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26 août 2024

JT20 - Le potager-fruitier du Chateau de La Roche-Guyon, jardin remarquable, pour Dentellebleue

La Roche-Guyon, village du Val d'Oise, tout proche du lieu où j'ai passé mon enfance,  vient d'être mis à l'honneur par La Poste. 

Alors, ne m'en veuillez pas, mais cette fois-ci je me fais un petit plaisir et m'adresse ce beau souvenir : depuis la falaise crayeuse, pas très loin des ruines du château, nous pouvions voir le cheminement de la Seine et ses méandres. C'était un spectacle magnifique où nous nous rendions quelquefois aux beaux jours, pour un pique-nique familial.

Au pied du château troglodyte de la Roche-Guyon, dans le département du Val-d'Oise, se niche un grand potager et fruitier, labellisé Jardin remarquable. Depuis le panorama du château de la Roche-Guyon, c'est la première chose que l'on aperçoit : les allées géométriques du potager-fruitier et ses arbres très verts, implantés en bord de Seine. Créé en 1697, le potager-fruitier a été réaménagé au début du XVIIIe siècle. Au fil des siècles, le jardin perd de son charme et est à l'abandon : ce n'est qu'en 2004 que son tracé à la Française lui sera restitué, quadrillant de façon parfaite les 3.8 hectares de surface qu'il couvre.

Fièrement campé sur une falaise boisée, au cœur du parc régional du Vexin, le donjon millénaire de La Roche-Guyon scrute la vallée de la Seine. Au Moyen Âge, c’est un ouvrage défensif de première importance, à la frontière du royaume de France et du duché de Normandie. Il prend le nom de « la roche de Gui », en l’honneur de ses premiers seigneurs. Édifié à flanc de coteau, le château est relié au donjon par un escalier souterrain.

Embelli à la Renaissance, il accueille à plusieurs reprises François Ier puis Henri IV. Les chasses y sont fameuses, mais c’est, dit-on, la beauté de la marquise de Guercheville, comtesse de La Roche-Guyon, qui attire le Vert-Galant. Au XVIIIe siècle, le château est à nouveau rénové et agrandi. Louise-Élisabeth de La Rochefoucauld, duchesse d’Enville, agrémente sa splendide résidence d’un petit théâtre et d’une bibliothèque. On y conservait le manuscrit des célèbres Maximes de son ancêtre. Une partie du domaine est aménagée en parc à l’anglaise. Dans les sous-bois où la nature a repris ses droits, le promeneur d’aujourd’hui distingue toujours les formes idéales de ce paysage magnifié par l’homme.

Blotti entre les jardins du château et la boucle de la Seine, le village de La Roche-Guyon a été embelli par les ducs de La Rochefoucauld. Ses ruelles pittoresques, sa fontaine de pierre, son église et sa halle à colonnes lui ont valu le label des « Plus Beaux Villages de France ». Creusées dans la falaise à partir du IVe siècle, les habitations troglodytes primitives ou « boves » rappellent ses origines antiques. Situé en terre impressionniste, entre Giverny et Vétheuil, le site de La Roche-Guyon a été peint par Camille Pissarro, Auguste Renoir, Claude Monet. Il a inspiré à Lamartine l’une de ses premières Méditations poétiques.
© La Poste - Jérôme Coignard - Tous droits réservés

5 février 2024

JT19 - De l'art et de la nature pour nous combler en 2024, de Michèle

Quelle magnifique composition que ce mail-art de Michèle pour sa présentation des voeux pour 2024 : j'admire avec quelle délicatesse ma correspondante a su mêler un fond pourtant déjà très riche avec des fragments de tableaux célèbres (Fuchs, Degas, et Renoir)  mais aussi avec une végétation luxuriante, le tout dans une belle harmonie de couleurs. 


Comme je vais dans ton sens Michèle : si nous restons curieux, l'oeil aux aguets pour capter la moindre étincelle de ce qui fait le sel de la vie,  nous pourrons toujours trouver une échappatoire à toutes les choses pénibles et  moches qui nous polluent l'existence bien trop souvent. L'art et la Nature sont deux portes ouvertes sur la beauté du monde.

Un très grand merci pour ce très beau mail-art, chère Michèle, je suis sous le charme.

JT18 - De la couleur et des fleurs pour une nature déjà printanière, d'Isabelle

Avec la grisaille qui nous entoure en ce début d'année, aussi bien au sens propre qu'au sens figuré, Isabelle a choisi de pratiquer la méthode Coué pour nous rebooster le moral avec toutes les couleurs et l'enchantement de la nature lorsqu'arrive le printemps. 

Comme le personnage de son enveloppe, fermons les yeux un moment et laissons courir notre imagination : des papillons légers volètent de fleurs en fleurs qui éclosent toutes en dispensant un léger parfum sucré dans l'air ... et déjà j'aperçois quelques timides violettes... sur le timbre, judicieusement choisi.

Merci Isabelle pour ce bain de nature explosive et régénérante. Quel joli mail-art et vivement le printemps. 

15 janvier 2024

JT17 - Les femmes, la nature et la biodiversité, toujours à défendre en 2024, de Fabienne

Quelle joie de recevoir les gravures gaufrées de Fabienne, des créations toujours très originales! Et j'interprète cette missive m'apportant ses bons voeux comme un encouragement à poursuivre la défense des femmes dont le visage ici est magnifiquement stylisé.

En effet, il ne suffit plus d'écouter mais également d'entendre! Marre de ce patriarcat qui régit tout dans notre civilisation et depuis si longtemps. Le mouvement #MeToo a été une bonne chose mais il reste tellement, tellement à faire : nous en avons des exemples criants dans le domaine des médias et du cinéma! Si un monstre sacré est mis en cause, c'est lui qu'il faut plaindre au nom de la présomption d'innocence, mais que fait-on des voix féminines qui s'élèvent en nombre? pourquoi n'ont-elles jamais la présomption de vérité, et sont-elles soupçonnées d'affabulation?

Et puis ce harcèlement des femmes est exercé bien ailleurs que dans ces milieux médiatisés : où parle-t- on des petits chefs qui se payent sur la bête en menaçant de licenciement des femmes isolées, précarisées? Quand toute femme aura-t-elle droit à la dignité et au respect le plus élémentaire?
La couleur verte que Fabienne a choisi pour son oeuvre n'est pas anodine : elle suggère à mes yeux que nous devons exercer un plus grand respect du monde vivant, de la nature et de la biodiversité, gage de notre survie à moyen terme sur cette planète. Et c'est l'affaire de tous.

Merci infiniment, Fabienne, pour ta carte de voeux si éloquente et si originale. 

23 décembre 2023

JT16 - Même en hiver, la Terre abrite la biodiversité, de Chantal

Quelle jolie enveloppe peinte à l'aquarelle par Chantal, qui ajoute ainsi une nouvelle corde à son talent de mail-artiste, déjà spécialiste hors pair dans l'art des paperolles. 

Jugez-en plutôt : je suis tellement flattée de recevoir une si belle enveloppe avec bien sûr à l'intérieur une nouvelle création en papier roulé , une superbe étoile filante. un symbole de chance.


Un grand merci Chantal de ta belle amitié et pour tes voeux chaleureux. Ils se sont croisés avec les miens partis hier.

7 décembre 2023

JT15 - Luxuriance au jardin, de Fabienne

Aujourd'hui, dans ma boite aux lettres, voici une deuxième missive : ce sont des nouvelles de Dreux, avec une jolie gravure et un gaufrage signés Fabienne, et bien reconnaissable avec son beau papier et cette fois-ci un timbre en noir et blanc que je ne connais pas encore mais qui rend extrêmement bien sur sa création.

Le jardin de Fabienne est magnifique, il faut dire qu'avec son conjoint elle y passe du temps et y met de l'énergie, tout cela donne un très heureux mélange entre jardin d'agrément et jardin potager. Sa gravure rend toute l'abondance et même la luxuriance de cet endroit magique. 

Merci beaucoup Fabienne, pour cette jolie création : ton jardin me rappelle de très beaux souvenirs du mois de juillet, lors de notre rencontre... maintenant c'est la froidure et je comprends qu'il y a du travail à protéger tout ce qui doit l'être du froid qui s'installe maintenant, mais en décembre, rien de plus normal.

15 octobre 2023

Arc et Senans : la Saline Royale et le Cercle Immense

Par le passé, j'ai eu l'occasion de visiter la Saline de Salins les Bains, et appris que sous le règne de  Louis XV, au 18e siècle, il avait été nécessaire de trouver un autre lieu pour produire davantage de sel, matière très précieuse à l'époque. En effet, il était devenu impossible d'étendre la surface de l'établissement totalement enclavé dans la ville, et raison supplémentaire, le bois indispensable à la cuite du sel commençait à manquer dans les environs immédiats.  

C'est à l'architecte urbaniste utopiste et visionnaire Claude-Nicolas Ledoux que fut finalement confié la construction de la nouvelle saline et cette bâtisse,  tout en arc de cercle, sera son chef d'oeuvre. 


Vidéo de France3 extraite de l'émission Des Racines et des Ailes du 13 mars 2019

C'est une usine-palais construite en 1775 et commandée par Louis XV pour produire du sel en abondance dans la région depuis le Moyen-Âge. Mais son architecture, classée au patrimoine mondial, est unique : elle met en scène la production de sel ! Le demi-cercle formé par les bâtiments s'inspire de la course du soleil et crée un climat propice au travail et au bonheur collectif. 

Nous savons maintenant que dès 1873, cet architecte avait eu l'idée d'un cercle immense parfait, une sorte de ville idéale bâtie harmonieusement autour de la Saline, mais il n'en avait pas obtenu l'accord.

Plus de 2 siècles plus tard,  son projet de cercle immense a été repris et réalisé sous la forme d'un jardin exceptionnel conçu par des jardiniers-paysagistes de grand renom Gilles Clément et du Cabinet Mayot-Toussaint. C'est cette histoire que vous allez découvrir ci-dessous, grâce à 4 vidéos expliquant le déroulement des travaux qui ont duré jusqu'en  juin 2022, date de l'inauguration du jardin nommé "Le Cercle Immense".
Saline Royale d'Arc-et-Senans : le cercle immense voit le jour 1/4
 
Saline Royale d'Arc-et-Senans : le cercle immense voit le jour 2/4

Saline Royale d'Arc-et-Senans : le cercle immense voit le jour 3/4
Saline Royale d'Arc-et-Senans : le cercle immense voit le jour 4/4
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Voici quelques photos prises dans ce jardin exceptionnel, un jour de pluie, 
 lors de ma visite de l'exposition temporaire des oeuvres de Jean-Michel FOLON le 14 octobre 2023



Depuis l’inauguration du Cercle immense en juin 2022, les espaces et les végétaux prennent vie peu à peu grâce à une gestion différenciée du site qui favorise la biodiversité à la Saline royale.

Le Festival des jardins, situé dans le 2e demi-cercle, est dédié cette année 2023 à la thématique Peinture et poésie qui invite le visiteur à la surprise et à l’émotion. Neuf projets des étudiants des écoles nationales du paysage ont été choisis pour être représentés dans les jardins.

Les jardins colorés du Festival vous content leurs histoires et évoquent une œuvre, un poème, un souvenir avec une certaine sensibilité paysagère.

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Claude-Nicolas LEDOUX (1736-1806)

Architecte, ingénieur et urbaniste, Claude Nicolas Ledoux a été reconnu comme l’un des cinq architectes les plus talentueux et célèbres du XVIIIè siècle. Néanmoins, il est l’un des bâtisseurs dont l’œuvre a le plus disparu : les 4/5 de ses travaux ont été détruits, notamment au moment de la Révolution.
- Son chantier le plus remarquable reste celui de la Saline royale d’Arc et Senans dans le Doubs, cité industrielle idéale, partiellement réalisée et que l’on peut visiter.
- Il réalise le théâtre de Besançon, architecture novatrice à l’origine de nos salles de théâtre.
- Il conçoit 55 pavillons d’octroi qui étaient destinés à signaler les portes de Paris. Tous n’ont pas été réalisés. Quatre subsistent aujourd’hui dont la barrière d’octroi de la Nation, proche de la porte de Vincennes.
Claude Nicolas Ledoux fut également penseur, philosophe et poète. Il publie en 1804 un ouvrage "L’Architecture considérée sous le rapport de l’art, des mœurs et de la législation", dans lequel il élabore une conception sociale de l’architecture et de l’urbanisme.
Claude-Nicolas Ledoux projette et concrétise une architecture visionnaire dont la modernité étonne encore de nos jours
Source : extrait d'un article sur le site https://ledoux-ebtp.com/claude-nicolas-ledoux/

JT14 - On a d'avantage besoin d'arbres que d'autoroutes, d'Eric

Quelle émotion en ouvrant ma boite aux lettres à mon retour de province, car j'y ai découvert une enveloppe avec le visage émacié de Thomas Brail  qui me prend aux tripes,  si merveilleusement dessiné par Eric. 

Hommage et respect au combat de Thomas Brail 

Tout comme moi, Eric a suivi et suit toujours le combat de tous les opposants à la construction de l'autoroute A69 entre Castres et Toulouse. Et tout particulièrement celui de tous les "écureuils" comme Thomas Brail, ces amoureux des arbres et de la biodiversité qui défendent les arbres et luttent de toutes leurs forces contre leur arrachage systématique dans le cadre de projets écocides  toujours d'actualité, hélas, au profit, des bétonneurs et des dingues de la "bagnole". 

Après une entourloupe de plus nous laissant croire à une véritable réunion de concertation le 13 octobre dernier entre les élus des départements concernés et les associations s'élevant contre le projet,  ce n'était qu'enfumage, rien n'a changé sur le terrain où les arrachages d'arbres ont repris : le combat continue ! 

Pour souligner son amour des arbres et de la nature, Eric m'a écrit un gentil petit mot sur une carte postale éditée par l'Association Une Vie Un Arbre à partir d'un mail-art que leur avait adressé notre amie découpeuse Stéphanie Miguet... 

Cadeau, cadeaux! Waouh, je suis super gâtée aujourd'hui, merci, merci vraiment cher Eric!

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L'arbre c'est la vie, et s'il faut encore vous en convaincre, je vous invite à lire l'extrait d'un article que j'ai trouvé sur le site du Département de L'Hérault (paroles d'experts)

Véritables poumons vert de nos villes et communes, les arbres sont en effet une richesse inestimable et contribuent de plusieurs façons à améliorer la qualité de vie.

Ils absorbent les polluants atmosphériques, le bruit et les eaux de pluie, tout en diminuant le ruissellement. Ils jouent un rôle de premier plan dans l'atténuation du changement climatique, en nous protégeant du soleil et des fortes chaleurs. A la foi source de nourriture et abri confortable, ils sont en outre un écosystème précieux qui favorise le développement de la biodiversité sur notre territoire. Planter un arbre : plus qu’une parole, un acte du Département auprès des citoyens et des communes de l’Hérault. En plantant plus de 28000 arbres, le Département s’engage pour plus d’oxygène, plus de biodiversité, moins de co2 et une meilleure santé pour nous tous.

Un air plus pur
Tout au long de leur vie, grâce au mécanisme biologique de la photosynthèse, les arbres puisent du gaz carbonique présent dans l'atmosphère. Ils l'emmagasinent dans leur tronc, leurs branches, leurs racines et leurs feuilles et libèrent ensuite de l'oxygène dans l'air. Un des principaux bienfaits des arbres sur l’environnement est leur capacité à purifier l’air.

Protéger notre planète, la Terre :
La capacité des arbres à améliorer la qualité des sols provient notamment de l’importante couche d’humus qu’ils produisent. En se décomposant sous l’action de la microfaune et des champignons, l’humus libère une partie des minéraux contenus dans la matière organique comme l’azote, le phosphore, ou encore la potasse, et les transforment en éléments directement assimilables par les plantes. On parle de minéralisation des sols. Les arbres permettent également de protéger le sol contre l’érosion. En effet, leurs racines permettent de maintenir le sol et de le stabiliser. En cas d’inondation ou de vent violent, une surface arborée est plus protégée qu’un espace sans arbres, qui risque de voir le sol se dégrader par érosion ou ravinement.

L’eau :
Les arbres jouent un rôle essentiel dans la régularisation de l’hydrologie du sol. Grâce à eux, la nappe phréatique est maintenue au bon niveau. Leur présence réduit également le volume des eaux de ruissellement et prévient, ou du moins réduit, les dommages causés par les inondations.

Le climat
Par le phénomène d’évapotranspiration, les arbres libèrent de la vapeur d’eau qui humidifie l’air. Outre le fait de rafraîchir l’air ambiant, ce phénomène permet de tempérer également les variations extrêmes du climat, allant d’une forte chaleur à un froid intense. A Lyon, une étude a démontré que les zones boisées urbaines sont de 2 à 8°C plus fraîches que le reste de la ville.

Contre les inondations
Les arbres absorbent l’eau des pluies. Les villes et communes du Département sont particulièrement sujettes aux inondations en raison de l’imperméabilisation des sols qui empêche l’infiltration de l’eau. Un des moyens efficaces pour réduire le ruissellement en surface, est de planter des arbres et de créer des surfaces végétales perméables qui augmentent l’infiltration en zone urbaine. Un arbre de taille adulte intercepte près de 20% des eaux de pluie.

Préserver la biodiversité :
Les arbres sont un véritable réservoir de biodiversité animale et végétale. Ils sont des éléments majeurs de notre écosystème et permettent la présence de nombreux êtres vivants : insectes, oiseaux, mammifères et végétaux.

La diversité des espèces d’arbres contribue également à la diversité de la faune et de la flore. « La disparition d'une seule espèce végétale peut entraîner à elle seule l'extinction de 30 espèces animales » assure Yann Morvan, chef du service biodiversité espaces naturels au Département. L’arbre constitue une ressource alimentaire très diversifiée : fleurs, fruits, feuilles, branches, écorces… Celle-ci intéresse l’ensemble de la faune sauvage et du gibier, souvent à la recherche d’une alimentation complémentaire de celle produite par les champs et prairies. Les arbres rentrent également dans la chaîne alimentaire de divers insectes, oiseaux, chauves-souris et reptiles.

Depuis ses racines jusque sa canopée, l’arbre est le refuge de très nombreuses autres espèces de plantes, de mammifères, d’oiseaux, d’insectes, de champignons, de mousses, de lichens. Ce rôle d’abri est d’autant plus développé que sa structure est complexe, comme chez les arbres âgés, qui offrent de nombreuses ramifications, anfractuosités, cavités ou simples fissures. L’arbre est un véritable lieu de reproduction, une maternité et une crèche qui prend la forme de nichoirs et de couvoirs naturels pour les oiseaux. Il est également un lieu de gestation pour de nombreuses larves d’insectes.

423, c’est le nombre d’insectes hébergés en moyenne par un chêne pédonculé, particulièrement présent dans l’Hérault. L’arbre permet de réguler la présence de ravageurs ou de parasites des cultures et des animaux, voire d’en permettre l’éradication. Les arbres dans l’Hérault abritent ainsi plus de 8 espèces de chauves-souris, qui s’avèrent être une véritable alternative à certains insecticides. Une seule chauve-souris est en effet capable de manger en une nuit près de 2 000 insectes, dont certains sont nuisibles pour la vigne. Elles sont donc un auxiliaire très intéressant pour les vignerons.

Pour le bien-être ...
Le rôle principal de l’arbre dans les communes est avant tout ornemental et paysager. Il embellit et structure le paysage urbain et vient rompre la monotonie et la rigidité des structures. Les arbres s'harmonisent également aux éléments architecturaux et les mettent en valeur. Les parcs et les sentiers offrent un cadre agréable qui encourage à la pratique de diverses activités physiques, comme la marche, les jeux collectifs ou la pratique de sports en extérieur.

De nombreuses études démontrent que la présence de végétation en milieu urbain a un effet positif sur les émotions individuelles et collectives : en effet, les arbres reposent la vue et l’esprit, apaisent les tensions, stimulent les interactions sociales et améliorent la santé mentale. Avec leur feuillage, ils absorbent une partie des bruits de fonds de la circulation routière. Une ceinture d'arbres de 30 mètres d'épaisseur réduit ainsi le bruit de 6 à 8 décibels. Cela peut sembler dérisoire, mais l’effet ressenti est énorme. Les espaces boisés constituent une protection contre la chaleur par le biais du rafraîchissement de l'air ambiant. Le feuillage des arbres absorbe et reflète la radiation solaire. Il réduit ainsi l'intensité du rayonnement et la chaleur qui en résulte. Une différence de plus de 10°C peut ainsi exister entre une façade ensoleillée et la même façade ombragée.

…et l'attractivité des territoires !
La présence d’espaces verts favorise l’attractivité démographique et touristique des territoires, ce qui renforce les activités économiques initialement présentes et suscite de nouvelles implantations d’entreprises.

D’après l’enquête de fréquentation touristique des communes de France, un dixième des touristes étrangers (11%) ont renseigné les visites de parcs et de jardins comme étant l’une des principales motivations de leur venue. 18,5% des visiteurs français déclarent également avoir visité un parc ou un jardin au cours de leur séjour.

4 octobre 2023

JT13 - Quand le sous-sol est bien vivant, la Terre est fertile, de Fabienne

Même si les températures ont du mal à nous faire croire que l'été est bien fini, Fabienne s'est mise en tête de réaliser des travaux de saison,  préparant au mieux son beau jardin avant de futurs frimas que nous aurons peut-être? En s'attaquant au retrait d'une souche qui lui a donné pas mal de fil  à retordre, elle a pu constater quelle vie incroyable grouillait sous la terre pour son plus grand bonheur.

C'est ce que ce nouveau mail-art gaufré vient démontrer.  Fabienne sait à quel point il nous tient toutes les deux à coeur, de savoir qu'il y a encore des lieux où grâce aux efforts des gens, le sol peut être entretenu sans agression avec tous ces produits chimiques facilitateurs en -cides, permettant ainsi à la Terre de se régénérer et de continuer de nous enchanter et de nous nourrir.

Merci Fabienne de ce beau mail-art  et de ton témoignage.

26 septembre 2023

JT12 - A la fin de l'été, les graines s'envolent pour se resemer au gré du vent, de Nadine

Comme je suis ravie d'avoir de tes nouvelles et de savoir que l'on pensait chacune à l'autre en même temps, chère Nadine, car ton enveloppe a croisé la mienne, postée hier vers la Suisse. 

Cette fois tu as visé mon dernier appel à mail-art sur le thème de la Terre, du respect de la biodiversité, et des jardins. Merci.

Fabriquée dans un tissu épais parsemé d'un plumetis coloré, ton enveloppe est rebrodée avec de longs points au fil blanc pour simuler les ailettes des graines. Elles peuvent ainsi s'éparpiller au vent pour se semer spontanément un peu plus loin : c'est une super idée! Comme le dit la publicité, ces graines sont de futures plantes importantes pour notre avenir, des plantes qui nous protègent. 

Je te remercie également pour les deux timbres que j'aime beaucoup. Très "nature", ils ornent harmonieusement ton  enveloppe ; je les ai retrouvé sur le site de la Poste Suisse, où ils font partie d'une série appelée graines d'arbres : 
fruit du pin et fruit du sorbier 
A l'intérieur de cette missive,  tu m'as glissé une photo d'un costume féminin  traditionnel suisse totalement découpé dans du papier,  exposé au sein du Musée du Papier Découpé de Chateau d'Oex.

Avec tous ces découpages que j'aperçois au fond exposés sur les murs, cela donne très envie d' aller les voir de plus près, un jour peut-être, mais cela fait un peu loin pour moi la Suisse, dommage.

Mille mercis, chère Nadine de ton envoi, toujours très bien ciblé et touchant. J'ai toujours énormément de plaisir à correspondre avec toi.

25 septembre 2023

Les murs à pêches de Montreuil, pour Nadine

Ma correspondante suisse Nadine si originale souhaitait que mon prochain mail-art traite du thème des jardins...C'est ce que je prétend faire aujourd'hui, même si j'ai un peu dénaturé sa demande,  en choisissant de parler d'une culture de la région parisienne très originale et très ancienne.

En cette période où l'on fête les Journées du Patrimoine, cette curiosité doit être mise en avant puisqu'elle est désormais labellisée patrimoine d'intérêt régional.

Les Murs à Pêches de Montreuil labellisés Patrimoine d'intérêt régional

mon enveloppe, recto avec broderie main et de nombreux timbres "pêche"

et son verso, où j'ai exceptionnellement collé les timbres

Au coeur de la ville de Montreuil, le site des Murs à Pêches est une référence historique en termes de savoir-faire horticole, et le lieu d'une réflexion environnementale et culturelle.

Le site des Murs à Pêches, situé à Montreuil, est le dernier témoin de la culture fruitière qui a fait la renommée de la ville de l’Ancien Régime au lendemain de la Seconde guerre mondiale. Bénéficiant d’un rare savoir-faire de construction et d’arboriculture pour adapter la culture des pêches au climat francilien, les murs sont un exemple unique d’utilisation des ressources topographiques et géologiques locales, mettant à profit leurs qualités thermiques.

Ces murs à palisser « à la Montreuil », appelés aujourd’hui « murs à pêches », relèvent d'une tradition horticole du XVIIème siècle. Ils constituaient de véritables outils, entretenus comme tels régulièrement par les horticulteurs locaux. Ils mêlent un savoir-faire architectural, avec une intelligence de l'exploitation des ressources géologiques et topographiques du lieu, et un savoir-faire horticole, avec l'optimisation des cultures et des expositions, et les techniques de palissage.

Ils témoignent ainsi de la formidable tradition agricole de la ville de Montreuil en premier lieu, mais aussi de la tradition maraîchère de la région Ile-de-France, qui a atteint son apogée à la fin du XIXème siècle.

Les murs à pêches sont également une illustration et un laboratoire de grandes questions environnementales d'aujourd'hui : le lien à la nature, la préservation de la biodiversité, la remise en route d'une production agricole en ville et à taille humaine. Une restauration du site est prévue, permettant la création d'un lieu de découverte et d'échanges pour les habitants de Montreuil, les visiteurs franciliens, de France ou internationaux. Des événements culturels seront proposés, ainsi que la découverte des jardins, des techniques de construction et des techniques horticoles.

Source : https://patrimoines.iledefrance.fr/patrimoine/murs-peches-montreuil-labellises-patrimoine-interet-regional

Palissage à la diable d’un pêcher : les branches sont fixées au mur par des « loques » clouées.
Les pièces de bois au sommet du mur supportent des toitures amovibles lors des intempéries.

Palissage et culture : Pour s’adapter au terrain du plateau, les variétés de pêchers étaient greffées sur des amandiers porte-greffes, plus résistants, au sol calcaire du plateau. Ils étaient taillés pour se plaquer au maximum au mur dispensateur de chaleur. Les pêchers, conduits en espaliers « à la diable », étaient adossés aux murs est et ouest, et palissés par des liens en toile cloués dans la maçonnerie.

Chaque parcelle comportait également en partie centrale des pêchers ou des pommiers en palmettes qui ne nécessitaient pas la protection des murs. Les pêchers en plein vent donnaient des fruits moins gros que les pêchers palissés, mais avaient un avantage : il était inutile de brosser les fruits qui perdaient leur duvet avec le vent.

La présence du vaste marché parisien, avec la proximité des Halles, fournissait un débouché garanti pour ces productions. Les marchands de fruits venant aux Halles de Paris étaient désignés sous le terme de montreuils, tout comme leurs pêches. Elles sont ainsi mentionnées par Émile Zola dans Le Ventre de Paris : «les pêches surtout, les Montreuil rougissantes, de peau fine et claire comme des filles du Nord».

Ces productions étaient complétées par des cultures florales (lilas, jonquilles, iris, delphiniums, rosiers, pivoines), et par des plantations de vignes et de framboisiers, qui assuraient un complément de revenus aux arboriculteurs. Elles sont également évoquées par Zola, qui mentionne «les brillants et les valenciennes que portaient les filles des grands jardiniers de Montreuil, venues au milieu de leurs roses».

À la table du roi : Les pêches de Montreuil devinrent célèbres grâce à leur présence à la cour de France, au XVIIe siècle. La notoriété acquise facilita leur exportation vers les grandes tables des pays voisins. La reine d’Angleterre, et même les tsars de Russie, firent venir des pêches de Montreuil. De nombreuses variétés de pêches, cultivées actuellement dans le monde, ont été créées à cette époque à Montreuil, comme la Prince of Wales, la Grosse Mignonne ou encore la Téton de Vénus.

Parmi les horticulteurs montreuillois les plus actifs dans la création de variétés, se trouvaient Alexis Lepère (1799-1883), Arthur Chevreau, Joseph Beausse, Désiré Chevalier, Louis Aubin.

Un patrimoine en péril : L’absence d’un projet de mise en valeur global de la part de la municipalité et du Conseil Général conduit à une destruction rapide et irréversible des vergers restants.

Les murs à pêches atteignirent leur apogée dans la seconde moitié du XIXe siècle, couvrant alors plus d'un tiers de la ville de Montreuil, soit 320 ha pour plus de 300 km de murs et environ 600 km de linéaires en exploitation, et débordant largement sur les villes de Rosny, Romainville, Bagnolet, Fontenay...

Les pêches de Montreuil sont restées dans le patrimoine culturel de la commune, permettant des associations d’idées et des jeux de mots : on trouve aujourd’hui les cafés La Pêche et La Grosse Mignonne, l’ancien journal municipal Montreuil Dépêche Hebdo.

Les noms des quartiers Signac–Murs à pêches et Bel Air–Grands Pêchers–Renan gardent également trace de ces cultures.
© Jean-Bernard Vialles, Région Île-de-France, 1999

Situés aux portes de Paris, les jardins des Murs à pêches sont les vestiges du glorieux passé maraîcher de Montreuil. Plusieurs associations s’y partagent quelque 40 hectares mis à leur disposition par la ville et se battent contre les menaces d’urbanisation du site. Chaque dimanche après-midi, ce havre de verdure et de culture est ouvert aux visiteurs curieux.

Pour y arriver sans se perdre, il faut connaître, ou demander son chemin. Sur le haut plateau de la ville de Montreuil, au milieu des tours d’immeubles, se trouve l’impasse Gobetue. Au fond, une petite porte en bois s’ouvre sur près de 40 hectares de verdure. C’est ici qu’une partie de l’histoire de la ville se bat pour perdurer.

Un patrimoine à protéger  : Au XIXe siècle, les Murs à pêches de Montreuil s’étendaient sur près de 600 km. Véritables outils agricoles hauts d’un peu moins de trois mètres, ces murs sont coiffés d’un chaperon de plâtre pour protéger les pêchers des pluies, et sont fabriqués avec un mélange de moellons (pierres calcaires), de terre et de plâtre gros. Grâce au mélange plâtreux composé de gypse et de charbon de bois, ils emmagasinent la chaleur du soleil durant la journée pour la restituer aux fruits et aux arbres palissés pendant la nuit.

Aux XVIIIe et XIXe siècles, la ville de Montreuil produisait les meilleures pêches d’Europe malgré le climat tempéré de l’Île de France. Ses multiples variétés de pêches aux noms parfois éloquents, telles que l’Arthur Chevreau, la Belle Beausse, la Bonouvrier, la France, ou encore la Grosse Mignonne, étaient connues jusqu’en Russie et en Amérique et servies à la table des souverains (plusieurs variétés sont encore disponibles en pépinière). Pourtant, vers la fin du xixe siècle, l’arrivée du train favorise la concurrence des producteurs de pêches du sud de la France, et l’urbanisation et l’industrialisation entament peu à peu les surfaces maraîchères. Il ne reste aujourd’hui plus que 17 km de murs. Beaucoup sont en ruine, et leur avenir est toujours incertain.

Vincent Léon, passionné par l’histoire de la ville de Montreuil et engagé auprès des associations des Murs à pêches depuis 2001, propose chaque dimanche après-midi une visite des jardins aux promeneurs curieux.

La campagne à la ville : Rendez-vous est donc pris. Premières rencontres dès l’entrée : les membres de l’association « Le sens de l’humus » s’activent autour de plantations. Depuis 2006, ils expérimentent la permaculture sur la parcelle que la mairie a prêtée à l’association en 2012. Depuis, séniors, chômeurs, personnes en situation de handicap ou souffrant de difficultés linguistiques s’y retrouvent pour travailler la terre et créer du lien.

L’association collabore aussi avec sa voisine, intitulée « Renouveau des murs et fleurs du quartier Saint-Antoine », pour entretenir et remettre en culture les quelque 4 000 m2 du « jardin Pouplier », qui appartenaient à la dernière horticultrice locale, Geneviève Pouplier.

Au détour d’un sentier, changement de décor : le Jardin de la lune, un jardin partagé d’inspiration médiévale. Entre les murs et leurs pêchers poussent des fruits, des légumes, des plantes aromatiques, médicinales, tinctoriales et utilitaires. L’oeil observateur remarquera que les plessis sont disposés de manière à imiter les rayons du soleil. À côté, on trouve la lune, semée de fleurs jaunes : des giroflées et des soucis. Chaque plessis est caractérisé par un thème. Ici, les « herbes des fièvres » (aunée, benoîte, grande camomille ou piloselle) ; là, les « maléfiques » (valériane, cynoglosse et verveine odorante). Pour les visiteurs curieux, des fiches décrivant les plantes du jardin et leurs propriétés sont disponibles en libre service.

Les Murs à pêches, ou ce qu’il en reste, dessinent un paysage labyrinthique. Des pommiers, des poiriers, des cognassiers, quelques ronces… On a l’impression d’avoir quitté la ville lorsque, derrière un tas de gravats, apparaît la « clairière », à l’aspect de terre brulée, largement exposée au soleil. C’est ici qu’ont lieu les événements organisés par les associations, comme le Festival des Murs à pêches ou encore les Estivales de la permaculture. Plus loin, nous tombons nez à nez avec une oeuvre de land art. Et soudain, un ange passe… Le silence… Les murs font aussi rempart contre le bruit.

Un site à restaurer  :On ne fait pas le tour des 40 hectares en une après-midi. Si certaines parcelles appartiennent à des particuliers, d’autres sont laissées à l’abandon, l’avenir du site est incertain. Bien que depuis 2003, 8 hectares aient été classés par le ministère de l’Environnement au titre des « sites et paysages », interdisant la destruction des murs, le site des Murs à pêches est continuellement en danger, pression urbaine oblige. La question de la restauration des murs est aussi prégnante. Malgré l’implication du ministère, de la ville et des associations et la mise en place de chantiers de restauration « à la façon d’autrefois » depuis 2011, le site nécessite un entretien permanent. En fin d’après-midi, les différents jardins se sont remplis, des familles se pressent autour des plantes et arbres fruitiers, discutent, admirent les abeilles des ruches du Jardin de la lune venues boire dans un petit bol laissé à leur intention… « Ce lieu est un vrai catalyseur d’initiatives », conclut Vincent Léon. N’hésitez pas à pousser la porte !

Les pêches miraculeuses de Montreuil :À la fin du XIXe siècle, les maraîchers montreuillois créaient leurs propres variétés de pêches. Souvent greffés à des amandiers pour rendre les arbres plus robustes, certains pêchers pouvaient produire des fruits se vendant l’équivalent de 55 euros pièce. Concurrence oblige entre les maraîchers, certaines variétés pouvaient produire des fruits de 400 g ! Même si la culture des pêches était l’activité la plus lucrative, l’abbé Roger Schabol, décrit ainsi la variété des cultures de la ville : "Les Montreuillois cultivent des parcelles entourées de hauts murs. Cerises hâtives, reine-claude, poiriers, pommiers, raisins, abricotiers et pêchers sont adossés à des murs et se partagent la chaleur et la lumière des rayons du soleil." Des vestiges de ce passé glorieux sont encore visibles dans toute la ville. Promenez-vous dans les rues : ce mur ancien qui délimite une propriété est peut-être chargé d’histoire…

Source : https://www.plantes-et-sante.fr/articles/escapade-nature/1507-les-murs-a-peches-de-montreuil-une-oasis-dans-la-cite

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Le passé prestigieux des pêchers de Montreuil 

Lorsque l’on arrive dans le quartier Saint-Antoine de Montreuil, ce n’est pas forcément évident au premier coup d’œil, mais le lieu abrite bel et bien un trésor vieux de cinq siècles. Et, quelle surprise !

Une technique originale qui a porté ses fruits : l’histoire de ce site remonte au 17e siècle, alors que la technique du palissage se développe peu à peu à Montreuil. Cette technique consiste à faire pousser des cultures de pêchers le long de murs, et plus particulièrement de plâtre, d’où le terme de "murs à pêches". Le plâtre retient la chaleur du jour pour mieux la restituer la nuit. Ce procédé crée ainsi un “radiateur solaire”, qui favorise le développement des fruits.
Au plus fort de la production en 1870, les murs formaient un total de 600km.
Cette technique, unique en son genre, permet à l’époque de produire des variétés de fruits habituellement réservés aux climats doux du sud de la France, le tout sous le climat de la région parisienne. Au 19e siècle, la récolte s’est tant étendue qu’elle représente alors plus de six cents kilomètres de murs. Une année, elle atteint même la production record de quinze millions de pêches.

Des pêches qui vont séduire les plus grandes cours d'Europe : Il ne faut pas attendre le 19e siècle pour que ces pêches fassent la renommée de Montreuil. Sous Louis XIV, les fruits de ce site sont même réservés au seul plaisir du roi. Le monarque envoie pour cela son grand jardinier de l’époque, Jean-Baptiste de La Quintine. Ce dernier est chargé de recruter les meilleurs spécialistes de pêches.

Les pêches de Montreuil font donc leur entrée à la cour de France au 17e siècle et font rapidement sensation. Rien d’étonnant à ce que succès s’exporte dans la foulée vers les cuisines des pays voisins. Parmi les plus prestigieux, la reine d’Angleterre et certains tsars de Russie font venir des pêches de Montreuil. Très vite, plusieurs variétés de pêches sont créées à Montreuil. C’est le cas notamment de la Prince of Wales, la Grosse Mignonne ou encore la Téton de Vénus, toujours cultivées de nos jours.

Un héritage qu'il faut aujourd'hui préserver :
La nature reprend progressivement ses droits sur ce qui fut l’une des plus grandes cultures de pêches d’Europe.
Après plusieurs années de prospérité, la fin du 19e siècle annonce malheureusement le déclin des pêchers de Montreuil. C’est l’époque de la révolution industrielle, symbolisée par l’arrivée des transports, notamment du métro. L’extension du chemin de fer engendre très vite le déclin des productions de pêches. Pour répondre aux besoins, on fait venir les fruits du Midi sur le marché parisien. Progressivement, les vergers et les murs sont détruits ou disparaissent dans le paysage.

La culture de pêches de Montreuil semble bien loin et les seules traces restantes demeurent dans le patrimoine culturel de la commune. Un hommage que l’on retrouve un peu partout dans la ville, comme par exemple aux cafés La Pêche et La Grosse Mignonne. Comme souvent, ce sont aussi les noms de rues qui rendent hommage à l’histoire de la ville. On peut ainsi se balader dans le quartier Signac–Murs à pêches ou encore celui de Bel Air–Grands Pêchers–Renan.

Quant au terrain de pêchers, il ne reste qu’une quinzaine de kilomètres de murs sur les 600 km initiaux. Face à la situation critique, une association tente de les sauvegarder. Les bénévoles peuvent compter sur la ville de Montreuil, qui apporte son aide en engageant régulièrement des maçons pour entretenir les murs. Aujourd’hui, cela peut faire une jolie balade insolite à portée de métro!

Association Murs à Pêches
77 rue Danton
93 100 Montreuil

Source : https://www.pariszigzag.fr/sortir-paris/balade-paris/le-passe-prestigieux-des-pechers-de-montreuil