2 janvier 2026

Série Canis Lupus : j'ouvre l'année 2026 avec des voeux sur le thème du loup, pour leur réhabilitation sur notre territoire

Les mots « espèces nuisibles » et « mauvaises herbes » ne sont que le reflet d’un préjugé séculairement ancré, selon lequel les plantes et les animaux sont là pour nous servir ou nous réjouir, et que nous avons sur eux un droit discrétionnaire. Ces mots sont la traduction directe de notre égocentrisme (ou anthropocentrisme), de notre ignorance et de notre étroitesse d’esprit. Les animaux considérés comme nuisibles ne le sont que par nous, et il en est de même des herbes prétendues mauvaises. En réalité, nous ne sommes qu’une espèce parmi tant d’autres. Ajoutons, en passant, que, face aux extinctions multipliées d’espèces dont nous sommes aujourd’hui responsables, nous mériterions, seuls, le qualificatif d’espèce hautement nuisible à l’harmonie et à la préservation de la biodiversité.
Hubert Reeves

Ce ne sont pas les hommes qui doivent avoir peur des loups, 
ce sont les loups!




Avec l'A.S.P.A.S., le W.W.F., FERUS, F.N.E, S.N.P.N. et la L.P.O., je me range du côté du vivant, du côté de la sauvegarde de la biodiversité dans la nature, et donc du côté du loup.

En juin dernier 2025, l'Union Européenne avait opéré un reclassement du loup, le faisant passer d'«espèce strictement protégée» à « protégée», afin de donner plus de flexibilité aux Etats membres pour gérer la population lupine.

Et bien que 213 organisations européennes aient appeler les Etats membres à ne pas déclasser le loup, chaque pays pouvant adapter ce dispositif comme il le souhaitait, sachez que la préfète de la région AURA et coordinatrice du Plan national d'actions sur le loup (PNL) a annoncé qu'à compter de ce jour la réglementation française inclue "une simplification significative" des conditions de "tirs de défense» avec "la suppression (...) du régime d'autorisations dérogatoires au profit d'un système déclaratif". C'est la mise en place d'un dispositif censé protéger les élevages d'ovins, caprins, bovins et équins.

En supprimant Canis Lupus de la liste des mammifères terrestres protégés en France, le gouvernement s’apprête à offrir aux éleveurs et aux chasseurs de nouveaux moyens non pas pour mieux protéger leurs troupeaux, mais pour faciliter le tir de loups, tout en continuant d’ignorer le rôle écologique précieux du grand prédateur pour l’équilibre des écosystèmes.

Aujourd’hui, la population de loups en France est estimée à un peu plus de 1000 individus – un nombre toujours trop faible pour garantir la survie de l’espèce sur le long terme car le seuil de viabilité de la population est de minimum 500 individus sexuellement matures. La protection des loups en France est donc toujours d’actualité.

Pendant plus de 30 ans, la France a connu ses paysages sans loups. Grâce à une petite population provenant d’Italie, ils ont regagné progressivement la France par les Alpes à partir de la fin des années 1980. Il faut toutefois attendre novembre 1992 avant d’enregistrer une première observation officielle, dans le Parc national du Mercantour. La capacité de dispersion des loups est telle qu’en l’espace d’une trentaine d’années, ils ont pu reconquérir un territoire allant des Pyrénées à la Lorraine en passant par la région AURA et la région PACA. Ces grands prédateurs gagnent du terrain, mais cela n’est pas sans se confronter aux vindictes de plus en plus fortes des anti-loups.

La cohabitation est une nécessité pour la survie de l'espèce. Chaque année, en application de l’arrêté du 23 octobre 2020, l’Etat français autorise le tir d’un cinquième de la population de loups. Une politique de tirs très contestable qui n’a pour effet que de déstructurer les meutes et de retarder et déplacer le problème des déprédations. 

Des études ont prouvé que tuer un loup, c'est prendre le risque d'éclater les meutes et de disperser les jeunes individus livrés à eux-mêmes, ce qui augmente le risque de prédation au lieu de la réduire. "Un loup mort, c'est un loup qui n'apprend pas!" prévient Bertrand Sicard (FERUS). "Si vous le tuez, il ne pourra pas donner l'information à sa meute pour lui dire d'éviter la bergerie. Nous, on prône l'effarouchement , que ce soit par une décharge ou une balle. Il va retourner à sa meute en disant de ne pas y aller. Ce qui est très important c'est de faire peur au loup pour l'empêcher de revenir"

Les loups sont mal perçus par une partie du monde agricole. Le retour du loup implique une préoccupation nouvelle pour les éleveurs qui ont souvent appris leur métier dans une France qui en était dépourvue. Mais il existe des mesures de protection des troupeaux ayant fait leurs preuves et prises en charge par l’État. Depuis peu, certains chasseurs aussi montent au créneau : les loups « voleraient » leur gibier !

Pour l’Association pour la Protection des Animaux Sauvages (ASPAS), la cohabitation peut fonctionner, mais les éleveurs et les bergers doivent adapter leurs pratiques et l’image du loup doit être réhabilitée par les pouvoirs publics. Le loup est un des animaux sauvages préférés des Français : la conscience collective évolue… Suivons-là.

L'ASPAS sensibilise le grand public aux bienfaits du retour du loup en France et aux solutions existantes face aux contraintes imposées aux éleveurs par sa présence. Elle collabore également avec des éleveurs et bergers cohabitant harmonieusement avec le loup ainsi qu’avec des chercheurs et experts scientifiques afin de renforcer les études encore trop peu présentes.
(Sources : Aspas)

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"C'est le loup qui a ramené le berger dans les montagnes" explique d'emblée Bertrand Sicard président de l'Association Ferus qui oeuvre pour la sauvegarde des grands prédateurs. "L'élevage a pris un virage industriel ovin au tournant des années 1990 qui s'est traduit par des troupeaux de plus en plus importants, parfois plus de 2000 bêtes dans les Alpes sans bergers ni gardiennage". Avec un régime alimentaire nécessitant 2.5kg de viande par jour, les loups opportunistes ont trouvé des proies faciles dans les moutons sans protection.

Mais alors que la population des loups a doublé entre 2018 et 2023, le nombre d'animaux domestiques prédatés par ceux-ci a quant à lui diminué de 13% d'après le bilan des dommages établi par la Direction Régionale de l'Environnement de l'Amenagemetn et du Logement (DREAL). La clé de ce succès : les mesures de protection des troupeaux entre de plus en plus dans les habitudes des éleveurs (chiens, bergersn, filets électrifiés) et sont toujours plus efficaces. Ces mesures sont en outre subventionnées en majorité par l'Etat.

L'intérêt pour un berger de rester à l'estive est multiple :cela permet d'organiser la conduite des brebis pour qu'elles puissent profiter des pâturages sans les abimer, tandis que les chiens de protection, le patou en tête, gardent les troupeaux et dissuadent les chiens errants de s'y attaquer.

"Il est normal qu'on rémunère des éleveurs pour vivre en milieu naturel avec une biodiversité complète pour les services rendus à la nature"  estime Bertrand Sicard. Aujourd'hui l'Etat met sur la table 35 millions d'Euros par an sur le loup. En comparaison, les dégâts faits par les sangliers pour les agriculteurs, c'est 50 millions d'euros par an. Il faut comprendre que l'élevage est financé de 50% à 80 % d'aides directes. Sans subventions, plus d'élevage.  (source :  plusieurs extraits d'un chapitre "Cohabiter avec les grands prédacteurs ours et loups / Animal / La relève et la Peste)

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Le loup , un grand prédateur menacé

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, celui qui est souvent perçu comme le “grand méchant loup”, cruel et sans pitié, n’est en fait qu'une espèce craintive et discrète. Malheureusement, cette mauvaise réputation pluriséculaire lui colle à la peau et ne fait que renforcer la peur de l’homme envers cet animal aujourd’hui menacé en France.

Souvent comparé au loup d’Amérique du Nord, le loup européen est un peu plus petit, plus maigre et plus facile à confondre avec un grand chien de berger.

Des plaines aux steppes, en passant par les montagnes, le territoire de chasse du loup est immense - plusieurs milliers de kilomètres carrés. Résistant à des températures extrêmes et très bon nageur, le loup n’hésite pas à se tremper dans des eaux glaciales pour subvenir à ses besoins primaires.

Il adapte son alimentation aux proies disponibles. Lorsqu'il ne parvient pas à se nourrir de proies sauvages, telles que les ongulés, ses cibles dominantes, il est capable de jeûner pendant une semaine. Par facilité, il peut alors être conduit à s'en prendre au bétail domestique, ce qui hélas, est la source de nombreux conflits avec les hommes.

Dès le Moyen Âge, l'extermination, davantage motivée par le fait que l’animal s'attaque au gibier et au bétail que par la peur collective suscitée par le loup « mangeur d'homme », débute par l'organisation de grandes battues à l’initiative des seigneurs. Les loups étaient jadis très répandus dans tout l'hémisphère Nord, puis les effectifs ont été régulés et on peut même parler d'extermination dans la seconde moitié du XIXe siècle en Europe occidentale et en Amérique du Nord.

Depuis la signature de la convention de Berne en 1990, cet animal, qui peut vivre jusqu’à 14 ans, appartient à la catégorie des espèces protégées. Cependant, le conflit Homme-Loup continue de peser sur la survie de l’espèce. (source WWF France)

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Conflit Homme-Animal, apaiser les tensions pour partager un même habitat

La démographie humaine mondiale augmente. Pour satisfaire des besoins croissants en nourriture et en espace, l’humanité empiète chaque jour un peu plus sur les milieux naturels. Des hommes et des animaux vivant autrefois séparés sont désormais contraints de partager territoire et ressources dans un contexte de rivalité souvent intense.

Des espèces emblématiques sont impactées

Le conflit homme-animal touche l’ensemble des espèces (insectes, oiseaux, mammifères, etc.), mais certaines sont particulièrement emblématiques. Sur le territoire national, par exemple, l’ours, le loup, le lynx ou encore la loutre pâtissent d’une mauvaise cohabitation avec les activités humaines. Bien que prédatrices, ces espèces sont surtout le plus souvent victimes de croyances erronées, et leur présence vécue comme un frein à l’exploitation du milieu naturel et à l’expansion économique.

Nous avons perdu les réflexes ancestraux qui permettent de cohabiter sereinement avec les grands carnivores. Ainsi, bien que la prédation des loups sur le bétail soit faible en Europe – les moutons sont bien plus souvent victimes de chiens – les éleveurs sont prompts à accuser les loups et à les tuer en représailles. Les touristes, sportifs et autres promeneurs, quant à eux, s’inquiètent autant de rencontrer un loup que les chiens de protection, comme des patous, qui parfois mal éduqués attaquent les marcheurs passant à proximité des troupeaux.
(source WWF France)
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N'oublions jamais que l'homme est un animal comme les autres 
et qu'il n'a aucune raison valable de revendiquer une part plus importante des ressources et de l'espace sur notre planète


C'est en octobre dernier que j'ai choisi mon thème sur le loup pour les voeux de 2026 au moment où j'ai entendu parler du déclassement probable de leur statut d' «espèce strictement protégée». J'ai acheté alors un tissu en adéquation avec mon sujet.  Je vous montre ici un échantillon où l'on peut voir les différents loups dans un paysage de neige - je les ai découpés puis réassemblés pour les mailarter en 4 motifs différents.
Je les ai présentés sur des enveloppes bleu ciel où j'ai un peu patouillé avec du gesso blanc et du tulle brillant pour représenter un fond hivernal. Puis j'ai associé encore une fois le timbre "flocon de neige" à la scène pour plus de réalisme.

Je peux vous garantir qu'à ce moment-là, personne n'avait encore vu et ni entendu parler de cette fameuse pub sur le "loup mal aimé" lancé par une grande marque de distribution qui fait tant le buzz sur les réseaux actuellement. Elle ne risquait pas de m'influencer, je ne l'ai jamais vue et elle ne m'intéresse aucunement.

Comme dans toutes les séries que j'ai éditées, je ne me suis pas oubliée : voici donc l'enveloppe que je me suis adressée

PRECISION : toutes les photos présentes sur chaque article et sur le verso des enveloppes ont été relevées sur le réseau Instagram de Wolfempires et n'ont pas de nom d'auteur affiché (photos reprises sur des nombreux réseaux sociaux)

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