Affichage des articles dont le libellé est - Nadine Deppierraz (CH). Afficher tous les articles
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4 juin 2026

Quand artichauts et cardons deviennent fleurs, pour Nadine

Après bien des difficultés, j'en ai terminé avec cette broderie que je destine à mon amie Nadine. J'espère qu'elle saura lui plaire malgré bien des approximations dans la réalisation.

Je ne sais pas si elle est comme moi car j'ai toujours beaucoup aimé ce que l'on appelle improprement la "fleur d'artichaut" : c'est en réalité une inflorescence très condensée (le capitule). On peut le considérer ce capitule comme un fruit composé ou infruescence.On trouve également ce genre de fleur sur le cardon, légume de la même famille que l'artichaut, dont on ne consomme que les tiges (pétioles)
au centre, peinture botanique de Reinhild Raistrick de cardons en fleurs
à gauche, photo du dessus d'un artichaut violet 

Tableau de H. Remi les artichauts - au verso de l'enveloppe

Je n'ai jamais mangé de cardons car je ne sais pas les préparer, mais peut être  mon amie le sait-elle car sous forme de gratin c'est, en Provence ainsi que dans la région de Genève et à Lyon, un des plats incontournables du repas traditionnel de la veille de Noël.

Par contre j'appréciais autrefois grandement de consommer des artichauts : ceux du commerce et les quelques-uns que mon père arrivait à faire pousser dans notre potager. Mais depuis des années, même achetés tout frais en Bretagne principal lieu de production en France, ils me rendent malades, mon corps ne les supporte plus du tout  (mode de production trop chargé en intrants?) et j'ai du me résigner à les rayer de mon régime alimentaire même en les cuisant avec du carbonate de soude. Dommage, car c'était un légume fort agréable à déguster en été. 

Qu'importe, cela reste une plante fleurie bien jolie que je retrouve même dans des bouquets de fleuristes.
Bouquet vu sur le site de l'Atypique Fleuriste autrement
Voilà chère Nadine, un mail-art sur un thème assez particulier, dont j'avais très envie de te parler depuis longtemps : on peut trouver de la beauté partout, même dans un potager! Je t'en  souhaite une bonne réception ainsi qu'un bel été. 

PS : humour avec le sketch de Coluche "Le plus dur c'était la fin du mois" : On n'a qu'à manger des artichauts. Les artichauts, c'est un vrai plat de pauvres. C'est le seul plat que quand t'as fini de manger, t'en as plus dans ton assiette que quand tu as commencé !

30 avril 2026

Au 1er mai, vendre du muguet et distribuer du bonheur, pour Nadine

Je ne suis pas certaine que la tradition d'offrir du muguet le 1er mai existe aussi en Suisse, pays de mon amie Nadine, mais apparemment la Fête des Travailleurs n'y est pas fériée dans tous les cantons. Dans un courrier retour, Nadine m'expliquera probablement ce qu'il en est pour elle dans le canton de Vaud et si pour elle, cette tradition et cette journée de Fête ont autant d'importance, qu'elles en ont pour moi. 

En attendant, je lui adresse un mail-art fleuri, porte-bonheur et porte chance, avec ce jeune homme qui a installé son stand de vente près d'une bouche de métro, le 1er jour d'un mois de mai qui promettait d'être mémorable. 

Composition réalisée au moyen d'un tissu comportant de réserves blanches en forme de brin de muguet sur fond vert, ajout de la photo ci-dessous imprimée sur tissu et  de la photo d'une broche en camée, avec un bouquet de muguet en relief

1er mai 1968 - Paris place d’Italie - photographie originale d'Izis

J'espère que mon mail-art porte-bonheur arrivera bien vite jusqu'à toi, chère Nadine, et que tu auras l'occasion demain 1er mai, de faire la fête car pour les gens qui ont travaillé toute leur vie, le jour de la Fête des Travailleurs, fériée ou non, est un jalon important dans le calendrier.

8 avril 2026

T203 - Colombes de la paix en bleu, de Nadine

Ah quelle joie aujourd'hui de retrouver le courrier postal de Nadine, cette amie suisse toujours originale et spontanée dont les enveloppes atypiques et le courrier écrit à la main qu'elles contiennent sont toujours d'une grande richesse, pleins d'anecdotes et de découvertes.!

Maintenant qu'elle a quitté le littoral breton où elle s'était retranchée pour près de trois mois, je comprends combien la réadaptation au monde doit être un peu ardue d'autant que la neige s'est réinvitée pour Pâques. 

Chère Nadine, je te souhaite d'arriver à conserver toute la zénitude que ton séjour hors du monde et hors du temps t'a amenée, et de profiter à ton rythme des joies de la vie printanière à la montagne, maintenant que tu as retrouvé Chateau d'Oex..

Merci pour cette chouette enveloppe : je suis ravie de voir nos échanges reprendre doucement : ta fantaisie et ta joie de vivre m'ont manqué. 

Quoi de plus beau que le timbre brodé pour la paix avec cette colombe bleu sur fond blanc, né de l'union d'une douzaine de pays et d'organisations internationales, comme raconté ci-dessous, dans le but de promouvoir la paix . 

*** En savoir plus sur la collection de timbres brodés « Colombe de la paix » ***

Unis pour la paix – Maille après maille

En septembre 2025, l’Union postale universelle (UPU), aux côtés de 11 organisations postales, a dévoilé la série brodée Colombe de la paix afin de marquer la Journée internationale de la paix et de mettre en avant la portée universelle de ce message. Alors que les opérateurs postaux participants ont émis un véritable timbre-poste, l’UPU a produit un objet philatélique assorti, conçu exclusivement comme pièce de collection.

Aux côtés de l’UPU, les opérateurs ayant pris part à cette initiative conjointe sont : l’Administration postale des Nations Unies, l’Arménie, l’Autriche, la Barbade, Chypre, le Danemark – Îles Féroé, le Danemark – Groenland, la Finlande – Åland, le Liechtenstein, le Luxembourg et la Suisse. Une telle démarche collective demeure rare et souligne la forte portée symbolique du projet.

Le visuel représente une colombe blanche brodée portant un rameau d’olivier bordé de bleu – un emblème universel de paix. Les ailes déployées, la colombe transmet un message qui dépasse les frontières, les religions et les idéologies, devenant un symbole d’unité.

Produite par l’entreprise autrichienne Hämmerle & Vogel, cette création textile en édition limitée associe la finesse de la broderie au travail artistique, réunissant savoir-faire, design et message universel à travers toutes les émissions participantes.

17 mars 2026

De beaux oeufs d'oies devenus dentelle, pour Nadine

Cette année je me suis laissée surprendre par la date très précoce au calendrier de la Fête de Pâques. Alors, sans tarder, parce que pour moi Pâques signifie la renaissance de la nature et l'arrivée du printemps, j'ai voulu faire un courrier de circonstance pour mon amie suisse, Nadine, qui est sûrement de retour dans ses pénates après une grande période d'évasion en Bretagne.

Photos : décor de Paques avec une oie en médaillon vue sur le site Etsy +  oeuf dentelle  sur le site © Dremel

En haut, aquarelle représentant Ostara, déesse germanique du printemps et de l'aurore - vu sur FB sans nom d'auteur
en bas et ci-dessous  : Arbre à œufs de Saalfeld en Allemagne (2009) - avec 9200 œufs - photo du domaine public trouvée sur Wiki Commons

Chère Nadine, tes courriers et ton humour m'ont manqué : alors avec ces oeufs en dentelle, je viens te faire un petit coucou pour Pâques, maintenant que dans tes belles montagnes suisses, le printemps ne va pas tarder à montrer le bout de son nez.

Je te souhaite bonne réception de cette missive - attention le courrier est très très perturbé en France actuellement - et aussi une très belle Fête de Pâques. A bientôt de te lire.

11 février 2026

T200 - Coucher de soleil sur littoral breton, de la part de Nadine

Dans ma boite aux lettres du jour, j'ai trouvé encore un courrier mystérieux, en tout petit format pour lequel je ne reconnais pas non plus l'émetteur (pas d'adresse d'expéditeur). Ah, elle m'a bien eue, mon amie Nadine! 

Evidemment je savais bien qu'avec son conjoint elle avait quitté sa Suisse depuis la mi-décembre pour profiter d'une "retraite" dans un petit cabanon en Bretagne pour plusieurs mois et donc je n'attendais rien de sa part de sitôt. Ce que je n'imaginais pas c'est à quel point elle allait s'éclater sur ce littoral où elle profite à fond du bord de mer, à l'écoute du bruit de la mer et des  oiseaux,  à se remplir les mirettes des couleurs de ciels magnifiques et des lumières changeantes chaque jour en fonction des marées, à humer les embruns...D'une manière dithyrambique, elle me décrit ce lieu comme magique, ressourçant, régénérant, propice à la lecture, au dessin, au tricot etc... Déjà peu fan des réseaux ni de l'informatique d'habitude, Nadine s'offre là une totale déconnection qui la rend profondément heureuse. 

 
Dépourvu de son matériel habituel, elle a néanmoins réussi à retranscrire les impressions fortes qu'elle ressent dans ce petit paradis, sur cette petite enveloppe qu'elle a bricolé avec les moyens du bord. Le timbre est particulièrment bien choisi pour illustrer le couchant sur la mer et sur les piquets où sont élevées les moules de bouchot. 

C'est cela que j'aime dans l'art postal, toute l'amitié et la spontanéité de Nadine me font chaud au coeur, moi qui tourne au ralenti depuis plusieurs semaines déjà. Un grand merci à toi, comme ton courrier et les nouvelles que tu me donnes me font plaisir! Le bol d'air iodé et dynamisant de la belle nature que tu m'envoies, je prends!

8 janvier 2026

T195 - En souvenir du Jardin des Tarots, les voeux de Nadine tout en mosaïque

Quelle jolie composition sur le modèle des constructions gigantesques en mosaïques de Niki de Saint-Phalle, sur cette magnifique carte de voeux concoctée par mon amie Nadine!

Récemment visité par ma correspondante lors d'un voyage en Toscane, ce Jardin des Tarots où Nicki de Saint-Phalle a réalisé une oeuvre exceptionnelle pendant vingt années de sa vie a fort impressionnée Nadine tout à fait séduite

Sur ce magnifique mail-art Nadine rend aussi hommage à Jean Tinguely - le compagnon de Niki - dont la Suisse vient de fêter le centenaire de la naissance, rappelé par le timbre qui lui a été dédié. 

Merci infiniment Nadine pour cette carte luxuriante carte de voeux, merci de me faire partager ton engouement pour ce lieu extraordinaire que tu as découvert. 

Jardin des Tarots - sorte de musée à ciel ouvert
De gauche à droite : L’Impératrice, La Tour de Babel, L’Empereur, Le Magicien, La Papesse, La Justice, L’Arbre de vie ©Flickr/ Jean-Pierre Dalbéra

Figure majeure de l’art contemporain, Niki de Saint Phalle est bien connue pour ses Nanas monumentales. On connaît moins une oeuvre à laquelle elle s’est pourtant consacrée totalement pendant près de vingt ans, entre 1979 et 1998: le jardin des Tarots, en Toscane. Dans ce jardin fantastique, entrepris dans une entière liberté d’action et hors de toute commande, Niki de Saint Phalle a installé vingt-deux sculptures colossales et vivement colorées, correspondant aux arcanes majeurs du tarot divinatoire : l’Impératrice, le Magicien, la Fortune, le Fou, l’Amoureux, la Lune… 

Revendiquant l’influence de Gaudi, du facteur Cheval et du Bois sacré de Bomarzo, Niki de Saint Phalle a inventé pour son jardin des solutions esthétiques inédites afin que la sculpture s’accorde au mieux à son environnement, et a expérimenté de nouvelles sensations – « Air has come into my life », affirmait-elle alors. Le jardin des Tarots représente une synthèse grandiose de ses recherches d’artiste.
(source : 4e de couverture du e livre de Mélanie Gourrier le Jardin des Tarots de Nicky de St Phalle-édition Acte Sud)

2 janvier 2026

Meilleurs voeux pour l'année 2026 : redonner toute sa place au monde sauvage, pour Nadine

En un autre siècle, des civilisations autres que la nôtre étaient qualifiées de sauvages, donc de primitives, termes se rejoignant dans l’opprobre et le déclassement : alors même que ces peuplades n’avaient que très rarement détruit leur environnement, destruction qui est une des belles preuves de civilisation que notre société productiviste persiste à étaler au gré de ses appétits. 

Nonobstant le « bon sauvage » cher à Rousseau, nous avons partout méprisé, écrasé ce qui n’était pas nous, imposé notre pouvoir, notre religion, notre technologie, ivres de puissance et de fatuité.

L'animal sauvage est réputé res nullius (sans maître, mais appropriable). Il est livré « au plus tirant  » ! traqué et tué au gré des lobbys et de ceux qui ne voient en lui qu’objet de loisir, en lui déniant tout droit d’existence.

Il est alors grand temps de célébrer le sauvage, de savoir admirer la magie des plumes, des rameaux, des herbes et des vents, des épines et des ombres, des mousses et de leur espace de libre expression, ce jardin de nature qui vit s’épanouir l’incroyable diversité du vivant.

Nous en sommes comptables : le sauvage, que d’aucuns voudraient rejeter dans le passé, est notre avenir, si tant est que nous soyons encore demain ouverts à l’émerveillement de l’altérité.(source téla botanica) 


Le sauvage est notre avenir : en 2026, transitons joyeusement vers un monde plus vivant

8 décembre 2025

T190 - Sous influence Kusama, un courrier de Nadine

Des pois jaunes sur fond noir, à n'en plus finir et des circovolutions remplies de ce type de pois , vous l'avez compris Nadine a succombé à l'hypnotisme que dégagent les oeuvres de l'artiste japonaise Yayoi Kusama, qu'elle a pu découvrir à la Fondation Beyeler, près de Bâle.





C'est vrai que cette artiste a acquis une grande aura dans la peinture contemporaine, mais personnellement, je suis oppressée par tous ces points et ces couleurs vives, et même si j'étais plus près je ne crois pas que j'irai voir cette exposition. Mais il en faut pour tous les goûts n'est-ce-pas? 

A noter que Nadine a pris un malin plaisir à compléter son enveloppe de tissu noir avec de nouveaux points jaunes qu'elle a brodé à la main ; ensuite elle a choisi d'apposer un magnifique timbre postal du même jaune pour une harmonie parfaite.

Mon amie suisse me raconte s'être beaucoup promené cet automne avec un beau voyage de plusieurs semaines en Toscane, où, entre autres, elle a fait la découverte du jardin des Tarots de Niki de Saint Phalle! En voilà une,  par contre, de visite que j'aurai bien aimé faire. Elle a découvert aussi au Musée de Lausanne, collection de l'Art Brut une artiste très singulière, Laure Pigeon et son infiniment bleu, qu'elle a aussi bien aimé (et je la comprends).

J'ai toujours énormément de plaisir à lire le courrier de ma correspondante toujours émaillés d'anecdotes et de découvertes en tout genre. Cette fois-ci ce sont les découvertes culturelles qui dominent, et c'est vraiment chouette de bien vouloir m'en faire profiter, j'apprécie pleinement. 

Je te remercie beaucoup Nadine, pour ce gentil courrier :  moi aussi je te souhaite de bien finir l'année, en bonne compagnie avec tes amis, et on se dit à l'année prochaine, pour de nouvelles aventures épistolaires et mailartistiques. 

*** Expo Yiyoi KUSAMA à Bâle ***
Yayoi Kusama - photo du site https://www.fondationbeyeler.ch/

En automne 2025, la Fondation Beyeler présentera la première rétrospective en Suisse de la célèbre artiste japonaise Yayoi Kusama (*1929, Matsumoto). Organisée en étroite collaboration avec l'artiste et son atelier, l'exposition offre un aperçu global de l'œuvre artistique de Kusama, qui s'étend sur plus de sept décennies. Elle présente des œuvres emblématiques, des travaux plus anciens qui n'ont encore jamais été montrés en Europe, mais aussi de nouvelles productions ainsi que l'une de ses célèbres Infinity Mirror Rooms (salles-miroirs à l'infini). 
L'artiste, qui compte parmi les superstars de l'art contemporain, a acquis un statut culte grâce à son exploration de motifs et de structures répétitifs, notamment à travers ses polka dots et ses espaces miroirs caractéristiques, qui transportent les spectateurs dans des mondes infinis. L'exposition souligne la diversité des médias artistiques avec lesquels Kusama a travaillé au fil des ans, notamment la peinture, la sculpture, les installations, le dessin, le collage, les happenings, les performances en direct, la mode et la littérature.

24 novembre 2025

Un groupe de musiciens en porcelaine-dentelle de Meissen, pour Nadine

Lorsque j'ai cherché un motif sympa sur la porcelaine et la dentelle pour une correspondante peintre sur porcelaine, je suis tombée en arrêt devant les merveilles de la porcelaine-dentelle de Meissen, fabriquée en ex-RDA que l'on a quelquefois appelée aussi Porcelaine de Saxe.

J'ai décidé d'en faire une enveloppe mail-artée à mon amie suisse, car ces petits groupes de personnages d'une finesse extrême m'ont tellement séduite que je voulais partager et faire connaître cette manufacture de porcelaine, la première d'Europe. 

 "Groupe en Porcelaine Dentelle, Ernst Bohne Söhne, Scène au Piano, vers 1901- photo trouvée sur le site Proantic
Scène de salon raffinée: une dame au piano, un gentilhomme à ses côtés et un couple galant devant l’instrument, avec un manteau rouge posé sur le clavier. Modélisation fine, visages expressifs et riche polychromie rehaussée de dorure. "
photo vue sur E-bay : Ancienne figurine porcelaine dentelle Meissen Dresde femme lisant aux enfants 1915

Si vous y regardez bien les robes et les cols des femmes sont faits d'une dentelle de porcelaine extrêmement fine, c'est une pure merveille à tel point qu'on se demande par quelle technique les artisans de la manufacture arrivaient à un tel résultat.

J'espère que mon enveloppe parviendra en bon état en Suisse à mon amie Nadine, à qui j'en souhaiet une très bonne réception.

*** Le guide de la porcelaine de Meissen ***

Première manufacture européenne, la porcelaine de Meissen attire les enthousiastes depuis des siècles pour ses designs élégants et ses créations fantaisistes. 

L’histoire de Meissen 

La porcelaine de Meissen est, avec celle de Sèvres, la porcelaine la plus populaire et la plus recherchée. La fascination pour la porcelaine et son histoire, notamment « l’or blanc » de Saxe, comme on la surnomme, repose tout d’abord sur sa haute qualité. Cependant, le fait que Meissen ait été l'inventeur de la porcelaine européenne et le premier fabricant du continent joue un rôle encore plus décisif dans son histoire. 

Au début du XVIIIe siècle, l'élite européenne était obsédée par la porcelaine importée, dont la fabrication était un mystère absolu. Par-dessus tout, Auguste le Fort, électeur de Saxe et roi de Pologne (1670-1733), était fasciné par les céramiques fines d'Extrême-Orient et était prêt à dépenser des sommes énormes pour sa passion. Mais ses fonds n’étant pas inépuisables, il a fait appel à l'alchimiste Johann Friedrich Böttger (1682-1719), qui prétendait pouvoir produire de l'or à partir de n'importe quel matériau.

Avant de découvrir la formule de « l’or blanc », Böttger a créé un grès rouge foncé qui a été initialement produit
dans l'usine de Meissen. Photo © Sotheby's
Lorsque Böttger a commencé à travailler avec le scientifique Ehrenfried Walther von Tschirnhaus (1651-1708), ils ont découvert la formule de « l’or blanc », ou porcelaine. En 1710, Auguste fonde, à Meissen, la première manufacture de porcelaine d'Europe. Devant la qualité des produits qui y sont fabriqués, il ne se contente pas seulement de se faire plaisir à lui et à sa cour, mais il en fait cadeau à toute l'Europe pour démontrer sa puissance.
Au début de la production, les formes et les motifs des pièces importées d'Extrême-Orient,
comme le décor en laque noire, ont été copiés. Photo © Christie's

Au départ, le répertoire de la manufacture se limitait à des copies et à des réinterprétations de formes et de motifs déjà connus, notamment ceux des importations de Chine. Toutefois, grâce à des peintres et des modeleurs de grand talent, tels que Johann Joachim Känders (1706-1775), Johann Gregorius Höroldt (1696-1775) et Johann Gottlieb Kirchner (1706-1768), l’enseigne a rapidement proposé des sculptures d'animaux et des groupes de figurines galantes, toutes décorées de couleurs et de motifs éclatants.

Contrairement à aujourd'hui, où les précieuses figurines en porcelaine de Meissen sont conservées dans des vitrines, à l'époque d'Auguste, elles servaient de décoration de table et d'objets de conversation pendant que l'on dînait. Photo © Dorotheum 


L'une des grandes spécialités de Johann Joachim Kändler était les figures d'animaux en partie grandeur nature, qu'il savait façonner de manière très naturaliste. La gravure sur cuivre, les animaux de la ménagerie royale et les espaces extérieurs l’aidaient pour ses modèles. Photo © Sotheby’s 

La formule de fabrication de la porcelaine était un secret jalousement gardé. Les personnes initiées à la fabrication étaient appelées les « arcanistes » (du mot latin arcanum, qui signifie secret). Cependant, en 1718, un diplomate autrichien a réussi à attirer quelques employés à Vienne et a fondé la manufacture de porcelaine de Vienne.

Cette concurrence inattendue a rendu nécessaire l'apposition d'une marque sur les produits de Meissen. Au départ, le monogramme AR (pour « Augustus Rex ») était utilisé, jusqu'à ce que les épées croisées, toujours utilisées aujourd'hui, s'imposent comme véritable marque de certification.

Vienne n'était pas la seule concurrence, mais les goûts des clients changeaient aussi, ce qui signifiait que les concepteurs de Meissen devaient toujours proposer quelque chose de nouveau. Parmi les créations importantes, citons le « Service du Cygne » créé pour le Premier ministre de Saxe, Heinrich Graf von Brühl, et les vases boule de neige en filigrane, fins et élaborés.

Afin de répondre au goût de plus en plus rococo des clients, les modeleurs de Meissen ont dû créer de nouvelles formes et de nouveaux décors. L'un des plus remarquables et des plus élaborés est le motif de la « fleur boule de neige », inventé par Känder en 1739. Vase Meissen, fin du XIXe siècle (détail).  Photo © Lempertz

La grande époque des innovations de la manufacture de Meissen s'est terminée à la fin du XVIIIe siècle. À l'époque de l'historicisme du XIXe siècle, Meissen a également eu de plus en plus recours à d'anciens modèles, qui ont été réédités et redessinés dans le style néo-rococo. Afin de répondre au goût de la bourgeoisie, devenue de plus en plus riche à la suite de la révolution industrielle et pouvant désormais s'offrir des objets luxueux, des nouveaux modèles ont été développés. La présentation d'un service en porcelaine de Meissen sur la table à manger était considérée comme un symbole nécessaire du statut de cette classe sociale en plein essor. 

C’est à peu près à cette époque que le vase à manche en serpent, créé par Ernst August Leuteritz (1818-1893), le directeur créatif de la manufacture pendant de nombreuses années, a vu le jour. Le modèle, comble de l’originalité et de l’innovation, est devenu depuis un véritable classique de l’enseigne.

Au XIXe siècle, la manufacture de Meissen est revenue aux modèles antérieurs, à une exception près : le vase à manche en serpent d’Ernst August Leuteritz, qui est devenu un classique souvent copié. Photo © Sotheby’s

Afin de donner un nouveau souffle à la production, de nouveaux artistes (utilisant principalement le vocabulaire de l'Art nouveau) ont été engagés à la fin du XIXe siècle. La série de douze enfants jouant par Julius Konrad Hentschel (1872-1907), connue sous le nom d’« Enfants Hentschel », est une pièce née à cette période qui est toujours populaire aujourd'hui.

L'époque de l'Art nouveau a apporté un vent de fraîcheur dans les ateliers de la manufacture. Les charmants « Enfants Hentschel » sont aujourd'hui encore des objets de collection très prisés. Photo © Dorotheum

Au cours du turbulent XXe siècle, la manufacture de Meissen a misé sur un mélange réussi de formes et de techniques historiques, tout leur apportant une touche contemporaine en phase avec les nouvelles tendances.

Collectionner la porcelaine de Meissen

Au XXIe siècle, la porcelaine de Meissen est devenue un objet de collection très convoité. Ce qui vaut pour de nombreux autres domaines de collection vaut également pour les créations de l’enseigne allemande : les premières éditions sont toujours les plus chères. L'apogée de la manufacture, au début et au milieu du XVIIIe siècle, a été marqué par l'invention de la porcelaine européenne et les œuvres des grands maîtres, tels que Johann Joachim Kändler.

Les modèles de Kändler ont été imités au fil des siècles. Les figures et groupes exécutés peu après sa période d’activité sont plus chers que les versions ultérieures. Par exemple, l'humoristique série « Chapelle des singes » de 1753, fait toujours l'objet d'une collection assidue. Alors qu'une série complète de 1755-1756 a trouvé preneur chez Christie's pour 77 343 euros en 2015, la même maison de ventes n'a enregistré que 17 900 euros pour un ensemble tout aussi complet qui datait du XXe siècle.

Étant donné que de nombreux motifs des débuts de Meissen ont été réédités, il faut décider si l'on préfère un original du XVIIIe siècle ou si une version ultérieure est suffisante.

Authenticité et restaurations

Lors d’un coup de cœur pour un modèle, il faut d'abord regarder sous la base, car c'est là que l'on trouve les marques de fabrique de Meissen, le plus souvent en couleur sous glaçure. August le Fort avait introduit ces marques en se calquant sur les marchandises importées de Chine, afin de se distinguer de la concurrence viennoise et de protéger les produits de sa manufacture.

Photos (du haut à gauche au bas à droite) © Sotheby's, © Bonhams, © Dorotheum, © Christie's
La marque de fabrique de la manufacture de Meissen a changé à maintes reprises. Après avoir initialement utilisé le monogramme AR (« Augustus Rex »), la célèbre marque à l'épée a été créée en 1723. Son design a été modifié plusieurs fois, ce qui permet de classer plus facilement un objet dans une certaine période.

La première marque était composée des initiales « AR  », qui signifient « Augustus », c'est-à-dire Auguste le Fort en sa qualité de roi de Pologne. En 1723, les épées croisées ont été introduites, d'abord en combinaison avec des séquences de lettres, comme « KPM » (Königliche Porzellan-Manufaktur), puis seules à partir de 1730 environ. Le design des épées a varié au fil du temps. Une étoile a été ajoutée sous Camillo Marcolini (1739-1814), qui a dirigé la manufacture de 1774 à 1814, et du milieu du XIXe siècle jusqu'en 1924, les épées avaient des pommeaux plus épais.

Mais qu'en est-il des toutes premières pièces qui ne présentaient pas encore de marque ? Il est possible d’identifier une pièce Meissen originale par sa porcelaine : bien que l'entreprise ait été lancée en 1708, la formule n'était pas encore tout à fait au point et la porcelaine avait un ton légèrement jaunâtre-grisâtre jusqu'à la fin des années 1720.

Les numéros de modèle, de décor ou de peinture utilisés selon un système spécial peuvent également servir d'indication pour authentifier une pièce. 

Outre l'examen des caractéristiques d'identification, il est également nécessaire de s'intéresser aux restaurations éventuelles. Les restaurations modernes sont parfois si habilement réalisées qu'il est difficile de les voir. En tournant (prudemment) une porcelaine à la lumière, un éclat partiellement différent peut être visible, indiquant un ajout moderne. Les réparations plus anciennes sont généralement plus faciles à repérer, car le matériau utilisé pour la réparation peut se décolorer avec le temps (ce qui n'est pas particulièrement souhaitable sur une figurine d'une blancheur immaculée).

Article paru le 13 janvier 2022 rédigé par Gritta von Toll sur le site de Barnebys -https://www.barnebys.fr/blog/

20 novembre 2025

CH12 - Jeu, jouets, outils et apprentissage des chimpanzés, pour Nadine

Voici trois jeunes chimpanzés se tenant compagnie dans les branches d'un arbre de la forêt ougandaise de Kibale pour mon amie suisse Nadine.

Des chimpanzés dans le Parc National Kibale en Ouganda
-photo sans nom d'auteur vue sur le site de https://www.tourschanteclerc.com/

Les chimpanzés (Pan troglodytes) font partie des espèces animales les plus proches de l’humain sur le plan phylogénétique. Une étude de terrain à long terme, menée pendant plus d’un demi-siècle sur les chimpanzés sauvages du groupe M dans le Parc national des monts Mahalé en Tanzanie (Mahalé), a révélé que les chimpanzés et les humains ont en commun de nombreux comportements longtemps attribués aux seuls humains, parmi lesquels l’utilisation d’outils. 

Ainsi, à Mahalé, les chimpanzés prennent les nervures principales de feuilles de végétaux, les plongent dans des fourmilières, les en extraient et mangent les fourmis qui s’y sont accrochées. Cette pratique de la pêche aux fourmis compte parmi les nombreux comportements culturels liés à l’utilisation d’outils, observés chez les chimpanzés de Mahalé. 

Pendant 10 ans, de 2008 à 2017 (161 jours d’observation au total), j’ai mené une étude de terrain sur les comportements relatifs à la manipulation d’objets par les chimpanzés sauvages du groupe M à Mahalé, en répertoriant tous les comportements observés en relation avec le maniement d’outils ainsi que les objets manipulés par les membres du groupe M dans tous les groupes d’âge. Les membres les plus âgés partagent des compétences communes, mais ils n’enseignent jamais aux membres novices la manière d’utiliser ou de fabriquer des outils. 

On retrouve chez les jeunes la même différenciation sexuée que celle qui s’observe parmi les adultes dans l’utilisation des outils. Chez les bébés, la plupart des attitudes en lien avec la manipulation d’objets ne semblent avoir ni fonction ni but apparent. Cependant, leur manipulation répétitive donne lieu à divers types d’actions qui varient selon les caractéristiques physiques de l’objet manœuvré. C’est ainsi que les bébés acquièrent par l’interaction sociale les compétences nécessaires à l’utilisation ou à la fabrication d’outils fonctionnels variés, par renforcement du stimulus plutôt que par un enseignement dispensé par d’autres individus. 

En particulier, le jeu fournit aux novices une opportunité essentielle ; celle de connaître les caractéristiques physiques des objets et d’acquérir les compétences nécessaires à l’utilisation d’objets fonctionnels comme outils. Les différences de sexe dans le comportement lié à la manipulation d’objets, déjà observées dans la période juvénile, se maintiennent durant le processus de développement, donnant lieu à des comportements spécifiques au groupe.

Source : https://journals.openedition.org/tc/16279

7 novembre 2025

Le plasticien Jérémy Gobé utilise la dentelle pour sauver le tissu corallien, pour Nadine

Pour ce beau sujet sur la dentelle au fuseau , j'ai pensé à mon amie suisse qui aime tout ce qui est textile, authentique et de caractère. 

C'est donc à Nadine que je destine cette enveloppe où elle trouvera tout ce qui m'a tellement enthousiasmée lorsque j'ai découvert cet artiste plasticien et la géniale idée qu'il a eue, en partant d'un morceau de corail trouvé chez Emmaüs. 

Composition textile à partir d'une bande de dentelle au point d'esprit superposée
à des photos trouvées sur le site  https://www.codif-tn.com/fr/actualites/21-corail-artefact

J'espère que ce mail-art (un peu chargé) plaira à mon amie Nadine et qu'elle en aura rapidement réception. 
***
Avec le réchauffement climatique, les coraux sont largement en train de dépérir : je vous présente ici un artiste qui s'en préoccupe avec intelligence et beauté.
photos trouvées sur le site https://artofchange21.com/fr/conversation-lartiste-jeremy-gobe/
« Un art qui a de la vie ne reproduit pas le passé ; il le continue ». L’histoire de Corail Artefact pourrait être racontée comme l’allégorie de ce verbatim qu’Auguste Rodin avait formulé il y a de cela plus d’un siècle. Cette histoire, c’est avant tout celle d’une rencontre entre un homme et un objet dont l’esthétique est venue altérer le cours de sa vie. Arpentant un marché d’Emmaüs, Jérémy Gobé tombe sur un corail dont la forme unique l’inspirera au point d’être à l’origine d’un projet ambitieux, qui deviendra plus tard Corail Artefact. Ce programme de Recherche Développement et Innovation (RDI) se propose en effet d’associer art, science, industrie et éducation pour sauvegarder l’existence de deux tissus en voie d’extinction : le tissu corallien et le tissu industriel français. Désormais connu pour ses œuvres exposées dans le monde entier, allant de Dubaï à Paris en passant par New-York, le travail de Jérémy Gobé effectué dans le cadre de sa structure peut être lu comme la matérialisation artistique des aspirations du 3Zéro : celles d’une ambition toujours renouvelée d’embrasser les dimensions sociales, économiques et écologiques dans un seul et même mouvement, entraînant les individus vers un avenir plus responsable et inclusif.

«Avant de résider à Paris, j’habitais en Lorraine où j’ai pu voir autour de moi toutes les usines de textile fermer. La matière textile m’est devenue familière, elle est le matériau de mes sculptures et le matériau vers lequel je reviens quand j’ai des doutes ou quand j’ai besoin de me sentir bien».

Été 2017. Sur invitation de l’association lyonnaise HS-Projets, Jérémy Gobé se rend à Clermont Ferrand pour participer à participer à l’édition 2018 du Festival International des Textiles Extraordinaires. Puisant dans les coutumes locales, il y créé une œuvre en s’inspirant de la technique de dentelle traditionnelle du Puy en Velay, la dentelle au fuseau, qui s’exprime particulièrement en un point de dentelle emblématique : le point d’esprit. Les motifs de cette technique ont immédiatement fait ressurgir l’image du corail qu’il avait rencontré précédemment, lui inspirant un an plus tard la création de Corail Artefact. Le projet se propose depuis d’explorer les solutions à mi-chemin entre la science, l’industrie et l’art pour sauver le corail et l’industrie textile française.
photos trouvées sur le site https://www.codif-tn.com/fr/actualites/21-corail-artefact

«Le marché de l’art a éloigné l’artiste de la société», déplore Jérémy Gobé. Pourtant, l’art a aussi vocation à inviter les individus à entrer dans une relation de proximité avec les choses : là où les coraux semblent recouvrir une réalité lointaine pour un urbain de France métropolitaine, l’œuvre d’art rappelle que nous sommes pourtant intimement liés à leur survie.

La destruction des récifs de coraux, qui agissent comme une protection des côtes contre la houle océanique, entraine logiquement des conséquences sur les populations côtières, alors contraintes d’abandonner leurs terres. Avec ces 57 557 km² de récifs coralliens dans les trois océans du monde, la France se positionne en 4ème position des pays possédant les plus longs récifs. Cette disposition géologique particulière lui impose une responsabilité morale et pratique dans leur préservation.

Face à la disparition inquiétante de ces espèces vivantes, Corail Artefact a travaillé à la création d’une « dentelle 2.0 » capable de protéger et régénérer les coraux. Cette dentelle en coton, améliorée par des fibres particulières, constitue un support idéal de régénération. Elle dispose en effet de trois qualités majeures pour la régénération des coraux : rugosité, souplesse et transparence, en plus d’être biosourçable, biodégradable et biomimétique. Parallèlement au protocole scientifique établit pour la création de cette dentelle, un béton écologique a été développé pour aider les coraux à se fixer, et le plastique banni de la production. Corail Artefact propose désormais des objets esthétiques respectueux de l’environnement puisqu’ils s’appuient sur du prototypage 3D avec des matériaux écologiques, biosourcés et compostables.

Par l’intermédiaire du projet « Enfants Ambassadeurs », Corail Artefact joint une dimension éducative à son ambition de décarboner ses activités de production. Des enfants situés majoritairement dans des milieux défavorisés sont ainsi invités, au travers d’activités scientifiques, manuelles et créatives, à devenir de jeunes ambassadeurs de la protection des coraux et de l’environnement.

L’éducation et la sensibilisation aux enjeux environnementaux ne s’arrêtant pas aux murs de l’école, ce sont également certains lieux publics qui ont été investis. Ainsi de la Gare Saint-Lazare, à Paris, où se trouve Coalition, une œuvre imposante faite de dentelle et recouverte d’un voilage particulier. Celui-ci est en effet capable de dépolluer l’air, et a nécessité deux ans de développement ; c’est à la fois un hommage rendu au savoir-faire et à la tradition de l’artisanat textile français et l’illustration du lien entre savoir-faire traditionnel et innovation.

C’est aussi un moyen de sensibiliser le public à la disparition du corail « Cerveau de Neptune », dont le motif vermiculé caractéristique est repris dans cette œuvre, mais également dans de nombreux monuments parisiens, comme le Louvre, symbolisant la circulation de la vie que l’artiste déploie dans son travail. Car c’est cela qui motive Jérémy Gobé, derrière Corail Artefact : ramener l’art dans la vie.

Corail Artefact en quelques chiffres :
3 piliers d’actions : régénérer, remplacer, sensibiliser
27 expositions organisées depuis 2018
5 vidéos pédagogiques pour sensibiliser aux enjeux de la préservation du corail
100% des emballages fabriqués en PLA (biopolymères) sont recyclables et compostables

source : https://www.convergences.org/corail-artefact-la-dentelle-pour-sauver-le-tissu-corallien/#:~:text=Face%20%C3%A0%20la%20disparition%20inqui%C3%A9tante,un%20support%20id%C3%A9al%20de%20r%C3%A9g%C3%A9n%C3%A9ration.
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Il sauve les coraux grâce à la dentelle - Vidéo Youtube sur la chaine des Pandas Roux 
Jérémy Gobé est artiste-plasticien. En 2017, il est invité par Hs Projet à participer au Festival des Textiles Extraordinaires qui le mènera jusqu'à la SCOP Fontanille, située au Puy-en-Velay, coopérative spécialisée dans la fabrication de la dentelle. C'est ainsi que né Corail Artefact qui mêle art, sciences et industrie au service des coraux et de leurs récifs. Discussion avec Jérémy, artiste passionné et passionnant.
Vidéo Youtube de France Culture - Jeremy Gobé utilise la dentelle pour sauver les coraux
La dentelle et le corail ne seraient-ils pas frère et sœur ? Il n'en fallait pas plus à cet artiste pour redonner la vie à des récifs malmenés par l'homme

Fin 2022, au large de la Guadeloupe, les récifs coralliens se pareront de dentelle. Cette greffe pourrait bien contribuer à réparer les coraux, poumons de l’océan, là où 85% des récifs sont aujourd’hui menacés de disparition à cause du réchauffement climatique.

Corail Artefact est un projet porté par Jérémy Gobé. Il crée un lien entre la disparition du tissu corallien, élément vital du cycle naturel de notre planète et paupérisation du tissu industriel textile en France. Trois facteurs majeurs sont identifiés causant la dégradation des récifs coralliens, le réchauffement climatique, en grande partie dû aux gaz à effet de serre. La pêche en grande quantité, dynamite et/ou cyanure. Les plastiques qui, en se dégradant, libèrent des particules toxiques.

L’idée de Jérémy : Réfléchir à un support en dentelle pour stimuler la régénération corallienne. Il imagine une dentelle améliorée, inspirée du point d’esprit (motif traditionnel de dentelle au fuseau du Puy-en-Velay). Ce motif, créé il y a plus de 400 ans, ressemble à s’y méprendre au dessin d’un des squelettes coralliens qu’il utilise dans le cadre de ses expérimentions), en y intégrant des nouvelles technologies et en proposant d’autres fibres biosourcées en local. Son programme de Recherche, Développement et Innovation (RDI) associe art, science, industrie et éducation. Ce projet comprend le support dentelle, mais aussi des structures en béton écologique pour recréer les récifs détruits. Des outils d’aquariologie pour éviter que lors de l’expérimentation (en laboratoire et in situ), les coraux soient en présence d’éléments toxiques (plastiques, colles, …). Des objets au design évocateur, utiles, écologiques et mettant en valeur des matériaux alternatifs au plastique, destinés à démontrer qu’il est possible de modifier nos habitudes et enfin un ensemble de contenus et d’événements de sensibilisation auprès des scolaires et du grand public.

« Toutes ces actions sont en lien avec les populations et les ressources locales, afin de créer un cercle vertueux, économique, écologique et humain ».

Afin de poursuivre le développement des actions Corail Artefact, les partenaires et prestataires sont renouvelés et le projet se structure avec un fonds de dotation corail artefact, une SAS corail artefact Art & Design et une SAS corail artefact Science et Technology.

Les actions de l’ONG se résument en trois points : “régénérer, remplacer et sensibiliser" avec un objectif global : « toutes ces actions sont en lien avec les populations et les ressources locales, afin de créer un cercle vertueux, économique, écologique et humain ». En se basant sur la tutelle, Corail Artefact mise sur l'éco responsabilité, puisque le matériau utilisé est 100% biodégradable. L’objectif est également de remplacer les dispositifs déjà existants faits de béton par lesdits supports en dentelle. Lors de premiers tests en Guadeloupe, la dentelle a tenu 148 jours, soit presque cinq mois !

D’autres projets visant à la régénération des coraux ont également vu le jour ces derniers temps. C’est notamment le cas de Coral Guardian qui est déjà passée à l’action. L’association a permis la réimplantation de 40.000 coraux entre la mer de Florès en Indonésie et la mer Méditerranée en Espagne. Pour continuer sur sa lancée Corail Artefact compte également sur le soutien des populations locales, pour les sensibiliser à ce sujet et à l’importance des coraux. Entre la disparition totale des coraux annoncée pour 2050 et le dernier rapport du GIEC qui décrète la mise en place urgente d’actions à travers le monde, il est temps d’agir.

Article sur Corail Artefact écrit par Adrien Maudet et Nicolas Guinaudeau-  May 7, 2022 - 19:34
source https://cnj44.media/Adrien-Maudet,-Nicolas-Guinaudeau

*** LE SAVIEZ VOUS ? ***
Avec le dépérissement massif des coraux, la planète aurait franchi son premier «point de bascule», alerte une équipe de scientifiques issu·es d’universités du monde entier, dans une étude publiée ce lundi 13 octobre 2025

À +1,4°C de réchauffement climatique par rapport au milieu du 19ème siècle (soit le niveau actuel), ces récifs «subissent un dépérissement sans précédent, affectant la subsistance de centaines de millions de personnes qui en dépendent», a expliqué Tim Lenton, principal auteur de l’étude et chercheur en sciences de l’environnement à l’université d’Exeter (Royaume-Uni).

Les points de bascule ne doivent pas être confondus avec les «limites planétaires». Ils sont neuf et correspondent à de grands équilibres planétaires menacés, parmi lesquels : le dépérissement de la forêt amazonienne, le dégel du permafrost, de déplacement de la mousson d’Afrique de l’Ouest, ou l’arrêt de la circulation méridionale de retournement de l’Atlantique (Amoc).

Le Giec définit un point de bascule comme un «degré de changement des propriétés d’un système au-delà duquel le système en question se réorganise, souvent de façon abrupte, et ne retrouve pas son état initial même si les facteurs du changement sont éliminés». Autrement dit, une fois qu’ils sont franchis, ces grands équilibres basculent vers un nouvel état et risquent d’aggraver en retour la crise climatique.

Et vous, vous étiez au courant de l’importance des coraux dans l’équilibre de nos écosystèmes ?
source : Reporterre

29 septembre 2025

La vie en rose et en plumes, de la part de Nadine

Troisième et dernier courrier en provenance de la Suisse et celui-ci me change des couleurs des missives reçues habituellement : d'ailleurs mon interlocutrice Nadine, facétieuse, l'a adressé à Dentellerose cette fois!

Tout comme l'enveloppe délicieusement couverte de plume et de duvet blanc et rose, c'est une missive pleine de douceur  et d'attentions : dans ce monde qui marche sur la tête, qu'il est bon de lire les mots plein de sagesse de Nadine. Je suis admirative de cette factulté qu'elle a et qu'elle cultive d'arriver à se mettre en retrait de tout ce qui est facheux, et de rester ouverte au positif afin de voir le verre à moitié plein plutôt que le verre à moitié vide. C'est une qualité qui ne m'est pas donnée hélas, et je le regrette bien. 

Chère Nadine, je te remercie infiniment de cette magnifique enveloppe et de tout ce que tu me racontes : tu as pu passer un bel été, entre visites des amis, randos, expositions et concert... c'est super tu as pu faire le plein de bonnes énergies et je m'en réjouis pour toi. 

Alors bonne entrée dans l'automne, et à bientôt dans ta boite aux lettres. 

3 septembre 2025

Les boulangers des cantons suisses sont très créatifs, pour Nadine

Récemment j'ai fait des recherches sur les pains du monde pour répondre à un appel à mail-art international. C'est ainsi que j'ai été amenée à rechercher en Europe les pays où il existe encore de belles traditions boulangères, avec des boutiques de boulangerie avec fournil, qui fabriquent et vendent directement à leurs clients du bon pain -au levain souvent-  loin de ces productions industrielles que l'on retrouve partout dans les chaines de boulangerie et les rayons boulangerie des grandes surfaces. 

Je pensai que la France était riche de variétés nombreuses de pain (environ 80)  mais hélas tous ne sont pas produits d'une manière naturelle. En fait, la Suisse nous bat platement car il existe pas moins de 200 spécialités de pain, une telle variété s'expliquant  par le fait que chaque canton a ses spécialités ; la géographie du pays plutôt montagneux explique peut-être aussi la variété de goût des céréales produites et utilisées pour la confection de ces pains,  essentiellement du blé tendre, un peu de seigle et d'épeautre.  

Quelques exemples : le pain tessinois,  le pain bâlois, le pain du 1er Août (jour de la fête nationale suisse), le bürli en Suisse alemanique, le pain du Jura,  la couronne de pain de seigle des Grisons, le pain vaudois, etc...Certains pains ont même reçu une AOP, comme le pain de seigle valaisan et la Cuchaule, c'est dingue!

Alors quoi de plus naturel que de confectionner un bel étal de pains suisses sur du linge de maison pour mon amie Nadine? Ils sont encore plein de farine! J'imagine qu'habitant à Chateau d'Oex, commune entrant dans le périmètre du  fromage d''Etivaz, elle ne doit pas bouder son plaisir en mariant ce deux productions naturelles locales pour en déceler toutes les qualités organoleptiques. 

Chère Nadine, je te souhaite une bonne réception de ce mail-art et bon appétit, bien sûr!