24 août 2026

La Palestine pleure le peintre Sliman Mansour, l'un des plus aimés et des plus influents de son histoire

Ce 24 août, tout le peuple palestinien perd avec le peintre Sliman Mansour l'un de ses plus fervent soutien. Il était le pionnier de l'art de la résistance palistinienne et  vient de s'éteindre à Jérusalem à l'age de 79 ans. 
Sliman Mansour ( photo Nadda Osman/MEE)
Ce nom ne doit pas vous être totalement inconnu car je vous avais déjà parlé de lui ici, lorsque j'ai beaucoup mailarté sur le sujet de Gaza et du génocide qui s'y perpétue toujours à bas bruit, en utilisant et mettant en avant plusieurs artistes palestiniens évoquant la tragédie vécue par ce peuple depuis 1948.

Nul doute que longtemps après son passage ici-bas, son oeuvre saura perpétrer son attachement viscéral à sa terre et son amour pour la beauté originelle de son pays, La Palestine : pour toujours elle restera dans les mémoires de tous ceux qui ont pu voir ses oeuvres dans des expositions internationales, malgré tous les vents contraires. 

Pour vous faire ressentir au mieux toute la générosité, l'engagement de cet artiste-là et son amour profondément enraciné pour ses origines et pour sa terre, je vous ai rassemblé, ci-dessous, plusieurs témoignages que cet homme a laissé auprès de ceux qui ont eu la chance de le rencontrer ou de le cotoyer. 
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Né en 1947 à Birzeit, en Palestine – une année avant la tragique Nakba – la vie de Suleiman Mansour a été inextricablement liée au récit continu de son pays natal. Plus qu’un simple artiste, il est un chroniqueur culturel, un conteur visuel profondément ancré dans le concept de “sumud” – terme arabe désignant la constance, la résilience, la capacité à persévérer malgré l'adversité. Ses peintures et sculptures ne sont pas de simples représentations de paysages ; ce sont des méditations profondes sur la survie, la mémoire et l’esprit indomptable du peuple palestinien.

Sa formation artistique précoce à l’Académie Bezalel d'Arts et de Design à Jérusalem l’a initialement orienté vers un style réaliste, une rébellion délibérée contre l’abstraction expressionniste dominante. Il cherchait à capturer les réalités tangibles de la vie quotidienne en Palestine – les visages de ses habitants, les textures de son environnement et les échos de son histoire. Cet engagement à représenter l'expérience authentique est devenu une caractéristique déterminante de son œuvre. Cependant, c’est sa participation aux troubles du Premier Intifada en 1987 qui a véritablement enflammé son objectif artistique. Témoin direct des luttes et de la résistance, il a souhaité utiliser l’art comme un outil de préservation culturelle et de commentaire politique.

En 1987, Mansour co-fonde le groupe influent “Nouvelles Visions”, aux côtés d’artistes tels que Vera Tamari, Tayseer Barakat et Nabil Anani. Ce groupe représente un changement radical dans l'art palestinien, s'éloignant des espaces galeries traditionnels et embrassant une position politique profonde. Reconnaissant les limitations imposées par l'occupation israélienne – en particulier la dépendance aux fournitures artistiques importées – ils ont conçu une stratégie brillante : créer leurs propres matériaux à partir de ressources trouvées au sein même de la Palestine. L’argile est devenue un élément central de leur travail, s’inspirant des souvenirs d’enfance de Mansour de son enfance, fabriquant des potiers et des fours avec cette substance humble mais polyvalente.

Ce choix délibéré de matériau était profondément symbolique. Les fissures et les imperfections inhérentes à l'argile reflétaient les failles de la société palestinienne, les cicatrices du déplacement et la fragilité de l’existence sous l'occupation. Cela représentait un rejet des influences extérieures et une affirmation de l'autosuffisance – une déclaration visuelle puissante contre les limitations imposées par le conflit. Comme Mansour lui-même l'a dit : « Après un certain temps, une fois que j'ai commencé à faire des figures, je me suis rendu compte que l’argile reflétait aussi le destin humain avec ses fissures, les gens attendant de disparaître, de tomber et de s’en aller. »

Paysages de Perte et de Mémoire
Les œuvres les plus emblématiques de Mansour représentent souvent des villages palestiniens détruits – Yibna, Yalo, Imwas et Bayt Dajan – représentés dans une série poignante et magnifique créée en 1988. Ces peintures ne sont pas des monuments célébratifs ; elles servent plutôt de mémoriaux émouvants à la communauté perdue et au déplacement infligé par le conflit. Les paysages austères, souvent dominés par une terre aride et des ruines délabrées, évoquent un sentiment de perte profonde et de résilience durable. Pourtant, au milieu de ces scènes de destruction, il y a aussi une force indéniable – un témoignage de ceux qui restent et de leur détermination à préserver leur héritage.
Au-delà de ces œuvres monumentales, les peintures de Mansour représentent souvent des femmes vêtues de vêtements traditionnels palestiniens, capturant la dignité et la résilience de la féminité palestinienne. Il maîtrise également le paysage levant – oliviers, pentes en terrasses, arbres anciens – créant une tapisserie visuelle qui célèbre la beauté et l'attachement durable à la terre. Son œuvre est profondément informée par son héritage culturel et reflète les complexités de la vie en Palestine.

Héritage et Reconnaissance
L’impact de Suleiman Mansour s’étend bien au-delà de la toile. Il a été un éducateur dévoué, enseignant dans de nombreuses institutions, notamment l'Université Al-Quds, façonnant ainsi les générations d'artistes palestiniens. Il a également occupé le poste de chef du Ligue des Artistes Palestins de 1986 à 1990 et a joué un rôle essentiel dans la création d’une infrastructure pour les arts au sein de la Palestine. Ses contributions ont été reconnues internationalement, avec des expositions organisées dans des lieux prestigieux tels que le Musée d'Art d'Israël.
Son œuvre a été largement documentée, notamment en co-écrivant “Both Sides of Peace: Israeli and Palestinian Political Poster Art”, mettant en valeur son engagement envers la discussion politique à travers l’art. Mansour reste un artiste actif aujourd’hui, explorant continuellement les thèmes de “sumud” et d'identité culturelle.
Source : ArtDots

Le tableau Jamal Al Mahamel de Sliman Mansour -2005- appelé aussi le "chameau de fardeau"
est considéré comme l'oeuvre d'art la plus célèbre d'un artiste du Moyen-Orien. Il représente un homme portant sur son dos le fardeau de sa nostalgie ainsi que le poids de toute la cause palestinienne
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Né en 1947 et élevé dans les collines verdoyantes de Birzeit, l'une des rares villes chrétiennes palestiniennes restantes, située au centre de la Cisjordanie, puis ayant vécu à Bethléem et à Jérusalem, l'œuvre d'art de Sliman, d'une beauté expressive et émouvante, incarne la constance, reflétant les espoirs et les réalités d'une culture face à une occupation militaire implacable.

Sliman Mansour a expérimenté la boue dans sa peinture (MEE/Nadda Osman)
Depuis le début des années 1970, Sliman traduit ses expériences d'isolement, de déracinement, de communauté et d'enracinement à travers l'imagerie, les symboles et les matériaux naturels dans son œuvre. Ce qui avait commencé comme un boycott des fournitures artistiques israéliennes durant la première Intifada (1987-1993) est rapidement devenu une expression riche et profonde de la culture palestinienne. Les matériaux naturels locaux, tels que le café, le henné, le foin et la boue, sont devenus ses outils de prédilection.
à gauche : Absent Présent I  -2018- / Absent présent II -2019-
L'utilisation de terres palestiniennes réelles pour créer des œuvres d'art lui a permis de capturer l'essence de l'enracinement palestinien, juxtaposée à la fragmentation du paysage politique et géographique – qui se reflète dans les fissures qui apparaissent dans la boue en séchant.

Comme le souligne Sliman : « J’ai été façonné par le paysage palestinien. La terre joue un rôle important dans mon art et dans ma nature humaine." Je me suis dit : “Plutôt que de dessiner la terre, je dessinerai avec la terre.” Lors des expositions, les gens “respiraient” mes œuvres ; ils ressentaient l’héritage palestinien par le toucher, par l’odorat, par tous leurs sens. »

Source : extrait d'une interview Embrace
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Les peintures de Mansour documentent et décrivent l’occupation de la Palestine (Nadda Osman/MEE)

Le symbole comme résistance
Outre l’olivier, le travail de Mansour présente un certain nombre d’autres symboles associés à la lutte palestinienne, tels que l’orange de Jaffa, les thobes brodés dans le style traditionnel tatreez, la colombe et le foulard keffieh.

« Quand je peins des orangers, je peins des terres qui étaient occupées en 1948, et quand je peins des oliviers, je peins des terres qui étaient occupées en 1967 », dit-il en faisant référence à la Nakba, ainsi qu’à la conquête israélienne ultérieure de la Cisjordanie, de Jérusalem-Est et de Gaza.


à gauche: Orange Grove -1984- / à droite : olive picking - 1988-
Un autre symbole plus récent, selon Mansour, est le cactus, qui, selon lui, est maintenant associé à la résistance et à la lutte palestiniennes. « Si vous vouliez savoir s’il y avait autrefois un village, vous cherchez les cactus. Ils ne meurent pas facilement », dit-il.

La conservation d’un réseau de symboles, qui renforce l’identité palestinienne et contribue sans doute à la maintenir en vie, a hérissé le poil en Israël. 

Mansour dit que son travail est scruté depuis des décennies. « En 1979, quand on a commencé à faire des expositions, les Israéliens venaient confisquer des tableaux qu’ils n’aimaient pas », dit-il, ajoutant : « Je regardais ce qu’ils prenaient, et c’était des bêtises, comme une paysanne portant de belles broderies et travaillant dans les champs. » La justification présentée par les Israéliens à Mansour et à d’autres artistes était que les images constituaient une «incitation». Pour les artistes eux-mêmes, l’idée d’une femme palestinienne s’occupant de sa terre sape directement le mythe fondateur d’Israël des pionniers sionistes transformant le désert en terres agricoles.

Mansour dit également que des responsables israéliens ont visité ses expositions dans le passé et les ont fermées, emportant avec eux les clés de la galerie abritant son travail. «Ils nous rencontraient et discutaient de l’art que nous devrions faire, nous disant de peindre de belles fleurs ou de belles femmes au lieu d’art politique. » Si leur intention était d’étouffer l’activisme palestinien par l’art, l’objectif s’est complètement retourné contre eux.

«Tout ce qui a mis Israël en colère est devenu plus tard un symbole », explique Mansour, décrivant comment la réaction d’Israël a forcé les artistes à adopter des symboles plus subtils de l’identité palestinienne. Par exemple la pastèque, qui est maintenant associée à la Palestine car elle partage les couleurs du drapeau palestinien.

L’artiste palestinien
Au fil des décennies, Mansour a rassemblé autour de lui des disciples dévoués et son travail a acquis une reconnaissance internationale.

Il a reçu le prix Unesco-Sharjah pour la culture arabe 2019 ; il a également reçu le grand prix de la Biennale du Caire en 1998 et le Prix Palestine des arts visuels en 1998.
Memory of Places, 2009. 
Aujourd’hui, Mansour consacre son temps au mentorat de jeunes artistes et étudiants, leur offrant la possibilité de développer leurs capacités créatives et de bénéficier de l’expérience de sa vie.

En tant qu’artiste, Mansour dit qu’il préfère éviter la politique. Mais en tant que Palestinien, l’art est une porte de sortie ; une façon d’apaiser une conscience qui ne lui permet pas de détourner le regard de la réalité de l’occupation. « Je crois fermement en l’importance d’embrasser votre métier et d’embrasser votre lien avec votre peuple, sa culture et sa quête de liberté », affirme Mansour. « Il est crucial que mes élèves saisissent le sentiment d’appartenance et qu’ils ne perdent jamais espoir. »
à gauche : perseverance and hope -1976-  / à droite : hope -1985-

« Si mon art peut convaincre mon peuple, alors il a le pouvoir d’influencer n’importe qui d’autre dans le monde », explique-t-il. «Je pense avoir apporté une contribution significative à l’art palestinien, non seulement par mes propres créations mais aussi en aidant à la création de la Ligue des artistes palestiniens. Je peux dire que j’ai la conscience tranquille. »

Lorsqu’on lui demande ce qu’il peindrait s’il n’y avait pas d’occupation, Mansour répond : « Je peindrais des fleurs et des femmes captivantes.»

Source : extrait d'un article  original en anglais sur Middle East Eye / Traduction MR 

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Ce n'est pas un artiste qui me captive par sa technique picturale, mais il me séduit par son talent à susciter l'émotion, sa subtilité et, surtout, sa capacité à insuffler l'espoir. On pourrait s'attendre à ce qu'un artiste, un peintre, plongé dans une guerre sans fin, voyant son peuple opprimé pendant des années, voyant d'autres détruire non seulement des vies mais aussi les maigres moyens de subsistance dont il dispose, et qui souhaite traduire cette souffrance sur la toile, le fasse avec des tableaux empreints d'horreur, de larmes et de sang – bref, qu'il crée des œuvres déchirantes dénonçant la douleur de son peuple.
à gauche : maternity (2023) / à droite : a wild flower from Galilée

On pourrait s'y attendre. Pourtant, ce n'est pas le cas de Sliman Mansour . Mansour est sans conteste le peintre palestinien le plus renommé sur la scène internationale ; il utilise l'innocence, la douceur, mais surtout la tendresse et l'espoir pour dénoncer l'horreur d'un massacre.Comment cela se fait-il ? Regardez l'une de ses œuvres. Elle s'intitule « Du fleuve à la mer ».
Du fleuve à la mer -2021
La maigre économie palestinienne repose sur la culture des oliviers et de quelques agrumes, comme les oranges, qu'ils récoltent à peine, vendant à un prix dérisoire pour survivre. Dans le tableau, une Palestinienne protège avec tendresse un arbre double, mi-olivier, mi-oranger, unique témoin de la vie dans un environnement où seules les pierres prospèrent.

De nombreux champs palestiniens sont rasés, privant ainsi leurs habitants de leur unique moyen de subsistance, afin que ces terres puissent être occupées par des colons israéliens, comme ce fut le cas en octobre dans un village près de Naplouse où 900 oliviers et autres arbres fruitiers ont été abattus. Pourtant, l'œuvre de Mansour ne manifeste ni colère ni violence, seulement tristesse et lamentation.

Ce type de violence injustifiable avait déjà été dénoncé par Sliman Mansour dans des œuvres bien antérieures.
(je n'ai pas réussi à  retrouver le nom de cette oeuvre de Sliman Mansour)
Mansour fut l'un des pionniers de l'utilisation de la pastèque comme symbole du peuple palestinien. Israël a perquisitionné à plusieurs reprises ses expositions et sa petite galerie d'art à Ramallah, confisquant ses œuvres en raison de leur contenu symbolique et de l'utilisation du vert, du blanc, du noir et du rouge – les couleurs du drapeau palestinien, que l'on retrouve également dans la pastèque, d'où sa signification symbolique.
Aides des Nations Unies - 
Dans son œuvre « Aide des Nations Unies », il établit un parallèle saisissant entre la fuite d'une mère palestinienne, attendant anxieusement une aide inconnue au bord d'une route, ne possédant qu'un morceau de pain provenant de l'aide internationale, et l'image de Marie fuyant en Égypte avec Jésus dans les bras et l'âne en arrière-plan.

L'influence de son œuvre a atteint un niveau international, figurant dans des expositions du monde entier, un outil grâce auquel Sliman est convaincu qu'il peut contribuer à instaurer la coexistence. 

"Je suis certain qu'à terme, nous verrons émerger un État où chacun vivra dans l'égalité des droits. Je crois que c'est là l'objectif premier de tout être humain sensé, qu'il soit israélien ou palestinien. C'est la seule façon de vivre en paix sur cette terre". Comme le montre son œuvre « La récolte des oranges ».

J'espère qu'un jour ses paroles se réaliseront.
Extrait de l'article de Jose Ramon Bosque  : https://lagarcetadelaribera.org/sliman-mansour/

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Merci à Sliman Mansour, incomparable artiste dont le travail fut l'essence de l'immortalité, la mémoire culturelle d'un peuple incassable dans l'art d'un homme extraordinaire. 
Qu'il repose en paix!

Courage et pensées  à tous les Palestiniens de Gaza, de Cisjordanie, de Jérusalem et à tous les exilés qui perdent aujourd'hui un très grand ambassadeur de la Palestine!

21 août 2026

Icône de la chanson jurassienne, le barde Vincent Vallat s'en est allé : bon voyage l'artiste!

Le Jura Suisse pleure son emblématique chanteur Vincent Vallat, connu dans le monde francophone. L’artiste est décédé à l’âge de 62 ans, ce vendredi 21 août. 
Vincent Vallat, ici au Festival de la Liberté à Moutier en juin de l'an dernier, s'en est allé à l'âge de 62 ans
. (Photo : archives Damien Carnal).

Amoureux des gens et de la vie, dans sa vie d'artiste Vincent a toujours beaucoup aimé animer les bals populaires et les soirées des samedis, car depuis au moins 30 ans les gens lui réclament toujours des reprises de succès de la chanson française ou des chansons du folklore pour les faire danser. Lui ne se lasse pas de leur faire plaisir, même si il avait d'autres cordes à son arc.

En effet, c'est aussi un auteur compositeur interprète, qui a sorti six albums personnels, où il a écrit de nombreux textes sensibles et beaux. À travers ses chansons, Vincent Vallat partage des récits poignants et des émotions sincères, alliant poésie et mélodies envoûtantes. Influencé par la chanson française et la musique folk, il crée un univers musical où chaque note raconte une histoire, chaque parole une vérité. 

Le monde du show-business ne lui a jamais vraiment convenu. Il a bien fait de suivre sa ligne de conduite, de vrai chanteur populaire.

Le barde qui chantait le terroir jurassien et québécois
vidéo publiée par la RTS dans l'émission Passes-moi les Jumelles

Vincent Vallat est un enfant des Franches-Montagnes. Bercé par la musique depuis toujours, il est devenu chanteur populaire. A Saignelégier, celui que l'on surnomme parfois le « barde des Franches » est un personnage très apprécié des habitants. En plus d'animer des bals, des fêtes locales et le traditionnel Marché-Concours, Vincent écrit des chansons qui racontent sa terre jurassienne ainsi que sa terre d'adoption, le Québec.

Merci l'Artiste pour toute la joie que tu as su donner, avec ta voix, tes mots et ta musique, et surtout ta très belle âme. Repose en paix!

Le bon sens paysan est-il en train de disparaître ?

A l'heure où une sécheresse historique sévit dans notre pays, le manque d'eau, les inondations, les incendies, les crises sanitaires mettent à mal nombre d'exploitations agricoles ou maraichères, sans parler des lois européennes aberrantes qui leur sont imposées, il me semble important que chacun de nous soit bien conscient de l'importance du rôle des paysans et de la nécessité de les encourager à perservérer dans ce noble métier pour ceux qui restent et pour les nouveaux qui se lancent dans cette folle entreprise.  

Je parle ici des vrais paysans travaillant sur une exploitation à taille humaine, souvent familiale (pas des fermes usines), ceux qui nous ont toujours nourri en faisant des journées interminables sept jours sur sept, en ayant peu ou prou de rémunération, en ne prenant pas de vacances, ...ceux grâce auxquels nous pouvons (encore un peu) bénéficier de paysages variés superbes grâce aux champs qu'ils cultivent, aux bois qu'ils entretiennent, aux animaux conduits en paturage ou grâce au pastoralisme dans les paysages plus escarpés...paysages qui ont amené tant de touristes à visiter la France.

Indispensables à notre qualité de vie tant sur le plan alimentaire que culturel, ils se transmettaient de générations en générations l'amour de la terre...mais, cela c'était jusqu'aux années 1950, c'était avant qu'on les fasse entrer dans un cycle infernal d'endettement chronique, des rendements à tenir pour ne pas travailler à perte, des normes à respecter toujours plus nombreuses, de tracasseries administratives infinies, le tout induisant une telle souffrance psychologiques que cela conduit à de très nombreux suicides (1 à 2 par jour selon les sources). Par ce lien vous verrez comment tout cela a été programmé car tout a été  fait pour leur éradication.

J'ai envie de leur rendre un vibrant hommage ici : toutes les fois que nous le pouvons, privilégions l'achat de proximité, auprès de petits producteurs bio ou en culture raisonnée, les épiceries collectives tenues par des producteurs locaux, les achats à la ferme lorsque cela existe. 

Bien sûr, c'est un peu plus cher mais au moins, nous savons ce que nous allons manger, nous avons la fraicheur des produits, un lien se tisse entre le producteur et son client, et avec ce type d'achat, nous n'engraissons pas les actionnaires de l'agro-industrie ou ceux de la grande distribution. Après un été comme cela que nous sommes en train de vivre, il va bien falloir consentir à changer nos habitudes et à encourager tous ceux qui se préoccupent encore du vivant! 

J'ai trouvé sur internet une chanson qui met en valeur le bon sens paysan ; entendue comme fond sonore d'une vidéo sur internet je vous la livre ici. 

Chanson le bon sens paysan trouvée sur internet - Collectif Les veilleurs du terroir

On n'apprend pas la terre dans les livres
Ni les saisons derrière un écran
La pluie se lit dans le ciel qui change
Et le temps se compte autrement
C'est pas la mode qui fait la moisson
Ni les slogans qui nourrissent les gens
Avant les lois, avant les leçons
Il y avait le bon sens paysan

C′est pas dans les bureaux qu'on apprend la saison
Ni dans les discours qu'on nourrit la nation
Avant les leçons, les statistiques, les plans
Il y a le bon sens paysan

Il sait attendre, il sait prévoir
Il sait tenir quand tout vacille
Il a la terre dans la mémoire
Et l'avenir dans sa famille

La terre répond quand on la comprend
Elle parle aux calmes, jamais aux gens pressés qu'elle freine
Ils connaissent le gel, la pluie, le temps long
Les silences lourds et les matins sans nom
Et quand tout casse ou quand tout chancelle
Ils tiennent debout, fidèles et réels

C'est pas dans les bureaux qu'on apprend la saison
Ni dans les discours qu'on nourrit la nation
Avant les leçons, les statistiques, les plans
Il ya le bon sens paysan

Ils ne promettent pas ce qu'ils ne peuvent tenir
Les paysans sèment en sachant qu'il faudra souffrir
Chaque récolte est un pari discret
Un acte de foi sans jamais tricher
Car travailler la terre et croire
C'est souvent marcher dans la même histoire
Entre le ciel et les sillons
Se tient le cœur des traditions

C'est pas dans les bureaux qu'on apprend la saison
Ni dans les discours qu'on nourrit la nation
Avant les leçons, les statistiques, les plans
Il ya le bon sens paysan

Ils ont défriché avant nous
Pris la forêt à bras-le-corps
Sous la bure, dans le silence
Les moines paysans ont fait naître champs et ports
Des abbayes sont nés les bourgs
Des cloches ont toujours sonné dans les villages
Prière et travail, nuit et jour
Ont façonné nos paysages

C′est pas dans les bureaux qu'on apprend la saison
Ni dans les discours qu'on nourrit la nation
Avant les leçons, les statistiques, les plans
Il ya le bon sens paysan

Dans l'abbaye de Féniers
Ils vivaient simples et droits
Moines et paysans à la fois
Gardiens des terres et de la foi
Ils cultivaient du blé et du silence
Dans la rigueur et la patience
Et protégeaient les gens d'ici
Des routes sombres et des nuits
Où rodaient les bandits de grand chemin et durs seigneurs

Face au château de Lugarde
De l'abbaye se dressaient les murs, sécurisants et sûrs
Les moines cultivaient
Veillaient et priaient pour apporter la paix, sans détour
Par le travail et par l'amour
Et dans leurs gestes, encore présents
Se retrouve le bon sens paysan

Ils n'ont pas bâti pour demain matin
Mais pour des siècles, lentement

C'est pas dans les bureaux qu'on apprend la saison
Ni dans les discours qu'on nourrit la nation
Avant les leçons, les statistiques, les plans
Il y a le bon sens paysan

Il sait d'où l'on vient, où l'on va
Ce qu'on transmet, ce qu'on garde en main
Entre la terre, la foi, le repas
Il tient le monde à hauteur d'homme

Aujourd'hui on les traite d'archaïques
Parce qu'ils refusent le hors-sol
Mais quand tout craque et tout se dérègle
C'est vers eux qu'on se retourne encore

Ils savent que rien ne pousse sans peine
Que tout se paie tôt ou tard
Que la liberté n'est pas un slogan
Mais un travail de chaque regard

C'est pas dans les bureaux qu'on apprend la saison
Ni dans les discours qu'on nourrit la nation
Avant les grands mots et les faux sermons
Il y a le bon sens paysan

Pas de pays sans paysans
Pas d'avenir sans transmission
Sans racines, rien ne tient vraiment
Et eux respectent la civilisation
Le bon sens paysan

Le temps long
La terre

Auteur : Pierre Bredeau

18 août 2026

Et si on vivait de poésie?

Dans ce monde d'une noirceur sans précédent, où les nouvelles les plus anxiogènes qui soient nous sont diffusées en permanence,  tentons de revenir à l'essentiel... la beauté de la vie. 
Même pour un simple papillon, tout le ciel est nécessaire - Photo Pixabay


Et si on vivait de poésie ?


Tu vois, moi, je ne suis pas doué pour grand-chose. Je ne sais pas faire fortune. Je ne sais pas toujours comment aborder les gens, et encore moins comment les retenir. Mais il y a des choses que je sais. Je sais écouter le vent dans les branches. Je sais reconnaître la chanson d’un merle moqueur. Je sais la couleur du ciel et ses humeurs.

 

Et ça, personne ne peut me le prendre. Les autres courent après l’argent. Moi, je cours après l’instant.

Vivre de poésie, ce n’est pas compliqué. C’est même ce qu’il y a de plus simple. C’est laisser la chanson finir avant de penser à la suivante. C’est  s’attarder sur l’ombre dansante d’un palmier. C’est toucher la place tiède dans le lit, juste après que l’autre s’est levé.


La poésie, c’est trouver que la pluie a du rythme, que le vent a du vocabulaire, que le silence a des choses à dire pour qui prend le temps de se taire.
La poésie, c’est ramasser une feuille morte et la trouver encore vivante. C’est rentrer par le chemin le plus long pour passer sous les platanes. C’est acheter un livre dont on ne connaît pas l’auteur, pour un titre qui nous console. C’est sourire à la lueur d’un coquelicot, d’un tournesol.


Les poètes voient ce que les autres survolent, entendent ce que les autres enterrent. Ils ont ce don précieux de rendre le monde habitable en lui rendant sa beauté véritable.

 

Et le beau, mon ami, c’est de la résistance. Dans un siècle qui a fait du cynisme une élégance et du désenchantement un loisir, choisir la poésie, c’est désobéir.


C’est garder, au fond de soi, cette petite voix qui murmure : il y a encore des choses qui valent la peine. Les mésanges qui picorent sur les rebords des fenêtres valent la peine. Les mains qui se cherchent sous la table valent la peine. Les soirs qui dorent les vitres des bus valent la peine.
Tout vaut la peine, pour qui sait voir.

 

Alors Ecris. Danse. Dessine.

Regarde. Écoute. Caresse. Cueille

Console. Invente…

Invente-toi des raisons.

Invente-toi des saisons.

Invente-toi des chansons.

 

La vie a une histoire

Et ce qui l’écrit, c’est la poésie

Regarde les statues, regarde les palais

Regarde les livres sur les étagères, tout ce qui reste de nous,  tout ce qui traverse les siècles, tout ce qui résiste à l’oubli… c’est toujours de la poésie – en pierre, en bronze, en musique, en papier .

Mais  toujours toujours de la poésie

 

Alors demain matin, quand tu ouvriras les yeux, regarde comme si tu voyais pour la première fois.

Une couleur, un nuage, un arbre, un visage…

Et tu verras,

Oui tu verras

Comment le monde te répondra.

 

 

Valentin AUWERCX  Poète contemporain

texte extrait du recueil « trop vivants »

17 août 2026

Un portrait au crayon et des nouvelles d'Éric, de retour d'Ars en Ré

Mon ami Éric vient de retrouver sa maison de Russan après un séjour dans son Ile de Ré, où il a dû se rendre pour une bien triste raison ; en effet, nous avons tous appris sur son blog la disparition de son papa, survenue le dernier dimanche de juillet.  

La perte d'un parent ce n'est pas rien ; après une telle épreuve  il faut du courage pour retrouver le fil de la vie normale ; je ne m'attendais pas déjà à un mail-art de sa part, mais c'était mal le connaître. C'est vrai que créer pour lui est un véritable viatique et dans ces moments-là, pour surmonter la tristesse, il faut se raccrocher à tout ce qui  permet de retrouver une routine. Et le mail-art est une passion pour lui. 



Merci Éric, cette enveloppe et ton petit mot au dos de cette carte du Phare des Baleines d'Ars en Ré m'ont beaucoup touchée.

12 août 2026

Fleurs : appel à mail-art destiné aux personnes marquées par la guerre, hospitalisées à Lviv en Ukraine / DLE : 25-10-2026

Chers amis, vous savez que je recherche régulièrement les appels à mail-art nouveaux que je vous mets à disposition sur ce blog, dans la colonne de droite.

Aujourd'hui j'en ai découvert un particulièrement touchant (sur une page facebook en libre accès) et je vous le propose, car là, plus qu'ailleurs encore, l'art postal permettra de faire du bien aux personnes hospitalisées auxquelles il sera distribué, au sein d'une structure médicale accueillant des personnes totalement marquées par les atrocités de la guerre.

"Art du collage"

Chers amis du mail art !

J'organise actuellement une exposition d'art postal afin de soutenir les personnes hospitalisées en psychiatrie dans le service n° 2 de l'hôpital de Lviv, en Ukraine. Ces personnes, marquées par les horreurs de la guerre, cherchent aujourd'hui à se réhabiliter et à se reconstruire.

Pour leur apporter un peu de joie et les aider à reprendre une vie normale, j'ai proposé d'organiser une exposition d'art postal sur le thème des « Fleurs » à l'hôpital.

Date limite : 25 octobre 2026

Techniques : collage, tampons encreurs, dessin, peinture ou autres supports. Les œuvres faites main sont particulièrement appréciées, car je souhaite impliquer les patients dans des activités artistiques thérapeutiques et les encourager à créer leurs propres œuvres.

Format : toutes tailles, ou A6, A5, A4.

Ma réponse à tous les participants.

Veuillez envoyer vos travaux à :
"Fleurs"
Dispensaire psychoneurologique n° 2
A/C 9875
79038 Lviv
Ukraine

Je compte sur vous pour relayer cet appel et pour y participer si le coeur vous en dit. Merci pour eux.

Par expérience, je sais qu'il faut prévoir un certain temps pour l'acheminement du courrier vers l'Ukraine (entre trois semaines et un mois) si vous voulez que vos envois leur parviennent à temps. 

toutes les photos de fleurs bleues et jaunes publiées ici sont extraites du site Tuyaux de Jardin, qui avait fait un article spéciale au moment du printemps 2022 lors de l'invasion des Russes en Ukraine.

11 août 2026

Attention aux voleurs d'eau : déjà en 1989, Henri Salvador nous alertait

L'eau c'est la vie et c'est un bien commun. 
Pourtant certains se l'approprient à nos dépends : 

Les sources et les nappes phréatiques sont mises à mal par les sociétés d'embouteillages de l'eau, même si cela lèse grandement les producteurs locaux (agriculteurs, éleveurs, maraichers),

 Certains villages depuis plusieurs années n'ont plus d'eau potable au robinet, tant elle a été viciée par des polluants éternels et autres résidus de pesticides

L'agro-industrie et tous les lobbyes de l'agro-chimie font voter des lois au mépris de toute démocratie pour en détourner un maximum en demandant l'extension des méga-bassines, afin de continuer à cultiver des céréales gourmandes en eau. 

Pourtant jamais la sécheresse n'a fait autant de dégâts partout, les paturages même en altitude sont devenus paillassons, et les éleveurs ayant déjà commencé à utiliser le stock de fourrage prévu pour la mauvaise saison, se demandent ce qu'ils pourront donner à manger aux bêtes cet hiver. 

La multiplicité et la propagation de méga-feux qui détruisent nos paysages et nos habitations n'a jamais été si importante sur le territoire français où cela brûle partout : et nous savons tous combien il est important d'avoir beaucoup d'eau à disposition pour les pompiers et tous les sauveteurs bénévoles. 

INDISPENSABLE A LA VIE, L'EAU EST UNE RESSOURCE ESSENTIELLE QUI SE RAREFIE.  

La consommation domestique de l'eau représente 10 à 15% de la ressource disponible. Alors à chacun de nous d'adopter de bonnes habitudes, des gestes de préservation pour ne surtout pas la gaspiller

Continuons sur le terrain à exercer une vigilance active pour alerter les autorités compétentes à chaque fois qu'un détournement ou un prélèvement illégal par les industriels est constaté. 
A ce stade, ce n'est pas de la délation, c'est de la résistance!

***
Même s'il n'est pas réputé pour sa  sensibilité à l'écologie, dans cette chanson  Henri Salvador chantait déjà en 1989 tout ce qui touchait au détournement de l'eau pour en faire du profit. 
Henri Salvador - Les voleurs d'eau (Audio officiel) - 1989
vidéo publiée sur le site Youtube de 100% Chansons françaises

VOLEURS D’EAU 

Ils détournent la rivière, là haut, là haut
Ils se moquent de nos misères, là haut, là haut
Si la soif nous affaiblit
Et si nos sources sont taries
Tous nos troupeaux
Vont périr l'un après l'autre, là haut, là haut
Il faut sortir nos fusils, là haut, là haut
Il faut lutter pour nos vies
Mais d'abord il nous faut parler
A ces gringos
Tantôt
Nos terres sont les plus fertiles
C'est l'eau, c'est l'eau
Et nous vivions si tranquilles
De nos travaux
Quand nous montions dans nos barques
Lorsque nous pêchions dans le lac
Heureux, heureux
Ils veulent construire un barrage
Là haut, là haut
C'est la vallée qu'ils saccagent
Là haut, là haut
Ils inonderont nos villages
Et nous mettrons dans des cages
Là haut comme des corbeaux
Nous devons les empêcher
Là haut, là haut
De détruire nos foyers
Si beaux, si beaux
Tous les hommes vont s'armer
Toutes les femmes vont les aider
Il faut de l'eau
Il faut de l'eau

Il faut de l'eau
De l'eau
Ils nous montrent des contrats
C'est tout, c'est tout
Qui leur donnent tous les droits
Sur nous, sur nous
Ils veulent nous rayer du temps
Et puis du monde des vivants
Pour de l'argent, l'argent
Que ferions-nous dans leur ville
Tombeau, tombeau
Comme des tigres qu'on exile
Au zoo, au zoo
C'est pourquoi jusqu'au dernier
Nous lutterons pour exister
Pour l'eau, pour l'eau, pour l'eau, pour l'eau...
De l'eau, de l'eau, de l'eau...

Source : LyricFind - Paroliers : Bernard Michel / Henri Salvador -Paroles de Les Voleurs d’eau © Allo Music Editions

Logo et actions du Collectif Eau Voleurs

Nouveau stampoem de Rémy, dédié à l'été

Même au plus fort de la chaleur caniculaire qui nous submerge, inlassablement, Rémy est toujours aussi actif : je vous présente son tout dernier "stampoem", qu'il dédie à ce qui était encore il y a peu la belle saison.
 

Il nous souhaite un bel été en n'oubliant pas d'être heureux avec un timbre coquin de son cru. 

Merci beaucoup Rémy, pour ta constance et pour tes mailarts si originaux. Je te souhaite aussi de passer le meilleur été possible, en Haute-Vienne. Prends bien soin de toi. 

9 août 2026

L'art postal au jardin : L'exposition 2026 du MIAP de Christophe, à l'honneur dans le Dauphiné Libéré

A l'occasion d'une série d'été sur les petits musées de la région, le Dauphiné Libéré met aujourd'hui en lumière l'art postal : la journaliste met l'accent sur cette belle activité qu'est le mail-art en parlant chaleureusement de la nouvelle exposition du Musée International de l'Art Postal (le MIAP) de notre ami et correspondant Christophe Blaise, à Rencurel (Isère).

Pour la saison 2026, son dernier appel à mail-art sur le thème "Quoi ma gueule ?"  lui a permis de recevoir quelques 300 pièces timbrées et postées, qu'il a exposées dans son MIAP, musée petit par la taille car installé  dans une cabane de jardin mais tellement remarquable par la créativité et l'inventivité des auteurs de ces courriers originaux.

Christophe Blaise devant la galerie de portraits de sa dernière exposition, sur le thème “Quoi ma gueule ?”.  Quelque 300 portraits réalisés par des artistes amateurs et professionnels du monde entier sont présentés cette année au Musée international de l’art postal./ Photos B.D. / Le Dauphiné Libéré

article de Bénédicte Dufour, dans le Dauphiné Libéré du 9 août 2026 

Si vous passez par le Vercors cet été, n'hésitez pas à faire un petit détour par Rencurel pour visiter cet  incroyable petit musée et découvrir l'art postal et toutes les fantaisies qu'il permet.
Ouvert à la belle saison, de début mai à fin septembre (sauf quelques jours en aout), 
 le MIAP se visite sur RV - l'entrée est gratuite 
adresse :  192 chemin de la Lauze à RENCUREL
Tél : 06.77.25.99.05
email : basile.tof@gmail.com

6 août 2026

On l'appelait Le Maestro : adieu Francesco Guccini, chanteur de l'amitié et des gens simples!

Francesco Guccini - photographie de La Presse

Tout le peuple italien en deuil rend hommage à Francesco Guccini, l'un des plus grands auteurs-compositeurs-interprètes de la Péninsule. Ses chansons, d'une grande portée artistique, existentielle, politique et sociale, ont marqué l'histoire de la chanson italienne. L'artiste s'est éteint à son domicile de Pavana, à l'age de 83 ans. "Guccio" comme il était aussi surnommé, était très populaire et très aimé, beaucoup par les provinciaux et les petites gens :  aujourd'hui beaucoup ont le sentiment d'avoir perdu un ami véritable. 

Je vous mets un lien vers son site internet officiel où  sa biographie est détaillée, lui l'enfant de Modène né le 14 juin 1940 soit quatre jours après l'entrée en guerre de l'Italie fasciste. 

Au cours des cinq décennies de sa carrière musicale, il a enregistré 16 albums et collections en studio et 6 albums live. Il est aussi écrivain, ayant publié des romans autobiographiques et des romans noirs, ainsi que comique. Francesco Guccini a également travaillé comme acteur, compositeur de bandes sonores, lexicographe et dialectologue.
Ses textes ont été loués pour leur valeur poétique et littéraire et ont été utilisés dans les écoles de poésie moderne. Guccini a gagné l'appréciation des critiques et des fans, qui le considèrent comme une figure emblématique. Il a reçu plusieurs prix pour ses travaux ; un astéroïde, une espèce de cactus et une sous-espèce de papillon ont été baptisés de son nom. L'instrument principal de la plupart de ses chansons est la guitare acoustique. 
Personnage placé à gauche sur l'échiquier politique, Francesco Guccini a traité des questions politiques et plus généralement du climat politique de son époque dans certaines chansons.
(source Wikipédia)

Comme je ne parle pas sa langue, même si j'ai 50% de sang italien dans les veines, j'ai voulu, avec trois de ses chansons, vous donner à entendre et à lire la grande humanité et le profond engagement de cet immense auteur- compositeur-interprête, qu'était Francesco Guccini.

Premier choix : ode à la liberté

Chanson live La tua liberta - Vidéo publiée sur la chaine Youtube de Haller 

LA TUA LIBERTA / TA LIBERTÉ

Oltre le mura / au-delà des murs
Delle città / des villes
Un orizzonte insegue un orizzonte / un horizon poursuit un horizon
A un'autostrada, un'altra seguirà / une autoroute en suivra une autre
Gli spazi sono fatti per andare / les espaces sont faits pour avancer
La tua libertà / ta liberté
Se vuoi / si tu le veux
La puoi trovare / tu peux la trouver
 
E un uomo saggio / Et un homme sage
Regole farà / fera des règles,
Una prigione fatta di parole / une prison faite de mots ;
I carcerieri di una società /les geôliers d’une société
Ti impediranno di cercare il sole - vous empêcheront de chercher le soleil
La tua libertà / ta liberté
Se vuoi / si tu le veux
La puoi trovare / tu peux la trouver

Fossi un uccello / J’étais un oiseau
Alto nel cielo / haut dans le ciel
Potrei volare senza aver padroni / je pourrais voler sans avoir de maîtres;
Se fossi un fiume / si j’étais une rivière
Potrei andare / je pourrais y aller
Rompendo gli argini nelle mie alluvioni / en brisant les digues dans mes inondations

E boschi e boschi / Et bois et forêts
Cerco attorno a me / je cherche autour de moi
Dov'è la terra che non ha barriere? /  Où est la terre qui n’a pas de barrières?
Dov'è quel vento che ci spingerà / où est ce vent qui nous poussera
Come le vele o come le bandiere / comme les voiles ou les drapeaux ;
La tua libertà / ta liberté 
Se vuoi / si tu veux
La puoi trovare / tu peux l'avoir
Fossi un uccello / J’étais un oiseau
Alto nel cielo / haut dans le ciel
Potrei volare senza aver padroni / je pourrais voler sans avoir de maîtres;
Se fossi un fiume /si j’étais une rivière
Potrei andare / je pourrais y aller
Rompendo gli argini nelle mie alluvioni / en brisant les digues dans mes inondations

Ma sono un uomo / Mais je suis un homme
Uno fra milioni / un parmi des millions
E come gli altri ho il peso della vita / et comme les autres j’ai le poids de la vie
E la mia strada lungo le stagioni / et ma rue au fil des saisons
Può essere breve, ma può essere infinita / peut être courte, mais elle peut être infinie ;
La tua libertà / ta liberté

Cercala / Cherche-la
Che si è smarrita / qui s’est perdue
Cercala / Cherche-la
Che si è smarrita / qui s’est perdue
Cercala / Cherche-la
Che si è smarrita / qui s’est perdue
Cercala / Cherche-la
Che si è smarrita / qui s’est perdue
Cercala / Cherche-là
Source: LyricFind
Songwriters: Francesco Guccin i- lyrics © Sony/ATV Music Publishing LLC
Deuxième choix : une chanson pour la mémoire et que jamais ne soient oubliés les millions de personnes qui partirent en fumée dans les camps nazis. Tout d'abord la version originale chantée par son auteur, puis, en live, cette magnifique chanson interprétée par le groupe folk-rock italien I Nomadi, pour le frisson, lorsque le public reprend à l'unisson. 
La chanson de l'enfant dans le vent - Auschwitz - Chanson de Francesco Guccini ‧ 1967

LA CONZONE DEL BAMBINO NEL VENTO - AUSCHWITZ
LA CHANSON DE L ENFANT DANS LE  VENT - AUSCHWITZ
Son morto con altri cento / Je suis mort avec cent autres
Son morto ch'ero bambino / je suis mort quand j'étais enfant
Passato per il camino / Passé par la cheminée
E adesso sono nel vento / Et maintenant je suis dans le vent
E adesso sono nel vento / Et maintenant je suis dans le vent

Ad Auschwitz c'era la neve / Il y avait de la neige à Auschwitz
Il fumo saliva lento / La fumée montait lentement
Nel freddo giorno d'inverno / Dans la froide journée d'hiver
E adesso sono nel vento / Et maintenant je suis dans le vent
Adesso sono nel vento / Maintenant je suis dans le vent

Ad Auschwitz tante persone / De nombreuses personnes à Auschwitz
Ma un solo grande silenzio / Mais juste un grand silence
È strano non riesco ancora / C'est étrange, je ne peux toujours pas
A sorridere qui nel vento / Souriant ici dans le vent
A sorridere qui nel vento / Souriant ici dans le vent

Io chiedo come può un uomo / Je demande comment un homme peut
Uccidere un suo fratello /Tuer un de ses frères
Eppure siamo a milioni / Pourtant nous sommes des millions
In polvere qui nel vento / Épousseté ici par le vent
In polvere qui nel vento / Épousseté ici par le vent

Ancora tuona il cannone / Le canon gronde encore
Ancora non è contento / Il n'est toujours pas content
Di sangue la belva umana / La bête humaine est ensanglantée
E ancora ci porta il vento / Et toujours le vent nous amène
E ancora ci porta il vento / Et toujours le vent nous amène

Io chiedo quando sarà / Je demande quand ce sera
Che l'uomo potrà imparare / Cet homme peut apprendre
A vivere senza ammazzare / Vivre sans tuer
E il vento si poserà / Et le vent s'installera
E il vento si poserà / Et le vent s'installera

Io chiedo quando sarà / Je demande quand ce sera
Che l'uomo potrà imparare / Cet homme peut apprendre
A vivere senza ammazzare / Vivre sans tuer
E il vento si poserà / Et le vent s'installera
E il vento si poserà / Et le vent s'installera
E il vento si poserà / Et le vent s'installera

La conzone del bambino nel vento - Auswichz par le groupe I NOMADI
enregistrement live de 1992 publiée sur la chaine youtube du groupe
Dernier choix : une très belle chanson d'amour : Vorrei
 VORREI,  extraite de son album "D’amour, de mort et d’autres balivernes" (vidéo publié sur la chaine youtube de l'artiste)

VORREI / JE VOUDRAIS

Vorrei conoscer l'odore del tuo paese / J’aimerais connaître l’odeur de ton pays
camminare di casa nel tuo giardino, /marcher de la maison dans ton jardin,
respirare nell'aria sale e maggese, /respirer dans l’air salin et maigre,
gli aromi della tua salvia e del rosmarino / les arômes de ta sauge et du romarin

Vorrei che tutti gli anziani mi salutassero / Je voudrais que tous les anciens me saluent
parlando con me del tempo e dei giorni andati,/ me parlant du temps et des jours passés,
vorrei che gli amici tuoi tutti mi parlassero, / J’aimerais que tous tes amis me parlent,
come se amici fossimo sempre stati. / comme si on avait toujours été amis.

Vorrei incontrare le pietre, le strade, gli usci / Je voudrais rencontrer les pierres, les rues, les lieux
e i ciuffi di parietaria attaccati ai muri, / et les mèches de pare-air attachées aux murs,
le strisce delle lumache nei loro gusci, / les bandes des escargots dans leurs coquilles,
capire tutti gli sguardi dietro agli scuri /comprendre tous les regards derrière les ténèbres

E lo vorrei / Et je le voudrais
perché non sono quando non ci sei / pourquoi je ne suis pas quand tu n’es pas là
e resto solo coi pensieri miei ed io... / et je reste seulement avec mes pensées et moi...

Vorrei con te da solo sempre viaggiare,/ J’aimerais voyager toujours seul avec toi,
scoprire quello che intorno c'è da scoprire / découvrir ce qu’il y a à découvrir autour
per raccontarti e poi farmi raccontare / pour te raconter et ensuite me faire raconter
il senso d' un rabbuiarsi e del tuo gioire; / le sens d’un frisson et de ta joie ;
vorrei tornare nei posti dove son stato, / je voudrais retourner dans les endroits où j’ai été,
spiegarti di quanto tutto sia poi diverso / vous expliquer à quel point tout est différent
e per farmi da te spiegare cos'è cambiato / et pour que tu m’expliques toi-même ce qui a changé
e quale sapore nuovo abbia l'universo. / et quelle nouvelle saveur a l’univers.

Vedere di nuovo Istanbul o Barcellona / Voir à nouveau Istanbul ou Barcelone
o il mare di una remota spiaggia cubana / ou la mer d’une lointaine plage cubaine
o un greppe dell'Appennino dove risuona / ou une colline des Apennins où résonne
fra gli alberi un'usata e semplice tramontana / parmi les arbres une tramontane simple et d’occasion

E lo vorrei / Et je le voudrais
perché non sono quando non ci sei / pourquoi je ne suis pas quand tu n’es pas là
e resto solo coi pensieri miei ed io... / et je reste seulement avec mes pensées et moi...
Vorrei restare per sempre in un posto solo / Je voudrais rester pour toujours dans un seul endroit
per ascoltare il suono del tuo parlare / pour écouter le son de votre parole
e guardare stupito il lancio, la grazia, il volo / et regarder, étonné, le lancement, la grâce, le vol
impliciti dentro al semplice tuo camminare / implicites à l’intérieur de ta simple marche
e restare in silenzio al suono della tua / et rester silencieux au son de la tienne
o parlare, parlare, parlare, parlarmi addosso / ou parler, parler, parler, me parler
dimenticando il tempo troppo veloce / en oubliant le temps trop rapide
o nascondere in due sciocchezze che son commosso. / ou cacher dans deux bêtises que je suis ému.
Vorrei cantare il canto delle tue mani,/ Je voudrais chanter le chant de tes mains,
giocare con te un eterno gioco proibito / jouer avec toi un éternel jeu interdit
che l'oggi restasse oggi senza domani / que l’aujourd’hui restait aujourd’hui sans demain
o domani potesse tendere all'infinito / ou demain pourrait tendre à l’infini
E lo vorrei / Et je le voudrais
perché non sono quando non ci sei / pourquoi je ne suis pas quand tu n’es pas là
e resto solo coi pensieri miei ed io... / et je reste seulement avec mes pensées et moi...
***
Comme je comprends l'immense peine des italiens si émus par la disparition de ce formidable artiste, lui qui  savait si bien parler d'eux et de leur vie quotidienne, avec tant de poésie et une très grande liberté de ton.
Surtout ne vous limitez pas à la sélection forcément très parcellaire que je vous propose, allez l'écouter sur votre plateforme favorite ou sur internet où il est facile de traduire les paroles, comme je l'ai fait.
ADIEU et MERCI Maestrone! Soyez en Paix 
***
Pour terminer voici ce qu'en dit la chaine italienne RAI-News
Le chanteur-compositeur qui a marqué toute une génération est décédé à 86 ans.
 Le pays est en deuil, notamment sa région natale, l'Émilie-Romagne. Paolo Sommaruga -
Vidéo pulbiée sur la chaine italienne @RaiNews