12 février 2019

Paysage linogravé, de la part de Fabienne

Une toute petite enveloppe à laquelle je ne m'attendais pas du tout au courrier de ce jour : c'est un mail-art linogravure de Fabienne Ruault-Lichet que je connais fort peu encore.
Merci Fabienne pour cette jolie enveloppe.

A l'intérieur,  Fabienne m'informe d'un appel à mail-art que j'ai déjà relayé dans la colonne de droite de ce blog à la rubrique ad-hoc ; l'exposition est organisée par la Librairie indépendante La Rose des Vents à Dreux, dans le cadre de la saison 2018-2019 axée sur toutes les formes de correspondance.
 Date limite de participation : 15 avril 2019 (cf. ci-dessous).
Fabienne me sollicite pour participer à cette exposition afin d'y  représenter l'art postal textile, forme assez peu courante du mail-art, il est vrai. Ce que je ne manquerai pas de faire, si j'en ai la possibilité et surtout le temps. 

Si le coeur vous en dit, ne vous privez pas de participer, vous aussi.

11 février 2019

D116 - Grand chelem, de Michèle

Wahou, elle a fait fort mon amie Michele avec son mail-art reçu ce jour!

 Tout ce que j'aime est rassemblé sur cette publicité ancienne pour de la soie à coudre les boutons :  un beau chat qui aime les bobines (tiens tiens ...), de vrais boutons cousus sur ceux de la pub, ainsi que de la dentelle ancienne, le tout en bleu , évidemment !
c'est ce que j'appelle un grand chelem ! 
bravo et merci pour cette trouvaille,  pour ton humour et pour ton amitié.

T83 - Quand Amérique, Asie et Afrique se rencontrent, de France

Bien des surprises dans ma boite aux lettres aujourd'hui :
France a fait des recherches poussées pour me réaliser ce mail-art en papier, certes, 
mais qui me parle de textiles du monde : le tissu africain  figurant sur le timbre est un motif de wax, le fond en broderie rabari indienne  ;  le rectangle du dessus est de la "mola", 
technique de couture en appliqué-inversé, généralement enrichie de broderies,  
propre aux femmes indiennes Kuna du Panama.
Merci infiniment Florence, 
pour ce beau métissage des cultures et des savoir-faire du monde textile.
J'aurai plus tard l'occasion de revenir plus en détails sur chacune de ces étoffes traditionnelles. 

8 février 2019

Château-Lafite, nouvelle cuvée, par Jean-François

Oh la la! un Château-Lafite de 1798 :  c'est la nouvelle cuvée (postale) que m'adresse Jean-François. Merci l'ami, je lève mon verre à ta santé !
Merci Jean-François, pour cette bonne bouteille et pour tes bons voeux!

6 février 2019

TP08 - Tweed, de la campagne à la ville, de Jean-Paul

Un nouveau mail-art très documenté sur une étoffe traditionnelle m'est parvenu aujourd'hui, adressé par mon grand pourvoyeur en art postal  : j'ai nommé l'ami Ursu, que je remercie beaucoup!



Tweed : origine et histoire

On pense généralement que le tweed est apparu en Écosse et en Irlande comme un moyen pour les agriculteurs de lutter contre le climat froid et humide qui caractérise ces régions. Le tweed a commencé comme un tissu tissé à la main. Le tissu était rugueux, épais et feutré et les couleurs étaient sourdes et terreuses. C'était vraiment le vêtement d'un ouvrier. 

En ce qui concerne le nom de cette étoffe, il existe deux théories:

- il y a une rivière Tweed en Écosse et le tissu a été fabriqué dans la vallée de Tweed, et certains pensent que c'est l'origine du mot ;
- une légende plus populaire dit que le nom tweed est une torsion du mot écossais pour «tweel» ou twill dans notre langage, qui est la signature du tissu. On dit qu'en 1826, un employé de London transcrivit accidentel-lement un ordre de «tweel» et écrivit «tweed» à la place, et à partir de là, le nom fut utilisé.

Quelle que soit son origine, le tweed est un tissu robuste, résistant au vent et à l'eau, doté d'excellentes propriétés isolantes. Ce tissu de laine était porté par les fermiers entre l’Angleterre, l’Ecosse et le Pays de galles.  Cette laine était appréciée car elle a une bonne résistance au climat de ces régions. Elle reste cependant jusqu'au milieu de XXème siècle d’avantage utilisée en milieu rural, bien que l’on remarque son utilisation discrète dans le tailleur au XIXème. Les codes vestimentaires autorisent cependant cette matière beaucoup plus en vêtement de campagne que de ville.

C’est en 1954 qu’il fait son coup d’éclat grâce à Coco Chanel qui en fait la matière phare de son tailleur. Cette pièce emblématique sera portée par les plus grandes dames de la société, c’est un tailleur en tweed rose que porte Jackie Kennedy le jour de l’assassinat de son mari, le président John Fitzgerald Kennedy. Depuis devenu un grand classique de la maison le tailleur en tweed est sans cesse réinventé à chaque collection.
Et en 2011 il fait son grand retour dans la mode contemporaine, pour l’homme ou la femme il est utilisé par des maisons telles que Yves-Saint-Laurent sur tout type de vêtement,  même les chaussures chez Caulincourt.

 vêtements  YSL    
Chaussures modèle Gatsby  de Caulincourt      
                                                                    
Le tweed est un tissage cardé d’une robustesse rare : il en existe trois grandes catégories : 
  • le Harris Tweed :  le plus connu pour lequel la Harris Tweed Authority est chargée de garantir la qualité, bien que différents motifs soient possibles, notamment le pied-de-poule.

    Comme souvent avec le textile, à l’origine des tissus Harris Tweed il y a un coup de foudre. Comme souvent avec les coups de foudre, il y a, à l’origine, une femme. Cette femme est la comtesse douairière de Dunmore qui demanda à un pauvre écossais de lui faire un tissu au motif de la famille de son défunt époux. C’était en 1846, c’était la famille Murray, c’était sur l’île de Harris. Séduite par le tissu, elle poursuit l’idylle et développe la production. Les consignes sont claires, il faut que le tissu soit 100% laine, teint dans la masse et fini à la main. Des îles de l’Écosse occidentale à Londres, il n’y a que quelque miles vite parcourus pour la veuve entrepreneur. Adopté par les membres de la cour de la Reine Victoria, le tissu plaît au tout Londres. La consommation s’étend, la production doit suivre. Elle s’est étendue à l’ensemble des îles extérieures où on l’appelle le « grand tissu », Clo Mor en gaélique, sans les accents. (voir ci-dessous, tissage artisanal à domicile).
  • le Saxony Tweed,  issus de moutons de race de Basse-Saxe (Allemagne)

  • le  Donegal Tweed  : tissé  en Irlande du côté d'Ardara, il est  reconnaissable  à ses petites imperfections de couleur dans le tissage.
***

La laine utilisée est brute, elle n’a pas été lavée complètement de son suint, ce qui lui donne un aspect très rustique mais aussi une étanchéité thermique et aquatique . L’une des plus reconnues et des plus protégées provient de deux îles des Hébrides : Lewis et Harris. 

Tissé artisanalement dans des crofts (fermes) dans les Iles Hébrides, le tweed sort sur des métiers à tisser en de 85 yards, soit 78 mètres, en petite largeur (74cm) ce qui en fait un tissu cher et compliqué à couper, ce qui oblige à en utiliser deux fois plus. 

Puis intervient la teinture dans la masse, à l’aide de colorants naturels le plus souvent, comme les mousses et les lichens pour obtenir des teintes douces comme le marron, le vert, l'orangé (couleurs que l'on retrouve beaucoup dans les paysages d'Ecosse ou d'Irlande).
Ensuite le cardage permet de dresser les fibres dans le même sens. Le traitement à ce niveau sera court, ce qui donnera au tweed cet aspect très rêche, peu travaillé. 

D'autres types de tissages plus doux sont ensuite peignés par exemple. Le cardage permet de tirer les fils qui le plus souvent sont liés par deux, pour obtenir un double retors. Les fils ne sont d’ailleurs pas positionnés sur des bobines comme à l’habitude mais sur des clefs en bois, qui les tendent. Enfin, comme tous les tissus, le tweed subit une étape de finition, le finishing. Il est lavé une dernière fois, les impuretés sont enlevées à la main et des contrôleurs reprennent les mailles sautées. Différents traitements peuvent être appliqués à la surface, comme un dernier cardage ou un brossage aux chardons.

Le tweed est un héritage workwear qui trouve ses origines auprès des agriculteurs, fermiers écossais et irlandais. Ce n’est que dans la première moitié du XIXe siècle qu’il investit la garde robe des gentlefarmers. À cette époque, de nombreux nobles anglais font l’acquisition de domaines en Écosse, et adoptent le tweed. En 1848, le prince Albert achète le château de Balmoral et crée le célèbre Balmoral Tweed. Gris moucheté de taches blanches et de couleur pourpre, il imite les pierres de granit caractéristiques de l’Aberdeenshire et sert à se fondre dans le décor lors des chasses aux cerfs.

Le tweed Balmoral, un des tous premiers Estates Tweeds destiné à la chasse.



Non pas un, mais des Tweeds :
Il faut bien avoir à l’esprit que lorsque l’on parle d’un tweed, on utilise en fait un mot valise. En effet, la famille des tweeds est très vaste et ses contours parfois difficile à décrire.

Repartons à la source du mot. Le tweed est étoffe de laine peu ou pas épurée. Car à partir d’un ballot de laine, il est possible d’obtenir des fils bruts (on parle alors d’une laine cardée) ou des fils raffinés (on parle alors de laine peignée). La laine peignée est plus douce que la laine cardée, plus rêche. Le tweed désigne une famille de laines cardées brutes. Les tissus de laine peignée (reconnaissable à la mention d’un super 1XX) ne sont pas des tweeds à proprement parler. C’est donc une étoffe solide et endurante.

Seulement voilà, les tweeds varient suivant la race du mouton qui donne la laine. Ainsi, les moutons de race Cheviot (originaire d’Angleterre - photo du haut) donnent une laine vraiment très rugueuse, à l’ancienne. La race Mérinos (originaire d’Espagne- au  milieu) donne une laine très qualitative réputée pour sa douceur. Les tweed ainsi obtenus seront donc très différents. La race des moutons Saxony (originaire d’Allemagne, en bas) produit une laine assez douce bien qu’un peu moins usitée. 
En plus, la laine peut être récoltée sur le mouton à des âges différents et à des endroits différents. Si le lainier utilise seulement la toison du cou, le tweed sera très doux. Encore mieux, si la laine est prélevée sur un agneau (on parle alors de la fameuse appellation Lambswool), le drap sera très qualitatif, et cela sans travail particulier de raffinage.Ainsi, il existe de grandes disparités de toucher.

Le tweed de Harris constitué de laine de Cheviot, le plus connu, est du genre très rugueux. Les tweeds lambswool sont magnifiques avec un toucher beaucoup plus doux. Quant aux Italiens, ils tissent des étoffes de campagne dans du Mérinos d’où un confort exceptionnel. Et parfois, les tweeds peuvent être un peu mélangés avec du cachemire. Alors là, on est loin des prairies britanniques.
Le tweed souvent appelé ‘Royal Twelve’ car pesant 12 oz c’est à dire 340/360 g est plus classique à la campagne. Ces draps sont parfois appelés Gamekeepers pour tweed des gardes chasses. Le toucher est moins rugueux et le tissage plus serré pour pouvoir réaliser des pantalons. Car les tweeds mous, confortables pour réaliser des vestes ne sont pas assez solides pour endurer les efforts d’une culotte.

Enfin, les anglais se sont fait une spécialité de ce qui est parfois appelée ‘tweed rasé’, à savoir un drap très lourd et très dense (500grs) au toucher très sec, ci-dessous. L’aspect est bien moins broussailleux que le tweed de Harris. Ces tweeds disponibles dans une infinie variété de formes et couleurs sont utilisés aussi bien pour réaliser des complets, des vestes ou pantalons seuls, voire même des manteaux ou des parkas de chasse. Bref, comme vous le constatez, le tweed est une étoffe qui ne manque pas d ressource!

Et ce qui est amusant avec le tweed, c’est sa capacité à faire immédiatement ‘pas moderne’. Une tenue constituée de tweed, à l’aspect mat et aux couleurs fanées, constitue un message et révèle une envie. Ce n’est a priori pas le tissu du siècle à venir et pourtant il continue toujours à faire sens et à donner envie. Alors que les matières deviennent techniques, brillantes et synthétiques, le tweed avec sa simplicité et son esprit "old-school" continue de plaire. Et c’est heureux !


Le tissage artisanal à domicile pour "Harris Tweed" 

Ce reportage et les photos associées ont été trouvées sur internet sur le Site de Sébastien Canevet, 
dans son article du 20 août 2009 sur les Iles de Harris et de Lewis. 
Pour avoir droit à l’appellation "Harris Tweed", le tweed doit être tissé à la main sur les îles de Harris et de Lewis. Tout ceci est soigneusement vérifié par l’Harris Tweed Authority. Ceci a pour but de ne pas faire disparaître cet artisanat traditionnel, qui est importante source de revenu pour les insulaires. Cela donne aussi aux clients la certitude d’avoir un produit de haute qualité.

Le tisserand à domicile prend donc livraison des trames déjà prêtes et des bobines de fibres. C’est lui en revanche qui prépare les "canettes", qui seront utilisées ensuite dans la navette. Sur la photo on voit bien les canettes pleines et les vides. La navette est ici dans la main du tisserand. Il pédale pour actionner son métier, en attendant que la navette soit vide, pour la remplacer par celle qu’il tient à la main. Chaque navette permet de faire quelques centimètres de tissus. Il faut ensuite la remplacer en nouant le fil de la nouvelle canette au fil précédent, et ceci de la façon la plus discrète possible.
Sur ces photos, il s’agit d’une démonstration dans la black house de Carloway, mais le tissage à domicile se fait exactement de la même façon, avec cependant un métier plus moderne.Le tissu qui sort du métier est d’une largeur de 75 à 78 centimètres seulement. C’était la taille imposée par la Harris Tweed Autority. Depuis une quinzaine d’années, cependant, la HTA a autorisé l’utilisation de métiers plus modernes, qui produisent un tissu de largeur double de celle ci. Mais seuls les tisserands les plus riches peuvent s’offrir ce nouveau métier.

Le tweed fraîchement tissé est ensuite attaché pour être ramené à la filature pour la suite du processus de fabrication. Un bon tisserand arrive à tisser environ une quinzaine de mètres de tweed par jour, à raison d’un mètre et demi à l’heure, soit plus de 4 kilomètres de tissus par an.

2 février 2019

TP07 - Shirdak, trésor national du Kirghizistan, de Gisèle

Quelle merveille dans mon courrier du jour! Gisèle m'adresse aujourd'hui un mail-art instructif 
et très documenté sur une réalisation textile ancestrale du Kirghizistan dont j'ignorai tout : 
il s'agit de la fabrication traditionnelle d'un tapis de feutre, le shirdak ou chydrak,  
servant pour garnir le sol ou pour tapisser la yourte familiale.
A gauche, une enveloppe est superbement composée avec les motifs de feutres de couleurs qui sont brodés sur les tapis. Sur la photo de droite,  la carte montre une jeune femme occupée à broder, avec cette maxime soulignant toute l'attention et le soin apporté à son ouvrage : "on dit que l'âme des créatrices est dans chaque shirdak". 

La coupure de presse jointe m'explique toute la symbolique de cet ouvrage pour la femme Kirghize :  "Les histoires étaient contés avec le feutre, dans des motifs conçus pour apaiser les dieux, favoriser la chance ou assurer la protection lors de périlleux déplacements dans une nature inhospitalière. Fertilité, sécurité, liberté, paix, protection, amour : tout à son propre symbole découpé dans du feutre et assemblé sur un tapis brodé. Chaque motif comporte une double épaisseur de feutre : une couleur sombre et une couleur claire, ou, en d'autres termes, une positive et une négative. Pour les grands tapis les Kirghizes utilisent les deux cotés, et pour les créations plus petites ou les coussins, elles réalisent des images en miroir, signifiant que tout à deux faces, que rien n'est seul et que tout fait partie d'un grand ensemble.
La confection des shirdaks est régie par des règles implicites. Par exemple, vous ne pouvez travailler sur un tapis qu'en étant de bonne humeur. La colère, la déprime ou une attitude négative ne donneront pas de bons résultats. Seuls, les shirdaks conçus avec amour renferment un vrai pouvoir  : l'âme de leur créatrice. Chaque fille se voit remettre un tapis par sa mère lorsqu'elle quitte le domicile familial. C'est un magnifique cadeau de mariage par lequel la mère transmet tout son amour et ses bons voeux. Cette coutume est encore très vivace dans les zones rurales du Kirghizistan."

Un grand merci à toi Gisèle, qui me fait le cadeau supplémentaire de deux beaux timbres 'tissu".
***
Le Kirghizistan est un pays d'Asie centrale montagneux le long de la route de la soie, ancienne route commerciale entre la Chine et la Méditerranée. Les populations rurales y sont nomades ou semi-nomades et la yourte constitue leur habitat traditionnel. Les animaux que les Kirghizes élèvent sont essentiellement des moutons (pour la laine) et des chevaux, qu'ils utilisent pour leur déplacements.
Secret de fabrication du feutre kirghiz : le feutre est un élément de la tradition essentiel pour les familles kirghizes : il compose les habits, les sols et l’ensemble de la yourte. Isolant et résistant, il a permis aux peuples nomades de se protéger des dures saisons de la montagne pendant des années. Aujourd’hui, il reste important dans l’héritage kirghiz et inspire la mode contemporaine.

L’artisanat se perd peu à peu mais dans le village de Kochkor, dans le centre du Kirghizistan, le feutre fait vivre des centaines de femmes.qui ont repris l'association fondée par leurs grand-mères à l’époque soviétique. Aujourd’hui, l’association réunit plus de 300 femmes de la région autour du feutre et de tout ce qu’on peut en faire – yourtes, tapis, chapeaux, chaussons, gilets et souvenirs. Beaucoup de femmes âgées n’ont que peu de ressources, alors pendant la saison touristique elles essayent  de mettre de l’argent de côté des ventes d’objets en feutre et de démonstrations pour pouvoir les aider pendant l’hiver.  

Avant, toutes les femmes kirghizes savaient fabriquer un chydrak. Cela faisait partie de la dot léguée par les parents de la fiancée, une jeune fille ne pouvait pas se marier si elle n’apportait pas de chydrak. Le chydrak devait garantir le bonheur des jeunes mariés. Chaque couleur a une signification : le bleu représente le ciel, le rouge la longue vie et le vert l’herbe et la nature. Les motifs sont ceux hérités des tribus kirghizes : la yourte, la famille, le Marco Polo  ou encore le Commencement.

Très physique, le travail avec le feutre est très long et exigeant : il fallait presque un an à une femme seule (et non-professionnelle) pour finir le chydrak de la dot. Souvent, les femmes kirghizes fabriquent les tapis en groupe, notamment ceux de la yourte qui sont simplement trop grands et lourds pour une seule personne.
Dans le détail, le feutre est fabriqué à partir de laine de mouton. Il faut d’abord l’alléger et la nettoyer en la découpant et la battant. On l’étale ensuite sur un tapis de paille, lui aussi difficile à fabriquer au Kirghizstan puisqu’il faut partir loin en montagne pour arracher ces longues tiges. Chaque couche de laine doit être déposée à l’inverse l’une sur l’autre. Il en faut deux minimum pour obtenir un tapis, et six pour une yourte. 

Une fois la base prête, on la décore avec de la laine fine et colorée. Les Kirghiz n’utilisent que des colorants naturels, par exemple l’oignon donne une couleur orangée. On roule ensuite l’ensemble dans le tapis de paille, on verse dessus de l’eau bouillante et on l’aplatit en dansant dessus pendant plusieurs heures.

Avant de dérouler le tapis et de voir le résultat, il faut, par tradition, offrir une chanson en échange. On finit par laver le tapis au savon et l’essorer, puis le faire sécher plusieurs jours au soleil.

Le chydrak demande encore plus de temps à sa fabrication, puisqu’il faut coudre plusieurs couches de feutre ensemble. 

D115 - Mandala à la manière de Jeanne-Marie

Dans ma boîte aux lettres aujourd'hui, la fée des brocantes et du recyclage m'a adressé ce bien beau cadeau : un napperon en tricot blanc ajouré comme une dentelle et  repéré dans une vente artisanale, qu'elle a teinté elle-même avec l'encre de vieux feutres bleus, puis enrichi de perles, pour finalement obtenir ce très beau mandala !

Il est magnifique : tu es un magicienne Jamari, 
Merci infiniment !