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30 avril 2026

Jeune vendeuse de muguet parisiennne et sa charrette des quatre saisons

Comme à chaque fois que je fais une série, j'ai pris l'habitude de m'adresser un spécimen pour conserver en mémoire le tissu support, le format et la manière dont j'ai réfléchi à la composition. 

Voici donc comment je me suis fait plaisir en m'adressant un brin de muguet en provenance de cette jolie charrette parisienne et du sourire de la vendeuse de bouquets de muguet, immortalisée sur une photo magnifique du grand photographe Georges Martin, découvert à cette occasion 

Composition réalisée au moyen d'un tissu comportant de réserves blanches en forme de brin de muguet sur fond vert, ajout de la photo ci-dessous imprimée sur tissu et  de la photo d'une broche en camée, avec un bouquet de muguet en relief
photo originale de Georges Martin photographe 

J'ai toujours beaucoup apprécié le 1er mai, et les deux traditions qui y sont liées à cette date :

- ayant la chance de vivre à la campagne, gamine,  j'allais avec ma mère et ma soeur fin avril cueillir du muguet dans les bois aux alentours de mon village et nous en ramenions de bien beaux bouquets odorants qui parfumaient notre maison.

- le 1er mai, nous allions en offrir des brins à toute la famille géographiquement proche, comme porte-bonheur et nous faisions cela, à pied, car ce jour-là, Fête des Travailleurs, était une vraie journée de Fête, une journée fériée, payée et chômée, que chacun pouvait utiliser à sa guise. 

C'était et c'est toujours un jour de mémoire en souvenir des luttes de nos ainés qui se sont battus pour obtenir des conditions de travail plus dignes, pour les ouvriers. Il n'est pas question que cela change. On ne nous volera pas ce jour férié, payé, chômé et laïc.

2 janvier 2026

Série Canis Lupus : j'ouvre l'année 2026 avec des voeux sur le thème du loup, pour leur réhabilitation sur notre territoire

Les mots « espèces nuisibles » et « mauvaises herbes » ne sont que le reflet d’un préjugé séculairement ancré, selon lequel les plantes et les animaux sont là pour nous servir ou nous réjouir, et que nous avons sur eux un droit discrétionnaire. Ces mots sont la traduction directe de notre égocentrisme (ou anthropocentrisme), de notre ignorance et de notre étroitesse d’esprit. Les animaux considérés comme nuisibles ne le sont que par nous, et il en est de même des herbes prétendues mauvaises. En réalité, nous ne sommes qu’une espèce parmi tant d’autres. Ajoutons, en passant, que, face aux extinctions multipliées d’espèces dont nous sommes aujourd’hui responsables, nous mériterions, seuls, le qualificatif d’espèce hautement nuisible à l’harmonie et à la préservation de la biodiversité.
Hubert Reeves

Ce ne sont pas les hommes qui doivent avoir peur des loups, 
ce sont les loups!




Avec l'A.S.P.A.S., le W.W.F., FERUS, F.N.E, S.N.P.N. et la L.P.O., je me range du côté du vivant, du côté de la sauvegarde de la biodiversité dans la nature, et donc du côté du loup.

En juin dernier 2025, l'Union Européenne avait opéré un reclassement du loup, le faisant passer d'«espèce strictement protégée» à « protégée», afin de donner plus de flexibilité aux Etats membres pour gérer la population lupine.

Et bien que 213 organisations européennes aient appeler les Etats membres à ne pas déclasser le loup, chaque pays pouvant adapter ce dispositif comme il le souhaitait, sachez que la préfète de la région AURA et coordinatrice du Plan national d'actions sur le loup (PNL) a annoncé qu'à compter de ce jour la réglementation française inclue "une simplification significative" des conditions de "tirs de défense» avec "la suppression (...) du régime d'autorisations dérogatoires au profit d'un système déclaratif". C'est la mise en place d'un dispositif censé protéger les élevages d'ovins, caprins, bovins et équins.

En supprimant Canis Lupus de la liste des mammifères terrestres protégés en France, le gouvernement s’apprête à offrir aux éleveurs et aux chasseurs de nouveaux moyens non pas pour mieux protéger leurs troupeaux, mais pour faciliter le tir de loups, tout en continuant d’ignorer le rôle écologique précieux du grand prédateur pour l’équilibre des écosystèmes.

Aujourd’hui, la population de loups en France est estimée à un peu plus de 1000 individus – un nombre toujours trop faible pour garantir la survie de l’espèce sur le long terme car le seuil de viabilité de la population est de minimum 500 individus sexuellement matures. La protection des loups en France est donc toujours d’actualité.

Pendant plus de 30 ans, la France a connu ses paysages sans loups. Grâce à une petite population provenant d’Italie, ils ont regagné progressivement la France par les Alpes à partir de la fin des années 1980. Il faut toutefois attendre novembre 1992 avant d’enregistrer une première observation officielle, dans le Parc national du Mercantour. La capacité de dispersion des loups est telle qu’en l’espace d’une trentaine d’années, ils ont pu reconquérir un territoire allant des Pyrénées à la Lorraine en passant par la région AURA et la région PACA. Ces grands prédateurs gagnent du terrain, mais cela n’est pas sans se confronter aux vindictes de plus en plus fortes des anti-loups.

La cohabitation est une nécessité pour la survie de l'espèce. Chaque année, en application de l’arrêté du 23 octobre 2020, l’Etat français autorise le tir d’un cinquième de la population de loups. Une politique de tirs très contestable qui n’a pour effet que de déstructurer les meutes et de retarder et déplacer le problème des déprédations. 

Des études ont prouvé que tuer un loup, c'est prendre le risque d'éclater les meutes et de disperser les jeunes individus livrés à eux-mêmes, ce qui augmente le risque de prédation au lieu de la réduire. "Un loup mort, c'est un loup qui n'apprend pas!" prévient Bertrand Sicard (FERUS). "Si vous le tuez, il ne pourra pas donner l'information à sa meute pour lui dire d'éviter la bergerie. Nous, on prône l'effarouchement , que ce soit par une décharge ou une balle. Il va retourner à sa meute en disant de ne pas y aller. Ce qui est très important c'est de faire peur au loup pour l'empêcher de revenir"

Les loups sont mal perçus par une partie du monde agricole. Le retour du loup implique une préoccupation nouvelle pour les éleveurs qui ont souvent appris leur métier dans une France qui en était dépourvue. Mais il existe des mesures de protection des troupeaux ayant fait leurs preuves et prises en charge par l’État. Depuis peu, certains chasseurs aussi montent au créneau : les loups « voleraient » leur gibier !

Pour l’Association pour la Protection des Animaux Sauvages (ASPAS), la cohabitation peut fonctionner, mais les éleveurs et les bergers doivent adapter leurs pratiques et l’image du loup doit être réhabilitée par les pouvoirs publics. Le loup est un des animaux sauvages préférés des Français : la conscience collective évolue… Suivons-là.

L'ASPAS sensibilise le grand public aux bienfaits du retour du loup en France et aux solutions existantes face aux contraintes imposées aux éleveurs par sa présence. Elle collabore également avec des éleveurs et bergers cohabitant harmonieusement avec le loup ainsi qu’avec des chercheurs et experts scientifiques afin de renforcer les études encore trop peu présentes.
(Sources : Aspas)

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"C'est le loup qui a ramené le berger dans les montagnes" explique d'emblée Bertrand Sicard président de l'Association Ferus qui oeuvre pour la sauvegarde des grands prédateurs. "L'élevage a pris un virage industriel ovin au tournant des années 1990 qui s'est traduit par des troupeaux de plus en plus importants, parfois plus de 2000 bêtes dans les Alpes sans bergers ni gardiennage". Avec un régime alimentaire nécessitant 2.5kg de viande par jour, les loups opportunistes ont trouvé des proies faciles dans les moutons sans protection.

Mais alors que la population des loups a doublé entre 2018 et 2023, le nombre d'animaux domestiques prédatés par ceux-ci a quant à lui diminué de 13% d'après le bilan des dommages établi par la Direction Régionale de l'Environnement de l'Amenagemetn et du Logement (DREAL). La clé de ce succès : les mesures de protection des troupeaux entre de plus en plus dans les habitudes des éleveurs (chiens, bergersn, filets électrifiés) et sont toujours plus efficaces. Ces mesures sont en outre subventionnées en majorité par l'Etat.

L'intérêt pour un berger de rester à l'estive est multiple :cela permet d'organiser la conduite des brebis pour qu'elles puissent profiter des pâturages sans les abimer, tandis que les chiens de protection, le patou en tête, gardent les troupeaux et dissuadent les chiens errants de s'y attaquer.

"Il est normal qu'on rémunère des éleveurs pour vivre en milieu naturel avec une biodiversité complète pour les services rendus à la nature"  estime Bertrand Sicard. Aujourd'hui l'Etat met sur la table 35 millions d'Euros par an sur le loup. En comparaison, les dégâts faits par les sangliers pour les agriculteurs, c'est 50 millions d'euros par an. Il faut comprendre que l'élevage est financé de 50% à 80 % d'aides directes. Sans subventions, plus d'élevage.  (source :  plusieurs extraits d'un chapitre "Cohabiter avec les grands prédacteurs ours et loups / Animal / La relève et la Peste)

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Le loup , un grand prédateur menacé

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, celui qui est souvent perçu comme le “grand méchant loup”, cruel et sans pitié, n’est en fait qu'une espèce craintive et discrète. Malheureusement, cette mauvaise réputation pluriséculaire lui colle à la peau et ne fait que renforcer la peur de l’homme envers cet animal aujourd’hui menacé en France.

Souvent comparé au loup d’Amérique du Nord, le loup européen est un peu plus petit, plus maigre et plus facile à confondre avec un grand chien de berger.

Des plaines aux steppes, en passant par les montagnes, le territoire de chasse du loup est immense - plusieurs milliers de kilomètres carrés. Résistant à des températures extrêmes et très bon nageur, le loup n’hésite pas à se tremper dans des eaux glaciales pour subvenir à ses besoins primaires.

Il adapte son alimentation aux proies disponibles. Lorsqu'il ne parvient pas à se nourrir de proies sauvages, telles que les ongulés, ses cibles dominantes, il est capable de jeûner pendant une semaine. Par facilité, il peut alors être conduit à s'en prendre au bétail domestique, ce qui hélas, est la source de nombreux conflits avec les hommes.

Dès le Moyen Âge, l'extermination, davantage motivée par le fait que l’animal s'attaque au gibier et au bétail que par la peur collective suscitée par le loup « mangeur d'homme », débute par l'organisation de grandes battues à l’initiative des seigneurs. Les loups étaient jadis très répandus dans tout l'hémisphère Nord, puis les effectifs ont été régulés et on peut même parler d'extermination dans la seconde moitié du XIXe siècle en Europe occidentale et en Amérique du Nord.

Depuis la signature de la convention de Berne en 1990, cet animal, qui peut vivre jusqu’à 14 ans, appartient à la catégorie des espèces protégées. Cependant, le conflit Homme-Loup continue de peser sur la survie de l’espèce. (source WWF France)

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Conflit Homme-Animal, apaiser les tensions pour partager un même habitat

La démographie humaine mondiale augmente. Pour satisfaire des besoins croissants en nourriture et en espace, l’humanité empiète chaque jour un peu plus sur les milieux naturels. Des hommes et des animaux vivant autrefois séparés sont désormais contraints de partager territoire et ressources dans un contexte de rivalité souvent intense.

Des espèces emblématiques sont impactées

Le conflit homme-animal touche l’ensemble des espèces (insectes, oiseaux, mammifères, etc.), mais certaines sont particulièrement emblématiques. Sur le territoire national, par exemple, l’ours, le loup, le lynx ou encore la loutre pâtissent d’une mauvaise cohabitation avec les activités humaines. Bien que prédatrices, ces espèces sont surtout le plus souvent victimes de croyances erronées, et leur présence vécue comme un frein à l’exploitation du milieu naturel et à l’expansion économique.

Nous avons perdu les réflexes ancestraux qui permettent de cohabiter sereinement avec les grands carnivores. Ainsi, bien que la prédation des loups sur le bétail soit faible en Europe – les moutons sont bien plus souvent victimes de chiens – les éleveurs sont prompts à accuser les loups et à les tuer en représailles. Les touristes, sportifs et autres promeneurs, quant à eux, s’inquiètent autant de rencontrer un loup que les chiens de protection, comme des patous, qui parfois mal éduqués attaquent les marcheurs passant à proximité des troupeaux.
(source WWF France)
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N'oublions jamais que l'homme est un animal comme les autres 
et qu'il n'a aucune raison valable de revendiquer une part plus importante des ressources et de l'espace sur notre planète


C'est en octobre dernier que j'ai choisi mon thème sur le loup pour les voeux de 2026 au moment où j'ai entendu parler du déclassement probable de leur statut d' «espèce strictement protégée». J'ai acheté alors un tissu en adéquation avec mon sujet.  Je vous montre ici un échantillon où l'on peut voir les différents loups dans un paysage de neige - je les ai découpés puis réassemblés pour les mailarter en 4 motifs différents.
Je les ai présentés sur des enveloppes bleu ciel où j'ai un peu patouillé avec du gesso blanc et du tulle brillant pour représenter un fond hivernal. Puis j'ai associé encore une fois le timbre "flocon de neige" à la scène pour plus de réalisme.

Je peux vous garantir qu'à ce moment-là, personne n'avait encore vu et ni entendu parler de cette fameuse pub sur le "loup mal aimé" lancé par une grande marque de distribution qui fait tant le buzz sur les réseaux actuellement. Elle ne risquait pas de m'influencer, je ne l'ai jamais vue et elle ne m'intéresse aucunement.

Comme dans toutes les séries que j'ai éditées, je ne me suis pas oubliée : voici donc l'enveloppe que je me suis adressée

PRECISION : toutes les photos présentes sur chaque article et sur le verso des enveloppes ont été relevées sur le réseau Instagram de Wolfempires et n'ont pas de nom d'auteur affiché (photos reprises sur des nombreux réseaux sociaux)

20 novembre 2025

En souvenir d'un voyage d'autrefois, Burano et ses dentellières

Séquence émotion! 

Même si je n'ai pas la chance de posséder l'une de ces merveilles réalisés à l'aiguille, je viens de retrouver le papier d'emballage d'une pièce de dentelle achetée à Burano pour l'offrir à ma maman d'origine italienne. J'ai fait cet achat sur la fameuse Piazza Galuppi, là où de nombreuses boutiques de dentelle s'offrent aux touristes même si, au fil des années, j'imagine que tout ne vient pas de la production locale.

J'ai fait un voyage en Italie il y a bien longtemps lors d'un circuit organisé par mon comité d'entreprise au tout début de mon activité professionnelle ;  cela doit dater du début des années 70. Autrement dit, ce papier d'emballage doit avoir une bonne cinquantaine d'années. Et bien sûr, je n'ai pas pu le jeter et m'en suis fait un mail-art pour le souvenir. 


*** Histoire de la dentelle de Burano ***
Article du 7 janvier 2024 paru sur le site https://www.italie.fr/culture/la-dentelle-de-burano/
Le  Museo del Merletto est installé dans l'ancienne école de dentelle de la Piazza Galuppi à Burano. La Scuola Merletti di Burano, fondée en 1872 et en activité jusqu'en 1970, a été transformée en musée en 1981. Après d'importants travaux de rénovation, elle a rouvert ses portes au public en 2011 et abrite des dentelles à l'aiguille vénitiennes et de Burano.  
 
Photo d'une dentellière à l'aiguille de Burano trouvée sur le site https://apinnick.wordpress.com/2012/06/22/burano-lace-museum/ 
Dentelle de Burano vue sur le site https://www.venise.style/2018/dentelle-burano/4937/
Bienvenue sur les flots chatoyants de l’histoire et de la tradition italienne, où l’île de Burano, une petite perle incrustée dans la lagune vénitienne, se distingue par son art ancestral : la dentelle à l’aiguille. Cet art délicat, qui fait pulser le cœur de l’île depuis des siècles, est un témoignage vivant du savoir-faire et de la précision des dentellières, ces artistes dont les mains dansent entre ténacité et finesse pour créer des chefs-d’œuvre de fil blanc. Dans cet article, nous allons plonger dans le monde fascinant de la dentelle de Burano (Merletto di Burano en italien), qui a su traverser les âges et conserver son prestige et son unicité.

La légende veut que les marins de Burano, inspirés par l’écume de la mer et les voiles de leurs bateaux, aient ramené de leurs voyages lointains le concept de la dentelle que les femmes de l’île ont su élever au rang d’art. Transformant leur foyer en ateliers lumineux, ces dentellières ont puisé dans leur environnement coloré – Burano est aussi connue pour ses maisons peintes de teintes éclatantes – l’inspiration nécessaire pour tisser des motifs d’une complexité renversante. À l’aiguille et au fil, elles composent des pièces où chaque boucle, chaque nœud, raconte une histoire de patience et de passion.

Aujourd’hui encore, la dentelle de Burano est synonyme d’excellence et de raffinement, souvent convoitée pour orner les vêtements de mariage et les costumes traditionnels, témoignant d’un héritage culturel profondément ancré. À travers cet article de notre rubrique « Culture et Traditions », nous vous invitons à découvrir l’histoire, les secrets et les nuances de la dentelle de Burano, un art qui ne cesse de charmer et de fasciner ceux qui ont la chance de l’approcher.
L’histoire en filigrane : les origines de la dentelle de Burano

L’île de Burano, un éclat de couleur flottant sur la lagune de Venise, est depuis des siècles une scène où se joue l’art délicat de la dentelle à l’aiguille. Mais comment a-t-on tissé la première maille de cette tradition ancestrale ? Les racines de la dentelle de Burano plongent dans les brumes du temps, remontant à la Renaissance, période à laquelle la dentelle vénitienne a commencé à gagner en renommée pour sa qualité exceptionnelle.

À l’origine, il est dit que les marins de Burano, au cours de leurs longs voyages en mer, étaient émerveillés par les motifs complexes des textiles découverts dans les ports orientaux. En ramenant ces influences exotiques, ils ont semé les graines d’un savoir-faire qui allait fleurir entre les mains des femmes de l’île. Ces dernières, inspirées et ingénieuses, ont su créer un style unique de dentelle, caractérisé par sa finesse et sa complexité, qui allait rapidement devenir un symbole de statut et d’élégance dans toute l’Europe.

La montée en prestige
Au XVIe siècle, la dentelle de Burano était tant prisée que des écoles spécialisées ont été fondées pour perpétuer et perfectionner ce métier d’art. Les jeunes filles de l’île y étaient initiées dès leur plus jeune âge, apprenant la patience et la précision nécessaires pour maîtriser l’art de la dentelle à l’aiguille. Ces écoles ont contribué à élever la dentelle de Burano à un rang d’excellence, ce qui a attiré l’attention de la noblesse et des cours royales à travers le continent.

Un art préservé
Malgré les vicissitudes de l’histoire, les guerres et l’industrialisation qui ont menacé de reléguer cet artisanat au rang de souvenir, les dentellières de Burano ont su préserver leur héritage. Elles ont transmis leurs connaissances de génération en génération, défendant avec fierté leur savoir-faire contre l’avènement des méthodes de production de masse.

Aujourd’hui, la dentelle de Burano reste un emblème de raffinement et un témoignage vivant de la culture insulaire. En visitant l’île, on peut encore observer des dentellières, arcs courbés sur leur ouvrage, en train de tisser des designs qui semblent défier les lois de la délicatesse et de la complexité. Ces œuvres d’art ne sont pas seulement achetées par les amateurs de belles choses mais sont également utilisées dans les événements les plus prestigieux, telles que les mariages, où elles ajoutent une touche de grâce et d’histoire.

En somme, la dentelle de Burano est bien plus qu’un produit artisanal ; c’est un fil qui relie le passé au présent, un filigrane qui raconte l’histoire d’une île et de ses habitants. Cet héritage, aussi fragile et délicat que la dentelle elle-même, continue de séduire et d’inspirer, prouvant que certains arts, malgré le passage des siècles, ne se démodent jamais.

Un art ancestral à la pointe de l’aiguille : la technique unique de Burano
Nichée au cœur de la lagune vénitienne, l’île de Burano se distingue par son patrimoine riche et coloré qui se reflète aussi bien dans ses maisons vivement teintées que dans l’art séculaire de sa dentelle à l’aiguille. Cette forme d’artisanat, transmise de génération en génération, représente l’essence d’un savoir-faire méticuleux et d’une précision d’orfèvre qui se perpétue depuis le XVIe siècle. Les dentellières de Burano, avec leur technique unique de « punto in aria », littéralement point dans l’air, ont donné naissance à des chefs-d’œuvre de textile convoités à travers le monde.

La naissance d’un point
La technique de la dentelle de Burano exige une habileté et une patience hors du commun. Elle commence par l’enfilage de l’aiguille, suivi d’un patient travail où le fil se transforme peu à peu en un tissu délicat, sans aucune base de soutien telle qu’un métier ou un canevas. Les motifs sont souvent inspirés de la nature et de l’amour, comprenant des fleurs, des animaux et des cœurs entrelacés, reflétant les passions et les histoires de celles qui les créent.

Les mains qui tissent l’histoire
Les dentellières de Burano héritent de ce talent artistique souvent dès leur plus jeune âge, apprenant à manier l’aiguille avec une dextérité impressionnante. Elles passent de nombreuses heures à tisser, leurs mains dansant avec le fil, créant des points complexes tels que le « punto tagliato » ou le « punto stuoia », chacun avec son propre caractère et sa propre histoire. Cette transmission de connaissances est cruciale pour la survie de cet art, et l’île abrite même une école dédiée à la préservation et à l’enseignement de la dentelle de Burano.

Dentelle de Burano, une renommée internationale
La renommée de la dentelle de Burano dépasse largement les frontières italiennes. Elle a orné les cours royales d’Europe et a été un symbole de statut et de raffinement. Aujourd’hui, elle continue de fasciner, que ce soit dans le monde de la haute couture ou auprès des amateurs d’artisanat traditionnel. Les pièces de dentelle sont souvent considérées comme des investissements, des reliques familiales passées de génération en génération, témoins des liens familiaux et de l’histoire personnelle.

La dentelle de Burano demeure ainsi un emblème intemporel de l’art italien, une manifestation de patience, de tradition et de beauté, qui reste ancrée dans la culture et l’économie de cette petite île pittoresque. En visitant Burano, on ne peut s’empêcher d’être ébloui par la virtuosité de ces artistes dont les œuvres délicates continuent de tisser une histoire riche et envoûtante à chaque point de leur aiguille.

Les dentellières de Burano : gardiennes d’un savoir-faire séculaire
L’île de Burano, avec ses façades colorées et ses canaux paisibles, est le théâtre d’une tradition artisanale hors pair qui se transmet de génération en génération : la dentelle à l’aiguille. Les dentellières de Burano, véritables gardiennes de ce savoir-faire séculaire, entretiennent la flamme d’un art qui fait la renommée de cette petite île vénitienne bien au-delà des frontières italiennes.

La dentelle de Burano, connue pour son extrême délicatesse et ses motifs complexes, est l’œuvre minutieuse et passionnée de ces artisanes. Leurs mains agiles, guidées par des années d’expérience et un sens aigu du détail, créent des chefs-d’œuvre en fil fin qui captivent les amateurs et les collectionneurs. Ces créations ne sont pas de simples ornements ; elles sont le reflet d’une histoire riche, d’une culture profondément ancrée dans l’identité de l’île et d’un mode de vie qui valorise la patience et la précision.
La transmission d’un héritage précieux

L’apprentissage de la dentelle à Burano débute dès le plus jeune âge. Les fillettes sont initiées aux premiers gestes par leurs mères ou leurs grands-mères, apprenant à manier l’aiguille avec une habileté qui ne cesse de s’affiner au fil des ans. L’école de dentelle de Burano, fondée à la fin du XIXe siècle, perpétue cette tradition éducative en offrant un enseignement structuré, veillant à ce que les techniques ancestrales ne sombrent pas dans l’oubli.

Un art entre tradition et innovation
Malgré son ancrage dans le passé, la dentelle de Burano n’est pas figée dans le temps. Les dentellières contemporaines savent allier tradition et innovation, en intégrant des designs modernes et en expérimentant avec de nouveaux matériaux. Ainsi, elles répondent aux exigences d’un marché global tout en préservant l’essence de leur héritage artistique.

Les visiteurs de Burano sont souvent émerveillés par la diversité et la beauté des pièces exposées, allant de petits bijoux de dentelle à des robes de mariée somptueuses. Derrière chaque point et chaque nœud se cache une histoire de patience, de dévouement et de passion, transmise avec fierté. C’est cette combinaison unique de compétence, d’histoire et de beauté qui confère aux dentelles de Burano un statut si particulier parmi les arts textiles.

CH01 -Jane Goodall et les chimpanzés comme fil rouge pour la 16e édition de la JMFTA

Comme je l'ai déjà écrit dans un post précédent, la disparition de Jane Goodall m'a beaucoup touchée. J'admire l'oeuvre de cette femme remarquable depuis bien longtemps car j'ai eu la chance de m'intéresser à son livre reportage sur la période qu'elle passa au Parc National de Gombe Stream en Tanzanie dans les années 60 pour y observer le comportement des grands singes si proches de nous que sont les chimpanzés.

J'ai lu et relu cet livre que je possède depuis une bonne cinquantaine d'années et si j'ai choisi de le sacrifier c'est pour rendre un ultime hommage à Jane à l'occasion de la 16e édition de la Journée Mondiale du Faux Timbre d'Artiste. 
Livre édité en français sous le titre  "mes champanzés et moi" 

C'est aussi la raison pour laquelle que j'ai tardé à publier cet hommage, je voulaiS garder un peu de mystère pour cette nouvelle édition de la Journée Mondiale du Faux-Timbre d'Artiste qui n'avait pas de thème particulier, ni de destinataire préalablement choisi.

Pour le faux-timbre d'artiste,  j'ai suis partie d'un dessin emblématique de Jane Goodall, un carnet dans une main, un chimpanzé dans l'autre. J'en ai fait une planche de 32 faux-timbre d'artiste que j'ai imprimés sur tissu puis découpés pour les crénelures aux ciseaux.
A gauche, dessin publié sur le site WE-Demain © Anna Radlbeck /stock.adobe libre de droit.

Et comme à chaque fois que crée une série, je n'oublie pas de m'adresser un mail-art en souvenir de cette nouvelle édition. 

Va-t-on laisser s’éteindre les chimpanzés ? © Martin Mecnarowski

L’habitat des chimpanzés sauvages réduit à des "ghettos forestiers"
article rédigé par Paul Malo, le 8 juin 2019  sur le site https://www.consoglobe.com/

Les 4 sous-espèces de chimpanzés sont menacées d’extinction et l’une d’entre elles – celle du chimpanzé verus – a même déjà perdu plus de 80% de sa population en 3 générations. En cause la disparition de leur habitat naturel qui isole les populations !

Les chimpanzés sauvages sont au bord de l’extinction. Selon les scientifiques, leur habitat se réduit aujourd’hui à de simples îlots coupés de leur environnement. Le morcellement de l’habitat des chimpanzés provoque une « insularisation » générale des populations

Cela fait déjà quatre décennies que les primatologues étudient et protègent es chimpanzés sauvages, notamment au sein du Parc national Taï, en Côte d’Ivoire. Une quarantaine d’entre eux, se sont retrouvés en mai dernier à Leipzig, en Allemagne pour partager leurs expériences.

Et leur constat, rendu public dans un communiqué de l’Institut Max Planck est clair : nos plus proches cousins sont en train de disparaître de la surface de la terre, car leur habitat est peu à peu détruit.

Bien que travaillant dans huit pays différents, les conclusions des chercheurs sont partout les mêmes : on constate une « insularisation » générale de la situation des chimpanzés sauvages, de plus en plus isolés de leur environnement naturel direct.

Les raisons en sont claires : le développement des terres agricoles, la croissance des implantations humaines, et la transformation des forêts en champs. Pour les scientifiques, les chimpanzés sauvages en sont réduits à vivre dans des « ghettos forestiers ».

Tout a changé en l’espace de 40 ans pour les chimpanzés sauvages 
Les témoignages des chercheurs concordent en tous points à ce sujet, Pour Anne Pusey, qui a passé 40 ans au sein du parc national de Gombe, en Tanzanie, « depuis que j’ai commencé à y travailler, le parc est devenu une petite île entourée de nombreuses fermes, ce qui a entraîné la disparition de deux des trois communautés vivant dans le parc, et leur disparition totale à l’extérieur ».

Pour Christophe Boesch, qui a travaillé lui aussi 40 ans, mais au sein du parc national de Taï, en Côte d’Ivoire, « il y a 40 ans, nous devions rouler 100 km sur une piste pour atteindre les limites du parc, voir la forêt sauvage et atteindre notre campement pour avoir une chance d’observer et d’entendre les chimpanzés. Aujourd’hui, le braconnage est une menace constante pour la population, et nous craignons constamment de perdre l’un des membres des groupes que nous connaissons ».

Une vraie question de survie:
C’est pourquoi tous ces chercheurs lancent un appel à préserver plus encore cette espèce en danger de disparition imminente. Comme l’a dit le grand anthropologiste Irven DeVore, « si, dans l’espace, on découvrait une créature partageant avec nous 98 % de son patrimoine génétique, imaginez les sommes que nous dépenserions pour étudier cette espèce. De telles créatures existent sur terre, et nous les laissons s’éteindre ». C’est pourquoi, il faut protéger les populations de chimpanzés connues avant qu’il ne soit trop tard, et consacrer plus d’argent à l’étude de leur comportement et à leur sauvegarde, afin de comprendre leur diversité tant que c’est encore possible.

Comme le souligne Crickette Sanz, qui travaille depuis quatre décennies au sein du Triangle de Goualougo, en République du Congo, « quand nous sommes arrivés pour la première fois dans la forêt Ndoki, les chimpanzés nous approchaient avec curiosité, comme si nous étions les premiers humains qu’ils aient jamais rencontrés, et ils semblaient nous faire confiance. Aujourd’hui, avec l’arrivée des braconniers d’éléphants, on voit clairement qu’ils ont changé de comportement. Leur survie en dépend ».

20 octobre 2025

Avec JR photographe et réalisateur, l'Art brise les frontières

Pour lutter contre les frontières, il n’y a rien de mieux que de réunir les habitants des deux côtés! C’est l’intention de JR, l’un des artistes contemporain français les plus médiatiques. JR possède le plus grand support du monde : il affiche ses portraits sur tous les continents !

Artiste engagé, ses photos monumentales en noir et blanc recouvre les murs de Paris à New York en passant par Rio de Janeiro et Shanghaï.

Frontière Mexique/USA :  à table!
Cette fois c’est à Tecate, à la frontière mexicano américaine que je vous emmène. Cette oeuvre fut installée au moment où Donald Trump durcit les lois contre l’immigration. Picnic consiste en une longue nappe de plus d’une centaine de mètre qui s’étend à travers la frontière. Dessus, l’artiste laquelle a imprimé le regard de Mayra, une enfant mexicaine qu’il décrit comme une « rêveuse ». Il a ensuite invité qui le souhaitait à s’asseoir autour de la photo et à partager un repas.

Migrants, Mayra, Picnic across the border, Quadrichromie, Tecate, Mexico - U.S.A., 2018  - auteur JR

Le partage contre la division :
La frontière est généralement un lieu de passage périlleux et contrôlé intensément par les forces de l’ordre américaine. JR à travers son travail, tente de détourner les contraintes du mur pour nous raconter l’histoire d’une humanité partagée. Avec Picnic, on peut voir les forces de l’ordre participer au déjeuner et un orchestre s’est organisé de chaque côté. Les participants s’échangent de la nourriture et de l’eau à travers les barreaux qui les séparent, et oublient un instant leurs différences.
JR – Kikito – 2017
À quelques mètres des célébrations, une autre oeuvre traitant de l’enfance et de l’immigration surplombe la frontière bordant la Californie. JR s’est associé avec les habitants de l’état Mexicain et a installé sa photographie sur le terrain d’une famille modeste. C’est l’enfant de cette famille, surnommé Kikito, qui donne son nom à l’oeuvre et qui sert de modèle.

L’image montre l’enfant d’un an regarder curieusement de l’autre côté du mur. Il surveille avec candeur les terres américaine qu’il ne peut rejoindre.

JR a ensuite expliqué au New Yorker sa vision du projet : "Trump a commencé à beaucoup parler d’un mur le long de la frontière mexicaine et un jour je me suis réveillé et j’ai vu un enfant qui regardait par-dessus le mur. Je me demandais, à quoi pense ce gamin? Que penserait un enfant? Nous savons qu’un enfant d’un an n’a pas de vision politique ni de point de vue politique. Il ne voit pas les murs comme nous les voyons".

L’art brise les frontières
Très engagé, l’artiste ne s’arrête pas là, sur le mur qui sépare Israël de la Palestine, il colle d’immenses photographies. Il se rend compte qu’avec son passeport français, il peut traverser le frontière sans qu’on ne l’en empêche. En empruntant un taxi quand il arrive, JR saisit que les habitants ont peur des gens de l’autre côté. Chacun a les mêmes a priori sur les israéliens ou les palestiniens.

C’est pourquoi, il réalise Face 2 Face en 2007.

FACE 2 FACE de JR / Vidéo Youtube  ARTE Métropole
Le projet Face 2 Face, organisé par le photographe JR en Israël et en Palestine, est la plus grande exposition illégale du monde. En tout c'est près de 2km d'affiches qui furent collées sur le mur de séparation. Réal / Image : Gérard Maximin.

Réunir Mexicains et Américains autour du mur qui les sépare ? JR l'a fait. Vidéo de Canal + sur Youtube
Il souhaite alors que l’installation soit visible des deux côtés du mur, car les locaux, eux, ne peuvent le franchir. Les portraits représentent des Israéliens et des Palestiniens qui exercent le même métier. Exposés côte à côte le long du mur, JR demande aux spectateurs d’identifier qui est israélien ou est palestinien. Et la plupart se trompent, victimes des stéréotypes et des fantasmes qu’ils ont sur les autres! L’oeuvre pointe alors la similitude entre les peuples, qu’ils soient séparés ou non. Ils se ressemblent, partagent presque le même langage, et vivent à quelques mètres le uns des autres. C’est uniquement la frontière, et la peur qu’elle engendre, qui les divisent.

Ainsi JR tente t-il de réunir de ce qui est épars, sur le lieu même de la séparation.
source :/https://benedictemaselli.fr/la-frontiere-dans-lart-contemporain/

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Pour aller plus loin sur le sujets des frontières voici quelques liens fort instructifs
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La question des frontières m'a toujours beaucoup interpellée, c'est pourquoi j'ai tant apprécié de participer à l'appel récent de l'Association Accueil Réfugiés des Vals du Dauphiné (voir mes 5 posts en date du 3 octobre). Et c'est aussi pourquoi je me suis réalisé un souvenir avec un mail-art pour moi. 

J'ai rêvé encore plus fou que JR en espérant qu'un jour le mur tombe et que les deux peuples fontaliers  se mélent autour d'une même table pour partager ensemble un pique-nique de la fraternité et de la paix;

Migrants, Mayra, Picnic across the border, Quadrichromie, Tecate, Mexico - U.S.A., 2018  - auteur JR

Le 8 octobre 2018, lors du dernier jour de l'installation de JR à la frontière du Mexique et des Etats-Unis, il a organisé un picnic géant des deux côtés de la barrière. Kikito, sa familles et des centaines d' invités sont venus des deux pays pour partager un repas en ce point de rencontre. Ils se sont réunis autour des yeux d'un rêveur (la moitié du côté américain, l'autre du côté américain) pour manger la même chose, partager la même eau, apprécier la même musique... L'espace d'un instant, on a oublié le mur de séparation...

*** l'artiste JR ***
Je suis cet artiste depuis un bon moment, car j'aime infiniment sa démarche humaniste. Voici un lien sur son site officiel si vous voulez en savoir plus sur l'étendue de ses oeuvres.

8 octobre 2025

Nuit et Brouillard : n'oublions jamais l'histoire de milliers de déportés et continuons d'exercer la plus grande vigilance !

PLUS JAMAIS CELA !

Une partie des 2 500 portraits de jeunes Juifs déportés de France pendant la seconde guerre mondiale, 
exposés depuis 2005 au mémorial de la Shoah à Paris.© Charles Platiau/Reuters.

Adolescente, lors d'un voyage linguistique en Allemagne,  je suis allée en 1970 visiter le camp de Dachau, tout près de Munich,  en compagnie de jeunes allemands : j'avais 15 ans, jamais je n'oublierai ce que j'y ai vu. Quelques temps après,  j'ai écouté le récit et l'émotion de mes parents qui sont allés à Ouradour sur Glane et j'ai lu la documentation qu'ils en avaient ramené avec le témoignage des rares rescapés. Adulte, j'ai beaucoup lu sur les personnes opposées à la France de Vichy, celle de Pétain et de ses collaborateurs avec l'ennemi nazi... 

Aussi, vous comprendrez aisément que je ne peux pas me laisser griser par les chants de sirène de l'extrême-droite relayée avec tant de complaisance par les media mainstream, dont l'unique préoccupation est de nous monter les uns contre les autres, en désignant toujours les mêmes boucs émissaires, avec un racisme a peine voilé dès lors qu'ils parlent des arabes, des maghrébins, des musulmans, de toutes les personnes racisé négativement, quand bien même ils sont français... .

Devant ce regain de haine et ce racisme larvé, et aussi pour utiliser à bon escient le timbre postal commémorant le 80e anniversaire de la libération des camps de concentration, j'ai voulu marquer le coup en m'adressant un mail-art, ce qui me permet de rédiger un post sur le sujet, comme une piqure de rappel. C'est aussi pour me projeter vers l'avenir car le devoir de mémoire et les célébrations relatives aux faits du passé, si elles sont utiles, ne doivent en aucun cas occulter les tristes réalités d'aujourd'hui.

*** LA DEPORTATION ET LES CAMPS de CONCENTRATION ***

Les meurtres de masse commis par l’Allemagne nazie ont été d’une ampleur sans précédent. Les nazis, leurs alliés et collaborateurs ont exterminé six millions de Juifs, un génocide systématique et cautionné par l’État que l’on nomme Shoah ou Holocauste. Ils ont également commis d’autres atrocités de masse, persécutant et assassinant des millions de personnes non juives tout au long de la Seconde Guerre mondiale.

Le 27 janvier dernier, nous commémorions la libération des camps de concentration, les horreurs perpétrées en ces lieux n'ont été connues qu'au moment de leur libération. 


Fond blanc en tissu avec photos du Mémorial de la Shoah de Paris en filigrane
(g-d)Transport des victimes de l'Holocauste vers un camp de concentration en Pologne, 1943 
©AFP - Archives autrichiennes / IMAGNO / APA-PictureDesk
Le camp d'Auschwitz-Birkenau, situé dans le sud-est de la Pologne alors occupée par les nazis, a fonctionné entre juin 1940 et janvier 1945. Quelque 1,1 million de personnes, dont une immense majorité de juifs, y ont péri, exterminées dans des chambres à gaz ou mortes de famine et d'épuisement. KEYSTONE/AP/Markus Schreiber
Chaussures confisquées à des prisonniers dans un camp de concentration à Auschwitz, en Pologne.Unsplash/William Warby
Prisonniers d'Auschwitz libérés par les soldats de l'Armée rouge en 1945, auteur inconnu
 (Source : Musée national d'Auschwitz-Birkenau, www.auschwitz.org)

En 2025, 80 ans après, que reste-il de cette extermination systématique, de cette tuerie de masse dans la mémoire collective ? Combien de jeunes collégiens ou lycéens connaissent exactement l'histoire de la déportation dans les camps de la mort des nazis? J'aimerai beaucoup le savoir, alors que les derniers rescapés ont mis toutes leurs dernières forces à vouloir transmettre leur histoire 

Les derniers témoins des camps de la mort, jusqu'au bout contre l'oubli (liste non exhaustive
(g-d) Montage photos du 10 janvier 2025 montrant les survivants des camps de concentration et d'extermination: Lea Zajac de Novera, Pedro Buchwald, Sheyna Shneyder, Gheorghe Legmann, Gabriel Benichou, Lola Mandelkier Sztrum, Octavian Fulop, Francine Christophe, Julia Wallach, Eva Shainblum, Idessa Hangas et Gyorgyi Nemes
 STF / AFP/publication du journal La Croix
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PLUS JAMAIS CELA ???

Aujourd'hui, devant la tournure que prend le monde qui "marche sur la tête", devant le chaos politique où se trouve notre France, je reste interloquée :

- avec la mémoire vivante de cette tragique période qui s'efface inexorablement car les rares survivants de ces atrocités sont centenaires ou presque, et tant de courants négationnistes qui voudraient nier l'existence des chambres à gaz ("ces détails de l'histoire") où s'est tragiquement terminé la vie de nombreux déportés 

- avec le génocide programmé des Gazaouis qui se passe sous nos yeux depuis des mois avec la complicité honteuse des gouvernements européens, la France en tête puisqu'elle continue de livrer des armes à Israël sous le manteau, et qu'elle envoie  ses forces de polices contre les manifestants demandant la levée du blocus de Gaza ou pour la liberté de la Palestine, 

- avec les descendants juifs des victimes de la Shoah qui sont en train de laisser se perpétrer le plus terrible crime contre l'humanité à Gaza, grâce au sinistre gouvernement de Netanyaou, oubliant ce que leur peuple a subi il y a 80 ans (comment imaginer un génocide organisé par des descendants de génocidés) , 

- avec la montée de l'extrême-droite partout en Europe et bien sûr aussi en France où des milices pro-fascistes peuvent défiler impunément en plein Paris, approuvées par nos forces de polices qui restent passives, alors qu'elle n'ont jamais été aussi violentes contre le peuple français dans toutes ses manifestations pacifistes ou revendicatrices sur le plan social de ces dernières années, 

- avec la multiplication des actes racistes et de barbarie contre les personnes LGBTQ+ et les personnes racisées, avec les actions policières disproportionnées contre les gamins de banlieue pour délit de faciès, le masculinisme qui monte comme un poison nauséabond partout sur les réseaux sociaux, sous couvert d'anonymat, 

- avec l'avenir très incertain du destin de la France et des Français dans les jours et les mois qui viennent, le parti du Rassemblement National (parti d'extrême-droite créé avec les nazis sous le nom de Front National) n'attendant qu'une faiblesse de notre part, un aveuglement plus grand encore pour nous faire basculer dans un néant économique et social encore plus funeste que celui que nous vivons avec Macron...

et j'ai envie de crier,  de hurler même :"Réveillons-nous!" et "Résistons"!

N'oublions pas les combats de nos grands-parents et de nos parents pour obtenir des avancées sociales comme la sécurité sociale, les congés payés, le droit à la retraite, les services publics (tout ce qui nous est subrepticement retiré petit-à-petit) et pour notre liberté de penser (de plus en plus surveillée grâce aux algorythmes de nos smartphone, et de tous les supports numériques). Tout ce que nous considérons comme acquis ne l'est jamais vraiment, car il faut continuer à se battre pour le conserver (droit à l'avortement, droit d'asile, droit de manifester, droit de grève...) 

Ne nous laissons pas phagociter par les multiples écrans qui nous éloignent les uns des autres et favorisent l'individualisme : le prêt à penser (et même le prêt à rire) nous est dispensé à longueur d'antenne, comme une drogue, des  fadaises nous sont débitées sur les multiples chaines et plate-formes, dans des formats et des contenus à l'américaine, où il est tellement facile de se laisser emporter par les histoires, et par les récits, même si c'est assez éloigné de la vérité

Nous sommes des êtres pensants, à nous de faire l'effort de lire, d'être critique en variant nos sources d'information. A nous de nous forger une opinion en allant voir des films d'auteur ou du spectacle vivant  qui interpelle, qui fait réfléchir : c'est à ce prix que nous conserverons notre liberté de penser et notre humanité.  

J'en termine ici en vous faisant écouter un artiste qui a su trouver les mots et chanter l'horreur de la déportation. On le comprend tant sa jeunesse a été fortement impactée par la disparition de ce père qui n'est jamais revenu. 

A la fin de l'avant-dernier couplet de sa chanson il nous demande de transmettre cette histoire afin que jamais une telle horreur puisse être oubliée "Je twisterais les mots s'il fallait les twister,  pour qu'un jour les enfants sachent qui vous étiez". 

Et c'est ce que je fais bien volontiers.

Jean Ferrat - Nuit et Brouillard (1963) - vidéo publiée sur la chaine Youtube de Nostalgies 60-70-80

NUIT et BROUILLARD

1 - Ils étaient vingt et cent, ils étaient des milliers
Nus et maigres, tremblants, dans ces wagons plombés
Qui déchiraient la nuit de leurs ongles battants
Ils étaient des milliers, ils étaient vingt et cent
Ils se croyaient des hommes, n'étaient plus que des nombres
Depuis longtemps leurs dés avaient été jetés
Dès que la main retombe il ne reste qu'une ombre
Ils ne devaient jamais plus revoir un été

2 - La fuite monotone et sans hâte du temps
Survivre encore un jour, une heure, obstinément
Combien de tours de roues, d'arrêts et de départs
Qui n'en finissent pas de distiller l'espoir
Ils s'appelaient Jean-Pierre, Natacha ou Samuel
Certains priaient Jésus, Jéhovah ou Vichnou
D'autres ne priaient pas, mais qu'importe le ciel
Ils voulaient simplement ne plus vivre à genoux

3 - Ils n'arrivaient pas tous à la fin du voyage
Ceux qui sont revenus peuvent-ils être heureux
Ils essaient d'oublier, étonnés qu'à leur âge
Les veines de leurs bras soient devenues si bleues
Les Allemands guettaient du haut des miradors
La lune se taisait comme vous vous taisiez
En regardant au loin, en regardant dehors
Votre chair était tendre à leurs chiens policiers

4 - On me dit à présent que ces mots n'ont plus cours
Qu'il vaut mieux ne chanter que des chansons d'amour
Que le sang sèche vite en entrant dans l'histoire
Et qu'il ne sert à rien de prendre une guitare
Mais qui donc est de taille à pouvoir m'arrêter ?
L'ombre s'est faite humaine, aujourd'hui c'est l'été
Je twisterais les mots s'il fallait les twister
Pour qu'un jour les enfants sachent qui vous étiez

5 - Vous étiez vingt et cent, vous étiez des milliers
Nus et maigres, tremblants, dans ces wagons plombés
Qui déchiriez la nuit de vos ongles battants
Vous étiez des milliers, vous étiez vingt et cent.

Un peu d'histoire : Nuit et brouillard concernait le programme nazi visant la disparition pure et simple des Résistants condamnés à mort mais dont les familles devaient être sans assurance sur le sort. Auschwitz marque la fin du voyage ; c'est Pitchi Poï en Yddish (ce mot désigne un petit village imaginaire et inconnu, au bout du monde). Ce sinistre camp se situe au centre le l'Europe nazie ; il a été le lieu de déportation massif des juifs, victimes privilégiées du régime fasciste (on parlait alors -de manière codée- de Solution finale). Les Déportés étaient triés sur la judenramp ; 80 % d'entre-eux étaient directement dirigés vers les chambre à gaz.

17 janvier 2025

Voeux 2025 : Protection et préservation des océans

Bien sûr, c'est toute l'actualité autour de la détention du Capitaine Paul Watson, le plus grand défenseur des baleines et des océans et fondateur de l'association Sea Sheeperd, qui m'inspira dès l'automne le thème de mes voeux pour l'année à venir.

Entre temps, et fort heureusement, Paul a été libéré juste avant Noël par les autorités danoises qui ont refusé son extradition vers le Japon, après l'avoir maintenu en prison pendant 5 mois (du 21 juillet au 17 décembre 2024) sous des accusations plus qu'approximatives.

Depuis, j'ai appris qu'en 2025 nous célébrons aussi l'année de la Mer, de la  protection des Océans et de la sauvegarde des glaciers, ce qui me conforte dans mon choix de thème avec un zoom sur les baleines, les orques et les tortues marines.

La France vient tout dernièrement de décider d'interdire l'exploitation des orques et des dauphins dans les delphinariums ce qui a conduit à la fermeture au public de celui d'Antibes. Cependant, le combat doit continuer car pour autant le sort de leurs animaux n'est pas réglé... ils peuvent continuer à être exploités ailleurs dans le monde.

Ajoutons le sort des tortues marines toujours très recherchées par des contrebandiers friands de leurs oeufs, de leur chair, de leur peau et de leur carapace, alors même que certaines espèces sont en voie d'extinction. Et cela, c'est sans compter toutes celles qui sont étouffées par les sacs plastiques qui flottent et qu'elles confondent avec des méduses.

Je me suis beaucoup documentée sur ces animaux extraordinaires que sont les baleines et plus globalement les cétacés, notamment avec les publications des éditions La Relève et la Peste, que sont les livres "Océans" et "Animal".

J'ai trouvé aussi pas mal d'articles sur les tortues marines sur internet. Je ponctuerai donc les articles de chacun de mes correspondants avec des informations issues de l'une ou l'autre de ces sources.

Le film "Il faut sauver Willy" qui date des années 1993 dans sa version première évoquait déjà les problèmes de la détention en delphinarium de tels animaux sauvages nécessitant de grands espaces pour vivre convenablement. Mais c'était sans compter les spectateurs nombreux qui raffolent de ce type d'attractions. Il est heureux que plus de trente ans plus tard, le désintérêt progressif des humains pour ces spectacles dégradant semble s'amorcer, enfin.

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En octobre j'ai déniché sur le net un magnifique tissu neuf inspirant pour servir mon propos : les animaux et végétaux y ont d'abord été peints à l'aquarelle avant d'être transférés sur le tissu, ce qui leur donne une réalité incroyable.

Ensuite j'ai recherché des timbres bleus auprès des collectionneurs pour être en harmonie avec le milieu marin : les seuls que j'ai trouvés en nombre suffisant sont plus glacés que prévu, mais ils feront l'affaire. 

Restaient à faire le fond (une nouvelle technique avec de l'encre aquarelle soufflée) et toutes les découpes, ce qui me prend toujours beaucoup de temps. 

Bien sûr, comme à chaque fois que je fais un envoi en nombre, je n'oublie pas de me servir au passage.


L'océan est le berceau de la vie sur Terre : 
de nombreux efforts sont encore à déployer pour que le monde prenne conscience de la nécessité absolue de le protéger et de le préserver.