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| Dessin représentant Edmond Albius et les gousses de vanille qu'il a su obtenir à l'age de 12 ans, vu sur Pinterest sans nom d'auteur |
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à droite, des photos en libre accès sur le site Adobe Stock |
L'introduction de la vanille à Bourbon s'est faite en trois temps et à partir de trois lieux différents :
- Le 26 juin 1819 elle vient de Cayenne. Pierre Bernard Milius Gouverneur de l'île depuis le 13 septembre 1818 décide de diversifier l'agriculture de l'île. Il organise des expéditions dans toutes les parties du monde afin de ramener dans la Colonie des espèces nouvelles. A la tête d'une de ces expéditions se trouve un créole de Bourbon, le Commandant Pierre-Henri Philibert accompagné du Botaniste Perrotet. C'est de Cayenne qu'ils ramènent les premières boutures de vanille.
- Le 6 mai 1820 elle vient de Manille. Une deuxième expédition du Commandant Philibert quitte Bourbon à destination de la Nouvelle Hollande, le botaniste Perrotet fait à nouveau partie du voyage. Cette expédition fera un arrêt à Manille et le botaniste en profitera pour collecter de nombreuses boutures de vanille.
- Le 25 septembre 1822 elle vient du Muséum de Paris. M. Marchant ordonnateur de Bourbon, profitant d'un voyage en France, se rend au Muséum de Paris et se procure des boutures de vanille du Mexique. Depuis le siècle dernier on cultivait, au Muséum, cette variété dans des serres chauffées. M. Marchant et sa vanille voyagent sur un bateau commandé par un créole de Saint-André, David De Floris. Ils arrivent à Bourbon le 25 septembre 1822.
Histoire de la vanille à l'Ile BourbonEdmond Albius est né à Sainte-Suzanne le 9 août 1829. Sa mère est esclave chez la sœur de Féréol Bellier Beaumont ; il la perd à sa naissance. Le 8 décembre 1853 Méziaires Lepervanche décrit l'adolescence du jeune esclave et son initiation à la botanique : Mr Féréol Bellier Beaumont recueillit cet enfant, et s'y attacha comme s'il eût été son propre fils : il ne lui dit donner aucune instruction, mais sans cesse, dans la société de cet homme, instruit, Edmond se trouva éclairé comme par une sorte de reflet des connaissances de son maître, et ne tarda pas à s'associer à ses travaux d'horticulture, et apprit de son maître, versé dans la science des plantes, à reconnaître toutes les fleurs en leur appliquant leurs noms techniques, ce qui n'était pas sans originalité d'entendre sortir des lèvres d'un enfant noir des termes scientifiques, usités seulement chez les adeptes de la science de la botanique.A l'instar de son maître, Edmond s'était essayé souvent à opérer la caprification artificielle sur des fleurs qui, par une raison ou par une autre, ne peuvent se féconder naturellement.
En 1841, l'esclave Edmond âgé de douze ans trouva, avant les botanistes du Muséum d'histoire naturelle de Paris et les scientifiques locaux, une méthode simple pour féconder manuellement les fleurs de l'orchidée vanillier. Cette découverte permit l'exploitation commerciale de la vanille Bourbon. L'intelligent enfant avait su discerner dans la même fleur, les organes mâles et femelles et les mettre convenablement en relation, procédé simple et rapide consistant à appliquer l'anthère avec le pollen, organe mâle, sur le pistil, organe femelle. La découverte du jeune Edmond allait enrichir de nombreux planteurs, doter l'île d'une nouvelle industrie agricole et permettre le développement de la culture de la vanille à travers le monde.
* 1848 : Coïncidant avec l’abolition de l’esclavage, les premières exportations de vanille symboliques commencent : 50 kilos sont envoyés en France.
* 1858 : La Réunion passe à une production de trois tonnes en 1858.
* ~1860-1870 : La production explose et atteint puis à près de 15 tonnes annuelles.
* Début des années 1880 : L’île exporte 60 tonnes annuelles au début des années 1880.
* 1898 : L’apogée est atteint avec une production record de 200 tonnes.
L’Explosion de la Production de Vanille Bourbon (1848-1898)
De l’Île Bourbon à Madagascar : l’expansion mondiale d’un savoir-faire




















