9 mai 2019

PCP13 - Soucis de maintenance, pour Postenomade

Les amateurs de motocyclettes et de petites cylindrées sont bien embêtés : avec la fermeture définitive de ce commerce, ils n'ont plus personne à présent pour les dépanner, au village.
Vitrine : d'après une photo du blog "des signes sur les murs" de GeoDazner
Bien qu'il s'agisse là d'un atelier d'entretien pour un moyen de transport, il y a fort à parier que sa  clientèle a vite disparu car les villages se dépeuplent en premier lieu de leur jeunes gens, qui adorent prioritairement ce type de bécanes pour leurs déplacements. 

Et si le bourg ne comporte plus d'autres commerces, alimentaires notamment, il leur faut faire des kilomètres pour aller se ravitailler ; pour ce faire l'automobile est largement plus pratique.

PCP12 - Quand le nombre de menuiseries artisanales s'amenuise , pour Postenomade

La menuiserie s'est tue : nous n'entendrons plus le bruit de la scie. 
Nous n'entendrons plus non plus le sifflotement gai du menuisier, toujours content du travail du bois qu'il avait choisi comme métier, avec passion.
Vitrine : ©Eric Ehrengarth - photo relevée sur le site photos.linternaute.com
J'ai eu la chance de côtoyer la menuiserie d'un artisan dans mon village autrefois. Je me  souviens de la bonne odeur des essences de bois coupé, de la sciure qu'on allait chercher chez lui, et des jolis copeaux qui s'enroulaient sous son établi. Je me souviens également du stock de troncs d'arbres sciés de long, qui séchait longuement à l'arrière de son atelier, pour en assurer la solidité. 

Il fabriquait les planches pour les parquets, il savait faire des placards et des meubles sur mesure, avec beaucoup de goût et d'originalité. A cette époque-là, on savait prendre le temps nécessaire pour fabriquer du solide,  fait pour durer et  où l'unique préoccupation n'était pas le rendement. 

Les grandes surfaces du prêt-à- poser pour les fermes des toitures, pour les portes et fenêtres de nos pavillons en PVC ou en aluminium ont fait disparaître petit-à-petit la majorité des petites menuiseries artisanales. Tout est préfabriqué en usine ou dans de grandes entreprises spécialisées maintenant, la production est formatée, uniformisée...c'est bien dommage!

PCP11 - Qui c'est? c'était le plombier, pour Postenomade

S'il est un commerce qui ne devrait pas fermer tant on en a besoin absolument partout, 
c'est bien celui de plombier!
Devanture : d'après une photo de Stephan Vanfleteren
Personnage :Figurine beau métier sur Centerblog
Dans cette branche du dépannage d'urgence, il y a beaucoup d'abus. Ces "pseudo-plombiers" profitent du désarroi du client en situation de stress pour saler la facture ce qui ne garantit absolument pas la fiabilité de l'intervention. Que dire du prix abusif souvent du déplacement ? 

Ce marché est tellement juteux que certaines boites se battent pour figurer dans les premières lignes des professionnels à appeler sur les pages jaunes (nom de société en  A.A. ou A.A.A. etc...). Maintenant sur internet, ce sont les mêmes qui vous appâtent  avec des offres alléchantes à bas coût plus que suspectes.

N'avez-vous jamais eu à faire avec ces plombiers, indélicats, qui,  pour arrêter une petite fuite sous un lavabo nécessitant le remplacement d'un simple joint, vont vous conseiller le remplacement  complet du sanitaire? 

Lorsqu'on a la chance de trouver un vrai professionnel artisan plombier, on en communique les coordonnées à ses amis. Leur meilleure publicité se fait par le bouche-à-oreille tellement le vraiet bon professionnel dans cette spécialité, c'est devenu rare et précieux. 

PCP10 - Ravitaillement compromis, pour Postenomade

Même la petite alimentation générale du village est en train de péricliter!
Pourtant tout le monde doit se nourrir tous les jours. 
Vitrine : d'après une photo relevé sur le Flickr "de Provence et d'ailleurs" veille boutique de Narbonne
Personnage : santon de provence 
En grand sage, l'épicier a raison : conserver un local actif dans la commune pour permettre un approvisionnement en circuit court avec éventuellement un tour de rôle établi entre tous les producteurs locaux pour tenir la boutique, est une très bonne idée,  dans l'air du temps. 

Tant en campagne qu'à la ville, les gens commencent à prendre conscience qu'il convient de s'approvisionner en respectant les saisons, c'est une garantie de prix plus raisonnable, avec plus de goût et de vitamines pour les fruits et légumes consommés. 

Vouloir consommer des tomates toute l'année ou vouloir faire venir des fraises du Chili sur la table pour Noël est une hérésie et un luxe que l'on ne doit plus se permettre. Avec le bouleversement climatique, c'est du délire que de vouloir s'approvisionner ainsi à l'autre bout du monde, avec une empreinte carbonne maximale.

Privilégions les circuits courts, faisons vivre les producteurs et maraîchers implantés près de chez nous. C'est une organisation gagnant/gagnant, tant du coté du producteur que du côté des consommateurs même si manger sain et bon a un coût, celui qui permet de rémunérer correctement le producteur.

PCP09 - Après le bon grain, même plus l'ivraie, pour Postenomade

Que c'est triste pour tous les jardiniers et les petits agriculteurs de passer devant cette boutique au rideau baissé! Pendant tant d'années, ils ont pu se procurer là conseil et diversité dans le choix proposé,  tant pour les semences de céréales ou de cultures vivrières de plein champ que pour les graines de légumes à planter dans les petits carrés de jardinage potager.

Comme par ailleurs, une loi leur interdit d'obtenir leur propre semence en laissant certaines plantes  monter en graines (plutôt que de les récolter à temps), leur donnant la possibilité ainsi d'ensemencer eux-même  l'année suivante, le champ est libre pour les multinationales du secteur.
Vitrine : d'après une photo trouvée sur le site pixdar.com
Personnages :  trouvés sur des images de sachets de graines américains

Après avoir tué le petit commerce de graineterie, après avoir voulu imposer leur graines génétiquement modifiées (soja et mais OGM), l'industrie chimico-agro-alimentaire avec Monsanto en tête et les très  gros semanciers ont gagné !

Les laissera-t-on faire sans réagir ? Quand on voit la guerre qu'il faut mener contre nos propres gouvernants pour obtenir qu'on arrête de polluer les terres avec du glyphosate, entre autres insecticides, pesticides et herbicides, il y a de quoi se désespérer.

Pourtant à nous tous, consommateurs, nous avons le pouvoir de boycotter les produits qui contiennent des additifs qui ne sont là que pour faire joli, pour rejeter les emballages qui nous encombrent dont on ne sait plus se débarrasser. Je crois qu'il va nous falloir devenir vite des consommacteurs contre ces faiseurs de fric, qui en n'ont rien à faire de la santé humaine et qui se fiche d'empoisonner à outrance la terre qui n'en peut plus.

PCP08 - Fermeture définitive, pour Postenomade

Nous y sommes cette fois : après plusieurs fausses alertes,  c'est la fermeture définitive de la mercerie, le dernier commerce de la bourgade. 
Devanture  : photo non retrouvée
Personnage : santon de provence Campana
Plus d'animation à espérer ici : cette dentelletière est toute marrie! Pour le moment elle a encore du stock mais où trouvera-t-elle bientôt le fil de lin nécessaire pour créer sa jolie dentelle aux fuseaux ?  Et puis c'est un sentiment d'abandon et d'isolement qui la submerge car il ne reste plus guère que des vieilles personnes ici... ce n'est pas très gai!

Comment faire pour ranimer  les bourgs et petits villages ? Il semblerai qu'on recense actuellement une tendance d'un repli vers la campagne. Lassés de la vie trépidante menée dans les grandes villes, du niveau du coût de la vie à supporter pour y vivre décemment et du prix d'achat du m2 devenu totalement ubuesque pour espérer s'y implanter, des "néo-ruraux" commencent à revenir s'implanter à la campagne. Ce phénomène récent suffira-t-il à redynamiser les village. N'est-il pas déjà trop tard ? 

PCP07 - Marée très basse, pour Postenomade

Toutes les régions de France ne sont pas proches de la mer, et pour certains d'entre nous, le poisson congelé reste la seule façon d'en consommer au naturel. 

Mais pour tous les autres, allons faire travailler ce commerçant indépendant  qui se lève très tôt pour aller s'approvisionner aux Halles de Rungis pour des arrivages de frais ou mieux encore chez ceux qui se ravitaillent directement auprès des patrons pêcheurs dans les ports.
Devanture : d’après la série photographique « J’habite une ville fantôme » de Thibaut Derien
La meilleure garantie de qualité et de fraîcheur, c'est la présence d'une clientèle régulière et abondante. Alors, si vous avez ce genre de commerce près de chez vous, profitez-en bien!  Mieux que personne votre poissonnier peut vous renseigner sur les poissons de saison et sur la meilleure manière de les préparer et de les consommer en évitant les arêtes. 

Il faut admettre qu'on ne peut pas manger 365 jours sur 365 les seuls poissons nobles que sont le saumon et le bar de ligne, le turbot, le thon (ce qu'il en reste) la lotte ou la sole. Déjà il faudrait en avoir les moyens, et puis, d'autres poissons moins valorisés, offrent autant de qualité gustatives, comme le poisson bleu (sardine, maquereau) par exemple.  Là encore, l'expérience de ce professionnel peut vous aider à valoriser au mieux leur chair avec des recettes gourmandes.

Battons nous pour conserver des poissonneries indépendantes !

PCP06 - Bonne chère trop chère, pour Postenomade

Lorsqu'on sillonne la France, on trouve moult panneaux pour annoncer la proximité 
de restaurants tout au long de la route.

Pourtant, à y regarder mieux, si l'on ne veut pas se retrouver dans un boui-boui sordide 
ou bien si l'on ne peut pas s'offrir le resto gastronomique, que nous reste-t-il ? L'offre des auberges de qualité pour un rapport qualité/prix raisonnable n'est pas très "nourrie".
(Façade : photo non retrouvée)
Personnage: santon de provence Campana
Les français aiment bien manger mais la bonne chère, bien et fraîchement préparée, cela a forcément un coût et, pour amortir ce coût,  il faut un nombre de clients suffisant pour que le gérant du restaurant n'y laisse pas sa chemise. C'est hélas la mésaventure qui vient d'arriver à ce brave aubergiste.

PCP05 - Où aller se siffler un petit verre? pour Postenomade

Il fait chaud, il fait soif : vous aimeriez bien pouvoir vous poser pour boire un coup 
 même si vous n'êtes pas en ville.

Quoi de mieux qu'un petit troquet où se rafraîchir après avoir fait une belle randonnée à pied ou à vélo ou bien après avoir visiter un site dans un joli village? Quoi de plus sympa les soirs d'été, que de rester en terrasse avec des amis pour partager un pot de l'amitié?
Façade : d'après une photo d'un bar publié dans la rubrique
"à la recherche des bistrots perdus"sur le site Bikini et Pop-Culture 
Je sais, la réputation de la France pour le nombre de ses petits bistrots, ses bars et autres estaminets n'est plus à faire. Eh bien, c'est assez étonnant, mais en campagne, ces commerces-là sont contraints de fermer définitivement également,  faute de clients.

Comprenons-nous bien : là encore mon propos n'est pas d'encourager à la consommation d'alcool qui peut faire tant de ravages chez les personnes addictes et pour leur proche entourage, mais simplement de regretter que ces lieux de retrouvailles et de partage disparaissent petit à petit.

PCP04 - Long comme un jour sans pain, pour Postenomade

Encore un commerce de bouche obligé de fermer faute de clientèle ! 
Que c'est triste et dommageable pour la communauté des habitants 
Vitrine : d'après une photo du reportage photographique "Fermeture en devanture" de Pascal Fournier, auteur photographe
Personnage : santon de Provence Campana
Une vraie boulangerie avec un four sur place, un boulanger qui fait son métier à l'ancienne, cuisant dans un four à bois sa pâte au levain qu'il a laissé lever pendant de longues heures, c'est devenu rarissime. 

Cependant, des boulangers professionnels consciencieux qui ont modernisé leur processus de fabrication mais qui s'approvisionnent en farine bio et font encore du pain au levain c'est plus courant et c'est précieux.

Savez-vous que le pain industriel, vendu pas cher, 4 baguettes pour le prix de 3 dans les supermarchés est pétri avec de la levure ordinaire et une farine bourrée d'additifs (mais on ne sait jamais lesquels ni s'ils contiennent des allergènes)? S'inclinant plus bas que terre dès que le temps est humide, ce "pain-là" est très décevant,  s'avérant totalement immangeable le lendemain. C'est la même chose en ville dans les "fausses boulangeries"(celles qui n'ont pas de four sur place, qui ne font que réchauffer des pâtons industriels précuits, et qui diffusent un parfum artificiel de "pain chaud" pour attirer le chaland).

Non croyez-moi : pour quelques centimes d'euros en plus, vous ne regretterez pas de privilégier la belle miche tranchée ou entière à la mie souple et aérée.... qui se conserve plusieurs jours si vous l'emballez bien dans un torchon. Cela encouragera le boulanger traditionnel, le vrai professionnel, à continuer dans la voie de la qualité et du bon goût, et ce métier pourra perdurer.

***

Je vous recommande d'aller visiter le site de l'Auteur-Photographe Pascal Fournier qui a réalisé une bien jolie série de photos nommée "fermeture en devanture" 
totalement raccord avec le sujet qui nous préoccupe.

PCP03 - Pilule amère, pour Postenomade

Nous connaissons un grand fléau actuellement dans notre système de santé avec la raréfaction 
des médecins de campagne.
D'ailleurs, certains de ceux qui restent, vieillissant et débordés, n'acceptent plus les déplacements. 
 Vitrine de la pharmarcie  : d’après la série photographique « J’habite une ville fantôme » de Thibaut Derien
Et pour l'approvisionnement en médicaments, c'est aussi la galère, les petites pharmacies disparaissent elles-aussi de nos compagnes, la diminution du nombre des habitants ne permettant plus leur maintien sur place.

Alors, comment s'organisent les vieilles personnes qui ne sont pas motorisées pour aller se faire soigner et se procurer des médicaments ? Je me le demande.

PCP02 - Il n'y a plus d'école, même pour apprendre à conduire, pour Postenomade

Depuis 6 mois avec le mouvement des gilets jaunes c'est un discours que nous entendons tous les jours : nécessité absolue pour les ruraux et pour les habitants de certaines petites villes aussi, de posséder un véhicule personnel pour vivre tout simplement :  pour aller à son travail, pour faire les emplettes de la famille, pour se rendre chez le docteur ou chez le pharmacien.

Difficile pour eux de faire autrement : le réseau des transports en commun converge vers Paris ou les grandes villes de province mais les transversales ont toujours été oubliées. 
Devanture : d'après une photo de lucthéo sur  pixabay
Auto : dessin extrait de la couverture d'un livre pour enfant
Les distances entre lieu de vie et  lieu de travail en province, ne permettent pas toujours d'avoir le choix de recourir à un mode de transport plus écologique, comme le vélo par exemple.

Il y a donc nécessité de continuer de faire apprendre à conduire à de nombreux postulants. Pourtant l'avenir des petits patrons d'auto-école indépendantes n'est pas rose : prochainement en concurrence avec des sociétés privés de typer Uber pour donner leur cours de conduite, le passage des examens pour la connaissance du code de la route leur échappe, récupérée déjà en partie par La Poste.

PCP01- Reportage photo, pour Postenomade

Belle devanture d'un bleu pétant mais c'est encore un commerce qui garde portes closes. 
Une petite enquête s'impose pour savoir ce qui se passe avec le petit commerce de proximité 
qui tend à s'éteindre.

Milou : "Fais attention Tintin, il va être très difficile ici d'acheter des pellicules supplémentaires pour finaliser ton reportage, le magasin du photographe est définitivement fermé" ! 

Tintin : "comme Thibaud Derien le photographe (voir post précédent) je vais avoir du boulot à recenser et fixer sur la pellicule toutes ces anciennes vitrines de commerce désaffectés : il me semble qu'il s'agit là d'un patrimoine intéressant dont il faut garder la mémoire!"

Devanture  : d'après une photo relevée sur le site Pariscool.com © Gérard Laurant
Personnages : Tintin et Milou dessin original d'Hergé


Avec l'arrivée du numérique (mais déjà avant) la photographie de famille ne fait plus recette.

Dans les années 50, on se souvient des étapes importantes de la vie qu'on tenait à immortaliser :
  • à la naissance des enfants,  on les faisait  photographier par un professionnel,  tout nu sur un oreiller, à plat ventre, la tête bien dressée... 
  • puis, pour la communion solennelle 
  • pour le mariage ensuite, mais le nombre de mariage a sacrément diminué
  • et à la rentrée scolaire, mais là encore faut-il qu'il subsiste une école!
  • enfin  les photos d'identité pour les papiers officiels...
mais tout cela ne nourrit plus son homme depuis belle lurette!

Dans un premier temps, le prix des appareils photos a baissé et les gens se sont équipés individuellement et n'ont plus fait autant appel aux professionnels.

Avec la généralisation du téléphone portable, nous sommes entrés dans une ère où tout le monde se prétend photographe (surtout pour immortaliser sa propre image via le selfie et sa large diffusion sur les réseaux sociaux). S'agit il vraiment encore de photos d'ailleurs? Il n'y a aucune recherche, aucune composition, que de l'instantané pris à la volée et encore plus vite partagé. L'usage abusif de cet appareil est une vraie plaie, surtout dans les spectacles vivants où les spectateurs ne sont plus capables de vivre l'instant présent en direct,  à profiter pleinement de la prestation des artistes qu'ils ont devant eux : il leur faut toujours un écran devant les yeux pour capter une vidéo et pour montrer ensuite  à leur entourage qu'ils y étaient bien! Et tant pis pour ceux que cela gêne!

Au temps des fake-news qui infestent les médias,  je salue particulièrement le travail de tous les photographes professionnels dont la probité ne peut être soupçonnée : ils sont les témoins qui partagent avec nous leur vision des événements du monde, que ce soit pour leur beauté, leur actualité, mais surtout leur véracité. Je les remercie pour les risques qu'ils prennent en réalisant leur photo-reportages.

PCP-00- Le roi du pinceau, pour Dentellebleue

Comme annoncé hier,  je viens de poster  une série de 40 mailarts sur le thème de la fermeture croissante du petit commerce en milieu rural et dans les petites villes que j'ai nommée "Petit commerce en péril" (PCP). 

Tous sont  tous destinés à la manifestation artistique organisée du 11 au 19 mai prochain par Tony Mazzochin, à la Poste de Saint-Geoire-en-Valdaine, avec l'ouverture exceptionnelle de sa Postenomade sur le thème : "les commerces ferment, moi je LOUVRE".

***
Et comme à chaque série que je créée, j'aime garder un souvenir du travail effectué en m'envoyant une carte d'art postal. Voici donc le mail-art, hors série, que je me destine.
Vitrine :d’après la série photographique « J’habite une ville fantôme » de Thibaut Derien 
Personnage: Santon de provence Cantana 
Il s'agit du commerce d'un peintre-vitrier qui n'existe plus tellement sous cette forme artisanale avec ses produits à vendre en boutique.

De nos jours, les matériaux pour la peinture sont diffusés dans les grandes surfaces du bricolage, les fenêtres arrivent toutes vitrées en usine (à cause du double ou triple vitrage qui nécessite l'injection d'un gaz entre les couches de verre). Quant aux peintres, ils travaillent à plusieurs au sein d'entreprises spécialisées en peintures et ravalements, d'une taille bien plus conséquente.

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Je tiens tout particulier à saluer le travail de photographe documentaire de Thibaut Derien 
dont je me suis partiellement inspirée pour élaborer cette série. 
Thibaut DERIEN 
Thibaut Derien photographe, est né en 1974 à Lorient. Il pratique la photographie depuis le lycée.
Auteur et interprète de quatre albums de chansons, c’est lors de ses tournées que sa série « J’habite une ville fantôme » voit le jour. Il a désormais troqué la musique et les mots pour le silence et l’image et se consacre pleinement à la photographie. Il vit et travaille dans sa ville fantôme.

La galerie Parallax , lieu d'art dédié à la photographie contemporaine à Aix en provence, présente sa série « J’habite une ville fantôme" d''une bien jolie manière. Je vous laisse apprécier.

Thibaut Derien a commencé à parcourir la France il y a dix ans, évitant à dessein les grands axes de circulation et ses sorties bordées par des kilomètres de panneaux criards, d’insipides préfabriqués,de lotissements uniformes et de ronds-points à donner le tournis, que des années de politiques urbaines négligentes ont imposé comme les nouveaux standards esthétiques des zones périurbaines.Il est parti à la recherche des rares petits commerces encore debout mais bel et bien abandonnés,témoins d’une époque, d’un métier, d’un goût, d’une mode.
Des petits commerces désertés,laissés aux aléas du temps, qu’il a sélectionnés avec attention parmi la multitude trouvée sur sa route, pour l’émotion singulière qui s’en dégageait, et qui lui ont inspiré cette ville fantôme observant impuissante l’animation de centres commerciaux impersonnels, là-bas, au loin. Pas si loin. 
Ces petits commerces peuplent la ville fantôme de Thibaut Derien, formant un cimetière, un varia de traces, de vestiges d’une époque révolue, balayée par les industriels, les franchises et l’indifférence de clients envoutés par les sirènes de la consommation de masse et ses temples de tôle et de parpaings. 
Dans ce cimetière de boutiques, les rideaux sont baissés, tirés, les portes scellées,les fenêtres murées. Les devantures étouffent dans un cadre strict, carré, qui éclipse tout le reste. 
On retrouve dans ces photographies la frontalité de Walker Evans et d’Eugène Atget, qui avant lui ont immortalisé des petits commerces en voie d’extinction. 
Mais la frontalité de Derien est, elle, poussée à l’extrême, réduisant les boutiques à leur seule façade, excluant toute profondeur de champ, anéantissant les volumes susceptibles de réanimer ces ruines exsangues et réduisant au silence ce qui faisait la particularité de ces commerces de proximité : le lien social. Une frontalité pure qui bouche la vue du spectateur et lui fait violemment ressentir la fin. 
Tellement qu’on se surprend à penser qu’après tout, ces petits commerces ne sont peut-être qu’une illusion, des décors de cinéma dont les façades peintes seraient soutenues par de simples échafaudages. Comme si on préférait croire que tout ça n’était qu’un rêve. 
Les plus optimistes, eux, laisseront leur imagination vagabonder. Car cette frontalité qui garde le minimum d’informations, confère aussi une valeur générique et une sorte de virginité aux boutiques : des milliers d’histoires peuvent s’écrire derrière ces façades désolées. 
Passée l’angoisse de la fin et du vide, on se laisse malgré tout charmer par la beauté des lignes, des mots, des matières, des typographies, des ouvertures, des fermetures, des formes et des couleurs de ces boutiques. 
Et de ces vitrines vides, orphelines, se dégagent tout à coup une émotion et même une certaine vitalité. Celle du passé, celle que notre imagination se surprend à inventer. 
Thibaut Derien appartient à une famille de photographes qui font de la photographie documentaire un art, de la trivialité du quotidien, un poème, et qui constatent avec effroi les mutations de notre société, ses laideurs contemporaines et ses splendeurs passées. 
Sa ville fantôme nous dévoile les ruines d’une société qui n’existe plus, nous met face à nos responsabilités et nous révèle à la fois la beauté qui se dégage de ses décombres.

TP24 - Belles antillaises et madras, de Michèle

J'ai trouvé un vrai mail art textile et de grande taille, aujourd'hui dans ma boite à lettres : quel bonheur ! Tout le soleil des Antilles, le sourire de ces belles femmes, et toute l'amitié de Michèle 
me comblent et me font chaud au coeur.

Le fond du mail art est composé d'un tissage de lanières de tissu madras, tissu traditionnel des Antilles, entrelacées avec du tissu plus classique : de la belle ouvrage, vraiment !
Au verso du mail-art,  je trouve d'abord une explication sur le nombre de noeuds que comporte la coiffe de ces belles : en fait c'est un message codé qui se lit à coeur ouvert :
un seul noeud signifie : "je cherche un francé"
trois noeuds : "chasse gardée". 
Voici également un texte qui accompagne cette belle réalisation :
Coté paradis
Les jours de fête
on se pare de bijoux
et on sort foulards
et madras du fond
de l'armoire. Alors, 
sans nostalgie aucune, 
on retrouve avec sa
grand'robe les 20 ans
de grand'maman

Merci Michèle, quel cadeau!