Moi non plus je n'ai pas l'habitude de poster ici un appel à signer une pétition. Pourtant aujourd'hui je relaie volontiers la pétition destinée à Emmanuel Macron publiée sur le blog de mon ami Éric, que j'ai bien évidemment signée, car, alors que nous suffoquons sous la chaleur de cette énième canicule qui n'en finit pas, nous sommes tous concernés par les conséquences d'une politique allant à l'encontre de toutes les préconisations scientifiques en matière de gestion du climat, depuis des décennies.
Ce faisant, je pense à mes enfants et plus encore à mes petits-enfants, plus largement à toutes les générations futures qui devront tenter de survivre dans un enfer thermique, si nous n'actionnons pas tous les leviers en nos mains pour sensibiliser nos élites à l'absolue nécessité de tout mettre en oeuvre pour ralentir le processus du réchauffement climatique, en ciblant tout d'abord les énergies fossiles.
Votre inaction climatique est impardonnable, nous nous en souviendrons, Monsieur le Président.
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Aujourd'hui (une fois n'est pas coutume), je relaie la pétition d'une autrice du GIEC à signer et faire signer massivement.
Il fait 43 degrés en juin, et le pire est à venir… à moins que l'on choisisse d'agir sur la cause du réchauffement climatique. Depuis sa cave, Yamina Saheb, autrice du GIEC, lance un cri d'alerte avec Avaaz.
Cher Monsieur Macron, | Je vous écris de notre cave, seul lieu encore habitable dans notre immeuble parisien.
Je relis votre appel à "la prudence, à prendre soin des personnes âgées, des plus vulnérables comme des enfants et à suivre l'ensemble des recommandations du gouvernement". J'en reste abasourdie.
Je ne comprends pas qu'un président de la République puisse, une fois de plus, faire peser sur les frêles épaules des citoyens la responsabilité de les protéger, qui est la vôtre. Et je vous imagine sirotant un apéro (loin d'être mérité) dans une pièce climatisée de l'Élysée ou d'un autre palais de la République.
Alors j'ai décidé de vous écrire. Cette lettre, vous ne la lirez probablement jamais. Qu'importe : seule l'écriture apaise un peu ma colère.
Vous nous demandez "la prudence". Mais la prudence de qui, Monsieur le Président ? Celle des citoyens qui n'ont jamais voté pour quatre degrés de réchauffement, ou celle d'un État qui, année après année, choisit de ne pas agir sur la cause ? On ne se met pas "à l'abri" d'un climat que l'on continue de dérégler. On ne "boit pas de l'eau" pour réparer des décennies d'inaction climatique. |
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| Cette canicule n'est pas une fatalité météorologique. Elle est la conséquence directe et mesurée de votre décision de nous enfermer dans le capital fossile. Nous l'avions écrit, noir sur blanc, dans les rapports du GIEC (IPCC). Vous le saviez. Nous le savions tous. Ce qui nous accable aujourd'hui n'est pas une surprise : c'est un rendez-vous que vous, avec d'autres responsables politiques, avez choisi de ne pas honorer.
Et que proposez-vous face à cela ? De nous adapter à une France devenue fournaise, comme si l'on pouvait s'adapter sans fin à un monde que vous vous obstinez à rendre invivable.
Je vous écris enfin parce que je ne sais pas comment expliquer à un enfant de six ans que les adultes savaient, et qu'ils ont préféré l'apéro à l'action. Je ne sais pas pour vous ; moi, je refuse de léguer à mon fils un pays où le seul refuge est le sous-sol, et comme seule consigne, la débrouille. | | Nous finirons bien par remonter de notre cave. Mais je n'oublierai pas qui m'y a laissée : votre inaction climatique, cher Emmanuel Macron, celle qui vole à nos enfants le droit de vieillir sur Terre.
Je vous demande d'agir enfin à la hauteur des enjeux, à commencer par mettre un terme à toutes les subventions publiques directes ou indirectes aux énergies fossiles dans notre pays.
Demain, il sera déjà trop tard.
Yamina Saheb, auteure pour le GIEC, Groupe d'experts climat de l'ONU. |
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