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10 octobre 2025

Souvenons-nous de Noémie et de ses compagnes résistantes, pour Les RéCréations d'Haida et Cie

Je réponds ici à l'appel à mail-art lancé par une association de Burbure dans le Pas de Calais, dans le but de rendre hommage à Noémie Suchet-Delobelle, une femme résistante qui a donné sa vie pour notre liberté - et à laquelle, on vient seulement d'attribuer le médaille de la Résistance Française, 80 ans après sa mort .

Aujourd'hui où tout est esbrouffe, où il n'y a que le buzz qui vaille pour "exister", il est sûrement difficile pour certains d'imaginer que des personnes, souvent modestes, se soient engagées, sans condition et à bas bruit, pour que notre pays redevienne autonome et se libère du joug des nazis pendant la seconde guerre mondiale! Et parmi ces résistants, de très nombreuses femmes furent des maillons indispensables dans les réseaux, actives dans le renseignement et même le sabotage, mais leurs actions et leurs sacrifices restent encore méconnues ou minimisées plus de 80 ans après la fin de la guerre.  

 

L'histoire de Noémie Delobelle épouse Suchet, décorée à titre posthume de la médaille de la Résistance française

La commission nationale de la médaille de la Résistance française (CNMRF) présidée par le délégué national de l’Ordre de la Libération est parfois confrontée à des injustices en terme de reconnaissance officielle et mémorielle.

Depuis quelques années, l’attention du délégué national a été attirée sur le cas d’une jeune résistante du Pas-de-Calais, Noémie Delobelle épouse Suchet. Agent des FTP à Burbure (Pas-de-Calais), arrêtée par la Gestapo le 5 août 1942, emprisonnée successivement à la prison de Béthune, à la citadelle d’Arras puis à la prison de Loos-les-Lille, Noémie Suchet arrive au camp de concentration de Ravensbrück le 26 novembre 1943. De là, elle est transférée le 14 avril 1944 à Holleischen, un kommando du camp de Flossenbürg où les déportées travaillent à la fabrication d’obus de défense anti-aérienne.

Avec deux autres détenues, Hélène Lignier et Simone Michel-Lévy, Noémie Suchet poursuit ses actions de résistance au sein-même du kommando. Par leurs sabotages récurrents, elles réussissent à faire sauter la machine qui pressait la poudre dans les douilles, privant ainsi l’armée allemande de quelques milliers d’obus. Un rapport sur ce sabotage fut transmis à Berlin qui ordonna que les trois femmes subissent chacune 25 coups de bâton. Puis, le 11 avril 1945, les trois déportées furent transférées sur ordre de Berlin à Flossenbürg où elles furent pendues le 13 avril 1945, dix jours avant la libération du camp.

Simone Michel-Lévy fut décorée à titre posthume de la croix de la Libération (décret du 26 septembre 1945) et de la médaille de la Résistance française (décret du 31 mars 1947). Hélène Lignier, quant à elle, reçue aussi à titre posthume la médaille de la Résistance française par décret du 28 juillet 1955. Noémie Suchet ne reçut aucune de ces deux prestigieuses distinctions. Le 22 décembre 1947, la croix de guerre 1939-1945 avec étoile de vermeil lui est décernée à titre posthume. La mention « Mort pour la France » lui est attribuée le 19 mai 1950.

Sur une proposition de Vladimir Trouplin, directeur scientifique de l’Ordre de la Libération, le cas de Noémie Suchet est évoqué lors de la session du 22 septembre 2023 de la CNMRF. Il ressortait des éléments en notre possession que la non attribution par automaticité de la médaille de la Résistance était liée au fait que Noémie Suchet était titulaire du titre de déporté politique (obtenu le 16 juillet 1957) et non de déporté résistant comme l’exigent les textes législatifs en vigueur. Face à cette injustice, les membres de la commission ont accepté à l’unanimité que ce dossier soit soumis au président de la République. C’est ainsi que le secrétaire de la CNMRF, Fabrice Bourrée, a pris ce dossier en main et, grâce à l’aide de plusieurs chercheurs (Pierre-Emmanuel Dufayel, Jacques Pequeriau, Anne Savigneux) et diverses institutions (Arolsen Archives, SHD, fondation pour la mémoire de la Déportation, musée de la Résistance et de la Déportation de Besançon…) a pu considérablement enrichir ce dossier.
Grâce à l’appui de l’ONaCVG, partenaire essentiel de l’Ordre de la Libération, le titre de combattant volontaire de la Résistance a été accordé à titre posthume à Noémie Suchet en date du 3 avril 2024. Avec l’obtention de ce titre, Noémie Suchet devenait éligible à une proposition d’attribution de la médaille de la Résistance française. Avec l’accord de son fils Pierre, et de sa petite-fille Nathalie Wylleman-Suchet, le dossier a été communiqué pour instruction au ministère des Armées puis soumis à la CNMRF dans sa séance du 26 juin 2024. Un avis favorable a été émis à l’unanimité des membres de la commission. Suivant l’avis de la commission, le président de la République a décerné à titre posthume à Noémie Suchet la médaille de la Résistance par décret en date du 30 septembre 2024 (Bulletin officiel des décorations, médailles et récompenses du 9 décembre 2024).

Par cette attribution, Noémie Suchet a enfin et justement rejoint ses deux camarades de déportation, Simone Michel-Lévy et Hélène Lignier, au sein de la glorieuse cohorte des médaillés de la Résistance française.

Source : https://fr.linkedin.com/pulse/lhistoire-de-no%C3%A9mie-delobelle-%C3%A9pouse-suchet-d

4 juillet 2025

Appel à MA - Hommage à Noémie Delobelle-Suchet et à toutes les femmes résistantes - Les RéCréations d'Haida et Cie - DLE : 15/10/2025

Lors de notre voyage de retour vers Massy, Candy Ming, une artiste rencontrée à Rencurel m'a fait part d'un appel à mail-art lancé par une amie à elle, Lydia. Cette personne anime et préside l'association « Les RéCréations d'Haïda et compagnie » qui a pour vocation d'amener la culture et l'art en milieu rural dans le pas de Calais.

Compte tenu du sujet qui me tient particulièrement à coeur, en ces temps où bien trop de monde a tendance à oublier les héros et les héroïnes qui ont aussi permis à la  France de finalement se libérer du joug des nazis en 1945, je vous communique le texte de cet appel encore une fois libellé uniquement sur Facebook. 

Bonjour à tous,
L’association « Les RéCréations d’Haida et compagnie » à l’immense honneur de lancer un second appel à Mail Art cette année.
- Thème : « Hommage à Noémie Delobelle-Suchet et à toutes les femmes résistantes
- Technique libre
- Format libre (si vous le souhaitez, vous pouvez y joindre un texte).
- Date limite d'envoi des oeuvres  : 15 octobre 2025 
 - A envoyer à l’adresse de l’association :  
Les RéCréations d’Haida et compagnie 
74 c Rue d’Hurionville 
62151 Burbure.

Vos œuvres feront l’objet d’une exposition à la bibliothèque de Burbure le 11 novembre 2025.
Je vous espère nombreux. Bonnes créations. Amitiés. Lydia

Noémie Suchet-Delobelle (1920-1945)

État civil : 21.08.1920 à Burbure| 13.04.1945 à Flossenburg
Profession : néant
Organisation : néant
Pseudonyme : néant
Fonction : aide aux soldats alliés
Distinctions : néant

Noémie Delobelle est née le 21 août 1920 à Burbure (Pas-de-Calais). En décembre 1939 elle épouse Élie Suchet, un mineur d’Auchel, membre du parti communiste, qui ne tarde pas à s’engager dans la Résistance et à y entraîner son épouse.
Un couple dans la résistance

Élie mène un groupe qui en 1941 et 1942 se montre très actif sur le Lillérois. Noémie sert de guide aux combattants de l’ombre et les héberge si nécessaire. Elle a également caché les frères Dellerue, recherchés, et soigné des résistants malades ou blessés.
Arrêtée, déportée, exécutée

Dénoncée, l’arrestation de la Burburoise survient le 5 août 1942. Emprisonnée puis déportée le 26 novembre 1942, elle connaît les prisons de Bruxelles et d’Aix-la-Chapelle avant d’atteindre le camp de Ravensbrück le 26 novembre 1943. De là, elle est envoyée à Holleischen, un Kommando de femmes situé dans les Sudètes où l’on travaille pour l’usine de munitions Skoda (fabrication d’obus de défense anti-aérienne). Avec deux autres détenues, elle réussit à faire sauter la machine qui pressait la poudre dans les douilles. Cette action priva l’Allemagne de quelques milliers d’obus à un moment crucial, en septembre 1944. Violemment battues, le lendemain, elles retournent au travail. Mais, un soir d’avril 1945, alors que les Russes approchent, elles sont emmenées, au camp de Flossenburg où elles sont pendues le 13 avril 1945.