8 mai 2026

Chant des Partisans & Complainte des Partisans, deux chants internationalement connus, associés à la Résistance

Aujourd'hui 8 mai, jour de l'armistice de la deuxième guerre mondiale, c'est le jour où se remémorer toutes les victimes de ce conflit terrible, le jour pour célébrer  tous ceux qui se sont battus afin que la France redevienne libre, et pour remercier tous ceux qui sont tombés pour cela (et pas seulement un jour férié de mai qui permet de faire le pont et de pouvoir partir en week-end prolongé).

Dans cette période noire de l'Occupation, il y eut des moments singuliers comme l'histoire de ces deux chants patriotiques, qui sont parfois un peu confondus, alors qu'ils n'ont pas tout à fait la même histoire. Peut-être est-ce parce que, dans les deux cas,  la chanteuse Anna Marly a participé à leur création (musique et paroles russes du Chant des Partisans - et musique pour la complainte) ainsi qu'à leur diffusion.  

1 / "Le Chant des partisans" (ou "Chant de la libération") devenue l'hymne de la Résistance 
La musique, initialement composée en 1941 sur un texte russe, est due à la Française Anna Marly, ancienne émigrée russe qui en 1940 avait quitté la France pour Londres. A l'origine il est utilisé comme indicatif musical d'une émission de la BBC consacrée à la France libre. Pourquoi ? Outre la mélodie entraînante, à même de susciter le désir de libération, l'air sifflé permettait de traverser le brouillage ennemi !

Ce n'est qu'à la Libération, en 1945, que "Le Chant des partisans" s'impose comme l'hymne de la Résistance.

Anna Marly raconte la création du " Chant des partisans " et de " Complainte du partisan " enregistrée en 2000 -  
Vidéo youtube de lysgauty1 collection disques David Silvestre
Le Chant des partisans ou Chant de la libération est l'hymne de la Résistance française pendant l'occupation par l'Allemagne nazie, pendant la Seconde Guerre mondiale. La musique, initialement composée en 1941 sur un texte russe, est due à la Française Anna Marly, ancienne émigrée russe qui en 1940 avait quitté la France pour Londres.

Les paroles originales en français ont ensuite été écrites en 1943 par Joseph Kessel, également d'origine russe, et son neveu Maurice Druon qui ultérieurement ont tous deux rejoint les Forces françaises libres.  

Le Chant des Partisans : 

Ami, entends-tu le vol noir des corbeaux sur nos plaines ?
Ami, entends-tu les cris sourds du pays qu'on enchaîne ?
Ohé, partisans, ouvriers et paysans, c'est l'alarme. 
Ce soir l'ennemi connaîtra le prix du sang et les larmes. 
Montez de la mine, descendez des collines, camarades ! 
Sortez de la paille les fusils, la mitraille, les grenades. 
Ohé, les tueurs à la balle et au couteau, tuez vite ! 
Ohé, saboteur, attention à ton fardeau : dynamite... 

C'est nous qui brisons les barreaux des prisons pour nos frères. 
La haine à nos trousses et la faim qui nous pousse, la misère. 
Il ya des pays où les gens au creux des lits font des rêves. 
Ici, nous, vois-tu, nous on marche et nous on tue, nous on crève... 
Ici chacun sait ce qu'il veut, ce qu'il fait quand il passe. 
Ami, si tu tombes un ami sorte de l'ombre à ta place. 
Demain du sang noir sèchera au grand soleil sur les routes. 
Chantez, compagnons, dans la nuit la Liberté nous écoute
... 
Ami, entends-tu ces cris sourds du pays qu'on enchaîne ! 
Ami, entends-tu le vol noir des corbeaux sur nos plaines ! 
Oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh ........

2/ Chant "La complainte du partisan" largement reprise à l'international 

La Complainte du Partisan (écrite en 1943, à Londres) enregistrée en 1963 par Anna Marly
Paroles : Emmanuel d'Astier de la Vigérie dit "Bernard" - Musique : Anna Marly 
vidéo publié par Les Chansons Youtube

La Complainte des Partisans 

Les All'mands étaient chez moi 
On m'a dit : "Résigne-toi",
Mais je n'ai pas pu.
Et j'ai repris mon arme
Personne ne m'a demandé
D'ou je viens et où je vais
Vous qui le savez, 
Effacez mon passage. 
J'ai changé cent fois de nom 
J'ai perdu femme et enfant
Mais j'ai tant d'amis 
Et j'ai la France entière.
Un vieil homme dans un grenier
Pour la nuit nous a cachés 
Les All'mands l'ont pris
Il est mort sans surprise
Hier encore nous étions trois 
Il ne reste plus que moi 
Et je tourne en rond 
Dans la prison des frontières 
Le vent souffle sur les tombes 
Et la liberté reviendra 
On nous oubliera! 
Nous rentrerons dans l'ombre.
Le partisan chanté par Léonard Cohen, publié sur la chaine Youtube de aszad
Cette version mêle l'adaptation en anglais de Hy Zaret ("Song of the French Partisan")
avec les paroles d'Emmanuel d'Astier de la Vigérie (dit « Bernard ») et la musique d' Anna Marly

Paroles et traduction de la chanson «The Partisan» par Leonard Cohen

When they poured across the border /Quand ils eurent traversé en masse la rivière
I was cautioned to surrender, / Ils me demandèrent de capituler
This I could not do ;/Mais je ne pouvais pas faire ça
I took my gun and vanished./J'ai pris mon arme et j'ai disparu.

I have changed my name so often,/J'ai changé si souvent de nom
I've lost my wife and children/J'ai perdu ma femme et mes enfants
But I have many friends,/Mais j'ai beaucoup d'amis,
And some of them are with me./Et certains sont avec moi.

An old woman gave us shelter,/Une vieille femme nous a hébergé
Kept us hidden in the garret,/Nous gardant caché sous la mansarde,
Then the soldiers came ;/Puis les soldats vinrent ;
She died without a whisper./Elle mourut sans un murmure.

There were three of us this morning /Nous étions trois ce matin
I'm the only one this evening /Il n'y a plus que moi ce soir
But I must go on ; Mais je dois continuer ;
The frontiers are my prison./Les frontières sont ma prison.

Oh, the wind, the wind is blowing,/Oh, le vent, le vent souffle,
Through the graves the wind is blowing,/A travers les tombes, le vent souffle,
Freedom soon will come ;/La liberté viendra bientôt ;
Then we'll come from the shadows./Puis nous sortirons de l'ombre.

Les allemands étaient chez moi,
Ils m'ont dit : "résigne-toi",
Mais je n'ai pas peur ;
J'ai repris mon arme.
J'ai changé cent fois de nom,
J'ai perdu femme et enfants
Mais j'ai tant d'amis ;
J'ai la France entière.
Un vieil homme dans un grenier
Pour la nuit nous a caché,
Les allemands l'ont pris ;
Il est mort sans surprise.

Oh, the wind, the wind is blowing,/Oh, le vent, le vent souffle,
Through the graves the wind is blowing,/A travers les tombes, le vent soufle,
Freedom soon will come ;/La liberté viendra bientôt ;
Then we'll come from the shadows./Puis nous sortirons de l'ombre.

PS : Selon les versions traduites, il peut exister encore quelques variantes dans les paroles du texte en français. 
***
Je vous souhaite à tous une bonne journée du 8 mai, une journée du souvenir capitale.

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