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17 juillet 2026

Témoignage de saine colère : indignons-nous pour qu'on respecte enfin le vivant!


Trop anéantie moi-même par la chaleur pour avoir encore la force de créer, je relaie ici les mots écrits par Gabrielle, une femme habitant le littoral normand au 4ème jour de la deuxième canicule de l’année.
***

Le corps et l’esprit à bout. La plume qui prend le relais pour dire, ressentir, s’indigner, dire la colère de ce qui était prédit. La première canicule de l’année a en Normandie eu lieu fin mai, juste après les Saints de Glace. Courage, amour et douceur à nos corps, et à nos cœurs. Et au Vivant.

Après les Saints de Glace
vient le temps de la Sainte Colère.
Celle de la canicule,
de la Terre qui brûle,
de la nature et de l’Homme qui suffoquent.
On nous a offert un paradis,
une planète bleue, verte et si jolie,
un parfait havre de vie pour des milliers,
des millions d’espèces,
un monde d’interdépendance,
de multitude et de beauté,
La merveille de notre galaxie.

Nous aurions pu être les gardiens de cet écosystème,
nous avions les clés pour le préserver
et pour, harmonieusement, cohabiter.
Beaucoup d’entres nous l’ont d’ailleurs aimé,
honoré et respecté à travers les âges.
Encore aujourd’hui, certains le font.
Mais voilà que d’autres ont inventé,
au fil des siècles,
des Lois d’Hommes pour asservir et contrôler
les Lois de la nature, et du Vivant.

Rien de bon ne pouvait naître de cela,
Trahir les mécanismes originels réglés au millimètre,
À la seconde près en chaque chose et en chaque être.
Quel plus grand péché d’égo ?
Quel plus grand crime que d’assécher jusqu’à la dernière goutte
ces ressources précieuses, miraculeuses,
de détruire ce qui était parfait,
Offert, peut-être, par plus grand que nous,
Afin que, simultanément, nous en jouissions
Et le protégions ?
Ce que beaucoup appellent “progrès” ou “évolution”
n’est en fait, à l’égard de la Terre, qu’une destruction.

Il faudra beaucoup d’amour, beaucoup de chemin et de prières,
Beaucoup de forces et de cœurs ouverts
Pour guérir du crime d’avoir saccagé ce qui était sacré,
Le seul et unique bien commun de toute l’Humanité.

L’appel est lancé.
Vous qui en ressentez l’élan,

Venez.

26 juin 2026

Pétition à signer et faire signer massivement si l'on veut agir sur la cause du réchauffement climatique

Moi non plus je n'ai pas l'habitude de poster ici un appel à signer une pétition. Pourtant aujourd'hui je relaie volontiers la pétition destinée à Emmanuel Macron publiée sur le blog de mon ami Éric, que j'ai bien évidemment signée, car, alors que nous suffoquons sous la chaleur de  cette énième canicule qui n'en finit pas, nous sommes tous concernés par les conséquences d'une politique allant à l'encontre de toutes les préconisations scientifiques en matière de gestion du climat, depuis des décennies.

Ce faisant, je pense à mes enfants et plus encore à mes petits-enfants, plus largement à toutes les générations futures qui devront tenter de survivre dans un enfer thermique, si nous n'actionnons pas tous les leviers en nos mains pour sensibiliser nos élites à l'absolue nécessité de tout mettre en oeuvre pour ralentir le processus du réchauffement climatique, en ciblant tout d'abord les énergies fossiles.

Votre inaction climatique est impardonnable, nous nous en souviendrons, Monsieur le Président.

***

Aujourd'hui (une fois n'est pas coutume), je relaie la pétition d'une autrice du GIEC à signer et faire signer massivement. 

pétition

Il fait 43 degrés en juin, et le pire est à venir… à moins que l'on choisisse d'agir sur la cause du réchauffement climatique. Depuis sa cave, Yamina Saheb, autrice du GIEC, lance un cri d'alerte avec Avaaz.

SIGNER

 

Cher Monsieur Macron,
Je vous écris de notre cave, seul lieu encore habitable dans notre immeuble parisien.

Je relis votre appel à "la prudence, à prendre soin des personnes âgées, des plus vulnérables comme des enfants et à suivre l'ensemble des recommandations du gouvernement". J'en reste abasourdie.

Je ne comprends pas qu'un président de la République puisse, une fois de plus, faire peser sur les frêles épaules des citoyens la responsabilité de les protéger, qui est la vôtre. Et je vous imagine sirotant un apéro (loin d'être mérité) dans une pièce climatisée de l'Élysée ou d'un autre palais de la République.

Alors j'ai décidé de vous écrire. Cette lettre, vous ne la lirez probablement jamais. Qu'importe : seule l'écriture apaise un peu ma colère.

Vous nous demandez "la prudence". Mais la prudence de qui, Monsieur le Président ? Celle des citoyens qui n'ont jamais voté pour quatre degrés de réchauffement, ou celle d'un État qui, année après année, choisit de ne pas agir sur la cause ? On ne se met pas "à l'abri" d'un climat que l'on continue de dérégler. On ne "boit pas de l'eau" pour réparer des décennies d'inaction climatique.
Cette canicule n'est pas une fatalité météorologique. Elle est la conséquence directe et mesurée de votre décision de nous enfermer dans le capital fossile. Nous l'avions écrit, noir sur blanc, dans les rapports du GIEC (IPCC). Vous le saviez. Nous le savions tous. Ce qui nous accable aujourd'hui n'est pas une surprise : c'est un rendez-vous que vous, avec d'autres responsables politiques, avez choisi de ne pas honorer.

Et que proposez-vous face à cela ? De nous adapter à une France devenue fournaise, comme si l'on pouvait s'adapter sans fin à un monde que vous vous obstinez à rendre invivable.

Je vous écris enfin parce que je ne sais pas comment expliquer à un enfant de six ans que les adultes savaient, et qu'ils ont préféré l'apéro à l'action. Je ne sais pas pour vous ; moi, je refuse de léguer à mon fils un pays où le seul refuge est le sous-sol, et comme seule consigne, la débrouille.
Nous finirons bien par remonter de notre cave. Mais je n'oublierai pas qui m'y a laissée : votre inaction climatique, cher Emmanuel Macron, celle qui vole à nos enfants le droit de vieillir sur Terre.

Je vous demande d'agir enfin à la hauteur des enjeux, à commencer par mettre un terme à toutes les subventions publiques directes ou indirectes aux énergies fossiles dans notre pays.

Demain, il sera déjà trop tard.

Yamina Saheb, auteure pour le GIEC, Groupe d'experts climat de l'ONU.

24 juin 2026

La canicule est une violence politique, pas une fatalité

Bien que fort affaiblie par cette chaleur intense dans l'appartement, il me reste encore assez d'énergie pour réagir à ce que nous subissons tous actuellement.

Je suis tellement en colère et agacée d'entendre et de lire des propos incroyables à propos de la présente période caniculaire dans les media et dans la presse : si l'on en croit leurs "experts", nous vivons là un phénomène météorologique exceptionnel,  mais si individuellement nous nous adaptons en buvant beaucoup d'eau, en sortant le moins possible et en faisant le minimum d'effort (en gros c'est le message gouvernemental), nous devrions passer le cap .... jusqu'à la prochaine fois.

Nous avions tous été épouvantés par les ravages de la quinzaine caniculaire d'août 2023 (en plein été donc) qui avait fait tant de victimes chez nos ainés et après laquelle des mesures significatives devaient être prises. Concrétement, à part climatiser une pièce unique dans les maisons de retraite ou EHPAD pour l'ensemble de tous les résidents (bien peu en fait), qu'y a t il eu comme modifications profondes de nos modes de fonctionnement pour que la vie des plus faibles et des moins bien lotis dans leurs logements soit améliorée.... AUCUNE!

Rien n'a été fait dans les hôpitaux, rien dans les écoles,  rien dans les lieux publics et maintenant que cela nous nous arrive en mai ou en juin, c'est à dire à un moment de l'année où les élèves sont encore à l'école, rien n'a été pensé, rien n'a été anticipé. Comme toujours, nous avons entendus énormément de promesses, mais rien au niveau des actions et toujours plus de recul sur les normes écologiques.

Comme je ne saurai pas l'exprimer aussi bien, je vous relaie un article édifiant du magazine ReporTERRE à ce sujet :

La canicule est une violence politique
Bordeaux le 19 juin 2026 - Photo de Thimothée Buisson / Reporterre

Loin d’être une fatalité, les canicules sont le résultat de choix : ceux des dirigeants qui balaient les objectifs climatiques, obnubilés par la sacro-sainte croissance. Cette élite capitaliste hors sol est criminelle, détaille cet éditorial.

Des enfants morts noyés. Des personnes âgées mortes de chaud. Des étudiants et des travailleurs exténués, contraints de s’activer dans la fournaise. La canicule qui touche la France, hors norme tant par son intensité que sa précocité au mois de juin, laisse le pays K.O. L’épuisement et la sidération sont largement partagés. Mais où est la colère ?

Les canicules sont encore vécues aujourd’hui avec fatalisme par une grande partie de la population, comme un aléa que l’on subit en serrant les dents. Elles sont pourtant devenues tout autre chose : une violence générée volontairement, en toute connaissance de cause.

Dès 1971, TotalEnergies savait que ses activités provoquaient un réchauffement planétaire et risquaient d’entraîner des « conséquences catastrophiques ». La major pétrolière l’écrivait noir sur blanc. À la même époque, son concurrent ExxonMobil était aussi parfaitement au courant. La même chose est documentée pour Shell une décennie plus tard. Or, non seulement ces compagnies pétrolières n’ont pas sonné l’alerte, n’ont pas décidé d’arrêter leurs extractions d’énergies fossiles, mais elles ont orchestré une gigantesque campagne de désinformation et de lobbying, répandant le climatoscepticisme et sabotant les négociations climatiques.

Des promesses non tenues
Le cynisme des gouvernements est peut-être encore plus criminel. Aucun ne peut prétendre sérieusement avoir été victime de la désinformation des pétroliers. Les meilleurs scientifiques du monde, à commencer par ceux réunis au sein du Giec, n’ont cessé de les alerter sur tous les tons depuis des décennies sur la gravité du changement climatique d’origine anthropique et de ses conséquences, dont la hausse de l’intensité et de la durée des vagues de chaleur en Europe de l’Ouest.

Il y a, bien sûr, ceux qui se détournent de la science et ne s’en cachent pas. Le président étasunien Donald Trump, son homologue argentin Javier Milei et toute l’internationale carbofasciste sont les relais actifs des intérêts du capitalisme fossile. Et puis il y a tous les autres, ceux qui se prétendent responsables, du camp de « la raison » et promettent de tout faire pour protéger leur population du chaos climatique.

Dans les faits, soit les objectifs de baisse d’émissions de gaz à effet de serre des États sont insuffisants, soit ils ne sont pas tenus, soit les deux à la fois. L’objectif de l’Accord de Paris de rester sous 1,5 °C de réchauffement global par rapport à l’ère préindustrielle est mort et enterré, et les politiques actuelles nous mènent au désastre.

L’accumulation capitaliste est non négociable
Au lieu d’accélérer les efforts, l’Union européenne multiplie depuis des mois les retours en arrière : recul sur la fin des ventes de voitures thermiques, recul sur l’agriculture et détricotage de nombreuses normes environnementales. Les décideurs le savent : ces reculs ne feront qu’aggraver les catastrophes et les événements extrêmes, à l’instar de la canicule qui fait actuellement souffrir la population.

Mais cette donnée ne pèse pas assez lourd dans la balance. Car en régime capitaliste, la croissance économique infinie est vitale ; et cette accumulation infinie de ressources est incompatible avec la préservation écologique du monde. Lorsqu’il s’agit d’arbitrer entre respect des limites planétaires et sauvegarde des intérêts économiques, les seconds l’emportent systématiquement. La défense de la « compétitivité économique » est très clairement la justification assumée des élites européennes pour acter de leurs reculs écologiques.

Il nous faut insister sur cette réalité simple et brutale : les décideurs politiques ont les données scientifiques sous les yeux, ils savent que leurs renoncements engendreront plus de drames et de morts. Notre trajectoire climatique nous mène, en France, vers dix fois plus de jours de vagues de chaleur par an et les 50 °C dépassés dans une ville comme Paris, peut-être dès 2050 !

Les décideurs politiques ont les données scientifiques sous les yeux
Mais il est jugé plus raisonnable d’accepter ces catastrophes et de sauvegarder un système économique moribond, dont ne profite plus grand monde au-delà de la classe dominante. Au lieu de faire de la préservation d’un climat habitable un impératif catégorique, et d’adapter nos règles socio-économiques en conséquence, on fait l’inverse. L’accumulation capitaliste est non négociable, et advienne que pourra pour le climat.

Là est la véritable violence.
C’est flagrant dans le cas de la France, où la violence est double. D’une part, parce que nos baisses d’émissions de carbone ne respectent pas nos engagements. D’autre part, parce que nos politiques d’adaptation sont insuffisantes. Dans les deux cas, les risques engendrés pour la population sont documentés, les alertes sont lancées et l’État, au lieu d’avancer, recule.
Les 1 000 reculs de l’État français

Au nom de l’austérité budgétaire, sur l’autel de la sacro-sainte croissance économique, le budget de la transition écologique ne cesse d’être sabordé. Entre deux canicules, le gouvernement a décidé de raboter le budget de MaPrimeRenov’, le dispositif de rénovation énergétique des logements. Le fonds vert, censé aider les collectivités locales à s’adapter au changement climatique, a été amputé des deux tiers de son budget. Les lois agricoles successives tournent le dos à la transition agroécologique et perpétuent un modèle industriel mortifère et ultracarboné. Un tiers du réseau ferré français est menacé d’un « effondrement irréversible » faute de moyens pendant que l’État finance des autoroutes inutiles. La liste des renoncements écologiques est interminable.

Emmanuel Macron est au pouvoir depuis neuf ans. Il a lui-même créé le Haut Conseil pour le climat, qui ne cesse de blâmer ses politiques climatiques insuffisantes. Il agit en toute connaissance de cause et il parle de même : lorsqu’il fait mine de s’étonner de l’existence de la crise climatique, lorsqu’il appelle chacun à la « vigilance » et à boire de l’eau face à la canicule, il ajoute l’indécence à la brutalité.

La chaleur qui accable nos corps est une agression de la part d’une élite criminelle
Il superpose la violence symbolique à la violence climatique. Celle d’une élite capitaliste hors sol, qui se gausse depuis les salons climatisés du pouvoir et démontre son absence totale d’empathie pour la majorité des terriens, ceux qui subissent les conséquences de leurs choix : les écoles et les appartements transformés en fours, les maisons qui deviennent inassurables, la crainte pour sa survie et celle de ses enfants. Comment imaginer tenir lorsque les canicules seront de 10 °C plus chaudes que celle que nous traversons en ce moment ?

Résister à cette violence devient une exigence vitale. Cela commence par la nommer. Ne plus subir l’inversement orwellien du langage qui transforme les militants écologistes qui luttent pour l’avenir en « écoterroristes » et fait passer l’oligarchie sociopathe qui détruit le monde pour les garants de la raison. Ne pas accepter la dépolitisation apparente de l’écologie, qui fait porter la responsabilité sur les individus et les écogestes.

Mettre à nu, dans toute leur abjection, la réalité de la violence du capital, celle de l’État qui le sert et de leurs dérives néofascistes. Penser la chaleur qui accable nos corps comme une agression de la part d’une élite criminelle. Une atrocité et un crime contre l’humanité. C’est le préalable pour générer un sursaut et les mettre hors d’état de nuire. Et vite, ça brûle.Loin d’être une fatalité, les canicules sont le résultat de choix : ceux des dirigeants qui balaient les objectifs climatiques, obnubilés par la sacro-sainte croissance. Cette élite capitaliste hors sol est criminelle.

18 mai 2026

Par l'imaginaire, sortir de la sidération et envisager d'autres futurs

Aujourd'hui, je relaie un article de Reporterre le Média, magazine de l'écologie, dont j'ai eu connaissance via le blog de l'ami Éric.

Nous n'en pouvons plus de supporter ces injonctions à subir "la loi du marché" et à prendre toujours en pleine face ses conséquences, nos dirigeants s'employant tous à nous faire croire que nous sommes les responsables et coupables de cette situation, si la "croissance" n'est pas au rendez-vous, si "le coup du travail est exorbitant",si "les caisses de l'Etat sont vides" etc... Si nous nous élevons contre les problèmes de pollution de l'air et des sols, et de spoliation de l'eau par l'agro-industrie, nous devenons pour eux des éco-terroristes. Alors comment imaginer des futurs plus réjouissants ? 

Des  récits nous emmènent dans d'autres possibles : je vous laisse en lire la proposition. 

Reporterre et la maison d’édition La Volte publient le 14 mai le livre Lucioles,

dont la couverture est signée Aline Zalko. © E.B / Reporterre

L’imaginaire : un levier essentiel pour nous sortir du capitalisme mortifère

Face à la dystopie dans laquelle nous vivons, comment sortir de la sidération ? Créer des imaginaires dissidents est l’une des clés. Reporterre le Média publie un recueil de 15 fictions écologiques, dont voici la postface.

 

Wendy Delorme, Catherine Dufour, Elio Possoz, Juliette Rousseau... En tout 15 autrices et auteurs de fiction ont répondu à l’appel pour raconter des futurs réjouissants, écologiques et subversifs. 

 

On y découvre des utopies anarchistes ou matriarcales, des alliances inter-espèces ou des pirates de l’espace qui kidnappent les milliardaires de la tech dans leurs fusées, entre autres récits destinés à combattre l’imaginaire capitaliste.

 

Nous publions ici, dans une version raccourcie, la postface de l’ouvrage, dans laquelle notre journaliste Vincent Lucchese développe pourquoi la guerre des imaginaires est un levier essentiel pour sortir le monde de l’ornière.

 

« Éclater l’horizon des possibles » ; « percer la chape de plomb qui écrase l’avenir » ; « donner à voir des futurs écologiques, excitants et subversifs, pour contrer les récits dystopiques dans lesquels nos dirigeants nous ont enfermés ».

 

Voilà à quoi pouvaient ressembler les consignes distillées depuis 2024 par Reporterre à des autrices et auteurs de fiction, dont les textes ont été publiés sur notre site. Une partie de ces récits a été regroupée dans ce livre, édité avec la maison d’édition La Volte.

 

Aux origines de ce projet, une question lancinante traversait la rédaction : comment sortir de la sidération ? Pas un jour ne passe sans apporter son lot de nouvelles cataclysmiques. « L’atrocité climatique » est déjà là, le réchauffement menace les fondements de nos civilisations et le vivant s’effondre à un rythme effréné. Pas une source d’eau qui ne soit polluée aux pesticides, microplastiques et autres déchets toxiques. Pas une forêt qui ne soit menacée de partir en fumée ou de dépérir dans les années à venir. 

Assécher l’imaginaire pour mieux régner

Partout, l’autoritarisme, la répression et les guerres se multiplient. La montée du fascisme répond à la destruction écologique du monde, comme les deux faces d’une même pièce. Les deux conséquences logiques du capitalisme et de son insatiable volonté de prédation : pour assouvir le besoin d’accumulation du capital, il faut presser les humains et la Terre jusqu’à la dernière goutte.

 

En bref, nous vivons en pleine dystopie.

 

Et pourtant, aucune révolte d’ampleur ne gronde à l’horizon. Des alternatives et des résistances existent, bien sûr, et sont même foisonnantes. Mais elles restent marginales à l’échelle de la société, et loin d’être susceptibles d’entraver la course du rouleau-compresseur à l’origine de ces catastrophes.

 

Chez de nombreux activistes, le burn-out militant guette. Le matraquage des corps n’y est pas étranger. Mais l’abattement touche aussi, si ce n’est plus, les esprits. Le surgissement du pire, déjà bien engagé, paraît pour beaucoup inéluctable. Le fatalisme domine. On est alors tenté de ressortir l’adage attribué alternativement aux philosophes Fredric Jameson et Slavoj Žižek : « Il est plus facile d’imaginer la fin du monde que celle du capitalisme. » 

« Le désespoir n’est pas naturel ; il est fabriqué »

Voilà le cœur du problème. C’est là la plus fine ruse mobilisée par la classe dominante pour maintenir le statu quo : assécher l’imagination. Imprégner les esprits de l’idée qu’« il n’y a pas d’alternative ».

« La première question que nous devrions nous poser est : comment cela est-il arrivé ? Est-il normal que les êtres humains soient incapables de s’imaginer à quoi ressemblerait un monde meilleur ? », interrogeait dès 2008 l’anthropologue David Graeber 

 

 « Le désespoir n’est pas naturel ; il est fabriqué », poursuit-il. Et d’expliquer comment les dirigeants du monde eurent pour obsession de défaire tout mouvement contestataire naissant, à coups de répression et de propagande, pour tuer dans l’œuf toute idée d’alternative possible. « Ce système n’existe que pour broyer et pulvériser l’imagination humaine, pour détruire toute possibilité d’envisager d’autres futurs. »


La religion du marché

Ce zèle de la part de la classe dominante n’est évidemment pas anodin. Elle détruit les imaginaires dissidents car elle sait à quel point les fictions collectives, les mythes, sont au fondement de tout pouvoir politique.

 

De nombreux chercheurs et penseurs ont théorisé le rôle que jouaient les grands récits communs dans la légitimation et la cohésion de l’ordre social. Le philosophe Cornelius Castoriadis parlait d’« imaginaire social instituant » à propos de la puissance de l’imaginaire collectif, capable de façonner, transformer et légitimer les institutions d’une société. L’anthropologie a quant à elle documenté dans de nombreuses sociétés traditionnelles le « fondement mythique de la légitimité du pouvoir politique ».

 

« Le réel est façonné de toutes pièces, et en grande partie par nos imaginaires. Il n’est pas exagéré de dire que nous vivons dans un monde inventé, résultat d’une évolution où le présent serait le fruit de nos choix antérieurs — eux-mêmes opérés selon des croyances bien plus que des décisions rationnelles », résume Vincent Gerber dans L’Imaginaire au pouvoir. Science-fiction politique et utopies (Le Passager clandestin, 2024).

Et si les mythes, les religions et les idéologies constituent les plus puissants de ces récits collectifs, notre époque est indubitablement dominée par la religion du capitalisme. Le marché fait office de dieu tout-puissant, la croissance à tout prix est son premier commandement, Adam Smith l’un de ses prophètes et les économistes néoclassiques sont ses oracles.

De nombreux chercheurs ont travaillé très sérieusement sur cette « théologie du libéralisme » et son fondamentalisme religieux qui ne tolère aucune remise en cause.

« Autrefois, les prophètes entraient en transe et informaient la populace inquiète de l’humeur des dieux, de l’opportunité d’entreprendre un voyage, de se marier ou de faire la guerre. Aujourd’hui, les désirs versatiles du marché sont élucidés par les bulletins quotidiens de Wall Street et des autres organes sensoriels de la finance. Ainsi, nous pouvons savoir au jour le jour si le marché est “inquiet”, “soulagé”, “nerveux” ou parfois “exubérant” », écrivait en 1999 le chercheur et théologien Harvey Cox, dans un article de The Atlantic.

Faire vaciller les récits dominants

On ne compte plus le nombre de réformes politiques brutales et iniques imposées au nom des impératives « lois du marché ». L’imaginaire constitue l’un des plus puissants atouts du pouvoir mais il est aussi son talon d’Achille. Car il suffit que la fiction sur laquelle il est bâti se délite pour que tout s’effondre, parfois bien plus rapidement qu’on ne le pense. Prenons l’exemple d’un des plus grands empires ayant jamais existé : l’Union soviétique.

Dans les années 1980, aucun des observateurs occidentaux n’aurait imaginé que la puissante URSS puisse se disloquer si rapidement en 1991, rappelle dans un article Léon Aron, spécialiste étasunien de cette période. Certes, l’Union soviétique traversait alors de graves difficultés économiques, sociales et militaires, mais rien de nécessairement fatal.

Le modèle soviétique s’est effondré parce que plus personne, ou presque, n’y croyait. La promesse de l’avènement prochain du communisme réel avait peu à peu disparu des discours officiels, le régime perdit peu à peu en crédibilité et la catastrophe nucléaire de Tchernobyl porta un coup terrible au récit d’une science soviétique supérieure, génératrice d’une société vivant en harmonie avec la nature.

L’ensemble de ces facteurs, parmi d’autres, « amène à une remise en cause complète du récit soviétique. Et là, tout craque », résume à Géo Julie Deschepper, historienne de l’URSS. Il ne s’agit évidemment pas de minorer l’importance des faiblesses économiques et politiques structurelles de l’Union soviétique mais de souligner le rôle crucial d’un imaginaire et de ses récits dans la cohésion, et en l’occurrence dans la destruction, d’un ordre social.

C’est d’un tel arrachement à l’imaginaire morbide du capitalisme dont nous avons urgemment besoin aujourd’hui.

De fait, les promesses de ce système ne font déjà plus rêver grand monde, du moins en Occident, où sa propagande règne depuis trop longtemps pour ne pas laisser paraître l’envers du décor, la misère, les maladies et les destructions des milieux de vie qu’il génère.

La fiction comme « réservoir cognitif »

L’imaginaire du capitalisme tient encore debout mais il a l’allure d’un mort-vivant titubant sans but ni grand-chose à proposer. Paradoxalement, son mythe fondateur reste pourtant solidement ancré. L’impératif de croissance économique constitue toujours un argument massue dans le débat public. S’y opposer est très généralement inaudible.

Prôner la sobriété, questionner la finalité de la technologie, ou même promouvoir l’égalité et le respect des minorités valent d’être traité d’Amish et de « wokiste ». Le violent retour de bâton masculiniste en cours, porteur d’un idéal réactionnaire antiwoke nostalgique d’une « pétromasculinité » menacée, montre la prégnance de ces imaginaires frelatés.

Il faut donc briser le carcan. Les œuvres de science-fiction alternatives et autres récits subversifs existent. Ils s’emploient à élargir les fissures dans le bloc de l’imaginaire dominant, à « désincarcérer le futur », ainsi que le proclame le collectif Zanzibar, dont plusieurs de ses membres signent des nouvelles de notre recueil.

Notre conviction est qu’il est urgent d’amplifier le mouvement. De rendre audibles au plus grand nombre ces récits d’autres futurs possibles. Car la sidération et l’atonie actuelles viennent en partie d’un vertige, d’une peur du vide : que faire et par quoi remplacer ce système abject ? Comment inventer tout un monde ?

« La science-fiction crée à ce titre ce que [le chercheur en science politique] Yannick Rumpala a appelé un “réservoir cognitif”, un stock d’expériences capables de “travailler les possibilités”. […] elle permet d’appréhender, de se familiariser avec cet inconnu », écrit Vincent Gerber.

Les utopies n’ont d’ailleurs pas vocation à offrir sur un plateau la recette pour établir une société parfaite. Pour la bonne et simple raison qu’une telle société ne peut exister. L’être humain étant lui-même condamné à l’imperfection, la société la plus harmonieuse qui puisse être est celle qui tâtonne, écoute, prend soin des relations entre ses membres (humains et non humains) et se réinvente en permanence. Une utopie figée, certaine de ses règles parfaites, sacrifierait la liberté humaine et tomberait instantanément dans la dystopie, celle d’un « paradis pour automates », résume encore Vincent Gerber.

Notre espoir est que ce livre ait apporté quelques contributions au tâtonnement révolutionnaire. Évidemment, la littérature ne peut pas tout ; tout au plus peut-elle servir de catalyseur. Mais, pour piocher une dernière citation dans le décidément très riche ouvrage de Vincent Gerber, laissons Terry Pratchett conclure : « Vous avez besoin de croire dans les choses qui ne sont pas vraies. Autrement, comment pourraient-elles advenir ? »

8 mai 2026

Chant des Partisans & Complainte des Partisans, deux chants internationalement connus, associés à la Résistance

Aujourd'hui 8 mai, jour de l'armistice de la deuxième guerre mondiale, c'est le jour où se remémorer toutes les victimes de ce conflit terrible, le jour pour célébrer  tous ceux qui se sont battus afin que la France redevienne libre, et pour remercier tous ceux qui sont tombés pour cela (et pas seulement un jour férié de mai qui permet de faire le pont et de pouvoir partir en week-end prolongé).

Dans cette période noire de l'Occupation, il y eut des moments singuliers comme l'histoire de ces deux chants patriotiques, qui sont parfois un peu confondus, alors qu'ils n'ont pas tout à fait la même histoire. Peut-être est-ce parce que, dans les deux cas,  la chanteuse Anna Marly a participé à leur création (musique et paroles russes du Chant des Partisans - et musique pour la complainte) ainsi qu'à leur diffusion.  

1 / "Le Chant des partisans" (ou "Chant de la libération") devenue l'hymne de la Résistance 
La musique, initialement composée en 1941 sur un texte russe, est due à la Française Anna Marly, ancienne émigrée russe qui en 1940 avait quitté la France pour Londres. A l'origine il est utilisé comme indicatif musical d'une émission de la BBC consacrée à la France libre. Pourquoi ? Outre la mélodie entraînante, à même de susciter le désir de libération, l'air sifflé permettait de traverser le brouillage ennemi !

Ce n'est qu'à la Libération, en 1945, que "Le Chant des partisans" s'impose comme l'hymne de la Résistance.

Anna Marly raconte la création du " Chant des partisans " et de " Complainte du partisan " enregistrée en 2000 -  
Vidéo youtube de lysgauty1 collection disques David Silvestre
Le Chant des partisans ou Chant de la libération est l'hymne de la Résistance française pendant l'occupation par l'Allemagne nazie, pendant la Seconde Guerre mondiale. La musique, initialement composée en 1941 sur un texte russe, est due à la Française Anna Marly, ancienne émigrée russe qui en 1940 avait quitté la France pour Londres.

Les paroles originales en français ont ensuite été écrites en 1943 par Joseph Kessel, également d'origine russe, et son neveu Maurice Druon qui ultérieurement ont tous deux rejoint les Forces françaises libres.  

Le Chant des Partisans : 

Ami, entends-tu le vol noir des corbeaux sur nos plaines ?
Ami, entends-tu les cris sourds du pays qu'on enchaîne ?
Ohé, partisans, ouvriers et paysans, c'est l'alarme. 
Ce soir l'ennemi connaîtra le prix du sang et les larmes. 
Montez de la mine, descendez des collines, camarades ! 
Sortez de la paille les fusils, la mitraille, les grenades. 
Ohé, les tueurs à la balle et au couteau, tuez vite ! 
Ohé, saboteur, attention à ton fardeau : dynamite... 

C'est nous qui brisons les barreaux des prisons pour nos frères. 
La haine à nos trousses et la faim qui nous pousse, la misère. 
Il ya des pays où les gens au creux des lits font des rêves. 
Ici, nous, vois-tu, nous on marche et nous on tue, nous on crève... 
Ici chacun sait ce qu'il veut, ce qu'il fait quand il passe. 
Ami, si tu tombes un ami sorte de l'ombre à ta place. 
Demain du sang noir sèchera au grand soleil sur les routes. 
Chantez, compagnons, dans la nuit la Liberté nous écoute
... 
Ami, entends-tu ces cris sourds du pays qu'on enchaîne ! 
Ami, entends-tu le vol noir des corbeaux sur nos plaines ! 
Oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh ........

2/ Chant "La complainte du partisan" largement reprise à l'international 

La Complainte du Partisan (écrite en 1943, à Londres) enregistrée en 1963 par Anna Marly
Paroles : Emmanuel d'Astier de la Vigérie dit "Bernard" - Musique : Anna Marly 
vidéo publié par Les Chansons Youtube

La Complainte des Partisans 

Les All'mands étaient chez moi 
On m'a dit : "Résigne-toi",
Mais je n'ai pas pu.
Et j'ai repris mon arme
Personne ne m'a demandé
D'ou je viens et où je vais
Vous qui le savez, 
Effacez mon passage. 
J'ai changé cent fois de nom 
J'ai perdu femme et enfant
Mais j'ai tant d'amis 
Et j'ai la France entière.
Un vieil homme dans un grenier
Pour la nuit nous a cachés 
Les All'mands l'ont pris
Il est mort sans surprise
Hier encore nous étions trois 
Il ne reste plus que moi 
Et je tourne en rond 
Dans la prison des frontières 
Le vent souffle sur les tombes 
Et la liberté reviendra 
On nous oubliera! 
Nous rentrerons dans l'ombre.
Le partisan chanté par Léonard Cohen, publié sur la chaine Youtube de aszad
Cette version mêle l'adaptation en anglais de Hy Zaret ("Song of the French Partisan")
avec les paroles d'Emmanuel d'Astier de la Vigérie (dit « Bernard ») et la musique d' Anna Marly

Paroles et traduction de la chanson «The Partisan» par Leonard Cohen

When they poured across the border /Quand ils eurent traversé en masse la rivière
I was cautioned to surrender, / Ils me demandèrent de capituler
This I could not do ;/Mais je ne pouvais pas faire ça
I took my gun and vanished./J'ai pris mon arme et j'ai disparu.

I have changed my name so often,/J'ai changé si souvent de nom
I've lost my wife and children/J'ai perdu ma femme et mes enfants
But I have many friends,/Mais j'ai beaucoup d'amis,
And some of them are with me./Et certains sont avec moi.

An old woman gave us shelter,/Une vieille femme nous a hébergé
Kept us hidden in the garret,/Nous gardant caché sous la mansarde,
Then the soldiers came ;/Puis les soldats vinrent ;
She died without a whisper./Elle mourut sans un murmure.

There were three of us this morning /Nous étions trois ce matin
I'm the only one this evening /Il n'y a plus que moi ce soir
But I must go on ; Mais je dois continuer ;
The frontiers are my prison./Les frontières sont ma prison.

Oh, the wind, the wind is blowing,/Oh, le vent, le vent souffle,
Through the graves the wind is blowing,/A travers les tombes, le vent souffle,
Freedom soon will come ;/La liberté viendra bientôt ;
Then we'll come from the shadows./Puis nous sortirons de l'ombre.

Les allemands étaient chez moi,
Ils m'ont dit : "résigne-toi",
Mais je n'ai pas peur ;
J'ai repris mon arme.
J'ai changé cent fois de nom,
J'ai perdu femme et enfants
Mais j'ai tant d'amis ;
J'ai la France entière.
Un vieil homme dans un grenier
Pour la nuit nous a caché,
Les allemands l'ont pris ;
Il est mort sans surprise.

Oh, the wind, the wind is blowing,/Oh, le vent, le vent souffle,
Through the graves the wind is blowing,/A travers les tombes, le vent soufle,
Freedom soon will come ;/La liberté viendra bientôt ;
Then we'll come from the shadows./Puis nous sortirons de l'ombre.

PS : Selon les versions traduites, il peut exister encore quelques variantes dans les paroles du texte en français. 
***
Je vous souhaite à tous une bonne journée du 8 mai, une journée du souvenir capitale.

1 mai 2026

Belle journée fériée du 1er mai , avec quelques brins de muguet porte-bonheur

C'est aujourd'hui le 1er mai, "la Fête" de tous les travailleurs et les travailleuses pour toutes leurs luttes durement conquises afin d'obtenir de travailler dans des conditions sociales meilleures,

C'est un 1er mai, jour férié obligatoirement chômé que non, décidement non, nous ne nous laisserons pas voler!  

C'était bien une idée du petit génie Attal que de continuer à faire pression sur les petites gens pour les obliger encore un peu plus à trimer (pour continuer de bien alimenter le portefeuille d'actionnaires assoiffés de profit) y compris en les spoliant d'un jour de congés, et pas n'importe lequel, le plus emblématique, celui du 1er mai, jour de la Fête des Luttes des Travailleurs! Quel symbole que de vouloir nous faire travailler ce jour-là! 

Abandon du projet de loi Attal , mais la revisite qu'en a fait le premier ministre Lecornu pour 2027 va dans le même sens, quoique qu'il en dise. On connaît les pratiques du gouvernement : cela commence toujours sur la base du volontariat, dans le secteur du commerce de détail - les boulangers et les fleuristes - et puis ensuite on va partir de l'exceptionnel pour étendre aux grandes surfaces (car pourquoi du pain frais artisanal ce jour-là et pas du pain industriel?) et aux autres commerces et cela pour tous, volontaires ou non, comme cela a été le cas avec l'ouverture des commerces le dimanche.

Depuis des décennies, tout est fait pour encourager les salariés sous-payés à souhaiter travailler un jour payé en double, plutôt que de pratiquer une politique de salaire raisonnable, permettant aux gens de vivre dignement.

Ceci étant posé, que cette journée de  fête encore libre pour la majorité d'entre nous,  soit l'occasion de profiter des tous ceux que vous aimez et de passer une très belle journée, de printemps, avec du vrai muguet ou seulement du virtuel (cela devient presque mieux, tant, avec le réchauffement climatique, les producteurs sont obligés d'agir artificiellement à grands coûts d'énergie pour faire coïncider la floraison de la fleur mythique avec la date du 1er mai - cf. article sur la région nantaise qui produit 95% du marché du muguet)

A toutes et tous, je vous souhaite beaucoup de bonheur en ce jour férié de Fête, avec ces quelques brins de muguet 

Le 1er mai, quand l'histoire fait date - Vidéo publiée sur la chaine youtube de la chaine franco-allemande ARTE

Le 1er mai, bien plus qu'une simple "Fête du Travail", puise ses racines dans les luttes ouvrières dès 1889 à Paris. Ses emblèmes comme le triangle rouge, représentatifs de la répartition égale du temps dans une journée, ou l'aubépine, à consonnance plus tragique, sont des marques d'un rêve d'émancipation mais aussi de désillusion. Aujourd'hui encore, il résonne dans les rues du monde entier. Dans une centaine de pays du monde, principalement en Europe mais pas seulement, on célèbre le 1er mai les combats du mouvement ouvrier par des défilés syndicaux et des festivités. C'est un jour de luttes qui est aussi un jour peu à peu devenu férié, l'un des rares dans le calendrier qui ne soit pas directement associé à une fête religieuse. Mais plusieurs histoires se donnent rendez-vous ce même jour de l'année…