25 septembre 2026

George Sand : femme remarquable à plus d'un titre pour Tony

George Sand est inscrite depuis longtemps dans mon panthéon personnel des femmes remarquables : aussi en  l'année du cent-cinquantenaire de sa disparition je tenais à lui rendre hommage pour son oeuvre bien sûr, mais aussi pour ce qu'elle sut faire de sa vie, sa grande liberté, son humanisme et son engagement pour la cause des femmes.

J'adresse ce mail-art crocheté en laine velours à Tony, avec en médaillon la photo d'un célèbre portrait de George Sand jeune, peint par Auguste Charpentier entre 1837 et 1839. 
sur fond crocheté en laine velours, portrait de George Sand jeune
réalisé par Auguste Charpentier

George Sand est le pseudonyme d'Amantine Aurore Lucile Dupin, baronne Dudevant, romancière, auteur dramatique, critique littéraire française, journaliste, née à Paris le 1er juillet 1804 et morte au château de Nohant-Vic le 8 juin 1876. 

Elle compte parmi les écrivains prolifiques avec plus de soixante-dix romans à son actif, cinquante volumes d'œuvres diverses dont des nouvelles, des contes, des pièces de théâtre et des textes politiques. À l'image de son arrière grand-mère par alliance qu'elle admire, Madame Dupin (Louise de Fontaine 1706-1799), George Sand prend la défense des femmes, prône la passion, fustige le mariage et lutte contre les préjugés d'une société conservatrice. George Sand a fait scandale par sa vie amoureuse agitée, par sa tenue vestimentaire masculine, dont elle a lancé la mode, par son pseudonyme masculin, qu'elle adopte dès 1829, et dont elle lance aussi la mode : après elle, Marie d'Agoult signe ses écrits Daniel Stern (1841-1845), Delphine de Girardin prend le pseudonyme de Charles de Launay en 1843. 

Malgré de nombreux détracteurs comme Charles Baudelaire ou Jules Barbey d'Aurevilly, George Sand contribue activement à la vie intellectuelle de son époque, accueillant au domaine de Nohant ou à Palaiseau des personnalités aussi différentes que Franz Liszt, Frédéric Chopin, Marie d'Agoult, Honoré de Balzac, Gustave Flaubert, Eugène Delacroix, conseillant les uns, encourageant les autres. Elle a entretenu une grande amitié avec Victor Hugo par correspondance, ces deux grandes personnalités ne se sont jamais rencontrées. 

Elle s'est aussi illustrée par un engagement politique actif à partir de 1848, inspirant Alexandre Ledru-Rollin, participant au lancement de trois journaux : La Cause du peuple, Le Bulletin de la République, l'Éclaireur, plaidant auprès de Napoléon III la cause de condamnés, notamment celle de Victor Hugo dont elle admirait l'œuvre et dont elle a tenté d'obtenir la grâce après avoir éclipsé Notre Dame de Paris avec Indiana, son premier roman. Son œuvre est très abondante et la campagne du Berry lui sert souvent de cadre. Ses premiers romans, comme Indiana (1832), bousculent les conventions sociales et magnifient la révolte des femmes en exposant les sentiments de ses contemporaines, chose exceptionnelle à l'époque et qui divisa aussi bien l'opinion publique que l'élite littéraire. 

Puis George Sand ouvre ses romans à la question sociale en défendant les ouvriers et les pauvres (Le Compagnon du Tour de France) et en imaginant une société sans classe et sans conflit (Mauprat, 1837 - Le Meunier d'Angibault, 1845). Elle se tourne ensuite vers le milieu paysan et écrit des romans champêtres idéalisés comme La Mare au diable (1846), François le Champi (1848), La Petite Fadette (1849), Les Maîtres sonneurs (1853). 

George Sand a abordé d'autres genres comme l'autobiographie (Histoire de ma vie, 1855) et le roman historique avec Consuelo (1843) où elle brosse, à travers la figure d'une cantatrice italienne, le paysage artistique européen du xviiie siècle, ou encore Les Beaux Messieurs de Bois-Doré (1858) qui multiplie les péripéties amoureuses et aventureuses dans le contexte des oppositions religieuses sous le règne de Louis XIII.

Source : Wikipédia

L'histoire du village de pêcheurs de Saint-Tropez est vieille de plus de 500 ans, pour France

Non, la célébrissime ville de Saint-Tropez n'est pas née dans les années 50 avec l'arrivée des stars. Non, ce ne sont pas ses vedettes qui firent Saint-Tropez comme l'écrivent encore trop souvent quelques journalistes "people". 

La ville actuelle est vieille de plus de 500 ans, elle a été façonnée, siècle après siècle par ses gens de mer, qu'ils soient pêcheurs, capitaines ou simples matelots. Elle était connue dans tous les ports du monde qui voyaient accoster les capitaines tant réputés de la petite cité provençale. En 1950, le petit port de la Côte d’Azur séduit les bourgeois parisiens mais n’est encore qu’un village.

Pour répondre au jeu du timbre imposé que m'a adressé France, en l'illustrant, j'ai choisi de parler de ce mythique village, dont finalement nous ne savons pas grand-chose hormis ce qu'en a fait la jet-set et tous les artistes qui continuent de le surfréquenter. 

Le port au soleil couchant Opus 236 Saint Tropez par Paul Signal en 1892
J'ai plutôt voulu rendre hommage aux peuple des pêcheurs qui l'ont façonné et animé pendant des siècles, en m'attachant à ce joli petit port de pêche au début des années 1950 sur lequel j'ai pu mettre en exergue le magnifique timbre d'une peinture de Paul Signal , avec le soleil couchant sur Saint-Tropez.

Recto : Dans les années 1950, Saint-Tropez comptait 40 pêcheurs, contre trois seulement aujourd’hui. 
photographie sortie d'une archive personnelle de François Coppola, fils de pêcheur agée d'une vingtaine d'années à ce moment là /publiée dans le Parisien du 18/07/2020

Au verso : vue d'une carte postale ancienne en sépia représentant le port de Saint-Tropez. On y aperçoit des barques de pêcheurs amarrées au quai au  premier plan avec, en arrière plan, les façades  des maisons typiques du vieux port et le clocher emblématique de l'Eglise de Saint-Tropez - Une vue nostalgique de la vie maritime provençale au début du XXème siècle. 

J'en souhaite une très bonne réception à France, sachant qu'à l'intérieur de mon envoi je lui ai proposé un nouveau timbre imposé, pour son courrier prochain, quand elle le voudra, au rythme qui sera le sien.

*** 
HISTOIRE DE SAINT-TROPEZ

‍‍L'histoire de la ville actuelle de Saint-Tropez débute en 1470, jour où le noble Raphaël de Garessio organise le repeuplement de Saint-Tropez à la demande de Jean Cossa, seigneur suzerain des terres du Golfe de Grimaud. Comme de nombreuses paroisses de Provence, Saint-Tropez avait été délaissée par sa population, victime des guerres, épidémies et disettes, les trois fléaux du Moyen-âge.

Les premiers Tropéziens, venus d'Italie ou des villages proches, construisent leurs maisons autour de la tour seigneuriale partiellement démolie, l'actuel château Suffren, place de la Mairie. Imaginons-les charriant les pierres depuis Ville-vieille, nom qu'ils donnent au village ancien situé sur les hauteurs, sans doute légèrement à l'ouest de l'actuelle chapelle Sainte-Anne, imaginons aussi les bateaux transporter les outils, les tuiles, la chaux. Quant au sable, il provient des plages proches et le bois du massif des Maures.

Ce premier Saint-Tropez se lit encore très bien dans la ville. Il s'étend de la place Garessio à la tour du Portalet. C'est à l'origine un tout petit village avec seulement trois rues : celle du Portalet, celle du puits et enfin, celle du Saint-Esprit qui existent encore. Un livre d'instructions nautiques, appelé portulan, paru dans les années 1470 décrit très sommairement ce premier village les pieds dans l'eau.

Il affirme surtout la vocation maritime du lieu en donnant quelques conseils aux marins : “Le golfe de Grimaud est un bon lieu pour crocher le fer, le fond est plat et tu y entres, et tu y mouilles l’ancre contre les maisons qui sont sur le rivage et garde-toi de deux écueils qui sont à l’entrée”. Petit à petit le port se développe et prend le dessus sur celui de Cavalaire pourtant très fréquenté depuis l'Antiquité. La ville connaît un essor remarquable durant tout le XVIe siècle et attirera marins et négociants.

LE XVIe SIÈCLE
C'est un siècle où l'on voit les terres de la petite seigneurie locale coincées entre la mer, Gassin et Ramatuelle être mises progressivement en culture. Une agriculture largement basée sur la vigne tant et si bien que la quantité de vin produite s’avèrera rapidement supérieure aux besoins de la population locale. Les Tropéziens qui regardent déjà vers le large l'exporterons vers les ports provençaux et très probablement italiens.

Ce cabotage représente une part importante de l'économie locale. Les patrons et les capitaines importent tout ce qui manque à commencer par le blé que les terres d'ici ne produisent que trop peu. Mais on importe aussi tout ce que la cité ne produit pas tel que céramiques, tissus, armes, bref tout ce qu’une cité en pleine expansion peut nécessiter. À l’inverse, les marins exportent aussi tout ce que la nature du massif des Maures offre de bois, de liège ou de châtaignes.

À côté de cette activité de cabotage la pêche se développe. On devrait même dire les pêches tant celle-ci adopte des formes variées. La petite bien sûr qui ramène sur les grèves du port le poisson consommé quotidiennement, puis à partir du XVIIe siècle la grande, celle du thon que l'on pêche avec les madragues, nom que l'on donne aux instruments de cette pêche mais aussi à la maison-entrepôt de ces pêcheurs. N'est-il pas symbolique que ce nom, qui rappelle une pêche violente qui voit la mer se rougir du sang des thons, soit devenu célèbre dans le monde entier après que la maison de ces pêcheurs a été achetée par Brigitte Bardot, une des plus grandes militantes de la cause animale ?

Il y a aussi la prestigieuse pêche du corail rouge arraché des fonds rocheux de ce massif des Maures qui plonge dans cette mer azur. Pline l'Ancien, historien romain du 1er siècle de notre ère, écrit dans son Histoire naturelle (XXXII, 11) que le littoral du sud de la Gaule abonde en corail et que celui qui bordent les îles d'Hyères est particulièrement réputé. La pêche se faisait en apnée pour le corail le plus proche de la surface ou plus souvent à l'aide d'une croix de Saint-André sur laquelle était fixée des filets qui accrochaient le corail plus profond. Les Tropéziens qui étaient spécialistes de cette pêche furent appelés dans les années 1540 par les Marseillais pour aller pêcher cet or rouge sur les côtes d'Afrique du Nord. Le corail participe ainsi à l'enrichissement de la ville qui compte près de 4000 habitants à la fin du XVIe siècle.

Ne croyons cependant pas que les Tropéziens de ce XVIe siècle ne connaissent pas de difficultés. L'installation à Alger dans les années 1510 des frères Barberousse, intrépides marins au service du sultan de Constantinople, inaugure des décennies de pirateries musulmanes sur tous les littoraux chrétiens. Saint-Tropez n'échappe pas à ces déprédations. Nombre de Tropéziens finissent en esclavage en Afrique du Nord. Certains, à l'image de Vincent Sigismond et d'Antoine Spitario parviennent à s'échapper en 1592, d'autres comme Barthélémy Magne, esclave à Tunis, meurent en captivité dans les années 1630. D'autres encore, de gré ou de force, sont convertis à la religion musulmane et deviennent à leur tour corsaires à l'image du jeune tropézien Jacques Fabre capturé à l'âge de 9 ans en 1609, circoncis de force sur le bateau qui le ramène à Tunis. En 1618, il est capturé par les Espagnols alors qu'il navigue sous le nom de Mourad. Ce danger insidieux et quasi permanent qui menace les habitants du littoral et les marins est rappelé par Nostradamus dans l'un de ses célèbres quatrains: “Non loin du port pillerie et naufrage/ De la Cieutat frapte Isles Stecades/ De Saint Tropé grand marchandise nage/ Chasse barbare au rivage et bourgades”. Les archives municipales regorgent d'allusions à ce danger. En 1518, les syndics de Saint-Tropez, nom que l'on donnait aux édiles municipaux, écrivent à ceux de Grimaud les informant que des pêcheurs ont repéré 14 voiles de Maures et de Turcs dans les mers des caps Taillat et Lardier.

En 1559, un garde du cap Lardier est tué, trois autres sont enlevés avec une femme et deux enfants. Une nouvelle attaque a lieu au même endroit en 1563 : une douzaine de Provençaux sont enlevés et une rançon immédiatement demandée.

Nous avons là la principale raison du développement de la milice bourgeoise qui existe encore de nos jours à travers le corps de bravade. À l'origine de la ville, ces hommes en arme étaient commandés par le seigneur ou par un homme honorablement connu et capable en cas d'absence du seigneur. À partir des années 1510, le seigneur qui ne réside pas souvent à Saint-Tropez délaisse peu à peu ses obligations militaires. En 1558, les autorités municipales décident de pallier cette défaillance en prenant en charge la défense de la cité en nommant annuellement un capitaine de ville. Si malgré ces dangers le XVIe siècle reste un siècle d'essor pour la ville et ses habitants, le siècle suivant est un siècle de crises.

LE XVIIe SIÈCLE
Le bel essor s'enraye en effet. Le danger barbaresque est à son apogée. Une grande partie de la flotte tropézienne est capturée. Les archives nous apprennent que de 1607 à 1625, 22 vaisseaux, tartanes et barques ont été pris ou brûlés par les pirates barbaresques. La ville s’appauvrit et perd près de 1 500 habitants. Le port mal curé se comble peu à peu des terres qui ruissèlent depuis la colline où, depuis les années 1600, une citadelle royale couronne la ville. Mais cette population qui se plaint des malheurs qui touchent sa paroisse est une population trop fière pour accepter cette citadelle, bastion du pouvoir royal, qui les oblige en plus à déplacer sur la colline voisine les moulins qui attendent chaque jour le vent et le blé d'ailleurs.

La situation semble tout aussi catastrophique au milieu du siècle. Dans les années 1660, la flotte ne se résume plus qu'à quelques tartanes et bateaux de pêche. Comme toutes les crises, celle-ci passe et on assiste à une reprise dès la fin du siècle.

LE XVIIIe SIÈCLE
Le XVIIIe siècle est marqué par une nouvelle période de développement durant laquelle les Tropéziens se tournent en nombre du côté de l'Empire ottoman. Les Turcs qui n'ont plus la maîtrise des mers voient leur commerce maritime diminuer. Pour eux, une seule solution, affréter des navires du roi de France, leur seul allié en Méditerranée depuis la signature de la paix entre François 1er et Soliman le Magnifique en 1536. Aussi étrange que cela puisse paraître, dans cet affrontement entre chrétiens et musulmans, ce sont les navires provençaux et notamment tropéziens qui vont assurer la sécurité en mer des biens et des personnes de l'Empire turc. Il faut y voir là l'expérience des marins de la petite cité provençale qui fréquentent depuis bien longtemps tous les rivages de la Méditerranée, de Gibraltar au Bosphore, d'Alexandrie à Marseille.

Les marins de la cité se mettent donc au service des sujets du sultan pour transporter biens et personnes d'un point à l'autre de l'Empire, à l'image de ce que font d'autres marins du littoral provençal. Les marins qui pratiquent ce grand cabotage, essentiellement dans le bassin oriental de la Méditerranée passent souvent la moitié de leur vie en Orient. Ils sont familiers des ports de Constantinople, de Beyrouth, Smyrne, Alexandrie, La Cannée, Tripoli... Les Trullet, les Allard, les Martin, les Guérin et bien d'autres encore, sont à l'origine de véritables dynastie de capitaines, de père et en fils. Qui se souvient de nos jours que les ancêtres du général Allard pratiquaient ce commerce dans les échelles du Levant ?

Le XVIIIe siècle est également marqué par le système des classes. Cette pratique mise en place par Colbert à la fin du siècle précédent consiste pour l'État à organiser une levée des marins français suivant ses besoins. Ainsi, les vaisseaux du Roi ont des équipages constitués de pêcheurs, d'ouvriers des chantiers navals et des marins du commerce, tous encadrés par des officiers souvent nobles. Saint-Tropez est une pépinière de marins car 6 à 7 hommes sur 10 ont une activité marine. Il n'est donc pas surprenant de les voir si nombreux appelés à Toulon pour embarquer sur les bâtiments de guerre. Ils sont plus de 200 à la bataille de Velez-Malaga, le 24 août 1704 durant la guerre de Succession d’Espagne, où la France soutient Philippe V, petit-fils du roi de France Louis XIV et roi d’Espagne contre les autres puissances européennes. L’Escadre du Levant, menée par Louis Alexandre de Bourbon, comte de Toulouse et amiral de France quitte le port de Toulon pour reprendre Gibraltar à l’amiral anglais Rooke.

C'est 10% de la population totale de la ville, plus de 60% des marins de la cité. Ils sont plus de 500 à participer à tour de rôle à la Guerre d'Indépendance américaine de 1778 à 1784, plus d'une centaine à la tragique bataille d'Aboukir qui opposa les flottes britannique et française dans la baie d'Aboukir, près d'Alexandrie en Égypte entre le 1er et le 2 août 1798. On relève les noms de plus de 70 hommes présents au large de la Crimée en 1854. Malgré la baisse du nombre de marins, ils sont encore très nombreux à porter l'uniforme pendant les deux guerres mondiales.

LE XIXe SIÈCLE
Mais reprenons le fil de notre histoire en abordant le XIXe siècle. Ce siècle sera marqué par un certain déclin qu'illustre non sans ironie et emphase Eugène Sue dans son roman La Salamandre : “Tranquille et vieux port de Saint-Tropez, patrie d'un brave amiral, du noble Suffren ! Il ne te reste plus de ton ancienne splendeur que ces deux tours, rougies par un soleil ardent, crevassés, ruinées, mais parées de vertes couronnes de lierre et de guirlandes de convolvulus à fleurs bleues... Et toi aussi, l'on peut te plaindre, pauvre port de Saint-Tropez ! Car ce ne sont plus ces fringants navires aux banderoles écarlates qui mouillent dans tes eaux désertes ; non, c'est quelquefois un lourd bateau marchand, un maigre mystic ; et si par hasard, une mince goélette, au corsage étroit et serré comme une abeille, vient s'abattre à l'abri de ton môle, tout le bourg est en émoi”. Eugène Sue a bien senti qu'une page de l'histoire de la ville était en train de se tourner. Les glorieux voyages en Orient au service des Turcs étaient déjà un lointain souvenir, mais ce que semblait ignorer Eugène Sue, bien qu’amateur éclairé d’histoire maritime, c’est tous ces hommes naviguant sur les mers du globe au fil des côtes africaines ou à destination des Antilles pour des voyages au long cours. Lorsque son roman parut en 1832, Saint-Tropez se cherchait un avenir, et c’est avec la vitalité des chantiers naval de l’Annonciade que la gloire de la ville renaîtra au milieu du siècle.

Alors que les chantiers de La Ciotat et La Seyne se spécialisent dans la construction des vapeurs à coques métalliques, ceux de Saint-Tropez continuent à répondre à la forte demande de voiliers en bois. Les Tropéziens construisent de plus en plus grands. Les bricks et les trois-mâts sont réputés dans tous les ports méridionaux du pays. Les constructeurs tropéziens vendent leurs voiliers aux capitaines de la plupart des ports français méridionaux, d'Agde jusqu'à Antibes. Mais ce sont les armateurs et capitaines marseillais qui achètent les plus belles constructions aux Tropéziens. C'est ainsi, qu'Augustin Fabre, pour ne citer qu'un exemple, le grand armateur de la cité phocéenne des années 1830, achète au constructeur Jacques Bory, un grand trois-mâts de plus de 40 mètres qu'il nomme le Luminy, nom de sa propriété marseillaise.

Dans le même temps, les Tropéziens de la seconde moitié du XIXe siècle se détournent cependant petit à petit de la mer, mais nombreux sont ceux qui poursuivent encore le métier de leurs ancêtres. Ils passent de plus en plus le détroit de Gibraltar pour naviguer sur toutes les mers du monde à bord de grands trois mâts naviguant de l'océan Indien à la mer de Chine, le long des côtes africaines, de Gorée à Zanzibar, fréquenter les ports de La Havane, New York, Valparaiso ou San Francisco.

Les voyageurs de passage, à l'image de Guy de Maupassant ou ceux qui finissent par se fixer dans le petit port comme le peintre Paul Signac voient surtout chaque jour les pêcheurs revenir à quai faire sécher et remailler leurs filets pendant que les épouses vendent le poisson, en ignorant la vie de ces marins au long cours. Le mythe du charmant petit port de pêche naît ainsi.

Pourtant jusque dans les années 1920 encore, de grands capitaines de la cité commanderont parmi les plus belles unités de la marine marchande française sur les grandes lignes du Havre à New York ou de Marseille à Yokohama. En 1903, c'est même un Tropézien, Ignace Gardanne qui bat le record de traversée entre l'Angleterre et le Chili en 56 jours. Dans ce même temps, la petite cité attire ceux qui recherchent le calme, un bout du monde, isolé du reste de la Provence par le massif des Maures.

Émile Ollivier, le dernier chef de gouvernement de Napoléon III ouvrit la voie dès 1862, suivi à la fin du siècle par Octave Borrelli, bey du vice-roi d'Egypte qui fit construire un grand château qui porte encore son nom. La bâtisse couronne encore de nos jours les Parcs de Saint-Tropez. Les peintres, l'histoire est bien connue, mais aussi les écrivains puis les cinéastes après la Première Guerre mondiale s'installent dans la cité et dans le golfe.

C’est ainsi que Saint-Tropez change de visage une nouvelle fois. Rapidement le petit port devient très à la mode à cette époque et le célèbre homme de spectacle Léon Volterra n'y sera sans doute pas pour rien. Il fera l’acquisition en 1926 du château Camarat qui deviendra Voltera où furent accueillis entre autre Raimu avec qui il monta Marius de Marcel Pagnol au Théâtre de Paris, ou encore Colette qui commençait à s’offusquer de l’attrait trop touristique que prenait la ville. Volterra deviendra même maire de Saint-Tropez de 1935 à 1941. Le film de Jean Godard Pour un soir tourné dans la cité en 1931 avec dans le rôle principal Jean Gabin illustre magnifiquement ce Saint-Tropez des années folles qui perdurera encore quelque temps.

De nombreux autres films seront tournés à Saint-Tropez. On y rencontre des réalisateurs qui viennent raconter une histoire se passant en Provence comme Jean Choux qui tourne en 1929 La servante mais aussi plus curieusement ceux qui racontent une histoire dont l’intrigue se passe sous les tropiques. Ainsi, l’origine du nom de la plage de Tahiti est un hommage à la mémoire du tournage du film Aloha le chant des îles qui sortira en salle en 1937. L'année suivante c'est The Beachcomber qui sort en salle avec dans le rôle principal l'immense acteur Charles Laughton.

Après la Seconde guerre mondiale, Saint-Tropez sera plus à la mode que jamais. Les réalisateurs reviennent et dès 1954 sort en salle les Corsaires du bois de Boulogne de Norbert Carbonnaux assisté de Georges Lautner. Puis viendra le choc de l'année 1956 avec le mythique film de Roger Vadim Et Dieu créa la femme tourné en 1955 et auquel le célèbre club de la plage de Pampelonne doit son nom.

Pour la suite, nous connaissons mieux l’histoire, certainement parce que plus récente, qui verra naître le tourisme de masse et la notoriété de la ville se confirmer. Le monde entier - toutes classes sociales confondues - passe par Saint-Tropez où on lance la mode dans les années 60 et où l'on continue à tourner chefs-d'œuvre et nanars. Le port demeure aujourd'hui le plus célèbre port de plaisance du monde et la presqu'île reste encore, malgré de réels désordres environnementaux dû à sa surfréquentation, un des coins du littoral du sud de la France les plus préservés et les moins artificialisés. Et on l'aura compris, derrière une image festive se cache une histoire riche et plus secrète, celle de Tropéziens qui génération après génération ont fait le Saint-Tropez d'aujourd'hui.
Source : article trouvé sur le site https://www.bigisaguide.com/articles/fragments-dhistoires

Dorothea Lange, une femme engagée dans le documentaire photographique, pour Nadine

Aujourd'hui encore, je veux mettre à l'honneur une femme remarquable de mon panthéon personnel et cette fois-ci ce mail-art est destiné à mon amie suisse qui sait apprécier la photographie. Voilà pourquoi  je pense que l'univers capté par Dorothea Lange saura lui plaire, elle qui s'est appliquée à immortaliser  des moments singuliers dans la vie des gens simples dans une période si particulière aux USA.

A travers ses photos, Dorothea Lange s’est fait la porte-parole de l’Ouest américain abandonné lors de la Grande Dépression des années 1930 ; la  période même décrite par John Steinbeck dans son roman "Les raisins de la Colère". 

en haut en partant de la gauche : autoportrait de  Dorotea Lange  / famille de migrants avec sur la droite de la tente la célèbrissime "Migrant mother" 1936 /
en bas, en partant de la gauche : Famille de migrants qui a voyagé en train de fret jusqu’à la vallée de Yakima, 1939 / Famille sur la route Oklaoma 1938 / Jeune garçon en train de travailler dans les champs
verso : citations et deux timbres édités par les USA sur deux photos particulièrement importantes dans sa carrière :
 la mère migrante et le travailleur migrant

Je suis heureuse d'avoir retrouvé un tout petit peu d'énergie aujourd'hui et j'en ai profité pour élaborer quelques correspondances qui ne pouvaient souffrir davantage de retard. Chère Nadine, je t'en souhaite une très bonne réception.

 *** Dorothea Lange, pionnière du documentaire social  ***
Autoportrait en 1936
La photographe américaine, Dorothea Lange (1895-1965), est souvent réduite à une seule photo Migrant Mother, devenue une icône. Le Jeu de Paume lui consacre une exposition passionnante (en 2018) et très documentée, levant le voile notamment sur un épisode méconnu de l’histoire des Etats-Unis : l’internement des citoyens américains d’origine japonaise en 1942. Retour sur le parcours d’une femme engagée qui a fait de la photographie un outil documentaire et politique.

« Il faut vraiment utiliser l’appareil photo comme si on devait être frappé de cécité demain »
Dorothea Lange :

Dorothea Nutzhorn (1895-1965) naît dans le New Jersey dans une famille d’immigrants allemands de la deuxième génération. Dès l’âge de dix-huit ans, elle se lance dans la photographie et apprend son métier d’abord à New York, auprès des photographes portraitistes de studios renommés comme Arnold Genthe ou Clarence H. White. Après 1900, le pictorialisme vit encore de belles heures ; et les premiers travaux de Lange révèlent une pratique de la photographie d’art, même si elle semble avoir manifesté dès le début un intérêt pour le social. « Sa capacité prononcée à s’identifier aux figures marginales de la société a très certainement ses racines dans les séquences émotionnelles laissées par les deux événements que sont le handicap et la perte du père », souligne Sandra S. Philips. En effet, à sept ans, Dorothea contracte la poliomyélite, sa jambe droite restera déformée. Cinq ans plus tard, le père abandonne sa famille.

En 1918, elle ouvre son propre studio à San Francisco et adopte le nom de jeune fille de sa mère, Lange. Son studio devient un centre de la vie artistique de la ville et lui offre une indépendance financière. Mariée au peintre Maynard Dixon, elle est mère de deux garçons. Même pour elle, qui est depuis longtemps une portraitiste bien implantée dans le milieu local, le krach boursier de 1929 et la crise économique qui s’ensuit, représente une césure dans son cursus professionnel.

« Les gens que ma vie a touchés », 1932-1934 
En 1932, au cœur de la Grande Dépression, Dorothea Lange se détourne du portrait de studio pour se concentrer sur des scènes de rues et montrer les conséquences de la récession à San Francisco ainsi que l’agitation sociale qui y règne. Elle photographie manifestations et personnes sans abri. Ses portraits urbains comme White Angel Breadline (1933) deviendront plus tard autant d’images représentatives de cette période. Car pour la photographe, « le but n’est pas la bonne photographie, mais les implications de la photographie. »

Cette période de deux ans marque un tournant dans sa vie : elle prend conscience de l’importance de la condition humaine dans son travail. Son traitement novateur attire l’attention de Paul Schuster Taylor, professeur d’économie à l’université de Californie à Berkeley et spécialiste des conflits agricoles des années 1930 ; il deviendra plus tard son second mari. En 1934, il utilise l’une des photos de Lange pour illustrer son article consacré à la grève maritime la plus longue et la plus importante de l’histoire des Etats-Unis.

L’investigation documentaire – le récit de la migration, 1935-1941
En 1935, Lange accompagne Taylor sur le terrain ; l’objectif : rendre compte de la situation des migrants ayant quitté le Middle West pour la Californie rurale. Taylor se sert des photographies de Lange pour illustrer les articles qu’il publie dans Survey Graphic, de même que les rapports qu’il adresse aux autorités fédérales. La force des images de Lange est telle que les pouvoirs publics entreprennent de construire des camps d’hébergement au profit des travailleurs agricoles migrants, dans le cadre de la politique du New deal définie par Roosevelt. L’un des programmes : la Farm Security Administration, aboutit à la création des plus vastes archives photographiques jamais constituées aux Etats-Unis : regroupant plus de 130 000 négatifs, elles rendent compte de la contribution du New Deal à l’endiguement de la pauvreté dans les régions rurales.

Dorothea Lange, qui a couvert vingt-deux Etats différents, s’est vu confier deux contrats, l’un portant sur la période 1935-1937, l’autre de 1938 à la clôture du programme en janvier 1941. Elle considère que les photographies qu’elle réalise dans ce cadre font partie intégrante de son œuvre. Elle produit à cette occasion des images iconiques, comme Migrant Mother.

Un an plus tard, Lange et Taylor sont engagés par des agences fédérales instituées dans le cadre du New Deal de Roosevelt. Durant trente ans, leur relation professionnelle et personnelle se nourrira d’une volonté commune de créer un récit qui rende compte par le texte et l’image de quelques-unes des grandes étapes de l’évolution de la société américaine. Ils vont comme de nombreux autres photographes et sociologues être chargés de documenter les politiques agricoles fédérales. Ils publient en 1939 An American Exodus : A Record of Human Erosion qui témoigne des conditions sociales dans les Etats ruraux. Avec cet ouvrage, ils font connaître au grand public le récit des déplacements de population et la précarité de l’époque de la Grande Dépression. Le média photo est un outil documentaire et politique.

Dorothea Lange se détourne de l’agriculture industrialisée pour s’intéresser à une nouvelle forme de migration intérieure celle provoquée au début des années 1940 par l’expansion galopante des industries, des programmes de formation navale et les organisations de défense militaire dans la région de la baie de San Francisco. C’est dans ces zones urbaines que s’est installée une partie de la population autrefois méprisée et rejetée de travailleurs agricoles migrants, les « Okies », qui désormais contribuent fièrement à l’effort de guerre.

En 1944, Dorothea Lange est chargée par le magazine Fortune de photographier les chantiers navals Kaiser, jeune entreprise fondée à Richmond pour soutenir cet effort et qui emploie à cette époque près de 100 000 ouvriers non qualifiés grâce à la mise en œuvre de techniques révolutionnaires de fabrication et d’assemblage. Elle photographie les rotations des équipes de trois-huit, l’intense activité du chantier naval, la diversité de la main d’œuvre, les conditions de vie mais aussi l’isolement et la solitude des nouveaux venus, et en particulier des Afro-Américains qui demeurent des parias. Elle s’intéresse également au nouveau statut de la femme, devenue ouvrière dans le secteur industriel.

« Une photographie documentaire n’est pas en soi une photographie factuelle. C’est une photographie qui communique entièrement le sens et la portée de l’épisode, ou de la circonstance, ou de la situation, lesquels – parce qu’il n’est pas vraiment possible de les montrer – ne peuvent être révélés que par cette autre qualité. En fait, on ne peut pas vraiment parler de guerre entre l’artiste et le photographe documentariste. Un photographe doit être les deux. »

Pour voir davantage de photos, voici un lien expliquant 10 des plus célèbres d'entre elles.

Les saltimbanques de la troupe "Graines de bonheur" semant l'art dans la rue, pour PJC de Lambesc

En France, il exist(ait)e de nombreux festivals sur les arts dans la rue, comme par exemple le plus connu celui d'Aurillac, mais aussi ceux de Châlon dans la rue, les Accroche-coeurs d'Angers, les Turbulences à Vieux-Condé dans le Nord de la France ou encore à Ramonville Saint-Agne. Espérons qu'avec les restrictions budgétaires de plus en plus drastiques pour tout ce qui concerne la culture menées dans les municipalités, la bonne humeur de ces manifestations bon enfant et le partage avec les habitants continueront encore longtemps de ravir les spectateurs.
Pour répondre au concours de mail-art 2026 du PJC de Lambesc dédié aux arts de la rue, j'avais vraiment l'embarras du choix, entre théâtre de rue, acrobaties, jonglages, cracheurs de feu, échasses,  musiques et danses urbaines, yarn-bombing (tricot), street-art etc... J'ai finalement choisi de représenter les saltimbanques qui défilent parmi les passants, pour des animations estivales dans les villes ou les villages, déguisés ou montés sur des échasses, ce qui plait toujours beaucoup. 
Sur fond de dentelle ancienne, avec le timbre édité par la Poste sur les arts de la rue 
une médaille ancienne d'immatriculation d'un saltimbanque et un spectacle de la rue 
(photo de "Graine de bonheur" de la Compagnie libre visible sur le site https://www.compagnielibre.com/la-cie  )

Graines de Bonheur - Spectacle de rue musical et enchanté avec 3 artistes musiciens et comédiens - déambulation avec échasses pneumatiques

Une graine de Bonheur/Arrosée de bonne humeur/Dans le cœur des enfants/Dans le sourire des passants!!!  
Elle vous fera choisir la graine qui vous parle. Vous pourrez alors la planter avec précaution, l'arroser, la bichonner. Plantin, le jardinier du bonheur musicien sera là pour vous aider
- le pavot fou
- le piment plein de surprise 
- le petit pois pour gagner en légèreté... et tant d'autres...
Tournesol, leur ami l'épouvantail sera là pour surveiller votre plantation et s'assurer qu'aucun prédateur ne s'approche trop près du bonheur fraîchement semé.

Ces trois personnages nous invitent à questionner notre relation au bonheur tout en créant un environnement poétique, plein de surprises - l'épouvantail immobile, haut perché sur ces échasses pneumatiques, se met à courser les intrus s'approchant de trop près. Gare à vous !

Je souhaite  une très bonne réception de ce mail-art textile à l'organisation en charge de ce concours, la félicitant de continuer à proposer de tels challenges aux mail-artistes, car bien que non philatélistes, nous avons notre propre manière d'apprécier les timbres et de les mettre en valeur. Merci de considérer cet art "mineur qu'est l'art postal : encourager sa pratique est un bon moyen de faire se rencontrer toutes les générations autour d'un projet, et à faible coût, juste celui du timbre. 

Merci à vous et rendez-vous au prochain concours.
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Les arts dans la rue se manifestent maintenant largement  par le street-art, de plus en plus apprécié des habitants des villes. Je vous invite ci-après à une ballade dans le 20e arrondissement de Paris, où l'expression artistique sur les murs est très riche.

Street art dans le 20e arrondissement - épisode 1/3

Street art dans le 20e arrondissement - épisode 2/3

Street art dans le 20e arrondissement - épisode 3/3 
3 vidéos publiées sur le youtube de France3 Ile de France  
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Voici une  autre forme assez largement représentée dans les arts de la rue : ce sont les artistes de cirque déambulant sur échasses, sous des déguisements joyeux. 
Les échassiers  du cirque d'antan - une déambulation spectacle d'Eklabul 
vidéo publiée sur leur chaine Youtube

100 dessins pour Gaza : Expo dans l'Hérault + Livre de dessins de presse pour soutenir les familles des journalistes palestiniens

Je relaie aujourd'hui un article important publié sur le blog de mon ami Éric Babaud. 

S'il est évident qu'on ne pourra pas tous se rendre à l'exposition prévue à Ganges dans l'Hérault pendant presque un mois, il me semble capital de ne pas passer à côté de la publication d'un livre de dessins de presse sur Gaza car : 
- non,  utiliser le mot de génocide n'est pas trop fort pour parler de l'ensemble des atrocités perpétrées contre les civils sur le territoire de Gaza, là où de très nombreux journalistes ont perdu la vie en tentant de nous tenir informés de ce qui s'y passait, au grand dam du gouvernement israélien qui interdit tout accès à la presse internationale
- non, nous ne pouvons pas continuer d'occulter ce crime contre l'humanité qui a lieu sous nos yeux, car se taire c'est être complice. 

Contrairement à ce qui est dit dans la vidéo, ce livre a déjà été publié (financé via la plate-forme Ulule) 
Il est disponible dans toutes les bonnes librairies au prix de 23 Euros depuis janvier 2026.
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Exposition 100 dessins pour Gaza
du jeudi 24 septembre au dimanche 11 octobre 2026
24 rue Jeu de Ballon à Ganges (Hérault)
Du jeudi au samedi de 10h30 à 12h30 et 16h à 18h30, dimanche de 10h à 12h30

100 dessins pour Gaza

Dans le cadre du festival antifasciste et solidaire Les fourmilières, de l’autre côté présente l’exposition 100 dessins pour Gaza en présence de Jérôme Sié, dessinateur de presse, créateur et coordinateur du projet.

100 DESSINS POUR GAZA réunit plus d'une centaine d'artistes du monde entier. Jérôme SIÉ précise : “Ce n’est presque rien, un dessin. Cela parle à tout le monde. Quel que soit son âge, sa condition. Les dessinateurs et dessinatrices de presse travaillent avec ce matériau anxiogène qu’est l’actualité. Nous avons le devoir de faire rire, ou de faire réfléchir à partir de ce matériau-là. Nous sommes donc sensibilisé·es à l’égalité, à l’injustice. Les images qui proviennent de Gaza sont insoutenables. Elles nous laissent sidérés, impuissants, inutiles. Gaza est devenue le symbole de cette injustice mondiale. Les vraies voix de la paix sont moquées, diffamées, brutalisées.
Créer des images pour décrire une réalité qui crève pourtant les yeux ? C’est tout le paradoxe du dessin de presse, qui permet un pas de côté, et stimule à la fois l’affect et l’intellect.”
100 dessins pour Gaza est un livre collectif et caritatif en soutien aux journalistes palestiniens. Fabriqué depuis le Tarn, 126 dessinateurs du monde entier ont participé à ce livre, à l'initiative de Jérôme Sié.

Les bénéfices de ce livre leur seront reversés. Car, plus que jamais, notre époque a besoin d'un journalisme libre pour déjouer les fake news, les propagandes et les manipulations. À l'heure où s'écrivent ces lignes – janvier 2026 –, 250 journalistes ont été tués, 530 blessés, 120 institutions détruites par l'armée israélienne, qui interdit tout accès à la presse internationale sur ce territoire.
Parmi les contributrices et contributeurs figurent de grands noms de la bande dessinée et du dessin de presse du monde entier, notamment Art Spiegelman et Joe Sacco, Altan, Aurel, Ben Jennings, Angel Boligán, Emil Ferris, Philippe Geluck, Marilena Nardi, Ann Telnaes (prix Pulitzer 2025) Willem, Wozniak, mais aussi les dessinateurs palestiniens Mohammad Sabaneeh et Safaa Odah, et bien d’autres encore.

24 septembre 2026

L'homme orchestre pour l'EANM la Borie de Graves de Villefranche-de-Rouergue

Je réponds aujourd'hui à un appel à mail-art connu très tardivement, sur le thème de la musique,  destiné à être distribué aux pensionnaires résidant dans l'Établissement d'Accueil Non Médicalisé La Borie de Graves à Villefranche-de-Rouergue (personnes agées dépendantes, personnes handicapées).

Je trouve cette initiative de la Fondation Optéo remarquable car tout doit être fait pour apporter joie et fantaisie à ces personnes qui ont souvent une vie un peu en marge de la société, et cela me fait énormément plaisir de pouvoir leur apporter une petite "respiration".
Réalisé sur fond papier enveloppe retournée + bandeau de dentelle brodée
Photo d'un artiste musicien multiple, officiant dans la région de Lyon,
un de ces hommes-orchestre comme le fut Remy BriCka quand j'ai étais gamine 

Je souhaite une très bonne réception de ce mail-ail à l'équipe d'animation du Centre et j'espère qu'elle pourra un petit peu égayer les pensionnaires de l'établissement à qui je souhaite de recevoir pléthore d'art postal sur la musique.  

Ceci n'est pas un pull, pour les Châtelaines du Château de Latour-sur-Sorgue

Maintenant que les grosses chaleurs sont passées (enfin je l'espère), j'ai pu ressortir mes aiguilles à tricoter pour répondre à l'appel lancé ici par les Châteleines du Château de Latour-sur-Sorgue, en vue d'une journée autour de la laine et du tricot le 11 octobre prochain.

Pour réaliser ce mail-art je me suis inspiré de la couverture d'un livre que j'ai aménagé à ma façon, remplaçant des lettres tricotées par des lettres brodées avec de la laine.

composition directement inspirée de la couverture du livre
 "Le tricot et le crochet dans l'art contemporain" de Charlotte Vannier
Je souhaite à l'organisation aveyronnaise une très belle journée autour de la laine et du tricot, ainsi qu'une bonne réception dans les meilleurs délais de ma petite création. 

23 septembre 2026

De l'art brout, avec du carton ondulé et trois bouts de ficelle, par Christian

Quand on dit que l'art postal peut faire plaisir à peu de frais, c'est tout à fait vrai : il suffit de voir comment l'"art brout" de Christian (comme il le définit) sait m'enchanter avec ces créations toujours plus ingénieuses les unes que les autres. 

Et s'il fallait convaincre les personnes dubitatives, regardez comment, à partir d'une chute de carton révelant ses ondulations et un bout de cordon tressé, Mr R a su en faire la tête d'un personnage saugrenu et singulier.

Merci infiniment, Christian, de ton amitié, de ta fidélité et de ta très grande créativité.

Les rues de l'humanité : une superbe nouvelle chanson de Noé Preszow

Décidément ce jeune chanteur belge me plait beaucoup : à chaque nouvelle chanson de lui que je découvre, j'ai toujours une grande émotion qui m'envahit.

J'apprécie infiniment ses textes empreints d'infiniment d'humanité, justement, ce sentiment-là, vous voyez, celui qui fait que vous n'ètes pas indifférents à ces personnes que vous croisez dans la vie de tous les jours, dont les galères sont de plus en plus importantes, mais qui s'accrochent de toutes leurs forces à l'espoir pour pouvoir continuer à vivre dignement, à quand même garder la tête haute et pouvoir se regarder dans un miroir. Combattre le désenchantement que ce 21e siècle est en train de nous préparer comme avenir commun, avec Noé. 

Merci Noé, j'ai envie de partager tes paroles et ta musique, même si ci-dessous on ne peut pas te voir encore en vidéo. 


Les rues de l’humanité, par Noé Preszow

Ces deux gars dans la ville qui marchent main dans la main
sans laisser transparaître le courage qu'ils cachent
et puis qui te racontent au détour d'un matin
combien ils se sont pris de coups sans qu'on le sache

cette prof qui revient d'un dernier jour d'école
et qui dit cette fois, c'est fini, j'arrête tout
je refuse tout autant de mettre des heures de colle
que de m'faire menacer par des familles à bout

ce poète qui a tout pour être Rimbaud
dont les oeuvres n'iront pas plus loin que sa chambre
et cette comédienne rêvant loin des plateaux
qui répète dans sa tête de janvier à décembre

il a fui sa maison, échappé aux combats,
dit au revoir à sa femme, embrassé ses deux filles,
traversé le Sahel pour en arriver là
dans l'attente que la chance se souvienne de lui

Dans les rues de l'humanité
on est de plus en plus serrés
quand ça va mieux, ça devient pire
plus de passé que d'avenir

Dans les rues de l'humanité
ça sent la peur, ça sent la haine
mais bizarrement, ça tient quand même
on est de plus en plus serrés

Ces deux parents penchés au bord d'un berceau vide
l'enfant tant attendu n'est pas venu vivant
et l'envie de cogner à ce destin stupide
pourtant il faudra bien vivre dès à présent

ce foulard enroulé autour de cette tête
pour cacher les cheveux que les traitements emportent
et qui danse pourtant au milieu de la fête
il n'y a rien à dire il faudra être forte

toutes ces voix qui s'échappent de cette prison immense
pour atterrir en vrac jusque dans ton salon
au 21ème siècle, c'est fou quand on y pense
qu'on ait rien trouvé d'autre mais au fond y pense-t-on ?

et cette agricultrice qui ne demande pas mieux
que de joindre les deux bouts en sauvant la nature
qui ‘regarde une dernière fois son troupeau dans les yeux
et ravale ses larmes en refermant la clôture

Dans les rues de l'humanité
on est de plus en plus serrés
quand ça va mieux, ça devient pire
plus de passé que d'avenir

Dans les rues de l'humanité
on est de plus en plus serrés
ça sent la peur, ça sent la haine
mais bizarrement, ça tient quand même

Cet alcool qui absorbe les désirs, les détresses
en mettant à genoux plus de gens qu'on n'le pense
mais comment démêler le poison de l'ivresse
sans flinguer sa santé, ses rêves, sa clairvoyance

ce visage creusé en début de vingtaine
l'angoisse d'à peu près tout ce qui fait notre époque
a déserté les cours depuis plusieurs semaines
barricadé derrière la porte de sa coloc

cet animal en sang sur la route enneigée
suffocant après une course ininterrompue
le tir a retenti dans toute la vallée
la forêt s'est figée et la vie continue

dans l'évidence folle du désastre annoncé
et alors que la lune s'apprête à disparaître
je m'accroche à mes rêves et à l'inespéré
espérant que la chute nous verra renaître

Dans les rues de l'humanité
on est de plus en plus serrés
quand ça va mieux, ça devient pire
plus de passé que d'avenir

Dans les rues de l'humanité
on est de plus en plus serrés
ça sent la peur, ça sent la haine
mais bizarrement, ça tient quand même
ça tient quand même
ça tient quand même
ça tient quand même
ça tient quand même

21 septembre 2026

Citation en vert pour une nouvelle belle dame nature, de L'Être anonyme

L'Être anonyme ne manque pas de ressources pour trouver de belles citations relatives à la nature, que nous aimons tant. Cette fois elle fait appel au grand dessinateur de mangas et réalisateur de films animés de grande qualité : Hayao Myazaki 


"C'est grâce à la NATURE que nous sommes en VIE" 

La couleur verte domine sur cette enveloppe pour représenter cette nature tellement attaquée et pourtant tellement essentielle à toutes les formes de vie. 

Merci Catherine, plus rien ne t'arrête, je suis définitivement "à la ramasse" et vais avoir un sacré retard à combler quand je vais me remettre à mailarter vraiment. Merci infiniment de ton amitié et de ta fidélité.

Hommage au beau métier de tailleur de pierre, de France

Lorsque nous étions très actives toutes les deux sur le forum d'art postal "Mailarter à l'infini" à partir de 2015, nous nous prêtions avec bonheur à ce jeu pratiqué entre une dizaine de personnes pré-inscrites. Cela consistait à recevoir un mail-art d'un correspondant contenant un timbre imposé, qu'on devait utiliser pour en faire une enveloppe nouvelle, sur le thème du timbre. Lorsque la composition était terminée, nous glissions à notre tour un autre timbre dans notre mail-art, afin que le jeu se renouvelle pour le correspondant suivant. 

Récemment, nous avons décidé de nous y remettre, puisqu'il est tout à fait possible d'y jouer à deux. C'est en pensant à Jean-Paul Belderbos, alias Ursu, notre ami mailartiste commun récemment disparu, que je lui avait adressé en catimini le timbre relatif à son beau métier de tailleur de pierre, ci-dessous. 

 

Et c'est avec beaucoup de joie que je reçois  aujourd'hui sa création autour du timbre. France a su utiliser les couleurs et l'aspérité même de la pierre dans les matériaux qu'elle a utilisés pour composer cette enveloppe mettant à l'honneur ce dur mais beau métier.


"Tailler, graver, fouiller, sonder la matière brute pour faire émerger le métier d'art"
 
Je suis contente de savoir que l'une comme l'autre avons toujours en mémoire ce bel artiste qu'était Ursu, et sa très grande générosité et que nous avons pris beaucoup de plaisir à évoquer sa mémoire. 

A mon tour, après avoir lu le petit mot d'accompagnement dans l'enveloppe de découvrir un nouveau timbre à illustrer dans ma prochaine correspondance pour France. Vous le connaîtrez au moment où je confectionnerai mon mail-art de réponse à France, que je remercie vivement pour ce bel échange.

20 septembre 2026

« La prochaine victime, ça pourrait être toi ou moi » : avec des milliers d'autres français je dis NON au permis de tuer!

Bien sûr, j'avais déja signé la pétition qui recueillit plus de 730 000 signatures et qui a été écartée négligemment par le gouvernement qui n'en a eu cure. 

Alors aujourd'hui, haut et fort je dis NON au permis de tuer !

Totalement en accord avec la démarche de nombreuses organisations qui se sont ralliées à ce grand mouvement unitaire dans de nombreuses villes en France, c'est mon état physique uniquement qui m'empêche d'être dans leurs rangs. 

(Stop aux Violences d'État [SAVE], le collectif à l'origine de cette mobilisation nationale, Comité Justice pour Adama et de nombreux autres comités de familles de victimes de violences policières, Amnesty International France, La Ligue des Droits de l'Homme, Utopia 56, Urgence Palestine,  ATTAC France, Les Soulèvements  de la Terre, Extinction-Rebellion, Nous-toutes, plusieurs syndicats de la Magistrature et de la Justice, plusieurs syndicats de l'Education et de la Fonction Publique, le Syndicat des Avocats, les partis LFI, EELV, PS et NPA, les syndicats CGT, FSU SNUipp, Solidaires Sud Education, et beaucoupo d'autres collectifs qu'il serait trop long d'énumérer ici)

Mais j'en fais une cause importante à défendre, tant il est impensable de laisser passer une telle loi, où l'Etat ne protège plus les citoyens en accordant systématiquement la légitimité à tous les tirs policiers, sans qu'il ne soit possible désormais d'en contester la justification et rendant ainsi impossible tout jugement ultérieur.

Pas besoin d'être grand observateur pour remarquer la droitisation extrême des forces de police, depuis longtemps déjà,  mais plus encore depuis l'ère d'Emmanuel Macron où les policiers ressemblent à des RoboCop et sont équipés d'armes létales qu'ils n'utilisent pas toujours à bon escient. 

Déjà aujourd'hui, à chaque fois qu'il y a mort d'homme (souvent des jeunes des quartiers, racisés, dans les banlieues et les quartiers, ou dans les manifestations bon enfant où des familles viennent réclamer leur droit à l'accès à l'eau, par exemple, comme à Sainte Soline),  les auteurs de ces délits ne sont pas incriminés, l'IGPN leur accordant très souvent le bénéfice du doute, les laissant en activité sur place ou au pire en les mutant à une autre entité. Devant cette impunité de fait, pourquoi se gêner?

Zyed Benna et Bouna Traoré mouraient dans un transformateur électrique, en fuyant un contrôle de la BAC le 27 octobre 2005. Depuis, le nombre de décès suite à une interaction avec les forces de l’ordre n’a cessé d’augmenter.162 personnes sont mortes suite à une tentative de contrôle de police.

Attention, je n'encourage absolument pas les délits, ni les vols, ni les pillages ni toutes les autres comportements insupportables au regard de la loi, et ne dit pas qu'il ne faut pas d'interventions policières à chaque fois que c'est nécessaire mais cela doit rester dans le cadre applicable à tous les citoyens français, même s'ils sont issus de l'immigration. On peut se demander pourquoi cette jeunesse-là est autant traquée? pourquoi y-a-t il un tel délaissement des services publics dans les banlieues où ils sont cantonnés, souvent avec peu d'espoir  dans un avenir meilleur? 

Pourquoi aussi les mouvements sociaux sont-ils autant encadrés avec des moyens totalement disproportionnés : des camions Centaure, des brigades entières de CRS et des équipements comme pour une guerre civile pour museler et coincer dans des nasses, toute manifestation rassemblant des ouvriers, des syndicats, des militants écologistes, alors que le droit de manifester en France, à ce jour, ne me semble pas aboli, n'est-ce-pas ?  Enfin on voit bien que l'Etat de droit recule de plus en plus, que ce soit dans la liberté d'expression comme dans la liberté de manifester. 

On peut parler aussi en 2018 de la  fin tragique de Zineb Redouane qui a été touché chez elle dans son appartement à Marseille d'un tir dans le visage fait toujours l'objet d'une enquête qui a été changé déja trois fois de juridiction, après des déclarations très contradictoires entre les témoins et les acteurs de la scène et la version officielle du parquet. Personne n'a oublié les mains arrachées, et les yeux éborgnés des manifestants Gilets Jaunes, encore un record de violence, ces mutilations sont à mettre au crédit de la volonté de notre cher Président et de son mépris du peuple. 

Je souhaite beaucoup de succès à ces marches unitaires en de nombreuses villes, en espérant qu'elles ne seront pas entachées par des bousculades ou des provocations (avec des bandes de Bad-block venues pour en découdre) et que le peuple français pourra exprimer haut et fort son refus de se voir ainsi traiter par cette Police qui ne craint plus personne et qui se sent au contraire tellement soutenue par l'extrême droite aux portes du pouvoir. 

Lien sur le site de SAVE Stop Aux Violences d'Etat : de quoi mieux comprendre le vocabulaire juridique, les institutions, les armes, les procédures et les mécanismes de l'impunité.