2 octobre 2026

Des fleurs et de la douceur pour les résidents du Dispensaire psychoneurologique n° 2 de Lviv en Ukraine

En réponse à l'appel à mail-art international que j'avais relayé sur ce blog,  j'ai confectionné un mail-art textile qui, comme tous ceux qui seront reçus, sera distribué pour venir en aide aux résidents hospitalisés dans ce dispensaire de Lviv.

Nous avons nous encore la chance (pourvu que cela dure) de ne pas connaître les atrocités de la guerre, les sirènes, les alertes, les blessés, les morts, alors il m'importe de donner un peu de mon temps pour les aider à revivre après de tels épreuves, si l'art postal  peut y faire quelque chose.
photo trouvée sur Pinterest sans légende pour en préciser l'auteur
J'ai volontairement choisi une couleur douce et une scène bucolique tranquille, un peu vintage avec cette vieille chaise désaffectée et ce broc en métal servant de vase : j'aime cette scène pleine de poésie pour apporter de la douceur et de l'apaisement à ces personnes tellement traumatisées.

J'espère que ce mail-art textile leur parviendra sans encombre et qu'il leur apportera un peu de baume à l'âme. 

Parmi les fleurs du jardin, jolie scène de tendresse, pour Marie

Je n'ai pas souvent des nouvelles de Marie mais je la sais terriblement occupée et plus trop disponible pour l'art postal, c'est pourquoi je ne l'oublie pas alors que s'annonce prochainement son anniversaire.

Marie est également une grande amatrice de peinture, l'aquarelle en ce qui concerne sa pratique (quand elle en trouvait le temps)  mais je connais à peu près ses goûts. 

Aussi cette scène de tendresse entre mère et enfant (que je ne savais pas imputable à Gustave Klimt ) m'a semblé tout à fait en adéquation avec le tempérament de Marie et adaptée à ce qu'elle aime. 

Copie sur tissu d'une célèbre peinture de Gustav Klimt  : Mère et Enfant

Chère Marie, je te souhaite un très heureux anniversaire.

J'espère que ce  mail-art te parviendra en bon état (pas comme le précédent) et que tu seras en pleine forme lorsque tu le recevras. Les vacances approchent et le temps est encore doux, tu vas pouvoir en profiter un peu. 

Quelques plumes et un oiseau joli pour fêter l'anniversaire de Nadine

Je souhaitais absolument faire un petit envoi sympa pour fêter son anniversaire à Mamymail, toujours fidèle malgré les épreuves que la vie lui envoie, quand bien même je m'y suis prise en retard cette année. 

J'ai trouvé une très belle photo sur internet d'une bague ancienne magnifique, en or,  très travaillée, avec un bel oiseau que j'ai choisi de mettre en valeur avec quelques vraies plumes en complément. 

la copie de la photo provient d'un site de vente en ligne de bijoux :
cette bague est définie comme vintage en or en forme de colibri 
J'espère que ce mail-art saura quand même plaire à ma correspondante, je lui en souhaite une très bonne réception ainsi qu'encore un très heureux anniversaire. 

Des fleurs pour la paix, pour la Galerie Eulenspiegel de Bâle

Comment ne pas répondre à cet appel international lancé par la Galerie Eulenspiegel de Bâle pour leur adresser des fleurs pour la paix ?

Jamais le monde n'a été autant violent et  en déséquilibre comme aujourd'hui où des guerres où des conflits larvés éclatent ou perdurent comme au Moyen-Orient avec l'éternel conflit et même génocide entre Israël et la Palestine, les attaques au Liban, comme avec l'Iran aidé par les Houtis du Yémen en conflit avec tous les pays du Golfe et les USA ; la guerre prend aussi des tournures de génocide au Soudan où la famine est entretenue et les viols des femmes sont légion ; que dire encore des violences et les combats dans la République Démocratique du Congo tout cela pour spolier le peuple des richesses naturelles que son pays contient. Reste aussi bien sûr le conflit qui dure depuis 4 ans 1/2 entre les Russes qui ont attaqué l'Ukraine, et j'en passe encore et encore.

copie d'une photo sans légende vue sur Pinterest
Alors j'ai envie d'envoyer des brassées de fleurs pour la paix, même si je sais que c'est une utopie. Au moins pour un temps, j'aurai une pensée profonde et sincère pour tous ceux qui souffrent en ce monde, où l'injustice entre les pauvres et les riches s'accroit chaque jour plus densément, où la misère est entretenue pour permettre à une poignée de possédants de faire fi de la vie des autochtones. 

Que l'initiative de la Galerie Eulenspiegel de Bâle soit particulièrement suivie par les mail-artistes du monde entier. 

"Chabrot quotidien éloigne le médecin", pour Christophe et Christine

Cette année je n'ai pas eu l'opportunité de retrouver mes amis de Rencurel : alors, en dehors de tout appel de l'ami Christophe pour son M.I.A.P. que j'honorerai plus tard, j'ai eu envie de leur écrire une petite bafouille pour prendre et donner des nouvelles.

Je profite de l'occasion pour mettre en lumière ce monde paysan qui s'éteint, ces familles avec de toutes petites fermes et peu d'hectares à cultiver qui ont mis tout leur savoir-faire et tout leur temps à entrenir nos si beaux paysages et à produire ces produits dont on est fier d'exhiber les labels AOC, les fleurons du vrai monde agricole français. C'étaient de bons vrais produits, au cahier des charges exigeant, tirés de terres vierges de tout intrant et d'un cheptel sain qui trouvait sa nourriture librement en paissant dans les  prairies et les alpages ; le lait contenait une crème très riche, et les fromages qu'on en tirait étaient gouteux : rien à voir avec leur ersatz en lait thermisé, au goût formaté, sans odeur dont les rayons des super-marchés regorgent.

Le travail des paysans était éreintant à l'époque  mais maintenant qu'il y a des machines-outils performantes, est-on vraiment obligé de continuer à négliger les bienfaits d'une terre saine, et plantée de graines sans enrobage, reproductibles, afin  obtenir des produits adaptés au terroir, à consommer sur place, dans des circuits courts qui iraient beaucoup mieux à nous tous, pour notre santé en premier lieu? Quels intérêts a la population française à voir se perpétrer les propriétés immenses des agro-industriels qui concentrent toutes les aides de l'Europe et ne font que s'enrichir, sans permettre à tout un chacun de pouvoir se nourrir sainement? 

Autrefois,  nul besoin d'antibiotiques, ni de produits chimiques comme les stéroïdes pour faire "pousser plus vite" poulets, veaux, vaches, cochons, toutes ces tricheries permises pour faire du fric et abuser les consommateurs. Et je ne parle même pas ici des souffrances animales, avec les modifications génétiques, et les concentrations pour leur production, dans des cages, sans possiblité de bouger ni de voir la lumière du jour. 

Quel horrible monde avons-nous accepté depuis trois générations en nous coupant autant de la terre et de nos besoins essentiels? J'en suis écoeurée.

Alors, voici maintenant pour Christophe et Christine l'histoire de la soupe chabrot. Un dicton célèbre dans le Périgord affirme ncore que "Chabrot quotidien éloigne le médecin"

Timbre magnifique d'après une photo de  Raymond Depardon sur le monde paysan
Fond de dentelle en partant d'un très vieux rideau
Image trouvée sur le site de  FR3 Aquitaine Dordogne  

LA SOUPE CHABROT

Faire "Chabrot" (ou chabrol)  c'est mettre du vin dans la soupe le plus souvent c'est dans le bouillon de pot-au-feu mais dans les temps quand les enfants et les femmes mettaient le lait dans la soupe au pain les hommes eux y mettaient du vin.

Cette pratique était autrefois très courante et se pratique aujourd’hui encore notamment chez les personnes âgées dans les campagnes.

L’origine du mot « chabrot » serait tiré de l’occitan de l’ouest signifiant « chevreau ». Certains pensent que c’est parce que les chèvres aspirent les liquides plus qu’elles ne les lapent. Faire chabrot signifierait donc, peut être, « boire comme une chèvre », mais malheureusement, les explications concernant le lien entre cette pratique et le chevreau restent très vagues.

Le mélange de soupe avec du vin se fait selon des proportions qui sont propres à chacun. Mais il était établi qu’une seule règle qui voulait que l’on versât du vin jusqu’à ce que la cuillère posée au fond de l’assiette fut cachée. C'est un usage qui perdure encore dans notre Auvergne, surtout chez les anciens. Faire chabrot est aujourd'hui considéré comme un geste vieilli et campagnard, mais peut, dans certaines occasions, se faire dans tous les milieux, dans un esprit de connivence et de convivialité.

En ce qui me concerne il m'arrive de mettre du vin dans mon bouillon de Pot au feu quand celui ci bout avant de mettre mes pâtes à potage.

Chaque matin, il faisait chabrot, vidait une chopine de rouge sur le bouillon, dans son écuelle. Rien de tel pour reprendre vigueur (Pourrat, Gaspard des Montagnes,La Tour du Levant, 1931, p. 172).            Source :https://www.cpauvergne.com/2013/11/auvergne-des-traditions-faire-chabrot.html

Des fleurs bleues avec baisers de papillon, pour l'anniversaire de Daniella

Pour mon amie Daniella dont c'est bientôt l'anniversaire, j'ai eu très envie de lui apporter un peu de beauté et de légèreté avec ces papillons en train de butiner des fleurs, bleues évidemment.

Je suis partie d'un ancien napperon largement usé, déniché chez Emmaüs comme souvent, et j'en ai fait un mail-art textile plein de poésie champêtre, comme on aime à encore pouvoir admirer dans la nature.

J'espère qu'il saura plaire à Daniella à qui j'en souhaite une très bonne réception. Très bon anniversaire mon amie.

Un gracieux éléphant d'Asie, toujours à l'heure, pour Chantal

Après de longs mois de silence, je tente de reprendre vie, la chaleur et ses effets néfastes s'éloignant enfin de mon atelier. Aujourd'hui, c'est avec grand plaisir que je ressors tout mon matériel pour l'art postal  et que je prends ma plume pour écrire à ma correspondante de Charente-Maritime. 

Avec ce mail-art, je fait un trait d'union entre nous car Chantal connaît bien l'Inde, où elle se rend régulièrement et moi, toujours aussi passionnée par cet animal fantastique qu'est l'éléphant, à un moment où, d'après le WWF on sait que l’éléphant d’Asie est une espèce en danger d’extinction. Aujourd’hui, sa population sauvage est estimée entre 45 000 et 50 000 individus. La diminution des effectifs des éléphants d’Asie est de 50% au cours des trois dernières générations.
Pendule comportant de la Porcelaine dure de Meissen - photo relevée sur un site de vente en ligne d'objets d'art et de décoration (https://www.proantic.com/magazine/la-fabrique-de-lextravagance-porcelaines-de-meissen-et-de-chantilly)
Alors j'ai saisi avec bonheur l'opportunité que m'a offert le nouveau carnet de timbres de la poste sur les réveils, pendules et horloges pour lui concocter une belle enveloppe.

Chère Chantal, j'espère que celle-ci, avec un fond de dentelle violette, saura te plaire et que tu la recevras sans encombre. 

1 octobre 2026

Tony lance un Appel à Artiste pour la 17ème JMFTA 2026 : le jeudi 19 novembre prochain

Comme je m'étonnais de n'avoir eu encore aucune information, j'ai crains un moment que Tony ait renoncé à l'organisation de cette super journée que nombre d'entre nous attendent avec plaisir pour égayer ce mois de novembre toujours très triste. 

Mais voilà l'information sur la prochaine nouvelle JMFTA vient de tomber et je vous la relaie bien volontiers.


APPEL À ARTISTE
17ème JOURNEE MONDIALE DU FAUX TIMBRE D'ARTISTE 2026
...le timbre officiel n'est pas admis pour cet APPEL

Le jeudi 19 novembre 2026 est le jour de la 17ème Journée Mondiale du Faux Timbre d'Artiste.
Le jeudi 19 novembre 2026, choisissez vos destinataires ! 

Cette année vous pouvez utiliser le style POP-Art et ensuite envoyez votre œuvre d’art postal à vos amis, connaissances, avec une unique contrainte : un faux timbre (Timbre d’Artiste) à la place de l’affranchissement officiel.

Vos lettres doivent être postées uniquement jeudi 19 novembre 2026
Faites apparaître sur l'enveloppe la mention:«17ème JMFTA».

ATTENTION: ne collez surtout pas de vrais timbres sur l'enveloppe 
car l'envoi n'aura plus aucune valeur artistique!!!
Merci de transmettre cet appel à vos réseaux ou à vos connaissances.

Scannez ou photographiez votre enveloppe avant de la poster, 
et envoyez-moi le visuel par mail (tonyaime@orange.fr)
Toutes les créations seront aussi publiées dans mon blog http://postenomade.over-blog.com 
et/ou sur mon compte Instagram mazzocchintony avec le #jmfta2026

L’Art Postal est tout ce qui se passe dans la tête et qui arrive par la Poste (E.Babaud)

Tony Mazzocchin organisateur la JMFTA©


quelques exemples de faux-timbres d'artistes réalisés pour les éditions précédentes par des amis mail-artistes (bois, papier)
ou par moi-même (sur tissu)

"Monsieur Vignon", hommage émouvant d'une ancienne élève à son professeur de lycée

Ce matin, j'entends une chanson nouvelle et une bien jolie voix pour me redonner un peu d'espoir, alors je vous l'offre en partage. 

S'il fallait une seule preuve, cette chanson prouve que la jeunesse n'est pas aussi blasée ni écervelée qu'on le prétend dans certains media, pour peu qu'on lui en donne les moyens avec des professeurs motivés (correctement formés et correctement payés) et des établissements où la sécurité est garantie pour tous . 

Les évènements récents dans les lycées semblent me contredire, mais je suis certaine que la jeunesse ne se révolte pas uniquement pour le plaisir de "casser des policiers". C'est pourtant ce que l'on veut nous faire croire. Quand les établissements scolaires du public sont de plus en plus dépouillés au niveau budgétaire au fil des années depuis des lustres, que les recrutements et les formations des maitres et des professeurs partent à vau l'eau, avec des classes surchargées, mal chauffées l'hiver, et étouffantes à la belle saison, des emplois du temps plein de "trous", comment ces jeunes qui seront le monde de demain, pourraient conserver l'espoir en l'avenir, eux vivant déjà dans des milieux défavorisés?

Alors les paroles de cette chanson d'une ancienne élève qui célèbre ce prof de terminale, le remerciant de lui avoir ouvert l'esprit et donner le goût des belles choses, ne peut que donner du baume au coeur à tous ceux qui les écouteront. 

"Monsieur Vignon", chanté par Leila Huissoud, 
publié sur la chaine Youtube personnelle de l'artiste 

Monsieur Vignon 

Ce soir en regardant l'journal
j'préparai le diner,  j'ai mis le son
sur mes joues j'ai senti une larme
évidemment c'est les oignons

Dans les sujets qui font scandale
revient toujours la même question
l'Education Nationale 
quand je pense à toi, Monsieur Vignon.
Avec les potes de terminale
quand on s'revoit revient ton nom. 
C'est pas rien d'être fondamental
on a eu un prof d'exception.

Je me souviens de la morale 
de l'histoire plus que des leçons
et j'te l'dit de là où je t'parle 
tu as fait de nous qui nous serions.

T'étais pas le plus exigeant,
t'étais pas le plus cool non plus non.
Grognon,  bougon par politesse
chez toi c'était une forme de jeunesse
une manière d'être résistant
à tous ces cons, ces tire-au-flanc,  
aujourd'hui quand vient la paresse
j'te revois nous botter les fesses.

on n'était qu'une bande d'ignorants 
maintenant c'est pas le plus important 
les mauvaises notes à nos DS
c'est pas ça vraiment  qu'il nous reste 
et toi tu trouvais cela charmant
la connerie de nos 17 ans
car tu savais à quelle vitesse
il s'pouvait que cela disparaisse.

Ce sont nos années lumière
longtemps après le secondaire
elles nous éclairent encore. 
Tu nous offrais le premier rôle 
mettant sur la vie sur nos épaules 
il en faut de l'étoffe
j'en dois une à mon prof.

Toi aussi tu d'vais avoir tes joies
avec, et puis tes jours sans
mais t'en laissais rien transparaître
toujours impec, toujours constant
t'as joué ce rôle  200 jours par an
sur l'estrade 2 heures durant 
tu voyais tout de nos mal-être
le regard perdu à la fenêtre 

Au cinéclub tu nous montrais
les films qui t'avaient marqué 
"La vie est belle","Au revoir les enfants"
"Forest Gump","Un monde sans pitié".
Tu insistais pour qu'on en parle,
tu insistais pour que s'installe 
en chacun de nous un goût à soi 
pour les belles choses, quand y en a 

Ce sont nos années lumière
longtemps après le secondaire
elles nous éclairent encore. 
Tu nous offrais le premier rôle 
mettant sur la vie sur nos épaules 
il en faut de l'étoffe
j'en dois une à mon prof.


Combien t'en auras vu passer
des générations à sauver
favoriser l'esprit critique
plutôt que Tik-Tok, Insta ou X.
Dans une société d'égarés
tu ne faisais que nous le répéter :
"l'or pur n'est pas fait pour se fondre
faites gaffe à pas vous laisser tondre".

Après le bac c'était fini
on ne s'est jamais revu depuis

Ce soir en regardant l'journal
j'préparai le diner,  j'ai mis le son
sur mes joues j'ai senti une larme
évidemment c'est les oignons.

Moi, je remercie Melle Chambreau qui m'a accompagnée tout le temps du primaire, Mr Quettier directeur de l'école qui a su conseiller mes parents pour mon orientation,  ma professeur d'allemand dont j'ai oublié le nom, le prof de latin et de français tellement interessants, tous des instituteurs ou des professeurs qui m'ont permis d'être ce que je suis devenue aujourd'hui.

25 septembre 2026

George Sand : femme remarquable à plus d'un titre pour Tony

George Sand est inscrite depuis longtemps dans mon panthéon personnel des femmes remarquables : aussi en  l'année du cent-cinquantenaire de sa disparition je tenais à lui rendre hommage pour son oeuvre bien sûr, mais aussi pour ce qu'elle sut faire de sa vie, sa grande liberté, son humanisme et son engagement pour la cause des femmes.

J'adresse ce mail-art crocheté en laine velours à Tony, avec en médaillon la photo d'un célèbre portrait de George Sand jeune, peint par Auguste Charpentier entre 1837 et 1839. 
sur fond crocheté en laine velours, portrait de George Sand jeune
réalisé par Auguste Charpentier

George Sand est le pseudonyme d'Amantine Aurore Lucile Dupin, baronne Dudevant, romancière, auteur dramatique, critique littéraire française, journaliste, née à Paris le 1er juillet 1804 et morte au château de Nohant-Vic le 8 juin 1876. 

Elle compte parmi les écrivains prolifiques avec plus de soixante-dix romans à son actif, cinquante volumes d'œuvres diverses dont des nouvelles, des contes, des pièces de théâtre et des textes politiques. À l'image de son arrière grand-mère par alliance qu'elle admire, Madame Dupin (Louise de Fontaine 1706-1799), George Sand prend la défense des femmes, prône la passion, fustige le mariage et lutte contre les préjugés d'une société conservatrice. George Sand a fait scandale par sa vie amoureuse agitée, par sa tenue vestimentaire masculine, dont elle a lancé la mode, par son pseudonyme masculin, qu'elle adopte dès 1829, et dont elle lance aussi la mode : après elle, Marie d'Agoult signe ses écrits Daniel Stern (1841-1845), Delphine de Girardin prend le pseudonyme de Charles de Launay en 1843. 

Malgré de nombreux détracteurs comme Charles Baudelaire ou Jules Barbey d'Aurevilly, George Sand contribue activement à la vie intellectuelle de son époque, accueillant au domaine de Nohant ou à Palaiseau des personnalités aussi différentes que Franz Liszt, Frédéric Chopin, Marie d'Agoult, Honoré de Balzac, Gustave Flaubert, Eugène Delacroix, conseillant les uns, encourageant les autres. Elle a entretenu une grande amitié avec Victor Hugo par correspondance, ces deux grandes personnalités ne se sont jamais rencontrées. 

Elle s'est aussi illustrée par un engagement politique actif à partir de 1848, inspirant Alexandre Ledru-Rollin, participant au lancement de trois journaux : La Cause du peuple, Le Bulletin de la République, l'Éclaireur, plaidant auprès de Napoléon III la cause de condamnés, notamment celle de Victor Hugo dont elle admirait l'œuvre et dont elle a tenté d'obtenir la grâce après avoir éclipsé Notre Dame de Paris avec Indiana, son premier roman. Son œuvre est très abondante et la campagne du Berry lui sert souvent de cadre. Ses premiers romans, comme Indiana (1832), bousculent les conventions sociales et magnifient la révolte des femmes en exposant les sentiments de ses contemporaines, chose exceptionnelle à l'époque et qui divisa aussi bien l'opinion publique que l'élite littéraire. 

Puis George Sand ouvre ses romans à la question sociale en défendant les ouvriers et les pauvres (Le Compagnon du Tour de France) et en imaginant une société sans classe et sans conflit (Mauprat, 1837 - Le Meunier d'Angibault, 1845). Elle se tourne ensuite vers le milieu paysan et écrit des romans champêtres idéalisés comme La Mare au diable (1846), François le Champi (1848), La Petite Fadette (1849), Les Maîtres sonneurs (1853). 

George Sand a abordé d'autres genres comme l'autobiographie (Histoire de ma vie, 1855) et le roman historique avec Consuelo (1843) où elle brosse, à travers la figure d'une cantatrice italienne, le paysage artistique européen du xviiie siècle, ou encore Les Beaux Messieurs de Bois-Doré (1858) qui multiplie les péripéties amoureuses et aventureuses dans le contexte des oppositions religieuses sous le règne de Louis XIII.

Source : Wikipédia

L'histoire du village de pêcheurs de Saint-Tropez est vieille de plus de 500 ans, pour France

Non, la célébrissime ville de Saint-Tropez n'est pas née dans les années 50 avec l'arrivée des stars. Non, ce ne sont pas ses vedettes qui firent Saint-Tropez comme l'écrivent encore trop souvent quelques journalistes "people". 

La ville actuelle est vieille de plus de 500 ans, elle a été façonnée, siècle après siècle par ses gens de mer, qu'ils soient pêcheurs, capitaines ou simples matelots. Elle était connue dans tous les ports du monde qui voyaient accoster les capitaines tant réputés de la petite cité provençale. En 1950, le petit port de la Côte d’Azur séduit les bourgeois parisiens mais n’est encore qu’un village.

Pour répondre au jeu du timbre imposé que m'a adressé France, en l'illustrant, j'ai choisi de parler de ce mythique village, dont finalement nous ne savons pas grand-chose hormis ce qu'en a fait la jet-set et tous les artistes qui continuent de le surfréquenter. 

Le port au soleil couchant Opus 236 Saint Tropez par Paul Signal en 1892
J'ai plutôt voulu rendre hommage aux peuple des pêcheurs qui l'ont façonné et animé pendant des siècles, en m'attachant à ce joli petit port de pêche au début des années 1950 sur lequel j'ai pu mettre en exergue le magnifique timbre d'une peinture de Paul Signal , avec le soleil couchant sur Saint-Tropez.

Recto : Dans les années 1950, Saint-Tropez comptait 40 pêcheurs, contre trois seulement aujourd’hui. 
photographie sortie d'une archive personnelle de François Coppola, fils de pêcheur agée d'une vingtaine d'années à ce moment là /publiée dans le Parisien du 18/07/2020

Au verso : vue d'une carte postale ancienne en sépia représentant le port de Saint-Tropez. On y aperçoit des barques de pêcheurs amarrées au quai au  premier plan avec, en arrière plan, les façades  des maisons typiques du vieux port et le clocher emblématique de l'Eglise de Saint-Tropez - Une vue nostalgique de la vie maritime provençale au début du XXème siècle. 

J'en souhaite une très bonne réception à France, sachant qu'à l'intérieur de mon envoi je lui ai proposé un nouveau timbre imposé, pour son courrier prochain, quand elle le voudra, au rythme qui sera le sien.

*** 
HISTOIRE DE SAINT-TROPEZ

‍‍L'histoire de la ville actuelle de Saint-Tropez débute en 1470, jour où le noble Raphaël de Garessio organise le repeuplement de Saint-Tropez à la demande de Jean Cossa, seigneur suzerain des terres du Golfe de Grimaud. Comme de nombreuses paroisses de Provence, Saint-Tropez avait été délaissée par sa population, victime des guerres, épidémies et disettes, les trois fléaux du Moyen-âge.

Les premiers Tropéziens, venus d'Italie ou des villages proches, construisent leurs maisons autour de la tour seigneuriale partiellement démolie, l'actuel château Suffren, place de la Mairie. Imaginons-les charriant les pierres depuis Ville-vieille, nom qu'ils donnent au village ancien situé sur les hauteurs, sans doute légèrement à l'ouest de l'actuelle chapelle Sainte-Anne, imaginons aussi les bateaux transporter les outils, les tuiles, la chaux. Quant au sable, il provient des plages proches et le bois du massif des Maures.

Ce premier Saint-Tropez se lit encore très bien dans la ville. Il s'étend de la place Garessio à la tour du Portalet. C'est à l'origine un tout petit village avec seulement trois rues : celle du Portalet, celle du puits et enfin, celle du Saint-Esprit qui existent encore. Un livre d'instructions nautiques, appelé portulan, paru dans les années 1470 décrit très sommairement ce premier village les pieds dans l'eau.

Il affirme surtout la vocation maritime du lieu en donnant quelques conseils aux marins : “Le golfe de Grimaud est un bon lieu pour crocher le fer, le fond est plat et tu y entres, et tu y mouilles l’ancre contre les maisons qui sont sur le rivage et garde-toi de deux écueils qui sont à l’entrée”. Petit à petit le port se développe et prend le dessus sur celui de Cavalaire pourtant très fréquenté depuis l'Antiquité. La ville connaît un essor remarquable durant tout le XVIe siècle et attirera marins et négociants.

LE XVIe SIÈCLE
C'est un siècle où l'on voit les terres de la petite seigneurie locale coincées entre la mer, Gassin et Ramatuelle être mises progressivement en culture. Une agriculture largement basée sur la vigne tant et si bien que la quantité de vin produite s’avèrera rapidement supérieure aux besoins de la population locale. Les Tropéziens qui regardent déjà vers le large l'exporterons vers les ports provençaux et très probablement italiens.

Ce cabotage représente une part importante de l'économie locale. Les patrons et les capitaines importent tout ce qui manque à commencer par le blé que les terres d'ici ne produisent que trop peu. Mais on importe aussi tout ce que la cité ne produit pas tel que céramiques, tissus, armes, bref tout ce qu’une cité en pleine expansion peut nécessiter. À l’inverse, les marins exportent aussi tout ce que la nature du massif des Maures offre de bois, de liège ou de châtaignes.

À côté de cette activité de cabotage la pêche se développe. On devrait même dire les pêches tant celle-ci adopte des formes variées. La petite bien sûr qui ramène sur les grèves du port le poisson consommé quotidiennement, puis à partir du XVIIe siècle la grande, celle du thon que l'on pêche avec les madragues, nom que l'on donne aux instruments de cette pêche mais aussi à la maison-entrepôt de ces pêcheurs. N'est-il pas symbolique que ce nom, qui rappelle une pêche violente qui voit la mer se rougir du sang des thons, soit devenu célèbre dans le monde entier après que la maison de ces pêcheurs a été achetée par Brigitte Bardot, une des plus grandes militantes de la cause animale ?

Il y a aussi la prestigieuse pêche du corail rouge arraché des fonds rocheux de ce massif des Maures qui plonge dans cette mer azur. Pline l'Ancien, historien romain du 1er siècle de notre ère, écrit dans son Histoire naturelle (XXXII, 11) que le littoral du sud de la Gaule abonde en corail et que celui qui bordent les îles d'Hyères est particulièrement réputé. La pêche se faisait en apnée pour le corail le plus proche de la surface ou plus souvent à l'aide d'une croix de Saint-André sur laquelle était fixée des filets qui accrochaient le corail plus profond. Les Tropéziens qui étaient spécialistes de cette pêche furent appelés dans les années 1540 par les Marseillais pour aller pêcher cet or rouge sur les côtes d'Afrique du Nord. Le corail participe ainsi à l'enrichissement de la ville qui compte près de 4000 habitants à la fin du XVIe siècle.

Ne croyons cependant pas que les Tropéziens de ce XVIe siècle ne connaissent pas de difficultés. L'installation à Alger dans les années 1510 des frères Barberousse, intrépides marins au service du sultan de Constantinople, inaugure des décennies de pirateries musulmanes sur tous les littoraux chrétiens. Saint-Tropez n'échappe pas à ces déprédations. Nombre de Tropéziens finissent en esclavage en Afrique du Nord. Certains, à l'image de Vincent Sigismond et d'Antoine Spitario parviennent à s'échapper en 1592, d'autres comme Barthélémy Magne, esclave à Tunis, meurent en captivité dans les années 1630. D'autres encore, de gré ou de force, sont convertis à la religion musulmane et deviennent à leur tour corsaires à l'image du jeune tropézien Jacques Fabre capturé à l'âge de 9 ans en 1609, circoncis de force sur le bateau qui le ramène à Tunis. En 1618, il est capturé par les Espagnols alors qu'il navigue sous le nom de Mourad. Ce danger insidieux et quasi permanent qui menace les habitants du littoral et les marins est rappelé par Nostradamus dans l'un de ses célèbres quatrains: “Non loin du port pillerie et naufrage/ De la Cieutat frapte Isles Stecades/ De Saint Tropé grand marchandise nage/ Chasse barbare au rivage et bourgades”. Les archives municipales regorgent d'allusions à ce danger. En 1518, les syndics de Saint-Tropez, nom que l'on donnait aux édiles municipaux, écrivent à ceux de Grimaud les informant que des pêcheurs ont repéré 14 voiles de Maures et de Turcs dans les mers des caps Taillat et Lardier.

En 1559, un garde du cap Lardier est tué, trois autres sont enlevés avec une femme et deux enfants. Une nouvelle attaque a lieu au même endroit en 1563 : une douzaine de Provençaux sont enlevés et une rançon immédiatement demandée.

Nous avons là la principale raison du développement de la milice bourgeoise qui existe encore de nos jours à travers le corps de bravade. À l'origine de la ville, ces hommes en arme étaient commandés par le seigneur ou par un homme honorablement connu et capable en cas d'absence du seigneur. À partir des années 1510, le seigneur qui ne réside pas souvent à Saint-Tropez délaisse peu à peu ses obligations militaires. En 1558, les autorités municipales décident de pallier cette défaillance en prenant en charge la défense de la cité en nommant annuellement un capitaine de ville. Si malgré ces dangers le XVIe siècle reste un siècle d'essor pour la ville et ses habitants, le siècle suivant est un siècle de crises.

LE XVIIe SIÈCLE
Le bel essor s'enraye en effet. Le danger barbaresque est à son apogée. Une grande partie de la flotte tropézienne est capturée. Les archives nous apprennent que de 1607 à 1625, 22 vaisseaux, tartanes et barques ont été pris ou brûlés par les pirates barbaresques. La ville s’appauvrit et perd près de 1 500 habitants. Le port mal curé se comble peu à peu des terres qui ruissèlent depuis la colline où, depuis les années 1600, une citadelle royale couronne la ville. Mais cette population qui se plaint des malheurs qui touchent sa paroisse est une population trop fière pour accepter cette citadelle, bastion du pouvoir royal, qui les oblige en plus à déplacer sur la colline voisine les moulins qui attendent chaque jour le vent et le blé d'ailleurs.

La situation semble tout aussi catastrophique au milieu du siècle. Dans les années 1660, la flotte ne se résume plus qu'à quelques tartanes et bateaux de pêche. Comme toutes les crises, celle-ci passe et on assiste à une reprise dès la fin du siècle.

LE XVIIIe SIÈCLE
Le XVIIIe siècle est marqué par une nouvelle période de développement durant laquelle les Tropéziens se tournent en nombre du côté de l'Empire ottoman. Les Turcs qui n'ont plus la maîtrise des mers voient leur commerce maritime diminuer. Pour eux, une seule solution, affréter des navires du roi de France, leur seul allié en Méditerranée depuis la signature de la paix entre François 1er et Soliman le Magnifique en 1536. Aussi étrange que cela puisse paraître, dans cet affrontement entre chrétiens et musulmans, ce sont les navires provençaux et notamment tropéziens qui vont assurer la sécurité en mer des biens et des personnes de l'Empire turc. Il faut y voir là l'expérience des marins de la petite cité provençale qui fréquentent depuis bien longtemps tous les rivages de la Méditerranée, de Gibraltar au Bosphore, d'Alexandrie à Marseille.

Les marins de la cité se mettent donc au service des sujets du sultan pour transporter biens et personnes d'un point à l'autre de l'Empire, à l'image de ce que font d'autres marins du littoral provençal. Les marins qui pratiquent ce grand cabotage, essentiellement dans le bassin oriental de la Méditerranée passent souvent la moitié de leur vie en Orient. Ils sont familiers des ports de Constantinople, de Beyrouth, Smyrne, Alexandrie, La Cannée, Tripoli... Les Trullet, les Allard, les Martin, les Guérin et bien d'autres encore, sont à l'origine de véritables dynastie de capitaines, de père et en fils. Qui se souvient de nos jours que les ancêtres du général Allard pratiquaient ce commerce dans les échelles du Levant ?

Le XVIIIe siècle est également marqué par le système des classes. Cette pratique mise en place par Colbert à la fin du siècle précédent consiste pour l'État à organiser une levée des marins français suivant ses besoins. Ainsi, les vaisseaux du Roi ont des équipages constitués de pêcheurs, d'ouvriers des chantiers navals et des marins du commerce, tous encadrés par des officiers souvent nobles. Saint-Tropez est une pépinière de marins car 6 à 7 hommes sur 10 ont une activité marine. Il n'est donc pas surprenant de les voir si nombreux appelés à Toulon pour embarquer sur les bâtiments de guerre. Ils sont plus de 200 à la bataille de Velez-Malaga, le 24 août 1704 durant la guerre de Succession d’Espagne, où la France soutient Philippe V, petit-fils du roi de France Louis XIV et roi d’Espagne contre les autres puissances européennes. L’Escadre du Levant, menée par Louis Alexandre de Bourbon, comte de Toulouse et amiral de France quitte le port de Toulon pour reprendre Gibraltar à l’amiral anglais Rooke.

C'est 10% de la population totale de la ville, plus de 60% des marins de la cité. Ils sont plus de 500 à participer à tour de rôle à la Guerre d'Indépendance américaine de 1778 à 1784, plus d'une centaine à la tragique bataille d'Aboukir qui opposa les flottes britannique et française dans la baie d'Aboukir, près d'Alexandrie en Égypte entre le 1er et le 2 août 1798. On relève les noms de plus de 70 hommes présents au large de la Crimée en 1854. Malgré la baisse du nombre de marins, ils sont encore très nombreux à porter l'uniforme pendant les deux guerres mondiales.

LE XIXe SIÈCLE
Mais reprenons le fil de notre histoire en abordant le XIXe siècle. Ce siècle sera marqué par un certain déclin qu'illustre non sans ironie et emphase Eugène Sue dans son roman La Salamandre : “Tranquille et vieux port de Saint-Tropez, patrie d'un brave amiral, du noble Suffren ! Il ne te reste plus de ton ancienne splendeur que ces deux tours, rougies par un soleil ardent, crevassés, ruinées, mais parées de vertes couronnes de lierre et de guirlandes de convolvulus à fleurs bleues... Et toi aussi, l'on peut te plaindre, pauvre port de Saint-Tropez ! Car ce ne sont plus ces fringants navires aux banderoles écarlates qui mouillent dans tes eaux désertes ; non, c'est quelquefois un lourd bateau marchand, un maigre mystic ; et si par hasard, une mince goélette, au corsage étroit et serré comme une abeille, vient s'abattre à l'abri de ton môle, tout le bourg est en émoi”. Eugène Sue a bien senti qu'une page de l'histoire de la ville était en train de se tourner. Les glorieux voyages en Orient au service des Turcs étaient déjà un lointain souvenir, mais ce que semblait ignorer Eugène Sue, bien qu’amateur éclairé d’histoire maritime, c’est tous ces hommes naviguant sur les mers du globe au fil des côtes africaines ou à destination des Antilles pour des voyages au long cours. Lorsque son roman parut en 1832, Saint-Tropez se cherchait un avenir, et c’est avec la vitalité des chantiers naval de l’Annonciade que la gloire de la ville renaîtra au milieu du siècle.

Alors que les chantiers de La Ciotat et La Seyne se spécialisent dans la construction des vapeurs à coques métalliques, ceux de Saint-Tropez continuent à répondre à la forte demande de voiliers en bois. Les Tropéziens construisent de plus en plus grands. Les bricks et les trois-mâts sont réputés dans tous les ports méridionaux du pays. Les constructeurs tropéziens vendent leurs voiliers aux capitaines de la plupart des ports français méridionaux, d'Agde jusqu'à Antibes. Mais ce sont les armateurs et capitaines marseillais qui achètent les plus belles constructions aux Tropéziens. C'est ainsi, qu'Augustin Fabre, pour ne citer qu'un exemple, le grand armateur de la cité phocéenne des années 1830, achète au constructeur Jacques Bory, un grand trois-mâts de plus de 40 mètres qu'il nomme le Luminy, nom de sa propriété marseillaise.

Dans le même temps, les Tropéziens de la seconde moitié du XIXe siècle se détournent cependant petit à petit de la mer, mais nombreux sont ceux qui poursuivent encore le métier de leurs ancêtres. Ils passent de plus en plus le détroit de Gibraltar pour naviguer sur toutes les mers du monde à bord de grands trois mâts naviguant de l'océan Indien à la mer de Chine, le long des côtes africaines, de Gorée à Zanzibar, fréquenter les ports de La Havane, New York, Valparaiso ou San Francisco.

Les voyageurs de passage, à l'image de Guy de Maupassant ou ceux qui finissent par se fixer dans le petit port comme le peintre Paul Signac voient surtout chaque jour les pêcheurs revenir à quai faire sécher et remailler leurs filets pendant que les épouses vendent le poisson, en ignorant la vie de ces marins au long cours. Le mythe du charmant petit port de pêche naît ainsi.

Pourtant jusque dans les années 1920 encore, de grands capitaines de la cité commanderont parmi les plus belles unités de la marine marchande française sur les grandes lignes du Havre à New York ou de Marseille à Yokohama. En 1903, c'est même un Tropézien, Ignace Gardanne qui bat le record de traversée entre l'Angleterre et le Chili en 56 jours. Dans ce même temps, la petite cité attire ceux qui recherchent le calme, un bout du monde, isolé du reste de la Provence par le massif des Maures.

Émile Ollivier, le dernier chef de gouvernement de Napoléon III ouvrit la voie dès 1862, suivi à la fin du siècle par Octave Borrelli, bey du vice-roi d'Egypte qui fit construire un grand château qui porte encore son nom. La bâtisse couronne encore de nos jours les Parcs de Saint-Tropez. Les peintres, l'histoire est bien connue, mais aussi les écrivains puis les cinéastes après la Première Guerre mondiale s'installent dans la cité et dans le golfe.

C’est ainsi que Saint-Tropez change de visage une nouvelle fois. Rapidement le petit port devient très à la mode à cette époque et le célèbre homme de spectacle Léon Volterra n'y sera sans doute pas pour rien. Il fera l’acquisition en 1926 du château Camarat qui deviendra Voltera où furent accueillis entre autre Raimu avec qui il monta Marius de Marcel Pagnol au Théâtre de Paris, ou encore Colette qui commençait à s’offusquer de l’attrait trop touristique que prenait la ville. Volterra deviendra même maire de Saint-Tropez de 1935 à 1941. Le film de Jean Godard Pour un soir tourné dans la cité en 1931 avec dans le rôle principal Jean Gabin illustre magnifiquement ce Saint-Tropez des années folles qui perdurera encore quelque temps.

De nombreux autres films seront tournés à Saint-Tropez. On y rencontre des réalisateurs qui viennent raconter une histoire se passant en Provence comme Jean Choux qui tourne en 1929 La servante mais aussi plus curieusement ceux qui racontent une histoire dont l’intrigue se passe sous les tropiques. Ainsi, l’origine du nom de la plage de Tahiti est un hommage à la mémoire du tournage du film Aloha le chant des îles qui sortira en salle en 1937. L'année suivante c'est The Beachcomber qui sort en salle avec dans le rôle principal l'immense acteur Charles Laughton.

Après la Seconde guerre mondiale, Saint-Tropez sera plus à la mode que jamais. Les réalisateurs reviennent et dès 1954 sort en salle les Corsaires du bois de Boulogne de Norbert Carbonnaux assisté de Georges Lautner. Puis viendra le choc de l'année 1956 avec le mythique film de Roger Vadim Et Dieu créa la femme tourné en 1955 et auquel le célèbre club de la plage de Pampelonne doit son nom.

Pour la suite, nous connaissons mieux l’histoire, certainement parce que plus récente, qui verra naître le tourisme de masse et la notoriété de la ville se confirmer. Le monde entier - toutes classes sociales confondues - passe par Saint-Tropez où on lance la mode dans les années 60 et où l'on continue à tourner chefs-d'œuvre et nanars. Le port demeure aujourd'hui le plus célèbre port de plaisance du monde et la presqu'île reste encore, malgré de réels désordres environnementaux dû à sa surfréquentation, un des coins du littoral du sud de la France les plus préservés et les moins artificialisés. Et on l'aura compris, derrière une image festive se cache une histoire riche et plus secrète, celle de Tropéziens qui génération après génération ont fait le Saint-Tropez d'aujourd'hui.
Source : article trouvé sur le site https://www.bigisaguide.com/articles/fragments-dhistoires

Dorothea Lange, une femme engagée dans le documentaire photographique, pour Nadine

Aujourd'hui encore, je veux mettre à l'honneur une femme remarquable de mon panthéon personnel et cette fois-ci ce mail-art est destiné à mon amie suisse qui sait apprécier la photographie. Voilà pourquoi  je pense que l'univers capté par Dorothea Lange saura lui plaire, elle qui s'est appliquée à immortaliser  des moments singuliers dans la vie des gens simples dans une période si particulière aux USA.

A travers ses photos, Dorothea Lange s’est fait la porte-parole de l’Ouest américain abandonné lors de la Grande Dépression des années 1930 ; la  période même décrite par John Steinbeck dans son roman "Les raisins de la Colère". 

en haut en partant de la gauche : autoportrait de  Dorotea Lange  / famille de migrants avec sur la droite de la tente la célèbrissime "Migrant mother" 1936 /
en bas, en partant de la gauche : Famille de migrants qui a voyagé en train de fret jusqu’à la vallée de Yakima, 1939 / Famille sur la route Oklaoma 1938 / Jeune garçon en train de travailler dans les champs
verso : citations et deux timbres édités par les USA sur deux photos particulièrement importantes dans sa carrière :
 la mère migrante et le travailleur migrant

Je suis heureuse d'avoir retrouvé un tout petit peu d'énergie aujourd'hui et j'en ai profité pour élaborer quelques correspondances qui ne pouvaient souffrir davantage de retard. Chère Nadine, je t'en souhaite une très bonne réception.

 *** Dorothea Lange, pionnière du documentaire social  ***
Autoportrait en 1936
La photographe américaine, Dorothea Lange (1895-1965), est souvent réduite à une seule photo Migrant Mother, devenue une icône. Le Jeu de Paume lui consacre une exposition passionnante (en 2018) et très documentée, levant le voile notamment sur un épisode méconnu de l’histoire des Etats-Unis : l’internement des citoyens américains d’origine japonaise en 1942. Retour sur le parcours d’une femme engagée qui a fait de la photographie un outil documentaire et politique.

« Il faut vraiment utiliser l’appareil photo comme si on devait être frappé de cécité demain »
Dorothea Lange :

Dorothea Nutzhorn (1895-1965) naît dans le New Jersey dans une famille d’immigrants allemands de la deuxième génération. Dès l’âge de dix-huit ans, elle se lance dans la photographie et apprend son métier d’abord à New York, auprès des photographes portraitistes de studios renommés comme Arnold Genthe ou Clarence H. White. Après 1900, le pictorialisme vit encore de belles heures ; et les premiers travaux de Lange révèlent une pratique de la photographie d’art, même si elle semble avoir manifesté dès le début un intérêt pour le social. « Sa capacité prononcée à s’identifier aux figures marginales de la société a très certainement ses racines dans les séquences émotionnelles laissées par les deux événements que sont le handicap et la perte du père », souligne Sandra S. Philips. En effet, à sept ans, Dorothea contracte la poliomyélite, sa jambe droite restera déformée. Cinq ans plus tard, le père abandonne sa famille.

En 1918, elle ouvre son propre studio à San Francisco et adopte le nom de jeune fille de sa mère, Lange. Son studio devient un centre de la vie artistique de la ville et lui offre une indépendance financière. Mariée au peintre Maynard Dixon, elle est mère de deux garçons. Même pour elle, qui est depuis longtemps une portraitiste bien implantée dans le milieu local, le krach boursier de 1929 et la crise économique qui s’ensuit, représente une césure dans son cursus professionnel.

« Les gens que ma vie a touchés », 1932-1934 
En 1932, au cœur de la Grande Dépression, Dorothea Lange se détourne du portrait de studio pour se concentrer sur des scènes de rues et montrer les conséquences de la récession à San Francisco ainsi que l’agitation sociale qui y règne. Elle photographie manifestations et personnes sans abri. Ses portraits urbains comme White Angel Breadline (1933) deviendront plus tard autant d’images représentatives de cette période. Car pour la photographe, « le but n’est pas la bonne photographie, mais les implications de la photographie. »

Cette période de deux ans marque un tournant dans sa vie : elle prend conscience de l’importance de la condition humaine dans son travail. Son traitement novateur attire l’attention de Paul Schuster Taylor, professeur d’économie à l’université de Californie à Berkeley et spécialiste des conflits agricoles des années 1930 ; il deviendra plus tard son second mari. En 1934, il utilise l’une des photos de Lange pour illustrer son article consacré à la grève maritime la plus longue et la plus importante de l’histoire des Etats-Unis.

L’investigation documentaire – le récit de la migration, 1935-1941
En 1935, Lange accompagne Taylor sur le terrain ; l’objectif : rendre compte de la situation des migrants ayant quitté le Middle West pour la Californie rurale. Taylor se sert des photographies de Lange pour illustrer les articles qu’il publie dans Survey Graphic, de même que les rapports qu’il adresse aux autorités fédérales. La force des images de Lange est telle que les pouvoirs publics entreprennent de construire des camps d’hébergement au profit des travailleurs agricoles migrants, dans le cadre de la politique du New deal définie par Roosevelt. L’un des programmes : la Farm Security Administration, aboutit à la création des plus vastes archives photographiques jamais constituées aux Etats-Unis : regroupant plus de 130 000 négatifs, elles rendent compte de la contribution du New Deal à l’endiguement de la pauvreté dans les régions rurales.

Dorothea Lange, qui a couvert vingt-deux Etats différents, s’est vu confier deux contrats, l’un portant sur la période 1935-1937, l’autre de 1938 à la clôture du programme en janvier 1941. Elle considère que les photographies qu’elle réalise dans ce cadre font partie intégrante de son œuvre. Elle produit à cette occasion des images iconiques, comme Migrant Mother.

Un an plus tard, Lange et Taylor sont engagés par des agences fédérales instituées dans le cadre du New Deal de Roosevelt. Durant trente ans, leur relation professionnelle et personnelle se nourrira d’une volonté commune de créer un récit qui rende compte par le texte et l’image de quelques-unes des grandes étapes de l’évolution de la société américaine. Ils vont comme de nombreux autres photographes et sociologues être chargés de documenter les politiques agricoles fédérales. Ils publient en 1939 An American Exodus : A Record of Human Erosion qui témoigne des conditions sociales dans les Etats ruraux. Avec cet ouvrage, ils font connaître au grand public le récit des déplacements de population et la précarité de l’époque de la Grande Dépression. Le média photo est un outil documentaire et politique.

Dorothea Lange se détourne de l’agriculture industrialisée pour s’intéresser à une nouvelle forme de migration intérieure celle provoquée au début des années 1940 par l’expansion galopante des industries, des programmes de formation navale et les organisations de défense militaire dans la région de la baie de San Francisco. C’est dans ces zones urbaines que s’est installée une partie de la population autrefois méprisée et rejetée de travailleurs agricoles migrants, les « Okies », qui désormais contribuent fièrement à l’effort de guerre.

En 1944, Dorothea Lange est chargée par le magazine Fortune de photographier les chantiers navals Kaiser, jeune entreprise fondée à Richmond pour soutenir cet effort et qui emploie à cette époque près de 100 000 ouvriers non qualifiés grâce à la mise en œuvre de techniques révolutionnaires de fabrication et d’assemblage. Elle photographie les rotations des équipes de trois-huit, l’intense activité du chantier naval, la diversité de la main d’œuvre, les conditions de vie mais aussi l’isolement et la solitude des nouveaux venus, et en particulier des Afro-Américains qui demeurent des parias. Elle s’intéresse également au nouveau statut de la femme, devenue ouvrière dans le secteur industriel.

« Une photographie documentaire n’est pas en soi une photographie factuelle. C’est une photographie qui communique entièrement le sens et la portée de l’épisode, ou de la circonstance, ou de la situation, lesquels – parce qu’il n’est pas vraiment possible de les montrer – ne peuvent être révélés que par cette autre qualité. En fait, on ne peut pas vraiment parler de guerre entre l’artiste et le photographe documentariste. Un photographe doit être les deux. »

Pour voir davantage de photos, voici un lien expliquant 10 des plus célèbres d'entre elles.

Les saltimbanques de la troupe "Graines de bonheur" semant l'art dans la rue, pour PJC de Lambesc

En France, il exist(ait)e de nombreux festivals sur les arts dans la rue, comme par exemple le plus connu celui d'Aurillac, mais aussi ceux de Châlon dans la rue, les Accroche-coeurs d'Angers, les Turbulences à Vieux-Condé dans le Nord de la France ou encore à Ramonville Saint-Agne. Espérons qu'avec les restrictions budgétaires de plus en plus drastiques pour tout ce qui concerne la culture menées dans les municipalités, la bonne humeur de ces manifestations bon enfant et le partage avec les habitants continueront encore longtemps de ravir les spectateurs.
Pour répondre au concours de mail-art 2026 du PJC de Lambesc dédié aux arts de la rue, j'avais vraiment l'embarras du choix, entre théâtre de rue, acrobaties, jonglages, cracheurs de feu, échasses,  musiques et danses urbaines, yarn-bombing (tricot), street-art etc... J'ai finalement choisi de représenter les saltimbanques qui défilent parmi les passants, pour des animations estivales dans les villes ou les villages, déguisés ou montés sur des échasses, ce qui plait toujours beaucoup. 
Sur fond de dentelle ancienne, avec le timbre édité par la Poste sur les arts de la rue 
une médaille ancienne d'immatriculation d'un saltimbanque et un spectacle de la rue 
(photo de "Graine de bonheur" de la Compagnie libre visible sur le site https://www.compagnielibre.com/la-cie  )

Graines de Bonheur - Spectacle de rue musical et enchanté avec 3 artistes musiciens et comédiens - déambulation avec échasses pneumatiques

Une graine de Bonheur/Arrosée de bonne humeur/Dans le cœur des enfants/Dans le sourire des passants!!!  
Elle vous fera choisir la graine qui vous parle. Vous pourrez alors la planter avec précaution, l'arroser, la bichonner. Plantin, le jardinier du bonheur musicien sera là pour vous aider
- le pavot fou
- le piment plein de surprise 
- le petit pois pour gagner en légèreté... et tant d'autres...
Tournesol, leur ami l'épouvantail sera là pour surveiller votre plantation et s'assurer qu'aucun prédateur ne s'approche trop près du bonheur fraîchement semé.

Ces trois personnages nous invitent à questionner notre relation au bonheur tout en créant un environnement poétique, plein de surprises - l'épouvantail immobile, haut perché sur ces échasses pneumatiques, se met à courser les intrus s'approchant de trop près. Gare à vous !

Je souhaite  une très bonne réception de ce mail-art textile à l'organisation en charge de ce concours, la félicitant de continuer à proposer de tels challenges aux mail-artistes, car bien que non philatélistes, nous avons notre propre manière d'apprécier les timbres et de les mettre en valeur. Merci de considérer cet art "mineur qu'est l'art postal : encourager sa pratique est un bon moyen de faire se rencontrer toutes les générations autour d'un projet, et à faible coût, juste celui du timbre. 

Merci à vous et rendez-vous au prochain concours.
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Les arts dans la rue se manifestent maintenant largement  par le street-art, de plus en plus apprécié des habitants des villes. Je vous invite ci-après à une ballade dans le 20e arrondissement de Paris, où l'expression artistique sur les murs est très riche.

Street art dans le 20e arrondissement - épisode 1/3

Street art dans le 20e arrondissement - épisode 2/3

Street art dans le 20e arrondissement - épisode 3/3 
3 vidéos publiées sur le youtube de France3 Ile de France  
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Voici une  autre forme assez largement représentée dans les arts de la rue : ce sont les artistes de cirque déambulant sur échasses, sous des déguisements joyeux. 
Les échassiers  du cirque d'antan - une déambulation spectacle d'Eklabul 
vidéo publiée sur leur chaine Youtube