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6 octobre 2025

Pour la Paix et la fin de l'état de siège à Gaza, une calligraphie d'Hassan Massoudy pour Ouiza

Pour ma correspondante Ouiza qui apprécie elle aussi les calligraphies arabes absolument superbes d'Hassan Massoudy, j'ai réalisé ce mail-art textile en repiquant l'une d'elles (La Paix) sur du tissu que j'ai agrémenté de quelques sequins : je sais que nous appelons toutes les deux de nos voeux la paix en Palestine (sans oublier tous les autres pays où des populations civiles sont sous le joug d'envahisseurs, de grands groupes industriels qui convoitent leurs ressources minières, de tyrans religieux qui les musellent ou les déplacent...).

La Paix : calligraphie d'Hassan Massoudy - Verso

Verso - Façade peinte à  Strabane en Irlande pour réclamer la fin du siège de Gaza 

A l'intérieur de l'enveloppe j'ai ajouté le texte d'une poésie inédite de Mahmoud Darvich dont vous trouverez ci-dessous l'intégralité.

Je te souhaite une bonne réception de cet envoi, chère Ouiza, et je te souhaite un bel automne.

***
« Etat de siège » par Mahmoud Darwich 

Ramallah, janvier 2002 : un poème inédit de Mahmoud Darwich
publié dans le Monde Diplomatique d'avril 2002

Ici, aux pentes des collines, face au crépuscule et au canon du temps
Près des jardins aux ombres brisées,
Nous faisons ce que font les prisonniers,
Ce que font les chômeurs :
Nous cultivons l’espoir.

Un pays qui s’apprête à l’aube. Nous devenons moins intelligents
Car nous épions l’heure de la victoire :
Pas de nuit dans notre nuit illuminée par le pilonnage.
Nos ennemis veillent et nos ennemis allument pour nous la lumière
Dans l’obscurité des caves.

Ici, nul « moi ».
Ici, Adam se souvient de la poussière de son argile.

Au bord de la mort, il dit :
Il ne me reste plus de trace à perdre :
Libre je suis tout près de ma liberté. Mon futur est dans ma main.
Bientôt je pénètrerai ma vie,
Je naîtrai libre, sans parents,
Et je choisirai pour mon nom des lettres d’azur…

Ici, aux montées de la fumée, sur les marches de la maison,
Pas de temps pour le temps.
Nous faisons comme ceux qui s’élèvent vers Dieu :
Nous oublions la douleur.

Rien ici n’a d’écho homérique.
Les mythes frappent à nos portes, au besoin.
Rien n’a d’écho homérique. Ici, un général
Fouille à la recherche d’un Etat endormi
Sous les ruines d’une Troie à venir.

Vous qui vous dressez sur les seuils, entrez,
Buvez avec nous le café arabe
Vous ressentiriez que vous êtes hommes comme nous
Vous qui vous dressez sur les seuils des maisons
Sortez de nos matins,
Nous serons rassurés d’être
Des hommes comme vous !

Quand disparaissent les avions, s’envolent les colombes
Blanches blanches, elles lavent la joue du ciel
Avec des ailes libres, elles reprennent l’éclat et la possession
De l’éther et du jeu. Plus haut, plus haut s’envolent
Les colombes, blanches blanches. Ah si le ciel
Etait réel [m’a dit un homme passant entre deux bombes]

Les cyprès, derrière les soldats, des minarets protégeant
Le ciel de l’affaissement. Derrière la haie de fer
Des soldats pissent — sous la garde d’un char -
Et le jour automnal achève sa promenade d’or dans
Une rue vaste telle une église après la messe dominicale…

[A un tueur] Si tu avais contemplé le visage de la victime
Et réfléchi, tu te serais souvenu de ta mère dans la chambre
A gaz, tu te serais libéré de la raison du fusil
Et tu aurais changé d’avis : ce n’est pas ainsi qu’on retrouve une identité.

Le brouillard est ténèbres, ténèbres denses blanches
Epluchées par l’orange et la femme pleine de promesses.

Le siège est attente
Attente sur une échelle inclinée au milieu de la tempête.

Seuls, nous sommes seuls jusqu’à la lie
S’il n’y avait les visites des arcs en ciel.

Nous avons des frères derrière cette étendue.
Des frères bons. Ils nous aiment. Ils nous regardent et pleurent.
Puis ils se disent en secret :
« Ah ! si ce siège était déclaré… » Ils ne terminent pas leur phrase :
« Ne nous laissez pas seuls, ne nous laissez pas. »

Nos pertes : entre deux et huit martyrs chaque jour.
Et dix blessés.
Et vingt maisons.
Et cinquante oliviers…
S’y ajoute la faille structurelle qui
Atteindra le poème, la pièce de théâtre et la toile inachevée.

Une femme a dit au nuage : comme mon bien-aimé
Car mes vêtements sont trempés de son sang.

Si tu n’es pluie, mon amour
Sois arbre
Rassasié de fertilité, sois arbre
Si tu n’es arbre mon amour
Sois pierre
Saturée d’humidité, sois pierre
Si tu n’es pierre mon amour
Sois lune
Dans le songe de l’aimée, sois lune
[Ainsi parla une femme
à son fils lors de son enterrement]

Ô veilleurs ! N’êtes-vous pas lassés
De guetter la lumière dans notre sel
Et de l’incandescence de la rose dans notre blessure
N’êtes-vous pas lassés Ô veilleurs ?

Un peu de cet infini absolu bleu
Suffirait
A alléger le fardeau de ce temps-ci
Et à nettoyer la fange de ce lieu

A l’âme de descendre de sa monture
Et de marcher sur ses pieds de soie
A mes côtés, mais dans la main, tels deux amis
De longue date, qui se partagent le pain ancien
Et le verre de vin antique

Que nous traversions ensemble cette route
Ensuite nos jours emprunteront des directions différentes :
Moi, au-delà de la nature, quant à elle,
Elle choisira de s’accroupir sur un rocher élevé.

Nous nous sommes assis loin de nos destinées comme des oiseaux
Qui meublent leurs nids dans les creux des statues,
Ou dans les cheminées, ou dans les tentes qui
Furent dressées sur le chemin du prince vers la chasse.

Sur mes décombres pousse verte l’ombre,
Et le loup somnole sur la peau de ma chèvre
Il rêve comme moi, comme l’ange
Que la vie est ici… non là-bas.

Dans l’état de siège, le temps devient espace
Pétrifié dans son éternité
Dans l’état de siège, l’espace devient temps
Qui a manqué son hier et son lendemain.

Ce martyr m’encercle chaque fois que je vis un nouveau jour
Et m’interroge : Où étais-tu ? Ramène aux dictionnaires
Toutes les paroles que tu m’as offertes
Et soulage les dormeurs du bourdonnement de l’écho.

Le martyr m’éclaire : je n’ai pas cherché au-delà de l’étendue
Les vierges de l’immortalité car j’aime la vie
Sur terre, parmi les pins et les figuiers,
Mais je ne peux y accéder, aussi y ai-je visé
Avec l’ultime chose qui m’appartienne : le sang dans le corps de l’azur.

Le martyr m’avertit : Ne crois pas leurs youyous
Crois-moi père quand il observe ma photo en pleurant
Comment as-tu échangé nos rôles, mon fils et m’as-tu précédé.
Moi d’abord, moi le premier !

Le martyr m’encercle : je n’ai changé que ma place et mes meubles frustes.
J’ai posé une gazelle sur mon lit,
Et un croissant lunaire sur mon doigt,
Pour apaiser ma peine.

Le siège durera afin de nous convaincre de choisir un asservissement qui ne nuit
pas, en toute liberté !!

Résister signifie : s’assurer de la santé
Du cœur et des testicules, et de ton mal tenace :
Le mal de l’espoir.

Et dans ce qui reste de l’aube, je marche vers mon extérieur
Et dans ce qui reste de la nuit, j’entends le bruit des pas en mon intention.

Salut à qui partage avec moi l’attention à
L’ivresse de la lumière, la lumière du papillon, dans
La noirceur de ce tunnel.

Salut à qui partage avec moi mon verre
Dans l’épaisseur d’une nuit débordant les deux places :
Salut à mon spectre.

Pour moi mes amis apprêtent toujours une fête
D’adieu, une sépulture apaisante à l’ombre de chênes
Une épitaphe en marbre du temps
Et toujours je les devance lors des funérailles :
Qui est mort…qui ?

L’écriture, un chiot qui mord le néant
L’écriture blesse sans trace de sang.

Nos tasses de café. Les oiseaux les arbres verts
A l’ombre bleue, le soleil gambade d’un mur
A l’autre telle une gazelle
L’eau dans les nuages à la forme illimitée dans ce qu’il nous reste

Du ciel. Et d’autres choses aux souvenirs suspendus
Révèlent que ce matin est puissant splendide,
Et que nous sommes les invités de l’éternité.

Mahmoud Darwich

14 juillet 2025

Guerre à la guerre, guerre aux frontières : 14 juillet , un défilé internationaliste

Même si je n'ai plus les aptitudes physiques pour me déplacer personnellement sur de tels événements, je relaie et partage avec empressement le post publié ce jour par mon ami Eric Babaud .

Le 14 juillet nous n’assisterons pas au défilé militaire d’Emmanuel Macron.
Toutes et tous, ensemble, nous défilerons pour rappeler la Révolution française celle qui promettait l’égalité et la liberté.
Nous serons sans-papier, mineur·e isolé·e, musulman·e. Nous serons noir·e, arabe, rom, asiatique.
Nous serons palestinien·ne, kanak, kurde.
Nous serons Los Angeles.
Nous serons Gaza.
Nous serons malien, musulman, sans papier comme Aboubakar Cissé.
Nous serons tunisien, musulman, sans papier comme Hichem Miraoui.
Nous serons algérien comme nos pères tués par la police française un 14 juillet 1953 à Paris alors qu’ils demandaient la liberté.
Nous serons syndicaliste comme notre camarade tué avec ses frères algériens ce même 14 juillet 1953.
Nous serons tirailleur africain comme nos anciens tués par les nazis un 19 juin 1940 à Chasselay et massacrés par l’armée française à Thiaroye un 1er décembre 1944.
Nous serons juif comme le ghetto de Varsovie soulevé contre les nazis à l’aube de l’été 1943.
Nous serons jeune arabe comme Nahel assassiné par un policier le 27 juin 2023 à Nanterre.
Nous serons juif/juive raflé·e par la police de Pétain, algérien·ne raflé·e par la police de Papon, immigré·e raflé·e par la police de Retailleau.
Nous serons Urgence Palestine menacée de dissolution. Nous serons Jeune Garde dissoute.
Nous serons mémoire, résistance, révolte, solidarité et espoir.
Nous défilerons contre la guerre, le colonialisme et le militarisme. Pour la fin immédiate du génocide à Gaza.
Nous défilerons contre les rafles policières, les contrôles au faciès, pour l’égalité des droits pour toutes et tous et la régularisation des sans-papiers.
Nous défilerons contre le racisme et pour l’abrogation de toutes les lois et circulaires racistes à commencer par la loi Darmanin, la circulaire Retailleau et toutes les lois islamophobes.
Nous défilerons contre les frontières qui tuent, pour la liberté de circulation et la solidarité internationale.

On ne dissout pas les peuples qui se soulèvent !

16 juin 2025

Message de paix emblématique des jeunes Palestiniens, pour Marc

Avec la magnifique dentelle bleue dont m'a fait cadeau l'artiste Marc Lenzi, je lui ai concoté un mail-art où j'ai voulu manifester mon empathie pour le peuple palestinien et tout ce qu'il subit depuis tant d'années (jamais,depuis 1948 et la création de l'Etat d'Israel, les brimades, les déplacements de populations, les privations de leurs territoires n'ont jamais vraiment cessées).

Si les cailloux et les pierres ont été beaucoup utilisées par la jeunesse palestinienne lors des différentes intifada, ils ont servi à une bien jolie représentaation  beaucoup plus pacifique voire poétique, dans différentes occasions, pour demander que la Paix enfin s'installe au Moyen-Orient.

Dans un paysage aussi dénudé, qu'elle est belle cette colombe de la Paix, tant espérée ici.

J'espère que ce mail-art vous plaira Marc :  je vous en souhaite une bonne réception ainsi qu'un bel été.

*** Cisjordanie 2011 ***
à l'initiative de l'ONU, journée pour la Paix
Crédit photo : Photo de John Quigley / Spectral Q

Des centaines d'élèves des écoles des Nations Unies près de Jéricho ont créé une immense image aérienne de la colombe de la paix en collaboration avec l'artiste de renommée mondiale John Quigley. Sous la direction de Quigley, qui crée des images aériennes de masse de grands groupes de personnes depuis plus d'un quart de siècle, ils se sont rassemblés en formation de colombe au pied du mont de la Tentation à Jéricho, réputée pour être la ville la plus ancienne et la plus basse du monde.

« C'est une réplique de la célèbre « Colombe de la paix » de Picasso. Les jeunes Palestiniens envoient le message de s'aimer les uns les autres et de s'aimer tous afin que nous puissions trouver un chemin vers la paix », a déclaré Quigley. « Ces enfants sèment l'espoir au cœur du conflit au Moyen-Orient. Ils méritent l'avenir positif que nous souhaitons à tous les enfants. »

Les élèves viennent d'écoles gérées par l'Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA), qui éduque un demi-million d'enfants à travers le Moyen-Orient.

« Le monde doit se mobiliser et écouter la jeunesse de cette région », a déclaré Filippo Grandi, Commissaire général de l'UNRWA. « Leur message de paix est essentiel. C'est la voix de la prochaine génération. »

L'image est créée dans le cadre du « Projet Paix sur Terre », fondé par Steve Robertson, qui organisera un concert de Prière Musicale pour la Paix, diffusé mondialement depuis la place de la Mangeoire de Bethléem le jour de Noël. « Notre âme est définie par la musique de notre cœur », a déclaré Robertson. « Lorsque nous écoutons cette divinité et choisissons d'exprimer cette sagesse joyeuse, la paix en résulte toujours. »

L'UNRWA remercie les sponsors et les donateurs de cet événement : Visitpalestine.ps, l'hôtel Ambassador, le Jericho Resort Village, le téléphérique de Jéricho, Kamar Productions
Source : communiqué de presse des Nations Unies

Paix en Palestine : faisons connaître ses artistes, pour l'Etre anonyme

En ce moment, j'imagine les sentiments de ma correspondante en Bretagne, face aux atrocités que subit en ce moment les Palestiniens de Gaza surtout mais aussi en Cisjordanie. 

Non ce peuple ne doit pas être éradiqué car il a eu le seul tort de naître sur une terre convoitée par d'autres, il a autant le droit que tous les autres hommes de vivre sur cette planète et de jouir de tous les droits universelleement accordés aux autres êtres humains - et pas seulement aux dominants des pays occidentaux, qui ont très tendance à les outrepasser-.

Pour la Paix en Palestine, pour un cessez-le-feu définitif et pour que le Droit International et les Droits de l'Homme s'appliquent à ces gens-là comme à tous les autres de cette terre (je pense tout spécialement aux Ukrainiens, aux Congolais, aux Soudanais, aux Ouighours, et la liste est encore longue), je t'envoie ce mail-art textile destiné à véhiculer la culture de la Palestine et à faire connaître ses artistes.
Si le jaune et le bleu ne sont pas les couleurs du drapeau palestinien, ce sont celles qui dominent dans cette oeuvre de Nabil Anani dont je vous parle ci-après.

Je te souhaite bonne réception de ce mail-art, chère l'Etre Anonyme, et j'espère que tu vas passer un très bel été.

*** Nabil ANANI ***
L'artiste palestinien Nabil Anani.

Né à Latroun, en Palestine, en 1943, Nabil Anani est l'un des principaux fondateurs du mouvement artistique contemporain palestinien. Diplômé en beaux-arts de l'Université d'Alexandrie, en Égypte, en 1969, il entame une carrière d'artiste et de formateur d'enseignants au Collège des Nations Unies à Ramallah. Sa première exposition a eu lieu à Jérusalem en 1972 et, depuis, il a participé à de nombreuses expositions personnelles et collectives en Palestine, en Europe, en Amérique du Nord, au Moyen-Orient, en Afrique du Nord et au Japon. Ses œuvres sont présentes dans de nombreux musées et collections privées.

Anani a été le pionnier de l’utilisation de médias locaux tels que le cuir, le henné, les colorants naturels, le papier mâché, les perles de bois et le cuivre, et au cours des quatre dernières décennies, a construit un catalogue impressionnant d’œuvres d’art exceptionnelles, innovantes et uniques.

Anani est également co-auteur de plusieurs ouvrages sur les arts et le folklore palestiniens. Il a reçu le premier Prix national palestinien des arts visuels en 1997, décerné par Yasser Arafat. Il a pris la tête de la Ligue des artistes palestiniens et a joué un rôle clé dans la création de la première Académie internationale des beaux-arts en Palestine. En 2006, Anani a reçu le prestigieux Prix du monde arabe du roi Abdallah II pour les beaux-arts. Il vit et travaille à Ramallah
source: https://zawyeh.net/nabil-anani/
***
L'artiste palestinien Nabil Anani redéfinit l'impressionnisme arabe. 

« Toutes mes couleurs, que j'aime pures et nettes, sont optimistes », explique le créateur qui utilise souvent des herbes et des épices, comme le sumac, le curcuma et le zaatar dans ses paysages vibrants.

Artiste palestinien vénéré par des générations d'amateurs d'art, Nabil Anani a 81 ans. Homme simple et sans projet de retraite, il affiche presque toujours un sourire, qu'il évoque les joies de son atelier ou qu'il dépose des matières comestibles sur ses nouvelles toiles de paysages. À la galerie Zawyeh de Dubaï, sa nouvelle exposition, « La Terre et moi », (jusqu'au 12 janvier 2025), met en lumière une série de peintures rendant hommage aux paysages palestiniens. Ornés d'orangers et d'oliviers, ils constituent un thème central de sa carrière depuis près de quatre décennies.

« On pourrait presque manger la toile », dit Anani en riant, décrivant son utilisation d'herbes et d'épices, comme le sumac, le curcuma et le zaatar, ainsi que le bois et la paille dans ses œuvres texturées et colorées. Malgré la tragédie et le chaos imposés par l'occupation israélienne, ces œuvres sont des représentations de sérénité et de paix ; un monde sans points de contrôle ni murs. « Toutes mes couleurs, que j'aime pures et nettes, sont optimistes », ajoute l'artiste.

Article de Rawaa Talass du 14 novembre 2024
Source : https://www.admiddleeast.com/story/palestinian-artist-nabil-anani-is-redefining-arab-impressionism

Pensées pour Gaza - Paix pour la Palestine, pour Eric

Comme je le suis moi-même, par nos lectures croisées sur nos blogs respectifs, je sais combien Eric  a été et est encore bouleversé par les non-dits de notre gouvernement à propos des horreurs qui sont en train de se passer sous nos yeux, à Gaza principalement, mais aussi en Cisjordanie, perpétrés sans vergogne par le gouvernement d'extrême droite, faschisant de Netanyaou.

Tableau de Suleiman Mansour - Espoir 
Alors de toutes mes forces, en citoyenne du monde convaincue que tous les êtres humains sur terre ont le droit d'y vivre sur leur terre ancestrale, dans le respect du Droit International et des Droits de l'Homme, même si ces "belles valeurs" sont de plus en plus souvent bafouées par les pays occidentaux. Ces droits sont universels et s'appliquent à tous, absolument tous les humains, et pas seulement les plus riches et les plus forts.
Annie Ernaux dans la Grande Librairie début juin : dénoncer le génocide à Gaza

HALTE au GENOCIDE -  Rappelons le haut et fort :
- les Gazaouis ne sont pas que des Palestiniens, ce sont d'abord des êtres humains
- ces personnes-là ne sont pas que des musulmans , ce sont surtout des êtres humains,
- ce ne sont pas seulement des arabes, ce sont surtout des êtres humains
- ce sont juste et surtout des personnes qui ont eu la malchance d'être nés là!

J'espère que ce mail-art te parviendra en bon état  cher Eric, il est important pour moi de mettre en avant ce qui peut encore l'être pour faire connaître la culture d'un pays dont on veut anéantir les habitants farouchement attachés à leurs racines. 

5 mai 2025

La Paix et une terre pour la Palestine, pour Ouiza

“L'art, c'est le plus court chemin de l'homme à l'homme.” André Malraux

Comme je l'ai écrit, il y a quelques jours, je ne peux plus me taire sur les abominations qui s'abattent sur le peuple palestinien, les gazaouis en particulier : le cessez-le-feu obtenu avec difficultés par la communauté internationale fin janvier n'a pas tenu bien longtemps. Le pilonnage des hommes et des infrastructures continue de plus belle et on ne compte plus les civils martyrisés, ni les enfants atrocement tués...

Alors, comme je ne suis ni poétesse ni peintre, j'ai trouvé des oeuvres d'artistes palestiniens racontant leur existence depuis 1948, date de la création de l'Etat d'Israël et de la perte d'une bonne partie de leur territoire, et pour illustrer leur besoin de paix et de quiétude sur Terre. 

J'en ai fait un mail-art textile pour Ouiza, mailartiste et artiste sensible à tout ce qui se passe au Moyen- Orient, tous pays confondus, cette fois en mettant en avant le travail de Sliman Mansour.  

Je l'imagine bouleversée comme je le suis moi-même par tout ce qui se passe là-bas, à bas bruit,  personne n'osant s'exprimer sur ce sujet-là chez nous (oui, la Patrie des Droits de l'Homme!) et j'espère que cette enveloppe et mon empathie lui apporteront quelque réconfort. Bonne réception, Ouiza.

Oeuvres originales de Sliman Mansour :A gauche, sans titre -mais une colombe de la paix s'impose dans cette mosaîque  
à droite,  Holy Land, peinture sur boue

*** ***

Sliman Mansour, né en 1947, est l'une des figures les plus importantes de l'art palestinien contemporain. Samia Halabi, artiste et chercheuse palestinienne, décrit Mansour comme un membre du mouvement artistique de libération et le cite comme artiste et activiste culturel avant et après l'Intifada. Pendant l'Intifada, Mansour était membre du groupe d'artistes palestiniens New Perspectives, aux côtés d'artistes tels que Taysir Barakat, Vera Tamari et Nabil Annani. En signe de protestation contre le régime israélien, le groupe utilisait exclusivement des fournitures artistiques et un mélange de matériaux trouvés en Palestine pour créer ses œuvres. En 1988, il a peint quatre fresques murales sur les murs des villages dévastés de Yibna, Yalo, Imwas et Beit Dajan. Mansour est l'auteur de « Both Sides of Peace, the Art of Israeli-Palestinian Political Poster », publié en 1998 par le Museum of Contemporary Art et l'Université de Washington.

***

Sur le Quotidien de l'art, je viens de voir que la question palestinienne est au coeur d'une autre forme d'ostracisme, celui du milieu de l'art. Soixante-quinze ans après la Nakba, « catastrophe » qui expulsa plus de la moitié des Palestiniens de leurs terres, la question palestinienne reste un impensé qui embarrasse les institutions de l'art. Lire l'article "Enquête sur un tabou"

Ceci me conforte d'autant plus sur la nécessité de faire connaître leurs oeuvres via ce blog. 

2 mai 2025

La poésie pour trouver des mots afin de ne pas oublier Gaza

Déja largement affectée par les bombardements, les drones tueurs, le tir de snippers, les déplacements incessants de population, l'absence de soins et d'aide sanitaire, 
Gaza meurt de faim... Gaza meurt de soif. 
Gaza est en train de mourir dans l'indifférence générale et nous, nous nous taisons.

Je ne peux plus me taire! Stop au génocide à Gaza!

Flyer illustraté par une artiste palestinienne - nom à venir 

Comme bien des personnes de ma génération, je n'arrive pas à comprendre comment il est possible que ceux-là mêmes qui ont été si tragiquement exterminés par les nazis du 3e Reich (à hauteur d'environ six millions de juifs) lors de la Shoa  -ceux qui, avant cela, ont été pourchassés et martyrisés dans des pogroms pendant des siècles- puissent être désormais à l'origine d'un des plus grands et abominables massacres du 21e siècle, contre les Palestiniens de Gaza, tout en se déclarant une démocration moderne?

Je ne comprends pas davantage pourquoi les boucheries perpétrées en 2022 à Boutcha ou à Marioupol  par les Russes en terre ukrainienne ont suscité à juste titre tant de réactions indignées et d'émotions chez les Français, alors qu'aujourd'hui et depuis plus d'un an règne un assourdissant silence sur le nettoyage ethnique actuel perpetré à Gaza par les militaires israéliens colonialistes de Benyamin Netanyahou? 

Pourquoi deux poids, deux mesures pour considérer la vie humaine? 

Pour toutes les personnes à qui cela tord le coeur et le ventre de voir disparaître dans l'oubli général ce peuple de palestiniens gazaouis, victimes d'un véritable génocide, reconnu comme crime contre l'humanité par la Cour Pénale Internationale, voici un poète qui a essayé de trouver des mots pour dire l'indicible.

A écouter sur France Culture ou lire ci-dessous

Dans ce poème, Karim Kattan, poète palestinien, se sert de la poésie pour combler le silence face à la destruction de Gaza. Face, aussi, à la douleur et à l'immonde, au ravage. L'absence de parole face à l'insensé est comblée par ce poème. Comme si celui qui l'écrit n'avait pas pu faire autrement. Un "échec de la parole", un "désespoir du langage". Publié en 2024, ce texte aussi intime et politique est une invitation à écrire pour ne pas oublier, et à sortir des carcans de la représentation médiatiques de la guerre entre Israël et la Palestine.

Merci à lui pour ses mots.

extrait de « Quand minuit vient » de Karim Kattan : 

Ma rage,
articulée,
claire,

mon âme, je te promets,elle sera éclatante
et confondra les pharisiens
et les sophistes,

elle fera surgir face à eux les générations entières
rayées de la carte, lesmutilés, 
le sol ravagé pour des décennies, 
chaque nom unique,
chaque martyr, un par un, les hantera
le sang sur leurs mains et le sang dans leurs yeux,
ils ne pourront pas détourner la tête seulement
baisser les yeux face
aux visages des martyrs, baisser les yeux
face à l'évidence du carnage.

Mon âme, murmuré-je au partage de la nuit, ma rage articulée
elle les mettra face au décompte exact de la
destruction,
inventoriée (ici, tant de mortes, ici, tant d'archives brûlées, là, tant d'enfants aux bras arrachés, là, toutes les universités ravagées, tous les poètes morts,
tous morts, les poètes et les boulangers et et et et et combien de mères combien de journalistes combien d'étudiants en première année de fac ou combien de gens qui sont juste, tout simplement, des gens, quel sera le chiffre, et quelle la catégorie d'humains, qui provoquera un sursaut, quelque chose,

et je tiens des listes, pour ne pas oublier, si on me demande, de dire, saviez-vous qu'ils ont aussi fait ci
et aussi fait ça;
ne pas oublier la famine, ne pas oublier, les épidémies, ne pas oublier, les enfants qui supplient, ne pas oublier les
soldats qui se filment,
car tout est permis car
mon pays mon pays
est retiré du monde désormais et
innommable désormais, et
irrécupérable désormais,
et je le dis à mes amis car j'ai peur
si j'arrête de leur dire
qu'ils oublient

et j'inventorie pour que l'on saisisse demain et dans dix ans,
l'étendue
de l'irrécupérable, la profondeur
de cette nuit.

Et je te promets, mon âme, que par ma rage articulée
on comprendra
la complicité de chaque soldat et chaque soldate
un par un, une par une
la complicité de chaque marchand qui prie
« finissez-les », de chaque grand-mère qui jure,
«finissez-les »,
de chaque gentil père de famille qui, en bordant
son enfant, dit, «gentiment, ne réveillez pas mon
fils, mais finissez-les »,
chaque étudiant qui, s'apprêtant à conclure sa
dissertation, soupire, «regrettable, dommage, mais
finissez-les »,
chaque écrivaine qui, des trémolos dans la voix,
courbée sur son article, plaide, « on a tout essayé,
je suis pleine
pleine
pleine
d'empathie, si pleine que j'en crèverais -
cependant, il faut finir, il faut, donc
finissez-les,

mais poliment
de grâce,
poliment »,
chaque médecin qui dit, « triste, mais finissons-en »,
ou celui à Paris, à New York, qui s'en lave les mains et dit,
«j'en pleure le soir,
qu'on commette cela
mais que faire?
qu'y puis-je ?»,

et celle
qui se lamente et me dit,
«mon chéri mon chéri je
n’y
peux
rien. »

Dans Préliminaires pour un verger futur, éditions Elyzad, édition 2024

Karim Kattant © Héla Chelli

Karim Kattan, écrivain palestinien né à Jérusalem en 1989, vit en France depuis une quinzaine d’années. Docteur en littérature comparée, il écrit en anglais et en français. Son œuvre explore un univers hybride mêlant réalisme, merveilleux et oralité. Finaliste du Prix Boccace avec Préliminaires pour un verger futur (2017), il remporte le Prix des Cinq continents de la francophonie pour son premier roman Le palais des deux collines (2021). Son deuxième roman, L’Éden à l’aube (2024), confirme la richesse de son style : une écriture poétique et politique, portée par un narrateur solaire qui raconte un amour empêché sur fond de guerre et d’occupation en Palestine. Il publie régulièrement dans la presse et les revues littéraires françaises. 

***

PS : Profondément pacifiste, athée et guidée uniquement par mon amour de l'Humanité au sens large, afin d'éviter toute ambiguïté,  je précise que je n'ai absolument rien contre le peuple juif ni contre sa religion ;  tout pareillement, je respecte les peuples arabes qu'ils soient ou non musulmans, tout comme je respecte tous les autres peuples et ethnies, toutes les croyances et coutumes, toutes les couleurs de peau, le genre, le sexe de chacun des habitants de cette Terre. 

Pour moi nous sommes tous des êtres humains faits de la même chair et du même sang et à ce titre nous méritons le même respect, le respect de la vie.

20 mars 2024

Mandala blanc de paix pour les voeux 2024 d'Eni

Tardifs peut-être mais tellement créatifs les voeux pour 2024 d'Eni Looka : sous la forme d'un magnifique mandala dont il s'est fait une spécialité, voici la superbe création pour la paix qu'il a reproduit pour l'ensemble de ses correspondants, nombreux, qui apprécient son art postal et ses fameux faux-timbre d'artiste. 

C'est une ode à la paix, tout en blanc, comme la couleur du drapeau que l'on tend pour demander la cessation des combats.
superbe enveloppe avec son mandala tout blanc 

Détail de la réalisation donné au dos de l'enveloppe ! Papier découpé (découpe laser / 24 silhouettes de colombes), médium peint, 20 féves, 24 boutons, 24 perles blanches, perles-lettres et pour le centre : demi boule à thé, accessoire de protection de dessert glacé Picard 

carte prise en photo avec un angle et une lumière différente de l'enveloppe

Je te remercie infiniment Eni pour ce magnifique mandala de la Paix, cela fait tellement de bien de recevoir de telles créations, et encore bravo pour ce magnifique faux timbre d'artiste.

6 mars 2024

"El cant del ocells": hymne à la paix du violoncelliste Pau Casals, par Marc

Cette seconde missive m'est adressée par Marc ; il y a déployé ses talents de dessinateur et de peintre pour figurer ce magnifique oiseau. J'aime déjà ce mail-art pour les couleurs du martin-pêcheur qui font écho à celles du plumage du couple de guêpiers d'Europe du timbre de la série Tendre animaux.

Mais le faux-timbre d'artiste "Mail art for peace" et le choix du chant énoncé me touchent tout particulièrement. El cant del ocells, le chant des oiseaux, est un hymne pour la paix dans le monde. A l'origine il s'agit d'un chant de Noël catalan qui signifiait beaucoup pour le violoncelliste Pau Casals puisqu’il en réalisa une transcription qu’il joua toute sa vie, comme un symbole de la Catalogne, de la liberté et de la paix.

C’est un air anonyme que l’on chante depuis des siècles en Catalogne. Un chant de noël qui résonne depuis le moyen-âge et qui au cœur de l’hiver nous donne l’espoir qu’un jour le printemps reviendra. Les paroles de cet air sont dites par des oiseaux. C’est un aigle, un moineau, une linotte et une mésange qui chantent tour à tour le retour du Sauveur et avec lui de la paix et de la joie.

Le chant des oiseaux, El cant del ocells a connu de nombreuses variations au cours des siècles. Celle de Pau Casals est la plus récente, la plus épurée, pour un seul instrument et que l’on connait peut-être mieux, avec, pour commencer, un piano qui gazouille… A la question posée par les trilles du piano répond un violoncelle. Le violoncelle de Casals.

Je vous propose deux interprétations, ci-après : laissons nous emporter par cette beauté et faisons en sorte que la musique apaise nos âmes et nos coeurs, dans ce monde si troublé et si douloureux.
Le Chant des Oiseaux - Pablo Casals Violoncelle : Borowiec Janusz Piano : 
Saman Shahi concert Spring Embers, Église St. Anne, Toronto,
 2020 Vidéographie : Alison Gray Son : John Gray - publication  sur la chaîne Youtube de Saman Shahi

La version de Pau Casals interprêtée par Emmanuelle Bertrand, José Luis Dominguez Mandragon, 
Orchestre Symphonique de Saint-Etienne Loire en 2012
publiée sur la chaîne Youtube de Nouvelle Terre

***
Un grand merci à toi Marc pour ce double cadeau que tu me fais aujourd'hui. Si j'aime infiniment l'instrument qu'est le violoncelle, je n'avais jamais écouté Pau Casals dont je ne connaissais absolument rien jusqu'à ce jour. Encore une lacune à combler, mais ce sera avec délice.

5 janvier 2024

En 2024, qu'on nous fiche enfin la paix, d'Eric

Et voici le troisième cadeau du jour et c'est l'ami Eric qui en est l'auteur.

Avec son rameau d'olivier (du vrai, séché) fermement tenu dans son bec, cette magnifique colombe immaculée résume notre envie à tous, celle de voir enfin la paix revenir, en trouvant une issue diplomatique à tous ces conflits qui font des milliers de morts parmi les civils, des enfants, des vieillards, des femmes, mais aussi bien sûr chez tous les hommes sur le front, qui ont été volontaires ou forcés de s'engager pour faire la guerre.

Pourquoi les hommes sont-ils ainsi faits qu'ils ne tirent aucun enseignement de l'Histoire, pourtant récente? Pourquoi tant de haine pour récupérer des territoires pour la richesse de leur sous-sol ou pour leur position stratégique au mépris des personnes qui vivent là? Pourquoi cette soif de pouvoir, cette ivresse de la conquête, cette volonté d'aller toujours plus loin pour exploiter toutes les ressources de la Terre et du vivant? 

Je n'ai évidemment pas de réponse, mais je te remercie infiniment, Eric, pour ce mail-art on ne peut plus explicite et tellement en harmonie avec ma pensée profonde. Un très beau cadeau d'anniversaire, merci.

1 janvier 2024

2024 : Que nous réserve ce nouveau millésime?

2024 est un nouveau chapitre, écrivons-le ensemble sous le signe de l'amour et de la paix universelle.
Alors que nous regardons vers l'avenir, prenons le temps de valoriser chaque instant, de construire des ponts, non des murs.
Semons les graines de l'amitié et de la solidarité pour récolter un monde meilleur.
Que cette année soit le reflet de nos aspirations les plus profondes, pour un monde uni sous le signe de la solidarité.
Que l'espoir et la fraternité soient nos guides.
Bonne et heureuse année 2024!

1 septembre 2023

Colombe de la paix, vole vite vers l'Ukraine, pour Fabienne

Dix-huit mois déjà que la guerre en Ukraine continue de broyer des existences, celles des femmes, des enfants, des vieillards, totalement démunis devant la violence cruelle et aveugle des agresseurs qui visent les objectifs civils, et bien sûr, n'oublions pas de parler des hommes engagés au combat, depuis si longtemps...avec si peu de temps de repos. 

Afin de ne pas oublier que ces gens là se battent aussi pour nous, voici pour Fabienne, une nouvelle carte tricotée, au point de blé,  pour rappeler l'exportation difficile des céréales dont l'Ukraine est l'un des deux plus gros producteurs mondiaux. Cette année la difficulté est plus grande encore, car les ports sont pilonnés et que l'accord permettant de faire naviguer les bateaux sur la Mer Noire n'a pas été reconduit. Ainsi les Ukrainiens sont pénalisés mais également les pays du Tiers Monde qui ont tellement besoin de ces denrées pour subsister.

d'après une Illustration d'Olesya Vakulenko.

Pour orner le fond tricoté aux couleurs du drapeau national ukrainien, j'ai ajouté une représentation d'une colombe dessinée et peinte, comme cela est fait traditionnellement à Petrykivka.

Je t'en souhaite une bonne réception, Fabienne, ainsi qu'une belle fin d'été.

1 août 2023

Rose et colombe de la Paix, pour Marianne

Voici une nouvelle allusion à la paix que nous voudrions voir venir rapidement pour nos voisins Ukrainiens, et c'est Marianne qui en sera la destinataire. 
Je lui en souhaite une très bonne réception. Belle fin d'été. 

19 janvier 2023

DakhaBrakha : la musique folklorique ukrainienne comme arme

DakhaBrakha, qui signifie « donner/prendre » est un groupe emblématique que nous avons la chance ce soir d'accueillir à Massy avec leur culture musicale tirée des chants traditionnels et musiques folkloriques ukrainiennes, leurs rythmes revisités, et leur engagement total contre la guerre. 

Ce nom de DakhaBrakha représente bien la démarche du groupe : pendant des années, le quatuor a collecté des chants traditionnels ukrainiens de village en village, avant qu’ils ne se perdent. Ils les ont ensuite modernisés en mêlant des influences musicales du monde entier au folklore ukrainien traditionnel.
DakhaBrakha Crédit photo : © Andriy Petryna | Production : Run production
Le groupe se situe au croisement entre musique et théâtre, entre tradition et modernité, entre folklore et inspirations internationales. Le résultat est un son trans-national ancré dans la culture ukrainienne, un son de liberté artistique et culturel incomparable, plus que jamais représentatif et ambassadeur de l’Ukraine.

"L'utilisation des armes au XXIe siècle, c'est une pure barbarie. Nous, nous pensons que la seule arme aujourd'hui, c'est notre art". Créé en 2004, le groupe ukrainien s'inspire de la musique folklorique de leur pays, notamment des chants traditionnels et des polyphonies. En Ukraine, la musique folklorique connaît un regain d'intérêt depuis vingt ans. La démarche de DakhaBrakha s'inscrit dans cette redécouverte du patrimoine musical ukrainien. "Aujourd'hui les chants ukrainiens sont une passion (...) Il y a vingt ans, il n'y avait qu'un cercle d'initiés" précise Olena Tsybulska, chanteuse et percussionniste du groupe. Les quatre membres de DakhaBrakha, Marko Halanevych, Olena Tsybulska, Iryna Kovalenko et Nina Garenetska, ont pris la décision de quitter leur pays, avec la conviction que leur musique aura plus d'impact hors d'Ukraine. "Tu pourrais faire plus pour ton pays avec un micro qu'avec un fusil", ont assuré leurs proches. Ils veulent sensibiliser la communauté internationale à la situation en Ukraine avec leur musique.

 DakhaBrakha en live dans le studio KEXP. Enregistré le 15 avril 2022.
vidéo publiée sur le Youtube du studio KEXP ORG

Site du groupe : https://www.dakhabrakha.com.ua/en

Répartition des rôles entre les quatre membres du groupe créé en 2004
Chant, accordéon, darbuka, didgeridoo, tablas :  Marko Halanevych
Chant, djembé, bukhalo, accordéon, buhayet, et autres instruments anciens : Iryna Kovalenko
Chant, violoncelle, bukhalo : Nina Garenetska
Chant, percussions diverses, accordéon :  Olena Tsybulska

Vidéo de la chanson "Yanki"de DakhaBrakha enregistrée par la BBC publiée sur Youtube de Roman Tchaîka
Malgré les difficultés de transport induites par la journée nationale d'action contre la réforme des retraites auquel s'est ajoutée en fin de journée une chute de neige qui a un peu perturbé la circulation des véhicules, la salle était pleine à craquer.

Silence religieux dans la salle, et pas de déplacement intempestifs comme souvent : ambiance incroyable, mêlée à la fois d'admiration mais aussi de beaucoup d'émotion lorsque les vidéos qui défilaient en fond de scène à chaque chanson, sont passées de kaléidoscopes fait de motifs naïfs du folklore ukrainien à des vidéos de dessins toujours aussi naïfs mais sur la guerre. On été diffusées ensuite  des vidéos de l'agence Reuters sur les destructions massives perpétrées par la Russie sur des immeubles civils pour finir plus  légèrement sur un  nouveau kaléidoscope de fleurs et de frises naïves, avec l'espoir d'un nouveau printemps, le retour des chants d'oiseaux et de la paix, très gai. 

Pendant presque deux heures, nous avons été subjugués : DakhaBrakha ce sont quatre voix magnifiques et très surprenantes, plus attendues pour les femmes, mais tellement incroyable du seul homme du groupe capable de prendre une voix de tête étonnante dans certains chants. 

On revient de ce concert assez brassé, car incontestablement, ce groupe se bat pour son pays : les "no war, stop Putin", "Stand with Ukraine", les remerciements pour l'accueil des réfugiés expatriés dans les pays d'Europe (entre 4 et 6 millions de personnes), les remerciements pour l'aide militaire apportée et la demande de davantage encore pour les aider à vaincre l'envahisseur d'une part,  puis le chant pour honorer leurs morts tombés pour sauver leur pays, d'autre part,  tout cela vous touche profondément.

Merci à Paul B.  notre salle de spectacles massicoise qui nous offre tant de musiques différentes tout au long de l'année pour une somme modique, de m'avoir permis d'aller écouter cette troupe géniale et militante pour la paix.

1 janvier 2023

2023 : Que la paix revienne et la raison dans le coeur des hommes

 En ce premier jour de l'an 2023,
souhaitons-nous plus de bienveillance et de douceur dans notre vie quotidienne ;  
soyons à l'écoute des personnes qui nous entourent :
les plus jeunes ont besoin des adultes pour grandir et se forger une personnalité, 
les plus anciens ont besoin des rires des plus jeunes pour se projeter encore, 
et tous les autres passeront une meilleure journée s'ils reçoivent 
nos "bonjour", "merci" et notre sourire. 

En ce premier jour de l'an 2023, 
 pensons à notre belle planète : pas de plan B pour elle ni pour ses habitants, 
quoiqu'en pensent Jeff Bezos et Elon Musk.
Pas de passagers sur le vaisseau Terre ou nous sommes embarqués, 
maintenant nous sommes tous les membres de son équipage.

En ce premier jour de l'an 2023, 
rappelons-nous que notre humanité ne fait de nous en rien des êtres supérieurs.
Nous faisons intégralement partie du monde animal dans l'immense chaine de la vie,  
où la microscopique bactérie a autant d'importance que l'imposante baleine bleue.

En ce premier jour de l'an 2023,
rappelons-nous que nous ne pourrons survivre à la disparition de trop d'espèces vivantes. 
La biodiversité est notre viatique et elle influe sur la stabilité du climat.
Préservons-là au maximum, ainsi les pandémies et bien d'autres calamités pourront nous être évitées.

En ce premier jour de l'an 2023, je nous souhaite à tous le meilleur 
dans un monde de paix et de liberté !


 Et que l'année nouvelle voit la fin des tourments pour le peuple ukrainien !

10 novembre 2022

Ma jolie colombe de la paix pour l'Ukraine, vole jusqu'à Jean-François

Je n'ai quasiment plus de tissu à broder, alors je pallie avec du coton à tricoter,  pour confectionner un mail-art textile aux couleurs de l'Ukraine. Avec cette jolie colombe,  c'est à Jean-François que j'adresse tous mes espoirs de paix pour les habitants et les combattants de ce pays, si courageux, qui vont affronter les affres de l'hiver dans le noir et le froid, livrés au bon vouloir de leur si grand voisin, envahisseur. 

Illustration de la colombe par Susan Burgart trouvée sur Instagram

Tricot réalisé au point de blé pour symboliser le problème des céréales qui ont beaucoup de mal à quitter le  port d'Odessa et de Tchornomorsk . Au début du mois de novembre, la Russie a remis en cause l'accord conclu cet été, pour l'exportation des céréales via un couloir sécuritaire contrôlé par la Turquie au niveau du détroit du Bosphore- et, ce, alors qu'elles sont tant espérées par les pays importateurs qui en dépendent terriblement comme certains pays d'Afrique et d'Asie-. Depuis, l'exportation sous contrôle a repris, mais cet accord est si fragile...

Je te souhaite une bonne réception de ce bel oiseau, Jean-François, en souvenir de notre rencontre du mois de mars, lors du Festival du mail-art organisé à Vienne par l'Association "Une Vie, Un Arbre".

30 mai 2022

Vole vers Christophe pour la paix en Ukraine, bel oiseau de l'espoir

Pour répondre au bel envoi d'espoir de paix pour l'Ukraine que Christophe m'a fait récemment, je lui adresse l'une de mes colombes brodées, la 7e déjà.

Broderie main sur un modèle offert par Julie_Jolis_Songes

J'espère qu'elle volera sans encombre et sans dommage jusqu'au Vercors,  en Isère, où Christophe réside maintenant et que ce bel oiseau saura lui plaire. Je t'en souhaite bonne réception Christophe.

Pour la paix en Ukraine, une jolie colombe s'envole vers Chantal

Ce week-end j'ai fini de broder la colombe de la paix que j'avais réservée pour Chantal, ma correspondante de Charente-Maritime qui m'adresse toujours de magnifiques mail-arts, en paperolles. 

Comme je sais apprécier son travail qui requiert beaucoup de précision et de minutie, il m'a paru bien normal de lui faire un tel envoi brodé, qui me demande environ deux jours de travail. 

broderie main sur un modèle offert par Julie_Jolis_Songes
Je sais que ce que vit l'Ukraine actuellement ne te laisse pas indifférente, Chantal : alors il me reste juste à espérer que ce symbole d'espoir te parviendra sans problèmes et en bon état. 

Je t'en souhaite bonne réception, et que vite revienne le temps de la paix.

Série Broder pour la paix

Peinture à la gouache de la grande artiste ukrainienne de l'art naif : Maria Primatchenko :
 "fleurs de lin accordées à une jeune mariée"-1983-
Le 24 février dernier, avec fracas, la Russie a envahi son voisin l'Ukraine, et l'asphyxie depuis sous des déluges de missiles, de roquettes, de bombes à fragmentation...etc.

Depuis ce 24 février,  le spectre de la guerre en l'Europe nous guette.

Depuis lors,  ma vie n'est plus tout à fait comme avant... pas un jour ne se passe sans que je ressente profondément le malaise et la tristesse vis à vis de tous ces crimes perpétrés contre des civils, viols et massacres de femmes et d'enfants, de vieillards.. déportations, tortures, exécutions sommaires...Devant un tel déchainement de violences, je ne peux pas rester muette en prenant connaissance d'évènements toujours plus dramatiques au fil des jours qui passent - nous en sommes déjà à plus de trois mois de guerre.

C'est par la broderie que je ressens le besoin d'exprimer ma compassion et mes sentiments profonds de soutien et de solidarité vis à vis du peuple ukrainien qui souffre, se battant en première ligne pour nous tous, les européens de l'Ouest. 

J'envoie pour le moment des colombes, et seulement à mes correspondants dont je connais la fibre humaniste particulièrement sensible à tout ces évènements car je ne veux choquer personne. Cinq oiseaux de la paix se sont déjà envolés, sur un modèle identique (merci Julie_Jolis_Songes) mais avec  chacun des points de broderie ou des fils de couleur différents, 

Puisque la broderie est une activité extrêmement chronophage, il est évident que je ne pourrai pas en faire énormément, d'autant que je n'ai réussi à acheter que peu de tissus dans les couleurs ad-hoc. Comme par ailleurs, c'est plus fort que moi, je ne peux pas m'arrêter de broder sur le thème de la paix, autant en faire une (petite) série.
Peinture à la gouache de la grande artiste ukrainienne de l'art naif : Maria Primatchenko :

***
Une exposition de dessins d’enfants vulnérables, artistiquement doués et vivant de chaque côté du conflit, dans les régions de Lugansk et Donetsk, a été organisée par SOS Villages d’Enfants Ukraine, en partenariat avec l’ambassade de Suisse et l’organisation Maximal pour la jeunesse de Donetsk.
Affiche publiée sur le site de SOS village d'enfants Ukraine .

Kondratyuk Anastasia, 16,Belolutsk (Lugansk region)

Svetlichniy Nikita, 13, Alekseevka (Lugansk region)

Que la paix revienne vite pour tous ces enfants et leurs familles!
***
La croisade des enfants,  de Jacques Higelin 

Pourra-t-on un jour vivre sur la terre
Sans colère, sans mépris
Sans chercher ailleurs qu'au fond de son cœur
La réponse au mystère de la vie?
Dans le ventre de l'univers
Des milliards d'étoiles
Naissent et meurent à chaque instant
Où l'homme apprend la guerre à ses enfants

J'suis trop petit pour me prendre au sérieux
Trop sérieux pour faire le jeu des grands
Assez grand pour affronter la vie
Trop petit pour être malheureux

Verra-t-on enfin les êtres humains
Rire aux larmes de leurs peurs
Enterrer les armes, écouter leur cœur
Qui se bat, qui se bat pour la vie?

J'suis trop petit pour me prendre au sérieux
Trop sérieux pour faire le jeu des grands
Assez grand pour affronter la vie
Trop petit pour être malheureux

Trop petit
Pour les grands
Assez grand
Pour la vie

J'suis trop petit pour me prendre au sérieux
Trop sérieux pour faire le jeu des grands
Assez grand pour affronter la vie
Trop petit pour être malheureux

J'suis trop petit pour me prendre au sérieux
Trop sérieux pour faire le jeu des grands
Assez grand pour affronter la vie
Trop petit pour être malheureux

J'suis trop petit pour me prendre au sérieux
Trop sérieux pour faire le jeu des grands
Assez grand pour affronter la vie
Trop petit pour être malheureux

Source : Musixmatch - Paroles et musique de Jacques Higelin
vidéo publiée sur Youtube de la merveilleuse chanson de Jacques Higelin -1985-la croisade des enfants