29 juillet 2021

B53 - Dame à sa couture, de Nicole

Que cela me fait plaisir d'avoir des nouvelles de Nicole ! Partie de Charente-Maritime le 6 juillet dernier, son enveloppe a bien flâné en route pour me parvenir, mais elle a finit par y arriver, c'est heureux merci, car il y en a tant qui n'arrivent plus à leur destinataire. Après tout, c'est le temps des vacances et il y a sûrement moins de préposés qui travaillent en ce moment.

Avec son ruban de croquet bleu pour orner le bas de son ouvrage, des boutons en guise d'enluminure dans les initiales de mes nom et prénom, et le dessin d'une dame, très appliquée à réaliser ses travaux de couture, ton mail-art est une vraie réussite ; cela entre tout à fait dans mon thème des boutons, un peu délaissé. 

Merci Nicole pour cette création associant la mercerie au dessin et à la peinture : bravo !

26 juillet 2021

Abstraction III, pour l'association Lettres et Images

Après des premiers essais pas complètement concluant réalisés fin mai, j'ai fait une nouvelle tentative de notan, technique japonaise jouant avec le positif/ négatif, normalement réalisé en papier. Je l'ai transposé en textile, utilisant cette fois des tissus permettant un meilleur contraste.

C'est très amusant à faire et cela donne des résultats étonnants,  bien que la transposition en textile ne soit pas aussi simple qu'elle semble en avoir l'air. En principe l'intégralité des morceaux évidés doit se retrouver intégralement reportée dans la composition, sans déchet ni écart possible).

Je n'en suis pas encore à ce degré de réussite mais je tiens là le moyen de participer une nouvelle fois à l'appel à mail-art 2021 sur le thème "Noir et Blanc" de l'association Lettres et Images de Gradignan. 

Le bonheur est dans le pré, pour Thérèse

Avec les beaux jours , les bovins sont sortis dans les près et les prairies pour les plus chanceux d'entre eux. 

C'est bien ce que se disent ces vaches laitières heureuses de brouter l'herbe grasse et fraiche des pâturages d'alpage aussi appelées estives : solidaires aussi  en pensant à toutes leurs cousines coincées à vie dans des élevages en batterie, où leur intégrité d'animal n'est pas respectée! Elle sont tout juste bonnes à produire du lait en abondance - et ce n'est même pas du bon lait!
J'espère que Thérèse qui aime les vaches "rigolotes" me pardonnera pour ce mail-art à message. Elle lit ce blog et connaît mon positionnement  par rapport à toutes ces déviances du productivisme à outrance, encore hélas trop souvent pratiqué dans l'élevage (et dans l'agriculture au sens large). 

Les élevages en stabulation et autres "fermes des 1000 vaches" ne font de bien à personne : ni aux animaux qui vivent dans des conditions difficilement supportables,  ni aux hommes,  que ceux-ci soient des éleveurs (toujours obligés à plus de rentabilité pour rembourser leurs emprunts qui les étranglent) ou bien des consommateurs. Seule l'industrie agro-alimentaire tire son épingle du jeu! 

Mon voeu pour le futur proche : une vie animale mieux respectée, et pour nous, une consommation moindre de viande mais de qualité, et un rapport plus étroit entre consommateurs et  éleveurs dans un circuit de vente le plus court possible, avec  traçage et  clarté sur les conditions d'élevage et d'abattage des animaux seraient tellement plus satisfaisants et raisonnables, pour tous! 

C'est dans un tablier qu'a longtemps porté  ma maman récemment disparue, que j'ai découpé ces vaches aux différentes attitudes, pour les faire  brouter l'herbe d'une fraîche prairie. J'aime l'idée que ces tissus ayant déjà eu une histoire, continuent leur vie sous une autre forme.

Je te souhaite bonne réception, de ce mail-art Thérèse, ainsi qu'un bel été.

23 juillet 2021

Soleil rouge, de Jean-Philippe

"Blues for the red sun" est l'intitulé exact de cette création de Jean-Philippe qui, pendant ses vacances en France, s'est mis à l'aquarelle.

Je te remercie Jean-Philippe, de penser à moi, même pendant les vacances. Quel dommage, cependant, puisque tu es membre de l'IUOMA,  que tes réalisations ne comportent jamais le timbre ni l'adresse sur le recto. Cela s'apparente plutôt pour moi à des cartes postales. 

19 juillet 2021

Photo d'art en black and white, pour Ti-Ar-Raden

J'avoue que pour ne plus m'encombrer l'esprit avec cet "Add-and-Pass" dont je ne suis vraiment pas amatrice, je l'ai immédiatement fait suivre à cette correspondante fan du noir et blanc, couleurs de son cher drapeau breton, le Gwenn ha Du. 

Ces non-couleurs sont d'un chic dans cette photo d'art formant une merveilleuse composition graphique et dynamique à la fois.

Comme je  ne possède pas de tampons, j'ai du vraiment me creuser la tête pour savoir quoi renseigner dans l'une des cases à remplir sur cette "collaborative stamps sheet" : au finish, j'y ai apposé ma petite étiquette en forme de chat de dentelle bleue
tout en précisant, pour l'avenir, que je ne souhaite plus recevoir d'A&P ni d'ATC, ni me prêter à ce genre de rondes ou de chaines.

Je t'en souhaite bonne réception, Ti-Ar-Raden,  ainsi qu'un bel été, breton peut-être?.

O.I.D.I. , pour Emmanuelle

Pour enrichir sa collection d'objets insolites arrivés par la Poste en vue d'une exposition en 2022, voici pour Emmanuelle un objet  dont nous n'allons bientôt plus pouvoir nous passer ....un Objet Identifié Devenu Indispensable  : un éventail !, il nous rend déjà bien des services avec ces canicules à répétition et ce dérèglement climatique qui est déjà là !

Comme l'affirment  les timbres de Ben, il va falloir s'adapter à toutes ces mutations et il faut oser prendre des initiatives pour aller dans le bon sens, chacun comme il le peut, dans son périmètre d'action.

bon! moi j'ai osé envoyer par la Poste un objet en 3D : j'espère Emmanuelle qu'il te parviendra sans souci. 

Congratulations, pour Kévin et Chelsea

 Toutes mes félicitations aux heureux parents pour la venue au monde de leur petit garçon!
Que la vie soit longue et douce à Mallow!

15 juillet 2021

EL123 - Jolies couleurs pour pachiderme et papillons, de Michele

Aujourd'hui dans ma boite aux lettres j'ai trouvé une belle enveloppe très colorée : je te remercie Michele de cette belle missive qui m'a fait très plaisir, tout à fait ciblée dans l'un de mes thèmes préférés,  sur l'éléphant.


Mon amie Michele m'envoie ce mail-art dans le cadre d'une sorte de ronde lancée à l'international pour faire circuler une  "collaborative stamp sheet", c'est à dire une feuille à remplir avec des tampons que chaque nouveau correspondant complète avec son propre "sceau" et celà, tant qu'il reste de la place sur la feuille, j'imagine. En anglais, cette activité s'appelle A&P (And and Pass) : l'origine de ce courrier-là vient très probablement d'un membre de l'IUOMA (International Union Off Mail Artists). Je sais que cette organisation regroupe pas mal de passionnés de tampons.

Chère amie, je sais que tu n'as pas souhaité interrompre cette ronde ou chaine et que c'est pour cela que tu me l'as envoyée en prenant le soin de me composer une belle enveloppe. A mon tour  je ne veux pas en être le maillon faible et je vais faire suivre la feuille tamponnée vers un adhérent de l'IUOMA, comme cela la boucle sera bouclée pour cette fois.

Je tiens à préciser, néanmoins, que ce sera là mon premier et mon dernier A&P : je déteste cette notion de rondes ou de chaînes dont on ne connaît pas à l'avance les intervenants, comme il en existe également pour les ATC. Ce n'est vraiment pas mon truc, j'en suis désolée. Qu'on se le dise!

10 juillet 2021

Art postal : Eric peut enfin exposer du 17 au 25 juillet à Russan !

Relevée aujourd'hui sur son site, je relaie avec enthousiasme l'annonce de la future grande exposition de mail-art d'Eric Babaud, plusieurs fois annulée à cause de ce satané virus : vacanciers,  voisins, et tous les autres, courrez-y!
C'est une belle occasion de voir comment on peut faire du beau avec peu de choses, 
comment on peut nouer de belles amitiés épistolaires tout en faisant plaisir à tous ceux qui ont un temps ces courriers entre leurs mains, nos amis postiers et facteurs !


Réalisée pour le festival HUMOUR ET CRÉATION 2019 de Villard de Lans, cette exposition devait être présentée à Nîmes en mars-avril 2020 à l'Archipel puis dans plusieurs villages de l'Uzège.

Mais la COVID est venue tout perturber et la mise en place du confinement a empêché ces expositions d'avoir lieu.

Fort heureusement les courriers d'art postal ont continué à circuler de plus belle pendant la pandémie et j'ai même eu l'honneur d'être choisi pour être le destinataire officiel de la 11ème Journée Mondiale du Faux Timbre d'Artiste (JMFTA) 2020.

Aujourd'hui les activités culturelles reprennent enfin. Aussi ai-je décidé de présenter cet été à mon domicile-atelier cette grande exposition d'art postal. Elle aura lieu du 17 au 25 juillet au 159 rue du Bel Air, hameau de Russan à Sainte Anastasie (Gard).
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On pourra y découvrir certaines des plus belles œuvres d'art postal de ma collection personnelle (riche de près de 1500 courriers et autres objets postaux), tous les envois - vraiment timbrés - de la 11ème JMFTA, ainsi que quelques unes de mes dernières créations (peintures, dessins et autres bizarreries).

Ouverture de l'expo tous les jours de 10h à 12h et de 17h à 19h ou sur rendez-vous au 06 24 86 80 43.
Vernissage le samedi 17 juillet à 19 h.

25 juin 2021

Tellement frais qu'il frétille encore, le poisson d'Eric

J'adore l'enveloppe recyclée et décorée par Eric reçue ce jour! C'est l'une de ces enveloppes qui achemine normalement les  professions de foi des candidats aux élections régionales et départementales du 20 juin dernier qu'il a eu la chance de recevoir... ce qui n'a pas été le cas pour de nombreux citoyens français  (un vrai scandale, soit dit au passage).

Convertie en missive de livraison de poisson frais, émanant du "ministère de l'art postal" (oui, vous avez bien lu, cependant je crois qu'il vaut mieux ne pas souhaiter qu'il en existe un, un jour : ses fonctionnaires auraient à coeur de nous pondre moult règlements et carcans dont nous nous passons allègrement pour le plaisir de tous les mailartistes et la joie des facteurs) elle est venue me livrer,  en provenance directe de l'Ile de Ré,  ce poisson à l'oeil vif et truculent -c'est à cela que l'on voit qu'il est extrêmement frais-.  

Un grand merci à toi, Ami Eric. Bel été!

B52 - Coudre avec l'esprit libre, de Dani

Cela me fait plaisir de recevoir un mail-art de Dani, avec laquelle je n'avais pas eu d'échanges depuis longtemps.

J'y vois toutes les caractéristiques de son mail-art très vite identifiable  : ici on retrouve tout ce qui fait la "boite à outils" d'une couturière, dont de nombreux boutons, mais aussi et surtout sa merveilleuse calligraphie que j'adore pour rédiger mon adresse, et le toujours très beau timbre bleu sur la dentelle au poinct de Tulle ! 

Un grand merci à toi, Dani : je te souhaite un bel été.

19 juin 2021

Panière fleurie, de Nadine

Nadine m'envoie de bien jolies couleurs sur cette enveloppe depuis sa lointaine Finlande
d'abord une panière fleurie, tressée artisanalement, avec à l'intérieur quelques mots 
sur une carte couverte elle aussi de fleurs bleues,  
Merci bien Nadine!

14 juin 2021

Le volcan d'or de Jules Verne, de France - Carnet 29 -5/2

Et voici déjà le retour du carnet qui circule entre France et moi : cette correspondante  ne nous propose pas un voyage dans une ile lointaine mais plutôt un voyage, en référence au livre de Jules Verne "le volcan d'or".

Sa composition est très personnelle et sympathique, je l'aime bien, avec ce coté japonisant sur la page de droite , bravo!
A moi de reprendre le flambeau et de vous emmener visiter une nouvelle ile volcanique fascinante, pour le prochain voyage du carnet... dans quelque temps.

10 juin 2021

F59 - Par amour du fil et pour l'amitié qui nous lie, de Michele

Début 2021 nous avions dû nous résoudre à abandonner la circulation de nos carnets à quatre mains, compte tenu des formats très contraignants imposés par la Poste belge, et du prix de plus en plus exorbitants des timbres des  deux côtés de la frontière.

Qu'à cela ne tienne!  Ma chère amie belge Michele, vient de m'adresser une composition de son cru : c'est un merveilleux carnet d'amitié, un carnet timbré où se côtoient de nombreuses scènes au point de croix  en rapport avec notre passion commune du fil et de la broderie, complété de collages d'illustrations ou d'anciennes publicités en référence au textile. C'est un bijou, véritablement.

Le carnet comporte de très nombreuses pages :

Merci, merci ma merveilleuse amie : ton cadeau arrive à point nommé, un jour où j'avais particulièrement le moral dans les chaussettes. 

8 juin 2021

Koala et son bébé, pour Sasha

Pour l'anniversaire de Sasha, voici un bébé koala solidement accroché à la fourrure de sa maman, laquelle est fort occupée à rechercher les meilleures feuilles d'eucalyptus pour se nourrir.


Le koala ressemble à un drôle de petit ours qui aurait une fourrure soyeuse, de grandes oreilles poilues et un gros nez aplati. Cet animal placide et sans défense semble n'avoir jamais quitté l'Australie et ses grandes forêts d'eucalyptus.

LA VIE DU KOALA

En Australie, il existe environ 600 espèces d'eucalyptus, qui poussent en massifs dominant le reste de la végétation et jouent un rôle important auprès de la faune de ce continent, surtout auprès du koala, qui se nourrit presque exclusivement de leurs feuilles, même si parfois il lui arrive de manger de l'acacia.

Cependant, les koalas ne mangent pas les feuilles de n'importe quel eucalyptus : ils consomment, sur l'ensemble du territoire, celles d'environ 35 espèces, chaque groupe montrant une préférence marquée pour seulement deux ou trois espèces différentes ! Les premiers voyageurs européens en Australie, à la fin du xviiie siècle, s'en étaient déjà étonnés.

Pour manger, le koala agrippe d'abord un rameau, le tire vers lui, puis choisit chaque feuille précautionneusement, une par une, pour son aspect, son toucher et son odeur. Il sectionne la feuille élue à sa base, en la mordant. On ne voit presque jamais un koala rejeter une feuille qu'il a commencé à manger ; en revanche, il peut très bien en flairer une puis la laisser de côté, avant de croquer sa voisine.

La quantité de feuilles que le koala avale varie selon son poids : les jeunes mangent moins que les adultes, les femelles, moins que les mâles. Un koala d'une dizaine de kilos mange, en moyenne, 500 g de feuilles par nuit, soit environ un vingtième de son poids. Quand tout va bien, chaque animal passe de 6 à 8 heures à se nourrir, entre le crépuscule et l'aube (contre 2 à 4 heures en captivité). Sauf pendant les mois les plus chauds, le koala ne boit pas : comme souvent chez les animaux végétariens et arboricoles, il trouve toute l'eau qui lui est nécessaire dans sa nourriture.

De nombreuses études ont été réalisées sur la façon dont se nourrit le koala. On sait aujourd'hui qu'il apprécie surtout les espèces d'eucalyptus les plus abondantes, probablement parce qu'elles sont les plus accessibles. En outre, il existe des variations d'une saison à l'autre dans le choix des variétés majoritairement consommées. De plus, au sein de chaque variété d'eucalyptus, certains arbres rencontrent un vif succès, d'autres non.

La raison de ces choix complexes a fait l'objet de nombreux travaux dont les résultats sont parfois contradictoires. D'après les analyses chimiques, il semble que le koala choisisse les feuilles les plus riches en protéines : ainsi, on a constaté que les arbres qu'il préfère ont des feuilles jeunes plus longtemps que les autres. Par une réaction en chaîne, le prélèvement des feuilles sur les arbres préférés semble favoriser la production de feuilles jeunes. De même, les variations saisonnières dans l'alimentation du koala pourraient s'expliquer par des changements dans la composition des feuilles. La plupart des espèces d'eucalyptus sont à feuilles persistantes, c'est-à-dire qu'elles se renouvellent peu à peu, tout au long de l'année ; cependant, les poussées de nouvelles feuilles – plus riches et plus nourrissantes – sont plus importantes au printemps.

Enfin, le koala n'exploite qu'un petit nombre d'arbres sur son domaine vital. Ceux-ci servent à la fois de gîte et de couvert, si bien qu'un animal peut rester plusieurs jours d'affilée dans le même arbre.

La feuille d'eucalyptus est, en Australie, une ressource alimentaire abondante mais pauvre sur le plan nutritif. Les feuilles contiennent peu de protéines, qui sont un élément nutritif de base. Par contre, elles sont riches en fibres – lignine et cellulose –, peu intéressantes sur le plan alimentaire, et que l'organisme du mammifère ne peut digérer que grâce à des bactéries qu'il héberge dans son tube digestif. De plus, la feuille d'eucalyptus renferme en grandes quantités des produits toxiques, qu'on appelle composés secondaires : tanins, alcaloïdes, huiles essentielles. Ces produits jouent un rôle de défense contre les animaux folivores : soit ils empoisonnent directement l'animal, soit ils perturbent la digestion des feuilles. Pour manger malgré tout des feuilles d'eucalyptus, le koala possède au niveau du foie des mécanismes de neutralisation de ces composés.

Le koala est surtout nocturne et, comme beaucoup de mammifères qui vivent la nuit, c'est un solitaire : 90 % des animaux vivent seuls. Mâles et femelles adultes ont des domaines vitaux séparés, celui d'un mâle recouvrant celui de plusieurs femelles.

À Kangaroo Island, en Australie, par exemple, les territoires des mâles font 1,5 à 2 hectares, contre 0,5 à 1 hectare pour celui d'une femelle. Un mâle et une femelle dont les territoires se superposent vivent habituellement chacun de leur côté : il arrive qu'ils se croisent, mais les véritables rencontres n'ont lieu que pendant la période de reproduction. Le reste du temps, chacun s'évite soigneusement. Et chaque koala défend son domaine vital contre un intrus du même sexe : on peut donc bien parler de territoire.

Dans la plupart des cas, les mammifères nocturnes ne sont pas bruyants et ont un répertoire vocal peu développé. Le koala ne fait pas exception à la règle, en ce sens qu'il n'emploie que huit cris en tout, peu différents les uns des autres. Cependant, c'est un des marsupiaux australiens les plus bruyants. Il existe plusieurs cris agressifs selon le caractère plus ou moins sérieux du combat. Pendant les bagarres violentes, les mâles poussent de forts grognements, surtout quand la mâchoire de l'un est plantée dans l'autre !

Les koalas réagissent aussi par des cris à ce qui se passe autour d'eux. Ainsi, quand un congénère passe à proximité sur une branche ou approche de leur arbre, ils émettent un grondement bien audible et, pour ce faire, tirent leurs lèvres en arrière et rabattent leurs oreilles en avant. Ce cri de mauvais augure est entendu surtout chez les femelles lorsqu'elles sentent un danger.

La saison de reproduction des koalas dure environ quatre mois, à la fin du printemps et au début de l'été austral. Les mâles en âge de se reproduire sont alors très actifs : ils patrouillent leur territoire à la recherche de femelles, effectuent des marquages olfactifs et poussent une sorte de mugissement caractéristique. Ce cri est attractif pour les femelles en chaleur. Les mâles voisins qui sont en rut s'y mettent aussi, si bien que chacun connaît ses positions et évite de rencontrer un rival... et un combat. Quant aux femelles réceptives, elles répondent par un cri identique, mais moins fort, qui signale leur présence.

Alors qu'une femelle non réceptive est agressive vis-à-vis des mâles et les repousse très violemment, elle adopte un comportement très différent quand elle est en œstrus, c'est-à-dire fécondable. Elle se met à sautiller sur place, en poussant son cri sexuel. Pendant les 30 secondes que dure l'accouplement, qui a lieu en position verticale, dans un eucalyptus, le mâle la maintient sous lui en lui mordant la nuque. Puis les deux partenaires se séparent, et le mâle ne s'occupe pas d'élever le jeune, qui est totalement pris en charge par la mère. Les femelles n'ont qu'une portée par an, le plus souvent d'un seul petit, très rarement de deux.

Comme chez tous les marsupiaux, le petit est minuscule et très peu développé à la naissance. Il pèse moins d'un demi-gramme ! Son corps est nu, rose et rayé de vaisseaux sanguins. Ses yeux et ses oreilles sont fermés ; sa bouche, ses narines et ses pattes arrière, à peine ébauchées. Seules ses pattes avant sont assez puissantes pour lui permettre d'accomplir tout seul le pénible voyage jusqu'à la poche ventrale de sa mère, où il achèvera sa croissance, solidement accroché à une des deux tétines, bien protégé et au chaud. Comme chez les kangourous et les autres marsupiaux, le petit doit trouver seul l'ouverture de cette poche.
Vers 5 mois et demi, le jeune fait ses premières excursions à l'extérieur. Mais il ne s'aventure pas loin de sa mère et retourne dans la poche protectrice à la première alerte, ou bien pousse une sorte de vagissement, qui provoque l'arrivée immédiate du secours maternel. À 6 mois, le petit est couvert de poils. Il mesure une vingtaine de centimètres et pèse entre 400 et 500 g, soit environ le dixième du poids définitif d'une femelle koala.
Dans les premiers mois de sa vie, le petit se nourrit de manière très particulière pendant environ un mois. Son comportement a été observé pour la première fois en 1933 par l'Australien Keith Minchin, dans un élevage du Sud. Il a vu un jour une mère koala recroquevillée dans un arbre. De sa poche, émergeaient la tête et les bras de son petit, dont le museau – couvert de mucosités jaunes – était plongé dans l'anus maternel. Le petit consommait goulûment une bouillie sortant de l'intestin de sa mère. La scène recommençait tous les deux ou trois jours. On sait maintenant qu'il s'agit de feuilles d'eucalyptus prédigérées, qui constituent un aliment intermédiaire entre le lait et la nourriture solide. La mère ensemence ainsi l'intestin de son petit en micro-organismes capables de digérer la cellulose des feuilles. L'ouverture de la poche de la mère vers le bas évite au petit de sortir entièrement.
Peu à peu, les excursions hors de la poche sont plus longues. À 8 mois, le jeune est en permanence dehors. Il ne met plus que sa tête dans la poche, pour la tétée. Sa mère le transporte sur son dos au cours de ses pérégrinations nocturnes. Le jeune koala est complètement sevré vers 1 an. Si c'est une femelle, elle s'éloigne alors d'elle-même de sa mère pour trouver un nouveau territoire ; si c'est un mâle, il est chassé à la saison de reproduction suivante par le mâle résident.

Source : extraits de Larousse

Insectes et bagues, heureux mariage pour fiancés , pour Isabelle

Fin avril dernier, Isabelle m'a proposé un  jeu épistolaire et mailartistique qu'elle appelle "ping-pong d'image et texte". Vous pouvez ici retrouver le post correspondant au premier volet du jeu. Après un bon moment où je suis restée totalement "sèche" sur le sujet,  l'inspiration a fini par venir. J'espère, Isabelle, que tu ne seras pas trop déçue par le rebondissement saugrenu donné à cette histoire. 
***
Pour mémoire, le texte original d'Isabelle :
Manisha n'est pas vraiment une coquette, mais elle aime porter des bijoux. Qu'ils soient de prix ou de pacotille, elle ne sait pas résister à une pièce qui a du chien. Elle a une préférence marquée pour les bagues depuis qu'elle a dix ans. Au fil du temps, elle en a accumulé une belle collection (tant en nombre qu'en qualités). Aussi, pour ses études en sociologie son sujet de recherche était déjà tout trouvé : motifs et symboliques de la bague au fil des siècles, particulièrement à l'époque antérieure à l'Effondrement.

Ce jour-là, Manisha effectue des recherches sur la bagues dans l'ancien Occident des XIX et XXèmes siècles à la bibliothèque de l'Institut. Elle compulse sur l'écran un catalogue de reproductions de pièces de l'époque. Elle s'arrête un instant sur un modèle à la pierre noire et centrale, dont la disposition des nuances semble à la fois géométrique et symétrique. Manisha grossit l'image pour observer avec plus d'attention. C'est à se demander si le centre de la baque est fait d'un cabochon pierre ou si c'est une marqueterie de pierre et d'or qui rappelle un insecte, scarabée ou araignée... Manisha tape sur le moteur de recherche "bague motif insecte". Plusieurs modèles s'affichent à l'écran. Tous mettent en scène exactement le même motif d'insecte noir et dorée dans des bijoux de style très différents... Et il semble que ces bijoux aient tous été des bagues de fiançailles ou de mariage. Mais quel rapport entre cet insecte figuré et le mariage ?

Manisha finit par oublier son questionnement, aucune de ses recherches ultérieures ne lui apportant d’éclairage convaincant. Ce n’est fut que bien plus tard qu’elle repensera à tout cela, lorsque sa meilleure amie va lui raconter sa rencontre avec Matthieu...

Depuis que ce dernier a demandé Amélie en mariage, ils sont tous deux à la recherche de "la" bague de fiançailles totale. Hélas les modèles présentés par les grands joailliers dans un univers conventionnel et guindé sont bien trop classiques et ne les font pas rêver du tout. Graphiste-créateur de profession, Matthieu a alors eu l’idée avec plusieurs de ses amis de créer une marque originale de joaillerie –GeminiKriket–en imaginant pour les hommes et les femmes d’aujourd’hui, libres et décomplexés, un produit qui révolutionne le marché traditionnel et qui prouve que le luxe peut être accessible à tous. Leurs bagues au design moderne, incluent des scarabées ou des abeilles, insectes symboles de vie, tellement vénérés depuis les temps anciens.

Lorsque les premiers prototypes convainquent la presse spécialisée et que les premières commandes sont enregistrées, ils organisent un moment festif avec la poignée de collaborateurs qui font vivre la start-up. Et c’est lorsqu’ils se lâchent tous autour de l’apéro que les insectes s’invitent dans l’histoire: molitors goût sésame-cumin, criquets grillés ou à la grecque en constituent les uniques «amuse-gueules». Passée la première surprise, tous conviennent que cela n’est pas mauvais du tout, bien au contraire. Ce fut un apéro insolite, savoureux et renVERsant ! Comme quoi bague de fiançailles et insectes comestibles se marient très bien !

Cette passionnée des bagues qu'est Manisha est comblée en découvrant un bijou superbe à l'annulaire de son amie.
***
Isabelle, je te remercie de m'avoir associée à ce jeu original et je te souhaite une bonne réception de ce mail-art singulier.

3 juin 2021

Soleil écolo, de la part de Jean-Paul

Ah que cela fait du bien d'avoir des nouvelles de ce grand ami parti dans le Lot maintenant. Il me fait la grâce de m'envoyer rien de moins que le soleil brillant d'un très grand optimisme,  pour une vie plus verte et plus proche de la nature...

Merci l'Ami, mais ici, avec les orages, le soleil est en larmes depuis deux jours!

31 mai 2021

Ours et orsahler en Ariège, au 19e siècle, de la part de France

France sait combien j'ai en horreur de voir les animaux asservis à l'homme, que ce soit dans un cirque ou un delphinarium ou tout autre lieu censé nous distraire, mais où il y a surtout maltraitance et non respect de l'intégrité de l'animal dans son milieu naturel.

Par le biais d'un article de Pyrénées Magazine de 1993, elle me fait part du rôle économique qu'a pu jouer l'animal dans certains villages pyrénéens dans le Haut-Couserans. 

Ces images me font très mal mais je publie car c'est un fait historique, même si c'est fort dérangeant. J'ai entendu parler de ces montreurs d'ours lorsque j'ai eu la chance de pouvoir passer un moment dans ce beau pays qu'est le Couserans.

  

Merci France pour ce MA et sa documentation!

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Ils vivaient de l'ours

"Allons Martin, il faut gagner notre pain". Aux mots de son maitre -l'orsalher- l'ours se dressait sur ses postérieurs, dansait, mimait les attitudes ou vices humains, titubant comme un ivrogne. Voilà comment, dès le début du 19e siècle, certains habitants du Haut-Couserans tentèrent de conjurer l'adversité qui frappait l'Ariège : en domestiquant et en exhibant l'ours. Couple poignant, enchaînés l'un à l'autre, l'ours et l'orsalher ont trainé leur désarroi jusque sur les routes d'Amérique. Souvenirs...

Dans cette région des Pyrénées ariégeoises, certains villages ont préféré pratiquer la chasse à l'ours systématiquement pour éliminer le prédateur. Comme pour exorciser la peur qu'il inspire aux peuples pasteurs, il était d'usage pour le chasseur de s'exhiber revêtu de la peau de l'animal dans les hameaux d'alentour pour récolter félicitations et récompenses. A contrario dans d'autres villages, comme à Ercé ou à Ouste, l'ours faisait partie intégrante du cadre de vie, de la vie même des habitants pour qui le plantigrade était une richesse potentielle. On a vu les derniers orsalheurs partir chercher sinon fortune, du moins de quoi  tenter d'effacer les dettes de la famille sur les routes de l'Europe et d'Amérique en allant exhiber leur ours, avec les tours savants qu'ils avaient appris à l'animal captif à forces de contraintes en tout genre. La guerre de 1914 mit fin à ce "métier" très spécial de montreur d'ours. 

Animal totem, l'ours était paré de vertus thérapeutiques diverses : il guérissait, dit-on, les enfants du "haut mal" -l'épilepsie-, et était garant de fécondité pour les femmes désireuses de donner la vie.
***
De nos jours, il y a toujours autant de passion autour de la présence de l'ours réintroduit dans les Pyrénées. Entre les farouches défenseurs de la biodiversité et de la réimplantation du plantigrade d'une part,  et les éleveurs qui doivent équiper les pâturages de clôtures et faire garder les troupeaux à l'estive avec des patous pour aider les bergers à surveiller leurs  bêtes, d'autre part,  c'est toujours la guerre et l'incompréhension respective.

Abstraction II , pour Marc

Voici un troisième notan, issu de la technique japonaise de découpage et d'application en miroir, réalisée normalement avec du papier mais que je tente de décliner en tissu. Je ne maîtrise pas encore totalement cette adaptation car découper finement le tissu n'est pas toujours aisé sur des petites surfaces, avec de nombreuses circonvolutions, mais je trouve celui-ci suffisamment réussi pour t'en faire profiter sous la forme d'un mail-art.

En espérant que ce mail-art saura te plaire, Marc,  je t'en souhaite une bonne réception.

Abstraction I, pour Eni

Nouveau notan,  technique japonaise où l'on joue avec le négatif et le positif  et l'effet miroir, avec du papier. Ici j'en ai décliné une version textile mais je tâtonne encore : pardon, Eni, je compte sur ton indulgence pour ces premiers essais, qui demandent à être perfectionnés encore. Notamment, il me faut trouver des couleurs de tissu offrant un contraste plus manifeste. 

Bonne réception, Eni.

Oiseaux en noir et blanc, pour Dani

J'ai fait quelques tests de notan, technique japonaise permettant de jouer avec le négatif et le positif : ce premier essai a été enrichi avec deux beaux oiseaux, pour satisfaire le nouveau thème de Dani, en noir et blanc.
Je t'en souhaite bonne réception, Dani.

Dégustation de chocolat à la Cour, pour l'association Lettres et Images

J'adore participer à des appels à mail-art lancés par des médiathèques ou bien des associations et cela faisait  un bon moment que cela ne m'était pas arrivé. 

Alors j'ai décidé de créer pour l'association Lettres et Images, dont l'appel à participation annuel à mail-art est sur le thème du "noir et blanc"en 2021. C'est une source d'inspiration sans limites et je ne manquerai sûrement pas de réaliser quelques autres MA avant la date limite d'envoi. 

Illustration trouvée sur Gallica, le site en libre-service  de la BNF

Un Cavalier et une dame beuvant du Chocolat
Ce jeune Cavalier, et cette une belle Dame
se régalent de chocolat 
Mais l'on voit dans leurs yeux aucune flame
Qu'on croit qu'il leur faudrait mets plus délicat

Si vous voulez répondre à cet appel de l'Association Lettres et Images, il  est encore temps de participer: la date limite d'envoi des réalisations est fixée au 31 août 2021. 

La sorcière et son chat, pour Jeanne-Marie

Pour Jeanne-Marie, voici encore une gentille sorcière,  très chic avec son aumonière en dentelle noire , qui parlemente avec son chat sur le toit avant de prendre son envol sur son balai magique.

J'espère qu'elle te plaira, et viendra compléter ta collection qui doit être bien garnie, maintenant.

Souricière pour petits rats, pour Eric

Voici un nouveau détournement d'art auquel je réfléchissais depuis un bon moment pour mettre en lumière ce qui se passait dans le corps de ballet de l'opéra, dans la seconde partie du 19e siècle, à l'époque où le peintre Edgar Degas y a fait moult toiles. Je pense qu'Eric sera sensible à ce thème.

En effet, cela n'est pas très connu, mais c'était là  un milieu où la prostitution régnait dans la population des petits rats, avec mère maquerelle et messieurs protecteurs pour les "encadrer".

Composition effectuée à partir de plusieurs oeuvres d'Edgar Degas
Je t'en souhaite bonne réception, Eric!

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Derrière l’œuvre de Degas, la terrible réalité des petites danseuses de l’Opéra

Que nous révèlent les dessins, peintures et statues d’Edgar Degas sur le quotidien des petits rats de l’Opéra de Paris au XIXe siècle ?

A l’occasion de l’exposition Degas Danse Dessin. Hommage à Degas avec Paul Valéry, du 28 novembre 2017 au 25 février 2018 au Musée d’Orsay (Paris), retour sur la triste réalité que donnent à voir les œuvres du célèbre artiste.

Dans la seconde moitié du XIXe siècle, à Paris, le temps est à la fête : pas de guerre, une économie plutôt prospère, on refait le monde aux terrasses des cafés, on s’amuse au Bal Bullier et, surtout, on se bouscule pour assister aux grands spectacles. Ceux de l’Opéra de Paris, par exemple.

Parmi les spectateurs assidus de cette prestigieuse institution, Edgar Degas, un peintre innovant et qui ne se contente pas d’assister aux représentations. Tel un artiste-reporter, il s’invite en coulisses et nous fait découvrir l’envers du décor, les efforts et souffrances des jeunes danseuses de l’Opéra.

Dans les coulisses avec Degas
Tour à tour dessinateur, peintre, sculpteur et photographe, Edgar Degas est un artiste curieux, un fin observateur de la vie parisienne du XIXe siècle qui, grâce à l’un de ses amis musiciens, parvient à se glisser jusque dans les coulisses du prestigieux Opéra de Paris.

Ce qu’il y découvre ne manque pas de l’inspirer : près d’un milliers de ses toiles et dessins sont consacrées aux danseuses de l’Opéra. Pourquoi la danse plutôt que la musique ? Parce qu’elle est un art visuel, un travail de l'équilibre et du mouvement. De plus, l’exposition des bras et jambes des ballerines - le tutu étant une tenue plutôt dénudée aux yeux de l’époque - fait de ces jeunes danseuses un parfait sujet d'exercice pour le coup de crayon de Degas.

Peut-être aussi que l'entraînement physique exigé par la danse lui rappelle celui tout aussi précis et méticuleux du dessinateur, qui soigne chacune de ses courbes et de ses lignes. Le réalisme de l’oeuvre de Degas, la fidélité de ses croquis aux mouvements du ballet, font aujourd’hui encore référence.

Un réalisme qui fait scandale
Ces danseuses tant admirées n’ont pourtant pas toujours fait l’unanimité… Car du temps de Degas, au XIXe siècle, l’Art est supposé transcender la réalité, la sublimer, et non la représenter. Aussi, les visages parfois disgracieux de ces petites ballerines, leurs airs fatigués ou découragés, apparaissent comme bien grossiers aux yeux de certains critiques.

Parmi les scandales provoqués par les œuvres de Degas : La Petite Danseuse de 14 ans, une statue qui, lorsqu’elle est pour la première fois exposée, en 1881, suscite les plus vives critiques. (Cf. article ci-dessous)

Pourquoi un tel rejet ? D’une part l’original de cette petite danseuse est fait de cire - un matériau jugé peu noble - et d’autre part, elle est affublée d’un accessoire, le tutu, procédé inhabituel pour l’époque. «Pour beaucoup des spectateurs de l’époque, ce n’est donc pas de l’art mais une poupée, une marionnette », explique Marine Kisiel, conservatrice au Musée d’Orsay et commissaire de l’exposition Degas Danse Dessin. Mais le scandale va plus loin que ces considérations esthétiques. L’expression du visage de la ballerine est qualifiée de bestiale, de vicieuse et « le fait que l’on voit la naissance de ses cuisses a également pu choquer », suppose Elisabeth Platel. En effet, l’exposition du corps de la jeune danseuse va être jugée indécente et reprochée à Degas.

Des critiques hypocrites
L’indiscrétion - voire le voyeurisme - que la critique dénonce dans les oeuvres de Degas, dans sa représentation réaliste des corps, est en fait celle-là même qui explique le succès de ses danseuses. Car en cette fin de XIXe siècle, le ballet souffre d’un certain déclin et le public (majoritairement masculin) ne semble assister aux spectacles que pour admirer les jolies ballerines.

Un cliché qui n’en est pas un, comme en témoigne l’histoire cachée de La Petite Danseuse de 14 ans. Son véritable nom est Marie van Goethem. Issue d’une famille précaire et illettrée, elle est envoyée à l’Opéra par sa mère afin d’y rencontrer et séduire des hommes fortunés, plutôt que pour y apprendre un métier. Les leçons de danse coûtent cher, et Marie est forcée de se prostituer.

Voilà quel modèle choisit Degas pour son oeuvre, lui qui connaît parfaitement l’histoire de la petite fille (sans faire partie de ceux qui l’ont abusée). Voilà quelle réalité il offre à voir au public parisien : une enfant danseuse qui semble s'offrir et devant laquelle la critique feint de s’offusquer. Car la réalité des petits rats de l’Opéra, au XIXe, tout le monde la connaît.

Les abonnés
Dans la seconde moitié du XIXe siècle, l’Opéra « est à la fois un haut-lieu de la danse, très glorieux, et en même temps l’endroit où les abonnés viennent faire, en quelque sorte, leur marché érotique », raconte Elisabeth Platel, directrice actuelle de l’Ecole de danse.

Ces abonnés, ce sont les hommes vêtus de noir et parés de haut-de-formes que l’on retrouve sur les toiles de Degas. En 1831, suite à une décision de l’administrateur Louis Véron, les abonnés acquièrent officiellement le droit d’assister aux répétitions et d’accéder au Foyer de l’Opéra, où ils peuvent rencontrer les jeunes danseuses en toute sérénité.
la petite danseuse de 14 ans, statue d'Edgar Degas, au Musée d'Orsay Paris
Certaines ballerines refusent leurs avances tandis que d’autres, souvent issues des milieux les plus modestes, s’emploient à trouver un ‘protecteur’. Mais comment concevoir que de si jeunes filles choisissent par elles-mêmes ce double métier ? Il n’en est rien : derrière ces fillettes, il y a des mères. Que Degas n’a pas non plus manqué de représenter.
Monsieur et Madame Cardinal et leurs filles Les Petites Cardinal, aspirantes danseuses
Illustration par Degas  d'un recueil de Maupassant la Maison Tellier

Les mères maquerelles
Celles qu’on appelle les “mères” - mais qui peuvent tout aussi bien être des tantes, des cousines ou des grandes soeurs - on les voit assises au fond de la salle de cours ou en train d’ajuster le tutu de leurs filles. Or cette attitude attentionnée révèle une sordide motivation. Les “mères” marchandent en fait « le droit de cuissage de leurs filles, leur viol », pour reprendre les termes employés par Louis Véron dans ses Mémoires, Véron qui est celui à avoir autorisé l’accès des abonnés au Foyer.

Quand l’abonné n’est pas assez fortuné, ces mères proxénètes n’hésitent pas à jouer la carte de l’indignation, arguant que leurs filles sont bien trop jeunes pour se livrer à des “rendez-vous galants”. Mais quand l’intéressé semble suffisamment généreux, elles négocient elles-même les compensations matérielles et financières.

« La jeune ballerine est à la fois corrompue comme un vieux diplomate, naïve comme un bon sauvage ; à 12 ou 13 ans, elle en remontrerait aux plus grandes courtisanes », écrit Théophile Gautier dans son roman Les deux étoiles (1848). Et ces petites danseuses n’ont de toute façon pas le choix : quelle que soit leur ambition, faire carrière ou trouver un ‘protecteur’, il faut se plier à un ordre masculin, plaire au maître de ballet, au chorégraphe et au directeur de l’Opéra, a minima…

A la conquête du statut d’artiste
Si l’administration de l’Opéra de Paris entame un grand ménage au début du XXe siècle, ce n’est pas pour secourir ses jeunes danseuses - car celles qui affichent trop ouvertement leur activité de prostitution sont traitées comme des coupables : punies ou renvoyées - mais plutôt pour redorer son propre blason. L’accès aux coulisses est interdit aux mères et aux abonnés.

Les ballerines bénéficient également d'une nouvelle génération de professeures, des danseuses qui ont connu la triste époque des 'rencontres galantes' et qui encouragent leurs élèves à évoluer en toute indépendance, au service de leur art : la danse. Les danseuses revendiquent peu à peu leur statut d'artiste, un statut qu’Edgar Degas aura été parmi les premiers à leur accorder, dépeignant aussi bien leur performance scénique que leur quotidien et leurs efforts.

L’exposition Degas Danse Dessin. Hommage à Degas avec Paul Valéry s'est tenue du 28 novembre 2017 au 25 février 2018 au Musée d’Orsay, à Paris.

Source : France Musique vendredi 15 décembre 2017 à 14h22

25 mai 2021

T118 - Homme de Lascaux, de Liberty

Je suis contente de recevoir aujourd'hui des nouvelles de Liberty qui m'apprend qu'elle délaisse de plus en plus l'art postal.  C'est vraiment dommage, pour une fois que j'avais une correspondante aussi fondue de textile que moi!

Quoi qu'il en soit, elle a merveilleusement marié les couleurs de son homme des cavernes avec le très beau timbre sur les peintures des grottes de Lascaux.

Quel dommage que le facteur ait ainsi crayonné le numéro erroné dans mon adresse (heureusement, grâce aux correcteur d'image, j'ai pu effacé le gros gribouillis qu'il avait fait à gauche du personnage).

Un grand merci à toi Liberty, pour tout tes envois très réussis dont tu m'as comblée.

Cerises rouges et merles moqueurs, de Maryse

Nous célébrons en ce moment les 150 ans de la Commune de Paris, et je ne peux manquer, en recevant cette si jolie enveloppe de penser à la chanson " Le temps des cerises", immanquablement associée à cette période de notre histoire.

"Le temps des cerises" est une chanson dont les paroles furent écrites en 1866 par Jean-Baptiste Clément et la musique composée par Antoine Renard en 1868. Bien que lui étant antérieure, cette chanson est néanmoins fortement associée à la Commune de Paris de 1871, l'auteur étant lui-même un communard ayant combattu pendant la Semaine sanglante.
Pour fabriquer de si belles enveloppes dont elle a le secret, Maryse utilise une feuille A4 d'un très beau papier artisanal, qu'elle plie judicieusement et agrémente ensuite avec sa superbe calligraphie et ses tampons maison en linogravure. Un grand merci à toi, l'Artiste!