30 octobre 2023

Dolce vita au Québec, de Stéphanie

Oh joie! Le facteur m'apporte aujourd'hui des nouvelles de mes amis voironnais en vacances au Québec dans une enveloppe de couleur bistre reconnaissable entre toute : c'est Stéphanie qui m'écrit en utilisant de très beaux timbres canadiens.

A l'intérieur, je trouve une superbe carte double avec,  au recto,  la reproduction d'un découpage papier réhaussé à la feuille d'or dont Stéphanie a le secret et la grande maîtrise. Ce tableau montre l'environnement dans lequel les deux artistes ont passé une partie de leur séjour -un très beau chalet au bord de l'eau- et au verso, des écureuils nombreux à vagabonder dans la nature dans ce grand et beau pays. 

Merci chère Stéphanie, c'est super gentil de penser à moi depuis tes vacances, quel cadeau tu me fais là encore. 

25 octobre 2023

T157 - Avoir la banane, cheveux au vent et tête dans le(s) vague(s), de Nadine

Même au bout du bout de la France, depuis l'Ile d'Ouessant où elle a résidé une petite semaine, Nadine trouve le moyen de me concocter un mail-art textile extraordinaire... avec sa formidable créativité.

Elle dispose de très peu de moyens sur place mais néanmoins un carnet de timbre sur les fruits, d'où la banane (en écho à nos deux précédents échanges) puis (déniché dans une mini-trousse de secours de voyage pour recoudre le bouton fuyant ou l'ourlet qui se débine)  un peu de coton à repriser les chaussettes cousu sur le carton pour rendre l'effet du courant et des marées : voilà un mail-art en forme de tête réjouie, qui m'amène les embruns du grand large, l'air iodé, le ballet des oiseaux marins au-dessus de la mer séparant la pointe Bretagne de l'Ile d'Ouessant et surtout toute l'amitié qui nous lie. 

Merci Nadine, vraiment, quand on a une correspondante comme toi, on ne peut que la garder ... la banane! Belle continuation dans ton voyage breton.

24 octobre 2023

D169 - Dentelles sur cyanotype, d'Isabelle

Quelle magnifique réalisation m'adresse Isabelle aujourd'hui, de la dentelle qui s'est inscrite en blanc sur un fond bleu ! pour ce faire elle a utilisé le cyanotype, un procédé photographique monochrome négatif ancien, par le biais duquel on obtient un tirage photographique bleu de Prusse, bleu cyan.
C'est un travail superbe, dont je suis absolument admirative : un grand merci à toi Isabelle.

21 octobre 2023

2083, chanson-choc sur le climat : Merci Grand Corps Malade!

J'ai commencé à écouter les nouveaux titres proposés sur le tout nouvel album de Grand Corps Malade sorti hier 20 octobre et c'est de la très belle ouvrage, comme d'habitude j'ai envie de dire.

Mais au-delà des autres titres,  j'ai reçu comme un uppercut le texte de 2083 relatant les échanges entre un petit-fils et son grand-père à propos de l'état de notre planète. Et j'ai envie de partager cela avec vous car c'est vraiment très fort.


2083

Cher Fabien, tu ne me connais pas encore, je suis ton p'tit-fils
Je t'écris depuis l'année 2083
Je te passe ce message afin qu'ton époque réagisse
Ici la planète va mal, il faut absolument qu'tu m'crois
Djakarta, Lagos, New-York ont disparu sous la mer
Mais aussi Venise, Londres, et un tiers des Pays-Bas
Tombouctou et l'nord Mali ensevelis sous l'désert
Et le fleuve Niger n'a plus une seule goutte d'eau dans ses bras
Les villes côtières qui luttent contre la montée des eaux
Ont beau construire des digues, des barrages, et des murailles
Elles ne pèsent pas bien lourd et éclatent vite en morceaux
Quand les cyclones et ouragans viennent finir le travail
Dans plusieurs pays d'Afrique et d'Asie du Sud-Est
Mais aussi à Athènes, au Caire, et quelques autres élues
Il fait souvent soixante degrés, chaque été est un test
Où les riches vivent sous la clim' et les pauvres ne vivent plus

Les changements climatiques ont été tellement violents
Que les écosystèmes n'ont pas eu le temps d's'adapter
Un million d'espèces en plus des fameux ours blancs
Ont disparu pour toujours, elles n'ont pas pu résister
L'année dernière, New-Delhi a été entièrement évacuée
Asphyxiée qu'elle était sous un nuage de pollution
À Pékin et Shanghaï, une nouvelle loi vient d'passer
Sans masque à oxygène, il est interdit d'sortir d'sa maison
Les sols sont tellement secs qu'il n'y a plus d'vigne en France
Et dans plusieurs pays du sud, l'agriculture est impossible
Quand les fermiers n'ont plus d'eau, on est au-delà d'l'urgence
La famine et la misère sont devenues irréversibles
La sécheresse et la chaleur ont provoqué des millions d'morts
Et des millions de réfugiés qui fuient leur pays
Les frontières sont des zones de combat dans les États du nord
C'est la guerre en Europe, en Amérique et en Asie

Cher petit-fils, j'ai lu ton courrier avec effroi
Je crois bien avoir saisi l'ampleur de la crise
Mais pour te dire la vérité, pour nous en 2023
Tout c'que tu me racontes là n'est pas vraiment une surprise
Ça fait plusieurs années, voire plusieurs décennies
Que les scientifiques essaient vainement de nous alerter
Qu'il n'est pas encore trop tard, que le combat n'est pas fini
Mais qu'on joue tous en c'moment l'avenir de l'humanité
J'ai toujours pas compris c'que font les grands d'ce monde
Chaque conférence sur le climat est un terrible échec
Aucun G20 n'aboutit à des mesures profondes
Ils y vont en jet privé et se torchent avec les rapports du GIEC
Quand vont-ils déclarer l'état d'urgence climatique mondial
Et contraindre les pays sur leurs émissions d'CO2 ?
Quand vont-ils rendre toute déforestation illégale ?
Investir massivement pour consommer moins, consommer mieux
Les changements d'comportement passeront forcément par des lois
Les politiques devront sortir de leur inaction
Il ne faudra pas attendre d'être en 2083
Dès aujourd'hui, les demi-mesures ne sont plus une option

Mon cher petit-fils, peux-tu demander à tous tes potes
D'écrire à leurs aïeux, de suivre ton initiative
Le combat n'est pas perdu, la Terre n'est pas encore morte
Mais la victoire pour le climat ne pourra être que collective

Merci, merci Fabien, pour ta sensibilité, ton engagement humain et citoyen.

20 octobre 2023

C'est bientôt Halloween, pour Sasha

Avec l'automne venu d'un coup après un été en surchauffe vient le temps que les petits enfants adorent :  celui d'Halloween, des citrouilles que l'on creuse et éclaire, ainsi que toutes les belles couleurs orangées qui l'accompagnent.
d'après une illustration en couverture du journal The Farmer's Wife (November 1926)

Sasha ne fait pas exception et va se gaver de bonbons, pour l'occasion. Joyeux Halloween Sasha!

Trick or treat, pour Mallow

A cette époque, j'imagine que les paysages autour du lac Ontario doivent se revêtir de leurs plus belles couleurs dans un dégradé de jaune d'or, de rouge quelquefois et de magnifiques orangés.

Motif tiré d'une carte postale vintage 
La couleur orange est dominante au moment d'Halloween : pour Mallow, né au Canada, c'est la première année où il sera assez grand pour participer pleinement à cette fête et j'imagine qu'il va adorer cela, comme tous les petits enfants.

Alors, cher petit Mallow, je te souhaite un très heureux Halloween!

Joséphine Baker, la mère généreuse, pour Diane

Voici le dernier volet de mon triptyque en art postal sur Joséphine Baker, destiné à Diane pour son exposition-animation prochaine au sein du château des Milandes en Dordogne.

Extrait de la photo ci-dessous à l'intérieur du coeur
 

Ce mail-art est consacré à sa tribu arc-en-ciel, comme l'appelait Joséphine,  en parlant des douze enfants qu'elle adopta aux quatre coins du monde, en compagnie de son mari Jo Bouillon. C'était alors le bonheur aux Milandes.

Joséphine Baker, Jo Bouillon et leurs enfants, Les Milandes, 1959. 
Herbert Behrens / Anefo, CC0, via Wikimedia Commons

Joséphine Baker et sa  "tribu" au complet - ses douze enfants
à gauche :  Joséphine Baker pose, en 1969, avec ses 12 enfants adoptifs, au bord de la piscine de sa villa de Roquebrune-Cap-Martin (qui lui a été offerte par la famille princière de Monaco). ©Agip/Bridgeman Images/LEEMAGE
à droite : impossible de trouver l'auteur de cette photo.
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Ajout du 30 octobre 2023 : Diane a eu la gentillesse de m'adresser à réception une photo de ce mail-art
devant le Chateau des Milandes

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Joséphine, une épouse et une mère généreuse

Joséphine Baker & Jo Bouillon - ©National Archives USA-NY Times Paris

C’est en 1947 qu’elle épouse Jo Bouillon, chef d’orchestre de renom, dans la chapelle du Château des Milandes. Ils se sont rencontrés en 1933 lors d’un gala en Belgique. Ils se retrouvent au cours de la seconde guerre mondiale où Jo accepte de participer bénévolement à une tournée qu’organise Joséphine Baker.

Joséphine et Jo Bouillon avaient ce même idéal de fonder un « Village du Monde, Capitale de la Fraternité universelle » afin de montrer au monde entier que des enfants de nationalités et de religions différentes pouvaient vivre ensemble dans la paix.

L’amour de Joséphine Baker pour les enfants en général était inébranlable, à tel point qu’au retour de ses tournées, elle n’hésitait pas à ramener dans son paradis des Milandes un enfant en manque d’amour ou dans le besoin.

Qui aurait pu le lui refuser ? Tous ses enfants furent adoptés à partir de 1955. Au départ, ils furent 6 puis 8 et enfin 12 enfants de nationalités et de religions différentes. Il y eut : Akio, Coréen ; Janot, Japonais ; Jari, Finlandais ; Luis, Colombien ; Marianne et Brahim d’Afrique du Nord, Moïse, Français et d’origine Juive ; Jean-claude et Noël Français, Koffi de Côte d’Ivoire, Mara, Vénézuélien et Stellina Marocaine.

Tous ses enfants formaient la « Tribu Arc en Ciel », unis pour le pire comme pour le meilleur.

Car au départ, il s’agissait surtout du meilleur : chaque enfant était entouré et choyé par une nurse, habillés comme des petits anges, vivant dans un château où régnait luxe, calme et amour !

Akio se souvient de Noël magiques, le château était même trop petit pour accueillir tous les amis et tous les cadeaux ; l’arbre de Noël était gigantesque dans le grand salon.

Joséphine créa le ramassage scolaire pour ses enfants et ceux du voisinage. Ils allaient à l’Ecole de Castelnaud mais au château un précepteur leur enseignait également la culture de leur pays.

Les années 50 furent très joyeuses pour toute la tribu qui profitait d’un père et d’une mère attentionnés.

Jo Bouillon sera chargé de la gestion du fabuleux complexe touristique des Milandes et s’attachera à freiner l’ambition démentielle de la star.

Malheureusement, les prémices d’une faillite prévisible mirent fin au bonheur. Trop généreuse et certainement très naïve, Joséphine ne parvient pas à gérer ses entreprises.

Au-delà d’une apparente tendance à la dépense, due un train de vie fastueux, Joséphine fut abusée par grand nombre d’artisans peu scrupuleux à lui faire payer plusieurs fois les mêmes factures et sa générosité sans limite la pousse vers un endettement effroyable.

Lorsque Jo Bouillon quitte les Milandes pour d’autres horizons, il laisse une Joséphine criblée de dettes mais toujours déterminée dans la poursuite de son Village du Monde !



19 octobre 2023

Joséphine Baker, la résistante et la combattante anti-raciste, pour Diane

Toujours pour l'exposition-animation de Diane au château des Milandes en Dordogne, voici le deuxième volet du triptyque que je lui destine.

Dans la vie si complète et exceptionnelle de Joséphine Baker, j'ai voulu cette fois mettre en avant son  engagement et sa conscience politique. De danseuse toujours en paillettes et en lumière au beau milieu de la scène, la voila devenue une femme de l'ombre.

 pas d'auteur pour la photo de gauche réalisée lors du débarquement en 1944
/ photo centrale réalisée par AFP / 
Photo droite - Ministère de la Culture - Médiathèque du Patrimoine, Dist. RMN-Grand Palais / Studio Harcourt

Je te souhaite une très bonne réception, Diane, de ce deuxième mail-art saluant cette femme exceptionnelle que fut Joséphine Baker. 
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Cette femme admirable a eu plusieurs vies, elle a été une combattante remarquable, non seulement pendant la seconde guerre mondiale, mais aussi pour la lutte des droits civiques et contre le racisme  pour les afro-américains aux côtés du pasteur Martin Luther King en 1963.. 

Source : https://www.blackpast.org/african-american-history/1963-josephine-baker-speech-march-washington


Joséphine Baker, marche sur Washington, 28 août 1963 - Image d'utilisation équitable
La plupart des gens se souviennent de Joséphine Baker comme de la flamboyante artiste afro-américaine qui a acquis gloire et fortune à Paris dans les années 1920. Pourtant, pendant une grande partie de sa vie ultérieure, Baker est devenue une opposante virulente à la ségrégation et à la discrimination, initiant souvent des manifestations individuelles contre l'injustice raciale. En 1963, à l'âge de 57 ans, Baker arrive de France, son pays d'adoption, pour comparaître devant le plus grand public de sa carrière, les 250 000 personnes rassemblées lors de la marche sur Washington. Vêtues de son uniforme de la Résistance française, dont elle a participé à la Seconde Guerre mondiale, elle et Daisy Bates étaient les seules femmes à s'adresser au public. 

Baker a pris la parole juste avant que le Dr Martin Luther King ne prononce son discours « J'ai un rêve ». Ce qu’elle a dit apparaît ci-dessous.

Amis et famille… vous savez, j'ai vécu longtemps et j'ai parcouru un long chemin. Et vous devez savoir maintenant que ce que j'ai fait, je l'ai fait à l'origine pour moi-même. Plus tard, lorsque ces choses ont commencé à m'arriver, je me suis demandé si elles vous arrivaient, et j'ai alors su que ce devait être le cas. Et je savais que vous n'aviez aucun moyen de vous défendre, comme moi.

Et tandis que je continuais à faire les choses que je faisais et à dire les choses que je disais, ils ont commencé à me battre. Pas m'a battu, remarquez, avec un gourdin – mais vous savez, j'ai vu ça aussi – mais ils m'ont battu avec leurs stylos, avec leurs écrits. Et mes amis, c'est bien pire.

Quand j'étais enfant et qu'ils m'ont chassé de chez moi par le feu, j'ai eu peur et je me suis enfui. Finalement, je me suis enfui très loin. C'était dans un endroit appelé France. Beaucoup d’entre vous y sont allés, et beaucoup ne l’ont pas fait. Mais je dois vous le dire, mesdames et messieurs, dans ce pays, je n'ai jamais eu peur. C'était comme un endroit féerique.

Et je n’ai pas besoin de vous dire que des choses merveilleuses m’y sont arrivées. Maintenant, je sais que vous tous, les enfants, ne savez pas qui est Joséphine Baker, mais demandez à grand-mère et grand-père et ils vous le diront. Vous savez ce qu'ils diront. "Eh bien, c'était un diable." Et vous savez quelque chose… eh bien, ils ont raison. Moi aussi. J’étais un diable dans d’autres pays, et j’étais aussi un petit diable en Amérique.

Mais je dois vous le dire, quand j'étais jeune à Paris, il m'est arrivé des choses étranges. Et ces choses ne m’étaient jamais arrivées auparavant. Quand j'ai quitté Saint-Louis il y a longtemps, le conducteur m'a dirigé vers la dernière voiture. Et vous savez tous ce que cela signifie.

Mais quand je m'enfuyais, oui, quand je m'enfuyais vers un autre pays, je n'étais pas obligé de faire ça. Je pouvais aller dans n'importe quel restaurant que je voulais, et je pouvais boire de l'eau partout où je voulais, et je n'étais pas non plus obligé d'aller dans des toilettes colorées, et je dois vous dire que c'était sympa, et je m'y suis habitué. , et j'aimais ça, et je n'avais plus peur que quelqu'un me crie dessus et me dise : « Nègre, va au bout du fil ». Mais vous savez, j’ai rarement utilisé ce mot. Vous savez aussi qu'on me l'a crié à plusieurs reprises.

Alors là-bas, au loin, j'étais heureux, et parce que j'étais heureux, j'ai eu du succès, et vous le savez aussi.

Puis après un long moment, je suis venu en Amérique pour participer à un grand spectacle pour M. Ziegfeld, et vous savez, Joséphine était heureuse. Tu le sais. Parce que je voulais parler de moi à tout le monde dans mon pays. Je voulais que tout le monde sache que j'ai réussi, et vous savez aussi que c'est tout à fait naturel.

Mais sur ce grand et beau navire, j’ai eu une mauvaise expérience. Une étoile très importante devait s'asseoir avec moi pour le dîner, et au dernier moment j'ai découvert qu'elle ne voulait pas manger avec une femme de couleur. Je peux vous dire que c'était un coup dur.

Et je ne prendrai pas la peine de citer son nom, parce que ce n'est pas important, et de toute façon, maintenant elle est morte.

Et quand je suis arrivé à New York à l'époque, j'ai eu d'autres coups durs : quand ils ne m'ont pas permis de m'enregistrer dans les bons hôtels parce que j'étais de couleur, ou de manger dans certains restaurants. Et puis je suis allé à Atlanta, et ça a été une horreur pour moi. Et je me suis dit : Mon Dieu, je suis Joséphine, et s'ils me font ça, que font-ils aux autres gens en Amérique ?

Vous savez, mes amis, que je ne vous mens pas lorsque je vous dis que je suis entré dans les palais des rois et des reines et dans les maisons des présidents. Et beaucoup plus. Mais je ne pouvais pas entrer dans un hôtel en Amérique pour prendre une tasse de café, et cela m'a rendu fou. Et quand je me fâche, tu sais que j'ouvre ma grande bouche. Et puis attention, parce que quand Joséphine ouvre la bouche, ils l'entendent partout dans le monde.

Alors j’ai ouvert la bouche, et vous savez, j’ai crié, et quand j’ai exigé ce que j’étais censé avoir et ce à quoi j’avais droit, ils ne m’ont toujours pas donné.

Alors ils ont pensé qu’ils pouvaient me diffamer, et la meilleure façon de le faire était de me traiter de communiste. Et vous savez aussi ce que cela signifiait. C’étaient des mots redoutés à l’époque, et je tiens également à vous dire que j’ai été traqué par les agences gouvernementales américaines et qu’il n’y a jamais eu une once de preuve que j’étais communiste. Mais ils étaient fous. Ils étaient furieux parce que j'avais dit la vérité. Et la vérité était que tout ce que je voulais, c'était une tasse de café. Mais je voulais cette tasse de café là où je voulais la boire, et j'avais l'argent pour la payer, alors pourquoi ne devrais-je pas la prendre là où je la voulais ?

Amis, frères et sœurs, voilà comment ça s'est passé. Et quand j’ai crié assez fort, ils ont commencé à ouvrir la porte juste un petit peu, et nous avons tous commencé à pouvoir nous faufiler à travers. Pas seulement les gens de couleur, mais aussi les autres, les autres minorités aussi, les Orientaux, les Mexicains et les Indiens, tant ceux d’ici aux États-Unis que ceux d’Inde.

Je ne vais pas me tenir devant vous aujourd’hui et m’attribuer le mérite de ce qui se passe actuellement. Je ne peux pas faire ça. Mais je veux m’attribuer le mérite de vous avoir expliqué comment faire la même chose, et lorsque vous criez, mes amis, je sais que vous serez entendus. Et vous serez entendu maintenant.

Mais vous, les jeunes, devez faire une chose, et je sais que vous avez entendu cette histoire mille fois de la bouche de vos mères et de vos pères, comme moi de ma mère. Je n'ai pas suivi ses conseils. Mais j’ai accompli la même chose d’une autre manière. Vous devez recevoir une éducation. Vous devez aller à l’école et apprendre à vous protéger. Et vous devez apprendre à vous protéger avec le stylo et non avec le pistolet. Ensuite, vous pourrez y répondre, et je pourrai vous le dire – et je ne veux pas paraître ringard – mais mes amis, la plume est vraiment plus puissante que l'épée.

Je ne suis plus une jeune femme maintenant, mes amis. Ma vie est derrière moi. Il n’y a pas trop de feu qui brûle en moi. Et avant qu’il ne s’éteigne, je veux que vous utilisiez ce qui reste pour allumer ce feu en vous. Pour que vous puissiez continuer et pour que vous puissiez faire les choses que j'ai faites. Ensuite, lorsque mes feux se seront éteints et que j'irai là où nous irons tous un jour, je pourrai être heureux.
Vous savez que j'ai toujours emprunté le chemin semé d'embûches. Je n'ai jamais choisi le chemin facile, mais en vieillissant, et comme je savais que j'avais le pouvoir et la force, j'ai emprunté ce chemin semé d'embûches et j'ai essayé de l'aplanir un peu. Je voulais vous faciliter la tâche. Je veux que tu aies une chance de faire ce que j'ai eu. Mais je ne veux pas que vous ayez à fuir pour l'obtenir. Et mamans et papas, s'il est trop tard pour vous, pensez à vos enfants. Protégez-vous ici pour qu'ils n'aient pas à s'enfuir, car je veux pour vous et vos enfants ce que j'avais.

Mesdames et messieurs, mes amis et ma famille, je viens de recevoir un petit mot, comme vous le dites probablement. Il s'agit d'une invitation à rendre visite au président des États-Unis dans sa maison, la aison Blanche.

Je suis très honoré. Mais je dois vous dire qu’une femme de couleur – ou, comme vous le dites ici en Amérique, une femme noire – n’y va pas. C'est une femme. Il s'agit de Joséphine Baker.

C'est un grand honneur pour moi. Un jour, je veux que vous aussi, les enfants, ayez ce grand honneur. Et nous savons que ce moment n’arrivera pas un jour. Nous savons que ce moment est venu.

Je vous remercie et que Dieu vous bénisse. Et puisse-t-il continuer à vous bénir longtemps après mon départ.

Joséphine Baker, la danseuse et chanteuse, pour Diane

Pour lui permettre d'avoir de quoi exposer au Château des Milandes du 30 octobre au 4 novembre prochain où elle va faire une animation sur l'art postal,  Diane a fait appel tout récemment à quelques uns d'entre nous pour lui envoyer quelques mail-art sur Joséphine Baker.

Les délais sont très courts mais je vais essayer de faire un triptyque pour Diane. Ce premier mail-art est consacré à Joséphine la danseuse et chanteuse aussi  - une grande première pour moi qui me suis lancée dans le format "boite"- histoire d'avoir un peu de profondeur de champ entre le spectateur et la scène.

La silhouette de Joséphine est extraite de la couverture d'un livre écrit
par Virginie Jouany "Rejoins la tribu arc en ciel" 

Je t'en souhaite une bonne réception, Diane, et je l'espère une grande participation à ton exposition-animation à suivre. 

***

Biographie de Joséphine Baker  
1906-1975 

Freda Josephine McDonald naît le 3 juin 1906 à Saint-Louis (Missouri). Elle grandit dans une famille modeste et doit rapidement quitter l’école pour aider sa fratrie, dont elle est l’aînée. Elle travaille notamment en tant que domestique chez des Blancs aisés. Danseuse depuis sa plus tendre enfance, elle se fait embaucher à l’âge de 15 ans dans un spectacle au Saint Louis Theater, pour lequel elle gagne 10 dollars par semaine. Au même moment, elle fait la connaissance de Willie Baker, qu’elle épouse et qui lui donne son nom de scène.

Mais Joséphine Baker aspire à autre chose, et l’envie de danser sur les planches de Broadway la pousse, un an plus tard, à quitter son époux pour tenter sa chance à New York. Là, elle fait ses premiers pas en tant que costumière, avant de rejoindre la troupe de la comédie musicale Shuffle Along, un spectacle populaire à la distribution entièrement noire, puis les Chocolate Dandies. Remarquée par un producteur, elle part pour Paris en 1925 pour intégrer un nouveau spectacle musical, la Revue nègre, au Théâtre des Champs-Élysées. C’est un triomphe pour la jeune artiste : vêtue d’un simple pagne et de fausses bananes, elle danse le charleston dans un décor de savane et au rythme des tambours, révélant pour la première fois en France une authentique “culture noire”.

Après plus d’une centaine de représentations, Joséphine Baker rompt son contrat en 1927. Elle se produit aux Folies Bergère et au Casino de Paris dans les années suivantes, et tourne également pour le cinéma (Zouzou, Princesse Tam Tam). En 1930, elle remporte un grand succès avec la chanson "J’ai deux amours", composée par Vincent Scotto. En 1937, Joséphine Baker épouse le Français Jean Lion, ce qui fait d'elle une citoyenne française.

Lorsque la Seconde Guerre mondiale éclate, Joséphine Baker se mobilise pour la Croix-Rouge et devient un agent du contre-espionnage français, en dissimulant notamment des messages écrits à l’encre sympathique dans ses partitions de musique. Elle est envoyée par la suite en mission au Maroc et part en tournée au profit de la Résistance. Nommée sous-lieutenant des troupes féminines auxiliaires de l’armée de l’air française, elle débarque à Marseille en 1944. Ses activités durant la guerre lui vaudront la médaille de la Résistance française, ainsi que les insignes de chevalier de la Légion d’honneur et la croix de guerre.

Dans les années 1960, Joséphine Baker retourne aux États-Unis. Elle s'implique en faveur des droits civiques des Afro-américains aux côtés du pasteur Martin Luther King. Après des années difficiles, durant lesquelles elle est harcelée par le fisc, elle remonte sur scène dès 1968. Elle s’éteint le 12 avril 1975, à l’âge de 68 ans.

Joséphine Baker, très attristée de ne pouvoir avoir d’enfant, décide en 1949, avec son époux Jo Bouillon, d’adopter des enfants de tous pays et de toutes religions, et de leur offrir l’affection et le confort dont elle-même a manqué durant sa propre enfance. Le couple élèvera douze enfants.

1925 - Première de la Revue nègre au Théâtre des Champs-Élysées.
1944 - Joséphine Baker est nommée sous- lieutenant des troupes féminines auxiliaires de l’armée de l’air française.
1961 - Joséphine Baker reçoit la Légion d'honneur et la Croix de Guerre.

Source : https://www.tresordupatrimoine.fr/221413189-josephine-baker.html?nis=6

18 octobre 2023

EL155 - Voyager au pas de l'éléphant et philosopher, de Michele

Mon amie belge m'adresse aujourd'hui un mail-art avec un pachyderme à l'oeil placide pour enrichir ma déjà bien jolie collection sur cet animal que j'apprécie et respecte tant. 

Ce découpage est probablement tiré d'un livre ancien d'histoires enfantines : la demoiselle qui profite du large dos de l'animal pour voyager est bien philosophe en citant cette vérité  "un voyage de mille lieues commence toujours par un pas".

J'ai envie d'ajouter que pour voyager il suffit de mettre un pied devant l'autre et qu'il n'y a pas besoin d'aller très loin pour se dépayser : trop souvent nous méconnaissons les merveilles qui sont tout près de chez nous, empressés que nous sommes d'aller découvrir le monde et les espaces lointains. 

Merci mon amie pour ton envoi, et à très bientôt je l'espère.

17 octobre 2023

TP31 - Belles rencontres en Papouasie et au Pérou, de Claire

Claire a le chic pour trouver des revues originales et ainsi avoir des sujets exceptionnels pour ses collages. Elle me fait ainsi profiter d'une récente trouvaille comportant de magnifiques photos de tribus du monde, au sein d'un calendrier édité chaque année par le maitre torréfacteur-aventurier Paul Dequilte, lequel sillonne le monde avec sa femme, pour dénicher les plus belles cerises des caféiers .

C'est ainsi que sur l'enveloppe très grand format, nous nous trouvons dans la belle compagnie de Lala,  une Papouasienne habitant Goroka dont le costume traditionnel succinct est fait d'une sorte de pagne avec une ceinture de lianes et de perles ; le haut de son corps est décoré avec des coquillages appelés kina. Sa tête est ornée d'une de  ces étonnantes coiffes faites à partir de plumes d’oiseaux du paradis, dont certaines peuvent mesurer plus d’un mètre de haut.

  
Pour compléter le dépaysement, nous allons changer de continent pour nous retrouver au Pérou afin de caresser l'alpaga blanc de cette jeune fille photographiée à Colca.
La jupe ample est ornée jusqu'au tiers de sa hauteur de jolis galons brodés, avec un fond rouge et le haut porté comme un cache-coeur est intégralement brodé. Cette tenue est magnifique et haute en couleurs comme aiment à les porter les Péruviennes.

Merci Claire pour le dépaysement et pour le plaisir de pouvoir détailler les costumes portées par des populations lointaines. Bonne continuation à toi.

T156 - Paris sera toujours Paris, de Nadine

Rien ne manque sur le mail-art que m'adresse Nadine pour mettre en avant les monuments et lieux à visiter lorsqu'on vient à Paris. C'est notamment le cas avec les monuments célèbres internationalement connus et fréquentés que sont la Cathédrale Notre Dame et la  Tour Eiffel (magnifiquement illustrées par deux très beaux timbres), sans oublier le Pont-Neuf, le plus ancien pont de Paris. 


Nadine, j'aime beaucoup le joli patchwork que tu as réalisé pour composer cette carte, en jouant avec des tickets, des étiquettes, mais aussi en faisant un gros plan d'un timbre de 1950 valant 1000 anciens francs, montrant la Seine traversant Paris, chevauchée de nombreux ponts ainsi que les bâtiments longeant sa rive droite.

Contrairement à ce que tu crois, je ne suis pas du tout une parisienne, et je me rends fort peu dans la Capitale... mais j'apprécie beaucoup cet envoi, merci bien Nadine.

15 octobre 2023

Arc et Senans : la Saline Royale et le Cercle Immense

Par le passé, j'ai eu l'occasion de visiter la Saline de Salins les Bains, et appris que sous le règne de  Louis XV, au 18e siècle, il avait été nécessaire de trouver un autre lieu pour produire davantage de sel, matière très précieuse à l'époque. En effet, il était devenu impossible d'étendre la surface de l'établissement totalement enclavé dans la ville, et raison supplémentaire, le bois indispensable à la cuite du sel commençait à manquer dans les environs immédiats.  

C'est à l'architecte urbaniste utopiste et visionnaire Claude-Nicolas Ledoux que fut finalement confié la construction de la nouvelle saline et cette bâtisse,  tout en arc de cercle, sera son chef d'oeuvre. 


Vidéo de France3 extraite de l'émission Des Racines et des Ailes du 13 mars 2019

C'est une usine-palais construite en 1775 et commandée par Louis XV pour produire du sel en abondance dans la région depuis le Moyen-Âge. Mais son architecture, classée au patrimoine mondial, est unique : elle met en scène la production de sel ! Le demi-cercle formé par les bâtiments s'inspire de la course du soleil et crée un climat propice au travail et au bonheur collectif. 

Nous savons maintenant que dès 1873, cet architecte avait eu l'idée d'un cercle immense parfait, une sorte de ville idéale bâtie harmonieusement autour de la Saline, mais il n'en avait pas obtenu l'accord.

Plus de 2 siècles plus tard,  son projet de cercle immense a été repris et réalisé sous la forme d'un jardin exceptionnel conçu par des jardiniers-paysagistes de grand renom Gilles Clément et du Cabinet Mayot-Toussaint. C'est cette histoire que vous allez découvrir ci-dessous, grâce à 4 vidéos expliquant le déroulement des travaux qui ont duré jusqu'en  juin 2022, date de l'inauguration du jardin nommé "Le Cercle Immense".
Saline Royale d'Arc-et-Senans : le cercle immense voit le jour 1/4
 
Saline Royale d'Arc-et-Senans : le cercle immense voit le jour 2/4

Saline Royale d'Arc-et-Senans : le cercle immense voit le jour 3/4
Saline Royale d'Arc-et-Senans : le cercle immense voit le jour 4/4
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Voici quelques photos prises dans ce jardin exceptionnel, un jour de pluie, 
 lors de ma visite de l'exposition temporaire des oeuvres de Jean-Michel FOLON le 14 octobre 2023



Depuis l’inauguration du Cercle immense en juin 2022, les espaces et les végétaux prennent vie peu à peu grâce à une gestion différenciée du site qui favorise la biodiversité à la Saline royale.

Le Festival des jardins, situé dans le 2e demi-cercle, est dédié cette année 2023 à la thématique Peinture et poésie qui invite le visiteur à la surprise et à l’émotion. Neuf projets des étudiants des écoles nationales du paysage ont été choisis pour être représentés dans les jardins.

Les jardins colorés du Festival vous content leurs histoires et évoquent une œuvre, un poème, un souvenir avec une certaine sensibilité paysagère.

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Claude-Nicolas LEDOUX (1736-1806)

Architecte, ingénieur et urbaniste, Claude Nicolas Ledoux a été reconnu comme l’un des cinq architectes les plus talentueux et célèbres du XVIIIè siècle. Néanmoins, il est l’un des bâtisseurs dont l’œuvre a le plus disparu : les 4/5 de ses travaux ont été détruits, notamment au moment de la Révolution.
- Son chantier le plus remarquable reste celui de la Saline royale d’Arc et Senans dans le Doubs, cité industrielle idéale, partiellement réalisée et que l’on peut visiter.
- Il réalise le théâtre de Besançon, architecture novatrice à l’origine de nos salles de théâtre.
- Il conçoit 55 pavillons d’octroi qui étaient destinés à signaler les portes de Paris. Tous n’ont pas été réalisés. Quatre subsistent aujourd’hui dont la barrière d’octroi de la Nation, proche de la porte de Vincennes.
Claude Nicolas Ledoux fut également penseur, philosophe et poète. Il publie en 1804 un ouvrage "L’Architecture considérée sous le rapport de l’art, des mœurs et de la législation", dans lequel il élabore une conception sociale de l’architecture et de l’urbanisme.
Claude-Nicolas Ledoux projette et concrétise une architecture visionnaire dont la modernité étonne encore de nos jours
Source : extrait d'un article sur le site https://ledoux-ebtp.com/claude-nicolas-ledoux/