2 octobre 2026

"Chabrot quotidien éloigne le médecin", pour Christophe et Christine

Cette année je n'ai pas eu l'opportunité de retrouver mes amis de Rencurel : alors, en dehors de tout appel de l'ami Christophe pour son M.I.A.P. que j'honorerai plus tard, j'ai eu envie de leur écrire une petite bafouille pour prendre et donner des nouvelles.

Je profite de l'occasion pour mettre en lumière ce monde paysan qui s'éteint, ces familles avec de toutes petites fermes et peu d'hectares à cultiver qui ont mis tout leur savoir-faire et tout leur temps à entrenir nos si beaux paysages et à produire ces produits dont on est fier d'exhiber les labels AOC, les fleurons du vrai monde agricole français. C'étaient de bons vrais produits, au cahier des charges exigeant, tirés de terres vierges de tout intrant et d'un cheptel sain qui trouvait sa nourriture librement en paissant dans les  prairies et les alpages ; le lait contenait une crème très riche, et les fromages qu'on en tirait étaient gouteux : rien à voir avec leur ersatz en lait thermisé, au goût formaté, sans odeur dont les rayons des super-marchés regorgent.

Le travail des paysans était éreintant à l'époque  mais maintenant qu'il y a des machines-outils performantes, est-on vraiment obligé de continuer à négliger les bienfaits d'une terre saine, et plantée de graines sans enrobage, reproductibles, afin  obtenir des produits adaptés au terroir, à consommer sur place, dans des circuits courts qui iraient beaucoup mieux à nous tous, pour notre santé en premier lieu? Quels intérêts a la population française à voir se perpétrer les propriétés immenses des agro-industriels qui concentrent toutes les aides de l'Europe et ne font que s'enrichir, sans permettre à tout un chacun de pouvoir se nourrir sainement? 

Autrefois,  nul besoin d'antibiotiques, ni de produits chimiques comme les stéroïdes pour faire "pousser plus vite" poulets, veaux, vaches, cochons, toutes ces tricheries permises pour faire du fric et abuser les consommateurs. Et je ne parle même pas ici des souffrances animales, avec les modifications génétiques, et les concentrations pour leur production, dans des cages, sans possiblité de bouger ni de voir la lumière du jour. 

Quel horrible monde avons-nous accepté depuis trois générations en nous coupant autant de la terre et de nos besoins essentiels? J'en suis écoeurée.

Alors, voici maintenant pour Christophe et Christine l'histoire de la soupe chabrot. Un dicton célèbre dans le Périgord affirme ncore que "Chabrot quotidien éloigne le médecin"

Timbre magnifique d'après une photo de  Raymond Depardon sur le monde paysan
Fond de dentelle en partant d'un très vieux rideau
Image trouvée sur le site de  FR3 Aquitaine Dordogne  

LA SOUPE CHABROT

Faire "Chabrot" (ou chabrol)  c'est mettre du vin dans la soupe le plus souvent c'est dans le bouillon de pot-au-feu mais dans les temps quand les enfants et les femmes mettaient le lait dans la soupe au pain les hommes eux y mettaient du vin.

Cette pratique était autrefois très courante et se pratique aujourd’hui encore notamment chez les personnes âgées dans les campagnes.

L’origine du mot « chabrot » serait tiré de l’occitan de l’ouest signifiant « chevreau ». Certains pensent que c’est parce que les chèvres aspirent les liquides plus qu’elles ne les lapent. Faire chabrot signifierait donc, peut être, « boire comme une chèvre », mais malheureusement, les explications concernant le lien entre cette pratique et le chevreau restent très vagues.

Le mélange de soupe avec du vin se fait selon des proportions qui sont propres à chacun. Mais il était établi qu’une seule règle qui voulait que l’on versât du vin jusqu’à ce que la cuillère posée au fond de l’assiette fut cachée. C'est un usage qui perdure encore dans notre Auvergne, surtout chez les anciens. Faire chabrot est aujourd'hui considéré comme un geste vieilli et campagnard, mais peut, dans certaines occasions, se faire dans tous les milieux, dans un esprit de connivence et de convivialité.

En ce qui me concerne il m'arrive de mettre du vin dans mon bouillon de Pot au feu quand celui ci bout avant de mettre mes pâtes à potage.

Chaque matin, il faisait chabrot, vidait une chopine de rouge sur le bouillon, dans son écuelle. Rien de tel pour reprendre vigueur (Pourrat, Gaspard des Montagnes,La Tour du Levant, 1931, p. 172).            Source :https://www.cpauvergne.com/2013/11/auvergne-des-traditions-faire-chabrot.html

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