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19 juin 2026

"Les Gueules" : exposition 2026 au MIAP de Rencurel, par Christophe

Quel plaisir d'avoir des nouvelles de l'ami Christophe et de l'exposition qu'il a préparé dans son micro musée de l'art postal, le MIAP, après avoir lancé un appel sur "les gueules, qu'est ce qu'elle a ma gueule"!

Dans une jolie enveloppe largement timbrée de portrait d'artiste ou de musiciens de jazz, il m'adresse le book présentant l'essentiel de l'exposition avec moultes créations, toutes plus loufoques les unes que les autres. 

En espérant que nombre d'entre vous pourrez allez visiter le MIAP lors d'un passage par Rencurel sur la route de vos vacances, je ne dévoile pas tout, pour vous laisser la surprise et le bonheur de découvrir toutes la créativité des mail-artistes. 

Les visites ont lieu sur rendez-vous auprès de Christophe Blaise au 06 77 25 99 05 
ou par mail à basile.tof@gmail.com

 

Merci infiniment, Christophe, de cette nouvelle initiative, car lancer un appel à mail-art sur un thème comme celui-ci dès le mois d'octobre 2025 t'a permis de garnir ton petit mais indispensable Musée de l'Art Postal pour y préparer une superbe exposition de mai à septembre 2026, avec tout ce qui t'a été envoyé au fil de l'eau, des mois durant.

Merci beaucoup pour cet envoi avec le petit livret de l'expo, et rendez-vous à l'automne, pour le prochain appel.

30 avril 2026

Le grand plaisir des enfants à vendre du muguet, pour Christophe et Christine

Dans mon souvenir de jeunesse, il y avait des vendeurs de muguet "à la sauvette" de tous âges  pour le le 1er mai, mais rarement de jeunes enfants tenaient ce rôle :  il faut dire aussi que j'habitais à la campagne et qu'il nous aurait fallu un moyen de transport simple pour aller nous installer là où il pouvait y avoir une clientèle.

Par contre, en ville, c'était probablement possible, comme le montrer cette photo illustrant ce mail-art porte-bonheur que je destine à mes amis du Vercors.

Composition réalisée au moyen d'un tissu comportant de réserves blanches en forme de brin de muguet sur fond vert, ajout de la photo ci-dessous imprimée sur tissu et  de la photo d'une broche en camée, avec un bouquet de muguet en relief.
Vente de Muguet. Paris, 1er mai 1979. © Jacques Cuinières / Roger-Viollet
Chers Christophe et Christine, j'espère que ce mail-art fleuri vous parviendra dans des délais raisonnables et que vous passerez demain, une fort belle journée du 1er mai, pour la Fête des Travailleurs, qui je l'espère de tous mes voeux, pourra rester une vraie journée payée, chômée et férié pour nous et les générations futures.

13 avril 2026

Petite gueule d'amour, à la cantine, pour le MIAP de Christophe

Encore une participation à l'appel à mail-art lancé par Christophe Blaise sur les "gueules.

 On a tous des souvenirs identiques à ce cliché, lorsqu'enfant nous fréquentions la cantine scolaire. Comme cette petite fille nous avons joué avec les verres empilables et incassables Duralex. Les fameux verres avec des numéros inscrits au fond des verres, qui pouvaient servir entre autres à désigner celui qui irait remplir la carafe d'eau à la fontaine

Copie d'une photo et extrait de publicité vus sur le site de Duralex associés à un timbre récent de la Poste pour fêter les 80 ans de la marque, sur fond de dentelle bleue.

Je profite de cette occasion pour parler de la marque Duralex qui vient de fêter ses 80 ans.

Née au cœur de la France, à la Chapelle Saint-Mesmin, l'usine incarne un savoir-faire unique : celui du verre trempé, résistant, fonctionnel et durable qui traverse les générations.  Dès 1945, Duralex révolutionne la table avec une ambition simple : proposer à chacun une vaisselle fiable, esthétique et accessible.

Quelle preuve de longévité de cette marque qui a réussi à survivre et même à se renouveler grâce à l'opiniatreté et au courage de ses ouvriers. En effet, sous la forme d'une SCOP,  226 personnes ont repris la production et l'usine en main,  après de nombreux problèmes de trésorerie, sept changements de direction, des mises en redressement judiciaire successives, toujours à attendre et à espérer des repreneurs. Finalement, ils ont pris les rênes eux-mêmes et cherché à moderniser un peu la marque. Grâce à leur production, ils ont même pu ouvrir  pour les fêtes  de fin d'année une boutique éphémère dans le coeur d'Orléans où les produits ont été plébiscités par les clients, suscitant un engouement inattendu et réjouissant.  Souhaitons-leur beaucoup de succès encore et longue vie à Duralex 

PS : Pour fêter son anniversaire Duralex ouvre ses portes :  une visite de l'usine historique de la Chapelle-Saint-Mesmin, est maintenant possible sur inscription.

Cher Christophe, je te souhaite une bonne réception de ce nouveau mail-art avec la petite fille espiègle qui l'anime et un bon accrochage pour ta nouvelle exposition, car avec l'arrivée des beaux jours, tu vas certainement rouvrir bientôt ton joli petit musée. 

L'est pas chouette, ma gueule ? pour le MIAP de Christophe

Pour sa toute prochaine exposition nouvelle dans son joli musée international de l'Art Postal (MIAP) sur le thème des "gueules" , je suis sûre que l'ami Christophe en aura reçu beaucoup et en recevra encore au cours de ce mois, toutes sortes de gueules :  des bizarres, des tordues, des vertes et des pas mûres, des gueules cassées, des gueules de bois, des gueules en biais, etc... etc...

Pour compléter sa collection, je lui adresse aujourd'hui une gueule très "chouettes" et j'espère qu'elle lui fera plaisir. 

malheureusement je n'ai pas réussi à retrouver la statue originale de cette photo, j'espère que ce n'est pas une image trafiquée par intelligence artificielle, elle est beaucoup reprise sur internet mais sans aucun nom d'auteur 

Bonne réception de ce mail-art, ami Christophe, et rendez-vous, je l'espère, cet été, pour une visite guidée de cette expo à venir qui sera, à n'en pas douter,  magnifique.

Une des belles trognes de nos campagnes, pour le MIAP de Christophe

Pour répondre une nouvelle fois à l'appel à mail-art de Christophe sur les "gueules", j'ai choisi de jouer sur les mots car pour parler d'un visage en langage populaire, on  peut aussi dire une bouille, une bobine ou encore une trogne

Et c'est donc une très belle trogne, formant un véritable visage, que je mets en lumière avec ce mail-art dont je souhaite une très belle réception à l'ami Christophe.

Composition réalisée sur fond en tissu avec la tête-visage d'une trogne de chêne photographie aux aux alentours de Nogent sur Vernisson (45) complétée par la copie d'une aquarelle montrant la belle biodiversité abritée dans une trogne de frêne (Source : la Maison Botanique, auteur Dominique Mansion)
Je vous propose ci-après de découvrir un peu mieux cette technique agroforestière très ancienne qu'on commence à revoir dans certaines campagnes, après tous les ravages dus au remembrement et la destruction systématique des haies.

*** Arbres aux mille visages ***
les « Trognes » sculptures paysannes aux gueules vieillissantes 

schéma pour expliquer la manière de travailler un jeune arbre pour en obtenir une trogne quelques années plus tard 
(documentation de Dominique Mansion)

La nature produit « naturellement » des trognes
Bien avant qu'ils ne soient taillés par les humains, les arbres ont été confrontés aux dommages naturels causés par les tempêtes, le givre, la glace, les avalanches, les crues, la chute de rochers ainsi que la dent des herbivores. Au cours de cette longue évolution, les feuillus, notamment, ont acquis la faculté étonnante de se régénérer à partir de bourgeons dormants situés sous leur écorce. Stimulés, suite à un stress (casse, coupe, abroutissement), ces bourgeons se réveillent pour former de nouvelles branches. En pratiquant le taillis et l'étrognage, les hommes ont eu l'idée géniale d'utiliser cette incroyable faculté du génie végétal. Coupés à faible hauteur par le castor, saules, peupliers, frênes, ormes repoussent comme des mini-trognes naturelles. En Guyane, en mangeant les feuilles de Pterocarpus officinalis, l'hoatzin, oiseau ruminant, crée des trognes sur lesquelles il peut installer son nid. Dans les montagnes, les arbres broutés au-dessus de la couche de neige repartent en se ramifiant et en émettant de nouvelles branches. Ce regard sur les origines nous éclaire sur la nature inventive du végétal.

Depuis quand des trognes ?
Des restes de vannerie trouvés dans des gisements du néolithique laissent penser qu'à cette époque les arbres étaient déjà coupés à hauteur pour protéger leurs repousses des herbivores sauvages et domestiques. En Angleterre, des vestiges de trognes âgés de 3400 ans ont été découverts enfouis dans le lit de la rivière Trent. En Bretagne, l'analyse de bois d'œuvre archéologique montre que l'émondage était pratiqué à l'époque carolingienne. La sculpture, la mosaïque, la fresque sont de précieuses sources de renseignement qui nous offrent des représentations datées, pour les plus anciennes, de 3500 ans. L'enluminure médiévale est une mine d'informations : dans les miniatures des douze mois de l'année des « Très Riches Heures du duc de Berry » (première moitié du XVe siècle) des trognes sont illustrées aux mois d'avril, juin, juillet et octobre. Depuis plus de 3000 ans, une multitude de représentations témoignent de la présence et de l'importance des arbres têtards et des arbres d'émonde dans le paysage, que viennent confirmer les textes anciens, les coutumes qui commencent à être fixées par écrit au Moyen Âge, les baux ruraux, l'édition des Usages locaux, par exemple.
Source : la Maison Botanique
Trognes, les arbres aux mille visages
Vidéo publiée sur la chaine Youtube du Musée Cantonal de Zoologie
Trognes, des piliers de la biodiversité en milieu rural
Vidéo publiée sur la chaine Youtube du Conservatoire d'Espace Naturel d'Auvergne
Qu’est ce qu’une trogne ?
La trogne est un arbre, le plus souvent un feuillu, conduit à hauteur pour une récolte régulière de bois, de feuillage, de fruits, sans avoir à couper le tronc. Créée sur un jeune arbre, la trogne ou arbre têtard offre une cueillette qui, convenablement gérée, peut durer des siècles. Cette pratique ancestrale, connue depuis au moins 3 000 ans, présente de multiples avantages : production augmentée et de proximité hors d’atteinte de la dent des herbivores sauvages et domestiques, pérennité de l’arbre et de son système souterrain, limitation de l’emprise sur les cultures ou les bâtiments voisins, pôle de biodiversité inestimable, mobilisation du carbone, marqueur de paysage... Créer une trogne c’est s’engager avec un arbre pour toutes ces raisons. Son seul véritable inconvénient : la nécessité d’intervenir à hauteur. Mais on peut aussi faire des trognes basses !

Si la trogne m’était contée
Drôles de trognes qui jalonnent discrètement nos campagnes arborées… Véritables monuments végétaux, figures emblématiques mais insoupçonnées de notre biodiversité quotidienne… Des visages singuliers parmi les multiples facettes de la nature ordinaire, parce que justement très apprivoisés, parce que totalement cultivés… Une nature domestique et pittoresque dont on remarque l'étrangeté, et dont on a failli perdre la mémoire et les valeurs, économique, écologique, esthétique…. La trogne ou l'émonde, la ragosse, le têtard ou l'escoup… ce n'est pas l'arbre idéal. C'est l'arbre "paysan", l'arbre utile par excellence, que l'on taille avec assiduité pour en tirer le maximum de profit, en respectant au mieux ses exigences biologiques, et pour en pérenniser la ressource : la nécessité de produire plus avec la plus grande économie de moyens et d'espace possible. C'est l'arbre que l'on taille non sans peine, ni par plaisir ou par sadisme, ni par devoir pour "lui faire du bien" ou encore lui donner de la vigueur. La trogne c'est surtout une connaissance et des savoir-faire, une expérience du génie végétal au service de la petite industrie verte d'antan, mais c'est surtout un formidable potentiel d'avenir et de modernité dont on ne perçoit pas clairement les enjeux et la mesure. … les enjeux de l"'arbre de pays", et de sa lente mais inexorable réhabilitation dans nos logiques de production agricole et d'aménagements en tous genres, dans sa grande générosité à produire de la biomasse et accueillir de la biodiversité, à protéger notre environnement et nos territoires, à paysager notre cadre de vie…

La trogne : un réservoir de biodiversité
Les trognes constituent un abri précieux pour de nombreuses espèces animales. A l’instar des autres arbres hors-forêt et des haies champêtres, sa répartition doit être le plus homogène possible sur tout le territoire, afin d’offrir des corridors aux espèces qui lui sont inféodées. En vieillissant, les arbres taillés en têtard se creusent, la partie centrale se dégrade alors que la périphérie continue de se développer. D’abord, au niveau de la « tête » de l’arbre, la décomposition des feuilles, les particules apportées par le vent et l’accumulation des fientes d’oiseaux participent à la formation d’un terreau spécifique favorable au développement d’une flore dite épiphyte. Les troncs des arbres têtards forment ensuite de nombreuses cavités et fissures qui sont autant de lieux de vie attractifs pour une faune variée qui s’y réfugie et s’y alimente. Dans ces anfractuosités naturelles ou celles creusées par le pic, tout un cortège d’espèces vont se succéder ou cohabiter : les cavernicoles, les passereaux insectivores (mésanges, sittelles, rouges-queues, etc...), les rapaces nocturnes (chevêches, hulottes...) mais aussi les écureuils, loirs, martres et certaines chauves-souris; sans oublier les coléoptères et les insectes pollinisateurs qui pourront élire domicile dans ces vieux arbres.
A gauche, croquis trouvé dans l'article "vous avez dit trognes?" sur le site  https://trognes.fr/definition/
A droite : « Trogne – arbre habitat », 180/240cm, Aquarelle,  Encre de Chine, Gouache, 2023-2024
 avec la collaboration de Dominique Mansion, Alexandre Boissinot et Laurent Larrieu.

2 avril 2026

Une bien belle gueule de métèque, pour Christophe et le MIAP

Je n'ai jamais été admirative de Johnny Halliday et donc pas réceptive non plus à son répertoire, dont la  fameuse chanson "qu'est ce qu'elle a ma gueule"? Il y a plusieurs explications à cela, sans doute parce qu'avant la musique ce sont les mots des chansons qui me touchent, surtout quand elles viennent d'un auteur-compositeur-interprètre. 

Pour répondre à l'appel à mail-art lancé de Christophe Blaise sur le thème des "gueules", mon choix s'est porté sur un autre artiste, qui, s'il n'a pas eu la même aura, a été très important dans le paysage de la chanson française. Nous avons perdu notre Phare d'Alexandrie lorsqu'il s'est éteint en 2013 : vous avez déja compris, je veux vous parler de Georges Moustaki un chanteur français issu d’un brassage culturel oriental, ce qui en faisait toute la richesse.

J'ai eu la chance d'écouter Georges Moustaki précisément l'année où il a rencontré le succès, en 1969, avec cette fameuse chanson Le métèque. Il chantait sur une scène devant laquelle nous, spectateurs, étions assis par terre en plein air, totalement bouleversés à l'écoute de cette magnifique chanson. D'y repenser j'en ai encore le poil au garde-à-vous.

Le métèque

Avec ma gueule de métèque, de juif errant, de pâtre grec et mes cheveux aux quatre vents
Avec mes yeux tout délavés qui me donnent l'air de rêver, moi qui ne rêve plus souvent
Avec mes mains de maraudeur, de musicien et de rôdeur qui ont pillé tant de jardins
Avec ma bouche qui a bu, qui a embrassé et mordu sans jamais assouvir sa faim

Avec ma gueule de métèque, de juif errant, de pâtre grec et mes cheveux aux quatre vents
Avec ma peau qui s'est frottée au soleil de tous les étés et tout ce qui portait jupon
Avec mon cœur qui a su faire souffrir autant qu'il a souffert sans pour cela faire d'histoires
Avec mon âme qui n'a plus la moindre chance de salut pour éviter le purgatoire

Avec ma gueule de métèque, de juif errant, de pâtre grec et mes cheveux aux quatre vents
Je viendrai ma douce captive, mon âme sœur, ma source vive, je viendrai boire tes 20 ans
Et je serai prince de sang, rêveur ou bien adolescent comme il te plaira de choisir
Et nous ferons de chaque jour toute une éternité d'amour que nous vivrons à en mourir

Et nous ferons de chaque jour
Toute une éternité d'amour
Que nous vivrons à en mourir

Source : Musixmatch/Parolier : Paroles et Musique de Georges Moustaki/1969

Vous parler aujourd'hui d'une gueule de métèque en ces temps où le racisme et la xénophobie n'ont jamais été aussi présents et décomplexés en France, me fait énormément plaisir. S'il en était encore besoin de le prouver, la France est riche de toutes les personnes étrangères qui y sont venues et sont restées,  attirées par l'esprit des lumières et amoureuses de la langue française comme l'était Georges Moustaki, le juif errant, le pâtre grec comme il aimait à se décrire.  

Il a fallu attendre qu'il disparaisse pour que les media lui rendent véritablement hommage. Lui, le citoyen du monde très cultivé, parlant six langues et extrêmement prolifique dans la création de chansons et de musiques, tellement belles, n'a pas eu forcément la carrière qu'il aurait mérité en rapport avec son immense talent. Mais l'important pour ceux qui l'ont cotoyé, c'est d'avoir la conviction d'avoir apprécié un homme magnifique, un grand humaniste dont la poésie et les mots nous font encore le plus grand bien aujourd'hui. 

Un post particulier lui sera dédié spécifiquement, sous peu, pour lui rendre hommage.

Gueule de loup, pour Christophe et le MIAP

Pour répondre à l'appel à mail-art de Christophe en vue de la prochaine exposition du MIAP, j'ai joué sur les mots en lui proposant une variété sauvage d'une fleur bien connue de nos jardins d'été, le mufflier appelés aussi "Gueule de loup".

Composition à partir d'une silhouette de tête de loup trouvée sur le net 
et d'une photo de muffliers sauvages publiée sur le site des graines Echinops 
https://echinops-graines.com/fleurs/muflier-sauvage
 

Cette fleur se décline en de nombreuses couleurs dans sa version cultivée.

J'espère que Christophe recevra ce mail-art dans de bonnes conditions et qu'il le trouvera en pleine forme, prêt à préparer la future exposition de tous les mail-arts reçus sur le sujet "Qu'est ce qu'elle a ma gueule" pour la prochaine saison d'ouverture du MIAP. 

5 janvier 2026

T194: Nos cinq sens sont-ils augmentés par les nouvelles technologies?, de Christophe

J'ai reçu aujourd'hui les bons voeux de Christophe et Christine, les amis de Rencurel qui m'ont bien fait plaisir. Quand on voit le froid et la neige qui tombe ici, j'imagine que cela doit être bien blanc dans leur beau pays du Vercors. 

Et bien sûr, je n'ai pas manqué d'être intriguée par ce timbre de 2001 marquant l'entrée dans le nouveau millénaire que l'ami Christophe s'est amusé à prolonger. C'est vrai que ce siècle dont nous avons déjà consommé un quart, est beaucoup fait de technologie et malheureusement de beaucoup moins de vraies relations essentielles comme celles du coeur et comme toutes les relations à la nature et au vivant.

A l'intérieur de l'enveloppe Christophe n'a pas manqué de glisser une référence à son nouvel appel à MA pour 2026  avec son visage composite, fait pour partie de la photographie très célèbre de Steve Mc Curry, du visage d'une jeune fille afghane aux yeux si merveilleux, couplé à la moitié du visage d'une autre jeune femme, plutôt européenne, qui ressemble beaucoup à Angèle la chanteuse...

Merci beaucoup les amis, j'espère qu'on aura l'occasion de se voir en 2026, autour de l'exposition du MIAP sur ce nouveau thème "qu'est ce qu'elle a ma gueule?"

2 janvier 2026

Meilleurs voeux pour l'année 2026 : redonner toute sa place au monde sauvage, pour Christophe et Christine

En un autre siècle, des civilisations autres que la nôtre étaient qualifiées de sauvages, donc de primitives, termes se rejoignant dans l’opprobre et le déclassement : alors même que ces peuplades n’avaient que très rarement détruit leur environnement, destruction qui est une des belles preuves de civilisation que notre société productiviste persiste à étaler au gré de ses appétits. 

Nonobstant le « bon sauvage » cher à Rousseau, nous avons partout méprisé, écrasé ce qui n’était pas nous, imposé notre pouvoir, notre religion, notre technologie, ivres de puissance et de fatuité.

L'animal sauvage est réputé res nullius (sans maître, mais appropriable). Il est livré « au plus tirant  » ! traqué et tué au gré des lobbys et de ceux qui ne voient en lui qu’objet de loisir, en lui déniant tout droit d’existence.

Il est alors grand temps de célébrer le sauvage, de savoir admirer la magie des plumes, des rameaux, des herbes et des vents, des épines et des ombres, des mousses et de leur espace de libre expression, ce jardin de nature qui vit s’épanouir l’incroyable diversité du vivant.Nous en sommes comptables : le sauvage, que d’aucuns voudraient rejeter dans le passé, est notre avenir, si tant est que nous soyons encore demain ouverts à l’émerveillement de l’altérité.(source téla botanica)

Le sauvage est notre avenir : en 2026, transitons joyeusement vers un monde plus vivant

26 novembre 2025

16E JMFTA : une enveloppe avec la belle gueule d'une divinité indonésienne et une moitié de Christophe

Cette enveloppe-là, je l'attendais, tant il était certain que le  récipiendaire de la JMFTA de l'édition précédente qu'était l'ami Christophe n'allait pas louper le coche de cette belle fête de novembre. 


Et comme à son habitude désormais légendaire,  c'est par le savant pliage d'une enveloppe intégralement fabriquée maison où il a collé différentes "gueules"(thème de son nouvel appel à MA pour expo en 2026 au MIAP), qu'il s'est exprimé.

Merci beaucoup pour ce nouvel envoi où tu arrives toujour à réussir des collages et des découpages astucieux. 

20 novembre 2025

CH02 - Les chimpanzés ne rigolent pas pour choisir leurs alliés, pour Christophe

Voici pour l'ami Christophe un superbe chimpanzé mâle qui va devoir développer toute une stratégie et un jeu d'alliances pour obtenir une place dans la hiérarchie du groupe. 

un chimpanzé mâle dans un parc du Parc National de Kibale en Ouganda 
 photo de Gilles Laurent, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons

Si les femelles peuvent migrer vers un autre groupe à l'adolescence, les chimpanzés mâles restent durant toute leur vie dans la communauté qui les a vus naître.

Les chimpanzés peuvent s’unir pour perpétrer des agressions sur d’autres mâles. Visiblement, le choix des alliés ne devrait rien au hasard, les chances de se reproduire et de gravir des échelons sociaux étant plus élevées si aucun singe n’est engagé dans une autre alliance !

Dans le monde animal, il n'est pas toujours évident d'obtenir ce que l'on souhaite, surtout si l'on est amené à entrer en conflit avec plus fort que soi. Certains chimpanzés ont trouvé une parade : ils s'allient avec d'autres mâles pour attaquer conjointement une ou plusieurs cibles. Cette information n'est pas nouvelle. Cependant, de nombreuses interrogations restent encore en suspens concernant les avantages procurés par ce comportement. Les singes formant des coalitions ont-ils par exemple plus de chance de se reproduire ?

Des éléments de réponse viennent de nous être fournis par Ian Gilby de l'université Duke (États-Unis). Pour ce faire, il a analysé des données génétiques et comportementales récoltées entre 1995 et 2008 en suivant des Pan troglodytes schweinfurthii de la communauté de Kasekela, dans le parc national de Gombe Stream, en Tanzanie. Ses conclusions ont été publiées dans la revue Behavioral Ecology and Sociobiology. Concrètement, les chimpanzés formant des alliances pour s'attaquer à autrui ont plus de chance de se reproduire, et donc d'assurer leur descendance, surtout s'ils choisissent bien leurs alliés !

Les communautés de chimpanzés sont généralement formées de 20 à 100 individus et hiérarchisées. Un singe alpha dirige ainsi les autres mâles durant la chasse ou lorsque le territoire du groupe est menacé. Cette position se situe au sommet d'une échelle sociale que les chimpanzés peuvent gravir grâce à leur intelligence ou en gagnant le respect des autres membres de la communauté.

Près de 365 alliances impliquant 16 mâles (par groupe de 2 ou de 3) ont été observées durant l'étude. Globalement, les meneurs ont eu un plus grand succès auprès des femelles. Selon des résultats statistiques, ces primates auraient plus de chance de recevoir leurs faveurs que d'autres singes restés neutres. Par ailleurs, 14 mâles sont montés en rang durant les observations (un individu a même franchi tous les échelons en une seule étape pour devenir un alpha). Cette observation n'est pas anodine puisque ces promotions facilitées par la formation des alliances augmentent la probabilité de s'accoupler. Ainsi, les agressions en groupe procureraient des avantages génétiques à leurs protagonistes.

Quatre indices ont été utilisés pour caractériser ce comportement social et comprendre le succès des singes qui y ont recours. Le nombre d'alliés, leur force et leur position sociale n'expliqueraient à eux seuls aucune des observations faites. Seul un paramètre serait corrélé aux résultats : le concept de « betweenness », qu'on pourrait traduire approximativement par « intermédiarité ». Il s'agit d'une mesure de centralité du réseau social. Les mâles bénéficiant des agressions menées en groupe ont tous affiché une valeur élevée de cet indice, ce qui signifie qu'ils s'associent avec des individus ne faisant pas partie d'une coalition tierce. Les chimpanzés communs peuvent donc juger méticuleusement les relations établies entre d'autres membres de leur communauté avant de définir leurs propres alliances.
Source : https://www.futura-sciences.com/planete/actualites/zoologie-chimpanzes-ne-rigolent-pas-choisir-leurs-allies-43200/

13 octobre 2025

Appel à mail-art : Quoi ma gueule... qu'est ce qu'elle a ma gueule....délit de faciès?, pour le MIAP en 2026

Yes, quand une enveloppe arrive du MIAP, il y a généralement lieu de se réjouir : qu'est ce qui va se passer à Rencurel en 2026 ?

Avec cette enveloppe où un collage savant compose un visage surréaliste, Christophe m'invite à créer et lui envoyer de l'art postal sur le thème des  "gueules" pour en faire une exposition au MIAP aux beaux jours de l'année prochaine,  entre le 1er mai et le 30 septembre 2026.

Merci Christophe pour cette belle idée, opportune : avec le recyclage perpetuel à l'Elysée des mêmes têtes hypocrites pour toujours davantage nous berner et nous plumer, je vois là une belle occasion de pouvoir nous lâcher un peu...

Ce n'est pas encore précisé, mais j'imagine que la date de fin d'envoi des créations est à situer vers le 15 avril,  histoire de laisser un peu de temps à Christophe pour faire l'accrochage, avant exposition. 

2 septembre 2025

Des exclamations de surprise au MIAP, par Christophe

Aujourd'hui je reçois une enveloppe faite maison tout à fait identifiable grâce avec un savant pliage comme aime à les réaliser l'ami Christophe, le Vertacomicorien.

Il me donne des nouvelles de son été deux mois après la superbe Fête Timbrée qu'il a organisé le 28 juin dernier dans son jardin à Rencurel, et me parle des visiteurs de cet été, toujours enthousiastes après une découverte de son petit musée d'Art Postal que les fidèles de ce blog connaisse sous le nom de Micro Musée International de l'Art Postal (M.I.A.P.) 
Je suis heureuse de savoir que l'exposition d'environ 350 mails-art issus de la 15e édition de la Journée Mondiale du Faux Timbre d'Artiste du 23 novembre 2024 a continué d'attirer des visiteurs bien après la fête ; c'est un beau remerciement pour Christophe et son épouse Christine qui se sont vraiment donnés beaucoup de mal, pendant des mois, pour que cela soit une belle fête et reste un magnifique souvenir pour les gens qui avaient eu la possibilité de s'y rendre.

Merci de ce courrier et merci de me donner de vos nouvelles après votre séjour en Suisse au Pays-d'en-Haut et votre participation auprès de Michel Fontaine pour son Bazar de Saint Martin en Vercors. Belle fin d'été, les amis.

27 août 2025

Forêt des Landes, pays des résiniers, pour Christophe

Voici pour Christophe sur une enveloppe en papier recyclé telle qu'il m'a appris à en faire, un témoignage sur une tradition ancienne associée à la Forêt des Landes : celle du gemmage et du travail des résiniers sur les pins.

Ami Christophe, je t'en souhaite une très belle réception.
photo de la cime des pins, relevée sur Hossegor, sports et nature - pas de nom d'auteur / Gemmeurs : ancienne carte postale / Pot à résine vu surle site Landes Terre des Possibles https://www.tourismelandes.com/gemmage-quesako/
Longtemps ce territoire a été le domaine des bergers à échasses sur ces terres trop humides justes bonnes à l'élevage des moutons. Mais installée dans un but de protection contre les dunes de sables puis pour assainir la lande marécageuse,  la Forêt des Landes est vite devenue un enjeu économique. Du règne de Napoléon III au début du XXe siècle, le gemmage est l'activité principale. Il consistait à récolter la résine en saignant les pins. Celle-ci était alors indispensable pour calfater les navires en bois et entretenir les cordages. Les chandelles à base de résine remplacèrent les torches fumeuses. La térébenthine, qui en est extraite, servait de matière première à la fabrication de plusieurs produits chimiques (peinture, vernis, etc.). Le vingtième siècle voit un tournant dans la Forêt des Landes de Gascogne, avec l'abandon de la ressource gemme pour la ressource bois, et actuellement en France, il ne reste pratiquement plus de cet usage que les Pins bouteilles (Forêt Usagère de La Teste, Gironde). En 1922, l'utilisation du Pin comme poteaux de soutènement dans les mines de charbon française et anglaise atteint son apogée. Dans les années vingt, les premières cheminées se dressent entre les arbres : les Papeteries de Gascogne sont créées à Mimizan (1923), suivies de près par la Cellulose du Pin à Facture (1924). Après 1950, la chute de l'activité minière entraîne le déclin irréversible de l’utilisation en poteau et ce débouché ne correspond plus aujourd'hui qu'à 0,5% de la production de bois de Pin maritime. En 2011, le bois de trituration (papier, carton) correspond environ à 52 % du volume de bois produit. Cette activité permet d'utiliser les jeunes arbres coupés en éclaircie, ainsi que les déchets issus des scieries. Les plus beaux arbres sont destinés à des usages nobles (bois d'œuvre). Ils deviendront emballages ou palettes de stockage, parquets, lambris et moulures, charpentes et quelquefois meubles. Ils sont aussi les garants des meilleurs crus de Bordeaux : piquets, ils soutiennent les ceps de vigne, coffrets, ils protègent les si fragiles bouteilles !

Source : extrait d'un article sur le site https://www.jardinsdefrance.org/la-foret-des-landes-de-gascogne-royaume-du-pin-maritime/

FORÊT DES LANDES - PAYS DES RÉSINIERS 

Un peu d’histoire

La région correspondant à l’ancienne province de Gascogne est habitée dès le Paléolithique. De nombreuses traces de cette occupation ont été découvertes dans des grottes situées en Nouvelle-Aquitaine et en Occitanie, notamment dans les Landes.
C’est d’ailleurs sur le site de Brassempouy que les archéologues ont découvert une petite statuette en ivoire d’une incroyable finesse. Datée de 23.000 ans avant notre ère, la « Dame de Brassempouy » est considérée comme la plus ancienne représentation d’un visage humain retrouvé actuellement.

Durant le Néolithique, les hommes sortent des cavernes pour construire des villages. Ils ont en effet abandonné le nomadisme après avoir découvert l’agriculture et l’élevage.
Au cours du 1er millénaire avant JC, les peuples Celtes appartenant aux civilisations de Hallstatt et de La Tène migrent du centre de l’Europe et s’installent dans la plus grande partie de la France actuelle.
La région comprise entre les Pyrénées et la Garonne est alors occupée par une vingtaine de tribus appelées « aquitaines ». Parmi celles-ci, les Boïates se sont installés dans les Landes de Gascogne.
A cette époque, la région est une immense zone humide parsemée de quelques massifs de pins maritimes.

Durant la Guerre des Gaules mené par Jules César entre 58 et 51 avant JC, l’Aquitaine est rapidement soumise. Elle profite de la période appelée « Pax Romana » et est intégrée à la province romaine Gaule Aquitaine sous l’empereur Auguste.

La récolte de la résine des pins
A cette époque, la résine des pins est déjà récoltée et utilisée pour le calfatage des navires. Il est difficile de déterminer si cette technique a été introduite dans la région par les Romains ou si elle était déjà connue des Celtes.
Le calfatage est en effet utilisé depuis le Néolithique. Il consiste à rendre une embarcation étanche en introduisant des fibres végétales (papyrus, algues, roseaux, …) dans les interstices et à recouvrir celles-ci d’un mélange imperméabilisant qui varie selon les régions .
En Aquitaine, il se compose de goudron, de brai extrait d’écorce de bouleau et de résine.
L’utilisation de la résine de pin se diversifie peu à peu et on la retrouve dans la composition des bougies et des torches ou dans des onguents utilisés pour soigner les affections respiratoires.

Un système économique spécifique
La récolte de la résine de pins dans les Landes de Gascogne ne représente cependant pas une activité importante avant le milieu du 19ème siècle.
En effet, jusqu’à cette date, la région profite d’une économie spécifique basée principalement sur le « système agro-pastoral ».
Le sol sableux et les zones marécageuses des Landes ne permettent pas de donner des récoltes suffisantes pour nourrir une population qui vit loin des grandes villes et des voies commerciales et doit subvenir à ses besoins.
Afin de compenser la pauvreté naturelle de leurs terres, les Landais ont alors l’idée de les fertiliser en y faisant paître des moutons.
Les troupeaux étaient surveillés par des bergers montés sur des échasses, les célèbres « bergers landais » qui évitaient ainsi d’avoir les pieds mouillés ou les vêtements déchirés par les buissons.
L’engrais naturel produit par les ovins permet de cultiver des céréales ainsi que des plantes textiles comme le chanvre.
Ce système fait ses preuves et fournit du pain ainsi que des vêtements à la population.

Le début du gemmage intensif
Cependant, au 19ème siècle, la vie est profondément bouleversée dans les Landes. Les autorités décident d’agrandir la forêt existante afin de fixer les dunes qui en se déplaçant mettaient en péril les villages établis près du littoral. Plusieurs d’entre eux sont même déplacés et reconstruits à quelques kilomètres, vers l’intérieur des terres.
C’est ainsi que la Basilique Notre-Dame de Soulac (Gironde) est victime de l’avancée des dunes et ensevelie sous le sable en 1748. Le village avait été abandonné par ses habitants quelques années auparavant.
Les seigneurs du Pays de Buch avaient déjà tenté d’enrayer le phénomène au 18ème siècle en semant des pins en 1713 et en 1727. Cette initiative a cependant fortement déplu aux bergers qui voulaient préserver les terres agricoles. Ne pouvant compter sur la collaboration des habitants de la région qui n’hésitaient pas à détruire les nouvelles pinèdes, ce projet onéreux est abandonné.

A la fin du 19ème siècle, l’État français étudie différentes solutions et des premiers tests de fixation sont réalisés par l’ingénieur Nicolas Brémontier. Le bilan est positif et, en 1801, un arrêté ordonne la plantation des dunes sur les côtes de la Gironde et des Landes.
En 1857, un nouveau pas est franchi puisque l’ensemble des communes incluses dans les Landes de Gascogne sont dans l’obligation d’assainir et de boiser leur territoire.
Le développement des forêts de pins dans les Landes est à l’origine de l’expansion de l’activité du gemmage qui devient la principale ressource de la région. La production dépasse rapidement les 100 millions de litres de résine par an.
La forêt landaise devient le second plus gros producteur de gemme du monde, après les États-Unis.
La distillation de la résine permet d’obtenir de l’essence de térébenthine et de la colophane. Les dérivés de l’essence de térébenthine sont utilisés notamment dans les vernis, dans certains parfums et dans des produits d’entretien mais également par l’industrie pharmaceutique.
On retrouve la colophane dans la composition des colles, des encres d’imprimerie, dans les adhésifs et même dans le chewing-gum.

Le déclin
Dans les années 1940, la forêt landaise subit d’importantes dégradations, conséquence indirecte de la Seconde Guerre mondiale. En effet, la forêt mal entretenue est victime d’incendies et de parasites qui détruisent plus de 50% de sa superficie. Cette situation prive les ouvriers résiniers d’une grande partie de leurs revenus. De plus, le système social basé sur le métayage (bail accordé à un métayer en échange du revenu d’une partie de la récolte mais également de journées de travail) est jugé « féodal » et de plus en plus contesté.
De nombreuses manifestations sont organisées au lendemain de la guerre par des syndicats de paysans landais. La tension est vive et certains propriétaires n’hésitent pas à reprendre leurs terres et à expulser les métayers qui réclament la révision de leur bail afin de le transformer en fermage.
En 1953, les gemmeurs entament une importante grève afin d’obtenir un meilleur partage des revenus tirés de leur activité. Ils obtiennent finalement une révision de ce partage mais le statut de salarié leur est refusé.
Alors que l’activité peine à se relever dans ce contexte conflictuel, l’hiver particulièrement rigoureux et tardif de 1956 détruit une grande partie des pins qui ont déjà été écorcés. Le rendement de cette année est catastrophique.
Les grands propriétaires adoptent également un nouveau procédé inventé au États-Unis et permettant de diminuer de moitié le temps de travail. Cette technique appelée « gemmage activé » consiste à pulvériser de l’acide sulfurique sur les « blessures » de l’arbre afin de déclencher un gemmage plus rapide et plus abondant.
Cette innovation a un impact direct sur le métier de gemmeur déjà mis à mal par la diminution des surfaces boisées exploitables.
De nombreux résiniers perdent leur travail ce qui entraîne un exode rural des ouvriers mais également des métayers. De plus, le métier dévalorisé et mal rétribué n’attire plus.
Enfin, si la quantité de résine obtenue est plus importante, elle perd en qualité et la réputation de la gemme des pins de la forêt de Gascogne s’en ressent.Les propriétaires délaissent le gemmage au profit de l’exploitation du bois destiné à l’industrie papetière plus rentable.
Le nombre de résiniers travaillant dans la forêt landaise ne cesse de diminuer.
En effet, dans les années 1950, plus de 16.000 résiniers sont recensés dans la région et 35.000 personnes vivent directement ou indirectement de cette activité.
Vingt ans plus tard, on ne compte plus que 1.100 gemmeurs et ce nombre passe à moins de 100 vers la fin des années 1980. Le dernier gemmeur a cessé son activité en 1990.
Si la pénibilité du travail et la trop forte concurrence étrangère sont les principaux facteurs expliquant la fin du gemmage, certains observateurs déplorent le manque de réactivité de l’État et n’hésitent pas à parler de « mort programmée » du métier.

Le métier de résinier
Le travail du résinier se déroulait selon un calendrier bien précis.A la fin du mois de janvier , le gemmeur prépare les pins en enlevant l’écorce. Les arbres ainsi blessés produisent de la résine afin de cicatriser. Des pots en terre cuite sont alors accrochés pour recueillir cette résine qui coule le long de la « carre ».
De la mi-mars à la fin octobre, le gemmeur effectue des « piques » à l’aide d’un « hapchòt » tous les 4 à 8 jours. Il rafraîchit ainsi la carre et permet à la résine de s’écouler à nouveau.
L’opération d’ « amasse », c’est à dire la récolte de la résine déjà recueillie dans les pots, est effectuée simultanément à la pique, généralement par les femmes ou les mères des résiniers. Elles récoltent également le « galip », le morceau d’écorce enlevé par le résinier lors de la pique. Le galip est utilisé pour allumer le feu.
La résine déposée dans des barriques est ensuite envoyée dans les usines de distillation.
Après la dernière récolte, le gemmeur effectue le « barrasquage ». Il racle soigneusement toute la résine résiduelle qui s’est accumulée et durcie le long des carres durant la saison.
La fin de la campagne ne marque cependant pas la fin du travail du résinier. Celui-ci doit en effet entretenir les parcelles, notamment en abattant des arbres trop vieux, en en semant de nouveaux et en éclaircissant les semis des années précédentes. En moyenne, un arbre doit avoir une trentaine d’années avant d’être gemmé. Bien entretenu, il peut-être productif pendant cent ans.
Le travail était principalement effectué en « couple ». La femme était chargée de la récolte mais également du ramassage des bruyères et herbes qui servaient de litière au bétail. Pour faire vivre sa famille, le résinier devait s’occuper de minimum 6000 pins.
La principale difficulté de la vie du résinier était le manque de rentrées durant une partie de l’année puisqu’il n’était payé qu’après les premières récoltes. Il devait donc garder une partie de l’argent pour survivre durant l’hiver. De plus, le tarif variait selon le cours de la gemme et il n’y avait donc aucune sécurité financière. En revanche, les grands propriétaires qui concédaient leurs terres à des métayers se sont rapidement et facilement enrichis. Cette situation a provoqué les nombreux conflits sociaux qui ont secoué la région aux 19ème et 20ème siècles.

Découvrir le gemmage
Si vous passez ou séjournez dans les Landes, n’hésitez pas à partir sur les traces des résiniers et à découvrir un métier qui fait partie du patrimoine de la région.
Plusieurs musées retracent l’histoire du gemmage dans la forêt des Landes de Gascogne :
- Le Musée des Traditions de Biscarosse
- Le Musée Landes d’antan de Lit-et-Mixe
- Le Musée des produits résineux de Luxey

Source : extraits du site https://www.tourismelandes.com/gemmage-quesako/

***

 Le pin des Landes 


On ne voit en passant par les Landes désertes,
Vrai Sahara français, poudré de sable blanc,
Surgir de l'herbe sèche et des flaques d'eaux vertes
D'autre arbre que le pin avec sa plaie au flanc,

Car, pour lui dérober ses larmes de résine,
L'homme, avare bourreau de la création,
Qui ne vit qu'aux dépens de ceux qu'il assassine,
Dans son tronc douloureux ouvre un large sillon !
 
Sans regretter son sang qui coule goutte à goutte,
Le pin verse son baume et sa sève qui bout,
Et se tient toujours droit sur le bord de la route,
Comme un soldat blessé qui veut mourir debout.
 
Le poète est ainsi dans les Landes du monde ;
Lorsqu'il est sans blessure, il garde son trésor.
Il faut qu'il ait au coeur une entaille profonde
Pour épancher ses vers, divines larmes d'or !

Théophile GAUTIER 1811 - 1872

23 juillet 2025

Journée timbrée de Rencurel : bilan et remerciements, de Christophe

A l'aide d'une enveloppe au pliage savant dont il a le secret, Christine et Christophe Blaise me font un retour sur la superbe journée timbrée qu'ils ont organisé à Rencurel le 28 juin dernier dans leur jardin, autour de l'exposition du mail-art reçu fin 2024 pour la 15e édition de la J.M.F.T.A.

Fête mémorable s'il en fut, jamais autant de visiteurs n'avaient franchi le seuil du Micro Musée International de l'Art Postal (le fameux M.I.A.P.) en une seule journée.

La joie et la bonne humeur ont fait de cette journée un festival que nous ne sommes pas prêts d'oublier : cela a été un joyeux et heureux mélange de voisins, d'amis, de vacanciers ou de randonneurs de passage dans la commune, sans oublier les artistes et tous les mail-artistes qui avaient pu faire le déplacement.  Ce fut aussi une rencontre des générations, avec la présence de jeunes, d'enfants, de jeunes parents, des personnes encore actives et des retraités aussi, bien sûr.

Mon interprétation du recto de cette enveloppe : la joie du personnage qui semble faire le V de la victoire avec ses bras 

 verso en pliage origami pour cette enveloppe mystère
Si l'art postal était le prétexte de cette fête, le partage et la convivialité en ont été les fils conducteurs car nous avons aussi joué au jeu des boites aux lettres décorées dans le jardin et au jeu de piste organisé dans le village, nous avons chanté avec les deux artistes invités sans oublier l'onirisme et la poésie éprouvés en regardant la pièce de théâtre de Michel Fontaine.Dans un concours de vitesse, nous avons frappé sur les touches du clavier de machines anciennes du Musée de Lausanne de la Machine à écrire. Le risotto de Tony et la salade de Clara nous ont régalé le midi, les crêpes bretonnes aussi, tandis que le soir nous partagé les mets apportés par chacun. 

Dans sa lettre Christophe me confirme que le décompte des participants s'élève à 150 personnes, ce qui est remarquable pour un village qui compte 300 ames au total. C'est vraiment une réussite magnifique!

Bravo et merci à Christine et à Christophe pour nous avoir fait rêver et procurer tant de plaisir simple mais si réconfortant! Partager dans la convivialité, c'est vraiment le top du top et cela n'arrive pas si souvent. Merci encore à tous ceux qui ont aidé pour cette fête-là puisse exister. 

Continuons à faire vivre l'ART POSTAL, c'est TROP GENIAL !

1 juillet 2025

L'Art postal à la Fête à Rencurel ce 28 juin 2025 / exposition des mail-arts de la 15e JMFTA au MIAP

Je rentre tout juste d'une semaine passée en Isère, dans les Terres Froides du Dauphiné les deux premiers jours. J'ai enchaîné par un séjour dans le Vercors, pour donner un coup de main à mes amis Christophe Blaise et son épouse, étant donnée l'ampleur de la fête qu'ils ont prévu et à laquelle ils se préparent depuis quasiment 10 mois. 



Comme beaucoup d'autres amis mail-artistes, j'avais reçu l'invitation de Christophe Blaise (le créateur du MIAP) à participer à cette journée spéciale autour de l'art postal, qu'il organisait dans son jardin à Rencurel, le samedi 28 juin dernier.

Dès l'entrée au 192 chemin de La Lauze, l'accueil se matérialise par un superbe panneau textile tendu, en forme d'enveloppe "par avion". Réalisé avec beaucoup de créativité par quatre Rencurelloises de l'Atelier d'Art Créatif de l'association Domichat il est le résultat d'un mélange de techniques et de savoir-faire textile :
couture pour le fond et le tour de l'enveloppe
- technique de l'appliqué en patchwork pour nom et adresse du destinataire et pour le chalet du MIAP 
- crochet pour le timbre 
- broderie main pour nom et adresse de l'expéditeur et pour le tampon de l'affranchissement postal.

Bravo à ces 4 dames adeptes de l'art du fil 

   

Si le prétexte de cette journée était l'exposition dans le MIAP d'environ 350 oeuvres avec faux-timbre d'artistes sur le thème de l'art au Musée, l'intérêt de la fête de l'art postal ne s'arrêtait pas là. Mais quel régal pour l'esprit et pour l'oeil que de pouvoir mesurer à loisir la fantaisie et la créativité incroyable des participants à la 15e édition de la Journée Mondiale du Faux-Timbre d'Artiste.
Le chien-facteur en papier maché est une création de Christophe 
Les boites à lettres et les facteurs ont été aussi à l'honneur tout au long de cette incroyable journée festive.

Des animations et des jeux, des ateliers et des chansons, de la poésie et du théâtre, rien n'a manqué pour nous régaler. Ce fut un réel bonheur de nous retrouver dans la convivialité, l'amitié, la bonne humeur, le partage :  que de belles rencontres sous le chaud soleil du Vercors. Heureusement que dans la partie basse du terrain  nous avons pu apprécier la fraîcheur et l'ombre des quelques arbres, ainsi que la chanson de la Doulouche, petite rivière de montagne joyeuse qui serpente au fond du vallon avant de se jeter quelques centaines de mètres plus bas dans la Bourne. 

Voici le programme détaillé des réjouissances qui nous furent proposées:

La première partie se déroulait au jardin du MIAP à partir de 10 heures et jusqu'à 17 heures environ. En plus de la visite permanente possible dans le petit Musée, étaient prévues plusieurs autres activités :

- Une déambulation au jardin où 32 boites à lettres décorées par des artistes ont été disséminées,  chacune affublé d'un numéro. Le jeu consistait à imaginer la concordance entre le thème induit par chacune des boites à lettres décorées et 32 courriers à distribuer virtuellement à des destinataires aux nom/prénom/nom de rue/code postal/nom de ville fantaisistes (mais existant vraiment), dans la seule boite aux lettres qui pouvait leur correspondre - en précisant  le numéro dans la rue (celui de la boite) pour la finalisation du jeu.

 

- un jeu de piste dans le village où 10 boites à lettres peintes dans une couleur vive unique étaient placées dans des lieux "stratégiques" du village (école, mairie, belvédère....) et contenaient chacune une énigme. En plus d'une balade sympathique pour faire connaître le village de Rencurel, le jeu consistait à garder les deux ou trois premières lettres de la réponse à l'énigme pour reconstituer un mot mystère (gentilé d'un habitant du Vercors = vertacomicorien)

Pour la pause méridienne, Tony Mazzochin a enfilé son tablier de "chef" pour nous mitonner deux risotto qu'en bon italien il maîtrise parfaitement, tandis qu'une équipe de bénévoles s'affairait qui à la caisse pour vendre des bons d'achats pour la nourriture et la boisson, qui à la buvette pour servir à boire ou bien des crèpes (deux bénévoles ont  chauffé les biligs toute la matinée). Le repas fut gai et très convivial car la salade bio de Carla accompagnant le risotto fut craquante et rafraichissante à souhait.

Sur la scène du jardin, l'après-déjeuner débuta par un spectacle musical pendant une bonne heure où l’artiste Edouard Petit de Romans sur Isère  a mis de l’ambiance avec ses « Cakes aux phonies » .

Stéphanie Miguet s'activa à découper les silhouettes de tous ceux qui l'ont souhaité tandis que Jacques Perrier, le conservateur du Musée de la Machine à écrire de Lausanne a organisé des concours de frappe à la machine, vitesse et justesse du texte ainsi tapuscrit, sur quatre de ses machines à écrire anciennes. Un jeu pour déterminer à quel arbre appartenait un bout d'écorce, un  atelier d'origami, un atelier de carnet d'artiste et des lectures au jardin sont venus compléter le programme à Rencurel.  

Dans un second temps, vers 18 heures,  nous sommes tous descendus vers la Balme de Rencurel, dans la  salle municipale "La Scie" où la fête s'est prolongée.

L’univers de Michel Fontaine si poétique  © Aigret Christine La république du Centre
Benjamin le facteur, grand explorateur : Michel Fontaine Compagnie de Théatre la Cyrène

Tout d'abord Michel Fontaine nous a enchanté avec sa pièce de théâtre "Benjamin le facteur, grand voyageur" alliant poésie et voyage, bandonéon et chansons, plaisir de la rencontre avec les destinataires de courrier du monde entier, sourires et amourette : son facteur est un poète au grand coeur et à l'imagination débordante. 

Carte de visite de  Benjamin le Facteur - Michel Fontaine, compagnie La Cyrène

Ensuite nous avons partagé un repas où chacun avait amené sa contribution. La belle idée a été d'installer tables et chaises à l'extérieur de la batisse, tout à fait contre le lit de la Bourne qui nous a apporté beaucoup de fraicheur.. Un joli moment de rencontres et de partage, là encore.

Et c'est avec un concert participatif de chansons françaises (sorte de karaoké en live) que la soirée s'est terminée, avec l'ami Thierry Grenier à la guitare....(oui, Thierry c'est bien le copain lyonnais tintinophile de Christophe, pour lequel nous avions mail-arté en 2023 suite à son appel sur Tintin). 

***** complément apporté le 12 juillet 2025 *****

 Christophe a publié sur youtube le résultat du jeu des boites aux lettres d'artistes avec les courriers des 32 destinataires de lettres plutôt fantaisistes. Régalez-vous de son humour sans limites!

Aujourd'hui la Fête des Timbrés est finie....

Merci à Christophe et Christine Blaise d'en avoir eu l'idée et de l'avoir organisée, avec la complicité de Tony Mazzochin, et le concours de nombreux bénévoles du village et d'associations amies qui ont aidé aux décors,  au montage et à l'apport logistique pour faire de cette journée une réussite. 

Merci à la municipalité pour la réservation privée du Gite communal au Col de Romeyère, pour la mise à disposition de la Salle des Fêtes, et pour leur compréhension sur les problèmes de circulation automobile induit par une telle manifestation

Merci à tous les Rencurellois et Rencurelloises qui ont mis des chambres à disposition pour permettre à de nombreux invités de coucher sur place, en amont et en aval de la Fête.

Merci aux artistes qui ont participé en décorant joliment une banale boite aux lettres, contribuant ainsi largement à l'animation du jardin . 

Merci aux contributeurs des ressourceries du Vercors qui avaient à disposition des trésors que l'imagination sans limite et la créativité de Christophe et Christine ont su transformer pour nous offrir un tel moment de partage et de joie sans limites. 

Merci au mail-artiste Eni Looka qui a tenu le rôle de reporter photo pendant toute la manifestation et ses derniers préparatifs.

Merci à tous les mail-artistes qui ont pu faire le déplacement et une pensée toute particulière à tous ceux qui auraient bien aimé être là mais qui résident bien trop loin ou ceux qui ont eu des empêchements de dernière minute. Ce post est spécialement rédigé à leur intention.

Merci à tous les visiteurs de passage (randonneurs intrigués par la musique et les couleurs des voiles nous abritant du soleil, ou bien convives invités dans le village pour d'autres réjouissances) qui sont venus passer un moment avec nous au jardin, pour le plaisir de la rencontre et de la découverte. 

Quel rassemblement et quelle journée magnifiques! Sûre qu'elle restera gravée pour longtemps dans nos mémoires,  cette Fête des Timbrés, des passionnés de l'art postal, des amoureux de la correspondance artistique... ou celle des « fêlés du bocal » qui apprécient  l’humour, la folie douce, la dérision, la controverse ou le bon mot.

Nombre d'entre nous se sont découverts physiquement alors qu'ils entretenaient déjà une belle correspondance sans s’être jamais rencontrés, d'autres qui ne s'étaient pas vu depuis le dernier Festival du Mail-Art de Vienne de mars 2022 ont eu un très grand plaisir à se retrouver…

Vive l'ART POSTAL c'est GENIAL, c'est VIRAL....  et c'est IRREMPLAÇABLE!

Rendez-vous les amis à la prochaine JMFTA!