9 mai 2019

PCP28 - Le pain c'est la vie , pour Postenomade

Pauvre boulanger : ta vitrine est close alors qu'une enquête récente affirme que les Français aiment toujours aller acheter leur baguette (le pain préféré) dans une boulangerie, digne de porter ce nom. Alors pourquoi ? 
Vitrine : d'après la photo d'une vitrine de poupée - site poupendol.com 
Boulanger : santon de Provence Campana
En campagne il faut non seulement tenir la boutique ouverte, mais il est indispensable de faire une tournée pour desservir les villages environnants qui n'ont pas la chance d'avoir un tel commerce sur place. Cela suppose de faire un chiffre d'affaires conséquent pour avoir de quoi disposer d'un véhicule itinérant et de rémunérer davantage de personnel. Pour cela, il faut une clientèle fidèle et constante.

Dans la mesure où les autres commerces de bouche ferment dans les villages, les habitants sont contraints de faire leurs courses en grande surface, et ils en profitent pour acheter en même temps leurs pains et viennoiseries même s'il n'y a là que des produits industriels dont la composition n'est pas toujours très claire au niveau des farines utilisées! 

Autrefois le pain avait une grande valeur symbolique qu'il semble avoir perdu. Au fil du temps, les gens ont perdu le goût du bon pain, sacrifiant la qualité pour des raisons économiques et de praticité. Quel dommage! 

Si vous avez la très grande chance d'avoir un vrai bon boulanger près de chez vous, soucieux de la qualité des farines qu'il utilise,  faites-le vivre !

PCP27 - Les lacets ont rompu, la corsetière s'est lassée, pour Postenomade

Corsetière, joli nom pour un métier disparu!  
Le petit commerce local de lingerie fine pourra-t-il survivre 
face au e-commerce qui fait fureur dans ce segment particulier de l'habillement  ? 
Vitrine :  d'après une phote trouvé sur le ZsaZsa Bellagio Tumblr
Personnages : extraits d'une image ancienne
La raréfaction de ces commerces-la m'attriste : personnellement j'aime bien pouvoir essayer et aussi toucher la matière textile utilisée. Dans ce  type de boutique, le conseil est important aussi, car nous ne sommes pas toutes faites sur le même modèle et là encore, par sa connaissance des articles qu'elle propose, la commerçante vous apporte un vrai plus.

C'est vrai que le coût des articles vendu est plus élevé que dans les grandes surfaces ou sur internet, mais encore une fois, il me semble normal de rémunérer la qualité et le service.

PCP26 - Enfumage, pour Postenomade

 Le tabac tue, le commerce qui lui était spécifiquement dédié meurt aussi !
Vitrine : © Jean-Chritophe Laforge Photographe
Personnage : extrait d'une ancienne publicité
Sachez tout d'abord que je ne suis pas en train de faire du prosélytisme pour promouvoir le tabac, trop consciente des addictions et, plus globalement, des problèmes de santé qu'il génère.

Officiellement, il y aurait beaucoup moins de fumeurs, donc de consommateurs de tabacs. Mais de fait, malgré toutes les alertes affichées sur les paquets de cigarettes par le Ministère de la Santé, c'est une bien trop belle source de revenus, d'impôts indirects, pour qu'il y ait une véritable volonté gouvernementale d'éradiquer cette consommation, à l'origine de tant de cancers du poumon.

J'en veux pour preuve le travail du groupe d'influence des cigarettiers auprès de nos représentants à la Commission Européenne à chaque fois qu'il y est question du tabac. C'est sans compter aussi sur leurs actions auprès des buralistes qui se font entendre à chaque nouvelle augmentation du prix du tabac, pensant perdre à chaque fois du chiffre d'affaires.

Que penser du tabac qui entre en France d'une manière frauduleuse ? Que penser de l'action de prévention vis à vis de la jeunesse : qu'est il vraiment fait  pour la protéger et pour la décourager de commencer ou de continuer à fumer ? 

PCP25 - L'élégance chic y a perdu, pour Postenomade

Plus d'atelier de confection : la couture et le sur-mesure fait main c'est bien fini!
Les belles matières textiles et l'originalité dans nos tenues aussi !
Vitrine : d'après une photo de Claudius Dorenrof publiée sur Flickr
Personnage : tirée d'une gravure ancienne
Cette dame du temps jadis est tout à fait lucide : avec notre manie de vouloir changer tout le temps de fringues en fonction de la mode qui nous est dictée -par qui d'ailleurs?- nous sommes encouragés à toujours plus de consommation, nos dressing sont souvent pleins de vêtements qui ne sont pas toujours portés.

Lorsque l'on sait où ils sont fabriqués (en Asie du sud-est, Chine et Bangladesh), qui les fabrique (des femmes voire des enfants) et dans  quelles conditions ces ouvriers-là sont amenés à travailler pendant de longues journées pour un salaire de misère, il me semble qu'on devrait vraiment réfléchir avant que de céder à une impulsion d'achat d'un nouveau vêtement.

Rappelons-nous l'effondrement du Rana Plaza, immeuble abritant plusieurs ateliers de confection travaillant pour diverses marques internationales de vêtements, près de Dacca le 24 avril 2013. Ce sont pas moins de  de 1135 personnes qui y ont laissé leur vie! Cette catastrophe est un des symboles des abus de la fast-fashion et de la mondialisation sauvage.

PCP24 - Pas de bol pour la coupe, pour Postenomade

Encore un lieu de rencontre et de convivialité qui s'éteint avec la fermeture définitive du petit salon de coiffure local : c'est un vrai déchirement pour la coiffeuse qui a dû se résoudre à cette extrémité !   
Vitrine : © Jarri Mimram photo sur Tumblr

Le coût des produits capillaires à gérer dans son stock plus le niveau des charges à supporter n'était plus compatible avec ce que lui rapportait sa clientèle fidèle mais plus assez nombreuse, le nombre d'habitants permanents du village ne cessant de décroître. 

Quel avenir désormais pour cette coiffeuse ? Trouver du travail en ville  ou se reconvertir en coiffeuse à domicile, pour pouvoir continuer à venir coiffer les personnes âgées du village ? 

Avec la fermeture de ce commerce-là, il n'y a plus de lieu commun où plusieurs personnes pouvaient se retrouver pour échanger des nouvelles et/ou pour trouver simplement de la chaleur humaine, pour rompre un peu leur isolement.

PCP23 - Artiste en mal de création, pour Postenomade

Dure dure la vie d'artiste, quand il n'y a plus suffisamment à faire localement
 pour faire vivre durablement son commerce!
Vitrine : d'après une photo trouvée sur Pinterest

Les professionnels de la photo ne sont plus guère mobilisés par les familles qui ont désormais d'autres ressources pour faire leurs propres photos, ce qui conduit inexorablement ce type de boutique à une fermeture définitive.

PCP22 - Mauvaises nouvelles, pour Postenomade

Même les cafés n'ont plus la cote dans les villages.
Notre brave facteur aurait bien aimé se rafraîchir après avoir sillonné la campagne
alentour pour distribuer le courrier à ses concitoyens.
Devanture : d'après une photo publiée sur le blog "L'employée aux écritures" de Martine Sonnet 
Personnage : tiré d'une gravure
Ici, c'était le rendez-vous des amateurs de courses hippiques où les chances de tel ou tel canasson dans la 5e étaient largement discutées, avant la validation des tickets de tiercé par le patron des lieux.

C'était le lieu où on allait prendre l'apéro entre amis après avoir passé un bon moment à taper le carton pour une belote l'hiver ou après avoir disputé une partie de boules acharnée à la belle saison. 

C'était aussi là où l'on achetait le journal du coin, et où des discussions animées s'en suivaient, surtout en période électorale...

Ne vous y trompez pas : mon propos n'est pas de faire l'apologie ni la promotion de la consommation d'alcool, simplement je regrette qu'il n'y plus de lieux de convivialité où les habitants des villages  puissent se rencontrer et échanger et trouver du service aussi. Outre la presse, on pouvait aussi acheter là ses timbres fiscaux, sa bouteille de gaz, son tabac, quelquefois aussi il y avait une pompe à essence... 

La désertification des villages a eu raison aussi de ce type de commerce. 

PCP21 - Sans fleurs ni couronnes , pour Postenomade

Notre petite bouquetière a bien raison : il n'est pas facile du tout maintenant d'aller spontanément acheter un bouquet de fleurs fraîches pour l'offrir à sa douce !
Devanture : s’après la série photographique « J’habite une ville fantôme » de Thibaut Derien
Personnage : bouquetière tirée d'une image ancienne
Cette ancienne boutique de fleurs a déjà été transformée en résidence individuelle. Dans le petit commerce rural ou en centre ville des petites agglomérations, la vente de fleurs fraîches n'a pas survécu ; dans les villes plus importantes, le nombre de boutiques de fleuristes indépendantes va en décroissant à toute vitesse, sauf peut-être à Paris et dans les grandes capitales régionales.

Les grandes jardineries les ont tuées les unes après les autres, puis elles en sont maintenant à se bouffer entre elles! Et pourtant elles ne proposent pas grand chose d'extraordinaire dans leur rayon fleurs "fraîches". Il n'est pas question de venir acheter au débotté une gerbe de fleurs à composer pour un évenement sans avoir passer une commande au préalable. Ce service là était rendu par les fleuristes qui prenaient beaucoup plus de risque lorsque l'on sait la fragilité du produit vendu.

Non, le top du top aujourd'hui serait de passer commande de ses fleurs sur internet : pour cela nous voici réduits à choisir sur catalogue  parmi les bouquets déjà préparés, tous formatés, sans avoir vu les fleurs ni leur fraîcheur et, ce,  à condition de s'y prendre au minimum 24 heures à l'avance!

Pauvre bouquetière, nous vivons une curieuse époque! Que reste-t-il de la poésie, du langage des fleurs, de la possiblité d'échanger avec la fleuriste sur ce qu'il convient d'offrir pour telle ou telle situation? 

PCP20 - Tout à une fin, même pour les meilleurs, pour Postenomade

Hélas pour ce charcutier aussi c'est la fin d'activité au village : sa boutique restera
désormais obstinément les volets clos
Devanture : d'après une photo de Grégory Tonon sur Flickr
Personnage : santon Fouque
C'était pourtant le roi du boudin, de la saucisse et du jambon : rien que du bon, de la qualité quoi !
Oui, mais le village se vide de ses habitants, la jeunesse est partie car l'école a fermé. Il n'y a plus de travail aux alentours pour les actifs, ne vivent plus ici que des retraités et là encore cela n'a pas suffit à maintenir à flot ce commerce de bouche.... les clients ont préféré le rayon charcuterie de la grande surface voisine, ou pire, la charcuterie industrielle sous vide.

PCP19 - Le boucher ne fait plus le poids..., pour Postenomade

Misère, encore une boucherie-charcuterie de province qui a baissé le rideau !
Ce boucher est directement victime du désamour des Français pour la viande rouge
Vitrine : d'après une photo trouvée sur le site Geodszner chronique la Nièvre
Personnage
Hector le boucher de Djian et Chaber  
Depuis quelques années, la seule viande dont la consommation progresse vraiment, c'est celle de la volaille, et ce n'est pas avec elle que le boucher fait principalement son chiffre d'affaires.

Les prix de la viande bovine et ovine restent  élevés: c'est encore plus vrai en boutique qu'au supermarché et les consommateurs vont préférer du coup s'approvisionner en grande surface. Même s'ils mangent moins de viande rouge qu'avant (prise de conscience des  problèmes de souffrance animale et impact de l'élevage intensif sur le changement climatique),  ils ne cherchent pas davantage à privilégier la qualité. 

Aussi le sort de notre pauvre boucher en milieu rural est-il scellé !

PCP18 - Rideau sur la décoration textile , pour Postenomade

Boutique fermée là aussi : la filière textile et la confection sur mesure ont du plomb dans l'aile
surtout dans les petites localités.
Vitrine :d'après une photo du site Fragmentsroannais.ektablog.com © Dom Lortha 
Personnage : tiré d'une gravure
Comme je comprend bien cette couturière : faire ses double-rideaux soi-même est une gageure, si l'on ne veut pas en passer par les coloris, les matières et les systèmes de suspension à la mode du moment. Et comme j'ai horreur de ce qui est formaté et visible chez tout le monde, je ne suis pas à la noce.

Bien qu'en région parisienne, seules deux grandes surfaces nous proposent les tissus et voilages permettant d'habiller les fenêtres, mais l'alternative est la suivante :  acheter la gamme qu'ils proposent en prêt à poser, ou bien donner ses mesures pour leur faire-faire nos rideaux en choisissant sur échantillons. Leurs services plaisent au plus grand nombre, alors faisons fi de l'originalité.

Heureusement qu'il nous reste pour un temps encore le Marché Saint Pierre à Paris Montmartre...mais pour combien de temps encore?

PCP17 - C'est encore lui le plus mal chaussé, pour Postenomade

Voici une très belle échoppe de cordonnier tristement fermée elle-aussi. 
Pourtant ce cordonnier met tout son coeur à l'ouvrage, n'est ce pas ? 
Que s'est il passé : nous avons toujours besoin de nous chausser  et nous courrons tout le temps!
Vitrine : d'après une photo que je ne retrouve plus sur Pinterest
Personnage : image publié sur le site petitenvol2011.ektablog.fr
Oui mais nous ne faisons plus réparer nos chaussures, nous préférons changer de modèle souvent afin de suivre la mode (pour ceux qui peuvent se le permettre).

Les chaussures ne sont plus en cuir mais le plus souvent dans des matériaux en simili-cuir ou en un matériau proche du plastique ; elles sont fabriquées pour un coût relativement modique à l'autre bout du monde, en Chine (par des enfants, ce n'est pas exclu).

Cordonnier, un métier quasiment disparu!

PCP16 - Le boucher n'a plus la moelle, pour Postenomade

La grille est fermée pour toujours : la boucherie du bourg vient d'arrêter définitivement son activité.
Ce brave boucher ne s'en remet pas!
Vitrine : © photo de Bernadette G. sur son blog  Devanture.bulent d'une boucherie de Chartres
Boucher : figurine du personnage du boucher Sanzot dans la BD Tintin dessinée par'Hergé
Il va lui falloir bien du courage, car il va devoir aller chercher du travail et très probablement se retrouver embauché dans le rayon boucherie du super ou de l'hypermarché du coin.

Il n'avait pas compris que les consommateurs boudaient la bonne viande, la trouvant trop chère ou préférant aller acheter du surgelé ou du tout-prêt à réchauffer, tellement ils sont pressés par la vie moderne et n'ont plus envie de passer du temps à cuisiner. 

Oui me direz-vous,  mais il y a les week-end et les barbecues entre amis où généralement la viande a encore sa place: là encore, il est très difficile à une boucherie de village de rivaliser avec les lots préparés sous vide par les grandes surfaces à des prix modiques ...oui mais alors, il ne faut peut être pas être trop regardant sur la provenance ni sur la qualité! 

PCP15 - Tant pis pour celles qui aiment caresser le tissu, pour Postenomade

Cette échoppe a fermé pour toujours son  double portail : plus personne ne venait passer commande de métrage de tissus pour la confection de tentures d'ameublement ou,  dans une moindre mesure, pour tailler et coudre des vêtements. Difficile dans ces conditions de maintenir un stock de tissus  avec un maximum de choix dans les matières textiles sans faire faillite.
Vitrine : photo non retrouvée
Personnages : santons de Provence
Pourtant, alors que la couture et le DIY (Do It Yourself) sont très tendance actuellement (regardez la presse spécialisée),  il est toujours aussi difficile de trouver des tissus à acheter, avec un choix dans les matières et les couleurs, pour être en mesure de pouvoir créer ses propres vêtements, ou pour faire du patchwork ou autre activité textile.  

Quel calvaire de ne pas pouvoir palper, sentir sous ses doigts l'étoffe pour en éprouver la tenue ou l'élasticité! Et ce n'est pas l'achat de tissus sur internet qui va pouvoir remplacer ces sensations-là un jour. Frustrations !

PCP14 - Sans "coup de feu", les cuistots sont cuits, pour Postenomade

C'est un restaurant pourtant mais voici un commerce de plus qui a fermé définitivement dans le bourg. Les cuistots sont totalement bouleversés par cette désaffection qu'ils ne comprennent pas : 
les Français aiment généralement bien manger, non ? 
Vitrine : d'après une photo publiée par Tripadvisor
Personnages : Santons de Provence habillés 
Oui mais voilà, le village n'a pas d'intérêt touristique particulier, donc les tour-opérateurs ne l'ont pas recensé. Faute d'animation par d'autres commerces, et faute d'école, petit à petit le nombre d'habitants a décru, et ceux qui restent, même avec de la bonne volonté et les moyens de le faire, ne peuvent à eux-seuls représenter une clientèle suffisante pour pérenniser l'activité de ce restaurant. 

Dommage !