre en Ukraine [qui a relancé les centrales à charbon]… » poursuit le réalisateur.

L’écart entre la réalité scientifique qui se fait jour et l’essor de la société de consommation n’est plus tenable. Même des majors du pétrole, comme Exxon, commandent un rapport à des scientifiques, qui, tous, confirment le danger. C’est alors que survient l’élection de Ronald Reagan (1981-1989), un néolibéral convaincu de la magie du marché.

Intense lobbying
Les élites politiques et économiques n’ont-elles envisagé dès le début que l’adaptation comme seule option réaliste ? Et nique la planète ! Au bénéfice de qui ? Les réponses données aujourd’hui au réchauffement climatique — le développement durable et l’adaptation — sont-elles viables ? Vraiment en mesure de nous protéger ?

Du Sommet de Rio (1992) aux attaques récentes contre la science aux États-Unis et en Europe, en passant par le Protocole de Kyoto en 1997, ce troisième épisode entrelace les fils de l’économie, de la politique et de la recherche scientifique pour dessiner le drôle de paysage dans lequel nous vivons aujourd’hui.

En regardant les images de l’indonésienne Jakarta, l’une des villes du monde les plus menacées par la montée des eaux, on pense à ce que dit l’un des intervenants du film : « Le pire scénario serait un monde où l’économie s’effondrerait et où d’innombrables réfugiés climatiques chercheraient à rejoindre les régions les plus tempérées. Cela pourrait renforcer les populismes d’extrême droite et précipiter un déclin de civilisation. » Mais les énergies renouvelables vont nous sauver, n’est-ce pas ?

Fuck la planète — Le choix du réchauffement, série de 3 documentaires de 45 minutes écrite par l’historien Jean-Baptiste Fressoz et le journaliste Jean-Robert Viallet. Coproduction Arte France, Cinéphage Productions, 2026. Diffusion sur Arte le 8 septembre à 21 heures ; replay possible sur Arte jusqu’au 7 avril 2027.

7 septembre 2026

Le MIAP en silhouette : nouvel appel à mail-art de Christophe pour la saison prochaine / DLE : 30-03-2027

C'est la rentrée et la fin de la belle saison à Rencurel, le moment où les visites du MIAP se terminent et le décrochage prévu pour bientôt. 


Toujours prévoyant, Christophe ne perd pas de temps pour lancer le prochain sujet de l'exposition 2027 qu'il présentera dans son mignon petit chalet de jardin que vous connaissez tous ici, car j'en ai déjà largement parlé. 

Et le thème retenu sera précisément le MIAP, sous forme de silhouette, à concocter et lui adresser avant le 30 mars 2027.

Voici un exemple qui accompagnait son courrier, recto et verso, ainsi que le texte de présentation au dos de cette carte postale 

"Je t'envoie cette forme que tu connais bien, c'est la silhouette du MIAP, le chalet-écrin qui abrite depuis 2022 les oeuvres postées que me livre le facteur chaque année.
C'est la vitrine des imaginaires timbrés de mes correspondants, c'est ici que j'expose les objets qui surprennent, amusent ou dérangent les visiteurs.
Ce MIAP est à toi le temps d'un mail-art. Fais-en ce qu'il te plait, reproduis-le, découpe-le, multiplie-le, décore-le à ta guise, il sera le prochain sujet de l'expo 2027. 

Format libre. 
Date butoir : 30 mars 2027"

Merci Christophe, de nous donner ainsi beaucoup de temps pour participer. Tu peux compter sur moi.