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30 mai 2026

Fragilité et beauté du monde, de Marc

Dans cette enveloppe que m'adresse Marc, je retrouve bien son état d'esprit et sa clairvoyance :

L'allusion à la formule "89 secondes avant minuit, sur l'horloge de l'Apocalypse" ainsi que le tampon "Fragile" répété plusieurs fois sur cette carte du monde sont très clairs : notre planète mit des millions d'années à se construire pour que la vie y soit possible mais en seulement deux siècles les hommes s'échinent à continuer de la détruire, faisant fi de toutes les calamités que leurs activités déclenchent (méga-feux, inondations, cyclones destructeurs, et canicules). 

Oui les équilibres sur notre Terre sont devenus très fragiles et ce n'est pas le déclenchement de toutes ces guerres de colonisation, ni le climato-dénisme de bien des dirigeants, qui vont dans le sens d'un changement de cap prochain. 

 28 janvier 2026 #horloge du jour du jugement dernier - vidéo Youtube de Associated Press
La Terre n'a jamais été aussi proche de la destruction, car la Russie, la Chine, les États-Unis et d'autres pays deviennent « de plus en plus agressifs, hostiles et nationalistes », a déclaré le Bulletin of the Atomic Scientists, qui a avancé son « Horloge de l'Apocalypse » à 85 secondes de minuit. Explications de Luke Garratt de l'AP.

Dans le  même temps, Marc se montre  plein d'espoir avec la carte glissée à l'intérieur, représentant une alliance pour la coopération entre Strasbourg (qui symbolise l'Europe) et Kagoshima pour le Japon (pays éprouvé s'il en fut par les deux bombes largués à Hiroshima et Nagasaki en 1945). 

Les villes de Strasbourg et Kagoshima ont signé en 2019 une convention de coopération portant sur la jeunesse, les transports publics urbains, la culture et le patrimoine, le sport, les échanges économiques et les politiques en faveur des seniors.

Merci Marc, pour cet envoi, car tu as raison à la fois de ne pas être indifférent ni aveugle sur la situation de notre monde devenu fou, tout en conservant ce qu'il faut d'énergie, de lucidité et d'espoir pour résister et pour croire encore à la beauté du monde et à des valeurs comme le partage, la paix, l'entraide et le dialogue entre les peuples. 

30 avril 2026

Plaisir d'offrir du muguet pour un jeune garçon, pour Marc

La journée du 1er mai a toujours été une fête pour moi. La tradition consistant à aller apporter quelques brins porte-bonheur à nos proches et à nos amis, a toujour été un moment important, d'autant que ce jour-là flottait dans l'atmosphère et dans l'humeur des adultes une subtile différence, comme un air de liberté.

Dans ce mail-art fleuri et porte-bonheur que je destine à mon correspondant strasbourgeois, la photographie de ce petit garçon en train de choisir plusieurs mini-bouquets de muguet auprès du vendeur, en anticipant à qui il va par la suite les offrir, laisse transparaître sa joie intérieure d'être l'acteur complet de cette belle tradition familiale. 

Composition réalisée au moyen d'un tissu comportant de réserves blanches en forme de brin de muguet sur fond vert, ajout de la photo ci-dessous imprimée sur tissu et  de la photo d'une broche en camée, avec un bouquet de muguet en relief.

Petit garçon au muguet - Photo de Denise Colomb - 1955
Cher Marc, j'espère pour toi une bonne réception de ce mail-art porte bonheur, et je te souhaite pour la journée de demain 1er mai, une très belle Fête des Travailleurs, bien ensoleillée et bien entouré.

10 mars 2026

Toni Morrison : "Ecrire pour résister, encore et toujours", pour Marc

Toni Morrison, première et unique auteure afro-américaine à avoir reçu le prix Nobel de littérature, est décédée le 6 août 2019 à l'âge de 88 ans,. Elle laisse derrière elle un héritage littéraire et culturel unique au monde, porté aux nues par les médias américains, Vanity Fair et le New Yorker en tête. 

Marquée par la ségrégation et le racisme, l'écrivaine a exploré toute l'histoire des Noirs américains à travers ses romans, de l'esclavage à l'époque contemporaine.

Toni Morrison, décédée en 2019, est photographiée le 20 février 2012 à l'Oberlin College
Cleveland. (Lynn Ischay/The Plain Dealer )
Portrait de Toni Morrison vers 1996 réalisé par le street-artiste canado-japonais Tim


Toni, c'est d'abord Chloe Wofford, petite fille vive qui grandit au sein d'une famille modeste dans l'Ohio. Chloe, dont les parents n'ont pas eu droit à l'instruction, adore les livres et mesure déjà le chemin qu'il reste à parcourir.

Un chemin qu'elle va continuer à défricher, rebaptisée Toni, en entrant d'abord à Howard, la plus prestigieuse des universités noires, en devenant professeur, puis éditrice dans une grande maison new-yorkaise. 

 Elle y fera connaître des écrivains et des poètes noirs et se battra pour publier sans rien atténuer de leur message les grandes voix du mouvement de libération afro-américain : le boxeur Muhammad Ali, les militants Stokely Carmichael et Angela Davis.

L'histoire de Toni Morrison, c'est en filigrane celle des Etats-Unis de la ségrégation, du racisme revendiqué, des lynchages et des assassinats politiques, du combat pour les droits civiques… 

C'est aussi celle d'une femme libre qui sait dès l'adolescence, à la fin des années 1940, qu'elle ne se laissera pas enfermer dans le mariage. Une mère seule, qui chérit ses deux enfants, mène une carrière brillante… et se ménage aussi, dans les interstices de cette vie bouillonnante, des espaces d'écriture.

Toni Morrison publie son premier livre à 39 ans : L'Oeil le plus bleu, aujourd'hui largement reconnu… 700 exemplaires vendus à l'époque. Mais elle persévère car Toni ressent intimement la nécessité de témoigner de son époque et de son identité millefeuille, africaine-américaine, femme noire, mère célibataire, intellectuelle…

 source : extrait de la biographie écrite par  Laura Nsafou

J'ai déja écrit sur Toni Morrison dans un article précédent, car cette femme à la force mentale extraordinaire est l'une de ces femmes remarquables que j'admire énormément même s'il me reste tant à lire de son oeuvre littéraire.

Je souhaite à Marc à qui j'adresse ce mail-art une bonne réception  de mon enveloppe textile : je suis certaine qu'un artiste du dessin, peintre et un amateur de bonne musique comme lui appréciera  cette grande dame qui a beaucoup écrit pour mettre en lumière l'histoire de sa communauté depuis le temps de l'esclavage jusqu'à nos jours, insistant particulièrement sur les conditions des femmes, avec ses mots et ses analyses percutantes d'une situation qui n'est toujours pas vraiment réglée encore aujourd'hui. 
ART IS DANGEROUS : Dernières réflexions de Toni Morrison sur « L’art et la justice sociale »
Vidéo sur la chaine Youtube de Stella Adler Studio of Acting mis en ligne le 17 juin 2016

Voici un extrait d'une discussion passionnante à Broadway, organisée par le Stella Adler Studio of Acting dans le cadre du cycle de conférences Harold Clurman, avec la participation de Toni Morrison, Ta-Nehisi Coates, Sonia Sanchez et Toshi Reagon. Dans cette vidéo, Toni Morrison partage ses réflexions finales sur le sujet.

Traduction : « Je tiens à rappeler à tous que l’art est dangereux. Je tiens à vous rappeler l’histoire des artistes assassinés, massacrés, emprisonnés, démembrés, interdits d’entrée. L’histoire de l’art, qu’il s’agisse de musique, de littérature ou autre, a toujours été sanglante, car les dictateurs, les puissants et ceux qui veulent contrôler et tromper savent précisément qui risque de perturber leurs plans. Et ces personnes, ce sont les artistes. Ce sont eux qui chantent la vérité. Et c’est quelque chose que la société se doit de protéger. Mais lorsqu’on s’engage dans ce domaine, qu’il s’agisse de la poésie de Sonia ou de la prose d’une clarté saisissante de Ta-Nehisi, c’est une entreprise périlleuse. On a toujours quelqu’un à ses trousses. Il faut le savoir avant de commencer, et agir en conséquence, car c’est l’une des choses les plus importantes que font les êtres humains. »

« Résistez, encore et toujours. » 

C’est sans doute le seul message qu’il faudrait garder de l’œuvre féconde et singulière de Toni Morrison. Pendant plus d’un demi-siècle, cette dernière a restitué les traumatismes, les maux et les blessures de sa communauté. Sa voix fut celle d’une Amérique multiraciale, constamment challengée par ses vieux démons, souffrant de ses perpétuels regains de tension. Il serait candide de penser que le combat est terminé. Son combat, c’est aussi celui d’une nouvelle génération, autorisée à utiliser les mêmes lavabos, certes, mais sur laquelle plane encore la menace de cette distinction raciale. Rentrer à pied avec un ami, vendre des cigarettes au coin d’une rue ou quelques CDs, porter une capuche dans un quartier résidentiel, jouer avec un faux pistolet ou même simplement se rendre à la messe peut encore coûter la vie.

Dans un récent entretien donné à la revue America (n°1, 2017), cette fervente partisane de l'ancien président Obama faisait part au journaliste François Busnel de ses nouvelles craintes et de ses ambitions futures : «Quand Trump a gagné cette élection je suis restée abasourdie, comme tout le monde. J’ai même passé une ou deux journées prostrée, incapable de réagir, de bouger. Mais je refuse de me laisser entraver, de me rendre malheureuse. Fuir, quitter le pays sous prétexte que son gardien est un fou dangereux, ce serait déserter. Aujourd’hui je me relève. Et j’écris. Il faut écrire.»
Source : celles qui osent

19 février 2026

PO02 : Le poème du chat de Baudelaire, en calligramme, par Marc

Ah les amis, comme c'est sympa : à peine  publié mon nouvel appel sur la poésie pour réenchanter le monde, que déjà m'arrivent les premiers mail-arts sur ce thème. 

Connaissant mon amour des chats, passion que nous avons en commun, l'ami Marc n'a pas tardé à sortir sa plus belle plume pour composer ce magnifique calligramme en forme de "greffier", d'après le poésie de Baudelaire.

Le chat

Viens, mon beau chat, sur mon coeur amoureux ;
Retiens les griffes de ta patte,
Et laisse-moi plonger dans tes beaux yeux,
Mêlés de métal et d’agate.

Lorsque mes doigts caressent à loisir
Ta tête et ton dos élastique,
Et que ma main s’enivre du plaisir
De palper ton corps électrique,

Je vois ma femme en esprit. Son regard,
Comme le tien, aimable bête
Profond et froid, coupe et fend comme un dard,

Et, des pieds jusques à la tête,
Un air subtil, un dangereux parfum
Nagent autour de son corps brun.

Charles Baudelaire, Les fleurs du mal

Sois vivement remercié ici, cher aminaute, pour avoir réagi si promptement et si joliment à mon besoin de poésie et de beauté en ce moment. A moi de prendre la main, maintenant, même si j'ai beaucoup de mal à créer en ce moment. 

16 janvier 2026

T197 - Le chat d'Agnès Varda, pour les voeux de Marc

Avec Marc, nous partageons l'amour des chats. Grosse différence néanmoins, Marc sait dessiner et peindre avec talent, ce qui n'est pas du tout mon cas. 

Aujourd'hui il vient me présenter ses voeux avec une enveloppe tout à fait bricolée maison : avec trois pages d'un vieux livre désuet de récup. il fait un grand format, en trois coups de feutre ;  il y dessine un bon gros matou, comme les aimait Agnès sur le timbre. Après un savant pliage et l'application d'un petit faux-timbre d'artiste à la gloire du chat, l'enveloppe est déjà prête à partir.



Bravo l'Artiste! Tu arrives à me surprendre toujours. Merci pour tes bons voeux et à de prochains échanges dans nos boîtes à lettres.

2 janvier 2026

Meilleurs voeux pour l'année 2026 : redonner toute sa place au monde sauvage, pour Marc

En un autre siècle, des civilisations autres que la nôtre étaient qualifiées de sauvages, donc de primitives, termes se rejoignant dans l’opprobre et le déclassement : alors même que ces peuplades n’avaient que très rarement détruit leur environnement, destruction qui est une des belles preuves de civilisation que notre société productiviste persiste à étaler au gré de ses appétits.

Nonobstant le « bon sauvage » cher à Rousseau, nous avons partout méprisé, écrasé ce qui n’était pas nous, imposé notre pouvoir, notre religion, notre technologie, ivres de puissance et de fatuité.

L'animal sauvage est réputé res nullius (sans maître, mais appropriable). Il est livré « au plus tirant  » ! traqué et tué au gré des lobbys et de ceux qui ne voient en lui qu’objet de loisir, en lui déniant tout droit d’existence.

Il est alors grand temps de célébrer le sauvage, de savoir admirer la magie des plumes, des rameaux, des herbes et des vents, des épines et des ombres, des mousses et de leur espace de libre expression, ce jardin de nature qui vit s’épanouir l’incroyable diversité du vivant.

Nous en sommes comptables : le sauvage, que d’aucuns voudraient rejeter dans le passé, est notre avenir, si tant est que nous soyons encore demain ouverts à l’émerveillement de l’altérité.(source téla botanica) 

Le sauvage est notre avenir : en 2026, transitons joyeusement vers un monde plus vivant

25 novembre 2025

16e JMFTA : Feuilles de Gincko Biloba dans le style Art Nouveau , de Marc

Nous avions échangé récemment avec Marc sur ces arbres magnifiques que sont les Gincko Biloba à l'automne, précisément au moment où les feuilles prennent leur couleur d'or.

Alors je ne suis pas surprise du thème retenu par Marc pour fêter la Journée Mondiale du Faux-Timbre d'Artiste car cette année 2025 nous fêtons le centenaire du Mouvement de l'Art Nouveau.  

Marc a fait là un travail superbe intégralement dessiné au stylo Bic. Je le remercie beaucoup et  suis extrêment heureuse de voir que cette année encore j'ai la chance de recevoir l'une de ses oeuvres pour cette  JMFTA nouvelle formule. Pour le moment La Poste semble avoir joué le jeu, cela se passe bien ; pas de timbre barré, pas de coup de tampon "à taxer".... le bonheur quoi!

20 novembre 2025

CH26 - La complexification des outils des chimpanzés est accélérée par les échanges entre groupes, pour Marc

 Voici pour Marc le copinaute strasbourgeois tout un groupe de chimpanzés transmettant leur connaissance d'outil à un plus jeune primate.

Joya, 1 an, apprend à utiliser des pierres comme marteau et enclume pour casser des noix en observant ses congénères, Guinée, Afrique de l’Ouest. Tetsuro Matsuzawa - Le Figaro
Une nouvelle étude effectuée au Congo sur plusieurs populations de chimpanzés souligne l'importance capitale des interactions entre différentes populations dans l'élaboration d'outils plus performants.

Les chimpanzés utilisent des tactiques militaires pour espionner et prendre l'avantage sur leurs rivaux

Ce n'est pas à un vieux singe… Depuis des millénaires, les chimpanzés ont développé en continu leurs capacités à manier des outils grâce aux interactions entre différentes populations de ces primates, selon une étude parue jeudi dans la revue Science.

Cette découverte - sur des primates les plus proches de l'Homme - intéresse de près notre espèce, car elle soutient l'idée que depuis des temps immémoriaux, nos propres ancêtres ont utilisé leurs liens sociaux pour améliorer leurs techniques, explique à l'AFP la principale autrice de l'étude, Cassandra Gunasekaram.

Les scientifiques s'émerveillent depuis longtemps de la capacité des chimpanzés à transmettre d'une génération à une autre des comportements et procédés complexes - tel le maniement d'outils.

Pour autant, si la civilisation humaine a bondi de l'âge de pierre à l'ère spatiale, la "culture" du chimpanzé commun -- définie comme des attitudes inculquées socialement -- semble être restée stagnante.

Cassandra Gunasekaram, une doctorante à l'université de Zurich en Suisse, a commencé ses recherches en voulant remettre en question ce postulat.

Avec ses collègues chercheurs, elle a rapproché des données génétiques retraçant des migrations anciennes de ces primates à travers l'Afrique avec des observations sur les méthodes de cueillette et de chasse d'insectes auprès de dizaines de groupes de chimpanzés, les quatre sous-espèces étant représentées.

Connexions et connaissances
Ces méthodes et attitudes ont été catégorisées en trois niveaux : celles ne demandant aucun outil, celles demandant de simples outils (comme par exemple des feuilles d'arbre mâchées servant d'éponges pour absorber l'eau ruisselant d'arbres), et celles plus élaborées comprenant des panoplies d'outils.

Un exemple frappant d'une telle gamme d'instruments nous vient du Congo, où des chimpanzés utilisent de solides bâtons pour creuser un tunnel et atteindre une termitière. Ils mâchouillent ensuite une tige de plante pour la transformer en brosse et récolter ainsi les termites dans le tunnel qu'ils ont eux-mêmes fabriqué.

L'étude parue jeudi dans Science montre que l'utilisation d'outils sophistiqués est fortement corrélée avec les échanges génétiques entre différentes populations de chimpanzés au cours des 5 à 15 derniers millénaires. Suggérant en retour que de tels comportements se sont répandus lorsque les groupes ont interagi.

Les chimpanzés vivant dans les régions où trois sous-espèces sont présentes ont montré la plus forte propension à utiliser les outils les plus élaborés, soulignant que les connexions à travers différents groupes favorisent le développement de connaissances.

En revanche, les comportements moins sophistiqués, comme la cueillette sans outil, semblent moins liés aux migrations et ont probablement évolué de manière indépendante dans différentes régions.

La génétique au secours d'une histoire périssable
Pour Cassandra Gunasekaram, ce paradigme reflète l'évolution de l'espèce humaine, et comment l'échange d'idées et l'innovation incrémentale nous ont fait passer des premiers bouliers aux smartphones modernes.

Source : Par GEO avec AFP Publié le 23 novembre 2024

30 octobre 2025

Gincko biloba, dit arbre aux quarante écus ou arbre aux écus d'or, pour Marc

Pour faire écho à un récent échange sur Instagram avec l'ami Marc, et parce que j'ai fait l'acquisition récemment d'une dentelle dans le ton du feuillage merveilleux en automne du Gincko Biloba, (ou arbre aux écus d'or), j'ai souhaité créer et lui envoyer cet art postal doré, puisqu'à Strasbourg il a la chance de pouvoir profiter d'un lieu planté de plusieurs de ces grands et majestueux arbres.

Par chance, il me restait un timbre de la série sur les arbres pour finaliser l'ouvrage.

Lumière du matin
Nouveau jour de renaissance 
Soleil du possible
Ginkgos sur le campus Hongo de l'Université de Tokyo /photo de Hiroya Kobaysashi publiée sur Instagram

Alors cher Marc, je te souhaite bonne réception de ce mail-art très coloré, mais par les temps qui courent, la couleur nous fait un bien fou, avant d'entrer dans la mauvaise saison. 

*** Le Gincko biloba ***

L’histoire de l’arbre Ginkgo biloba
L’histoire du Ginkgo biloba remonte au XVIIᵉ siècle, lorsque ses graines ont été introduites aux Pays-Bas. En 1780, M. de Pétigny acquiert cinq jeunes Ginkgo à Londres pour 40 écus, déclenchant ainsi le surnom “l’arbre aux quarante écus.” À noter qu’à l’époque, tous les individus connus en Europe étaient des mâles. Ce n’est qu’en 1814 qu’un spécimen femelle est découvert à Genève.

La résistance du Ginkgo biloba est fascinante. On peut notamment évoquer l’incroyable anecdote de Hiroshima. Après l’explosion, un Ginkgo situé près d’un temple détruit fut le premier végétal à fleurir au printemps suivant, soulignant ainsi sa robustesse face à la pollution et aux radiations.

La feuille de Ginkgo est aussi devenue le symbole de la ville de Tokyo, représentant la croissance, la prospérité, le charme et la tranquillité.

Les propriétés de l’arbre Ginkgo biloba
Les feuilles de l’arbre aux quarante écus sont riches en flavonoïdes, des antioxydants, et en terpénoïdes. Ce sont des molécules aux propriétés odoriférantes, ce qui leur permet de repousser les insectes néfastes pour se protéger. Elles disposent aussi de propriétés médicinales telles que la lutte contre les bactéries, les champignons ou le stress. Ces deux composants confèrent à l’arbre de nombreux bienfaits médicinaux. Le Ginkgo biloba est reconnu pour contribuer au bon fonctionnement de la mémoire, agissant comme un neuroprotecteur. Son feuillage est notamment utilisé pour réduire les symptômes de la maladie d’Alzheimer.

6 octobre 2025

Le mariage de l'ami Fritz, pour Marc

A la recherche de costumes alsaciens originaux pour concevoir un mail-art pour Marc, je suis encore une fois tombée par hasard sur ce couple en habits traditionnels et l'histoire de l'Ami Fritz.

image trouvée sur Pinterest sans nom d'auteur

En creusant un peu le sujet, j'ai appris que l'Ami Fritz était d'abord un roman populaire co-rédigé par Emile Erckmann et Alexandre Chatrian publié en 1864. Plus tard cela devint un film long métrage de Jacques de Baroncelli en 1933
Image du livre relevée sur Wikisource / image de l'affiche sur le site Unifrance.org

Résumé du roman : Rien ne réjouit Fritz Kobus comme de déguster un dîner fin en bonne compagnie, si ce n’est peut-être de taquiner son vieil ami le rabbin David Sichel sur sa manie de vouloir marier les gens et lui Fritz en premier. Garçon, il est et sûr de le rester au point de parier sa plus belle parcelle de vigne.

 Au mariage prôné par David, il préfère la liberté d’aller selon sa fantaisie jouer aux boules ou passer quinze jours dans sa ferme de Meisenthal pour bâtir un réservoir à truites en dégustant la cuisine délectable de la petite Sûzel, la fille de son fermier Christel. 

C’est d’ailleurs à cause de ce réservoir à truites que l’ami Fritz se retrouve en danger de perdre sa vigne et son pari. Au-delà des préjugés sociaux et culturels, c’est donc la victoire de l’amour et le rôle de la famille comme fondement de la civilisation que célèbre « L’Ami Fritz ».

Et maintenant c'est devenu une fête, un rendez-vous de l'été. 

D'où vient la Fête de l'Ami Fritz?

La fête de l’ami Fritz a été créée à Obernai dans les années 1950. Puis elle a été reprise à Marlenheim.

En 1962 sur l’initiative du maire de l’époque, Xavier Muller. Ayant eu beaucoup de succès, elle s’est déroulée à de nombreuses reprises à Marlenheim, ville dont on dit qu’elle est le début de la route des vins d’Alsace. En vérité, c’est lorsque l’on franchit la porte de la tour de Nordheim que l’on franchit l’entrée de la route des vins d’Alsace.

Le mariage fictif de l’ami Fritz avec son épouse Zusel a toujours lieu le 15 août, lors de la fête de l’Assomption. La fête donne lieu à te très belles festivités. De nombreux groupes folkloriques se produisent sur la place de l’Eglise, en provenance notamment de Strasbourg et de Haguenau. Les enfants sont aussi de la partie puisqu’il dansent alors en rond, pour la plus grande joie des nombreux touristes, notamment allemands, qui sont présents. Les musiciens, avec leurs très beaux instruments de musique, notamment les timbales et les tambours, animent fort joyeusement cette magnifique fête.

La météo estivale est aussi souvent au beau fixe, ce qui contribue à en faire une très belle fête, à moins que l’orage gronde et donne alors de la pluie. Mais ne dit-on pas dans le langage populaire qui est le plus beau, qu’un mariage pluvieux est un mariage heureux. C’est ce que le curé de Marlenheim souhaite chaque année à la belle Zusel dans sa robe alsacienne, toute de rouge et de blanc, est au resplendissant Fritz avec sa moustache dorées par le soleil et le verre de vin blanc d’Alsace à la main.

Pour conclure sur cette très belle fête, il serait très intéressant pour la renommée touristique de l’Alsace que la belle Zusel et le magnifique Fritz prolongent aussi leur idylle à l’écomusée d’Alsace.

Pierre ECKLY Sourcehttps://www.ami-hebdo.com/dou-vient-la-fete-de-lami-fritz/

Je souhaite une très bonne réception de ce mail art à Paco (ou Marc pour les puristes) ainsi qu'un bel automne. 

8 août 2025

Non-chat-lance estivale, de Marc

C'est  sûrement un hasard si ce mail-art me parvient aujourd'hui, journée internationale du chat, mais j'apprécie tout particulièrement le coucou estival de l'ami Marc dit Paco, qui, une fois encore affiche son amour inconditionnel des chats.

Ce raminagrobis se la coule douce, indifférent même aux circonvolutions du poisson rouge dans son bocal qui le passionnent tant d'habitude!

Ah c'est sûr le bougre qu'il sait déconnecter, lui! Affichant une totale détente, il dort  profondément et fait sûrement de très beaux rêves de chats

Certes il y a des jours où j'aimerai ainsi me laisser vivre comme ma Myrtille qui en ce moment n'est guère plus active que ce minet... J'aimerai pouvoir appliquer la consigne de Marc, mais j'arrive difficilement à me vider la tête, au point d'oublier tout ce qui se passe autour de nous. 

J'apprécie vraiment ce mail-art et te remercie vraiment, Marc, de penser à me faire un petit coucou, même pendant tes grandes vacances. 

6 juin 2025

Patrimoine en danger : L'Alsace perd plus d'une maison à colombages par jour, pour Marc

Ce mail-art est né de mon amitié pour Marc mon correspondant alsacien, et de l'achat fortuit d'un bouton en bois représentant une maison alsacienne ancienne.  

Si les journées du Patrimoine passionnent énormément de Français, essentiellement pour les monuments ou les grands édifices prestigieux,  il y a beaucoup moins d'engouement pour le patrimoine rural et régional et pourtant ce sont les traces d'un passé pas si lointain, qu'il serait bon de ne pas tout à fait effacer.

C'est tout un symbole qui est en danger en Alsace. Plus d'une maison à colombages y est détruite chaque jour. Elles ont résisté aux siècles, aux catastrophes et aux guerres : pourtant chaque année, des dizaines de maisons à colombages alsaciennes disparaissent au pays des cigognes, un patrimoine dont la sauvegarde reste tributaire de la bienveillance des maires et des associations.

Sur le Site de France Inter, on apprend que l’Association pour la Sauvegarde de la Maison Alsacienne (Asma) dresse un état des lieux alarmant de la situation des maisons à colombages en Alsace. Chaque année, c’est plus de 500 de ces maisons emblématiques de la région qui disparaissent, selon l’Asma. Ces destructions surviennent souvent en raison de rénovations jugées trop coûteuses.

Pourtant nous sommes tous émerveillés par ce magnifique patrimoine architectural que sont les maisons à colombages alsaciennes, que nous connaissons tous lorsque nous empruntons la route des vins, par exemple, car de ce côté-là les villages sont prospères et très touristiques, donc l'entretien des bâtisses y est permanent. Les couleurs sont régulièrement ravivées et le fleurissement subventionné.

Mais il y a l'autre face de l'histoire : dans les petits bourgs et dans les villages, les imbroglios des successions, la méconnaissance du bâti ancien, et le laisser-aller de certains élus ont raison de centaines de bâtiments anciens (édifices publics, dépendances, maisons…) parfaitement restaurables pour les adapter à nos besoins et notre mode de vie actuel. 

Heureusement, des amoureux du patrimoine veillent au grain : 900 maisons alsaciennes sont vides, laissées à l’abandon, menacées de destruction. Ce chiffre est le résultat d’un comptage réalisé par l'A.S.M.A. (Association de Sauvegarde des Maisons Alsaciennes) fin 2018.

Créée en 1972 et comptant en 2024 plus de 1 100 adhérents (particuliers, artisans, 60 communes), 𝐥’𝐀𝐬𝐬𝐨𝐜𝐢𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐩𝐨𝐮𝐫 𝐥𝐚 𝐒𝐚𝐮𝐯𝐞𝐠𝐚𝐫𝐝𝐞 𝐝𝐞 𝐥𝐚 𝐌𝐚𝐢𝐬𝐨𝐧 𝐀𝐥𝐬𝐚𝐜𝐢𝐞𝐧𝐧𝐞 est un acteur essentiel de la préservation et de la valorisation du bâti ancien en Alsace. Composée de passionnés et de professionnels bénévoles spécialistes du patrimoine (artisans, architectes, ingénieurs, urbanistes, architectes du patrimoine…), l’ASMA œuvre au quotidien à la valorisation du patrimoine, à la sensibilisation des propriétaires de maisons anciennes et à la préservation des bâtis emblématiques de l’Alsace.
Chaque jour, des bâtis font l’objet de projets de restauration, d’autres sont menacés. L’ASMA n’est composée que de bénévoles et ne perçoit aucune subvention : pour relever les défis de la sauvegarde, elle n’est financée que par les cotisations des adhérents et les dons –

La tâche est rude et il leur faut  beaucoup de courage pour entreprendre entre bénévoles, et avec l'aide de professionnels spécialistes du secteur du bâtiment ancien pour mener à bien de telles restaurations et malheureusement une partie de ce patrimoine-là va disparaître. 

Les amoureux du colombage luttent pour préserver le patrimoine - Vidéo youtube de FR3 Grand Est


 Maisons à colombages : une richesse patrimoniale en danger
source : https://www.dsdrenov.com/actus/maisons-a-colombages-une-richesse-patrimoniale-en-danger/#

A gauche maison ancienne à Kaysersberg, © French Moments
à droite maison ancienne à Vannes, https://www.vannes-bretagne-sud.bzh/vannes-et-sa-femme

Les maisons à colombages font la richesse et le charmes des villes en Bretagne et en Alsace. Ces maisons datant pour la plupart de l’époque médiévale font partie de l’identité de leur région et attirent chaque année des millions de touristes étrangers. Toutefois, une partie de ces bâtisses est menacée de destruction du fait de la non-rénovation. Elles sont donc menacées d’extinction si elles n’obtiennent pas de label de patrimoine.Les maisons à colombages sont des bâtisses traditionnelles en bois avec des murs en encorbellement, typiques de l’architecture médiévale européenne. Les murs sont composés de solives en bois assemblées en croix, avec des briques ou du torchis entre les espaces pour former les murs.

Les colombages peuvent être décoratifs ou fonctionnels, fournir un support supplémentaire pour les toits en pente raide. Les maisons à colombages sont souvent associées aux villages médiévaux et sont populaires dans de nombreuses régions de France et d’Europe.

Ces maisons font le charme des villes en Bretagne et en Alsace. Chaque année, plus deux millions de touristes viennent visiter ces maisons qui, autrefois, avaient la particularité d’être bon marché contrairement aux maisons en pierre.

Une richesse médiévale
En France, l’utilisation de la technique de construction à colombage remonte à l’Antiquité romaine. Cette technique a été largement utilisée du Moyen Âge jusqu’au XIXe siècle. Cependant, à partir du XVIIIe siècle et tout au long du XIXe siècle, les façades des maisons à colombage ont été plâtrées pour leur donner un aspect plus moderne et luxueux. Bien que de nombreuses maisons à colombages soient encore visibles en Alsace, en Normandie et en Bretagne, notamment à Tréguier ou Morlaix, ainsi que dans les Landes et à Troyes, l’une des villes européennes qui possède la plus grande surface de vestiges de la Renaissance, une référence est nécessaire pour confirmer leur existence.

Au fil du temps, les styles architecturaux ont évolué, mais les maisons à colombages ont continué à être construites. En Europe, de nombreux bâtiments publics et privés ont été construits dans ce style, notamment des hôtels de ville, des maisons de commerce et des maisons de campagne.

De nos jours, les maisons à colombages sont souvent préservées pour leur valeur historique et culturelle, et peuvent être une attraction touristique dans certaines régions. De plus, la technique de construction à colombages est encore utilisée dans certains emplacements pour construire de nouvelles maisons, en raison de sa durabilité, de sa souplesse et de son attrait esthétique.

Actuellement, des plans de restauration sont en cours pour préserver ces maisons et leur donner leur aspect d’origine. Sauf que même avec des plans de restauration, ce patrimoine régional est en danger et certains ne sont pas protégés par la loi, ce qui fait qu’elles peuvent être détruites.

Un trésor patrimonial menacé d’extinction
Selon l’association pour la sauvegarde de la maison alsacienne, l’ASMA, en 2014 il y avait prés de 500 maisons à colombages détruites chaque année, un nombre très élevé si l’on part du principe que ces bâtisses font partie de l’identité de la région.

La cause principale est le coût de la rénovation. En effet, très peu de ces maisons ont le label de la fondation du patrimoine qui permet de déduire une partie des travaux de rénovation et, par la même occasion, protéger le site.

Les maisons sont pour une partie laissées à l’abandon puis détruites.
L’avantage des maisons à colombages c’est que le bois ne coûte pas si cher que cela. De même, les armatures en bois sont empilés donc la plupart des maisons sont en kit et peuvent être démontées pour être déplacées sans pour autant être détruites.

A ce jour, la seule solution envisageable c’est d’avoir des fonds pour les rénovations et obtenir des labels qui leur permettront d’être sauvegardées.

Pour conclure, les maisons à colombages font partie de la culture bretonne et alsacienne. Elles représentent l’époque médiévale et sont l’identité de leurs régions. Chaque année ces sites accueillent des millions de touristes qui s’intéressent à la vie en cité au Moyen Âge. Malheureusement ces sites sont menacés car ne sont pas protégés pour la plupart et certaines font face à une destruction.

26 mai 2025

Jeune fille au chat noir, de Marc

Comme cela, l'air de rien, en deux coups de crayons de couleurs, sur une banale feuille de carnet,  Marc a croqué une jeune fille en jean, accroupie pour caresser une jolie minette toute noire qui m'a fait penser immédiatement à ma Myrtille (d'autant que j'étais partie quelques jours en Bretagne et qu'elle me manquait beaucoup) . 

Lorsque mes doigts carressent à loisir
Ta tête et ton dos élastique,
Et que ma main s’enivre du plaisir
De palper ton corps électrique....
(Charles Baudelaire)

C'est le commentaire que j'ai fait sur Instagram en voyant son dessin publié, mais j'ignorai alors qu'il en ferait pour moi un envoi d'art postal! 

Merci beaucoup Marc, j'admire ta facilité à croquer les scènes de la vie courante, ou bien les passants qui t'interpellent dans leurs attitudes familières :  en regardant tes oeuvres, on a presque l'impression que le dessin c'est facile, mais non bien sûr, ce n'est qu'une illusion, car seuls les très grands dessinateurs et peintres ont cette faculté.

Merci pour ce beau cadeau et merci aussi pour le poème de Charles Baudelaire, dont voici le texte complet. 

Le Chat 

Viens, mon beau chat, sur mon coeur amoureux ;
Retiens les griffes de ta patte,
Et laisse-moi plonger dans tes beaux yeux,
Mêlés de métal et d’agate.

Lorsque mes doigts caressent à loisir
Ta tête et ton dos élastique,
Et que ma main s’enivre du plaisir
De palper ton corps électrique,

Je vois ma femme en esprit. Son regard,
Comme le tien, aimable bête
Profond et froid, coupe et fend comme un dard,

Et, des pieds jusques à la tête,
Un air subtil, un dangereux parfum
Nagent autour de son corps brun.

Charles Baudelaire, Les fleurs du mal

20 avril 2025

Le peintre Fujita, amoureux des chats, pour Marc

Mon correspondant Marc a une grande passion pour les chats, tout comme pour le dessin et la peinture. Je lui destine donc ce mail-art textile, car je viens de découvrir les chats de gouttière merveilleux que peignait le peintre  Fujita. 

Le voici donc représenté dans un autoportrait avec son chat Miké, son modèle favori. 

à gauche : Autoportrait dans l’atelier, Tsugouharu Foujita (date inconnue) - à droite photo du peintre avec l'un de ses chats par André Kertész, 1928.

Le chat a été source d'inspiration pour de nombreux : écrivains (Colette, Pierre Lotti, Céline...), musiciens (Henri Sauguet, Domenico Scarlatti et son chat Pulcinella, Sebastien Bach..), mais également pour beaucoup de peintres.

Pour ces peintres, soit le chat est au centre du tableau : par exemple, Picasso représente un chat saisissant un oiseau dans la gueule. Ou bien la toile “le chat blanc”, attribuée à Géricault, met en scène un chat seul au milieu de la toile dans une position très juste et bien saisie. Ou encore, le chat de “l’Annonciation” de Lotto qui court au milieu du tableau. Soit au contraire, le chat est représenté furtivement, se détachant à peine sur le fond sombre de l'oeuvre comme le chat noir de l’Olympia de Manet. On le devine plus qu’on ne le voit.

Un de ces peintres qui ont introduit des chats dans leur peinture, nous a semblé intéressant dans l’expression qu’il donne du félin : Léonard Tsuguharu Foujita, peintre franco-japonais, représentant de l’école de Paris qui vécut de 1886 à 1968.

Né au Japon, Léonard Foujita s’installe à Paris en 1913 et malgré quelques retours à son pays natal, il devient une figure de Montparnasse pendant les années folles. Tout le monde le reconnait avec ses lunettes rondes, sa frange de cheveux noirs et ses grandes oreilles il est le plus souvent accompagné d’un chat. C'est un artiste mystérieux qui joue de sa double culture orientale et occidentale, déjà plus tout à fait japonais mais pas complètement français.
C’est un artiste très complet à la fois peintre, dessinateur, graveur, illustrateur, photographe...

Entrer dans le monde de Foujita c’est fréquenter ses amis de Montparnasse, Picasso, Modigliani, Derain, Kipling ou Soutine. C’est aussi faire la connaissance de ses chats.

Il s’est distingué par son amour des chats, surtout les chats de gouttière qu’il a découvert à Paris. Un jour qu’il rentrait chez lui à l'aube prés du square Montsouris, un petit chat tigré le suivit et insista tellement que Foujita le garda. Il l’appela Miké ce qui signifie en Japonais “Tricolore”. Miké ne quittera plus Foujita et deviendra son modèle dans de nombreux autoportraits. On le trouve fréquemement dans les oeuvres de Fujita en compagnie de nus féminins.

"je crois que les félins ont été donnés aux hommes pour qu'ils fassent auprès d'eux l'apprentissage de la femme" avait déclaré Foujita à une journaliste. Et d'ajouter que son chat était coquet, préocuppé par sa toilette, ami du confort, doux et violent, harmonieux , distant, souple, innoncent et hardi tout à la fois !!
Fujita aimait tellement les chats qu'il s'était fait tatouer un chat sur l'avant-bras.

8 avril 2025

Les Pois sont bien d'avril, de Marc

Marc a su bien détourner la blague, avec son poisson aux couleurs de l'arc en ciel - comme la truite du même nom- il m'affirme sur une portée de musique que les pois sont d'avril!

En effet, on peut déjà se régaler de petits pois frais, j'adore les cuisiner en jardinière avec uniquement des légumes primeurs pour entourer, une fois n'est pas coutume, une belle pièce de veau. C'est mon "péché de gourmandise" pour saluer le printemps.  

Quant aux poissons, je viens de faire le plein de friture en chocolat pour gâter mes petits loulous qui vont aller dans le jardin de mes enfants ou de mes neveux chercher des trésors, le jour de Pâques. 

Un grand merci à toi Paco pour ce sympathique envoi d'art postal, je ne suis pas trop en forme pour mailarter en ce moment, mais je me rattraperai, n'aies crainte. 

18 mars 2025

Et maintenant, que devons-nous faire? de la part de Marc

Avec son enveloppe retournée dont il exploite le bleu à merveille, Marc m'adresse un joli mail-art avec une silhouette de chat qui pose cette question fondamentale And now, what do we do?  alors que nous sommes tous immergés dans un monde qui vole en éclats!!!

Ne pas se laisser berner par les belles paroles et le "prêt à penser",  rester en éveil et sensible à ce et à ceux qui nous entourent, avec toute l'humanité dont nous sommes capables tout en privilégiant tout ce qui peut nous permettre de ne pas sombrer dans la morosité et le pessimisme ... Heureusement qu'il nous reste pour cela l'Art et la beauté des choses. comme ce tableau réalisé par la peintre suisse Maria Martin en 2023, célébrant le bleu.

Merci beaucoup Marc pour cet envoi original ; j'ai quelques projets sous le coude pour toi, je me remets au mail-art dès que possible. 

23 janvier 2025

Chat au trèfle porte-bonheur, de Marc

Quand il y a un chat dans ma boite aux lettres, je n'ai aucun doute sur l'émetteur de ce nouveau mail-art à la gloire de la gent féline.

C'est bien sûr Marc le strasbourgeois qui a choisi de lui faire apporter jusqu'à moi un trèfle à quatre  feuilles pour la chance en 2025, le tout avec de très jolis timbres. 

Merci Marc, pour tes bons voeux dont je te remercie vivement : souhaitons-nous une belle année créative,  avec de beaux échanges.

17 janvier 2025

Que l'année 2025 te soit douce, Marc

En 2025, la France, deuxième plus grand territoire maritime au monde, célèbre l'Année de la Mer, une initiative nationale visant à éveiller les consciences face à l'urgence de protéger l'Océan. 

C'est le thème que j'ai choisi de développer pour illustrer mes cartes de voeux. 

Le retour des baleines noires sur leur territoire ancestral

Depuis 2015, les baleines noires de l’Atlantique Nord font un retour marqué dans le Saint-Laurent, un lieu qu’elles ne fréquentaient pas en grand nombre depuis plus d’un siècle.

Elles y viennent pour s’alimenter et pratiquer des activités sociales, se regroupant parfois. Selon la Station de recherche des Îles Mingan, cette tendance est en augmentation ces dernières années. Ce phénomène est-il temporaire ou expose-t-il un changement plus profond? À la suite de la première partie de ce dossier sur la chasse aux baleines noires dans le Saint-Laurent, repartons à la rencontre de ces douces géantes des océans.

Lacunes historiques et scientifiques

Après l’interdiction internationale de la chasse aux baleines noires de l’Atlantique Nord en 1935, certaines personnes pensaient l’espèce éteinte. Dans les années 1950, des scientifiques du Woods Hole Oceanographic Institution ont toutefois aperçu plusieurs individus au large du Massachusetts et débutent le suivi de l’espèce dès 1980. On ne dispose donc que de peu de données scientifiques sur les lieux d’alimentation importants des baleines noires avant cette époque.

Historiquement, au Canada, on pense que les baleines noires fréquentaient les eaux du golfe du Saint-Laurent, le détroit de Belle-Isle, la côte du Labrador et les grands bancs au large de Terre-Neuve jusqu’à leur quasi-disparition au début du siècle dernier. Étant donné les faibles populations et taux de signalements dans ces régions, il est difficile de confirmer si cette espèce occupait encore ces zones au 20e siècle ou si son aire de répartition s’était rétrécit.

À la recherche des copépodes dans le Saint-Laurent

Lors de leur migration saisonnière pour s’alimenter, les baleines noires suivent leur nourriture. Elles s’alimentent principalement de copépodes calanus finmarchicus ainsi que des copépodes pseudocalanus et centropages. L’abondance de copépodes décroit drastiquement avec le réchauffement des eaux, surtout dans le golfe du Maine. C’est l’hypothèse principale pour expliquer pourquoi la baleine noire se déplace dans d’autres habitats d’eau froide, comme le Saint-Laurent et pourquoi elle visite de moins en moins la Baie de Fundy, habitat essentiel pour l’espèce, depuis plus d’une dizaine d’années.

Cette baleine semble aussi changer de préférence alimentaire, et cherche maintenant les copépodes calanus hyperboreus, une espèce arctique que l’on retrouve dans le golfe du Saint-Laurent, plus particulièrement au sud dans la vallée marine de Shediac. Avec les changements de répartition des proies et des conditions océaniques, les baleines noires pourraient possiblement aller plus au nord, jusque dans la province de Terre-Neuve-et-Labrador… d’autres territoires ancestraux de cette espèce.

Nouvelles observations, vieilles traditions

Malgré quelques exceptions, la surveillance de cette espèce s’est principalement recentrée depuis 2015 sur la vallée marine de Shediac. Dans le secteur de Mingan et de Sept-Îles, le MICS ne dénombrait aucun individu avant 2015. En 2016 et 2023, ce sont 40 individus qui ont été identifiés, et 27 en 2024!

Delphine Durette-Morin est une associée de recherche au Canadian Whale Institute (CWI), un organisme chargé de la surveillance des baleines noires de l’Atlantique Nord dans les eaux canadiennes. Elle explique qu’environ 40 % de la population totale de cette espèce a été vue dans le golfe du Saint-Laurent ces dernières années. « Le CWI observe environ les mêmes individus chaque année, dont des paires mères-veaux, dit-elle. Hypothétiquement, cela pourrait signifier qu’à chaque migration, les baleines noires dans le Saint-Laurent transmettent à leur progéniture l’emplacement des lieux d’alimentation qu’elles privilégient. »

La chasse des siècles passés, et la perte d’une partie de la population, pourraient avoir entrainé une perte de culture. Cette route migratoire ne s’est peut-être pas transmise et fut oubliée avec le temps. Les baleines noires redécouvrent-elles leur chemin jusque dans ce territoire ancestral grâce à l’apprentissage culturel?

Ce retour marqué sur des territoires ancestraux est visible ailleurs dans l’Atlantique Nord. Des habitats considérés essentiels ont disparu et d’autres émergent. Le bassin Jordan, situé au milieu du golfe du Maine, est abandonné depuis dix ans alors qu’on le percevait comme une aire de reproduction hivernale pour la baleine noire. Au contraire, la baie de Cape Cod accueille un nombre grandissant d’individus toute l’année. De même, les eaux du sud du Nantucket et de Martha’s Vineyard sont devenues des zones d’alimentation favorites des baleines noires pendant l’hiver et au printemps. Le Mid-Atlantic Bight, qui s’étend du Massachusetts à la Caroline du Nord, semble aussi attirer ces colosses.

Selon le Plan canadien de rétablissement de la baleine noire publié en 2000, peu d’individus fréquentaient les environs de l’île Grand Manan avant les années 1980. Par la suite, les baleines se sont mises à passer l’été en plus grand nombre dans la baie.

Entre fin juillet et début aout 2024, les scientifiques du New England Aquarium ont identifié 82 individus en grands groupes au sud de Long Island. Il s’agit de près du quart de la population totale de l’espèce, estimée à moins de 360 individus. Pour Katherine McKenna, du centre de recherche Anderson Cabot, cette agrégation, sur plusieurs mois et en plein été, dans le milieu de l’Atlantique reflète l’adaptabilité constante des baleines noires de l’Atlantique Nord aux changements des conditions océaniques. De même, en février 2024, 31 baleines noires ont été aperçues dans le Grand chenal Sud, une aire d’alimentation printanière qui voit pourtant une diminution de l’occurrence des baleines noires.

Le sud de la Nouvelle-Angleterre n’est pas un nouvel habitat pour les baleines noires. Dans une étude, des scientifiques rapportent qu’au 17e siècle « les premiers baleiniers chassaient les baleines franches […] au large de Nantucket et de Martha’s Vineyard, ainsi que dans d’autres zones au large de la Nouvelle-Angleterre (Rhode Island, Connecticut et Long Island, New York) ». L’usage des eaux au sud du Nantucket fluctuait aussi à l’époque. Considéré comme un corridor migratoire, cet habitat était principalement important au printemps et en hiver. Les baleines noires étaient aussi chassées dans le Saint-Laurent. Ces habitats auraient pu être désertés en conséquence de cette chasse à outrance.

Les baleines noire en Atlantique Est

Actuellement, une infime partie de la population initiale des baleines noires survit. Cette espèce était présente dans tout l’Atlantique Nord, du Groenland à la côte nord-ouest de l’Afrique, mais depuis les années 20, les observations dans l’Atlantique Est sont sporadiques. Depuis les années 90, plusieurs individus considérés « hors secteur » ont été observés en Irlande, en Espagne, à Terre-Neuve, et même aux îles Açores.

En 2019, Mogul, un jeune mâle de 11 ans, déjà vu en Islande, a été observé en France dans la baie de Biscaye, le lieu historique de chasse des baleiniers basques! Un autre individu y a aussi été vu en 2020 tandis que l’année suivante, une mère et son veau ont été observés au large des îles Canaries. L’âge du veau, un nouveau-né, indiquerait que des individus s’accouplent peut-être du côté de l’Europe et de l’Afrique alors qu’on les pensait disparues de ce côté de l’Atlantique Nord depuis un siècle!

Nouvelles trouvailles, nouvelles batailles

Le retour de baleines noires en petit et grand nombre, solitaires ou groupées, amène son lot de problèmes. Le golfe du Saint-Laurent abrite une immense route maritime, fréquemment empruntée par des cargos.

L’importance de l’industrie de la pêche, comme la pêche au crabe et au homard, ainsi que l’accès aux Grands Lacs, constituent des menaces omniprésentes. Outre le fait que le trafic maritime et les engins de pêche provoquent un haut taux de mortalité, ils entrainent aussi des menaces sublétales. Les collisions et les empêtrements non-mortels, ou encore le stress chronique qui est souvent relié à la pollution sonore, ont d’importants coûts énergétiques. Ils peuvent affecter la durée de vie, le développement, la fertilité et le comportement d’une baleine.

Les changements dans les habitats favoris des baleines noires compliquent l’efficacité des mesures de conservation en place. Un petite population aura plus de difficulté à trouver les zones denses de zooplanctons et à communiquer dans un environnement bruyant à cause des activités humaines. C’est ce que les scientifiques appellent le déficit d’adaptation.

Le défi principal des scientifiques dans le Golfe du Saint-Laurent est l’immensité du territoire à couvrir, tâche impossible avec les moyens actuels. « Le montant de surveillance qu’on effectue en ce moment est minime, explique Delphine Durin-Morette. Il nous faut choisir entre surveiller les aires d’agrégations où elles sont, ou alors surveiller là où elles pourraient être présentes, mais de manière plus dispersée ».

Actuellement, l’acoustique reste le seul moyen de détecter ces baleines de façon continue, car la surveillance visuelle est limitée par les heures de lumière et les conditions météorologiques. De plus, les baleines noires de l’Atlantique Nord ne se rendent plus forcément dans les zones où elles sont protégées de manière statique et permanente, comme dans la Baie de Fundy. À nous de nous adapter à leur présence pour mieux les protéger.

Il est possible que ces géantes reprennent petit à petit des territoires bien connus à la recherche de nourriture. Le cas des baleines noires devrait être une leçon pour comprendre que les impacts de la chasse ont des conséquences qui perdurent dans le temps. Toutefois, ce cétacé tente de s’adapter tant bien que mal aux changements qui occurrent dans son environnement, et nous donne de l’espoir pour sa capacité de rétablissement future.

Source : Article paru sur le site https://baleinesendirect.org/le-retour-des-baleines-noires-sur-leur-territoire-ancestral/