12 février 2026

Appel à mail art : La poésie pour réenchanter le monde

«La poésie c'est  un des plus vrais, un des plus utiles surnoms de la vie » Jacques Prévert

Généralités :
Format A5 de préférence, A4 maxi - pas d'ATC - timbre et adresse au recto
Création libre - Appel permanent 

2026 - La poésie pour réenchanter le monde (PO) :
Rester capable de s'émerveiller encore devant la beauté du monde, de la nature et du vivant, voilà l'une de nos richesses d'être pensant qu'aucun milliardaire ou dictateur au monde (*) ne pourra nous voler.

Dans cette époque que nous vivons où il faut courir sans arrêt pour tout mener de front,  tout est orchestré pour que nous n'ayons jamais le temps de rêver, de prendre le temps de penser, de réfléchir, de nous poser. Le soir venu restent juste une grande lassitude et beaucoup de désappointement. Pourtant le monde est beau et nous ne savons plus le regarder.

S'exprimer par la poésie, c'est une façon de résister, de montrer que nous ne sommes totalement lobotomisés par les publicités qui entretiennent nos addictions consuméristes ni par les chaines de désinformation en continu qui ne savent qu'activer la haine et favoriser un racisme exacerbé pour mieux nous diviser et nous monter les uns contre les autres, 

Si comme moi, vous avez envie de marquer un temps d'arrêt et de vous tourner vers ce qui est beau, ce qui vous fait vibrer, ce qui enchante votre coeur, ce qui éblouit vos yeux, bref, ce qui vous fait réagir en tant qu'être sensible, n'hésitez pas à vous exprimer par l'art postal qui permet tout.

Il ne s'agit pas là forcément de créer vous-même des poèmes (mais ne vous censurez surtout pas si vous en avez envie) mais plutôt de laisser cours à toute votre sensibilité. Cela pourra être d'illustrer par exemple des fragments de poèmes qui font écho en vous, ou bien imaginer et illustrer une scène tout à fait poétique (car la poésie peut êgalement être visuelle).

J'accepte toutes les formes de poésie,  la classique en vers ou la plus contemporaine comme par ex. : 
- l'acrostiche ou le calligramme ou encore la poésie caviardée, plus visuels et  plus ludiques, 
- le haiku, poésie traditionnelle japonaise,  pour restituer une émotion dans le temps présent
- la poésie en vers libre, 
- la poésie surréaliste (celle de Jacques Prévert ou de René Char par exemple)
- la poésie narrative 
- etc...etc..la liste n'est pas du tout exhaustive

Si ce thème vous plait, vous avez quartier libre pour créer un art postal qui vous fait du bien en le composant et qui sera agréable à recevoir. 

(*) même si dans les cas extrêmes de privations, de tortures et autres sévices, cela doit être beaucoup plus difficile de s'accrocher à sa condition d'être humain - mais des déportés ont réussi à le faire au fond des camps nazis 

 *** Voici quelques exemples ***


Quelques exemples : calligramme à gauche, acrostiche au centre, poésie caviardée à droite 
Haiku avec illustration en rapport avec le thème du poème

*** Avis de différents poètes sur la situation actuelle de la poésie ***



Jean-Pierre Siméon  débute (et termine) son essai, par une citation forte de sens, qui marquera la lecture de son ouvrage et donnera le ton au lecteur : « La poésie sauvera le monde, si rien ne le sauve. Au reste, elle le sauve de son indignité. » Le poète français n’est d’ailleurs pas le seul à percevoir la poésie comme une surpuissance sous-estimée.

Son confrère américain Lawrence Ferlinghetti, pour qui la poésie occupe aussi une place première et décisive, complétera : « La poésie peut encore sauver le monde en modifiant les consciences », dans une interview avec le magazine culturel américain Guernica en 2010.

Tahar Ben Jelloun écrira, dans son ouvrage Mes contes de Perrault (2014), que « seule la poésie a le pouvoir de sauver le monde, même si elle est aujourd’hui abandonnée, négligée, combattue ».

Son point de vue partagé, Jean-Pierre Siméon le développe dans son essai engagé qui attire notre attention sur son combat, un combat spécifique, qui concerne la position de la poésie dans notre société qui ne privilégie ni son apparition ni son épanouissement. Il y a dans l’ouvrage du poète français, qui va au-delà d’un acte artistique, un acte de révolte à travers son analyse de notre monde.

Le monde… ce qu’on en a fait ? 

Selon le poète français, Jean-Pierre Siméon, un système qui, régulé par de nouvelles lois, du marché, de la finance et du marketing, aplanit le réel et met fin à tout questionnement profond et véritable. Même le monde littéraire, censé éveiller les consciences, se serait transformé en production littéraire, faite majoritairement de récits, qui ne questionnent (quand ils le font) qu’en superficie, et contribuent eux aussi à endormir les consciences, à ne plus faire de nous des acteurs autonomes, sensés et concernés, mais de passifs consommateurs de récits mièvres, surconsommateurs d’images. La dématérialisation que génère l’absorption du réel dans le virtuel, entre lesquels les frontières ne sont (presque) plus, est en train d’abolir progressivement les liens du corps avec l’environnement, en nous abolissant nous-mêmes, avertit l’auteur.

Ainsi, comme l’a si bien noté Jean-Pierre Siméon, l’homme du XXIe siècle est distrait par les médias et les industries créatives qui, en se pliant de plus en plus aux exigences de l’audimat, ont fait des actes littéraire et artistique des spectacles visuels sans véritables acteurs, qui aujourd’hui tendent à obéir au seul principe du divertissement impératif. L’homme moderne, assailli par les représentations de la grande machinerie des mots et des images surabondants, n’aurait donc plus le temps ni l’espace de produire de lui-même l’imaginaire qui les constitue. 

Pour l’auteur, dans un monde où « l’imaginaire est (devenu) un territoire occupé et soumis », le poème, saisie subjective et singulière du réel qui témoigne de la vie dans une langue aussi complexe qu’elle l’est, devient un « acte de résistance contre cette oppression ». Ainsi, « la réappropriation de la faculté d’imagination, dont l’expérience de la métaphore retrouvée dans l’écoute du poème est un moyen aisé, est la condition de l’émancipation de l’imaginaire collectif hors du champ clos de l’imaginaire imposé». 

Car comme l’écrit Jean-Pierre Siméon, « la poésie n’est pas un communiqué, elle n’informe de rien : elle interroge »
Source : extrait d'un article du 4 décembre 2022,  tiré du quotidien libanais L'Orient-Le jour


 *** Chanson Les Poètes ***
poème de Louis Aragon mis en musique par Jean Ferrat 


Je ne sais ce qui me possède
Et me pousse à dire à voix haute
Ni pour la pitié ni pour l'aide
Ni comme on avouerait ses fautes
Ce qui m'habite et qui m'obsède

Celui qui chante se torture
Quels cris en moi quel animal
Je tue ou quelle créature
Au nom du bien au nom du mal
Seuls le savent ceux qui se turent

Machado dort à Collioure
Trois pas suffisants hors d' Espagne
Que le ciel pour lui se fît lourd
Il s'assit dans cette campagne
Et ferma les yeux pour toujours

Au-dessus des eaux et des plaines
Au-dessus des toits des collines
Un plain-chant monte à gorge pleine
Est-ce vers l'étoile Hölderlin
Est-ce vers l'étoile Verlaine

Marlowe il te faut la taverne
Non pour Faust mais pour y mourir
Entre les tueurs qui te cernent
De leurs poignards et de leurs rires
A la lueur d'une lanterne

Etoiles poussières de flammes
En août qui tombe sur le sol
Tout le ciel cette nuit proclame
L'hécatombe des rossignols
Mais que sait l'univers du drame

La souffrance enfante les songes
Comme une ruche ses abeilles
L'homme crie où son fer le ronge
Et sa plaie engendre un soleil
Plus beau que les anciens mensonges

Je ne sais ce qui me possède
Et me pousse à dire à voix haute
Ni pour la pitié ni pour l'aide
Ni comme on avouerait ses fautes
Ce qui m'habite et qui m'obsède

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