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18 mai 2026

PO07 - "Sensation" de Rimbaud dans un festival de couleurs

Depuis quelques temps ma correspondante parisienne, Michèle, s'adonne avec succès à l'art du pastel sec et elle a utilisé cette technique pour répondre à mon nouvel appel permanent sur la poésie.

Aujourd'hui j'en reçois une belle preuve que je suis contente de voir arriver dans ma boite aux lettres car La Poste a pris pas mal de retard  dans la distribution du courrier, quand elle ne le perd pas. Il s'agit d'un poème d'Arthur Rimbaud accompagné de magnifiques couleurs.


Sensation
Par les soirs bleus d'été, j'irai dans les sentiers
Picoté par les blés, fouler l'herbe menue.
Rêveur, j'en sentirai la fraîcheur à mes pieds
je laisserai le vent baigner ma tête nue 
Arthur Rimbaud (1889)

Son envoi s'accompagne d'une bien jolie carte de correspondance avec à son recto une reproduction d'une oeuvre de Frantisek Kupka, artiste peintre tchèque dont j'ai beaucoup entendu parler lors de mes cours de patchwork.
Les touches de piano, le lac - 1909- Kupka 1909
Kupka, dans son cheminement vers l'abstraction, mêle ici deux scènes :en haut une barque avec des voyageurs est amarrée au ponton d'un lac ; en bas, une main parcourt le clavier d'un piano qui se défait

En effet, notre professeur nous avait demandé de choisir une oeuvre de l'un des quatre pionniers de l'art abstrait (Vladimir Kandinsky, Piet Mondrian, Kasimir Malevitch ou Frantisek Kupka) pour en reproduire tout ou partie en patchwork ; c'est ainsi que j'ai eu l'occasion de réaliser en 2014 une pièce textile en appliqué,  représentant le tableau "Bleus mouvants II, 1936" de Kupka (le choix de la couleur bleue ne vous étonnera pas!).
tableau original à gauche, ma réalisation textile à droite

Je te remercie Michèle de cette très belle réalisation et de la poésie superbe de Rimbaud que je connais très mal. Belle continuation et bel été à toi. 

30 avril 2026

Vente de muguet dans le Paris d'avant-guerre, pour Michèle

Chaque année, le 1er mai, une tradition délicate refleurit un peu partout : celle d'offrir quelques brins de muguet à celles et ceux qui comptent pour nous. 

Alors pourquoi offre-t-on du muguet le 1er mai ? Avec ses petites clochettes blanches et son parfum discret, le muguet est depuis longtemps associé au bonheur et à la chance. C'était même autrefois la fête des amoureux. C'est aussi  une coutume qui remonterait à la Renaissance : en 1561, le roi Charles IX aurait offert du muguet aux dames de la cour comme porte-bonheur. 

Bien plus tard, au début du XXe siècle, cette fleur s’impose progressivement comme le symbole du 1er mai. Elle remplace alors l’églantine rouge, autrefois portée par les travailleurs, pour devenir un signe plus universel : celui du renouveau, du printemps… et de l’espoir. Aujourd’hui encore, que ce soit sur les marchés ou au coin des rues , il y a encore des vendeurs de muguet comme sur la photo du mail-art fleuri et porte-bonheur que je destine à Michèle, ma correspondante parisienne. 

Composition réalisée au moyen d'un tissu comportant de réserves blanches en forme de brin de muguet sur fond vert, ajout de la photo ci-dessous imprimée sur tissu et  de la photo d'une broche en camée, avec un bouquet de muguet en relief.
1929 - Vente de muguet sur les Champs Elysées par une personne amputée
photo originale d'André Kertész (1894, Autriche-Hongrie-1985, États-Unis) dont il fit don au Centre Pompidou
Crédit photographique : Centre Pompidou, MNAM-CCI/Philippe Migeat/Dist. GrandPalaisRmn/Réf. image : 4N12326

Offrir du muguet, c’est souhaiter du bonheur et de la chance. Alors, chère Michèle, j'espère que mon porte-bonheur te parviendra dans les meilleurs délais, et que tu pourras fêter demain, ce 1er mai, si contesté désormais, alors que nous tenons tous à cette Fête des Travailleurs, journée fériée, payée et chômée en hommage à tous nos ainés qui se sont battus pour que les ouvriers obtiennent enfin des conditions de travail dignes.

10 mars 2026

Edmond Albius, un esclave réunionnais, "fantôme" de l'histoire pour Michèle

Une fois n'est pas coutûme, aujourd'hui, je vais vous parler d'un "fantôme" de l'histoire dont pourtant nous devrions tous connaître le nom, étant donné la fantastique découverte qui fut la sienne et l'énorme commerce international dans l'industrie de la vanille qui en découla. 

Cet article est destiné à faire connaître Edmond Albius du plus grand nombre et à réhabiliter cette personne, pourtant noire et esclave, dont la très grande intelligence et un sens de l'observation très poussé, ont permis sa découverte : son nom  n'aurait jamais dû être effacé de notre Histoire.  

L'histoire en bref
En 1841, sur l’île de La Réunion, un garçon esclave de 12 ans nommé Edmond Albius changea le monde avec pour seules armes sa curiosité et son pouce.

Les colons français avaient rapporté des plants de vanille du Mexique vers La Réunion et les îles voisines. Mais un problème de taille subsistait : les orchidées de vanille ne fleurissaient que brièvement, et au Mexique, ce sont des abeilles spécifiques qui en assuraient la pollinisation. Sur l’île de La Réunion aucune de ces abeilles n’existait. Malgré leur savoir, botanistes et planteurs étaient impuissants : la fleur se fanait avant d’être fécondée.

Et puis, Edmond est arrivé. Armé d’un éclat de bois ou d’un brin d’herbe, il souleva délicatement le minuscule opercule à l’intérieur de la fleur, pressa les parties mâle et femelle l’une contre l’autre, et réalisa à la main une pollinisation parfaitement maîtrisée. C’était simple. Élégant. Rapide. Et ça a fonctionné.

Grâce à sa méthode, la vanille pouvait désormais être cultivée presque partout. La Réunion devint un important producteur. Puis Madagascar, qui domine encore aujourd’hui le marché mondial — en utilisant la technique inventée par Edmond. Mais pour Edmond Albius, aucune récompense, ni fortune, ni reconnaissance durable. Bien que sa découverte ait lancé une industrie florissante à l’échelle mondiale, il est mort dans la pauvreté et l’oubli.

Aujourd’hui, nous nous devons de l'honorer. Parce qu’un enfant privé d’éducation, privé de liberté, a pourtant réussi là où tous échouaient : percer le secret de l’orchidée vanille, et laisser une empreinte invisible mais précieuse — dans chaque boule de glace, chaque gâteau, chaque flacon de parfum.
Source / facebook/Le monde littéraire

Âgé de douze ans Edmond Albius découvre le procédé de la fécondation artificielle de la vanille.

*** Courte biographie d'Edmond Albius - (1829- 1880) ***
Edmond Albius est né à Sainte-Suzanne en 1829. Sa mère est esclave chez la sœur de Féréol Bellier Beaumont ; il la perd à sa naissance.

Le 8 décembre 1853 Méziaires Lepervanche décrit l'adolescence du jeune esclave et son initiation à la botanique : "Mr Féréol Bellier Beaumont recueillit cet enfant, et s'y attacha comme s'il eût été son propre fils : il ne lui dit donner aucune instruction, mais sans cesse, dans la société de cet homme, instruit, Edmond se trouva éclairé comme par une sorte de reflet des connaissances de son maître, et ne tarda pas à s'associer à ses travaux d'horticulture, et apprit de son maître, versé dans la science des plantes, à reconnaître toutes les fleurs en leur appliquant leurs noms techniques, ce qui n'était pas sans originalité d'entendre sortir des lèvres d'un enfant noir des termes scientifiques, usités seulement chez les adeptes de la science de la botanique. A l'instar de son maître, Edmond s'était essayé souvent à opérer la caprification artificielle sur des fleurs qui, par une raison ou par une autre, ne peuvent se féconder naturellement. "

En 1841, l'esclave Edmond âgé de douze ans trouva, avant les botanistes du Muséum d'histoire naturelle de Paris et les scientifiques locaux, une méthode simple pour féconder manuellement les fleurs de l'orchidée vanillier. Cette découverte permit l'exploitation commerciale de la vanille Bourbon. L'intelligent enfant avait su discerner dans la même fleur, les organes mâles et femelles et les mettre convenablement en relation, procédé simple et rapide consistant à appliquer l'anthère avec le pollen, organe mâle, sur le pistil, organe femelle.

La découverte du jeune Edmond allait enrichir de nombreux planteurs, doter l'île d'une nouvelle industrie agricole et permettre le développement de la culture de la vanille à travers le monde.

Affranchi, Edmond reçut son nom de liberté : Albius qui signifie Blanc. Après l'abolition de l'esclavage, Edmond Albius va vivre à Saint-Denis où il trouve un emploi d'aide cuisinier chez un officier de la garnison. Il est alors impliqué dans une affaire de vol. Le 15 juin 1852, il va être condamné à cinq ans de travaux forcés.

Le 26 avril 1855, le Gouverneur Hubert De Lisle décide de le faire libérer pour bonne conduite après 3 ans d'emprisonnement.

Edmond Albius décède à l'hospice de Sainte-Suzanne le 9 août 1880 dans le dénuement le plus complet.

En 1981 la municipalité de Sainte-Suzanne a érigé une stèle sur le lieu de naissance d'Edmond Albius à Bellevue.
En 2004, un mémorial pour la commémoration du 10 mai où l’esclavage est reconnu comme crime contre l’humanité est installé sur le site du bocage à Sainte-Suzanne, Une statue en bronze d'Edmond Albius occupe le centre de ce mémorial, une oeuvre de l'artiste réunionnais Jack Beng-Thi né en 1951 au Port. Maurice Gironcel, maire et conseiller général de Sainte-Suzanne, explique : "Ce projet nous tient particulièrement à cœur. Edmond Albius a marqué l’histoire de Sainte-Suzanne, de La Réunion et du monde à travers sa découverte qui a révolutionné le monde agricole et industriel. Mais comme vous le savez, malgré sa découverte, son génie ne sera jamais reconnu, parce qu’il était noir, esclave."

Dans une lettre datée du 17 février 1861, Férol Bellier relate les circonstances dans lesquelles Edmond à découvert le procédé de la fécondation artificielle de la vanille.
"Je me faisais aider par lui pour la fécondation des fleurs d'une plante de la famille des citrouilles, appelée jolifiat. Dans cette plante, les fleurs mâles et les fleurs femelles sont séparées et sur des rameaux différents. J'enseignais au petit noir, Edmond, à cueillir les premières et à les poser avec soin sur les fleurs femelles, qui sous elles, portent l'embryon du fruit, comme dans les citrouilles. Je ne me souvenais plus de cette enseignement lorsque, la même année plus tard, me promenant avec mon fidèle compagnon, j'aperçus sur le seul vanillier que j'eusse alors une gousse bien nouée. Je m'en étonnai, et la lui fit remarquer. Il me dit que c'était lui qui avait fécondé la fleur. Je refusai de le croire, et passai. Mais 2 ou 3 jours après je vis une seconde gousse près de la première. Lui de me répéter son assertion. Je demandai alors comment il avait fait. Il exécuta devant moi cette opération que tout le monde pratique aujourd'hui. L'intelligent enfant avait su discerner, dans la même fleur, les organes mâles et femelles et les mettre convenablement en rapport. Dans l'article de journal que je vous ai signalé, ci-dessus, j'essayai d'expliquer le procédé au public. Des amis me dirent que je n'étais nullement parvenu à me faire comprendre et bientôt Messieurs Sarrasin Floris, Patu de Rosemont, Vinet et Madame Joseph Desbassyns, en envoyant chercher Edmond et le faisant opérer devant eux purent faire connaître partout le procédé de la fécondation".
Source:http://www.mi-aime-a-ou.com/edmond_albius.php

Je vous laisse lire le très intéressant mais très long article  À la recherche d’Edmond Albius, esclave réunionnais, « fantôme » de l’histoire qui founrit  énormément d'informations sur ce qui s'est passé réellement dans la vie de ce jeune homme esclave à la Réunion, dont l'histoire a été totalement effacée jusqu'à il y a très peu de temps. 

J'espère que ce récit aura plu à Michèle à laquelle ce mail-art est destiné 

25 février 2026

T201 - Le sort dramatique des ours polaires, par Michèle

Comme cela fait plaisir de recevoir du courrier sur un sujet qui me tient tant à coeur comme tout ce qui touche à l'environnement, à la perte de la biodiversité et du vivant.

Sur le magnifique dessin au pastel sec de Michèle, on voit, parmi les blocs de la banquise se fractionnant en petits ilots au moment de la débacle qui intervient de plus en plus tôt, l'ours polaire peinant à chercher comment se sortir de là...

Oui, hélas, avec le réchauffement climatique qui est bien plus sensible au niveau des pôles (et des massifs montagneux) qu'ailleurs, si la fonte de la calotte glaciaire arrange bien les affaires de tous ces prédateurs de la planète plus avides les uns que les autres de venir exploiter rapidement les ressources minières de ce territoire, elle ne fait pas du tout l'affaire de l'ours polaire dont le métabolisme n'est pas franchement adapté à cette nouvelle situation. 

Les températures anormalement élevées font que la banquise se reforme de plus en plus tard, et elle est de moins en moins couvrante, si bien que la période de jeun à terre pour les ours s'agrandit et qu'il leur est difficile de trouver des alternatives pour se nourrir. Récemment une photo d'un ours polaire en train de mourir de faim a été publiée par un photographe de National Geographic, et elle a choqué. Mais elle avait le mérite de montrer une réalité implacable. Les ours polaires sont en train de mourir de faim!

Vidéo publiée sur la chaine Youtube de Slice Document

Pendant un an, le cinéaste Jérôme Bouvier a suivi le destin bouleversant d'une famille d'ours polaires au cœur d'un Arctique en mutation. Deux oursons, frère et sœur, grandissent sous le regard attentif de leur mère. Très vite, leurs différences apparaissent : lui apprend à chasser le phoque avec efficacité, elle joue, libère ses forces et tarde à s'adapter. Lorsque vient l’indépendance, le déclenchement de la banquise bouleverse leurs chances de survie. Tandis que le mâle parvient à s'adapter aux nouvelles conditions et poursuit sa route vers le nord, sa sœur, affaiblie par la raréfaction des proies, lutte en vain. Son destin tragique devient le symbole d'un monde qui disparaît. Titre : Ours polaire avec ou sans glace ? Réalisation : Jérôme Bouvier Production : Saint-Thomas Productions (2005)

  Les ours blancs peuvent-ils s'adapter à une vie sans banquise ?

Les ours polaires peuvent perdre plus de 1 kg par jour lorsqu'ils sont sur la terre ferme, un constat particulièrement préoccupant face à la fonte progressive de leur environnement naturel.

Pour les ours blancs du Manitoba, au Canada, la banquise qui enveloppe l’ouest de la baie d’Hudson pendant la majeure partie de l’année constitue un terrain de chasse idéal. Cependant, lorsque les canicules estivales arrivent et que ces étendues de glace commencent à fondre, ces grands mammifères sont contraints d’aller trouver refuge sur la terre ferme, où la vie n’est pas de tout repos.

Là-bas, privés de nourriture adaptée, les ours doivent vivre sur leurs réserves de graisse pendant plusieurs mois, et cette attente devient de plus en plus longue. Face aux conséquences du changement climatique, la banquise fond en effet plus tôt au printemps et se reforme plus tard à l’automne. En outre, les recherches montrant que l’Arctique se réchauffe deux fois plus vite que le reste du monde, une question essentielle se pose : comment les ours blancs s’adapteront-ils à de plus longues périodes de vie sur la terre ferme ?

Selon une étude publiée dans la revue Nature, cette adaptation sera difficile. En effet, lorsqu’ils sont sur terre, plutôt que de se reposer comme le pensaient les scientifiques, ces carnivores passent leur temps à chercher de la nourriture, comme des oiseaux et des baies. En agissant ainsi, ils dépensent toutefois autant d’énergie qu’ils en gagnent grâce à la nourriture qu’ils ingèrent ; au cours des trois semaines qu’a duré l’étude, les ours suivis ont perdu en moyenne plus de 1 kilogramme par jour en attendant le retour de la glace.

« Il n’y a pas de bonne stratégie » pour les ours blancs, affirme Anthony Pagano, responsable de l’étude et biologiste spécialisé dans la recherche sur la vie sauvage à l’U.S. Geological Survey à Anchorage, en Alaska. « Ils ne pourront pas trouver la nourriture dont ils ont besoin sur la terre ferme. »

Les scientifiques avertissent qu’en passant de plus longues périodes sur la terre ferme sans une quantité suffisante de nourriture, les individus vulnérables, et tout particulièrement les jeunes ours, risqueront de souffrir de la faim, ce qui pourrait mettre à risque la survie de populations entières.

En outre, selon les chercheurs, les rencontres dangereuses avec les humains pourraient également se multiplier, les ours polaires se déplaçant vers de nouveaux espaces habités à la recherche de nourriture.

Une activité surprenante :
Les ours blancs sont répartis dans dix-neuf régions à travers l’Arctique, du Canada au Groenland en passant par la Russie. Tandis que certaines populations vivent sur des banquises permanentes, d’autres dépendent des glaces saisonnières. Le changement climatique ayant provoqué une perte plus ou moins importante des étendues de glace dans la totalité de ces régions, entraînant ainsi un déclin considérable des populations, l’Union internationale pour la conservation de la nature considère désormais que les ours blancs sont une espèce vulnérable à l’extinction.

D’après l’étude, la période d’absence de banquise dans l’ouest de la baie d’Hudson a augmenté de trois semaines entre 1979 et 2015. Les ours de la région passent donc en moyenne 130 jours sur terre par an, un chiffre qui devrait augmenter de 5 à 10 jours par décennie à l’avenir.

Pour découvrir ce que font les ours blancs lorsqu’ils sont sur la terre ferme, Pagano et son équipe ont placé des traqueurs vidéo équipés de GPS sur vingt individus de la baie d’Hudson pendant des périodes de trois semaines au cours des étés de 2019 à 2022. Les scientifiques ont pu suivre le régime alimentaire, les déplacements et les comportements des ours, ainsi que l’évolution de leur masse corporelle et la quantité d’énergie qu’ils dépensaient chaque jour.

« Auparavant, nous ne disposions que de bribes [d’informations] sur ce que les ours faisaient sur la terre ferme », explique Pagano, qui a mené une étude similaire axée sur l’activité des ours sur la banquise il y a plusieurs années.

Le comportement des ours varie considérablement. Trois d’entre eux ont effectué de longues nages en eau libre, dont une femelle qui a parcouru plus de 150 kilomètres. Des images vidéo ont montré que, pendant sa nage, l’ourse avait trouvé un béluga mort, mais n’avait pas pu s’en nourrir. « Nous avons ainsi découvert que les ours ne sont pas capables de se nourrir en eau libre. »

Le biologiste confie avoir, tout comme ses collègues, été surpris par ses résultats : avant cela, les scientifiques pensaient que les ours blancs réduisaient significativement leur activité lorsqu’ils étaient sur la terre ferme afin de conserver leur énergie.

Si les mâles adultes passaient effectivement presque tout leur temps à se reposer, réduisant ainsi leur dépense énergétique à des niveaux similaires à ceux des ours en hibernation, 70 % des individus se déplaçaient en réalité activement à la recherche de sources de nourriture, notamment de baies, d’herbes et de carcasses d’oiseaux et de caribous. Ces aliments sont beaucoup moins riches en énergie que la graisse des phoques, leurs proies de choix lorsqu’ils sont sur la banquise.

Sur les vingt ours suivis, dix-neuf ont perdu du poids, et ce quels que soient leur âge, leur sexe ou leur taille.

L’étude prévoit qu’un quart des mâles adultes, les individus les plus grands et les plus résistants qui peuvent peser jusqu’à 800 kg, commenceraient à souffrir de famine à partir de 180 jours sur la terre ferme. Pour les plus vulnérables, tels que les jeunes, la famine arriverait encore plus tôt.

De plus en plus de temps sur terre :
Selon Andrew Derocher, professeur de biologie à l’Université d’Alberta au Canada qui étudie depuis longtemps les ours blancs, certains individus sont en meilleure forme que d’autres.

« Certains animaux peuvent passer de nombreux mois avant d’avoir des problèmes, tandis que d’autres peuvent commencer à manquer d’énergie après quelques semaines seulement », révèle Derocher, qui n’était pas impliqué dans l’étude publiée dans Nature. Plus un ours est parvenu à faire des réserves de graisse pendant ses mois sur la banquise, plus il pourra faire face à la période qu’il passera sur la terre ferme. « C’est ce que j’appelle la survie des plus gros. »

Les ours blancs passant de plus en de temps sur terre où ils sont contraints de se déplacer activement à la recherche de nourriture, « certains [d’entre eux] font face à un certain désespoir qui les met en conflit potentiel avec les humains ».

Dans le passé, les ours blancs se rassemblaient près de la ville canadienne de Churchill, dans le Manitoba, qui a ainsi pris l’habitude de gérer leur présence, notamment par le biais d’un centre de détention spécialisé connu sous le nom de « prison pour ours polaires », où les ours dangereux sont détenus avant d’être redéplacés plus loin de la ville.

Il semblerait cependant que de plus en plus d’individus migrent vers le nord à la recherche de glace et s’installent ainsi dans des villes qui, contrairement à Churchill, ne se sont pas préparées à leur présence.

« Parfois, ces ours sentent de la nourriture pour chiens et viennent la récupérer », explique Derocher. « Ils n’ont pas envie de venir se nourrir de nos déchets. Ils préfèreraient être sur la banquise et chasser des phoques, mais ils sont de plus en plus souvent coincés sur la terre ferme. »
 Source : Article de Stefan Lovgren - publié dans National Geographic 10 déc. 2024

***

Merci Michèle pour ce magnifique dessin si totalement coordonné avec le timbre sur les ours polaires. Bravo et merci à toi pour cette magnifique réalisation et pour l'information importante qu'elle véhicule. 

2 janvier 2026

Bulle irisée de Noël, doté d'un oiseau enchanteur, pour illuminer l'année 2026, de Michèle

Ah voici l'art postal annoncé mais retardé par un défaut de distribution postale : j'avais lu sur son blog que Michèle a connu récemment des soucis pour ses courriers qui lui revenaient alors qu'ils étaient parfaitement affranchis et avec une adresse correctement libellée.

Ne t'inquiètes pas Michèle, le plaisir de recevoir est intact, et même si cela me parvient après Noël, c'est un cadeau superbe avec la belle légende du colibri que tu me rappelles dans ton petit mot. Et cette fois encore, j'admire ta maitrise du pastel sec, cela ne me paraît pas très simple à pratiquer, pourtant. 
Merci pour tes encouragements à propos de mon blog et merci surtout de tes bons voeux pour l'année nouvelle. Ils se sont croisés avec les miens postés ce matin à la première heure. 

Meilleurs voeux pour l'année 2026 : redonner toute sa place au monde sauvage, pour Michèle

En un autre siècle, des civilisations autres que la nôtre étaient qualifiées de sauvages, donc de primitives, termes se rejoignant dans l’opprobre et le déclassement : alors même que ces peuplades n’avaient que très rarement détruit leur environnement, destruction qui est une des belles preuves de civilisation que notre société productiviste persiste à étaler au gré de ses appétits.

Nonobstant le « bon sauvage » cher à Rousseau, nous avons partout méprisé, écrasé ce qui n’était pas nous, imposé notre pouvoir, notre religion, notre technologie, ivres de puissance et de fatuité.

L'animal sauvage est réputé res nullius (sans maître, mais appropriable). Il est livré « au plus tirant  » ! traqué et tué au gré des lobbys et de ceux qui ne voient en lui qu’objet de loisir, en lui déniant tout droit d’existence.

Il est alors grand temps de célébrer le sauvage, de savoir admirer la magie des plumes, des rameaux, des herbes et des vents, des épines et des ombres, des mousses et de leur espace de libre expression, ce jardin de nature qui vit s’épanouir l’incroyable diversité du vivant.

Nous en sommes comptables : le sauvage, que d’aucuns voudraient rejeter dans le passé, est notre avenir, si tant est que nous soyons encore demain ouverts à l’émerveillement de l’altérité.(source téla botanica) 

Le sauvage est notre avenir : en 2026, transitons joyeusement vers un monde plus vivant

8 décembre 2025

Simone Veil, la rescapée des camps de la mort, pour Michèle

Quel qu'ait été le parcours de cette femme dont je ne partageais pas les idées politiques, j'ai toujours admiré Simone Veil, pour sa force de caractère et pour ses engagements sans faille : c'est ce que j'appelle une femme remarquable.

Je destine ce mail-art à Michèle, je lui en souhaite une bonne réception, ainsi que de bien terminer l'année. 


Fond avec en filigrane les photos des juifs exterminés, sur les murs du mémorial de la Shoah
Le document de 1942 où Simone Veil a été identifiée comme "israélite" par la police française. (Paris-Match © D)
Quand Simone Veil retournait à Auschwitz-Birkenau en décembre 2004 où, à 16 ans, elle fut déportée avec sa soeur Milou. Des camps, son père, sa mère et son frère ne reviendront jamais (publication X)
Simone Veil, ici en 2010 au mémorial des enfants juifs d’Izieu déportés à Auschwitz, mettait en avant la responsabilité collective des Français dans la Shoah. Jean-Philippe Ksiazek / AFP
Simone Veil se penchant sur des portraits de déportés lors de sa visite à Auschwitz en 2005. | AFP
Carte de déportée politique de Simone Veil née Jacob / publication https://pace.coe.int/fr/news/8595

Simone Veil dans les années 50.
Simone Veil dans les années 50. © Collection privée
Cette rescapée des camps de la mort, où elle a perdu sa mère, son père et son frère, choisit de conserver le numéro tatoué sur son bras. "J’ai le sentiment que le jour où je mourrai, c’est à la Shoah que je penserai", confie-t-elle en 2009.
Simone Veil a vécu plusieurs vies : rescapée de la Shoah, magistrate, Femme politique ministre de la Santé, Première présidente de la Commission Européenne, et Académicienne, mais quatre axes majeurs résument les combats qui ont marqué son existence 

Les droits et la dignité des détenus
En 1956, Simone Veil, maman de trois enfants, passe le concours de la magistrature (milieu majoritairement masculin) et est affectée à la direction de l’administration pénitentiaire. Horrifiée par les conditions de détention, elle se battra pour modifier celles-ci et obtenir droit et dignité pour les prisonniers. Missionnée durant la guerre d’Algérie pour y visiter les prisons, elle dressera un rapport accablant qui entraînera le transfert en France de militants du FLN menacés d’exécution et de prisonnières algériennes exposées aux maltraitances et au viol. Des actions sur lesquelles le président algérien Abdelaziz Boutefika reviendra à sa mort, en 2017, soulignant la solidarité que cette grande dame a témoigné à son peuple et les milliers de vies qu’elle a sauvées.

Les droits des femmes et l’I.V.G.
En 1974, nommée ministre de la Santé par le président Valéry Giscard d’Estaing, elle a la charge de faire adopter la loi dépénalisant l’interruption volontaire de grossesse. Une mission qui lui vaudra de nombreuses insultes et menaces, entre autres, de la part de l’extrême-droite et des conservateurs, et qui s’achèvera avec un vote historique : le 30 novembre 1974, après trois jours et deux nuits de débats chahutés, l’Assemblée nationale votera la dépénalisation de l’I.V.G. La loi, baptisée ensuite « Loi Veil » entra en vigueur en janvier 1975. Simone Veil fera également voter en 1974, un texte favorisant l’accès des mineures à la contraception sans accord parental. Des victoires parmi d’autres, qui lui vaudront de devenir une figure majeure du féminisme et de la lutte pour les droits des femmes.

La mémoire de la déportation et du génocide des Juifs d’Europe
Déportée à Auschwitz à 16 ans avec sa mère (qui y mourra du typhus) et sa sœur Milou, Simone Veil en reviendra, marquée à jamais. A la libération, même si les Français ne sont pas prêts à entendre les témoignages des rescapés, elle se bat pour que personne n’oublie. Elle attendra cependant plusieurs années avant de s’exprimer publiquement sur le génocide et sa propre expérience. De 2001 à 2007, elle présidera la Fondation pour la mémoire de la Shoah. Exemple de résilience, elle mettra un point d’honneur à faire, très tôt, la distinction entre le peuple allemand et les nazis responsables du génocide ; elle fut d’ailleurs l’une des grandes promotrices de la réconciliation entre l’Allemagne et le reste de l’Europe.

La construction européenne 
Pour Simone Veil, l’union des peuples était essentielle pour garantir la paix. Après son passage au Ministère de la Santé, elle oeuvra donc pour la construction de l’Europe, conduisant la liste de l’UDF aux premières élections européennes. En 1979, elle devient ainsi la première Présidente du Parlement européen ; poste qu’elle occupera jusqu’en 1982. Elle y sera particulièrement active dans le domaine des droits de l’Homme et des femmes. 
Après avoir quitté le Parlement, elle ne cessera de s’engager pour l’Europe, soutenant notamment plusieurs associations à vocation européenne comme le Fonds européen pour la liberté d’expression ou la Fondation européenne de la Science. « Avoir fait l’Europe m’a réconciliée avec le XXe siècle », a-t-elle déclaré ! 

Source : https://www.lepoint.fr/

20 novembre 2025

T189 - Connaissez-vous l'histoire du Chêne du Marié ? de Michèle

Et voici le deuxième mail-art de Michèle où, par le biais d'un magnifique dessin réalisé au pastel sec, elle me raconte une histoire incroyable, celle d'un chêne d'environ 500 ans implanté en Allemagne, surnommé le Chêne du Marié.

Remarquez le dessin subtil de la tête des amoureux à l'ombre du grand chêne et comment un petit mot doux a été glissé dans la minuscule enveloppe mystérieuse...Là le timbre judicieusement choisi (le baiser d'Auguste Rodin) n'a pas été oblitéré car caché par le premier dessin envoyé.

Dans la lettre associée Michèle m'a glissé toute la documentation relative à cet arbre ...

et c'est une histoire très romantique, le plus incroyable c'est qu'encore de nos jours des personnes continuent d'utiliser cette adresse pour espérer trouver l'élu(e) de leur coeur!

Merci Michèle qui aime tant les arbres, tu as fait là une heureuse car l'histoire de ce chêne des amoureux a été tellement bien transcrite dans ton dessin. Bravo à toi, et encore merci pour ce double envoi. 

T188 - La "dentelle" de Jérémy Gobé permet la régénération des coraux, par Michèle

Dans un post récent j'ai  eu l'occasion de vous parler dans le détail de la découverte du plasticien Jérémy Gobé : pour permettre la régénération des coraux souffrant tellement de la hausse des températures de l'eau et de la pollution des océans,  il a inventé une sorte de "dentelle" biodégradable conçue suivant le modèle du point d'esprit de la broderie aux fuseaux. .

Coïncidence rigolote : le hasard a voulu que Michèle s'inspire de son travail pour me réaliser un mail-art superbe au pastel sec où l'on peut voir l'assistance d'un maillage de support pour permettre l'émergence d'une nouvelle génération de corail, sur le fond marin. Le tout a été bien opportunément affranchi avec un timbre d'une "exotique" coquille Saint Jacques

Et comme si cela ne suffisait pas, je me suis aperçue que l'envoi de Michèle était double et que derrière ce premier mail-art s'en cachait un second. Merci beaucoup Michèle, tu me gâtes.

CH21 - Au Gabon, les chimpanzés se soignent à l'aide d'insectes , pour Michèle

Non Michele, ces deux chimpanzés là ne sont pas en train de jouer à "Je te tien par la barbichette" ... c'est beaucoup plus sérieux car l'une est en train de soigner son compagnon avec ...des insectes!!!
 Roxy une guenon du parc national de Loango, en plein toilettage de Thea, un mâle.
photo Tobias DESCHNER, AFP

Comment soigner une plaie ? Pour un humain, le réflexe sera à priori de la désinfecter, puis de la protéger à l’aide d’un pansement.

Chez certains chimpanzés, la méthode peut être plus surprenante : il s’agira d’attraper des insectes, et de les appliquer directement sur la plaie ouverte.

Pour la première fois, des scientifiques ont observé ce comportement chez des chimpanzés au Gabon, qui l’utilisent non seulement pour traiter leurs propres blessures, mais aussi celles de leurs congénères.

Cette découverte, publiée lundi dans la revue Current Biology, apporte une contribution importante au débat sur la capacité des chimpanzés -- et des animaux en général -- à aider leurs semblables de façon désintéressée.

«Lorsque vous lisez dans vos livres de biologie toutes les choses incroyables que les animaux peuvent faire, (...) je pense que ça pourrait vraiment être quelque chose de cet ordre, qui finira dans les livres comme connaissance générale», s’est enthousiasmée auprès de l’AFP Simone Pika, biologiste à l’université d’Osnabrück en Allemagne et co-auteure de l’étude.

Le point de départ remonte à 2019, lorsqu’une femelle adulte est filmée en train d’inspecter une plaie sur le pied de sa progéniture, un chimpanzé adolescent.

Elle attrape brusquement un insecte, l’immobilise dans sa bouche où elle semble le presser, puis l’applique sur la plaie. Après avoir extrait l’insecte de la blessure, elle répète deux fois l’opération.

La scène a lieu dans le parc national de Loango, qui borde l’océan Atlantique dans l’ouest du Gabon, et où les chercheurs étudient un groupe de 45 chimpanzés centraux, une espèce menacée.

Par la suite, sur une période de quinze mois, les scientifiques voient des chimpanzés procéder pas moins de 19 fois à cette même technique, sur eux-mêmes.

Et par deux autres fois, ils observent des chimpanzés blessés être traités de la même façon par un congénère, ou plusieurs à la fois. Les plaies, parfois larges de plusieurs centimètres, peuvent résulter de conflits entre les individus du groupe, ou avec d’autres groupes voisins. Loin de protester, les chimpanzés meurtris se laissent faire.

«Cela demande beaucoup de confiance d’appliquer un insecte dans une plaie ouverte», s’émerveille Simone Pika. «Ils semblent comprendre qu’avec cet insecte, leur plaie ira mieux. C’est incroyable.»

Propriétés apaisantes ?
Les chercheurs n’ont pas identifié quel insecte était utilisé, mais pensent qu’il s’agit d’un insecte volant vu le mouvement rapide effectué par les chimpanzés pour l’attraper.

Ils pensent que cet insecte contient potentiellement des substances «qui pourraient avoir une fonction antiinflammatoire, voire apaisante», explique Simone Pika.

Les insectes sont bien connus pour avoir des propriétés médicinales diverses. Des travaux supplémentaires seront nécessaires pour déterminer l’insecte en question ici et sa fonction, ainsi que l’efficacité de la méthode.

Des comportements d’automédication ont déjà été observés chez d’autres animaux (oiseaux, ours, éléphants...), par exemple via l’ingestion de plantes.

Mais les chimpanzés utilisent ici cette technique y compris pour aider d’autres individus.

Or une partie de la communauté scientifique «doute encore» de la capacité d’espèces animales à avoir des comportements dits prosociaux, c’est-à-dire d’entraide sans attente de contrepartie, a expliqué Simone Pika.

Ici, les chimpanzés n’ont rien à gagner, a-t-elle souligné. Alors pourquoi le font-ils ? Chez les humains, un comportement prosocial est généralement lié à l’empathie.

Il se pourrait que ce même sentiment soit également en jeu chez les chimpanzés, mais «nous ne savons pas», avertit la chercheuse, prudente. «C’est une hypothèse que nous devons étudier.»

Source : Article AFP du 7 février 2022 

6 août 2025

L'enfance dans l'enfer de Gaza en 2025, de Michèle

Je suis heureuse de recevoir à nouveau de l'art postal de la part de Michèle la Parisienne, qui en a été longtemps empêchée ; cela signifie qu'elle retrouve petit à petit ses marques après une longue pause et j'en suis vraiment ravie.

Elle redémarre très fort et je la remercie vraiment pour le thème qu'elle ose aborder :  le drame des enfants de Gaza.

Ce qui me tourmente, ce ne sont ni ces creux, ni ces bosses, ni cette laideur. 
C’est un peu, dans chacun de ces [enfants], Mozart assassiné"Antoine de Saint Exupéry 

On ne peut pas se taire face à cette horreur absolue : en mai 2025, l'UNICEF a recensé plus de 50 000 enfants tués ou blessés ; depuis le carnage continue avec les déplacements des civils, le manque de soins, le manque d'eau et de nourriture, la famine organisée.

Un grand merci à toi  Michèle pour ton humanité et ton courage. 

Déniché sur le blog de liliaprof.blogspot.com, je partage ci-dessous le texte dont est extrait la citation d'Antoine de Saint-Exupéry dont Michèle s'est servie pour son ressenti par rapport à toutes ces vies enlevées.

***
C´est Mozart qu´on assassine. 
Un enfant qui ne réalise pas son potentiel c’est Mozart qu’on assassine. Tout enfant qui ne devient pas ce qu’il peut être, c’est Mozart qu’on assassine.
Je m’assis en face d’un couple. Entre l’homme et la femme, l’enfant, tant bien que mal, avait fait son creux, et il dormait. Mais il se retourna dans le sommeil, et son visage m’apparut sous la veilleuse. Ah ! Quel adorable visage ! Il était né de ce couple-là une sorte de fruit doré. Il était né de ces lourdes hardes cette réussite de charme et de grâce.
Je me penchai sur ce front lisse, sur cette douce moue des lèvres, et je me dis : voici un visage de musicien, voici Mozart enfant, voici une belle promesse de vie. Les petits princes des légendes n’étaient point différents de lui : protégé, entouré, cultivé, que ne saurait-il devenir ! Quand il naît par mutation dans les jardins une rose nouvelle, voilà tous les jardiniers qui s’émeuvent. On isole la rose, on cultive la rose, on la favorise. Mais il n’est point de jardinier pour les hommes. Mozart enfant sera marqué comme les autres par la machine à emboutir. Mozart fera ses plus hautes joies de musique pourrie, dans la puanteur des cafés concerts. Mozart est condamné.
Et je regagnai mon wagon. Je me disais : ces gens ne souffrent guère de leur sort. Et ce n’est point la charité ici qui me tourmente. Il ne s’agit point de s’attendrir sur une plaie éternellement rouverte. Ceux qui la portent ne la sentent pas. C’est quelque chose comme l’espèce humaine et non l’individu qui est blessé ici, qui est lésé. Je ne crois guère à la pitié. Ce qui me tourmente, c’est le point de vue du jardinier. Ce qui me tourmente, ce n’est point cette misère, dans laquelle, après tout, on s’installe aussi bien que dans la paresse. .. Ce qui me tourmente, les soupes populaires ne le guérissent point. Ce qui me tourmente, ce ne sont ni ces creux, ni ces bosses, ni cette laideur. C’est un peu, dans chacun de ces hommes, Mozart assassiné.

Seul l’Esprit, s’il souffle sur la glaise, peut créer l’Homme.
Antoine de Saint Exupéry. Terre des hommes"

17 janvier 2025

Que l'année 2025 te soit douce, Michèle

En 2025, la France, deuxième plus grand territoire maritime au monde, célèbre l'Année de la Mer, une initiative nationale visant à éveiller les consciences face à l'urgence de protéger l'Océan. 

C'est le thème que j'ai choisi de développer pour illustrer mes cartes de voeux. 

L'orque de 1935 à nos jours

L’Antarctique, les eaux norvégiennes (dans l’Atlantique nord) et celles du Japon (dans le Pacifique nord), sont, au XXe siècle, les principales zones de chasse à l’orque. Entre 1935 et 1980, 6000 individus ont ainsi été capturés.

Cette chasse à petite échelle, qui profitait surtout aux populations humaines habitant dans ces régions, a été pratiquée non pas tant pour la chair de l’animal (impropre à la consommation humaine et qui était transformée en aliments pour animaux) que pour l’huile qu’il peut fournir (environ 700 kg pour un adulte) et pour sa peau.

Le derme, très épais, qui renferme un solide réseau de collagène, était employé pour la fabrication de semelles de chaussures !

Dans les années 70, le rythme de chasse à l’orque devenait un danger pour les populations mondiales d’orques ; des directives furent adoptées dans certains pays pour réduire cette destruction (en 1970 arrêté en France, au Canada...).

Au niveau mondial, c’est la Commission Baleinière Internationale qui régit les prélèvements. Elle a fait valoir que l’on ne connaissait pas l’importance exacte des populations exploitées, notamment dans l’Atlantique et, à sa demande, la chasse a été interdite en 1981.

Mais les industries de l’huile ou de chaussures n’ ont pas été les seules causes de la chasse à l’orque. Les orques ont été et sont encore la proie des baleiniers; la chasse réelle à l’orque débuta dans les années 50, en Norvège, au Danemark, Japon, ex URSS, Canada, USA , Pérou, Afrique du Sud… Les pêcheurs japonais, islandais et norvégiens notamment, inquiets des prélèvements par l’épaulard sur leurs stocks de poissons (saumons et harengs principalement) et des dommages qu’il causait aux engins de pêche on fait pression pour réduire ses effectifs.

En Islande, les orques ont appris à récupérer les flétans pris aux hameçons sans même abîmer les lignes : elles prennent le corps du poisson et laissent la tête accrochée à l’hameçon (Bloch et al., 1988).

Dans le Pacifique du Nord-Est, on a estimé que les poissons prélevés par les orques ne représentaient que 7 % environ de la totalité des produits pêchés, ce qui est fort modeste. En revanche, au large des côtes norvégiennes, certaines évaluations chiffrent à 48 000 tonnes la consommation annuelle de harengs par les orques, ce qui représente un pourcentage très élevé du stock de frai de ce poisson. Il est pourtant des cas où les orques coopèrent malgré elles avec les pêcheurs, elles indiquent de leur présence les bancs de poissons (Tasmanie, îles Féroé).

Peu à peu à la chasse s’est substituée la capture d’animaux vivants destinés aux aquariums (Olesiuk et al.,1990). La première orque capturée le fut en Californie, en 1961, une petite femelle dans le port de Newport. Elle fut remorquée dans des filets et transportée au Marineland du Pacifique (Sud de Los Angeles). Affolée elle se jeta violemment contre les parois du bassin et mourut le jour même.

Le Marineland tenta une nouvelle capture, au large de Puget Sound l’année suivante: ils capturèrent une femelle mais les cordages furent pris dans l’hélice du bateau. La femelle appela si fort qu’une orque mâle attaqua le bateau ; les marins se virent menacés et ils les tuèrent tous les deux. Cet échec découragea une nouvelle tentative de la part du Marineland.

Prélevées jusqu’en 1976 dans le détroit de Puget en Colombie Britannique, elles ont été capturées ensuite dans les eaux islandaises (c’est le cas de Kim, Freya et Sharkane au Marineland d’Antibes) et ce jusqu’en 1988. Depuis, il n’y a plus de capture, les orques se reproduisent en captivité.

Les populations sauvages aujourd’hui mieux aimées et mieux connues de l’homme paraissent très florissantes. 

Cependant ce nouvel intérêt et cette popularité auprès du grand public constituent paradoxalement une menace pour ces animaux. Une véritable industrie touristique (« whale watching ») s’est développée à leurs dépens. Dans certaines zones d’Amérique du Nord, leur domaine est maintenant sillonné par de nombreux bateaux qui, souvent, portent atteint à leur tranquillité. Dans le détroit de Puget en particulier, le trafic maritime a considérablement augmenté et l’habitat de l’orque subit de ce fait des nuisances acoustiques croissantes. Or,l’audition, est le sens dominant chez les Cétacés.

Des troubles peuvent alors apparaître chez l’orque, et altérer grandement les capacités de survie et le comportement social. Le trafic maritime et les bruits qu’il engendre constituent donc une sérieuse menace dont il importe d’évaluer les nuisances par un suivi de la population.

Par ailleurs une pollution chimique notable affecte cette même région. Les poissons concentrent de nombreux produits chimiques toxiques, tels le mercure, le plomb, l’arsenic…
Source: extrait d'un article du site https://www.orques.fr/index.php?page=biologie-milieunaturel

30 septembre 2024

Agnès Varda : la rue Daguerre et Paris 14ème, pour Michèle

Rue Daguerre, tout le monde savait où habitait Agnès Varda. Elle y était arrivée comme jeune photographe, à la recherche d’un atelier d’artiste. Elle en fit donc sa maison, y vécut avec Jacques Demy et ne l’a plus jamais quittée, jusqu’à ses derniers instants. Elle racontait en s'amusant "Il m'est arrivé de recevoir du courrier ainsi libellé : 'Agnès Varda Paris 14e'.»
 La maison d'Agnès au 86 de la rue Daguerre -  Crédit : François Kerlou via Instagram
Je suis certaine que Michèle ma correspondante parisienne apprécie comme moi l'oeuvre protéiforme de d'Agnès Varda. 
Photo de la place Jacques Demy trouvée sur le site "sortir à Paris 
 Corinne Marchant dans Cléo de 5 à 7 circulant boulevard du Montparnasse / Agnès circulant rue Daguerre, devant sa maison ou dans son patio au 86 de la rue Daguerre : crédit photo Ciné-Tamaris


C'est pourquoi je lui destine cet art postal textile consacré aux lieux de Paris qu'elle affectionnait tout particulièrement et lui en souhaite bonne réception.

*** Le Paris d'Agnès Varda ***

Paris, 1947. Une toute jeune bachelière du nom d’Arlette Varda arrive en ville. Sans repère. La petite belge qui a grandi à Sète, est montée à la capitale pour étudier la photographie aux Beaux-Arts, puis l’histoire de l’art à l’école du Louvre.

Entre elle et la Ville-Lumière, le coup de foudre n’est pas immédiat. Elle arpente les arrondissements à pied, à la recherche d’un endroit où bâtir son cocon et son atelier. C’est finalement dans le XIVe arrondissement, au 86 de la rue Daguerre qu’elle pose ses valises pour les 70 prochaines années. “En 1951, j’étais jeune et photographe et je cherchais un atelier dans ce quartier, populaire et artiste (…) Dans les annonces de fonds de commerce, j’ai trouvé un duo : une boutique d’encadrement qui se prolongeait par les ateliers avec, en haut, une grande pièce pour la dorure et une épicerie récemment fermée. Entre les deux, une ruelle. Le tout dans un état de demi-taudis avec pour seul sanitaire un cabinet à la turque dans la cour. L’espace m’a plu et j’ai imaginé vivre là. Daguerre, né avec la Révolution française, me protégerait." avait-elle expliqué dans Libération. Au fil du temps, l’artiste devient l’emblème de ce quartier aux allures de village. Elle disait d’ailleurs : “je n’habite pas Paris, j’habite Paris 14ème”. À sa mort en 2019 à l’âge de 90 ans, ses voisins et les commerçants environnants se souvenaient avec émotion de cette petite femme, souriante, accessible et définitivement moderne.

Lieu d’inspiration perpétuel : Le quartier Montparnasse est un terrain de jeu et une source d’inspiration inépuisable pour Agnès Varda . En 1961, elle y plante le décor de son deuxième long-métrage Cléo de 5 à 7. On y suit la déambulation d’une jeune femme, qui doit attendre les résultats de ses examens médicaux. Elle craint d’être atteinte d’un cancer, prédit auparavant par une cartomancienne. Dans ce parcours filmé en temps réel, la jeune chanteuse passe par la rue Delambre, la rue Huyghens où se trouve son appartement ou encore au café du Dôme, à l’intersection entre le boulevard Raspail et le boulevard Montparnasse. Le parc Montsouris avec ses balustrades imitant des branchages est quant à lui le théâtre de la rencontre entre Cléo et Antoine, un soldat qui doit repartir pour l’Algérie.

Le plus grand hommage à son quartier tient cependant dans les 80 minutes de son documentaire Daguerréotypes, réalisé en 1975. “Ce n’est pas un film sur la rue Daguerre, pittoresque rue du 14e arrondissement, c’est un film sur un petit morceau de la rue Daguerre, entre le n°70 et le n°90, c’est un document modeste et local sur la majorité silencieuse, c’est un album de quartier, ce sont des portraits stéréo-daguerréotypés, ce sont des archives pour les archéo-sociologues de l’an 2975. C’est mon Opéra-Daguerre” disait la cinéaste à propos de son travail. Le bazar, le marchand d’accordéon, le boulanger ou l’épicier sont passés devant la caméra de Varda, dont le câble de plus de 90 mètres dépassait de sa boîte aux lettres. Elle s’est donc attelée à dépeindre son quartier avec le plus de justesse possible en s’attardant sur des petites choses qu’on ne remarque pas.

Copie de photos extraites du film Daguerréothypes - droit réservés Ciné-Tamaris

En 2003, elle offre un os à ronger au lion de la place Denfert-Rochereau (14e) pour son court métrage Le Lion Volatil (2003) et déverse des tonnes de sable dans la rue Daguerre pour tourner une scène des Plages d’Agnès (2008).

Si le XIVe arrondissement a été marqué par Agnès Varda, il l’a été aussi par Jacques Demy, réalisateur des Demoiselles de Rochefort et époux de l’artiste pendant 32 ans. En 2004, la Mairie de Paris a d’ailleurs fait le choix de rebaptiser la place Mouton-Duvernet en place Jacques Demy. Le couple est resté fidèle à son quartier de cœur et a choisi comme dernière demeure le cimetière Montparnasse où ils reposent tous les deux.

photo relevée sur Wikipédia

Source : Extrait d'un article paru sur ZigZag Paris en 2019
***

Le 14e arrondissement de Paris est souvent présent dans l'oeuvre d'Agnès Varda, comme l'artiste le précise dans cette vidéo.

Vidéo publiée sur la chaine Youtube des Nautes de Paris 
: Graff, tag peinture murale street-art des 13e et 14e arrondissement de Paris : 
on peut y retrouver la fresque Varda à compter de 3'11''

10 septembre 2024

Les enfants avec les chats : une belle complicité, pour Michèle

J'ai éprouvé récemment de changer  le griffoir en carton de ma chatte noire, ma belle Myrtille et devant ce cartonnage marqué de pattes de chat, je n'ai pas su résister au doux délire d'en faire quelques cartes d'art postal, à mes correspondants aimant les chats.

C'est ainsi que la maîtresse d'Iris, j'ai nommé Michèle de Paris devient la  destinataire de l'art postal ci-dessous avec une belle jeune demoiselle endimanchée, habillée à la mode de fin 18e siècle. 

Depuis toujours les enfants ont des liens étroits avec les animaux et le chat est l'un de ceux qu'ils découvrent très tôt. 

Je t'en souhaite une très bonne réception, chère Michèle, et j'en profite pour faire une grosse caresse à la belle Iris. 

27 août 2024

T169 - Marine bretonne, puis trésor parisien : double envoi de Michèle

Depuis ses vacances en Côtes d'Armor, Michèle a pensé à moi et à la chanson de Ferrat "la mer sans arrêt roulait ses galets" en composant un très beau mail art dessiné et peint, orné de petites étoiles de mer.

Elle me l'a adressé sous plastique avec un très beau timbre (le grand voilier de légende La Grandvillaise) où elle avait ménagé une fenêtre pour le compostage.


Hélas, la machine à affranchir de la Poste a mal détectée mon adresse postale au recto et tout envoyé chez l'expéditrice dont l'adresse figurait au verso, pourtant barrée.

A son retour à domicile, cette "boulette" de la Poste à contraint Michèle à me faire un nouvel envoi sous enveloppe cette fois, nécessitant un nouveau timbre pour l'affranchissement - pas n'importe lequel, non,  car c'est celui de la fameuse charpente de Notre-Dame-de-Paris en cours de restauration qui est à l'honneur, celle qui remplace la fameuse "forêt" partie en fumée le triste jour du 15 avril 2019.- un grand merci pour ce timbre superbe. 

Dans sa très grande générosité, Michèle a rajouté un cadeau supplémentaire avec ce joli marque-pages et son enveloppe très colorée, le tout faisant bien penser au littoral et aux vacances.
Un très grand merci pour tout, Michèle, c'est terriblement gentil d'avoir ainsi doublé la mise : je trouve ta carte avec les galets vraiment très réussie, et comme je n'ai pas vu la mer depuis une éternité, merci pour les embruns, les cris des mouettes, et le bol d'air iodé que tu m'envoies, j'ai pu me croire un temps au bord de la mer en Bretagne.