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20 septembre 2026

« La prochaine victime, ça pourrait être toi ou moi » : avec des milliers d'autres français je dis NON au permis de tuer!

Bien sûr, j'avais déja signé la pétition qui recueillit plus de 730 000 signatures et qui a été écartée négligemment par le gouvernement qui n'en a eu cure. 

Alors aujourd'hui, haut et fort je dis NON au permis de tuer !

Totalement en accord avec la démarche de nombreuses organisations qui se sont ralliées à ce grand mouvement unitaire dans de nombreuses villes en France, c'est mon état physique uniquement qui m'empêche d'être dans leurs rangs. 

(Stop aux Violences d'État [SAVE], le collectif à l'origine de cette mobilisation nationale, Comité Justice pour Adama et de nombreux autres comités de familles de victimes de violences policières, Amnesty International France, La Ligue des Droits de l'Homme, Utopia 56, Urgence Palestine,  ATTAC France, Les Soulèvements  de la Terre, Extinction-Rebellion, Nous-toutes, plusieurs syndicats de la Magistrature et de la Justice, plusieurs syndicats de l'Education et de la Fonction Publique, le Syndicat des Avocats, les partis LFI, EELV, PS et NPA, les syndicats CGT, FSU SNUipp, Solidaires Sud Education, et beaucoupo d'autres collectifs qu'il serait trop long d'énumérer ici)

Mais j'en fais une cause importante à défendre, tant il est impensable de laisser passer une telle loi, où l'Etat ne protège plus les citoyens en accordant systématiquement la légitimité à tous les tirs policiers, sans qu'il ne soit possible désormais d'en contester la justification et rendant ainsi impossible tout jugement ultérieur.

Pas besoin d'être grand observateur pour remarquer la droitisation extrême des forces de police, depuis longtemps déjà,  mais plus encore depuis l'ère d'Emmanuel Macron où les policiers ressemblent à des RoboCop et sont équipés d'armes létales qu'ils n'utilisent pas toujours à bon escient. 

Déjà aujourd'hui, à chaque fois qu'il y a mort d'homme (souvent des jeunes des quartiers, racisés, dans les banlieues et les quartiers, ou dans les manifestations bon enfant où des familles viennent réclamer leur droit à l'accès à l'eau, par exemple, comme à Sainte Soline),  les auteurs de ces délits ne sont pas incriminés, l'IGPN leur accordant très souvent le bénéfice du doute, les laissant en activité sur place ou au pire en les mutant à une autre entité. Devant cette impunité de fait, pourquoi se gêner?

Zyed Benna et Bouna Traoré mouraient dans un transformateur électrique, en fuyant un contrôle de la BAC le 27 octobre 2005. Depuis, le nombre de décès suite à une interaction avec les forces de l’ordre n’a cessé d’augmenter.162 personnes sont mortes suite à une tentative de contrôle de police.

Attention, je n'encourage absolument pas les délits, ni les vols, ni les pillages ni toutes les autres comportements insupportables au regard de la loi, et ne dit pas qu'il ne faut pas d'interventions policières à chaque fois que c'est nécessaire mais cela doit rester dans le cadre applicable à tous les citoyens français, même s'ils sont issus de l'immigration. On peut se demander pourquoi cette jeunesse-là est autant traquée? pourquoi y-a-t il un tel délaissement des services publics dans les banlieues où ils sont cantonnés, souvent avec peu d'espoir  dans un avenir meilleur? 

Pourquoi aussi les mouvements sociaux sont-ils autant encadrés avec des moyens totalement disproportionnés : des camions Centaure, des brigades entières de CRS et des équipements comme pour une guerre civile pour museler et coincer dans des nasses, toute manifestation rassemblant des ouvriers, des syndicats, des militants écologistes, alors que le droit de manifester en France, à ce jour, ne me semble pas aboli, n'est-ce-pas ?  Enfin on voit bien que l'Etat de droit recule de plus en plus, que ce soit dans la liberté d'expression comme dans la liberté de manifester. 

On peut parler aussi en 2018 de la  fin tragique de Zineb Redouane qui a été touché chez elle dans son appartement à Marseille d'un tir dans le visage fait toujours l'objet d'une enquête qui a été changé déja trois fois de juridiction, après des déclarations très contradictoires entre les témoins et les acteurs de la scène et la version officielle du parquet. Personne n'a oublié les mains arrachées, et les yeux éborgnés des manifestants Gilets Jaunes, encore un record de violence, ces mutilations sont à mettre au crédit de la volonté de notre cher Président et de son mépris du peuple. 

Je souhaite beaucoup de succès à ces marches unitaires en de nombreuses villes, en espérant qu'elles ne seront pas entachées par des bousculades ou des provocations (avec des bandes de Bad-block venues pour en découdre) et que le peuple français pourra exprimer haut et fort son refus de se voir ainsi traiter par cette Police qui ne craint plus personne et qui se sent au contraire tellement soutenue par l'extrême droite aux portes du pouvoir. 

Lien sur le site de SAVE Stop Aux Violences d'Etat : de quoi mieux comprendre le vocabulaire juridique, les institutions, les armes, les procédures et les mécanismes de l'impunité.

14 septembre 2026

Par ses mots courageux, Adèle Haenel efface toute la silenciation et le déni portés en France sur les VSS et sur le génocide perpétré en Palestine par Israel

Il y a des jours où cela fait du bien de voir combien certaines femmes sont d'un courage et d'une exemplarité incroyables. Adèle en fait partie

Adèle Haenel avait deux puissants messages à faire passer pour sa carte blanche dans «La Grande Librairie» du 9 septembre dédiée à la rentrée littéraire, après avoir été invitée à l'occasion de la sortie de son premier livre "viser juste". Les mots prononcés "droit dans les yeux" lors de cette carte blanche, d'expression libre pourtant,  n'ont pas plu : depuis, France 5 a retiré le replay de toute l'émission, exerçant sans la nommer une véritable censure absolument crasse. 

Heureusement la prestation d'Adèle pu être enregistrée en privé puis être diffusée sur les réseaux sociaux provoquant de nombreuses réactions. Beaucoup s'offusquent à juste titre d'un tel traitement, mais cette sanction prouve, s'il en était encore besoin, que la parole n'est pas libre en France puisqu'il existe des réalités que tout le monde connaît et qui ne doivent absolument pas être dites.

C'est particulièrement le cas des viols et de l'inceste qu'il est de bon ton de passer sous silence même si tout le monde sait. C'est exactement la même chose pour le génocide toujours en cours à Gaza et toutes les atrocités qui se passent aussi en Cisjordanie, et maintenant dans le Sud Liban, tant le gouvernement d'Israël et son chef Netanyaou sont "intouchables" chez nous. 

Adèle a raison. Ne rien dire c'est accepter l'inacceptable, et être aussi coupables que le sont nos élites. Un crime contre l'humanité cela se dénonce, haut et fort. 

Ci-après le texte prononcé par Adèle, aujourd'hui censuré.
***

Autrice engagée, notamment pour la défense de la Palestine et contre les violences faites aux femmes, Adèle Haenel a livré un texte puissant sur le plateau de France 5.
Désormais autrice, Adèle Haenel était invitée de « La Grande Librairie » sur France 5, où elle a lu un texte inédit et engagé en toute fin d’émission.

Désormais autrice, Adèle Haenel était invitée de « La Grande Librairie » sur France 5, où elle a lu un texte inédit et engagé en toute fin d’émission.

Fidèle à elle-même. De retour sur la scène médiatique pour la sortie de son premier roman, Viser Juste, l’ex-comédienne désormais autrice engagée Adèle Haenel s’est assise dans le fauteuil du présentateur de La Grande Librairie.

Ce mercredi 9 septembre, l’un des invités a été convié par Augustin Trapenard à prendre sa place pour la traditionnelle carte blanche de fin d’émission. Et c’est Adèle Haenel qui s’est essayée à l’exercice. L’occasion pour l’actrice doublement césarisée de lire un texte inédit, préparé sur mesure pour l’émission de France 5.

Adèle Haenel exclut tout retour au cinéma, qui véhicule « sexisme et racisme »
Sous les yeux de Virginie Despentes, Lilia Hassaine ou Hervé Le Tellier, Adèle Haenel a commencé par déclamer un texte puissant sur la libération de la parole autour du viol. Un sujet sensible qui touche personnellement l’autrice, après avoir été elle-même victime d’abus sexuels de la part du cinéaste Christophe Ruggia entre ses 12 et 14 ans. Le réalisateur français a d’ailleurs été condamné en appel à cinq ans de prison pour agression sexuelle en avril dernier.

« Tu as pris une décision, cette fois-ci tu vas parler. La table de famille où tu t’assois est un plongeoir. Il faudra courir et sauter dans un mot, le reste de la phrase suivra, comme une chute irrémédiable. La peur accélère ton cœur, mais là, dehors, tu t’étais juré de ne pas reculer. Pour toi et toutes les autres qui parlent dans ta voix », a commencé par déclamer avec intensité celle qui avait décidé de claquer la porte de la cérémonie des César en 2020, lors du sacre de Roman Polanski, accusé de violences sexuelles mais récompensé d’un César de la meilleure réalisation.

« Alors le mot tombe : “il m’a violée”. Sujet, verbe, COD. La phrase, aiguisée, courte et pointue fend l’espace. Le tremblement de ton corps, le tremblement de ta voix contamine l’air et tous les corps autour. Le monde vibre sous l’impact », poursuit Adèle Haenel, avant d’amorcer une subtile transition dans son texte pour évoquer un tout autre sujet.

« N’acceptez pas l’inacceptable » en Palestine
« Il faut parler de l’acte de parole, de la peur de dire lorsque les mots prononcés sont des coups de hache qui révèlent que de leur absence permanente suinte à chaque instant l’acceptation par tous de l’inacceptable. Des mots qui mettent au jour cette couche du réel que tout le monde connaît, mais qui ne doit pas être dite », déclare-t-elle encore face caméra avec sobriété.

« Moi aussi j’ai pris une décision : je vais parler. La densification de l’angoisse ne ment pas. Ce fauteuil où je m’assois est un plongeoir. Le premier mot sera un saut dans le silence télévisuel qui englue le pays. Ce brouhaha médiatique qui masque sans répit l’absence omniprésente de certaines paroles. Pareillement, la phrase est courte. Et pareillement j’ai peur », ajoute Adèle Haenel avant de révéler la chute de son texte.

« Il faut parler pour redire ce qu’il y a dans ce silence, afin que tout le monde l’entende : l’État d’Israël commet un génocide en Palestine et la France est complice », lâche-t-elle enfin, avant de s’adresser aux autorités françaises. « N’acceptez pas l’inacceptable, alors sanctionnez Israël et libérez la Palestine », a conclu l'autrice qui a définitivement quitté le monde du cinéma en 2023.

Auprès du média Blast ce mercredi, l’ancienne actrice avait réexpliqué son choix de quitter le milieu du 7e art pour « dénoncer une industrie qui produit des violences ». Depuis ce départ fracassant, Adèle Haenel s’est davantage tournée vers le théâtre, l’écriture et le militantisme, notamment en faveur des victimes du conflit israélo-palestinien à Gaza.

Article complet du HuffingPost par Maxime Birken du 10.09.2026

12 septembre 2026

"Juste une femme" : tellement d'actualité cette reprise par Albin de la Simone de la chanson d'Anne Sylvestre

A ré-écouter sans réserve et à partager largement la reprise de cette chanson toujours aussi terriblement actuelle dont Albin de la Simone sort aujourd'hui une version délicate qui lui correspond bien. 

« Juste une femme » par Albin de la Simone - Les Rendez-vous Sylvestre – Saison 2  - avec Marielle Chatain - saxophone baryton / Vincent Taeger - batterie /Gustine - harpe // Paroles et musique : Anne Sylvestre // Enregistré/filmé aux Studios Ferber

Depuis la création de cette chanson par Anne Sylvestre en  2013, malgré le mouvement MeToo et tous les combats menés par les féministes pour que soient punies à leur juste mesure toutes les agressions sexistes et sexuelles dont elles sont les victimes, la gravité de ce qu'elles endurent est toujours minimisée, les plaintes sont globalement classées sans suite. Le soupçon porte toujours sur les victimes tandis que les agresseurs bénéficient systématiquement de la présomption d'innocence, quand bien même le nombre de plaintes s'accumulent contre eux. 

En France, les hommes machos sont toujours les rois. Il n'y a qu'à regarder le nombre de féminicides qui gonfle d'années en années pour s'en rendre compte. Nous décomptons a minima 63 féminicides par compagnons ou ex en France au 10 septembre 2026 mais déjà 93 féminicides toutes catégories confondues. 

Oui une femme meurt tous les trois jours sous les coups des hommes. 

Heureusement tous les hommes ne sont pas aussi monstrueux,  et Albin de la Simone fait partie de ceux qui ne refoulent pas leur part féminine, ses chansons sont toujours écrites et composées avec beaucoup de délicatesse et infiniment de tendresse et d'amour. 

Version originale de la chanson par Anne Sylvestre qui l'a créée en 2013, suite à l'affaire DSK
Publication sur sa chaine Youtube

JUSTE UNE FEMME

Petit monsieur petit costard
Petite bedaine
Petite sal’té dans le regard
Petite fredaine 
Petite poussée dans les coins
Sourire salace 
Petites ventouses au bout des mains 
Comme des limaces 
Petite crasse

Il y peut rien si elles ont des seins 
Quoi il est pas un assassin 
Il veut simplement apprécier 
C’que la nature met sous son nez

Mais c’est pas grave
C’est juste une femme
C’est juste une femme à saloper
Juste une femme à dévaluer
J’pense pas qu’on doive
S’en inquiéter
C’est pas un drame
C’est juste une femme

Petit ami petit patron
Petit’ pointure
Petit pouvoir p’tit chefaillon
Petite ordure
Petit voisin p’tit professeur
Mains baladeuses
Petit curé petit docteur
Paroles visqueuses
EntremetteusesI

l y peut rien si ça l’excite
Et qu’est-ce qu’elle a cette hypocrite
Elle devrait se sentir flattée
Qu’on s’intéresse à sa beauté

Mais c’est pas grave
C’est juste une femme
C’est juste une femme à humilier
Juste une femme à dilapider
J’pense pas qu’on doive
S’en offusquer
C’est pas un drame
C’est juste une femme

Petit mari petit soupçon
P’tite incartade
Petite plaisant’rie de salon
P’tite rigolade
Fermer les yeux on n’a rien vu
Petit’ souffrance
Et trembler qu’une fois de plus
Il recommence
Inconvenance 

Quoi si on peut plus plaisanter
On n’a plus qu’à s’la faire couper
Non c’est vrai il est pas un monstre
Et c’est l’épouse qui prend la honte 
Mais c’est pas grave
C’est juste une femme
C’est juste une femme à bafouer
Juste une femme à désespérer
J’pense pas qu’on doive
S’en séparer
C’est pas un drame
C’est juste une femme
Mais dès qu’une femme
Messieurs Mesdames
Est traitée comme un paillasson
Et quelle que soit la façon
Quelle que soit la femme
Dites-vous qu’il y a mort d’âme

C’est pas un drame 
Juste des femmes

Paroles et musique : Anne Sylvestre  ℗ et © BC Musique 
BC Musique est la maison d'édition qu'a créé Anne Sylvestre en 2018. Elle est gérée par ses filles et sa petite-fille, Philomène, Alice et Clémence. contact@annesylvestre.com annesylvestre.com

8 septembre 2026

«Fuck la planète» : où comment les puissants ont fait le choix du réchauffement climatique (à voir sur Arte)

Avec les prochaines échéances électorales en France mais aussi ailleurs dans le monde et après les mois de  chaos que nous subissons en 2026 (inondations, sécheresse, méga-feux, canicules, méga-éboulements dans l'Himalaya et dans les Alpes générant coulées de boues et laves torrentielles, ...), il me semble utile de remettre l'église au milieu du village et de pouvoir nous faire notre propre opinion sur le pourquoi du dérèglement climatique.  

A cette fin, je vous communique ici, un article de Reporterre à propos du très éclairant documentaire diffusé à partir de ce soir sur ARTE.

Photo et article de la newsletter de ReporTerre du 8/9/2026

Depuis le milieu du XXe siècle, la nocivité des pollutions industrielles sur le climat est clairement établie. Mais les sociétés riches occidentales ont préféré passer outre, nous montre avec pertinence un documentaire Arte. 

C’est un titre bref, qui en dit long : Fuck la planète — Le choix du réchauffement (en français, Nique la planète ou J’emmerde la planète). Diffusé le 8 septembre à 21 heures sur Arte, en trois épisodes, ce documentaire incontournable raconte l’évolution du dérèglement du climat, et la manière dont notre civilisation occidentale s’en est arrangée, s’en arrange encore. (à voir en replay jusqu'au 7 avril prochain).

Le scénario n’a rien de roboratif ; son petit côté polar est même prenant. Avec témoignages et images d’archives, il nous ouvre les cours et arrière-cours de l’histoire. D’un côté, des scientifiques lanceurs d’alerte — pour les plus célèbres, Dennis et Donella Meadows ; de l’autre, de grandes entreprises comme ExxonMobil, qui dissimulent des informations capitales, des groupes de travail ultrasecrets, comme les Jason, et, entre les deux, des chefs d’État plus ou moins embarrassés… Ce qui donne quelques moments cocasses. Par exemple quand Valéry Giscard d’Estaing, alors ministre de Georges Pompidou (1969-1974), résume le rapport du Club de Rome à la télévision sans jamais citer le « réchauffement climatique ». On attend, on attend, et puis… Non. Est-ce un comédien né ou… ?

Ce récit-enquête bien rythmé, ciselé en trois épisodes de 45 minutes, est le fait d’auteurs confirmés. Le réalisateur, Jean-Robert Viallet, est un documentariste qui a déjà donné le jour à plusieurs enquêtes costauds, dont La Mise à mort du travail, sur les méfaits du management (prix audiovisuel Albert-Londres). Son complice, Jean-Baptiste Fressoz, est, lui, un historien notoire des sciences, des techniques et de l’environnement, chercheur au CNRS. Il a publié récemment Sans transition — Une nouvelle histoire de l’énergie (2024) et coécrit le volume I de La Nature en révolution — Une histoire environnementale de la France, 1780-1870 (2025).

Richement documenté, il pourrait ouvrir une autre période, celle d’un débat citoyen amplifié autour de cette question urgente : comment agir pour stopper le réchauffement climatique avant que ne s’enchaînent, de façon irréversible, phénomènes extrêmes et exil des populations ? Pour y contribuer, Jean-Robert Viallet se dit ouvert à toute proposition de projections-débats de la part de collectifs, d’associations ou d’établissements scolaires. Mais d’abord, bon film !

Une guerre contre nous-mêmes
L’enquête commence au XIXe siècle, dans les fumées noires de l’âge du charbon. Déjà surgissent les premières intuitions scientifiques de l’effet de serre. Mais c’est au cours de la Seconde Guerre mondiale, dans le berceau de la bombe atomique (les laboratoires étasuniens du projet Manhattan), qu’est élaboré le diagnostic du réchauffement climatique tel que nous le connaissons aujourd’hui. Les outils scientifiques ne vont plus dès lors cesser de se perfectionner, jusqu’à permettre des comparaisons du climat sur plusieurs centaines d’années en amont — la paléoclimatologue Valérie Masson-Delmotte l’explique très clairement, c’est passionnant.

Dans les années 1960-1970, aux États-Unis toujours, la question écologique gagne la rue. Le cri lancé par Rachel Carson dans Printemps silencieux, brûlot contre les pesticides, a ému la population, et pointé un débat de fond : les humains font-ils partie de la nature ? Et si oui, leur guerre contre la nature n’est-elle pas une guerre contre eux-mêmes ?

« Les États-Unis sont alors la première puissance économique mondiale (80 % des investissements économiques mondiaux) et le plus grand pollueur, précise à Reporterre Jean-Robert Viallet. C’est donc chez eux que la question des pollutions et du climat commence à s’écrire, du fait de leur mode de consommation. » La Journée de la Terre y est créée en 1970, avant le tout premier Sommet de la Terre à l’Organisation des Nations unies, en 1972. La question climatique commence à être prise au sérieux.

Cercle vicieux
1979 : année charnière. Le démocrate Jimmy Carter, président des États-Unis de 1977 à 1981, est bien ennuyé : « C’est un chrétien démocrate pour lequel la nature, donnée par Dieu aux hommes, est vraiment à protéger », précise Jean-Robert Viallet. Mais, face à une nouvelle crise d’approvisionnement pétrolier, du fait de la révolution iranienne, que fait-il ? Il lance un projet de transformation du charbon en carburant liquide, si polluant qu’il est critiqué même par les sénateurs de son camp. Puis il appelle la population à voyager moins, à privilégier le covoiturage et les transports en commun, et demande un nouveau rapport au météorologue étasunien Jule Charney, pour analyser les recherches récentes sur l’effet de serre et le climat. « Il est dans une crise de schizophrénie intense ! D’ailleurs, ça ne cessera plus : on parle de sobriété, d’énergies renouvelables, mais dès qu’une crise arrive, on relance tous azimuts les énergies polluantes ! Souvenez-vous des débuts de la guerre en Ukraine [qui a relancé les centrales à charbon]… » poursuit le réalisateur.

L’écart entre la réalité scientifique qui se fait jour et l’essor de la société de consommation n’est plus tenable. Même des majors du pétrole, comme Exxon, commandent un rapport à des scientifiques, qui, tous, confirment le danger. C’est alors que survient l’élection de Ronald Reagan (1981-1989), un néolibéral convaincu de la magie du marché.

Intense lobbying
Les élites politiques et économiques n’ont-elles envisagé dès le début que l’adaptation comme seule option réaliste ? Et nique la planète ! Au bénéfice de qui ? Les réponses données aujourd’hui au réchauffement climatique — le développement durable et l’adaptation — sont-elles viables ? Vraiment en mesure de nous protéger ?

Du Sommet de Rio (1992) aux attaques récentes contre la science aux États-Unis et en Europe, en passant par le Protocole de Kyoto en 1997, ce troisième épisode entrelace les fils de l’économie, de la politique et de la recherche scientifique pour dessiner le drôle de paysage dans lequel nous vivons aujourd’hui.

En regardant les images de l’indonésienne Jakarta, l’une des villes du monde les plus menacées par la montée des eaux, on pense à ce que dit l’un des intervenants du film : « Le pire scénario serait un monde où l’économie s’effondrerait et où d’innombrables réfugiés climatiques chercheraient à rejoindre les régions les plus tempérées. Cela pourrait renforcer les populismes d’extrême droite et précipiter un déclin de civilisation. » Mais les énergies renouvelables vont nous sauver, n’est-ce pas ?

Fuck la planète — Le choix du réchauffement, série de 3 documentaires de 45 minutes écrite par l’historien Jean-Baptiste Fressoz et le journaliste Jean-Robert Viallet. Coproduction Arte France, Cinéphage Productions, 2026. Diffusion sur Arte le 8 septembre à 21 heures ; replay possible sur Arte jusqu’au 7 avril 2027.

5 septembre 2026

"L'histoire de Souleymane", film de 2024 à voir sur ARTE jusqu'au 10-10-2026, si vous l'avez raté en salle

Lorsqu'il y avait le confinement en 2020 et que nous étions tous retranchés dans nos logements, on ne voyait plus qu'eux dans les rues de nos villes essentiellement : les livreurs, d'origine étrangère, qui coûte que coûte venaient livrer les repas qu'on leur commandait. 

Or, s'il est terriblement facile d'appuyer sur le bouton d'une application pour s'acheter vite fait un repas, la plupart des gens qui ont recours à ce service ignorent tout des trafics divers qui se trament sur le dos de ces personnes immigrées, non seulement dans leur voyage périlleux vers la France, mais encore chez nous, dans nos villes. 

Visualiser 48 heures de la vie de l'un d'eux est une expérience marquante!

sur Youtube : BA du film "L'histoire de Souleymane" de Boris Lojkine.

J'ai été terriblement affectée de voir combien ces gens-là  sont les victimes de nombreux trafiquants ici, dans nos villes, pour arriver à s'équiper et à vivre de leur travail de galérien, pour avoir de quoi s'abriter la nuit et s'entretenir (repas, douches).  Contrairement à ce que nous entendons sur les ondes à longueur de journée, ils sont tout,  sauf des fainéants. Et sans eux, je ne sais pas qui voudrait parmi les Français travailler dans de telles conditions absolument inacceptables, l'ubérisation se rapprochant de l'esclavage 

Je vous conseille de voir ce film pour vivre un grand moment d'humanité, beaucoup d'émotions et pour recevoir en pleine face ce qu'est devenu le monde du travail pour certains aujourd'hui sur notre territoire. 

Sur la chaine Youtube Pass Culture : le casting du film raconté par le réalisateur et l'interprête principal Abou Sangaré (acteur non professionnel, sans-papiers à l'époque du tournage du film, a reçu un permis de séjour pour un an après le succès du film - Tout récemment, About vient de décrocher un nouveau rôle dans un film au tournage imminent "L'Or rouge")

Livreur à vélo, Souleymane pédale dans la nuit parisienne pour un salaire de misère, et rêve du sésame des papiers. Sans pathos, illuminé par la révélation d'Abou Sangaré, un chef-d'œuvre en forme de chemin de croix qui piétine le cœur.

Synopsis
Souleymane, un jeune Guinéen sans-papiers, pédale à Paris pour le compte d'une plate-forme de livraison de nourriture. Chaque nuit, il livre ses repas à une élite citadine indifférente à son parcours et à ses difficultés, quand elle n'est pas carrément agressive. À chaque lueur de gyrophare, Souleymane tressaille. Le boulot lui a été trouvé par un intermédiaire, qui prête son compte sur la plate-forme et accapare une large part des revenus de ce travailleur clandestin. Le soir, dans le centre d'accueil qui l'héberge, ou à vélo tandis qu'il pédale, Souleymane répète son histoire, qu'on lui a taillée sur mesure pour tenter de passer sous les fourches caudines de l'administration française et d’obtenir, enfin, le sésame des papiers. Dans deux jours, il a rendez-vous avec l'agent de l'Ofpra qui recueillera ses mots.

Révélation
C'est peu de dire que l'acteur Abou Sangaré, extraordinaire, de tous les plans, ancre le personnage de Souleymane dans la réalité : repéré lors d'un casting sauvage à Amiens, le Guinéen sans-papiers aura obtenu le César de la révélation masculine avant son titre de séjour, qu'il doit désormais renouveler chaque année. Boris Lojkine, réalisateur remarqué de Hope en 2014, le suit sans pathos, au fil de décors urbains où la solidarité se révèle entre travailleurs de nuit, par petites touches qui font toute la différence sur le long chemin de croix des exilés. Un chef-d'œuvre qui piétine le cœur, récompensé notamment du meilleur scénario original au Festival de Cannes.

28 août 2026

"Y a un monde" : celui de Noé Preszow et je l'espère, d'encore beaucoup d'autres!

Depuis des mois je me sens submergée par tout le négatif et l'immonde qui nous entoure et nous phagocyte de plus en plus, au point de ne plus arriver à créer... mais heureusement de temps en temps, je trouve une pépite qui me redonne de l'espoir.

Écoutez ce bel artiste qui nous permet de penser que nous ne sommes pas tout seul face à l'absurdité et à la violence du monde. Merci Noé pour ces paroles qui font tant de bien! 

Clip de la chanson Y a un monde sur la chaine Youtube de l'artiste

Y A UN MONDE 

Y'a un monde en dehors, je t'assure
Y'a un monde en dehors de l'usure
Qu'on inflige à nos cœurs, à nos corps
En dévorant tout c'qui nous dévore
Y'a un monde en dehors des dorures
Y'a un monde en dehors où l'azur
Se cache dans des toutes petites brèches
Y'a pas de mot de passe ni de flèche

Y'a un monde en dehors d'ces ordures
Qui ravivent toujours plus la brûlure
En allant répandre sur des plateaux
Du vide vendu comme de l'info
Qui parlent tellement fort tellement mal
Que ça fait même peur aux étoiles
Y'a un monde où on ose rester sourd
À tout ce qui ne porte pas secours
Y'a un monde

Où les souffles fragiles comme les nôtres se répondent
Où les cœurs sans dieu ni maître correspondent
Où les poings sans drapeau se lèvent à chaque seconde
Y'a un monde

Y'a des gens
Qui rêvent ni d'être riches ni d'être puissants
Qui cherchent pas à être partout en même temps
Pour qui l'immensité c'est d'abord être vivant
Y'a un monde loin de la Fashion Week
Y'a un monde où c'est juste pathétique

Y'a un monde où c'est juste la honte
D'poser à moitié nu pour une montre
Un monde où le nombre de followers
N'a strictement aucune valeur
Où ça ne fait plus rêver personne
De cautionner ce qui emprisonne

Y'a un monde qui n'se laisse pas faire
Et qui croit encore à la colère
Qui croit à la désobéissance
Quand un flic dit « recule » on avance
Un monde qui n'attend pas qu'on lui dise
De quel vice ou de quelle marchandise
Il a besoin pour s'épanouir
Un monde qui n'a pas besoin de fuir
Y'a un monde

Où les souffles fragiles comme les nôtres se répondent
Où les cœurs sans dieu ni maître correspondent
Où les poings sans drapeau se lèvent à chaque seconde
Y'a un monde

Y'a des gens
Qui rêvent ni d'être riches ni d'être puissants
Qui cherchent pas à être partout en même temps
Pour qui l'immensité c'est d'abord être vivant

Ce monde n'appartient pas à hier
Il est dans les yeux de ta sœur, de mon frère
Il est, il est là quelque part dans la brume
Il perd jamais ses ailes juste des plumes
C'est pas un rêve, pas une métaphore
C'est un monde qui fait trembler les porcs
Et si tu as du mal à me croire

Ce monde je t'en prie viens le voir
Viens le voir
Viens le voir
Viens le voir
Viens le voir
Viens le voir
Viens le voir
Viens le voir
Viens le voir


Paroles.net dispose d'un accord de licence de paroles de chansons avec la Société des Editeurs et Auteurs de Musique (SEAM)

Je vous avais déjà fait écouter cet auteur-compositeur-interprètre belge ICI, et décidément, j'aime beaucoup ce qu'il fait. Merci à lui pour toute l'humanité qu'il dégage et pour toutes les questions essentielles qu'il se pose, qu'il nous pose. 

21 août 2026

Le bon sens paysan est-il en train de disparaître ?

A l'heure où une sécheresse historique sévit dans notre pays, le manque d'eau, les inondations, les incendies, les crises sanitaires mettent à mal nombre d'exploitations agricoles ou maraichères, sans parler des lois européennes aberrantes qui leur sont imposées, il me semble important que chacun de nous soit bien conscient de l'importance du rôle des paysans et de la nécessité de les encourager à perservérer dans ce noble métier pour ceux qui restent et pour les nouveaux qui se lancent dans cette folle entreprise.  

Je parle ici des vrais paysans travaillant sur une exploitation à taille humaine, souvent familiale (pas des fermes usines), ceux qui nous ont toujours nourri en faisant des journées interminables sept jours sur sept, en ayant peu ou prou de rémunération, en ne prenant pas de vacances, ...ceux grâce auxquels nous pouvons (encore un peu) bénéficier de paysages variés superbes grâce aux champs qu'ils cultivent, aux bois qu'ils entretiennent, aux animaux conduits en paturage ou grâce au pastoralisme dans les paysages plus escarpés...paysages qui ont amené tant de touristes à visiter la France.

Indispensables à notre qualité de vie tant sur le plan alimentaire que culturel, ils se transmettaient de générations en générations l'amour de la terre...mais, cela c'était jusqu'aux années 1950, c'était avant qu'on les fasse entrer dans un cycle infernal d'endettement chronique, des rendements à tenir pour ne pas travailler à perte, des normes à respecter toujours plus nombreuses, de tracasseries administratives infinies, le tout induisant une telle souffrance psychologiques que cela conduit à de très nombreux suicides (1 à 2 par jour selon les sources). Par ce lien vous verrez comment tout cela a été programmé car tout a été  fait pour leur éradication.

J'ai envie de leur rendre un vibrant hommage ici : toutes les fois que nous le pouvons, privilégions l'achat de proximité, auprès de petits producteurs bio ou en culture raisonnée, les épiceries collectives tenues par des producteurs locaux, les achats à la ferme lorsque cela existe. 

Bien sûr, c'est un peu plus cher mais au moins, nous savons ce que nous allons manger, nous avons la fraicheur des produits, un lien se tisse entre le producteur et son client, et avec ce type d'achat, nous n'engraissons pas les actionnaires de l'agro-industrie ou ceux de la grande distribution. Après un été comme cela que nous sommes en train de vivre, il va bien falloir consentir à changer nos habitudes et à encourager tous ceux qui se préoccupent encore du vivant! 

J'ai trouvé sur internet une chanson qui met en valeur le bon sens paysan ; entendue comme fond sonore d'une vidéo sur internet je vous la livre ici. 

Chanson le bon sens paysan trouvée sur internet - Collectif Les veilleurs du terroir

On n'apprend pas la terre dans les livres
Ni les saisons derrière un écran
La pluie se lit dans le ciel qui change
Et le temps se compte autrement
C'est pas la mode qui fait la moisson
Ni les slogans qui nourrissent les gens
Avant les lois, avant les leçons
Il y avait le bon sens paysan

C′est pas dans les bureaux qu'on apprend la saison
Ni dans les discours qu'on nourrit la nation
Avant les leçons, les statistiques, les plans
Il y a le bon sens paysan

Il sait attendre, il sait prévoir
Il sait tenir quand tout vacille
Il a la terre dans la mémoire
Et l'avenir dans sa famille

La terre répond quand on la comprend
Elle parle aux calmes, jamais aux gens pressés qu'elle freine
Ils connaissent le gel, la pluie, le temps long
Les silences lourds et les matins sans nom
Et quand tout casse ou quand tout chancelle
Ils tiennent debout, fidèles et réels

C'est pas dans les bureaux qu'on apprend la saison
Ni dans les discours qu'on nourrit la nation
Avant les leçons, les statistiques, les plans
Il ya le bon sens paysan

Ils ne promettent pas ce qu'ils ne peuvent tenir
Les paysans sèment en sachant qu'il faudra souffrir
Chaque récolte est un pari discret
Un acte de foi sans jamais tricher
Car travailler la terre et croire
C'est souvent marcher dans la même histoire
Entre le ciel et les sillons
Se tient le cœur des traditions

C'est pas dans les bureaux qu'on apprend la saison
Ni dans les discours qu'on nourrit la nation
Avant les leçons, les statistiques, les plans
Il ya le bon sens paysan

Ils ont défriché avant nous
Pris la forêt à bras-le-corps
Sous la bure, dans le silence
Les moines paysans ont fait naître champs et ports
Des abbayes sont nés les bourgs
Des cloches ont toujours sonné dans les villages
Prière et travail, nuit et jour
Ont façonné nos paysages

C′est pas dans les bureaux qu'on apprend la saison
Ni dans les discours qu'on nourrit la nation
Avant les leçons, les statistiques, les plans
Il ya le bon sens paysan

Dans l'abbaye de Féniers
Ils vivaient simples et droits
Moines et paysans à la fois
Gardiens des terres et de la foi
Ils cultivaient du blé et du silence
Dans la rigueur et la patience
Et protégeaient les gens d'ici
Des routes sombres et des nuits
Où rodaient les bandits de grand chemin et durs seigneurs

Face au château de Lugarde
De l'abbaye se dressaient les murs, sécurisants et sûrs
Les moines cultivaient
Veillaient et priaient pour apporter la paix, sans détour
Par le travail et par l'amour
Et dans leurs gestes, encore présents
Se retrouve le bon sens paysan

Ils n'ont pas bâti pour demain matin
Mais pour des siècles, lentement

C'est pas dans les bureaux qu'on apprend la saison
Ni dans les discours qu'on nourrit la nation
Avant les leçons, les statistiques, les plans
Il y a le bon sens paysan

Il sait d'où l'on vient, où l'on va
Ce qu'on transmet, ce qu'on garde en main
Entre la terre, la foi, le repas
Il tient le monde à hauteur d'homme

Aujourd'hui on les traite d'archaïques
Parce qu'ils refusent le hors-sol
Mais quand tout craque et tout se dérègle
C'est vers eux qu'on se retourne encore

Ils savent que rien ne pousse sans peine
Que tout se paie tôt ou tard
Que la liberté n'est pas un slogan
Mais un travail de chaque regard

C'est pas dans les bureaux qu'on apprend la saison
Ni dans les discours qu'on nourrit la nation
Avant les grands mots et les faux sermons
Il y a le bon sens paysan

Pas de pays sans paysans
Pas d'avenir sans transmission
Sans racines, rien ne tient vraiment
Et eux respectent la civilisation
Le bon sens paysan

Le temps long
La terre

Auteur : Pierre Bredeau

31 juillet 2026

La poésie d'Agnès Ledig pour réfléchir ensemble à ce que nous voulons pour demain

Juillet 2026 : La romancière Agnès Ledig rend sa Légion d'honneur
pour protester contre la Loi d'urgence agricole



Puisque la poésie
N’a plus beaucoup de place
Dans ce monde en charpie
Où l’avenir grimace
Nous en ferons une arme
Une arme issue du cœur
Pour transformer nos larmes
En un projet d’ampleur

 Mettre en lumière le beau

Pour ceux qui ont laissé
S’en aller en lambeaux
Leur âme émerveillée
A vous les politiques
Qui manquez de courage
De respect et d’éthique
Entendez-vous la rage

 De ceux qui veulent sauver

L’habitabilité
D’une terre massacrée
Par vos lois insensées
Quand les scientifiques
Annoncent l’étincelle
L’inaction climatique
En devient criminelle.

 Et vous autorisez

Les fameux pesticides
D’un Duplomb acharné
Marionnette lucide
Malgré les pétitions
L’avis des médecins
Aux lobbys du poison
Vous donnez un blanc-seing

La climatisation

Sur vos lèvres, sans fin
N’est pas la solution
Pour habiter demain
Elle n’est qu’un argument
De populiste crasse
Qui endort et qui ment
Sur ce qu’il faut qu’on fasse

 Le monde entier suffoque
Et vous  pendant ce temps
Dans vos fauteuils baroques
Vous vous fichez des gens
Des poissons, des oiseaux,
Des arbres et des enfants,
Des mers et des ruisseaux
En somme, du vivant.

Vous empoisonnez l’eau

Et vous tuez le loup
Peu importe les maux
Peu importe les coups
Avec vos complices
Et dans leur intérêt
Vous cédez aux caprices
De tous les Pouyanné

 Les forêts, les étangs

Les jardins, les vergers
Et tous leurs habitants
Qui n’ont rien demandé
Meurent et meurent sous nos yeux
Des yeux qui vont pleurer
Avant que d’être vieux
Car vous aurez tué

 Tout ce qui nous nourrit

Nous apprend, nous anime
Dans un grand incendie
Les chances sont infimes
Entendez-vous le chant
De la colère qui gronde
Dans les rues, dans les champs
Entendez-vous la fronde

Elle viendra vous chercher,
Vous demander des comptes
Peut-être vous juger
Au moins vous faire honte
Pour qu’enfin d’une voix
Nous soyons entendus
Et que tombent les choix
D’assemblées corrompues

 Puisque la poésie

N’a plus beaucoup de place
Fabriquons à l’envi
Du merveilleux tenace
Ensemble, unis et prêts
Imaginons demain
Et le chant des forêts
Résonnera sans fin…

Agnès Ledig

Jusqu'à il y a très peu de temps, je ne connaissais pas du tout l'auteure de cette poésie, mais j'admire cette femme d'honneur qu'est Agnès Ledig. Son nom m'est apparu ce mois de juillet, lorsqu'elle a fait l'actualité en annonçant qu'elle rendait sa décoration de la Légion d'honneur pour dénoncer l'inaction politique face à la crise climatique et la loi d'urgence agricole.

"Pour garder mon honneur, je vous rends ma Légion", annonce l'autrice Agnès Ledig, dans une lettre ouverte au président de la République, trois ans après avoir été médaillée. "Ceux qui ont les clés de la République ne nous respectent pas. Leur inaction climatique nous fais souffrir dans notre chair et notre cœur", déplore-t-elle.

Vous trouverez ci-après le texte original de la lettre ouverte au Président de la République d'Agnès Ledig, relayée par Michelle Tirone sur sa chaine Youtube "Regard citoyen". 

Lecture de la lettre ouverte d'Agnès LEDIG par Michelle Tirone 
Elle est un peu longue mais fort intéressante lorsqu'on apprend le parcours si particulier de cette femme maman de trois enfants (études scientifiques, pratique du métier de sage-femme pendant 10 ans, maintenant paysanne bio éleveuse de chèvres dans les Vosges - mais aussi autrice de romans à succès depuis la disparition de son fils de 5 ans, atteint de leucémie). Fondamentalement attachée au vivant, Agnès s'est toujours sentie concernée par la santé et une meilleure qualité de vie des hommes, mais également pour la nécessaire sauvegarde de la nature, faune et flore sont si essentielles à la survie de l'humanité. 

Merci à elle pour ses mots percutants et pour son encouragement à ne pas rester passifs devant cette situation incroyable que nous sommes tous en train de (vivre) subir.

17 juillet 2026

Témoignage de saine colère : indignons-nous pour qu'on respecte enfin le vivant!


Trop anéantie moi-même par la chaleur pour avoir encore la force de créer, je relaie ici les mots écrits par Gabrielle, une femme habitant le littoral normand au 4ème jour de la deuxième canicule de l’année.
***

Le corps et l’esprit à bout. La plume qui prend le relais pour dire, ressentir, s’indigner, dire la colère de ce qui était prédit. La première canicule de l’année a en Normandie eu lieu fin mai, juste après les Saints de Glace. Courage, amour et douceur à nos corps, et à nos cœurs. Et au Vivant.

Après les Saints de Glace
vient le temps de la Sainte Colère.
Celle de la canicule,
de la Terre qui brûle,
de la nature et de l’Homme qui suffoquent.
On nous a offert un paradis,
une planète bleue, verte et si jolie,
un parfait havre de vie pour des milliers,
des millions d’espèces,
un monde d’interdépendance,
de multitude et de beauté,
La merveille de notre galaxie.

Nous aurions pu être les gardiens de cet écosystème,
nous avions les clés pour le préserver
et pour, harmonieusement, cohabiter.
Beaucoup d’entres nous l’ont d’ailleurs aimé,
honoré et respecté à travers les âges.
Encore aujourd’hui, certains le font.
Mais voilà que d’autres ont inventé,
au fil des siècles,
des Lois d’Hommes pour asservir et contrôler
les Lois de la nature, et du Vivant.

Rien de bon ne pouvait naître de cela,
Trahir les mécanismes originels réglés au millimètre,
À la seconde près en chaque chose et en chaque être.
Quel plus grand péché d’égo ?
Quel plus grand crime que d’assécher jusqu’à la dernière goutte
ces ressources précieuses, miraculeuses,
de détruire ce qui était parfait,
Offert, peut-être, par plus grand que nous,
Afin que, simultanément, nous en jouissions
Et le protégions ?
Ce que beaucoup appellent “progrès” ou “évolution”
n’est en fait, à l’égard de la Terre, qu’une destruction.

Il faudra beaucoup d’amour, beaucoup de chemin et de prières,
Beaucoup de forces et de cœurs ouverts
Pour guérir du crime d’avoir saccagé ce qui était sacré,
Le seul et unique bien commun de toute l’Humanité.

L’appel est lancé.
Vous qui en ressentez l’élan,

Venez.

26 juin 2026

Pétition à signer et faire signer massivement si l'on veut agir sur la cause du réchauffement climatique

Moi non plus je n'ai pas l'habitude de poster ici un appel à signer une pétition. Pourtant aujourd'hui je relaie volontiers la pétition destinée à Emmanuel Macron publiée sur le blog de mon ami Éric, que j'ai bien évidemment signée, car, alors que nous suffoquons sous la chaleur de  cette énième canicule qui n'en finit pas, nous sommes tous concernés par les conséquences d'une politique allant à l'encontre de toutes les préconisations scientifiques en matière de gestion du climat, depuis des décennies.

Ce faisant, je pense à mes enfants et plus encore à mes petits-enfants, plus largement à toutes les générations futures qui devront tenter de survivre dans un enfer thermique, si nous n'actionnons pas tous les leviers en nos mains pour sensibiliser nos élites à l'absolue nécessité de tout mettre en oeuvre pour ralentir le processus du réchauffement climatique, en ciblant tout d'abord les énergies fossiles.

Votre inaction climatique est impardonnable, nous nous en souviendrons, Monsieur le Président.

***

Aujourd'hui (une fois n'est pas coutume), je relaie la pétition d'une autrice du GIEC à signer et faire signer massivement. 

pétition

Il fait 43 degrés en juin, et le pire est à venir… à moins que l'on choisisse d'agir sur la cause du réchauffement climatique. Depuis sa cave, Yamina Saheb, autrice du GIEC, lance un cri d'alerte avec Avaaz.

SIGNER

 

Cher Monsieur Macron,
Je vous écris de notre cave, seul lieu encore habitable dans notre immeuble parisien.

Je relis votre appel à "la prudence, à prendre soin des personnes âgées, des plus vulnérables comme des enfants et à suivre l'ensemble des recommandations du gouvernement". J'en reste abasourdie.

Je ne comprends pas qu'un président de la République puisse, une fois de plus, faire peser sur les frêles épaules des citoyens la responsabilité de les protéger, qui est la vôtre. Et je vous imagine sirotant un apéro (loin d'être mérité) dans une pièce climatisée de l'Élysée ou d'un autre palais de la République.

Alors j'ai décidé de vous écrire. Cette lettre, vous ne la lirez probablement jamais. Qu'importe : seule l'écriture apaise un peu ma colère.

Vous nous demandez "la prudence". Mais la prudence de qui, Monsieur le Président ? Celle des citoyens qui n'ont jamais voté pour quatre degrés de réchauffement, ou celle d'un État qui, année après année, choisit de ne pas agir sur la cause ? On ne se met pas "à l'abri" d'un climat que l'on continue de dérégler. On ne "boit pas de l'eau" pour réparer des décennies d'inaction climatique.
Cette canicule n'est pas une fatalité météorologique. Elle est la conséquence directe et mesurée de votre décision de nous enfermer dans le capital fossile. Nous l'avions écrit, noir sur blanc, dans les rapports du GIEC (IPCC). Vous le saviez. Nous le savions tous. Ce qui nous accable aujourd'hui n'est pas une surprise : c'est un rendez-vous que vous, avec d'autres responsables politiques, avez choisi de ne pas honorer.

Et que proposez-vous face à cela ? De nous adapter à une France devenue fournaise, comme si l'on pouvait s'adapter sans fin à un monde que vous vous obstinez à rendre invivable.

Je vous écris enfin parce que je ne sais pas comment expliquer à un enfant de six ans que les adultes savaient, et qu'ils ont préféré l'apéro à l'action. Je ne sais pas pour vous ; moi, je refuse de léguer à mon fils un pays où le seul refuge est le sous-sol, et comme seule consigne, la débrouille.
Nous finirons bien par remonter de notre cave. Mais je n'oublierai pas qui m'y a laissée : votre inaction climatique, cher Emmanuel Macron, celle qui vole à nos enfants le droit de vieillir sur Terre.

Je vous demande d'agir enfin à la hauteur des enjeux, à commencer par mettre un terme à toutes les subventions publiques directes ou indirectes aux énergies fossiles dans notre pays.

Demain, il sera déjà trop tard.

Yamina Saheb, auteure pour le GIEC, Groupe d'experts climat de l'ONU.

24 juin 2026

La canicule est une violence politique, pas une fatalité

Bien que fort affaiblie par cette chaleur intense dans l'appartement, il me reste encore assez d'énergie pour réagir à ce que nous subissons tous actuellement.

Je suis tellement en colère et agacée d'entendre et de lire des propos incroyables à propos de la présente période caniculaire dans les media et dans la presse : si l'on en croit leurs "experts", nous vivons là un phénomène météorologique exceptionnel,  mais si individuellement nous nous adaptons en buvant beaucoup d'eau, en sortant le moins possible et en faisant le minimum d'effort (en gros c'est le message gouvernemental), nous devrions passer le cap .... jusqu'à la prochaine fois.

Nous avions tous été épouvantés par les ravages de la quinzaine caniculaire d'août 2003 (en plein été donc) qui avait fait tant de victimes chez nos ainés et après laquelle des mesures significatives devaient être prises. Concrétement, à part climatiser une pièce unique dans les maisons de retraite ou EHPAD pour l'ensemble de tous les résidents (bien peu en fait), qu'y a t il eu comme modifications profondes de nos modes de fonctionnement pour que la vie des plus faibles et des moins bien lotis dans leurs logements soit améliorée.... AUCUNE!

Rien n'a été fait dans les hôpitaux, rien dans les écoles, rien dans les lieux publics et maintenant que cela nous nous arrive en mai ou en juin, c'est à dire à un moment de l'année où les élèves sont encore à l'école, rien n'a été pensé, rien n'a été anticipé. Comme toujours, nous avons entendus énormément de promesses, mais rien au niveau des actions et toujours plus de recul sur les normes écologiques.

Comme je ne saurai pas l'exprimer aussi bien, je vous relaie un article édifiant du magazine ReporTERRE à ce sujet :

La canicule est une violence politique
Bordeaux le 19 juin 2026 - Photo de Thimothée Buisson / Reporterre

Loin d’être une fatalité, les canicules sont le résultat de choix : ceux des dirigeants qui balaient les objectifs climatiques, obnubilés par la sacro-sainte croissance. Cette élite capitaliste hors sol est criminelle, détaille cet éditorial.

Des enfants morts noyés. Des personnes âgées mortes de chaud. Des étudiants et des travailleurs exténués, contraints de s’activer dans la fournaise. La canicule qui touche la France, hors norme tant par son intensité que sa précocité au mois de juin, laisse le pays K.O. L’épuisement et la sidération sont largement partagés. Mais où est la colère ?

Les canicules sont encore vécues aujourd’hui avec fatalisme par une grande partie de la population, comme un aléa que l’on subit en serrant les dents. Elles sont pourtant devenues tout autre chose : une violence générée volontairement, en toute connaissance de cause.

Dès 1971, TotalEnergies savait que ses activités provoquaient un réchauffement planétaire et risquaient d’entraîner des « conséquences catastrophiques ». La major pétrolière l’écrivait noir sur blanc. À la même époque, son concurrent ExxonMobil était aussi parfaitement au courant. La même chose est documentée pour Shell une décennie plus tard. Or, non seulement ces compagnies pétrolières n’ont pas sonné l’alerte, n’ont pas décidé d’arrêter leurs extractions d’énergies fossiles, mais elles ont orchestré une gigantesque campagne de désinformation et de lobbying, répandant le climatoscepticisme et sabotant les négociations climatiques.

Des promesses non tenues
Le cynisme des gouvernements est peut-être encore plus criminel. Aucun ne peut prétendre sérieusement avoir été victime de la désinformation des pétroliers. Les meilleurs scientifiques du monde, à commencer par ceux réunis au sein du Giec, n’ont cessé de les alerter sur tous les tons depuis des décennies sur la gravité du changement climatique d’origine anthropique et de ses conséquences, dont la hausse de l’intensité et de la durée des vagues de chaleur en Europe de l’Ouest.

Il y a, bien sûr, ceux qui se détournent de la science et ne s’en cachent pas. Le président étasunien Donald Trump, son homologue argentin Javier Milei et toute l’internationale carbofasciste sont les relais actifs des intérêts du capitalisme fossile. Et puis il y a tous les autres, ceux qui se prétendent responsables, du camp de « la raison » et promettent de tout faire pour protéger leur population du chaos climatique.

Dans les faits, soit les objectifs de baisse d’émissions de gaz à effet de serre des États sont insuffisants, soit ils ne sont pas tenus, soit les deux à la fois. L’objectif de l’Accord de Paris de rester sous 1,5 °C de réchauffement global par rapport à l’ère préindustrielle est mort et enterré, et les politiques actuelles nous mènent au désastre.

L’accumulation capitaliste est non négociable
Au lieu d’accélérer les efforts, l’Union européenne multiplie depuis des mois les retours en arrière : recul sur la fin des ventes de voitures thermiques, recul sur l’agriculture et détricotage de nombreuses normes environnementales. Les décideurs le savent : ces reculs ne feront qu’aggraver les catastrophes et les événements extrêmes, à l’instar de la canicule qui fait actuellement souffrir la population.

Mais cette donnée ne pèse pas assez lourd dans la balance. Car en régime capitaliste, la croissance économique infinie est vitale ; et cette accumulation infinie de ressources est incompatible avec la préservation écologique du monde. Lorsqu’il s’agit d’arbitrer entre respect des limites planétaires et sauvegarde des intérêts économiques, les seconds l’emportent systématiquement. La défense de la « compétitivité économique » est très clairement la justification assumée des élites européennes pour acter de leurs reculs écologiques.

Il nous faut insister sur cette réalité simple et brutale : les décideurs politiques ont les données scientifiques sous les yeux, ils savent que leurs renoncements engendreront plus de drames et de morts. Notre trajectoire climatique nous mène, en France, vers dix fois plus de jours de vagues de chaleur par an et les 50 °C dépassés dans une ville comme Paris, peut-être dès 2050 !

Les décideurs politiques ont les données scientifiques sous les yeux
Mais il est jugé plus raisonnable d’accepter ces catastrophes et de sauvegarder un système économique moribond, dont ne profite plus grand monde au-delà de la classe dominante. Au lieu de faire de la préservation d’un climat habitable un impératif catégorique, et d’adapter nos règles socio-économiques en conséquence, on fait l’inverse. L’accumulation capitaliste est non négociable, et advienne que pourra pour le climat.

Là est la véritable violence.
C’est flagrant dans le cas de la France, où la violence est double. D’une part, parce que nos baisses d’émissions de carbone ne respectent pas nos engagements. D’autre part, parce que nos politiques d’adaptation sont insuffisantes. Dans les deux cas, les risques engendrés pour la population sont documentés, les alertes sont lancées et l’État, au lieu d’avancer, recule.
Les 1 000 reculs de l’État français

Au nom de l’austérité budgétaire, sur l’autel de la sacro-sainte croissance économique, le budget de la transition écologique ne cesse d’être sabordé. Entre deux canicules, le gouvernement a décidé de raboter le budget de MaPrimeRenov’, le dispositif de rénovation énergétique des logements. Le fonds vert, censé aider les collectivités locales à s’adapter au changement climatique, a été amputé des deux tiers de son budget. Les lois agricoles successives tournent le dos à la transition agroécologique et perpétuent un modèle industriel mortifère et ultracarboné. Un tiers du réseau ferré français est menacé d’un « effondrement irréversible » faute de moyens pendant que l’État finance des autoroutes inutiles. La liste des renoncements écologiques est interminable.

Emmanuel Macron est au pouvoir depuis neuf ans. Il a lui-même créé le Haut Conseil pour le climat, qui ne cesse de blâmer ses politiques climatiques insuffisantes. Il agit en toute connaissance de cause et il parle de même : lorsqu’il fait mine de s’étonner de l’existence de la crise climatique, lorsqu’il appelle chacun à la « vigilance » et à boire de l’eau face à la canicule, il ajoute l’indécence à la brutalité.

La chaleur qui accable nos corps est une agression de la part d’une élite criminelle
Il superpose la violence symbolique à la violence climatique. Celle d’une élite capitaliste hors sol, qui se gausse depuis les salons climatisés du pouvoir et démontre son absence totale d’empathie pour la majorité des terriens, ceux qui subissent les conséquences de leurs choix : les écoles et les appartements transformés en fours, les maisons qui deviennent inassurables, la crainte pour sa survie et celle de ses enfants. Comment imaginer tenir lorsque les canicules seront de 10 °C plus chaudes que celle que nous traversons en ce moment ?

Résister à cette violence devient une exigence vitale. Cela commence par la nommer. Ne plus subir l’inversement orwellien du langage qui transforme les militants écologistes qui luttent pour l’avenir en « écoterroristes » et fait passer l’oligarchie sociopathe qui détruit le monde pour les garants de la raison. Ne pas accepter la dépolitisation apparente de l’écologie, qui fait porter la responsabilité sur les individus et les écogestes.

Mettre à nu, dans toute leur abjection, la réalité de la violence du capital, celle de l’État qui le sert et de leurs dérives néofascistes. Penser la chaleur qui accable nos corps comme une agression de la part d’une élite criminelle. Une atrocité et un crime contre l’humanité. C’est le préalable pour générer un sursaut et les mettre hors d’état de nuire. Et vite, ça brûle.Loin d’être une fatalité, les canicules sont le résultat de choix : ceux des dirigeants qui balaient les objectifs climatiques, obnubilés par la sacro-sainte croissance. Cette élite capitaliste hors sol est criminelle.