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30 avril 2026

Muguet : emblème du bonheur, pour Tony et pour Stéphanie

Demain 1er mai, chacun recevra certainement quelque brins de muguet mais savez-vous que derrière cette fleur en forme de petites clochettes (Lilly in the valley, en anglais) se cachent des légendes incroyables!

Dans la mythologie grecque, on raconte que le dieu Apollon aurait créé le muguet afin d’offrir à ses neuf nymphes aux pieds nus un tapis doux et parfumé sur lequel marcher.

La légende chrétienne narre l’histoire de Saint Léonard, ermite réfugié en forêt qui dût se battre contre un dragon. Sorti vainqueur de la bataille, on dit que les gouttes de sang qu’il versa au cours de la bataille donnèrent naissance à des pieds de muguet. Cette légende expliquerait en partie la croyance que le muguet porterait chance.

Les Celtes attribuaient déjà des vertus porte-bonheur à cette plante : sa floraison signifiait le retour du printemps et de l’abondance de la nature.

Au Moyen Age, mai était le mois des mariages, appelés en ces temps « accordailles ». La tradition voulait que l’on accroche un bouquet de muguet à la porte de la bien-aimée, dont la blancheur des fleurs symbolisait la pureté.

A la Renaissance, dans les campagnes françaises, il était de coutume de s’offrir du muguet pour chasser les difficultés de l’hiver. Le 1er mai 1560, de passage dans la Drôme, le roi Charles IX se vit offrir un brin de muguet. Agréablement surpris, il décida de reprendre cette tradition à la cour l’année suivante en offrant aux dames un brin de muguet en guise de porte-bonheur : la coutume acquit ainsi rapidement ses lettres de noblesse. 

Au XIXe siècle autour de Paris, les cueillettes de muguet donnaient lieu à des fêtes populaires.

C'est une belle tradition que d'aller porter quelques brins de muguet porte-bonheurs ceux qui nous sont chers. Mais pour cela il faut trouver des vendeurs, comme il y avait tant le siècle dernier à Paris, à proximité des bouches de métro, sur les grands boulevards ou près des gares, comme sur la photo du mail-art fleuri que je destine à Tony et Stéphanie 

Composition réalisée au moyen d'un tissu comportant de réserves blanches en forme de brin de muguet sur fond vert, ajout de la photo ci-dessous imprimée sur tissu et  de la photo d'une broche en camée, avec un bouquet de muguet en relief.
Vente de muguet à Paris, 1er mai 1924  : photographie de presse de l'Agence Rol commanditaire - Source gallica.bnf.fr

Si parler de bonheur à propos du muguet s'impose pour nos deux amoureux, parler de l'autre tradition du 1er mai est également une nécessité. En effet demain c'est aussi la  Fête des Luttes des Travailleurs qui doit se perpétuer  comme jour de fête férié, payé et chômé, en mémoire de toutes les luttes de nos ainés  pour obtenir des conditions de travail plus dignes pour tous les salariés. 

Je vous la souhaite magnifique et j'espère que ce mail-art porte bonheur vous parviendra dans des délais raisonnables. A bientôt de vous lire.

2 janvier 2026

Meilleurs voeux pour l'année 2026 : redonner toute sa place au monde sauvage, pour Tony et Stéphanie

En un autre siècle, des civilisations autres que la nôtre étaient qualifiées de sauvages, donc de primitives, termes se rejoignant dans l’opprobre et le déclassement : alors même que ces peuplades n’avaient que très rarement détruit leur environnement, destruction qui est une des belles preuves de civilisation que notre société productiviste persiste à étaler au gré de ses appétits. 

Nonobstant le « bon sauvage » cher à Rousseau, nous avons partout méprisé, écrasé ce qui n’était pas nous, imposé notre pouvoir, notre religion, notre technologie, ivres de puissance et de fatuité.

L'animal sauvage est réputé res nullius (sans maître, mais appropriable). Il est livré « au plus tirant  » ! traqué et tué au gré des lobbys et de ceux qui ne voient en lui qu’objet de loisir, en lui déniant tout droit d’existence.

Il est alors grand temps de célébrer le sauvage, de savoir admirer la magie des plumes, des rameaux, des herbes et des vents, des épines et des ombres, des mousses et de leur espace de libre expression, ce jardin de nature qui vit s’épanouir l’incroyable diversité du vivant.

Nous en sommes comptables : le sauvage, que d’aucuns voudraient rejeter dans le passé, est notre avenir, si tant est que nous soyons encore demain ouverts à l’émerveillement de l’altérité.(source téla botanica 


Le sauvage est notre avenir : en 2026, choisir la voie de l'action pour le vivant

30 décembre 2025

"Là-haut, sur la montagne, l'était un vieux chalet", de Stéphanie

Pourquoi cette vieille chanson me vient immédiatement en tête lorsque je trouve cette jolie enveloppe de mon amie la découpeuse, Stéphanie ? Probablement déjà parce qu'il y a un chalet et de la neige qui tombe. 

Cette année, à l'occasion de la présentation de leurs voeux qui commence, quasiment tout le monde convoque la neige ; nous en somme nostalgique de la neige, c'était un rendez-vous coutumier à Noel et pour les fêtes de fin d'année autrefois, c'est devenu tellement plus rare maintenant. Et puis, les châlets et la montagne, cela me fait immédiatement penser à la Suisse où Stéphanie fait maintenant de fréquents séjours. 

La cheminée fumant son panache blanc montant tout droit vers les cieux, les branches des sapins poudrés de neige fraîche où un chardonneret s'est attardé, et le champ de neige entourant le petit chalet, c'est tellement beau, simple à la fois mais aussi terriblement poétique, d'autant que maintenant Stéphanie utilise de la feuille d'or pour représenter la lumière qui brille à l'intérieur. Comme il doit y faire bon, là, pelotonné devant la cheminée enroulée dans un plaid, à siroter un bon thé....surtout après avoir fait une bonne partie de luge, une vraie partie de rigolade mais avec les mains et les oreilles qui brûlent un peu!

Merci beaucoup Stéphanie, je suis toujours tellement touchée par tes envois d'art postal. Merci pour tes bons voeux et à bientôt de se retrouver, l'an prochain!

***

J'adore toujours autant toutes les réalisations de Stéphanie qui est maintenant totalement intronisée dans le cercle très qualifié des Découpeurs de papiers suisses.

Cet été par exemple, elle a passé 5 semaines en résidence au Musée du Pays-d'en-haut et Centre Suisse du Papier Découpé à Chateau d'Oex dans le canton de Vaud. Et les travaux qu'elle a créés sur place probablement très inspirés de son immersion dans ce magnifique Pays-d'en Haut feront l'objet d'une grande exposition, toujours dans ce même Musée l'été 2026 pendant plusieurs semaines. 

Dès que j'en saurai davantage sur cette exposition, je ne manquerai pas de vous en reparler

20 novembre 2025

CH18 - Le Parc national de Gombe Stream et ses chimpanzés, pour Stéphanie

Pour mon amie Stéphanie, voici un chimpanzé en train de se nourrir, bien caché dans les branches d'un arbre, sous son feuillage.


Chimpanzé bien caché dans les branches d'arbre en Tanzanie
 photo sans nom d'auteur publiée sur le site https://www.endallah.org
/
Le parc Gombe Stream a été créé en 1968 et tire son nom des nombreux torrents qui strient les montagnes le long du lac Tanganyika. Situé au nord de Kigoma , il s’agit du plus petit parc national de Tanzanie avec 52km2 de superficie.

Le parc de Gombe Stream est un sanctuaire des chimpanzés. Mondialement connu grâce aux travaux de Jane Goodall qui étudie depuis les années 1960 le comportement de ces primates, il est devenu un parc national de Tanzanie en 1968 et a été reconnu comme Réserve de Biosphère en2008 par l’UNESCO.

Si nous avons, dans notre patrimoine génétique, environ 98% de gènes partagés avec les chimpanzés, il est donc important de considérer les maladies humaines comme une grande menace, car plus facilement transmissibles aux grands primates. Les estimations varient d’une source à l’autre et il n’existe aucun consensus, mais la population de chimpanzés dans le Parc de Gombe Stream est estimée en moyenne à environ 150 spécimens.

La guerre des chimpanzés
La guerre des chimpanzés est également connu comme La guerre des quatre ans de Gombe. La primatologue Jane Goodall est la première à remarquer, en 1974, la division d’une communauté de primates.

En 1974,  elle observe l’ émergence de deux groupes de chimpanzés, les «Kasakelas» et les «Kahamas». En Janvier 1974 le Premier acte de violence significative est enregistré  : pour étendre leur territoire, un groupe de six mâles adultes de Kalakela tue un jeune mâle Kahama.

En 1978, le groupe Kahama est entièrement décimé ou soumis au groupe Kasakela. C’est le premier recensement scientifique qui prouve des actes de guerre entre congénères.

L'institut Jane Goodall
Aujourd’hui, le parc est fragilisé par la déforestation et une agriculture dense autour. Le Jane Goodall Institute, fondé par la primatologue en 1977 aide à l’alliance de la conservation de la biodiversité et à l’activité humaine grâce à l’utilisation des ressources naturelles durables. Il aide également au développement des consciences écologiques et à la préservation de cette zone naturelle unique.

Alors que nous allons célébrer le 60ème anniversaire des débuts du travail de Jane Goodall cette année, son œuvre a été non seulement suivie, mais aussi enrichie par de nouvelles données étonnantes.

Les recherches associées à sa fondation montrent notamment que la moitié des femelles chimpanzés quittaient leurs groupes d’origine à l’âge de la majorité sexuelle afin de trouver un partenaire d’un autre clan, et de revenir quelques mois après dans leurs groupes originels.

Jane Goodall a donc révolutionné les connaissances sur les chimpanzés. Grâce à ses études elle prouve la vie sociale complexe des primates qui expriment diverses émotions et personnalités.

20 octobre 2025

Anastasie et sa paire de ciseaux, pour Stéphanie

J'ai toujours à coeur d'envoyer de l'art postal en rapport avec ce que je sais des passions, des hobbies ou d'autres caractéristiques propres à chacun de mes correspondants.

Aujourd'hui celui-ci est adressé à mon amie Stéphanie, découpeuse de papier, qui heureusement utilise ses paires de ciseaux pour nous régaler en créant des tableaux si beaux, si humanistes et si poétiques qu'on est bien loin de cette vilaine Anastasie, caricature de la Censure qui a eu de beaux jours autrefois.

Si aujourd'hui nous ne voyons plus d'articles rayés de noir dans la presse par la censure, c'est presque pire car beaucoup plus sournois. En France (mais pas que) les lignes éditoriales sont dictées par les milliardaires propriétaires des journaux, en même temps qu'ils sont diffuseurs de presse, détenteurs de chaines TV et largement participants au capital des sociétés d'édition... alors oui, la liberté d'expression est toujours plus en danger.  

Chère Stéphanie, je te souhaite une bonne réception de cet art postal, même si cette fois la paire de ciseaux n'a pas le beau rôle. 

Extraits de journaux censurés trouvés sur le site Gallica,
Anastasie est une caricature signée par André Gil 

Anastasie, ou Madame Anastasie ou parfois Anastasie Censure, est une allégorie caricaturale de la censure en France au XIXe siècle et au début du XXe siècle.

Sa représentation la plus célèbre est un dessin d'André Gill datant de 1874, mais le personnage existe auparavant, le nom d'Anastasie en tant qu'incarnation de la censure étant attesté dès 1850. Ce prénom pourrait faire étymologiquement référence à la résurrection cyclique de la censure au XIXe siècle ou alors au personnage d'Anastasie Pipelet, concierge malfaisante dans Les Mystères de Paris d'Eugène Sue.
Au début de la Troisième République, la censure est définitivement nommée Anastasie. Elle est représentée par les caricaturistes en domestique, en vieille sorcière ou en concierge, avant de devenir au début du XXe siècle une gouvernante puritaine, quand la censure ne concerne plus que les spectacles. Ses représentations refleurissent pendant la Première Guerre mondiale, à cause du rétablissement de la censure des journaux. Elle est alors une vieille femme, sèche, ignorante et laide, qui s'oppose à la beauté et à la jeunesse de la Liberté. Elle a de nombreux attributs, les principaux étant les ciseaux. Après la Première Guerre mondiale, la figure d'Anastasie s'efface progressivement.

La représentation la plus connue d'Anastasie est un dessin d'André Gill publié à la une de L'Éclipse le 19 juillet 1874, intitulé Madame Anastasie Il représente une femme âgée, aux ongles crochus, probablement domestique ou concierge, qui porte sur l'épaule une chouette et tient sous le bras de gigantesques ciseaux Elle est penchée en avant, probablement pour mieux entendre ceux qu'elle espionne. André Gill est souvent crédité, à travers ce dessin, de l'invention de ce personnage Toutefois, si l'ajout de la chouette, oiseau de nuit qui incarne la nyctalopie et qui fait référence à l'expression populaire « une vieille chouette », est bien une idée d'André Gill, Christian Delporte, suivi par Olivier Forcade, montre que l'incarnation de la censure dans un personnage féminin nommé Anastasie est antérieure à ce dessin

12 août 2025

En souvenir d'un été vaudois mémorable à Chateau d'Oex, de Stéphanie

Après cinq semaines de résidence au Musée du Papier Découpé de Suisse à Chateau d'Oex où elle a fait de magnifiques rencontres et animé plusieurs sessions de découpage, Stéphanie prend le temps de m'envoyer une de ces superbes cartes, avant de continuer sa route avec Tony pour des vacances bien méritées .
J'apprécie particulièrement ces scènes où elle se représente avec Tony : là,  tous les deux installés dans l'herbe à proximité d'un magnifique chalet comme il y en a de si beaux au Pays-d'en-Haut. Les détails sont nombreux et j'adore son style de dessin, et donc le découpage qui en résulte ; on peut le trouver un peu naïf mais aussi tellement réaliste et authentique. Il s'en dégage toujours beaucoup d'humanité.  Bon, vous l'avez compris, je suis une fan absolue.

J'ai eu la chance de suivre leurs pérégrinations durant ces cinq semaines grâce aux nombreuses informations qu'ils ont postées sur Instagram. Si les ciseaux de Stéphanie n'ont pas chômé, les mollets de Tony doivent être en béton étant donné le dénivellé qu'il a cumulé, en grimpant tous les jours pour se rendre d'un chalet d'alpage à l'autre, afin de visiter les familles qui fabriquent le fromage d'alpage AOP appelé Etivaz cuit au feu de bois,  voire également de les aider dans diverses tâches quotidiennes. 

Merci pour ce chaleureux petit mot et bonnes vacances à tous les deux. 

2 juillet 2025

L'été avec Stéphanie Miguet en Voyage au Pays du Découpage, à Château d'Oex (Suisse)

J'ai le plaisir de relayer ici, une information reçue ce soir sur l'activité estivale d'une grande artiste  du découpage papier dont je vous ai souvent parlé sur ce blog. 

Bien sûr,  vous avez deviné de qui je veux parler : il s'agit de la très grande découpeuse et silhouettiste, l'amie Stéphanie Miguet qui part installer son atelier d'été en Suisse en résidence pour 5 semaines au sein du fameux Musée du Pays d'Enhaut/Centre Suisse du Papier Découpé, à Château d'Oex.

Chers amis,

C'est avec un grand plaisir que je partage aujourd'hui le tout prochain démarrage de mon projet "Voyage au Pays du Découpage".

C'est un projet qui me tient très à coeur depuis longtemps et que j'ai la chance de réaliser avec le Musée du Pays d'Enhaut/Centre Suisse du Papier Découpé.  Il aura lieu en deux temps :

- Cet été, du 5 juillet au 9 août, je serai au Musée du Papier Découpé tous les après-midis, du mercredi au dimanche. J'y installerai mon atelier d'été, et travaillerai à la manière d'un carnet de voyage sur le thème du Pays d'Enhaut, ses lieux et ses habitants. Ce travail de résidence sera présenté en Eté 2026, et sera exposé dans le Vieux Musée

- En 2026, j'aurai le plaisir d'exposer mon travail de papier découpé dans l'aile contemporaine du Musée, en même temps que mon travail de résidence dans le Vieux Musée.

J'espère vous voir nombreux au Musée cet été. N'hésitez pas à me prévenir de votre venue je pourrai laisser des invitations pour vous à l'accueil du Musée.

Pour plus de renseignements : Musée du Pays-d'Enhaut & Centre Suisse du papier découpé

En attendant de vous croiser cet été, je vous envoie mes salutations amicales,

Stéphanie Miguet (0033)06 84 21 63 20

Si vous avez l'occasion de passer par le Pays d'En Haut en Suisse cet été,  ne ratez pas le rendez-vous avec la délicieuse personne qu'est Stéphanie. Je peux vous affirmer que vous ne serez pas déçus!

2 juin 2025

Antoine Raspal, le peintre des Arlésiennes, pour Stéphanie

Comme j'ai lu que Stéphanie s'était récemment rendue en Arles pour y rencontrer l'un de ses amis découpeurs de papier, et que je sais qu'elle aime aussi venir dans cette ville au moment du Festival annuel de la photographie, j'ai déniché pour elle une scène peinte par Antoine Raspal.

 
Atelier d'une couturière à Arles par Antoine Raspal, vers 1785, huile sur bois. Musée Réattu

Moi qui aime tant les costumes régionaux, j'avoue être servie avec la belle manière qu'a ce peintre de rendre du bout de son pinceau somptueux les habits de fête ou plus ordinaires des Arlésiennes. J'aurai pu choisir d'autres portraits mais l'atelier de couture, j'en suis certaine, nous parlera à toutes les deux. 

Pour compléter le décor, j'ai placé le  timbre sur les bijoux traditionnels anciens de Méditerranée, tout à fait de circonstance ici. 
Je te souhaite bonne réception de cette enveloppe, chère Stéphanie.


*** Antoine RASPAL (1738-1811) ***

C’est autour de la personnalité d’Antoine Raspal, oncle de Jacques Réattu, que le musée Réattu et Fragonard Parfumeur ont choisi de s’unir pour proposer une double exposition sur le peintre arlésien, présentée au musée Jean- Honoré Fragonard de Grasse du 12 mai au 16 septembre 2017 et au musée Réattu du 7 octobre 2017 au 7 janvier 2018. Bénéficiant du soutien de cette entreprise emblématique du Midi de la France dont les fondateurs, Hélène et Jean-François Costa, furent de grands collectionneurs de peintures provençales du XVIIIe siècle, l’exposition fait état des recherches les plus récentes sur celui que l’on réduit parfois trop vite à la formule « Antoine Raspal, peintre des Arlésiennes ». Elle constitue la plus importante monographie jamais consacrée à ce peintre aussi rare que singulier dans le paysage artistique provençal du XVIIIe siècle et propose de redécouvrir ses oeuvres les plus célèbres en regard de peintures qui n’ont, pour certaines, jamais été exposées au public. Inscrite dans la lignée de l’exposition Jacques Réattu, arelatensis - Un rêve d’artiste et de l’exposition Antonelle, un Arlésien dans la Révolution Française, 1747-1817, l’exposition Antoine Raspal. Pinxit aborde une autre facette de l’histoire sociale et artistique d’Arles : celle d’un attachement encore sensible aux codes de l’Ancien Régime, à la haute bourgeoisie et à l’aristocratie provençale, qui constituent l’essentiel de la clientèle de Raspal en plein avènement de la Révolution française. L’artiste Héritier d’une formation classique (acquise à Paris entre 1762 et 1768) qui lui permet de se confronter à tous les sujets – académie, drapé, scènes inspirées de l’Antique, peinture religieuse – c’est toutefois dans une production plus intime de portraits et de scènes de la vie quotidienne qu’Antoine Raspal trouve sa singularité de peintre. Antoine Raspal excelle dans l’art du détail, de la représentation des matières et particulièrement des textiles, et c’est avec une adresse remarquable qu’il copie les tenues créées par ses soeurs au sein de leur atelier de couture arlésien. Le corpus de ses oeuvres connues, assez restreint – et dont le musée Réattu conserve la part la plus importante – en fait un artiste rare et précieux qui attise, dès le XIXe siècle, la curiosité des collectionneurs, des amateurs d’art et des musées de la région. Au-delà de ses inoubliables portraits d’Arlésiennes, Raspal révèle une oeuvre plus variée qu’il n’y paraît, faite de compositions religieuses et de commandes consulaires. Il peint notamment de grandes compositions sur le thème de la vie de la Vierge dont l’exposition dévoile une oeuvre majeure, restaurée pour l’occasion et présentée pour la première fois au public.

3 février 2025

Chez la découpeuse Stéphanie, l'hiver quand il neige

C'est toujours avec un très grand bonheur que je reçois la carte de voeux de Stéphanie, la découpeuse de papier et silhouetteuse voironnaise dont j'apprécie infiniment le travail, à la fois un peu naïf mais toujours plein de poésie et chargé d'humanité.

Ici, on aperçoit Stéphanie en train de découper une silhouette dans la pièce du bas, avec face à elle, son homme avec le chapeau sur la tête (vous reconnaissez le grand Tony son époux) qui l'admire en train de travailler. Ils sont bien au chaud à l'intérieur tandis qu'un employé de la poste vient à traineau pour distribuer un courrier dans leur boite aux lettres. 

Cette pièce pourrait être son atelier car je vois qu'une enseigne est fixée au dessus de l'entrée pour signaler son activité de silhouettiste... J'adore!!!


Et comme actuellement Stéphanie travaille sur un grand format sur les animaux sauvages, il y a quelques écureuils qui sont venus garnir l'enveloppe d'expédition.

Tu m'apprends que tu as de très beaux projets pour 2025,  Stéphanie, et je m'en réjouis vraiment pour toi car tu es de plus en plus connue et de plus en plus demandée.  Merci de tes bons voeux et à bientôt de se voir peut-être aux beaux jours en Isère.  

17 janvier 2025

Tony et Stéphanie : que l'année 2025 vous soit douce

En 2025, la France, deuxième plus grand territoire maritime au monde, célèbre l'Année de la Mer, une initiative nationale visant à éveiller les consciences face à l'urgence de protéger l'Océan. 

C'est le thème que j'ai choisi de développer pour illustrer mes cartes de voeux. 

Baleines à dents et à fanons

L'ordre des cétacés, qui comprend les baleines, les dauphins et les marsouins, est divisé en deux groupes principaux : les baleines à dents (Odontocetes) et les baleines à fanons (Mysticetes). Les baleines à dents comprennent les dauphins, les marsouins, ainsi que les grands cachalots et les orques. Les baleines à fanons comprennent toutes les plus grandes baleines ; en fait, le plus grand animal vivant sur terre, la baleine bleue, fait partie de ce groupe.

Les dents des baleines à dents ne sont pas toutes visibles à l’âge adulte. Certaines, comme certaines baleines à bec, sont « édentées », même si elles sont présentes sous les gencives. Les narvals sont également édentés, à l’exception de la grande défense des mâles. Cependant, de nombreux odontocètes ont plus de 300 dents coniques ou cunéiformes. Ces baleines s’attaquent à de grandes proies, notamment des poissons, de grands invertébrés et des mammifères marins. Elles se distinguent également des baleines à fanons par le fait qu’elles sont capables d’écholocation, une méthode de détection des objets environnants à l’aide d’impulsions sonores à haute fréquence.

Les baleines à fanons comprennent les baleines franches, les rorquals, les baleines à bosse et les baleines grises. Les fanons, appelés os de baleine, sont en fait constitués de kératine, une substance présente dans les cheveux et les ongles. Les fanons poussent à partir de la mâchoire supérieure de la grande bouche de ces baleines, dans des plaques à franges qui agissent comme un tamis pour filtrer les petits poissons en banc ou le zooplancton. Certains mysticètes se nourrissent en effleurant les bancs de poissons, d'autres avalent d'énormes quantités d'eau dans leur gorge distendue puis filtrent la nourriture à travers les fanons. Étonnant quand on pense que les plus grands animaux se nourrissent de la plus petite des proies !
Source : https://www.nps.gov/redw/learn/nature/toothed-vs-baleen-whales.htm

Alimentation des baleines : des adaptations étonnantes

Des géants qui se nourrissent de proies minuscules

Krill, copépodes, anchois, hareng, sardine, maquereau, calmars, seiches… le menu des baleines n’est composé que de toutes petites proies.

Les techniques pour se nourrir varient selon les espèces. Les "écrémeuses", comme les baleines franches, filtrent l'eau de petits animaux marins grâce à leurs fanons. Les "engouffreuses", comme les rorquals et les baleines à bosse, prélèvent avec leur gueule ouverte un énorme volume d'eau chargée de proies.

Une ingénieuse technique de chasse : 

Pour piéger et concentrer ses proies, la population de baleines à bosse d'Alaska privilégie la stratégie collective. D'abord, elles se placent à une quinzaine de mètres sous le banc de poissons, puis elles remontent à la surface selon un mouvement de spirale qui se resserre et produisent un filet de bulles qui encercle leurs proies. Une fois à proximité du banc, elles n'ont plus qu'à ouvrir leur gueule et à « engouffrer ».

Source : le Musée national d'Histoire Naturel (https://www.mnhn.fr/fr/les-baleines-ces-incroyables-cetaces)

10 décembre 2024

CN34 - Le cinéma, pour Tony et Stéphanie

Si les chansons de Claude Nougaro sont souvent conçues comme un court-métrage car tellement "visuelles" en plus d'être particulièrement poétiques et pleines de jeux avec les mots,  Le cinéma c'est le summum du genre. 

Et bien sûr je dédie cette fantastique chanson (que j'ai eu l'occasion de chanter dans une chorale avec 200 autres choristes) à mes deux amis cinéphiles que sont Tony et Stéphanie, de Voiron. 

Chers amis, je vous en souhaite la meilleure réception : passez un joyeux Noël et de belles fêtes de fin d'année. 

3 novembre 1967 Claude NOUGARO, accompagné par son orchestre avec Maurice VANDER au piano, chante "Le cinéma". Émissions TV, Archive tv, Archive télévision, replay tv live, musique live, télévision française Images d'archive INA Institut National de l'Audiovisuel
avec Michel Legrand, la même chanson, toujours publiée sur la chaine Youtube de l'INA

LE CINEMA

Sur l'écran noir de mes nuits blanches
Moi je me fais du cinéma
Sans pognon et sans caméra
Bardot peut partir en vacances
Ma vedette c'est toujours toi
Pour te dire que je t'aime rien à faire, je flanche
J'ai du cœur mais pas d'estomac
C'est pourquoi je prends ma revanche
Sur l'écran noir de mes nuits blanches
Où je me fais du cinéma

D'abord un gros plan sur tes hanches
Puis un travelling panorama
Sur ta poitrine grand format
Voilà comment mon film commence

Souriant, je m'avance vers toi...
Un mètre quatre vingts,
Des biceps plein les manches,
Je crève l'écran de mes nuits blanches
Où je me fais du cinéma...
Te voilà déjà dans mes bras...
Le lit arrive en avalanche...

Sur l'écran noir de mes nuits blanches
Où je me fais du cinéma,
Une fois, deux fois, dix fois, vingt fois,
Je recommence la séquence
Où tu me tombes dans les bras...
Je tourne tous les soirs
Y compris le dimanche...
Parfois on sonne, j'ouvre, c'est toi...
Vais je te prendre par les hanches
Comme sur l'écran de mes nuits blanches ?

Non, je te dis : " Comment ça va ? "
Et je t'emmène au cinéma.

Paroles.net dispose d’un accord de licence de paroles de chansons avec la SEAM

30 septembre 2024

Les cabanes d'Agnès Varda : que du bonheur, pour Stéphanie

Ma correspondante voironnaise Stéphanie, artiste découpeuse sur papier,  aime beaucoup les cabanes que l'on retrouve souvent dans ses créations. Elle aime également beaucoup le cinéma. Je sais qu'elle apprécie beaucoup elle-aussi la personnalité et l'oeuvre d'Agnès Varda. 

Le DVD du film Le Bonheur crédit photo Ciné-Tamaris
La serre du bonheur, installation d'Agnès Varda au Domaine de Chaumont-sur-Loire, 2019 - © Éric Sander
 La Cabane du Bonheur - maquette, 2017, Collection Fondation Villa Datris, photo © Bertrand Michau

Alors c'était tout trouvé de lui adresser un mail-art hommage à Agnès où celle-ci a utilisé les pellicules de son long-métrage Le Bonheur tourné en 1964 devenues inutiles à l'ère du numérique pour en faire une (voire plusieurs) cabanes dans des installations d'art contemporain 

Ecoutons Agnès nous en parler : “Pour moi la nostalgie du cinéma en 35 mm s’est transformée en désir de recyclage… Je bâtis des cabanes avec les copies abandonnées de mes films. Abandonnées parce qu’inutilisables en projection. Devenues des cabanes, maisons favorites du monde imaginaire.

À l’époque, les copies de films arrivaient dans les cabines de projection sous forme de 5 à 8 boîtes de métal, rondes comme des galettes de 4 cm d‘épaisseur. Dans chaque boîte une bobine en métal sur laquelle était enroulé un grand ruban de 500 à 600 mètres de pellicule : c’était le film en images avec sur le côté le dessin optique du son. Le projecteur de la cabine avait deux lampes, l’une transmettait l’image, l’autre le son. De nos jours le support de chaque film est un fichier numérique, image et son, qui pèse en moyenne 200 g quand il n’est pas dématérialisé. On a jeté un peu partout des quantités de bobines et de pellicules… Pour mes films et ceux de Jacques Demy on s’est retrouvés avec des copies et des copies, dont les salles de cinéma ne veulent plus. On sait que je m’intéresse au glanage et au recyclage.

C’est la troisième cabane que je construis. Pour chacun de mes films j’imagine une forme particulière. Le film Le Bonheur réalisé en 1964 contait l’histoire d’un couple heureux, incarné par Jean-Claude Drouot, sa femme et ses enfants. Ils aimaient les pique-niques. J’avais tourné en Ile-de-France en pensant aux peintres impressionnistes. On entendait du Mozart. Le générique était tourné près d’un champ de tournesols, ces fleurs d’été et de bonheur.

Cette serre, avec ses doubles fenêtres si particulières, est fabriquée avec une copie entière du film, 2 159 mètres, qui permettront de compléter la construction. Les visiteurs pourront entrer dans la cabane et voir de plus près, les images du film en transparence. 24 images de la douce Claire Drouot valent une seconde de film. On est entourés par la durée du film et par les images d’un temps passé. Quant aux boîtes pour transporter les bobines elles sont devenues obsolètes. J’aime ces boîtes. Je me souviens qu’on en trimballait des masse (une centaine au moins) qui tintaient quand on les jetait dans les coffres de voiture pour aller mixer les films. Des boîtes pour l’image, pour les dialogues en direct, pour des musiques, pour les bruits… Est-ce encore nostalgie et/ou recyclage ? Une arche royale faite de ces boites vides de pellicules 35 mm nous invite à entrer dans le royaume de la seconde vie des films.” 

***  La Serre du Bonheur - Agnès VARDA Artiste visuelle  ***
extrait d'un article trouvé sur le site  anglais : https://www.crash.fr/we-remember-our-meeting-with-agnes-varda/

Vous venez d’inaugurer votre exposition Une Cabane de cinéma : la serre du Bonheur à la Galerie Nathalie Obadia. Le Bonheur est un film magnifique qui prend encore plus de sens dans cette cabane créée à partir des copies du film.
Dans cette serre, on fait pousser des plantes, et tout a été fait à partir d'une copie intégrale du film : 2 500 mètres de copies. C'est du recyclage, au sens sentimental comme au sens propre. On a recyclé le film lui-même, qui ne sert plus à rien, et j'ai aussi recyclé l'idée du film. Les copies sont la peau d'un film, c'est-à-dire qu'on a créé un organisme qui existe par lui-même. On peut « entrer » dans le film, même si ce n'est que dans un sens allégorique. J'ai aussi réalisé des caissons lumineux à partir des images de tournesols montrées au générique du Bonheur . Sur l'un est écrit « Mozart », sur l'autre « Claude Beausoleil » (le directeur de la photographie au nom magnifique) et sur le dernier, mon nom apparaît. C'est comme une version miniature du générique placé dans une boîte. L'idée est d'adapter le film à d'autres formes et supports.
En même temps, cela crée un lien entre votre travail de photographe et votre travail de réalisateur. On peut discerner les vingt-quatre images par seconde.
Oui, on les voit étalées. Puisque vous avez parlé de vingt-quatre images par seconde, je montre dans la petite salle du fond la pièce Images capturées, qui sont deux triptyques réalisés à partir d'une séquence de Vagabond . Dans cette séquence, Sandrine Bonnaire est poursuivie à travers un village par des monstres déguisés en animaux. En regardant la séquence au ralenti, j'ai extrait un vingt-quatrième d'une image, six fois différentes. Nous avons fait un tirage de chaque image capturée. Je trouve cela extrêmement intéressant parce qu'il s'agit encore une fois d'une forme de recyclage mental. Vagabond est complètement décortiqué. On ne connaît pas l'histoire, on ne sait pas ce qui se passe, mais on est dans la violence, une violence sans explication. La violence est montrée de tellement de façons aujourd'hui, que ce soit dans les films de guerre ou dans les relations sexuelles. Ce qui m'intéressait, ce n'était pas les histoires de violence, mais plutôt l'expression du sentiment de violence.
Parlons davantage du film Le Bonheur 
C'est un film solaire tourné dans une magnifique lumière d'été. Mais il y a aussi du drame et de l'ombre, comme dans les œuvres douces de Mozart qui contiennent leur propre angoisse. Le film est presque une exagération du bonheur, ou un cliché : un beau jeune homme, une belle jeune femme et des enfants. Tout cela est tellement cliché, mais il suffit d'un petit coup de pouce pour que tout s'écroule. C'était un film fragile et presque dangereux. J'avais dit quelque chose de très cruel à l'époque : « Chacun est unique mais remplaçable. » La cellule familiale est importante pour la notion de société. Si le rôle social fonctionne, s'il y a un père, une mère et des enfants, alors la cellule familiale fonctionne. Si on enlève un élément, il faut le remplacer. On ne peut pas avoir de trou… Le monde est plein de trous aujourd'hui.
Comment vous est venue l’idée du scénario ?
Très facilement. Sans trop réfléchir. Je l’ai écrit rapidement – ​​et je l’ai tourné rapidement aussi. Je suis allé voir Jean-Claude Drouot, qui était la vedette de l’émission Thierry La Fronde , et je lui ai proposé de jouer dans mon film. Je voulais – je souhaitais – qu’il vienne avec sa femme et ses enfants. Il a accepté. Et sa femme aussi. Puis nous avons tourné le film.
Pourquoi avoir voulu présenter la cabane du Bonheur plutôt que les autres cabanes de Vagabond ou de La Pointe Courte ?
La galerie et sa verrière se prêtaient davantage à l’installation d’une serre. La tente de Vagabond aurait été trop petite. Je pense que l’espace inspire ce que l’on y place. La première exposition que j’ai montée était à la Fondation Cartier, imaginée par Jean Nouvel. Dès que j’ai vu l’espace vaste et lumineux, j’ai tout de suite pensé à installer une cabane en pellicules de films recyclés. J’avais fait un film intitulé Les Glaneurs et moi , j’avais donc déjà en tête l’idée du recyclage. Le glanage, par définition, c’est la collecte de choses que d’autres ont jetées. Nos copies 35 mm ont été jetées, car nous ne projetons plus que des fichiers numériques. Une ou deux salles ont conservé les vieux projecteurs 35 mm par pudeur et les utilisent de temps en temps. Toutes les copies représentant le cinéma que nous aimions ont maintenant été jetées. J’ai eu simplement l’idée simple de recycler, avec un peu de nostalgie et l’envie de faire revivre ces films. Avant, on avait besoin de centaines de caisses en fer pour transporter les bobines de films et tout d'un coup elles sont devenues inutiles. J'ai utilisé ces caisses pour faire une arche : L'Arche de Cinéma est un simple recyclage et mon envie de faire une arche d'entrée.
Quand avez-vous commencé à faire de l’art en plus du cinéma ?
Cela a commencé avec la Biennale de Venise en 2003. J’ai été invitée par Hans Ulrich Obrist. Il a créé une section appelée Utopia Station où il voulait inviter des gens qui n’étaient pas étiquetés comme « artistes ». Il a notamment fait venir l’écrivain Edouard Glissant. C’était un pur bonheur pour moi. J’avais déjà fait des photos et des vidéos de pommes de terre en forme de cœur. Je me suis sentie prête quand Hans m’a appelée. J’ai donc exposé Patatutopia. C’était beau de voir les grands écrans avec toutes ces pommes de terre en forme de cœur qui respirent. Maintenant, on peut me qualifier d’artiste plasticienne, puisque je fais des triptyques. Les triptyques et les retables du XVe siècle sont une forme d’art que j’adore, parce que j’aime comment ils s’ouvrent et se ferment. Et le chiffre trois est très fort. J’ai fait plusieurs portraits avec des panneaux en vidéo, avec le panneau du milieu affichant un portrait en pellicule argentique et les panneaux latéraux affichant des images numériques pleines de couleurs et plus actuelles. J’aime combiner le noir et blanc et la couleur, le film et la photographie, les parties fixes et en mouvement. Il est impossible d’exercer un tel métier visuel sans tout insérer dans un flux plus large. Hélas, en France, on me considère comme un "grand cinéaste" mais jamais comme un "grand artiste". Certains musées américains ont acheté certaines de mes pièces. Il y a un de mes triptyques au MoMA, et le LACMA a acheté une de mes cabanes de cinéma et une fresque murale de vingt mètres. En France, la Fondation Cartier m’a remarqué et m’a proposé une vaste exposition. Maintenant, j’ai la chance d’être invitée à la Galerie Nathalie Obadia, ce qui est un vrai plaisir.

Agnès Varda exposa une cabane en forme de serre où poussent des tournesols lors de sa toute dernière installation dans les jardins de Chaumont sur Loire en 2019. 

 
Serre du bonheur, installation d'Agnès Varda au Domaine de Chaumont-sur-Loire, 2019 - © Éric Sander
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Chère Stéphanie, je  te souhaite une belle réception de cet art postal textile, ainsi qu'un beau début d'automne. 

10 septembre 2024

Michel Legrand et Jacques Demy : deux complices qui continuent de nous enchanter, pour Tony et Stéphanie

Tony et Stéphanie comme moi aiment le cinéma. Alors j'imagine que tout comme moi ils ont été sensibles à la musique de film de Michel Legrand accompagnant la plupart des films de son ami Jacques Demy. Ensemble ils étaient magiciens : c'était nouveau en France de faire du cinéma de cette manière enchanteresse! Pourtant la comédie musicale n'était pas en vogue et ne le sera plus jamais après eux.  

Les parapluies de Cherbourg est leur premier film sous forme de comédie musicale primé d'une  magnifique Palme d'or au Festival de Cannes en 1964 : dans le même genre suivront ensuite Les Demoiselles de Rochefort en  1967, Peau d'âne en 1970 ou encore Une chambre en ville en 1984.

Chers Stéphanie et Tony, je vous souhaite une bonne réception de ma composition sur ce film dont on ne se lasse jamais, même si l'histoire qui se passe au moment de la Guerre d'Algérie n'est pas très gaie. Belle fin d'été à tous les deux. 

Composition réalisée avec une photo de la pochette du disque de Michel Legrand,
les parapluies exposés au-dessus des rues de Cherbourg,
la photo de l'équipe du tournage © Ciné Tamaris
et celle d'une scène de tournage (collection Philippe Quevastre) © Radio France - Antoine Lifaut

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Voici un lien vers un site expliquant la genèse du film Les Parapluies de Cherbourg.

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La Poste vient d'éditer un timbre pour saluer la carrière exceptionnelle et protéiforme du musicien que fut Michel Legrand et je ne pouvais pas passer à coté de cette belle occasion de lui rendre hommage, ainsi qu'au cinéaste Jacques Demy auquel je ne manque jamais de l'associer, car malheureusement aucune Poste au monde n'a encore eu l'idée d'éditer un timbre célébrant ce cinéaste hors classe.

Ensemble ils ont en quelque sorte inventé la comédie musicale à la française nous laissant des bijoux de films qu'inlassablement on aime à revoir comme Les demoiselles de Rochefort, Les parapluies de Cherbourg, sans oublier Peau d'Ane

Jacques Demy et Michel Legrand reçoivent la Palme d'or à Cannes en 1964 
pour "Les parapluies de Cherbourg". (Keystone France / Getty Images)
La chanson "Les moulins de mon coeur "jouée et chantée par Michel Legrand
 Vidéo publiée sur la chaine Youtube de Bernardo Santos Ca

Né en 1932 à Paris à Ménilmontant, Michel Legrand a été chef d'orchestre, musicien de jazz, scénariste, compositeur de musique de film, réalisateur, arrangeur musical, chanteur, pianiste, compositeur, acteur, musicien, excusez du peu ! Sa carrière a été magnifique et dense pour sa musique de film avec plus de 250 films à son actif  et il fut notamment récompensé par 3 Oscars. 

Entre autres artistes, Michel Legrand a aussi beaucoup compté dans la carrière de Claude Nougaro. C’est lui qui l’a incité à chanter, lui offrant un album, en 1962, qui allait le mettre sur la voie du succès. 

Michel Legrand est décédé à l'Hôpital Américain de Neuilly le 26 janvier 2019, alors qu'il avait encore  la tête encore pleine de projets : il n'est plus là mais sa musique est toujours tellement présente! C'était un créateur extraordinaire, qui avait gardé un formidable enthousiasme et un plaisir de vivre inouï.

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Proche du mouvement de la Nouvelle Vague, Jacques Demy fut un réalisateur, scénariste, dialoguiste, producteur et parolier français né le 5 juin 1931 à Pontchâteau (Loire-Atlantique) et mort le 27 octobre 1990 à Paris 14e. 

La vie en apparence féérique, qu'il nous offrit à l'écran dans ses films musicaux n'a pas été aussi rose qu'on pourrait facilement le croire, avec les chansons, les couleurs magnifiques des décors et des costumes, car on est toujours entre rêve et réalité, : il y avait un coté sombre qui s'y exprimait, si l'on  y regardait un peu mieux.

Le Style de Demy - vidéo publiée sur la chaine youtube de Ciné+OCS
Qui n'a jamais frédéré un air des « Demoiselles de Rochefort » ou des « Parapluies de Cherbourg » ? Ou rêver devant les robes fantastiques de Catherine Deneuve dans « Peau d'âne » ? Pourtant au-delà des chansons, des couleurs et des chorégraphies enchantées, le monde de Jacques Demy est bien plus sombre qu'il n'y paraît. Vous saurez tout sur l'univers du cinéaste dans « Le Style de »

Après lui le genre comédie musicale ne fut guère repris, en France. Il a laissé davantage de souvenirs aux Etats Unis. Décédé beaucoup trop tôt à l'âge de 59 ans, son épouse, Agnès Varda, a beaucoup fait pour qu'on connaisse mieux son oeuvre et les racines de cette dernière,  en nous faisant connaître sa jeunesse dans un milieu ouvrier, alors qu'il était déjà dévoré par sa passion depuis qu'il était tout gamin, d'abord pour le théâtre de marionnettes et les décors, puis pour le cinéma d'animation et la musique populaire des opérettes.  

Si vous ne l'avez pas déjà vu,  je vous conseille de découvrir le film Jacquot de Nantes qu'Agnès Varda a tourné au fur et à mesure que son mari écrivait ses souvenirs d'enfance, se sachant condamné. Jacques s'est éteint avant la fin de la réalisation du film mais Agnès réussit à le terminer et à le sortir en 1991. 

Bande annonce du film publiée sur la chaine Youtube de Krysalide Diffusion

Vous l'avez compris,  tout comme Agnès Varda, ces deux-là font partie de mon panthéon personnel. 

20 avril 2024

Deux biens jolies demeures pour y rêver un peu, de Stéphanie

Je la savais très occupée en ce début d'année, avec pas mal de manifestations où sa présence de découpeuse à la silhouette est souvent demandée : aussi je ne m'attendais pas à recevoir quelque chose de Stéphanie dans l'immédiat.

Mais voilà que je trouve dans ma boite aux lettres aujourd'hui l'une de ses enveloppes, reconnaissables entre toutes, car il n'y a que Stéphanie pour agrémenter son courrier de si subtils et délicats découpages dans du papier noir, maintenant rehaussés de points dorés.

J'aime l'atmosphère à la fois poétique et mystérieuse que dégage ces deux maisons finement découpées, ainsi que le beau timbre coeur bleu, pour l'amitié.

Merci beaucoup Stéphanie  de m'avoir donné des nouvelles et pour ce bel envoi :  j'admire tellement ce que tu fais, cela me ravit à chaque fois.

22 décembre 2023

Bonne et heureuse année 2024, pour Tony et Stéphanie

Que cette nouvelle année soit un voyage inspirant, semée d'expériences éclatantes et de moments sereins. Que l'amour, l'amitié, le partage, la fantaisie et la poésie soient toujours votre carburant.

16 novembre 2023

MAE01 - La machine à écrire Crary, pour Stéphanie

A l'occasion de la 14e Journée Mondiale du Faux-Timbre d'Artiste dont le destinataire privilégié est le Musée de la Machine à Ecrire de Lausanne et parce que mon premier métier fut dactylo,  j'ai eu envie de créer une série pour rendre hommage à ma machine à écrire mécanique et à toutes celles qui furent produites à travers le monde, globalement pendant un siècle de 1870 à 1970. 

Voici pour toi, Stéphanie, une machine à écrire vintage, fort peu connue et fort rare, la Crary : on dirait une pelote d'épingles!



Machine à écrire Crary - de Jersey City, New Jersey – 1892 - 
Image du Musée Public de Milwaukee, vue sur le site de la Collection Martin Howard

La machine à écrire Crary est d'un design remarquable avec son clavier circulaire, ressemblant à une couronne de Noël. Ainsi, lorsque l'on tape, tout le clavier se déplace latéralement lettre par lettre au fur et à mesure que la ligne se forme sur la page. 

Il n’existe que trois versions connues de ce modèle dans le monde. "C'est presque comme taper avec un accordéon", explique Alyssa Caywood, assistante du projet de conservation du Milwaukee Public Museum IMLS Typewriter Project.

Sources : Collection Martin Howard et le MPM

30 octobre 2023

Dolce vita au Québec, de Stéphanie

Oh joie! Le facteur m'apporte aujourd'hui des nouvelles de mes amis voironnais en vacances au Québec dans une enveloppe de couleur bistre reconnaissable entre toute : c'est Stéphanie qui m'écrit en utilisant de très beaux timbres canadiens.

A l'intérieur, je trouve une superbe carte double avec,  au recto,  la reproduction d'un découpage papier réhaussé à la feuille d'or dont Stéphanie a le secret et la grande maîtrise. Ce tableau montre l'environnement dans lequel les deux artistes ont passé une partie de leur séjour -un très beau chalet au bord de l'eau- et au verso, des écureuils nombreux à vagabonder dans la nature dans ce grand et beau pays. 

Merci chère Stéphanie, c'est super gentil de penser à moi depuis tes vacances, quel cadeau tu me fais là encore. 

1 septembre 2023

Découpage de ribambelles, pour Stéphanie

En trouvant cette image avec les deux fillettes occupées à découper des personnages dans du papier journal, j'ai aussitôt pensé à Stéphanie, la découpeuse aux ciseaux magiques, car créer des ribambelles de papier est devenu pour elle, un jeu d'enfant, 

Bien qu'étant très loin d'avoir sa pratique, j'ai quand même choisi d'agrémenter mon mail-art d'une petite guirlande de personnages en papier noir, puis d'y adjoindre la copie d'un timbre suisse, sur le découpage car c'est là, dans ce pays, que Stéphanie a découvert cet art traditionnel et populaire, qu'elle pratique avec tant de bonheur.

Je t'en souhaite une très bonne réception, chère Stéphanie.

5 juillet 2023

Deux paysannes sur le chemin du marché en Tarentaise, pour Stéphanie

Dans un joli Livre d'Heures des Alpes récemment acquis, j'ai eu le bonheur de trouver de très belles illustrations, avec la reproduction d'aquarelles de Victor Lhuer, sur quelques costumes traditionnels des Alpes, Dauphiné et Isère. 

C'est là que j'ai vu ces deux femmes vêtues d'un très beau costume traditionnel de la Tarentaise, en provenance des localités des Avenchers et des Allues, se rendant probablement au marché. 

Recyclage de fripe et imagination sont mes deux ressources pour composer de l'art postal textile : un fond de napperon bleu dont j'ai utilisé la dentelle par ailleurs, l'ajout d'un morceau de col de chemisier ancien très travaillé à la machine avec des roses entrelacées sur une sorte de résille m'ont donné une bonne base pour créer ce mail-art que je destine à Stéphanie, ma découpeuse de dentelle papier préférée.

Je t'en souhaite une bonne réception, chère Stéphanie, passes un bel été!

14 mai 2023

2 jours en Isère : Printemps de l'Esperluette à Val de Virieu / Week-End Passion et Art à Saint-Aupre

Deux évènements à 30 km de distance en Isère pour ce week-end m'ont tant interpellée que je n'ai pas pu résisté à la très forte envie d'aller rendre visite aux artistes et mail-artistes qui devaient s'y rendre ou s'y produire. 

Samedi 13 mai à Val de Virieu - Festival du Printemps de l'Esperluette 

Depuis 2010, dans ce lieu Ecrit et Art dit Esperluette, Victoria Saiz proposait un autre regard sur l’écriture à travers différentes formes d’art avec une démarche artistique, créative et ludique, une approche nouvelle pour aborder les écritures. C'était un espace dédié où tout le monde pouvait s’enrichir d’une ouverture à des modes d’expressions multiples et où ceux qui avaient besoin d’un service pour un courrier, un dossier, un récit de vie ou tout autre document, pouvaient le trouver dans un cadre inattendu.
Aujourd'hui, après toutes ces années riches de rencontres tant avec les villageois qu'avec de nombreux artistes qu'elle a fait venir en ce lieu, Victoria Saiz tire sa révérence, avec en point d'orgue  l'organisation de ce Festival du Printemps dont voici le programme.
Pour clore son activité, Victoria a demandé à Eni Looka, très grand artiste et mail-artiste,  de venir faire une ultime exposition à l'Esperluette. Depuis le 2 et jusqu'au 21 mai 2023 sont donc exposés des mandalas, des jeux de mots illustrés qu'affectionne Eni ainsi qu'une sélection de son art postal. 

Je vous laisse admirer la superbe fresque en papier découpé en forme de mandalas dont il a orné les vitrines et la porte de l'Esperluette, un découpage magnifique où s'inscrivent tous les noms des artistes qui ont fréquenté ce lieu depuis son ouverture :  quel magnifique hommage! 

Une de mes artistes préférées, Stéphanie Miguet découpeuse de papier y faisait également une animation  ;  tous les visiteurs de l'exposition qui le souhaitaient ont eu leur silhouette découpée à main levée, et c'est ainsi que tout un mur de portraits s'est constitué au fil de la journée, pour le plus grand plaisir de tous.   


Ce fut pour moi l'occasion de rencontrer Eni pour la toute première fois alors que j'admire son oeuvre depuis bien longtemps, lui le maître en création de faux-timbre d'artiste.

J'ai aussi bien sûr eu le plaisir de côtoyer Stéphanie, mais aussi d'y rencontrer Christophe et son épouse venus de leur Vercors voisin. Comme c'est chouette de rencontrer "pour de vrai" les personnes avec lesquelles une correspondance mailartiste s'est établie!

(*) pour les fidèles de ce blog, Victoria et son Esperluette ne vous sont pas inconnus. En effet, Victoria était la destinataire des envois d'art postal de la 9e édition de la JMFTA (Journée Mondiale du Faux-Timbre d'Artiste) organisée comme chaque année en novembre par Tony Mazzochin. L'art postal reçu a ensuite fait l'objet d'une exposition à l'Esperluette.

***
Après une bonne nuit réparatrice passée sur place dans la superbe Maison Vachon de Belmont, où j'ai retrouvé avec plaisir mes hôtes d'il y a deux ans,  j'ai repris la route pour Saint-Aupre, ma seconde étape.

Dimanche 14 mai à Saint-Aupre - Week-End Passion et Art 
Expo Postenomade 13e JMFTA 

C'est dans ce petit village fort sympathique du Pays Voironnais que se déroule pour sa 6e édition le Week-End Passion et Art réunissant des artisans (bijoux, savons, objets décoratifs, ..) des artistes (peinture, tissage, sculpture,,.), et des amateurs de photos... (liste non exhaustive).

C'est aussi ici qu'existe un lieu associatif très dynamique, "Le Repère", qui avait été choisi en novembre 2022 pour réceptionner tout l'art postal de la 13e JMFTA (Journée Mondiale du Faux-Timbre d'Artiste).
C'est donc logiquement ici que pour toute la durée du week-end, l'ami Tony Mazzochin a monté sa "Postenomade" dans un local jouxtant l'église, pour y exposer les quelques 300 mails-art reçus par Le Repère à cette occasion. 

Et je peux vous garantir que l'employé du mois (Tony himself) s'est donné corps et âme pour animer son unique guichet  et pour  parler d'art postal devant un public nombreux malgré les conditions météo :  pour beaucoup de visiteurs cela semble assez incroyable que de telles enveloppes puissent arriver par la Poste tant elles leur paraissent loufoques! 

l'essentiel des panneaux de l'exposition 
Plus tard nous ont rejoint Eni Looka et un ami de Tony, le calligraphe Eric de Tugny, qui a déjà partagé le local dans une précédente exposition à Saint Aupre. N'oublions pas non plus bien sûr, Stéphanie la découpeuse, qui après avoir fait le tour de tous les stands d'artiste et d'artisan pour leur offrir leur silhouette, a continué a pratiqué son art dans la salle d'exposition.
le coffre-siège de Stéphanie où elle a tout son matériel pour découper le portrait à la silhouette
et un bon petit café entre amis pour oublier la pluie!
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Ce fut un beau week-end, un peu fou,  avec beaucoup de pluie (il en faut, c' est bon pour la nature) et beaucoup de kilomètres au compteur pour une si brève escapade, mais il m'a procuré tellement de joies à retrouver des complices d'art postal, à en louper certains autres (des rendez-vous à reporter), à découvrir le travail d'artistes et d'artisans,  à écouter des musiciens dans des registres variés, à partager des moments très sympas et conviviaux avec des personnes découvrant ou intéressées  par l'art postal, que  je ne demande qu'à recommencer... un peu plus tard.