26 juin 2026

Rendre l'eau à la terre : alliances avec le peuple castor dans les rivières face au chaos climatique

Après avoir écouté une conférence de l'Académie du Climat sur le sujet primordial de l'eau,  je me suis procuré le merveilleux livre de Baptiste Morizot illustré par les aquarelles de Suzanne Husky et je vous en parle ci-après, en première partie du post.  

Dans une deuxième partie, vous trouverez une expérience menée sur le terrain pour expliquer concrètement comment s'y prendre pour régénérer une rivière, en présence de Vincent Verzat dont je vous ai déjà parlé ici, le youtubeur vidéaste, défenseur actif du vivant qu'on peut suivre sur sa chaine Partager c'est sympa. 

Rendre l'eau à la terre, avec Baptiste Morizot et Suzanne Husky
Vidéo d'une conférence donnée à l'Académie du Climat

Baptiste Morizot et Suzanne Husky esquissent, dans leur ouvrage commun Rendre l'eau à la terre, des pistes d'alliance avec les non-humains pour rendre aux rivières leur pouvoir d'amplification de la vie. Baptiste Morizot est l'une des figures de proue de la nouvelle philosophie du vivant. Suzanne Husky développe une pratique créative de médias mixtes centrée sur les relations entre l'Homme, les plantes et la terre. De leur rencontre naît un ouvrage commun, Rendre l'eau à la terre, publié dans la collection Mondes sauvages. Sous la forme d'aphorismes et d'aquarelles, leurs voix s'entremêlent pour explorer les alliances possibles avec les non-humains afin de ralentir les rivières, de retenir l'eau et de restaurer son pouvoir d'amplification de la biodiversité face aux sécheresses de plus en plus fréquentes. 

Avec : Baptiste Morizot, écrivain et philosophe et  Suzanne Husky, artiste

les merveilleuses aquarelles de Suzanne

Présentation

En 2024, le Centre des monuments nationaux invite l’artiste Suzanne Husky pour une carte blanche au château de Châteaudun. L’artiste présente une tapisserie sous forme de frise co pensée avec le philosophe Baptiste Morizot.

Pour cette Histoire des alliances avec le peuple castor, Suzanne Husky s’inspire de la tapisserie de Bayeux pour illustrer l'histoire de relations inter-espèces sur une période de onze siècles. La tapisserie de Bayeux est une broderie de laine sur toile de lin mesurant plus de 68 mètres de long. À travers neuf panneaux de tissus, elle relate les événements de la conquête de l’Angleterre par Guillaume, duc de Normandie, au XIème siècle. À la manière de Bayeux, Suzanne Husky séquence son récit en six parties, racontant l’histoire de la rivière de l’époque Mésolithique jusqu’au XXIème siècle.

Réemployant le vocabulaire esthétique de l’art populaire, l’artiste dessine des traits simples, des personnages naïfs, des aplats de couleurs. Les bordures sont enrichies de détails qui complètent la narration principale.

Ainsi, les personnages centraux de ce récit ne sont pas de grandes figures de l’histoire humaine mais les alliances entre les castors et les humains, la rivière et ses habitants. Considéré comme un grand transformateur de son environnement, le castor ralentit, complexifie le parcours de l’eau et hydrate les terres depuis huit millions d’années. En construisant des barrages, le castor crée des zones humides qui favorisent l'installation d'autres espèces animales, protège des civilisations contre les sécheresses et les inondations, en limitant les crues. Mais, progressivement, l’emprise des terres agricoles, le contrôle humain des flux pour des usages variés a mené à la simplification des cours d’eau et à la quasi-disparition de l’espèce.

Cette tapisserie a été tissée par l’atelier britannique Dash&Miller à partir d’un dessin à l’aquarelle réalisé par l’artiste. Elle est le fruit d’un travail minutieux de transcription et d’interprétation. De nombreux détails ont été ajoutés à la main par des brodeuses basées en Sud-Gironde, accompagnées par Emeline Daudet et Suzanne Husky. Chaque séquence est enrichie de textes rédigés par le philosophe Baptiste Morizot, co-concepteur de la frise.

Suzanne Husky est une artiste franco états-unienne, née en 1975, qui vit et travaille entre San Francisco et Gajac, en Sud-Gironde. Diplômée de l'école des Beaux-Arts de Bordeaux, puis en paysagisme et en agroécologie, elle développe une pratique qui retisse les liens entre l'humain, les plantes et la terre.

Artiste engagée, Suzanne Husky navigue entre œuvres visuelles et travail de terrain. A travers ses récits, elle invite à une compréhension de nos environnements. Elle participe à l'organisation de chantiers de régénération des cours d’eau fondés sur l’observation des savoir-faire des castors ; soit une nouvelle manière low tech, low carbon et sans machine de « guérir les rivières » par la revitalisation des sols et la plantation. Suzanne Husky co-préside l’association Mouvement d’alliance avec le peuple castor.

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Chantier Castor avec Baptiste Morizot : la rivière RÉPOND FORT !
Vidéo créée par Vincent Verzat sur la chaine Youtube Partager c'est sympa
Soigner les rivières avec une méthode low-tech inspirée par les castors : Voilà le projet portée par le philosophe Baptiste Morizot et son équipe. 
Rejoignez le Mouvement d'alliance avec le peuple castor, et reprenez la rivière aux machines : https://mapca.eu/ Et sur instagram : mouvementalliancepeuplecastor
Immense merci à l'équipe GEMAPI qui m'a accueilli pour ce tournage et à Rémi Masson, le plongeur photographe qui a fait ces images incroyables de castors sous l'eau, foncez découvrir son travail : https://www.remimasson.com/
Merci à Bertrand Sinssaine qui m'a aidé sur ce montage : https://www.studiotaiga.fr/

Ce chantier est organisé et porté par le service GEMAPI de Valence Romans Agglo. Il est dirigé par le chef de projet technicien de rivière Cédric Cadet, et réalisé par les équipes d'agents de rivière de l'Agglo, en collaboration directe avec les membres du MAPCa. Le projet de régénération est ajusté au contexte géographique de la rivière, et au diagnostic précis de ses problèmes propres. Il a été validé par la DDT Drôme et est suivi par l'OFB. La contrainte qu'on se donne quant aux outils utilisés pour le low tech low carbon est de se limiteur "aux outils portables par des humains". cette contrainte a été pensée par le spécialiste de la restauration Kevin Swift. Cela implique de renoncer aux tractopelles, aux engins, aux machines chaque fois que c'est possible, mais cela permet de mobiliser les tronçonneuses et d'enfoncer les poteaux thermiques. L'un des enjeux majeurs du projet est de régénérer les complexités dynamiques d'une rivière vivante. Elle se rend ainsi capable à nouveau d'abriter une grande diversité et abondance d'espèces, qui contribuent en retour à la robustesse et à la résilience du milieu face aux chocs climatiques.

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