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2 janvier 2026

Meilleurs voeux pour l'année 2026 : redonner toute sa place au monde sauvage, pour Diane

En un autre siècle, des civilisations autres que la nôtre étaient qualifiées de sauvages, donc de primitives, termes se rejoignant dans l’opprobre et le déclassement : alors même que ces peuplades n’avaient que très rarement détruit leur environnement, destruction qui est une des belles preuves de civilisation que notre société productiviste persiste à étaler au gré de ses appétits. 

Nonobstant le « bon sauvage » cher à Rousseau, nous avons partout méprisé, écrasé ce qui n’était pas nous, imposé notre pouvoir, notre religion, notre technologie, ivres de puissance et de fatuité.

L'animal sauvage est réputé res nullius (sans maître, mais appropriable). Il est livré « au plus tirant  » ! traqué et tué au gré des lobbys et de ceux qui ne voient en lui qu’objet de loisir, en lui déniant tout droit d’existence.

Il est alors grand temps de célébrer le sauvage, de savoir admirer la magie des plumes, des rameaux, des herbes et des vents, des épines et des ombres, des mousses et de leur espace de libre expression, ce jardin de nature qui vit s’épanouir l’incroyable diversité du vivant.

Nous en sommes comptables : le sauvage, que d’aucuns voudraient rejeter dans le passé, est notre avenir, si tant est que nous soyons encore demain ouverts à l’émerveillement de l’altérité.(source téla botanica)

Le sauvage est notre avenir : en 2026, transitons joyeusement vers un monde plus vivant

8 décembre 2025

Oiseau de Paix totalement timbré pour compléter la Murmuration, pour Diane

Au tout début de l'année 2025,  je vous avais parlé sur ce blog d'un grand projet artistique et collaboratif lancé par Diane Beauchamps, qu'elle a appelé Murmuration Mail Art Project. 

Je ne voulais pas terminer l'année sans avoir contribué, tout à fait modestement, à cette oeuvre mais je vois tellement passer de bien belles créations que je n'arrive pas à faire quelque chose de vraiment original, d'autant que je n'ai pas retrouvé ma liberté pour broder.

Alors, en ces temps où il est plus qu'urgent de faire la guerre à la guerre, c'est encore la colombe, cet oiseau de paix que j'ai retrouvé sur une feuille de timbres anciens, qui va venir enrichir la belle envolée qui voyage de pays en pays (après le Japon, les oiseaux se sont envolés au Mexique) après avoir été exposés aussi bien sûr à Céret.


J'espère que mon oiseau de paix ne sera pas trop redondant, Diane, car j 'imagine que des oiseaux aussi timbré que le mien font déjà partie du groupe, et que tu le recevras en bon état, dans les meilleurs délais.

20 novembre 2025

CH14 - Le jour où Jane comprit que les chimpanzés fabriquent des outils, pour Diane

 Voici pour Diane un magnifique spécimen de chimpanzé, qui, avec expérience, se fabrique un outil. 

photo d'un chimpanzé vue sur le site https://www.endallah.org/tanzanie/

Une journée de novembre 1960, dans le parc national de Gombe, dans le nord-ouest de la Tanzanie. Assise dans une clairière, avec de quoi prendre des notes, Jane Goodall, 26 ans, en tenue de brousse, observe un chimpanzé s’affairer autour d’un monticule de terre rouge.

C’est un «très beau» mâle, le visage «noir» surmonté d’une légère calvitie, et elle le surnomme depuis peu David Greybeard (David «Barbegrise», en français), à cause de la couleur de sa barbichette. Le comportement du primate l’intrigue : pourquoi introduit-il un brin d’herbe dans le tunnel de cette termitière ? «Après quelques secondes, il a retiré ce brin d’herbe et a croqué les termites avec gourmandise !, se souvient Jane Goodall. Lorsque le brin d’herbe est devenu trop mou, il l’a laissé tomber et a pris une brindille dont il a ôté les feuilles une à une.» Sur le moment, elle ne réalise pas tout à fait : le vieux chimpanzé a fabriqué un outil !

Et Jane Goodall de se remémorer les détails de la scène : «Il avait transformé une brindille en canne à pêche à termites après avoir retiré précautionneusement toutes les feuilles ! Or, la fabrication des outils était considérée comme un trait humain censé nous distinguer du règne animal. J’ai regardé la scène avec incrédulité, partagée entre la surprise et l’euphorie.»

16 septembre 2025

Pina Bausch, raconter l’humain par la danse, pour Diane

Contrairement à ce que j'avais toujours cru avant d'avoir l'occasion d'en voir,  ce ne sont pas les artistes du ballet classique revêtus de tutus et collants qui me font vibrer mais plutôt la danse moderne, ou contemporaine si vous préférez. C'est une danse tout autant exigeante mais les codes en sont moins rigides.

J'ai eu notamment la chance de voir le ballet "Blanche-Neige" d'Angelin Prejlokaj il y a 10 ans, dans un théatre près de chez moi, sur une musique de Gustav Mahler et des costumes créés par Jean-Paul Gaultier : séquence émotion! Quelques années encore en arrière,  j'avais été subjugué une première fois par le travail de ce chorégraphe : si j'ai totalement oublié le nom de l'oeuvre vue à Evry,  j'ai encore la sensation de ce que l'exécution de ce ballet a pu provoquer sur moi, l'impact de la musique fusionnée avec les corps en mouvement, les déplacements fulgurants des artistes... j'ai été scotchée par une telle maîtrise, j'en suis ressortie  totalement chamboulée.

Aussi, même si je n'ai hélas jamais eu la chance d'assister à l'un ou l'autre de ses ballets au Théâtre de la Ville à Paris où elle s'est souvent produite avec sa troupe, vous pouvez comprendre pourquoi j'estimai  beaucoup Pina Bausch et le travail qui fut le sien. Sa disparition brutale en 2009 intervint comme un coup de tonnerre à l'époque (elle était encore sur scène 15 jours avant son décès) et il est devenu maintenant difficile à sa troupe de savoir comment assurer la pérennité de son oeuvre. 

Les images du ballet «Café Müller» aperçues au tout début du film 'Parle avec Elle" de Pedro Aldomovar ont été pour moi une révélation : bien que Pina y soit uniquement vêtue d'une simple combinaison longue, évoluant ainsi dans un dépouillement extrême et dans un décor extrêmement simpliste, l'émotion qu'elle dégage est infinie... 

Alors j'ai voulu faire un mail-art pour célébrer et parler de cette femme remarquable à mes yeux par la manière dont elle a révolutionné la danse, que je destine à Diane. Je lui en souhaite une très bonne réception ainsi qu'une belle fin d'été.

de haut en bas, de gauche à droite
"Palermo, Palermo" la Gazette © Olivier Look
"Le sacre du Printemps" photo publiée par Resmusica
Photo tirée du film "Pina" de Wim Wenders
"Café Muller" au théatre de Bordeaux
"Vollmond "photo publiée sur Toute la Culture
"Kontakthof" à Charleroi La libre Belgique ©Charleroi Danse
"Como el mosquito en la piedra"
"Le laveur de vitre" en italie
Pina Bausch en Allemagne en 2003. Abaca
Pina Bausch à Hambourg, en 1983. © Getty - VIRGINIA/ullstein bild
portrait de Pina Bausch © Maxppp - Fédérico Gambarini publié sur le site de Radio France

***

Philippina dite Pina BAUSCH (27 juillet 1940 - 30 juin 2009)

Pina Bausch, raconter l’humain par la danse
Source France Culture : article de Nathalie Moller du 24 juillet 2020

Il y a 80 ans naissait Pina Bausch, l’une des plus importantes danseuses et chorégraphes du XXe siècle.

« A vous de trouver » répondait-elle lorsqu’on l’interrogeait sur le sens de ses spectacles. Disparue le 30 juin 2009, Pina Bausch a été l’une des plus importantes figures artistiques du XXe siècle, ambassadrice de la danse-théâtre dont les chorégraphies ont exploré les diverses émotions humaines, les relations amoureuses et sociales.

Lorsqu’on évoque le nom de Pina Bausch, on pense aussitôt à ces femmes qui se meuvent en robes longues sur scène, à ces hommes en costumes noir qui répètent inlassablement les mêmes gestes, à ces scènes de rires, de cris et de larmes, miroir grossissant de notre vie quotidienne. Derrière ces spectacles intenses : une chorégraphe discrète et mystérieuse, Pina Bausch, qui n’a jamais rien laissé paraître de ses opinions ou de sa vie privée.

« Avec son air aristocratique, tendre et cruel à la fois, mystérieux et familier » (Federico Fellini)
Pina Bausch en 1971, à Berlin. © Getty - ullstein bild « Alors commence la danse »
Il faut imaginer Pina Bausch observant ses danseurs pendant leurs répétitions. Elle fume constamment, a les cheveux bruns coiffés en queue de cheval basse, et porte toujours un même uniforme neutre, androgyne.

Calme, avec autant de tendresse que de pudeur, Pina Bausch crée une nouvelle forme de ballet, forme dans laquelle les danseurs parlent, crient, interpellent le public, dans laquelle les morphologies ne respectent aucune norme, si ce n’est la diversité.

« Certaines choses peuvent être dites avec des mots, d’autres avec des mouvements, dira-t-elle en 1999, alors qu’elle vient d’être nommée Docteure honoris causa de l’Université de Bologne. Mais il y a aussi des moments où les mots nous manquent, [...] Alors commence la danse. »
Philippina

Philippina Bausch naît le 27 juillet 1940 à Solingen, une ville de l’Ouest de l’Allemagne. Ses parents tiennent un café-restaurant et l’une des activités favorites de Philippina est d’observer les clients, d’écouter leurs conversations, cachée sous une table.

Après des études de danse en Allemagne auprès de Kurt Joos (figure de la danse expressionniste), Philippina Bausch obtient une bourse pour aller étudier à la Juilliard School de New-York. Là, au sein de l’effervescente mégapole américaine, elle découvre une diversité culturelle qui la stimule, l’inspire, et qu’elle aura ensuite à coeur de reproduire au sein-même de sa compagnie en recrutant des danseurs venus des quatre coins du monde.

Bienvenue à Wuppertal
Au début des années 1970, Pina Bausch est déjà une danseuse accomplie : elle s’est produite sur la scène du Metropolitan Opera de New York, a collaboré avec des grands chorégraphes internationaux tels que Paul Taylor, enseigne la danse moderne…

Mais en 1973, un important virage s’opère dans sa carrière. Pina Bausch est sollicitée par Arno Wüstenhöfer, le directeur du centre artistique de Wuppertal, ville moyenne de l’Ouest de l’Allemagne, près de Cologne. Wüstenhöfer lui donne carte blanche : elle peut diriger sa troupe de danse, recruter elle-même ses interprètes, et créer ses propres oeuvres.
Premiers pas vers la création

Entre 1974 et 1978, Pina Bausch monte deux à trois spectacles par an : certains inspirés de son travail avec Kurt Joos, d'autres créés de toute pièce, ou d’autres encore construits sur des oeuvres préexistantes. Avec Iphigénie en Tauride (1974) et Orphée et Eurydice (1975) de Gluck, elle donne ainsi naissance à un nouveau genre : l’opéra-dansé, dans lequel chant et mouvement se complètent, se répondent.

Mais le cap de la création n’a pas été franchi sans angoisse, sans crainte, et la stratégie de Pina Bausch sera de diriger sans direction : « J’ai simplement osé aller… là où je ne connaissais pas le résultat » explique-t-elle en 2006 face à la caméra de la journaliste Anne Linsel.
 
La méthode Pina
Au début d’une production, Pina Bausch pose des questions à ses danseurs, leur lance des défis : quelles sont les différentes manières de s’asseoir ? Comment danser l’amour ? La souffrance ? Puis elle les laisse improviser, les observe en silence, et choisit un ou plusieurs éléments pour sa chorégraphie.

Cristiana Morganti, danseuse, chorégraphe, et membre du TanzTheater Pina Bausch entre 1993 et 2014, raconte : « J’adorais cette phase, on était vraiment libres de faire tout ce que l’on voulait. Il y avait pleins de vêtements, d’objets à disposition… À certains moments, on était comme des enfants, on s’amusait, on rigolait comme des fous. »

« Mais il fallait en revanche développer une conscience totale de ce que l’on faisait, donner un sens à chacun de nos mouvements, poursuit Cristiana Morganti. Parfois on proposait quelque chose, et Pina nous demandait 5 mois plus tard de refaire exactement la même chose, avec les mêmes détails, la même robe, la même coiffure. »
Essuyer les critiques

Alors qu’une véritable famille est en train de se former côté coulisses, la réception des oeuvres de Pina Bausch, elle, s’avère plus contrastée. Dans les années 1970, à Wuppertal, peu de spectateurs apprécient d'assister à des scènes de silence, de violence, de douleur ou de transe collective. Beaucoup sont ainsi scandalisés par cette forme nouvelle qu’est la danse-théâtre (TanzTheater), laboratoire des émotions humaines.
Pina Bausch danse dans "Cafe Muller", au Festival d'Avignon de 1995. © Getty - David Lefranc
«Quand elle a commencé à faire du TanzTheater à Wuppertal, raconte Cristiana Morganti, le public était en colère. Elle devait parfois rester enfermée jusqu’à 3 heures du matin dans le théâtre, avec le directeur et le scénographe, parce que certains spectateurs furieux l’attendaient dehors ! Ils détestaient, ils avaient honte de ce qu’elle faisait. Et Pina en souffrait beaucoup. »

La reconnaissance
« Au début des années 1980, Pina a commencé à aller à l’étranger où elle a eu ce succès phénoménal, retrace Cristiana Morganti. Et là, à Wuppertal, ils ont commencé à se dire que peut-être ils avaient une artiste un peu spéciale ! Maintenant, elle est adorée à Wuppertal. »

C’est au-delà des frontières allemandes, et notamment à Paris, au Théâtre de la Ville, que Pina Bausch rencontre ses premiers succès critiques, reçoit ses premières éloges. Les spectacles se jouent à guichet fermé, les invitations se multiplient, et des oeuvres telles que Le Sacre du Printemps (1975), Café Müller (1978), Kontakthof (1978) ou Nelken (1982) font définitivement date dans l’histoire de la danse.

Entre deux extrêmes
« Quand on entrait dans la compagnie de Pina, se souvient Cristiana Morganti, on sentait assez vite que l’on faisait partie de quelque chose de spécial. Qu’on était en train de vivre quelque chose d’unique… Mais à un certain prix ! Pina travaillait avec des horaires impossibles, elle nous demandait d’aller au-delà de nos limites… Et elle était souvent imprévisible ! »

L’oeuvre de Pina Bausch repose sur la tension, l’oscillation permanente entre banalité et exceptionnel, entre tendresse et violence. Sur scène, la chorégraphe veut montrer des personnes ‘normales’, tout en révélant leur plus profonde intimité, leurs souffrances et combats intérieurs.

« Les choses les plus belles sont dans la plupart des cas entièrement cachées, disait Pina Bausch dans son discours donné à l’Université de Bologne, en 1999. C’est pourquoi j’aime travailler avec des danseurs qui ont une certaine timidité, de la pudeur, et qui ne s’exposent pas facilement. [...] La pudeur garantit que si quelqu’un montre quelque chose de très petit, cela est vraiment quelque chose de spécial et qu’on le perçoive comme tel. »

Perpétuelles interrogations
Pina Bausch répond aux questions par des questions, y compris au sujet de ses oeuvres. Ainsi lorsqu’on l’interroge sur le sens de Café Müller ou de Kontakthof, elle affirme ne pas à avoir de message à délivrer, encourage la subjectivité des spectateurs.

Au fur et à mesure des années, elle élargit cependant son spectre de questionnements, quitte la sphère des émotions intimes pour celle de la culture, de la société. Ses spectacles se font plus lumineux, et ses voyages l’encouragent à mettre en scène d’autres décors, d’autres traditions : la Sicile dans Palermo Palermo (1989), la Turquie dans Nefés (2003), le Japon dans Ten Shi (2004),la Chine dans Le Laveur de Vitres (2000) ...

«Elle a beaucoup changé, se souvient Cristiana Morganti. A la fin, elle nous disait que les gens souffraient déjà assez dans la vie, et qu’ils n’avaient pas besoin de souffrir, en plus en allant au théâtre!» Aussi lorsque Pina Bausch et sa compagnie s’installent au Théâtre de la Ville de Paris en 2007 pour y recréer Bandonéon, une pièce particulièrement étirée en longueur, la chorégraphe remet en cause le rythme du spectacle qu’elle avait créé 27 ans plus tôt.

« En 2007, elle sentait que le spectacle avait des faiblesses. Elle-même ne supportait plus certains timings extrêmement longs. Elle hésitait à changer certains éléments, elle avait ce conflit intérieur, mais Dominique Mercy [ndrl : danseur emblématique de la compagnie] l’a encouragé à garder le spectacle tel quel, fidèle à sa première version… »
 
Nouveaux horizons
Tout au long des années 1980 à 2000, Pina Bausch et sa quarantaine de danseurs multiplient les résidences artistiques à travers le monde : Budapest, Palerme, Hong-Kong, Istanbul, Tokyo, Madrid, Séoul, Calcutta… Et c’est une artiste soucieuse d’éviter les provocations qui se révèle à travers ces voyages : « Quand on a fait des coproductions en Asie, en Inde par exemple, elle était très attentive à la manière dont nous étions habillés pour ne pas manquer de respect à la culture, à la religion » fait remarquer Cristiana Morganti.

Car Pina Bausch n’a jamais été habitée par la volonté de déranger ou de mettre mal à l’aise. Elle cherche avant tout à mettre en scène le monde qui l’entoure : « Il ne s’agit pas d’un art, ni même d’un simple savoir-faire. Il s’agit de la vie, et donc de trouver un langage pour la vie », explique-t-elle, en 1999, à l’Université de Bologne.
Pina Bausch en 2007, à Berlin. © AFP - Barbara Sax
Dix ans après sa mort, sa compagnie TanzTheater Wuppertal lui subsiste, et continue à jouer ses oeuvres. « Par moment, je sais que ce n’est plus la même chose sans elle, sans sa direction, reconnaît Cristiana Morganti, qui ne danse plus avec la compagnie depuis 2014. Mais c’est vrai que la plupart des spectacles ont une telle force, leur construction est tellement géniale, que je me dis qu’il faut quand même continuer à faire ces spectacles. »
***
Si vous avez envie d'en découvrir davantage sur cette femme et sur son art,  je vous propose l'écoute d'une série de quatre podcasts accessibles sur le site de Radio France / France Musique, "Au coeur du ballet" diffusés en mai 2025.

Pina Bausch, danser l'indicible 4/1 : La première vie 
Pina Bausch, danser l'indicible 4/2 : Directrice de la compagnie Tanztheater Wuppertal
Pina Bausch, danser l'indicible 4/3 : Le style Pina Bausch
Pina Bausch, danser l'indicible 4/4 ; l'héritage
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Je destine ce mail-art à Diane bien que j'ignore si elle apprécie ou non cette artiste disparue bien trop tôt. Elle fait partie pour moi des femmes remarquables que je voulais mettre en valeur même si c'est loin d'être une inconnue. A sa manière si particulière, elle a révolutionné à la fois le théâtre et la danse moderne, au point que je crois qu'il est devenue très difficile à sa troupe de poursuivre son oeuvre maintenant que les danseurs faisant partie de la troupe initiale terminent leur carrière les uns après les autres. L'époque toute particulière à laquelle elle vécut, a sûrement fait d'elle un être particulier, d'une extrême sensibilité rendant sa danse si profondément percutante.

Chère Diane, j'espère que ce mail-art te parviendra sans dommages, et qu'il te trouvera en pleine forme pour passer de beaux mois d'été.

16 juin 2025

Maria Callas : une Diva qui révolutionna l'art lyrique au 20ème siècle, pour Diane

Je ne suis pas une spécialiste du bel canto mais il est des airs d'opéra que j'aime écouter. Et parmi ceux-là reviennent souvent ceux chantés par la grande diva qu'était Maria Callas dont l'immense talent a beaucoup contribuer à les faire connaître. Par exemple, parmi les plus connus, j'aime écouter l'air de Carmen, et Casta Diva dans la Norma. 

J'ai souhaité évoqué Maria Callas sur un art postal que je destine à Diane, car je la considère aussi comme une "femme remarquable" dans son domaine. Il y a un tel écart entre la réussite de sa vie professionnelle et le grand vide de sa vie personnelle que c'en est vertigineux. 

Et puis je dois confesser que les personnes qui doivent lutter pour pouvoir s'accepter dans leur corps me touchent beaucoup. 
Chère Diane, j'espère que l'évocation de cette grande dame que fut La Callas sera à ton goût, je t'en souhaite une très bonne réception.

*** Maria Anna Cecilia Sofia Kalogeropoulos ***
dite Maria Callas 
New-York Manhattan 1923 / Paris 1977

photo publiée dans Wikipédia

Au-delà de son incontestable talent de comédienne, tragédienne et de cantatrice sur la scène (avec une tessiture exceptionnelle couvrant trois octaves), elle était aussi une femme à la fois forte et vulnérable, qui a connu dès son enfance un destin plutôt singulier. Fille de parents immigrés grecs, elle fut élévée par une mère autoritaire et caractérielle qui désirait un fils (pour remplacer celui qu'elle venait de perdre).
Enfant mal-aimée par sa mère qui privilégiait beaucoup sa soeur ainée, elle se sentait laide dans un corps en surpoids et souffrait en plus d'une myopie sévère. A un moment donné, sa mère a encouragé Maria au piano et au chant où elle avait de beaux résultats ... par la suite elle fut obligée de quitter l'école pour recevoir son éducation musicale en Grèce à l'âge de 13 ans, et se produire sur une scène lyrique à Athènes dès ses 18 ans.
Plus tard, à Vérone, à 26 ans, lorsqu'elle épouse Giavanni Battista Meneghini son premier amour, elle se voit contrainte par son conjoint-impresario à en faire toujours plus, ce qui n'a pas été du tout bon pour sa voix mais a permis de la mieux faire connaître et aussi de l'enrichir. Toujours insatisfaite de son image, elle s'efforça de se transformer en un idéal de diva de l'opéra et de se réinventer. Avec cette transformation physique (une perte d'environ 30 kg en 2 ans, probablement à l'origine de la maladie qui finira par l'emporter) et son acharnement au travail, elle a fini par brûler sa vie par les deux bouts. A l'age de 33 ans, sa voix a commencé à décliner et à quarante ans, c'était déjà une femme usée.

Maria Callas chante Norma, avant et après sa transformation physique impressionnante
Toujours sous pression, la cantatrice s'est donnée corps et âme à son art et à son public, mais  elle n'a jamais vécue la vie dont elle aurait rêvé, celle de vivre comme une simple femme aimante, avoir un foyer et des enfants, ce qui lui a toujours été refusé. Ses amours contrariées avec l'armateur Aristote Onassis, qui finira lui préférer Jackie Kennedy, ne lui apporteront que du tourment .

Maria Callas dans le rôle de Violette dans La Traviata (Crédit : Houston Rogers © Victoria and Albert Museum)
La célèbre cantatrice conquit, à la fin des années 1950, un statut de soprano assoluta. Pour les mélomanes, les critiques spécialisés et la presse « people», elle était tout simplement « la Callas», preuve qu’elle occupait une place singulière dans le monde lyrique. Cette cantatrice ne ressemblait à aucune autre de ses rivales. Elle transcenda, grâce à sa voix exceptionnelle et ses qualités de tragédienne, les conventions alors en usage dans l’opéra, au point qu’aucune de ses consœurs, jusqu’à aujourd’hui, n’a pu la remplacer.

Maria Callas chante "Vissi d'arte" (de Puccini : Tosca) – Paris, 1958
Vidéo publiée sur la chaine Youtube de Warner Classic

Dans cet enregistrement live de décembre 1958, Maria Callas chante « Vissi d'arte » de l'opéra Tosca de Puccini, l'un de ses rôles les plus emblématiques, à Paris avec le chef d'orchestre Georges Sebastian. Enregistré en direct au Palais Garnier (Théâtre National De L'Opéra De Paris), le 19 décembre 1958. Concert de gala organisé par le magazine Marie Claire.

Vidéo publiée sur la chaine Youtube d'Allan Rizzetti / interview de Maria du 14 juin 1964 réalisée à Paris

Voici ce qu'en écrit l'auteur Bertrand Meyer-Stabley dans la biographie "La véritable Maria Callas" : 
Maria Callas apparaît désormais comme la plus illustre cantatrice du XXe siècle. Mais son nom a également alimenté la chronique des scandales. Or elle a beaucoup moins été la tigresse qu'on a dite qu'une artiste éprise d'absolu et incapable de se satisfaire de la médiocrité. Cette travailleuse acharnée n'a jamais transigé : elle n'a pensé qu'à la grandeur d'un Art qu'elle a voulu servir jusqu'au bout de ses forces. Cependant, ses succès fabuleux, l'enthousiasme que ses apparitions en scène déchaînèrent, les hommages qu'elle reçut des plus grands n'effacèrent jamais en elle les blessures d'une enfance malheureuse ou les stigmates d'un physique ingrat qu'elle parvint à transformer au moyen d'une volonté de fer. Enfin, une douloureuse histoire d'amour avec le milliardaire grec Onassis, qui l'abandonna vulgairement pour épouser Jacqueline Kennedy, accéléra le désarroi d'une femme qui s'enferma peu à peu dans la solitude. Bertrand Meyer-Stabley retrace magistralement le destin de cette extraordinaire personnalité, tout à la fois adulée et décriée, qui donna à l'art lyrique un nouvel essor en faisant redécouvrir au public un pan oublié du répertoire et imposa une image moderne de la cantatrice, mince, élégante et crédible sur scène.
Source : principalement des extraits de Wikipédia, mais aussi Elle, Vogue

Tout au long de sa carrière, Maria Callas n'a jamais laissé personne indifférent : on l'aime ou on la déteste, encore aujourd'hui, 48 ans après sa disparition. Et même si elle avait un caractère affirmé voire orageux, on exigeait et on attendait énormément d'elle, d'ailleurs la presse de l'époque ne l'a jamais beaucoup épargnée. Par amour de son métier et avec une exigence sans faille sur la qualité de ses prestations, Maria a quelquefois préféré ne pas donner une représentation si elle se savait souffrante - ou même l'interrompre comme ce fut le cas à Rome en janvier 1958 dans la Norma de Bellini  et cela ne lui a pas été pardonné.

17 janvier 2025

Que l'année 2025 te soit douce, Diane

En 2025, la France, deuxième plus grand territoire maritime au monde, célèbre l'Année de la Mer, une initiative nationale visant à éveiller les consciences face à l'urgence de protéger l'Océan. 

C'est le thème que j'ai choisi de développer pour illustrer mes cartes de voeux. 

Les humains sont-ils de plus en plus responsables des échouages ​​de baleines ?

Alors que les autorités s'efforçaient de recoller les morceaux après le tremblement de terre meurtrier qui a frappé la ville de Christchurch, dans le sud de la Nouvelle-Zélande, mardi, les fonctionnaires du gouvernement plus au sud venaient de terminer la gestion d'un tout autre type de catastrophe naturelle. Au cours du week-end, plus de 100 globicéphales ont été retrouvés sur une plage isolée de l'île Stewart, au large de la grande île du Sud. Lorsque le ministère de la Conservation est arrivé sur place, la moitié des baleines échouées étaient mortes et les animaux vivants restants ont dû être euthanasiés.

Les échouages ​​de baleines ne sont pas rares en Nouvelle-Zélande. Selon le ministère de la Conservation, un échouage majeur se produit dans la partie sud du pays tous les 4 ou 5 ans. Les scientifiques du monde entier ne savent pas exactement pourquoi les baleines s'échouent, mais le porte-parole du ministère, Andy Roberts, affirme que dans le sud de la Nouvelle-Zélande, les deux raisons possibles sont soit que le groupe a suivi un animal malade sur le rivage pour l'aider et s'est retrouvé coincé dans les eaux peu profondes, soit que le groupe a fait une erreur de navigation et a nagé jusqu'au rivage. (Il affirme qu'aucun lien n'a été établi entre le tremblement de terre et l'échouage.)

Dans de nombreux cas, les animaux échoués peuvent être secourus et des organisations bénévoles en Nouvelle-Zélande sont là pour le faire. « Cela dépend vraiment de la distance à laquelle vous pouvez amener des personnes et du matériel jusqu'à la plage », explique Roberts. « Si vous pouvez amener des personnes jusqu'à eux facilement, vous pouvez faire quelque chose. Si vous ne pouvez pas amener des personnes jusqu'à eux, c'est tout simplement difficile. » Ces baleines se trouvaient malheureusement à 40 kilomètres de la route la plus proche. Après avoir été euthanasiées, les 107 baleines ont été abandonnées sur la plage pour se décomposer.

Depuis 1840, année où la Nouvelle-Zélande a commencé à tenir des registres des échouages ​​de baleines, quelque 13 000 incidents ont été recensés. En 2006, 2 000 baleines avaient été sauvées. La Nouvelle-Zélande est considérée comme un territoire particulièrement dangereux pour les baleines en raison de la topographie de sa côte – déchiquetée et dotée de plages en pente douce – qui auraient un lien avec cette récurrence particulière. La biologie des baleines pourrait également jouer un rôle, car elles s’échouent lorsqu’elles tombent malades et que leur équilibre est perturbé, ou obligent les groupes à suivre les membres malades du groupe, comme l’a souligné Roberts.

Les théories avancent que les humains jouent également un rôle. Bien que Roberts affirme qu'il n'y a aucun lien dans le cas de cet échouage, des groupes environnementaux d'autres régions du monde ont avancé que les équipements de sonar naval et la pollution sonore des navires peuvent perturber les baleines et les faire dévier de leur trajectoire. Alors que les échouages ​​de baleines se multiplient au Royaume-Uni, où au moins 500 baleines se sont échouées en 2010, des groupes locaux ont enquêté sur le lien entre les événements et les équipements de sonar utilisés par la Royal Navy. En 2005, certains ont affirmé que des exercices navals sous-marins au large des Outer Banks en Caroline du Nord avaient conduit à l'échouage de près de 20 baleines le long du Cape Hatteras National Seashore.

L'ONU, la NOAA et la Commission baleinière internationale (CBI) ont toutes suggéré dans des rapports que l'équipement militaire naval et les échouages ​​​​peuvent être liés, et le National Resources Defense Council , un groupe environnemental américain qui relie au moins 13 échouages ​​​​massifs à des exercices navals ces dernières années, a fait pression pour une utilisation de sonars plus sûrs pour les animaux aux États-Unis. Une affaire que le NRDC a déposée contre la Marine pour adopter des mesures de sécurité pour protéger les mammifères marins est allée jusqu'à la Cour suprême en 2008, qui a rendu une décision partagée exigeant que la Marine se conforme à certaines de ces mesures, ce qu'elle a fait.

L'idée de savoir si les échouages ​​de baleines pourraient avoir quelque chose à voir avec le changement climatique a également été évoquée. Avec le réchauffement des températures océaniques, certains suggèrent que cela pourrait pousser les baleines vers des territoires inconnus qu'elles ne sont pas en mesure de naviguer aussi bien. Le mauvais temps de cette année dans le Pacifique Sud, avec un fort phénomène La Niña en vigueur, pourrait-il avoir contribué à l'échouage de l'île Steward ? Des études antérieures ont suggéré que c'est peut-être le cas. Dans un article de 2005 , des scientifiques australiens ont étudié les liens entre les conditions météorologiques et les échouages ​​de baleines au XXe siècle , et ont découvert que les événements météorologiques de grande ampleur avaient un rôle puissant en incitant les baleines à s'échouer.

Source : Article rédigé par Krista Mahr le 22 février 2011 paru sur le site de Time https://science.time.com/2011/02/22/are-humans-increasingly-to-blame-for-whales-strandings/

4 janvier 2025

MURMURATION MAP : Appel à projet artistique collaboratif international lancé par Diane, sans limite de temps

L'artiste Diane Beauchamps vient de publier un message sur Instagram, pour communiquer toutes les informations utiles sur ce nouveau et enthousiasmant projet d'art postal (Mail Art Project - MAP), que je vous relaie ici : 

MURMURATION MAP : Qu’est-ce que c’est ?

C’est un projet artistique collaboratif international où chaque participant est invité à créer un oiseau mail-art et à l'envoyer par la poste.

L'ensemble sera exposé dans des lieux d'exposition partenaire (galeries, écoles d’art, espaces culturels)

🤸Ce projet est totalement libre, gratuit, indépendant et non commercial.

Il a pour but de créer une émulation créative autour du mail-art, de promouvoir les créateurs, de faire circuler les idées de paix, de fraternité et d'harmonie avec la nature.

🎨✒️ Comment participer ? 
Laissez simplement libre cours à votre désir d’envol et envoyez votre création à :

MURMURATION MAP
1 chemin de la loubatière
11510 Treilles
FRANCE

🐦‍⬛Au dos de l’oiseau, notez lisiblement vos coordonnées complètes (nom, prénom, adresse postale, adresse électronique).

🖊️Joindre à votre envoi la fiche de participation remplie et signée 
(à demander par e-mail à murmurationmailart@gmail.com)

🐣📏FORMAT :
Votre oiseau ne doit pas dépasser 21 cm sur 29,7 cm. L’épaisseur ne doit pas excéder 2,5 cm.

🦅✂️SUPPORT :
Une silhouette d’oiseau en vol de votre choix (forme naturaliste ou oiseau imaginaire).

💪🏋️MATERIAUX :
Tous les matériaux sont acceptés. L’oiseau doit être suffisamment solide et rigide pour pouvoir être exposé sans cadre et transporté d’exposition en exposition.

✍️TECHNIQUES :
Peinture, dessin, calligraphie, typographie, collage, gravure, céramique, photographie, création numérique, etc.

Alors, êtes-vous prêt à vous envoler ?
***
A titre d'exemple, je vous montre ici les trois premiers oiseaux créés par Diane qu'elle vient de publier sur instagram , en partant de silhouettes d'oiseau en vol, trouvées sur internet. 

De gauche à droite : oiseau en aquarelle sur papier coton 300g / oiseau en carton épais, fil à tisser, bouton vintage et métal de récupération (étiquettes en cuivre) / oiseau en carton et collages de timbres anciens.

Si vous êtes intéressé(e)s, je vous remercie de suivre à la lettre les précisions données par Diane, tant au niveau du format  que des matériaux utilisés pour garantir la solidité de la réalisation, dans la mesure où ces oiseaux sont destinés à voyager d'expositions en expositions.

Le but sera d'obtenir une murmuration*, c'est à dire un regroupement d'oiseaux en vol, un peu comme ce que sont capables de produire les nuées d'étourneaux!

*Cela défini un phénomène de rassemblement qui se produit lorsque plusieurs centaines, voire plusieurs milliers d’individus forment un incroyable nuage opaque dans le ciel. Ce phénomène est plus connu sous le nom anglais murmuration mais est désigné agrégation en français. 

Merci Diane pour ce magnifique projet : je lui souhaite longue vie,  de nombreux lieux d'exposition, et j'espère vivement qu'il saura séduire de nombreux artistes et mail-artistes.

10 décembre 2024

CN08 - Il y avait une ville, pour Diane

Comme Diane habite le sud de la France, qu'elle connaît bien la ville de Toulouse et qu'elle est très sensible aux dégâts terribles et à la souffrance des gens que produisent les conflits sur cette terre, je lui dédie Il y avait une ville,  une chanson de Claude Nougaro, particulièrement saisissante.

Lorsqu'il la chantait, on devrait dire plutôt qu'il la jouait tant il était pénétré de la situation, on était au cinéma : cette chanson-là, outre son sujet particulièrement dramatique a été conçu comme un court-métrage, on ressent l'interrogation puis la peur des gens, on y voit l'orage et on y sent la poussière. C'est d'un réalisme époustouflant... même si ce n'était peut être qu'un cauchemar?


Chère Diane, je te souhaite une très bonne réception de ce mail-art hommage : passes de belles fêtes de Noël et de fin d'année.

Claude NOUGARO interprète "Il y avait une ville", le 12 octobre 1964, dans l'émission "Ni figue ni raisin", de Michèle ARNAUD. Cette chanson, paroles de Claude NOUGARO et musique de Jimmy WALTER, a été enregistrée pour la première fois en 1958. A noter la réalisation de Serge LEROY, qui fait de cette interprétation d'un jour un véritable clip. On ne trouve malheureusement plus ça aujourd'hui à la télévision, le matériel est bien plus performant, mais les idées manquent (?).

Y AVAIT UNE VILLE

Que se passe-t-il ?
J'y comprends rien
Y avait une ville
Et y a plus rien

Je m'souviens que j'marchais
Que j'marchais dans une rue
Au milieu d?la cohue
Sous un joyeux soleil de mai
C'était plein de couleurs
De mouvements et de bruits
Une fille m'a souri


Et je m'souviens que j'la suivais'
Je la suivais
Sous le joyeux soleil de Mai
Chemin faisant j'imaginais
Un mot gentil pour l'aborder
Et puis voici
Que dans le ciel bleu de midi
De plus en plus fort j'entendis
Comme arrivant de l'infini
Ce drôle de bruit
Ce drôle de bruit

Je m'souviens que les gens
S'arrêtèrent de marcher
Et d'un air étonné
Tout le monde a levé le nez
Vers le ciel angélique
Couleur de paradis

D'ou sortait cette musique
Comme accordée sur l'infini?
C'était étrange?
Est-ce qu'il allait neiger des anges
Les gens guettaient dans un mélange
D'inquiétude et d'amusement?
Et brusquement,
Il y eut un éclair aveuglant
Et dans un souffle incandescent
Les murs se mirent à trembler

Qu's'est-il-passé ?
J'y comprends rien
Y avait une ville
Et y a plus rien

Y a plus rien qu'un désert
De gravats de poussière
Qu'un silence à hurler
À la place ou il y avait
Une ville qui battait
Comme un coeur prodigieux
Une fille dont les yeux
Etaient pleins du soleil de mai
Mon Dieu, mon Dieu
Faites que ce soit
Un mauvais rêve

Réveillez-moi
Réveillez-moi
Réveillez-moi

Source : LyricFind
Paroliers : Benjamin WALTER / Claude NOUGARO
Paroles de Il y avait une ville © Les Editions Du Chiffre Neuf, Music Sales Corporation

28 octobre 2024

Nationale 7, soleil sur la route des vacances, de Diane

Diane participe cette année au défi "Inktober", ce qui consiste à réaliser un dessin sur un thème prédéfini pour chaque jour du mois d'octobre.

La journée du 9 octobre était dédiée au mot "soleil", ce qui justifie l'envoi de cette enveloppe évoquant la route des vacances, la célèbre Nationale 7 chantée par Trenet, où les belles voitures généralement bien chargées descendaient sur cette voie pour gagner la méditerranée. Le car de tourisme avec la belle voyageuse toute bronzée en short est également très évocateur.

Sympas la borne kilomètrique N7 de chaque côté de l'enveloppe, ainsi que le dessin du livre de l'été, de la paire de lunettes de soleil et de la crème solaire. 

Bravo Diane pour les timbres soigneusement choisis avec le cabriolet 204 Peugeot décapotable et la demoiselle sur le départ tirant sa lourde valise.  Merci à toi, pour  l'évasion  que tu me proposes alors que les vacances d'été sont déjà un peu loin, ce qui me permet de rêver encore aux beaux jours, et n'a pas manqué de me remettre la chanson de Trenet dans la tête!

22 décembre 2023

Bonne et heureuse année 2024, pour Diane

 Que tes rêves prennent racine et que tes espoirs bourgeonnent, pour une année de bonheur et de prospérité.


 

7 décembre 2023

Collecte d'art postal : Sentinelles de Fraternité pour les sans-abri de Toulouse, vers Diane

L'artiste Diane Beauchamps nous a informé qu'elle lance deux collectes d'art postal pour Noël pour des actions caritatives, comme elle en a l'habitude.

J'ai seulement répondu à la première sollicitation pour laquelle il convenait de préparer des enveloppes destinées à être distribuées par les bénévoles de la Croix Rouge de Toulouse  auprès des sans-abri, pour Noël.

Dans chacune des neufs enveloppes que j'ai confectionnées, j'ai glissé un joli poème sur la solidarité ou sur la fraternité et sur le lien entre les hommes, bref... sur l'humanité dans tous ses aspects: je voudrai qu'elle procure un peu de joie et de chaleur humaine à chacune des personnes précaires qui n'ont pas la chance d'avoir un foyer pour s'abriter ni un bon repas chaud à chaque fois qu'elles ont faim, à une période où la plupart des gens font bombance, à l'excès souvent. 

Ce n'est pas forcément facile de trouver les bons mots pour exprimer son empathie, sa compassion et sa fraternité avec ces personnes-là mais j'espère avoir su leur écrire avec le coeur, en toute sincérité.

Je souhaite des moments chaleureux à toutes les personnes isolées, déshéritées, solitaires et précaires afin que ce Noël leur paraisse un peu moins âpre, un peu moins difficile à vivre que les autres jours de l'année.

Je remercie bien sûr aussi Diane qui m'associe maintenant à ses projets caritatifs, cela fait tellement de bien de pouvoir participer à de telles initiatives.

16 novembre 2023

MAE26 - Machine à écrire Mignon 4, pour Diane

A l'occasion de la 14e Journée Mondiale du Faux-Timbre d'Artiste dont le destinataire privilégié est le Musée de la Machine à Ecrire de Lausanne et parce que mon premier métier fut dactylo, j'ai eu envie de créer une série pour rendre hommage à ma machine à écrire mécanique et à toutes celles qui furent produites à travers le monde, globalement pendant un siècle de 1870 à 1970.
Voici pour toi, Diane, cette machine à écrire ancienne et bizarre, répondant au doux nom de Mignon, de fabrication allemande :


Machine à écrire MIGNON Modèle 4 d'AEG - années 20-30 - Deutsche Werke A.G. Berlin, Allemagne
photo vue sur le site de vente Etsy de Solveigstudio

Cette machine à écrire a été développée en 1903 par Friedrich von Hefner-Alteneck et construite par AEG entre 1903 et 1934.

Dans cette machine à écrire, un rouleau de type (cylindre de type) était utilisé comme support des caractères représentables (types). Le type de rouleau était remplaçable. Le modèle 4, qui a été offert à partir de 1924, avait plus de 36 rouleaux de type différent disponibles, y compris deux rouleaux de type avec des lettres cyrilliques. 

Le modèle Mignon est le parrain de toutes les machines à écrire à index. Elle est apparue sur le marché très tard, vers 1903, mais est restée une machine populaire jusqu'à sa dernière année de production en 1934.À partir de 1933, une version améliorée a été vendue sous le nom de Olympia Plurotyp.

Source texte et photo : site Etsy de SolveigStudio

15 novembre 2023

Depuis le chateau des Milandes, capitale de la fraternité, Joséphine Baker m'écrit

L'artiste et mail-artiste Diane Beauchamps a animé avec bonheur quatre ateliers d'art postal en Dordogne, lors de la seconde semaine de vacances de la Toussaint, autour de l'artiste Joséphine Baker qui fut un temps l'heureuse propriétaire du fameux chateau des Milandes.

Maintenant que les ateliers sont clos, c'est Joséphine qui m'écrit afin de partager cette expérience au moyen d'une bien jolie enveloppe rose, avec au dos, une vignette dotée d'une coquine plume noire,  jolie représentation de l'artiste en tenue de scène.

A l'intérieur de l'enveloppe épaisse, je trouve une carte postale du Chateau avec quelques mots de la main de Joséphine (merci Diane), une planche d'étiquettes avec les oeuvres d'autres mail-artistes qui se sont associés à ce projet,  un fascicule de présentation des activités qui se passent actuellement dans le chateau des Milandes, et pour fini un tout petit mail-art, en forme de microsillon.

 

A gauche, mail-art en forme de microsillon "Ma petite Tonquinoise", réalisé par Diane,
 à droite le programme des activités au chateau 
Merci Diane pour m'avoir sollicitée et associée à ce projet auquel j'ai immédiatement adhéré. C'est toujours un très grand plaisir pour moi de te suivre dans tes projets mail-artistiques. 

20 octobre 2023

Joséphine Baker, la mère généreuse, pour Diane

Voici le dernier volet de mon triptyque en art postal sur Joséphine Baker, destiné à Diane pour son exposition-animation prochaine au sein du château des Milandes en Dordogne.

Extrait de la photo ci-dessous à l'intérieur du coeur
 

Ce mail-art est consacré à sa tribu arc-en-ciel, comme l'appelait Joséphine,  en parlant des douze enfants qu'elle adopta aux quatre coins du monde, en compagnie de son mari Jo Bouillon. C'était alors le bonheur aux Milandes.

Joséphine Baker, Jo Bouillon et leurs enfants, Les Milandes, 1959. 
Herbert Behrens / Anefo, CC0, via Wikimedia Commons

Joséphine Baker et sa  "tribu" au complet - ses douze enfants
à gauche :  Joséphine Baker pose, en 1969, avec ses 12 enfants adoptifs, au bord de la piscine de sa villa de Roquebrune-Cap-Martin (qui lui a été offerte par la famille princière de Monaco). ©Agip/Bridgeman Images/LEEMAGE
à droite : impossible de trouver l'auteur de cette photo.
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Ajout du 30 octobre 2023 : Diane a eu la gentillesse de m'adresser à réception une photo de ce mail-art
devant le Chateau des Milandes

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Joséphine, une épouse et une mère généreuse

Joséphine Baker & Jo Bouillon - ©National Archives USA-NY Times Paris

C’est en 1947 qu’elle épouse Jo Bouillon, chef d’orchestre de renom, dans la chapelle du Château des Milandes. Ils se sont rencontrés en 1933 lors d’un gala en Belgique. Ils se retrouvent au cours de la seconde guerre mondiale où Jo accepte de participer bénévolement à une tournée qu’organise Joséphine Baker.

Joséphine et Jo Bouillon avaient ce même idéal de fonder un « Village du Monde, Capitale de la Fraternité universelle » afin de montrer au monde entier que des enfants de nationalités et de religions différentes pouvaient vivre ensemble dans la paix.

L’amour de Joséphine Baker pour les enfants en général était inébranlable, à tel point qu’au retour de ses tournées, elle n’hésitait pas à ramener dans son paradis des Milandes un enfant en manque d’amour ou dans le besoin.

Qui aurait pu le lui refuser ? Tous ses enfants furent adoptés à partir de 1955. Au départ, ils furent 6 puis 8 et enfin 12 enfants de nationalités et de religions différentes. Il y eut : Akio, Coréen ; Janot, Japonais ; Jari, Finlandais ; Luis, Colombien ; Marianne et Brahim d’Afrique du Nord, Moïse, Français et d’origine Juive ; Jean-claude et Noël Français, Koffi de Côte d’Ivoire, Mara, Vénézuélien et Stellina Marocaine.

Tous ses enfants formaient la « Tribu Arc en Ciel », unis pour le pire comme pour le meilleur.

Car au départ, il s’agissait surtout du meilleur : chaque enfant était entouré et choyé par une nurse, habillés comme des petits anges, vivant dans un château où régnait luxe, calme et amour !

Akio se souvient de Noël magiques, le château était même trop petit pour accueillir tous les amis et tous les cadeaux ; l’arbre de Noël était gigantesque dans le grand salon.

Joséphine créa le ramassage scolaire pour ses enfants et ceux du voisinage. Ils allaient à l’Ecole de Castelnaud mais au château un précepteur leur enseignait également la culture de leur pays.

Les années 50 furent très joyeuses pour toute la tribu qui profitait d’un père et d’une mère attentionnés.

Jo Bouillon sera chargé de la gestion du fabuleux complexe touristique des Milandes et s’attachera à freiner l’ambition démentielle de la star.

Malheureusement, les prémices d’une faillite prévisible mirent fin au bonheur. Trop généreuse et certainement très naïve, Joséphine ne parvient pas à gérer ses entreprises.

Au-delà d’une apparente tendance à la dépense, due un train de vie fastueux, Joséphine fut abusée par grand nombre d’artisans peu scrupuleux à lui faire payer plusieurs fois les mêmes factures et sa générosité sans limite la pousse vers un endettement effroyable.

Lorsque Jo Bouillon quitte les Milandes pour d’autres horizons, il laisse une Joséphine criblée de dettes mais toujours déterminée dans la poursuite de son Village du Monde !