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28 août 2026

"Y a un monde" : celui de Noé Preszow et je l'espère, d'encore beaucoup d'autres!

Depuis des mois je me sens submergée par tout le négatif et l'immonde qui nous entoure et nous phagocyte de plus en plus, au point de ne plus arriver à créer... mais heureusement de temps en temps, je trouve une pépite qui me redonne de l'espoir.

Écoutez ce bel artiste qui nous permet de penser que nous ne sommes pas tout seul face à l'absurdité et à la violence du monde. Merci Noé pour ces paroles qui font tant de bien! 

Clip de la chanson Y a un monde sur la chaine Youtube de l'artiste

Y A UN MONDE 

Y'a un monde en dehors, je t'assure
Y'a un monde en dehors de l'usure
Qu'on inflige à nos cœurs, à nos corps
En dévorant tout c'qui nous dévore
Y'a un monde en dehors des dorures
Y'a un monde en dehors où l'azur
Se cache dans des toutes petites brèches
Y'a pas de mot de passe ni de flèche

Y'a un monde en dehors d'ces ordures
Qui ravivent toujours plus la brûlure
En allant répandre sur des plateaux
Du vide vendu comme de l'info
Qui parlent tellement fort tellement mal
Que ça fait même peur aux étoiles
Y'a un monde où on ose rester sourd
À tout ce qui ne porte pas secours
Y'a un monde

Où les souffles fragiles comme les nôtres se répondent
Où les cœurs sans dieu ni maître correspondent
Où les poings sans drapeau se lèvent à chaque seconde
Y'a un monde

Y'a des gens
Qui rêvent ni d'être riches ni d'être puissants
Qui cherchent pas à être partout en même temps
Pour qui l'immensité c'est d'abord être vivant
Y'a un monde loin de la Fashion Week
Y'a un monde où c'est juste pathétique

Y'a un monde où c'est juste la honte
D'poser à moitié nu pour une montre
Un monde où le nombre de followers
N'a strictement aucune valeur
Où ça ne fait plus rêver personne
De cautionner ce qui emprisonne

Y'a un monde qui n'se laisse pas faire
Et qui croit encore à la colère
Qui croit à la désobéissance
Quand un flic dit « recule » on avance
Un monde qui n'attend pas qu'on lui dise
De quel vice ou de quelle marchandise
Il a besoin pour s'épanouir
Un monde qui n'a pas besoin de fuir
Y'a un monde

Où les souffles fragiles comme les nôtres se répondent
Où les cœurs sans dieu ni maître correspondent
Où les poings sans drapeau se lèvent à chaque seconde
Y'a un monde

Y'a des gens
Qui rêvent ni d'être riches ni d'être puissants
Qui cherchent pas à être partout en même temps
Pour qui l'immensité c'est d'abord être vivant

Ce monde n'appartient pas à hier
Il est dans les yeux de ta sœur, de mon frère
Il est, il est là quelque part dans la brume
Il perd jamais ses ailes juste des plumes
C'est pas un rêve, pas une métaphore
C'est un monde qui fait trembler les porcs
Et si tu as du mal à me croire

Ce monde je t'en prie viens le voir
Viens le voir
Viens le voir
Viens le voir
Viens le voir
Viens le voir
Viens le voir
Viens le voir
Viens le voir


Paroles.net dispose d'un accord de licence de paroles de chansons avec la Société des Editeurs et Auteurs de Musique (SEAM)

Je vous avais déjà fait écouter cet auteur-compositeur-interprètre belge ICI, et décidément, j'aime beaucoup ce qu'il fait. Merci à lui pour toute l'humanité qu'il dégage et pour toutes les questions essentielles qu'il se pose, qu'il nous pose. 

24 août 2026

La Palestine pleure le peintre Sliman Mansour, l'un des plus aimés et des plus influents de son histoire

Ce 24 août, tout le peuple palestinien perd avec le peintre Sliman Mansour l'un de ses plus fervent soutien. Il était le pionnier de l'art de la résistance palistinienne et  vient de s'éteindre à Jérusalem à l'age de 79 ans. 
Sliman Mansour ( photo Nadda Osman/MEE)
Ce nom ne doit pas vous être totalement inconnu car je vous avais déjà parlé de lui ici, lorsque j'ai beaucoup mailarté sur le sujet de Gaza et du génocide qui s'y perpétue toujours à bas bruit, en utilisant et mettant en avant plusieurs artistes palestiniens évoquant la tragédie vécue par ce peuple depuis 1948.

Nul doute que longtemps après son passage ici-bas, son oeuvre saura perpétrer son attachement viscéral à sa terre et son amour pour la beauté originelle de son pays, La Palestine : pour toujours elle restera dans les mémoires de tous ceux qui ont pu voir ses oeuvres dans des expositions internationales, malgré tous les vents contraires. 

Pour vous faire ressentir au mieux toute la générosité, l'engagement de cet artiste-là et son amour profondément enraciné pour ses origines et pour sa terre, je vous ai rassemblé, ci-dessous, plusieurs témoignages que cet homme a laissé auprès de ceux qui ont eu la chance de le rencontrer ou de le cotoyer. 
***

Né en 1947 à Birzeit, en Palestine – une année avant la tragique Nakba – la vie de Suleiman Mansour a été inextricablement liée au récit continu de son pays natal. Plus qu’un simple artiste, il est un chroniqueur culturel, un conteur visuel profondément ancré dans le concept de “sumud” – terme arabe désignant la constance, la résilience, la capacité à persévérer malgré l'adversité. Ses peintures et sculptures ne sont pas de simples représentations de paysages ; ce sont des méditations profondes sur la survie, la mémoire et l’esprit indomptable du peuple palestinien.

Sa formation artistique précoce à l’Académie Bezalel d'Arts et de Design à Jérusalem l’a initialement orienté vers un style réaliste, une rébellion délibérée contre l’abstraction expressionniste dominante. Il cherchait à capturer les réalités tangibles de la vie quotidienne en Palestine – les visages de ses habitants, les textures de son environnement et les échos de son histoire. Cet engagement à représenter l'expérience authentique est devenu une caractéristique déterminante de son œuvre. Cependant, c’est sa participation aux troubles du Premier Intifada en 1987 qui a véritablement enflammé son objectif artistique. Témoin direct des luttes et de la résistance, il a souhaité utiliser l’art comme un outil de préservation culturelle et de commentaire politique.

En 1987, Mansour co-fonde le groupe influent “Nouvelles Visions”, aux côtés d’artistes tels que Vera Tamari, Tayseer Barakat et Nabil Anani. Ce groupe représente un changement radical dans l'art palestinien, s'éloignant des espaces galeries traditionnels et embrassant une position politique profonde. Reconnaissant les limitations imposées par l'occupation israélienne – en particulier la dépendance aux fournitures artistiques importées – ils ont conçu une stratégie brillante : créer leurs propres matériaux à partir de ressources trouvées au sein même de la Palestine. L’argile est devenue un élément central de leur travail, s’inspirant des souvenirs d’enfance de Mansour de son enfance, fabriquant des potiers et des fours avec cette substance humble mais polyvalente.

Ce choix délibéré de matériau était profondément symbolique. Les fissures et les imperfections inhérentes à l'argile reflétaient les failles de la société palestinienne, les cicatrices du déplacement et la fragilité de l’existence sous l'occupation. Cela représentait un rejet des influences extérieures et une affirmation de l'autosuffisance – une déclaration visuelle puissante contre les limitations imposées par le conflit. Comme Mansour lui-même l'a dit : « Après un certain temps, une fois que j'ai commencé à faire des figures, je me suis rendu compte que l’argile reflétait aussi le destin humain avec ses fissures, les gens attendant de disparaître, de tomber et de s’en aller. »

Paysages de Perte et de Mémoire
Les œuvres les plus emblématiques de Mansour représentent souvent des villages palestiniens détruits – Yibna, Yalo, Imwas et Bayt Dajan – représentés dans une série poignante et magnifique créée en 1988. Ces peintures ne sont pas des monuments célébratifs ; elles servent plutôt de mémoriaux émouvants à la communauté perdue et au déplacement infligé par le conflit. Les paysages austères, souvent dominés par une terre aride et des ruines délabrées, évoquent un sentiment de perte profonde et de résilience durable. Pourtant, au milieu de ces scènes de destruction, il y a aussi une force indéniable – un témoignage de ceux qui restent et de leur détermination à préserver leur héritage.
Au-delà de ces œuvres monumentales, les peintures de Mansour représentent souvent des femmes vêtues de vêtements traditionnels palestiniens, capturant la dignité et la résilience de la féminité palestinienne. Il maîtrise également le paysage levant – oliviers, pentes en terrasses, arbres anciens – créant une tapisserie visuelle qui célèbre la beauté et l'attachement durable à la terre. Son œuvre est profondément informée par son héritage culturel et reflète les complexités de la vie en Palestine.

Héritage et Reconnaissance
L’impact de Suleiman Mansour s’étend bien au-delà de la toile. Il a été un éducateur dévoué, enseignant dans de nombreuses institutions, notamment l'Université Al-Quds, façonnant ainsi les générations d'artistes palestiniens. Il a également occupé le poste de chef du Ligue des Artistes Palestins de 1986 à 1990 et a joué un rôle essentiel dans la création d’une infrastructure pour les arts au sein de la Palestine. Ses contributions ont été reconnues internationalement, avec des expositions organisées dans des lieux prestigieux tels que le Musée d'Art d'Israël.
Son œuvre a été largement documentée, notamment en co-écrivant “Both Sides of Peace: Israeli and Palestinian Political Poster Art”, mettant en valeur son engagement envers la discussion politique à travers l’art. Mansour reste un artiste actif aujourd’hui, explorant continuellement les thèmes de “sumud” et d'identité culturelle.
Source : ArtDots

Le tableau Jamal Al Mahamel de Sliman Mansour -2005- appelé aussi le "chameau de fardeau"
est considéré comme l'oeuvre d'art la plus célèbre d'un artiste du Moyen-Orien. Il représente un homme portant sur son dos le fardeau de sa nostalgie ainsi que le poids de toute la cause palestinienne
***
Né en 1947 et élevé dans les collines verdoyantes de Birzeit, l'une des rares villes chrétiennes palestiniennes restantes, située au centre de la Cisjordanie, puis ayant vécu à Bethléem et à Jérusalem, l'œuvre d'art de Sliman, d'une beauté expressive et émouvante, incarne la constance, reflétant les espoirs et les réalités d'une culture face à une occupation militaire implacable.
Sliman Mansour a expérimenté la boue dans sa peinture (MEE/Nadda Osman)
Depuis le début des années 1970, Sliman traduit ses expériences d'isolement, de déracinement, de communauté et d'enracinement à travers l'imagerie, les symboles et les matériaux naturels dans son œuvre. Ce qui avait commencé comme un boycott des fournitures artistiques israéliennes durant la première Intifada (1987-1993) est rapidement devenu une expression riche et profonde de la culture palestinienne. Les matériaux naturels locaux, tels que le café, le henné, le foin et la boue, sont devenus ses outils de prédilection.
à gauche : Absent Présent I  -2018- / Absent présent II -2019-
L'utilisation de terres palestiniennes réelles pour créer des œuvres d'art lui a permis de capturer l'essence de l'enracinement palestinien, juxtaposée à la fragmentation du paysage politique et géographique – qui se reflète dans les fissures qui apparaissent dans la boue en séchant.

Comme le souligne Sliman : « J’ai été façonné par le paysage palestinien. La terre joue un rôle important dans mon art et dans ma nature humaine." Je me suis dit : “Plutôt que de dessiner la terre, je dessinerai avec la terre.” Lors des expositions, les gens “respiraient” mes œuvres ; ils ressentaient l’héritage palestinien par le toucher, par l’odorat, par tous leurs sens. »

Source : extrait d'une interview Embrace
***

Les peintures de Mansour documentent et décrivent l’occupation de la Palestine (Nadda Osman/MEE)

Le symbole comme résistance
Outre l’olivier, le travail de Mansour présente un certain nombre d’autres symboles associés à la lutte palestinienne, tels que l’orange de Jaffa, les thobes brodés dans le style traditionnel tatreez, la colombe et le foulard keffieh.

« Quand je peins des orangers, je peins des terres qui étaient occupées en 1948, et quand je peins des oliviers, je peins des terres qui étaient occupées en 1967 », dit-il en faisant référence à la Nakba, ainsi qu’à la conquête israélienne ultérieure de la Cisjordanie, de Jérusalem-Est et de Gaza.


à gauche: Orange Grove -1984- / à droite : olive picking - 1988-
Un autre symbole plus récent, selon Mansour, est le cactus, qui, selon lui, est maintenant associé à la résistance et à la lutte palestiniennes. « Si vous vouliez savoir s’il y avait autrefois un village, vous cherchez les cactus. Ils ne meurent pas facilement », dit-il.

La conservation d’un réseau de symboles, qui renforce l’identité palestinienne et contribue sans doute à la maintenir en vie, a hérissé le poil en Israël. 

Mansour dit que son travail est scruté depuis des décennies. « En 1979, quand on a commencé à faire des expositions, les Israéliens venaient confisquer des tableaux qu’ils n’aimaient pas », dit-il, ajoutant : « Je regardais ce qu’ils prenaient, et c’était des bêtises, comme une paysanne portant de belles broderies et travaillant dans les champs. » La justification présentée par les Israéliens à Mansour et à d’autres artistes était que les images constituaient une «incitation». Pour les artistes eux-mêmes, l’idée d’une femme palestinienne s’occupant de sa terre sape directement le mythe fondateur d’Israël des pionniers sionistes transformant le désert en terres agricoles.

Mansour dit également que des responsables israéliens ont visité ses expositions dans le passé et les ont fermées, emportant avec eux les clés de la galerie abritant son travail. «Ils nous rencontraient et discutaient de l’art que nous devrions faire, nous disant de peindre de belles fleurs ou de belles femmes au lieu d’art politique. » Si leur intention était d’étouffer l’activisme palestinien par l’art, l’objectif s’est complètement retourné contre eux.

«Tout ce qui a mis Israël en colère est devenu plus tard un symbole », explique Mansour, décrivant comment la réaction d’Israël a forcé les artistes à adopter des symboles plus subtils de l’identité palestinienne. Par exemple la pastèque, qui est maintenant associée à la Palestine car elle partage les couleurs du drapeau palestinien.

L’artiste palestinien
Au fil des décennies, Mansour a rassemblé autour de lui des disciples dévoués et son travail a acquis une reconnaissance internationale.

Il a reçu le prix Unesco-Sharjah pour la culture arabe 2019 ; il a également reçu le grand prix de la Biennale du Caire en 1998 et le Prix Palestine des arts visuels en 1998.
Memory of Places, 2009. 
Aujourd’hui, Mansour consacre son temps au mentorat de jeunes artistes et étudiants, leur offrant la possibilité de développer leurs capacités créatives et de bénéficier de l’expérience de sa vie.

En tant qu’artiste, Mansour dit qu’il préfère éviter la politique. Mais en tant que Palestinien, l’art est une porte de sortie ; une façon d’apaiser une conscience qui ne lui permet pas de détourner le regard de la réalité de l’occupation. « Je crois fermement en l’importance d’embrasser votre métier et d’embrasser votre lien avec votre peuple, sa culture et sa quête de liberté », affirme Mansour. « Il est crucial que mes élèves saisissent le sentiment d’appartenance et qu’ils ne perdent jamais espoir. »
à gauche : perseverance and hope -1976-  / à droite : hope -1985-

« Si mon art peut convaincre mon peuple, alors il a le pouvoir d’influencer n’importe qui d’autre dans le monde », explique-t-il. «Je pense avoir apporté une contribution significative à l’art palestinien, non seulement par mes propres créations mais aussi en aidant à la création de la Ligue des artistes palestiniens. Je peux dire que j’ai la conscience tranquille. »

Lorsqu’on lui demande ce qu’il peindrait s’il n’y avait pas d’occupation, Mansour répond : « Je peindrais des fleurs et des femmes captivantes.»

Source : extrait d'un article  original en anglais sur Middle East Eye / Traduction MR 

***
Ce n'est pas un artiste qui me captive par sa technique picturale, mais il me séduit par son talent à susciter l'émotion, sa subtilité et, surtout, sa capacité à insuffler l'espoir. On pourrait s'attendre à ce qu'un artiste, un peintre, plongé dans une guerre sans fin, voyant son peuple opprimé pendant des années, voyant d'autres détruire non seulement des vies mais aussi les maigres moyens de subsistance dont il dispose, et qui souhaite traduire cette souffrance sur la toile, le fasse avec des tableaux empreints d'horreur, de larmes et de sang – bref, qu'il crée des œuvres déchirantes dénonçant la douleur de son peuple.
à gauche : motherhood (2023) / à droite : a wild flower from Galilée

On pourrait s'y attendre. Pourtant, ce n'est pas le cas de Sliman Mansour . Mansour est sans conteste le peintre palestinien le plus renommé sur la scène internationale ; il utilise l'innocence, la douceur, mais surtout la tendresse et l'espoir pour dénoncer l'horreur d'un massacre.Comment cela se fait-il ? Regardez l'une de ses œuvres. Elle s'intitule « Du fleuve à la mer ».
Du fleuve à la mer -2021
La maigre économie palestinienne repose sur la culture des oliviers et de quelques agrumes, comme les oranges, qu'ils récoltent à peine, vendant à un prix dérisoire pour survivre. Dans le tableau, une Palestinienne protège avec tendresse un arbre double, mi-olivier, mi-oranger, unique témoin de la vie dans un environnement où seules les pierres prospèrent.

De nombreux champs palestiniens sont rasés, privant ainsi leurs habitants de leur unique moyen de subsistance, afin que ces terres puissent être occupées par des colons israéliens, comme ce fut le cas en octobre dans un village près de Naplouse où 900 oliviers et autres arbres fruitiers ont été abattus. Pourtant, l'œuvre de Mansour ne manifeste ni colère ni violence, seulement tristesse et lamentation.

Ce type de violence injustifiable avait déjà été dénoncé par Sliman Mansour dans des œuvres bien antérieures.
(je n'ai pas réussi à  retrouver le nom de cette oeuvre de Sliman Mansour)
Mansour fut l'un des pionniers de l'utilisation de la pastèque comme symbole du peuple palestinien. Israël a perquisitionné à plusieurs reprises ses expositions et sa petite galerie d'art à Ramallah, confisquant ses œuvres en raison de leur contenu symbolique et de l'utilisation du vert, du blanc, du noir et du rouge – les couleurs du drapeau palestinien, que l'on retrouve également dans la pastèque, d'où sa signification symbolique.
Aides des Nations Unies - 
Dans son œuvre « Aide des Nations Unies », il établit un parallèle saisissant entre la fuite d'une mère palestinienne, attendant anxieusement une aide inconnue au bord d'une route, ne possédant qu'un morceau de pain provenant de l'aide internationale, et l'image de Marie fuyant en Égypte avec Jésus dans les bras et l'âne en arrière-plan.

L'influence de son œuvre a atteint un niveau international, figurant dans des expositions du monde entier, un outil grâce auquel Sliman est convaincu qu'il peut contribuer à instaurer la coexistence. 

"Je suis certain qu'à terme, nous verrons émerger un État où chacun vivra dans l'égalité des droits. Je crois que c'est là l'objectif premier de tout être humain sensé, qu'il soit israélien ou palestinien. C'est la seule façon de vivre en paix sur cette terre". Comme le montre son œuvre « La récolte des oranges ».

J'espère qu'un jour ses paroles se réaliseront.
Extrait de l'article de Jose Ramon Bosque  : https://lagarcetadelaribera.org/sliman-mansour/

***

Merci à Sliman Mansour, incomparable artiste dont le travail fut l'essence de l'immortalité, la mémoire culturelle d'un peuple incassable dans l'art d'un homme extraordinaire. 
Qu'il repose en paix!

Courage et pensées  à tous les Palestiniens de Gaza, de Cisjordanie, de Jérusalem et à tous les exilés qui perdent aujourd'hui un très grand ambassadeur de la Palestine!

11 août 2026

Attention aux voleurs d'eau : déjà en 1989, Henri Salvador nous alertait

L'eau c'est la vie et c'est un bien commun. 
Pourtant certains se l'approprient à nos dépends : 

Les sources et les nappes phréatiques sont mises à mal par les sociétés d'embouteillages de l'eau, même si cela lèse grandement les producteurs locaux (agriculteurs, éleveurs, maraichers),

 Certains villages depuis plusieurs années n'ont plus d'eau potable au robinet, tant elle a été viciée par des polluants éternels et autres résidus de pesticides

L'agro-industrie et tous les lobbyes de l'agro-chimie font voter des lois au mépris de toute démocratie pour en détourner un maximum en demandant l'extension des méga-bassines, afin de continuer à cultiver des céréales gourmandes en eau. 

Pourtant jamais la sécheresse n'a fait autant de dégâts partout, les paturages même en altitude sont devenus paillassons, et les éleveurs ayant déjà commencé à utiliser le stock de fourrage prévu pour la mauvaise saison, se demandent ce qu'ils pourront donner à manger aux bêtes cet hiver. 

La multiplicité et la propagation de méga-feux qui détruisent nos paysages et nos habitations n'a jamais été si importante sur le territoire français où cela brûle partout : et nous savons tous combien il est important d'avoir beaucoup d'eau à disposition pour les pompiers et tous les sauveteurs bénévoles. 

INDISPENSABLE A LA VIE, L'EAU EST UNE RESSOURCE ESSENTIELLE QUI SE RAREFIE.  

La consommation domestique de l'eau représente 10 à 15% de la ressource disponible. Alors à chacun de nous d'adopter de bonnes habitudes, des gestes de préservation pour ne surtout pas la gaspiller

Continuons sur le terrain à exercer une vigilance active pour alerter les autorités compétentes à chaque fois qu'un détournement ou un prélèvement illégal par les industriels est constaté. 
A ce stade, ce n'est pas de la délation, c'est de la résistance!

***
Même s'il n'est pas réputé pour sa  sensibilité à l'écologie, dans cette chanson  Henri Salvador chantait déjà en 1989 tout ce qui touchait au détournement de l'eau pour en faire du profit. 
Henri Salvador - Les voleurs d'eau (Audio officiel) - 1989
vidéo publiée sur le site Youtube de 100% Chansons françaises

VOLEURS D’EAU 

Ils détournent la rivière, là haut, là haut
Ils se moquent de nos misères, là haut, là haut
Si la soif nous affaiblit
Et si nos sources sont taries
Tous nos troupeaux
Vont périr l'un après l'autre, là haut, là haut
Il faut sortir nos fusils, là haut, là haut
Il faut lutter pour nos vies
Mais d'abord il nous faut parler
A ces gringos
Tantôt
Nos terres sont les plus fertiles
C'est l'eau, c'est l'eau
Et nous vivions si tranquilles
De nos travaux
Quand nous montions dans nos barques
Lorsque nous pêchions dans le lac
Heureux, heureux
Ils veulent construire un barrage
Là haut, là haut
C'est la vallée qu'ils saccagent
Là haut, là haut
Ils inonderont nos villages
Et nous mettrons dans des cages
Là haut comme des corbeaux
Nous devons les empêcher
Là haut, là haut
De détruire nos foyers
Si beaux, si beaux
Tous les hommes vont s'armer
Toutes les femmes vont les aider
Il faut de l'eau
Il faut de l'eau

Il faut de l'eau
De l'eau
Ils nous montrent des contrats
C'est tout, c'est tout
Qui leur donnent tous les droits
Sur nous, sur nous
Ils veulent nous rayer du temps
Et puis du monde des vivants
Pour de l'argent, l'argent
Que ferions-nous dans leur ville
Tombeau, tombeau
Comme des tigres qu'on exile
Au zoo, au zoo
C'est pourquoi jusqu'au dernier
Nous lutterons pour exister
Pour l'eau, pour l'eau, pour l'eau, pour l'eau...
De l'eau, de l'eau, de l'eau...

Source : LyricFind - Paroliers : Bernard Michel / Henri Salvador -Paroles de Les Voleurs d’eau © Allo Music Editions

Logo et actions du Collectif Eau Voleurs

6 août 2026

On l'appelait Le Maestro : adieu Francesco Guccini, chanteur de l'amitié et des gens simples!

Francesco Guccini - photographie de La Presse

Tout le peuple italien en deuil rend hommage à Francesco Guccini, l'un des plus grands auteurs-compositeurs-interprètes de la Péninsule. Ses chansons, d'une grande portée artistique, existentielle, politique et sociale, ont marqué l'histoire de la chanson italienne. L'artiste s'est éteint à son domicile de Pavana, à l'age de 83 ans. "Guccio" comme il était aussi surnommé, était très populaire et très aimé, beaucoup par les provinciaux et les petites gens :  aujourd'hui beaucoup ont le sentiment d'avoir perdu un ami véritable. 

Je vous mets un lien vers son site internet officiel où  sa biographie est détaillée, lui l'enfant de Modène né le 14 juin 1940 soit quatre jours après l'entrée en guerre de l'Italie fasciste. 

Au cours des cinq décennies de sa carrière musicale, il a enregistré 16 albums et collections en studio et 6 albums live. Il est aussi écrivain, ayant publié des romans autobiographiques et des romans noirs, ainsi que comique. Francesco Guccini a également travaillé comme acteur, compositeur de bandes sonores, lexicographe et dialectologue.
Ses textes ont été loués pour leur valeur poétique et littéraire et ont été utilisés dans les écoles de poésie moderne. Guccini a gagné l'appréciation des critiques et des fans, qui le considèrent comme une figure emblématique. Il a reçu plusieurs prix pour ses travaux ; un astéroïde, une espèce de cactus et une sous-espèce de papillon ont été baptisés de son nom. L'instrument principal de la plupart de ses chansons est la guitare acoustique. 
Personnage placé à gauche sur l'échiquier politique, Francesco Guccini a traité des questions politiques et plus généralement du climat politique de son époque dans certaines chansons.
(source Wikipédia)

Comme je ne parle pas sa langue, même si j'ai 50% de sang italien dans les veines, j'ai voulu, avec trois de ses chansons, vous donner à entendre et à lire la grande humanité et le profond engagement de cet immense auteur- compositeur-interprête, qu'était Francesco Guccini.

Premier choix : ode à la liberté

Chanson live La tua liberta - Vidéo publiée sur la chaine Youtube de Haller 

LA TUA LIBERTA / TA LIBERTÉ

Oltre le mura / au-delà des murs
Delle città / des villes
Un orizzonte insegue un orizzonte / un horizon poursuit un horizon
A un'autostrada, un'altra seguirà / une autoroute en suivra une autre
Gli spazi sono fatti per andare / les espaces sont faits pour avancer
La tua libertà / ta liberté
Se vuoi / si tu le veux
La puoi trovare / tu peux la trouver
 
E un uomo saggio / Et un homme sage
Regole farà / fera des règles,
Una prigione fatta di parole / une prison faite de mots ;
I carcerieri di una società /les geôliers d’une société
Ti impediranno di cercare il sole - vous empêcheront de chercher le soleil
La tua libertà / ta liberté
Se vuoi / si tu le veux
La puoi trovare / tu peux la trouver

Fossi un uccello / J’étais un oiseau
Alto nel cielo / haut dans le ciel
Potrei volare senza aver padroni / je pourrais voler sans avoir de maîtres;
Se fossi un fiume / si j’étais une rivière
Potrei andare / je pourrais y aller
Rompendo gli argini nelle mie alluvioni / en brisant les digues dans mes inondations

E boschi e boschi / Et bois et forêts
Cerco attorno a me / je cherche autour de moi
Dov'è la terra che non ha barriere? /  Où est la terre qui n’a pas de barrières?
Dov'è quel vento che ci spingerà / où est ce vent qui nous poussera
Come le vele o come le bandiere / comme les voiles ou les drapeaux ;
La tua libertà / ta liberté 
Se vuoi / si tu veux
La puoi trovare / tu peux l'avoir
Fossi un uccello / J’étais un oiseau
Alto nel cielo / haut dans le ciel
Potrei volare senza aver padroni / je pourrais voler sans avoir de maîtres;
Se fossi un fiume /si j’étais une rivière
Potrei andare / je pourrais y aller
Rompendo gli argini nelle mie alluvioni / en brisant les digues dans mes inondations

Ma sono un uomo / Mais je suis un homme
Uno fra milioni / un parmi des millions
E come gli altri ho il peso della vita / et comme les autres j’ai le poids de la vie
E la mia strada lungo le stagioni / et ma rue au fil des saisons
Può essere breve, ma può essere infinita / peut être courte, mais elle peut être infinie ;
La tua libertà / ta liberté

Cercala / Cherche-la
Che si è smarrita / qui s’est perdue
Cercala / Cherche-la
Che si è smarrita / qui s’est perdue
Cercala / Cherche-la
Che si è smarrita / qui s’est perdue
Cercala / Cherche-la
Che si è smarrita / qui s’est perdue
Cercala / Cherche-là
Source: LyricFind
Songwriters: Francesco Guccin i- lyrics © Sony/ATV Music Publishing LLC
Deuxième choix : une chanson pour la mémoire et que jamais ne soient oubliés les millions de personnes qui partirent en fumée dans les camps nazis. Tout d'abord la version originale chantée par son auteur, puis, en live, cette magnifique chanson interprétée par le groupe folk-rock italien I Nomadi, pour le frisson, lorsque le public reprend à l'unisson. 
La chanson de l'enfant dans le vent - Auschwitz - Chanson de Francesco Guccini ‧ 1967

LA CONZONE DEL BAMBINO NEL VENTO - AUSCHWITZ
LA CHANSON DE L ENFANT DANS LE  VENT - AUSCHWITZ
Son morto con altri cento / Je suis mort avec cent autres
Son morto ch'ero bambino / je suis mort quand j'étais enfant
Passato per il camino / Passé par la cheminée
E adesso sono nel vento / Et maintenant je suis dans le vent
E adesso sono nel vento / Et maintenant je suis dans le vent

Ad Auschwitz c'era la neve / Il y avait de la neige à Auschwitz
Il fumo saliva lento / La fumée montait lentement
Nel freddo giorno d'inverno / Dans la froide journée d'hiver
E adesso sono nel vento / Et maintenant je suis dans le vent
Adesso sono nel vento / Maintenant je suis dans le vent

Ad Auschwitz tante persone / De nombreuses personnes à Auschwitz
Ma un solo grande silenzio / Mais juste un grand silence
È strano non riesco ancora / C'est étrange, je ne peux toujours pas
A sorridere qui nel vento / Souriant ici dans le vent
A sorridere qui nel vento / Souriant ici dans le vent

Io chiedo come può un uomo / Je demande comment un homme peut
Uccidere un suo fratello /Tuer un de ses frères
Eppure siamo a milioni / Pourtant nous sommes des millions
In polvere qui nel vento / Épousseté ici par le vent
In polvere qui nel vento / Épousseté ici par le vent

Ancora tuona il cannone / Le canon gronde encore
Ancora non è contento / Il n'est toujours pas content
Di sangue la belva umana / La bête humaine est ensanglantée
E ancora ci porta il vento / Et toujours le vent nous amène
E ancora ci porta il vento / Et toujours le vent nous amène

Io chiedo quando sarà / Je demande quand ce sera
Che l'uomo potrà imparare / Cet homme peut apprendre
A vivere senza ammazzare / Vivre sans tuer
E il vento si poserà / Et le vent s'installera
E il vento si poserà / Et le vent s'installera

Io chiedo quando sarà / Je demande quand ce sera
Che l'uomo potrà imparare / Cet homme peut apprendre
A vivere senza ammazzare / Vivre sans tuer
E il vento si poserà / Et le vent s'installera
E il vento si poserà / Et le vent s'installera
E il vento si poserà / Et le vent s'installera

La conzone del bambino nel vento - Auswichz par le groupe I NOMADI
enregistrement live de 1992 publiée sur la chaine youtube du groupe
Dernier choix : une très belle chanson d'amour : Vorrei
 VORREI,  extraite de son album "D’amour, de mort et d’autres balivernes" (vidéo publié sur la chaine youtube de l'artiste)

VORREI / JE VOUDRAIS

Vorrei conoscer l'odore del tuo paese / J’aimerais connaître l’odeur de ton pays
camminare di casa nel tuo giardino, /marcher de la maison dans ton jardin,
respirare nell'aria sale e maggese, /respirer dans l’air salin et maigre,
gli aromi della tua salvia e del rosmarino / les arômes de ta sauge et du romarin

Vorrei che tutti gli anziani mi salutassero / Je voudrais que tous les anciens me saluent
parlando con me del tempo e dei giorni andati,/ me parlant du temps et des jours passés,
vorrei che gli amici tuoi tutti mi parlassero, / J’aimerais que tous tes amis me parlent,
come se amici fossimo sempre stati. / comme si on avait toujours été amis.

Vorrei incontrare le pietre, le strade, gli usci / Je voudrais rencontrer les pierres, les rues, les lieux
e i ciuffi di parietaria attaccati ai muri, / et les mèches de pare-air attachées aux murs,
le strisce delle lumache nei loro gusci, / les bandes des escargots dans leurs coquilles,
capire tutti gli sguardi dietro agli scuri /comprendre tous les regards derrière les ténèbres

E lo vorrei / Et je le voudrais
perché non sono quando non ci sei / pourquoi je ne suis pas quand tu n’es pas là
e resto solo coi pensieri miei ed io... / et je reste seulement avec mes pensées et moi...

Vorrei con te da solo sempre viaggiare,/ J’aimerais voyager toujours seul avec toi,
scoprire quello che intorno c'è da scoprire / découvrir ce qu’il y a à découvrir autour
per raccontarti e poi farmi raccontare / pour te raconter et ensuite me faire raconter
il senso d' un rabbuiarsi e del tuo gioire; / le sens d’un frisson et de ta joie ;
vorrei tornare nei posti dove son stato, / je voudrais retourner dans les endroits où j’ai été,
spiegarti di quanto tutto sia poi diverso / vous expliquer à quel point tout est différent
e per farmi da te spiegare cos'è cambiato / et pour que tu m’expliques toi-même ce qui a changé
e quale sapore nuovo abbia l'universo. / et quelle nouvelle saveur a l’univers.

Vedere di nuovo Istanbul o Barcellona / Voir à nouveau Istanbul ou Barcelone
o il mare di una remota spiaggia cubana / ou la mer d’une lointaine plage cubaine
o un greppe dell'Appennino dove risuona / ou une colline des Apennins où résonne
fra gli alberi un'usata e semplice tramontana / parmi les arbres une tramontane simple et d’occasion

E lo vorrei / Et je le voudrais
perché non sono quando non ci sei / pourquoi je ne suis pas quand tu n’es pas là
e resto solo coi pensieri miei ed io... / et je reste seulement avec mes pensées et moi...
Vorrei restare per sempre in un posto solo / Je voudrais rester pour toujours dans un seul endroit
per ascoltare il suono del tuo parlare / pour écouter le son de votre parole
e guardare stupito il lancio, la grazia, il volo / et regarder, étonné, le lancement, la grâce, le vol
impliciti dentro al semplice tuo camminare / implicites à l’intérieur de ta simple marche
e restare in silenzio al suono della tua / et rester silencieux au son de la tienne
o parlare, parlare, parlare, parlarmi addosso / ou parler, parler, parler, me parler
dimenticando il tempo troppo veloce / en oubliant le temps trop rapide
o nascondere in due sciocchezze che son commosso. / ou cacher dans deux bêtises que je suis ému.
Vorrei cantare il canto delle tue mani,/ Je voudrais chanter le chant de tes mains,
giocare con te un eterno gioco proibito / jouer avec toi un éternel jeu interdit
che l'oggi restasse oggi senza domani / que l’aujourd’hui restait aujourd’hui sans demain
o domani potesse tendere all'infinito / ou demain pourrait tendre à l’infini
E lo vorrei / Et je le voudrais
perché non sono quando non ci sei / pourquoi je ne suis pas quand tu n’es pas là
e resto solo coi pensieri miei ed io... / et je reste seulement avec mes pensées et moi...
***
Comme je comprends l'immense peine des italiens si émus par la disparition de ce formidable artiste, lui qui  savait si bien parler d'eux et de leur vie quotidienne, avec tant de poésie et une très grande liberté de ton.
Surtout ne vous limitez pas à la sélection forcément très parcellaire que je vous propose, allez l'écouter sur votre plateforme favorite ou sur internet où il est facile de traduire les paroles, comme je l'ai fait.
ADIEU et MERCI Maestrone! Soyez en Paix 
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Pour terminer voici ce qu'en dit la chaine italienne RAI-News
Le chanteur-compositeur qui a marqué toute une génération est décédé à 86 ans.
 Le pays est en deuil, notamment sa région natale, l'Émilie-Romagne. Paolo Sommaruga -
Vidéo pulbiée sur la chaine italienne @RaiNews