6 novembre 2024

100 ans de résistance! Adieu et merci à Madeleine Riffaud

Madeleine Riffaud, héroïne de la Résistance, est morte ce mercredi 6 novembre à l’âge de 100 ans.  Engagée dès l’âge de 18 ans dans un groupe de Francs-tireurs et partisans, ses actions de combat en ont fait une figure emblématique de la Résistance. Journaliste-reporter pendant les guerres du Vietnam et d’Algérie, elle était également poétesse.  
Madeleine Riffaud en 2011

Madeleine Riffaud dont je vous avais déjà parlé sur ce blog, c'était l'un des derniers grands noms associés à cette période de l'histoire ; son engagement pendant toute sa vie m'a toujours beaucoup impressionnée : elle était la résistance incarnée! 

Voici d'abord l'extrait d'un article hommage qui lui est rendu sur le journal l'Humanité de ce jour :

Une héroïne s’en est allée. Son legs : tout un siècle de combats. Madeleine Riffaud, poétesse, résistante, ancienne journaliste à l’Humanité, est décédée ce mercredi 6 novembre. 

Elle était un personnage de roman, à l’existence tramée par la lutte, l’écriture, trois guerres et un amour. Une vie d’une folle intensité, après l’enfance dans les décombres de la Grande guerre, depuis ses premiers pas dans la résistance jusqu’aux maquis du Sud-Vietnam .Dans son appartement parisien, la vieille dame, front plissé, traits durs, regard perçant malgré la cécité, dépliait d’elle-même un récit sûr, précis, ponctué du pépiement des oiseaux qui l’entouraient, dans leurs grandes volières. Vêtue de noir, ses longs cheveux toujours nattés de côté, elle fumait, en se remémorant l’intime et l’histoire, et jusqu’à la première blessure, longtemps enfouie dans l’oubli, un viol enduré alors qu’adolescente, elle devait passer la ligne de démarcation pour rejoindre le sanatorium. La tuberculose était tombée sur elle comme un malheur de plus, dans l’exode, alors que sa famille fuyait Paris occupé.

Embrasser le combat : de la maladie, elle se releva, pour embrasser le combat. « Je suis entrée dans la Résistance avec un nom d’homme, un nom d’Allemand, un nom de poète » : dans la clandestinité, elle était Rainer, pour Rainer Maria Rilke. Il avait fallu la force de conviction de Raymond Aubrac pour qu’elle accepte de témoigner de son action dans la Résistance – « Je suis un antihéros, quelqu’un de tout à fait ordinaire. Il n’y a rien d’extraordinaire dans ce que j’ai fait, rien du tout », insistait-elle dans le documentaire que lui consacra en 2020 Jorge Amat, Les sept vies de Madeleine Riffaud.

Comme je suis triste aujourd'hui de voir cette femme qui s'est battue toute sa vie pour la paix et la liberté, s'éteindre le jour même où les fascho-populistes étatsuniens ramènent au pouvoir un Donald Trump totalement incontrôlable pour un nouveau mandat présidentiel qui s'annonce pire que le premier.
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Qui était Madeleine Riffaud ? | Histoire de l'INA

 
les 80 ans de la Libération de Paris - Madeleine Riffaud la résistante a 100 ans!

L'éloge funèbre que les éditions Dupuis ont publié aujourd'hui à l'occasion de sa disparition est particulièrement riche et documenté car Madeleine semble avoir eu tant de vies! : je vous laisse en prendre connaissance, avec émotion.

C'est avec une profonde tristesse que nous vous annonçons le décès de la résistante, poète, écrivain, journaliste et correspondante de guerre Madeleine Riffaud. Il est survenu ce jour à son domicile parisien. Madeleine avait 100 ans.

On peut être spectateur de sa vie, subir les événements, n'être que le témoin des bouleversements qui nous entourent. Très tôt, Madeleine Riffaud a, quant à elle, décidé d'être actrice de son existence. Née le 23 août 1924 à Arvillers (Somme), Madeleine développe une force de caractère qui la pousse à vouloir résister aux Allemands dès 1940, alors qu'elle n'a que 16 ans.

Après un séjour de quelques mois en sanatorium en Isère, elle se rend à Paris en 1942 pour entrer dans la Résistance intérieure. Avec comme nom de guerre Rainer, en hommage à l'écrivain autrichien Rainer Maria Rilke, Madeleine enchaîne les missions, apprend toutes les ficelles des combattants clandestins, grimpe quatre à quatre les échelons dans l'organisation. En 1944, elle intègre les FTP (Francs-tireurs et partisans). En juillet de la même année, elle abat un officier allemand en plein jour sur le pont de Solférino. Par malheur, elle est immédiatement arrêtée par la milice, qui la livre à la Gestapo. Après plusieurs semaines de torture pendant lesquelles Madeleine ne parle pas, elle est condamnée à mort. Le 15 août, elle parvient à s'échapper du « convoi des 57 000 », dernier convoi de déportés politiques parti de Paris pour Buchenwald et Ravensbrück. Le 19 août, elle est de nouveau opérationnelle pour participer à l'insurrection parisienne, dans le 19e arrondissement. À la tête d'un détachement de trois hommes, elle stoppe un train de soldats allemands dans le tunnel des Buttes-Chaumont et fait 80 prisonniers. Puis elle participe à l'âpre bataille autour de la place de la République, prend fin la libération de Paris. Elle tente alors, comme ses compagnons d'armes, de s'engager dans l'armée régulière pour continuer le combat jusqu'en Allemagne. Mineure (elle n'a pas encore 21 ans) et tuberculeuse, elle est éconduite. La guerre est terminée pour elle, la laissant brisée par les semaines de torture et les troubles de stress post-traumatique.L'écrivain Claude Roy, qu'elle avait croisé au sanatorium, lui présente Paul Éluard, qui la prend sous son aile. L'auteur du poème Liberté est frappé à la fois par l'état d'épuisement extrême de la jeune femme et par les poèmes qu'elle a écrits pendant la guerre. Il lui présente Picasso, Vercors, et publie ses compositions dans L'Éternelle Revue. Grâce à Éluard, elle commence une carrière de journaliste, d'abord dans Ce Soir, dirigé par Louis Aragon, puis dans La Vie ouvrière, hebdomadaire de la CGT. Madeleine couvre les grèves nationales de 1947 et celles des mineurs de 1948. En 1954, elle part au Viêt-Nam pour surveiller la bonne application des accords de Genève. Elle se marie avec le poète Nguyên Đình Thi, qu'elle a rencontré au festival de la jeunesse de Berlin, 3 ans auparavant. Elle retrouve Hô Chi Minh qu'elle a rencontré à Paris en 1946. Les couples mixtes étant interdits par les Chinois qui ont pris le pouvoir en sous-main, elle rentre en France, en 1955. Elle reprend pied avec le journalisme. En 1957, Madeleine intègre le quotidien L'Humanité pour couvrir la guerre d'Algérie. Dans ses articles, elle dénonce les rafles qui ont lieu à Paris, la torture des opposants algériens rue des Saussaies, dans les mêmes locaux où elle a été torturée en 1944, le massacre du 17 octobre 1961. Elle se rend régulièrement en Algérie, souvent clandestinement pour échapper à l'OAS (Organisation de l'armée secrète) qui l'a condamnée à mort. En 1962, de passage à Oran, elle est victime d'un attentat : un camion militaire percute frontalement sa voiture. Brisée en 1000 morceaux, elle passe plusieurs mois sur un lit d'hôpital en Suisse. En 1964, elle retourne au Viêt-Nam, pendant plusieurs semaines dans les maquis Viêt-Cong. Elle y retournera jusqu'à la fin du conflit en 1973. De cette expérience sur le terrain, elle tire les livres Dans les maquis vietcong, et Au Nord-Viêt-Nam (écrit sous les bombes). En 1974, marquée par l'hospitalisation et le décès de sa mère, Madeleine décide de dénoncer les conditions de travail du personnel hospitalier en France. Forte de sa formation de sage-femme pendant la guerre, elle se fait embaucher comme aide-soignante sous un faux nom et travaille pendant un mois dans plusieurs hôpitaux. Cette enquête donne lieu à un livre, Les Linges de la nuit, publié en 1974, qui se vend à un million d'exemplaires.Dédiée toute sa vie à celles et ceux qui souffrent, Madeleine se consacre à partir de 1994 à la mémoire des Résistants morts pour la France pendant la Seconde Guerre mondiale. Longtemps, elle refusa de revenir sur ces années sombres. Mais pour le cinquantenaire de la Libération, Raymond Aubrac la convainc de raconter aux jeunes générations son expérience de la Résistance, en souvenir de ses camarades disparus. Depuis, elle n'a cessé de transmettre sa mémoire. Poète, écrivain, journaliste, parolière, elle devient scénariste de bande dessinée à 97 ans en publiant son autobiographie « Madeleine, résistante » scénarisée par JD Morvan et dessinée par Dominique Bertail (Dupuis).

Elle s'est éteinte ce matin, paisiblement dans son lit entourée de ses proches.

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Adieu Madeleine, ton courage et ta résistance omniprésente t'honorent en ce monde où tout va de travers : nous ne t'oublierons pas!
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Je complète mon post avec une série de 10 enregistrements trouvés sur France Culture relatant la vie si remplie de cette femme extraordinaire qu'était Madeleine Riffaud :
épisode 10/01 : l'enfance en résistance
épisode 10/05 : Algérie, l'odeur du jasmin
épisode 10/06 : dans les maquis vietcong
épisode 10/10 : Paris 1973-1993

MO01 - Ouvriers raboteurs de parquets et fendeurs de bois au 19e siècle, par Isabelle

Voici le premier mail-art que je reçois en rapport avec le nouveau thème sur le monde ouvrier que je viens de lancer. Au moment de composer son enveloppe, Isabelle s'est posée la question de savoir si les ouvriers du bois qu'ils soient raboteurs de parquet comme au temps de Caillebotte, ou fendeur de bois comme le personnage de droite sont bien des ouvriers* ou des artisans* car tous sont des travailleurs manuels.

Il n'y a aucun doute sur le fait qu'à l'époque où ces métiers étaient pratiqués comme sur l'image, les hommes ne travaillaient pas pour leur propre compte : c'étaient donc bien des ouvriers du bois. 

Caillebotte en 1875 a choisi de peindre ces raboteurs de parquets car c'étaient des travailleurs  totalement invisibilisés, déjà.  
Gustave Caillebotte (1848 - 1894) : Raboteurs de parquet 1875
Ce tableau constitue une des premières représentations du prolétariat urbain. Si les paysans (Des glaneuses de Millet) ou les ouvriers des campagnes (Casseurs de pierres de Courbet) ont souvent été montrés, les ouvriers de la ville ont très rarement fait l'objet de tableaux. Contrairement à Courbet ou Millet, Caillebotte, bourgeois aisé, n'introduit aucun discours social, moralisateur ou politique dans son oeuvre. L'étude documentaire (gestes, outils, accessoires) le place parmi les réalistes les plus chevronnés.

Merci Isabelle d'être la première à ouvrir cette nouvelle filière  avec cet hommage aux ouvriers du bois. Cela me fait très plaisir, merci vraiment.

* Rappelons la définition d'un ouvrier : c'est un travailleur ou une travailleuse qui exécute pour le compte d'autrui, moyennant salaire, un travail manuel (dans un atelier, une mine, une manufacture, une usine, une exploitation agricole,...). Il est bon de préciser que tous les travailleurs manuels ne sont pas des ouvriers. L'artisan est une personne qui fait un travail manuel, qui exerce une technique traditionnelle ou artistique à son propre compte, aidée souvent de sa famille et d'apprentis (ex. serrurier, plombier).

28 octobre 2024

Nationale 7, soleil sur la route des vacances, de Diane

Diane participe cette année au défi "Inktober", ce qui consiste à réaliser un dessin sur un thème prédéfini pour chaque jour du mois d'octobre.

La journée du 9 octobre était dédiée au mot "soleil", ce qui justifie l'envoi de cette enveloppe évoquant la route des vacances, la célèbre Nationale 7 chantée par Trenet, où les belles voitures généralement bien chargées descendaient sur cette voie pour gagner la méditerranée. Le car de tourisme avec la belle voyageuse toute bronzée en short est également très évocateur.

Sympas la borne kilomètrique N7 de chaque côté de l'enveloppe, ainsi que le dessin du livre de l'été, de la paire de lunettes de soleil et de la crème solaire. 

Bravo Diane pour les timbres soigneusement choisis avec le cabriolet 204 Peugeot décapotable et la demoiselle sur le départ tirant sa lourde valise.  Merci à toi, pour  l'évasion  que tu me proposes alors que les vacances d'été sont déjà un peu loin, ce qui me permet de rêver encore aux beaux jours, et n'a pas manqué de me remettre la chanson de Trenet dans la tête!

Renarde et ses petits au terrier, pour Jeanne-Marie

La Poste a édité récemment un collector de timbres sur les renards : j'en profite pour faire un joli coucou à mon amie savoyarde qui n'a plus le coeur au mail-art depuis déjà un long moment.

Je ne voulais pas que sa boite aux lettres reste vide à cette époque de l'année où Jeanne-Marie a toujours beaucoup reçu chaque année, pour son thème des sorcières,  à cause de la fête d'Halloween. 

Cette amie toujours enjouée pendant des années nous a beaucoup gâtés, sa fantaisie et sa créativité débordante nous ont longtemps époustouflés. C'est pourquoi je tiens tant aujourd'hui à lui adresser une brassée de pensées positives et l'assurer de mon meilleur souvenir.

J'espère que ce mail-art avec renarde et renardeaux que tu adores, saura trouver le moyen de te distraire un petit moment. Je t'en souhaite bonne réception, mon amie. 

100 jours de détention : art postal et courrier de soutien à Paul Watson

Le 23 octobre dernier, après une quatrième comparution devant un tribunal au Groënland, juge et  procureur danois ont demandé une nouvelle prolongation de trois semaines pour la détention de Paul Watson, emprisonné à Nuuk depuis le 21 juillet dernier. A chaque fois, les autorités refusent de visionner les preuves qui sont de nature à le disculper dans un simulacre d'exercice de la justice. 

Ce courrier ne changera rien bien sûr à sa condition de prisonnier, mais je tente de lui apporter un message d'espoir et d'encouragement à tenir bon, car avec seulement 10 minutes d'échange téléphonique avec sa femme et ses enfants par semaine, cet isolement de fait devient de plus en plus lourd à supporter au fil du temps. En effet, il n'a de visites que celles de ses avocats, pas d'ordinateur, ni de co-détenus parlant sa langue.

La directrice de Sea Shepperd France a redonné l'adresse où lui écrire en prison, si vous partagez son combat.
Paul Watson
Anstalten Prison
Nuuk, Greenland
DK-3900

Dans quel monde vivons-nous si nous acceptons de voir les contrevenants en toute liberté violer les lois et le moratoire international interdisant la chasse à la baleine,  alors que l'on emprisonne ceux qui cherchent à les faire respecter? Quel courage il faut avoir pour être un lanceur d'alerte dans ces conditions! Free Paul Watson!

Un homme de paroles : le conteur Jean-Pierre Chabrol, pour Eric

Comme l'exposition d'art postal sur les paroles, annulée à Mialet ce dernier week-end à cause du risque d'inondations, sera très probablement reportée,  j'en profite pour rajouter un mail-art pour Eric.
sur le transistor, la photo de Jean-Pierre Chabrol l'écrivain - RD
Je le dédie à  une autre forme de paroles désormais devenue très rare : c'était la voix radiophonique des conteurs, comme celle de Jean-Pierre Chabrol que j'ai choisi pour illustrer mon propos car il m'a bien accompagné sur le transistor familial,  avant que je le découvre dans ses livres.
Fils d'instituteurs né à Chamborigaud en 1925, mort à Ponteils en 2001, Jean-Pierre Chabrol est un enfant de la Cévenne comme il se plaisait à le dire.

Etudiant engagé dans la Résistance, au lendemain de la guerre il devient dessinateur puis journaliste à l'Huma et commence, encouragé par Louis Aragon, l'écriture de son premier roman : "La dernière cartouche", publié en 1953. C'est le début d'une belle et grande carrière littéraire : auteur de plus de 40 ouvrages, romans, récits, contes, théâtre, il a été encouragé et soutenu par son ami Mac Orlan.

Mais Jean-Pierre Chabrol est aussi un merveilleux conteur, un homme de radio et de télévision, un historien, l'ami de Georges Brassens, Yves Montand, Mouloudji, Jacques Brel…

Amoureux et fier de sa Cévenne, son Pays des Rebelles, il en fera le décor de certains de ses romans. Il sera le chantre de ces petites gens, de ces paysans mineurs de toutes nationalités, venus chercher refuge en Cévennes.

Oeuvre immense et diverse, il y aborde tous les sujets avec force et conviction. Traverser les Cévennes sans écouter Jean-Pierre Chabrol, sans partager ses émotions, est ne voir que le bout de ses souliers en oubliant le paysage et son histoire. Jean-Pierre Chabrol est à découvrir pour certains, à lire et relire pour d'autres et le redécouvrir à chaque page.
Extrait enregistré de Jean-Pierre Chabrol contant son enfance, parlant de son grand père 
.Vidéo publiée sur Youtube par SA-Avenger
Jean Pierre Chabrol raconte son dogue : vidéo publiée sur Youtube par l'INA Archives

2 octobre 1976 Jean-Pierre Chabrol chez lui à Pont de Rastel dans les Cévennes en compagnie de Tibère, jeune dogue danois, se promenant, jouant. Jean-Pierre Chabrol, assis dans un pré avec Tibère, montre comment la vie est rythmée par les animaux, parle des rapports entre son chien et lui. Racontez une histoire troublante sur le chien de Jeanne la compagne de Georges Brassens. Images d'archive INA Institut National de l'Audiovisuel.

Landes : une forêt artificielle voulue par Napoléon III, pour Isabelle

Voici un mail-art sur le thème de la forêt landaise pour Isabelle. Je ne connais pas beaucoup ce département des Landes, n'ayant fait que le traverser pour descendre en voiture jusque dans les Pyrénées Orientales mais je ne doute pas qu'il recèle bien des beautés sur son littoral et dans sa forêt sur les sites touristiques.

Pour ma part je la trouve in tantinet monotone et surtout fort fragile car la sylviculture d'une seule variété d'arbre parce qu'elle pousse bien vite et qu'elle est de bon rapport comme c'est le cas du pin maritime n'est pas un argument suffisant pour en faire une forêt intéressante sur le plan de la biodiversité. Il n'y a qu'à voir les dégâts qui ont suivi la tempête de 2009 puis les nombreux et récents incendies qui ont ravagé des parcelles entières avec une vigueur encore jamais égalée. 

La forêt landaise site https://www.cotelandesnaturetourisme.com/destination/la-foret-landaise - Forêt des Landes après Klaus en 2009 La plantation de pins à Guillos, le 20 juillet 2022, après le passage du feu- Marion Parent

Un pays de Landes et de sable
Il y a plus de deux cents ans, au sommet de la dune du Pilat, face aux vents de la mer, rien ne résistait. Le sable avançait sur la terre au gré des rafales, jusqu'à gagner 40 mètres par an ! L'avancée des sables sur la côte n'était pas alors l'unique inquiétude des habitants. Sur les vastes plaines intérieures, ruisseaux et rivières évacuent trop lentement les pluies abondantes : le sol sableux s'engorge. Dans ces eaux stagnantes, moustiques et autres insectes pullulaient, apportant aux hommes les fièvres du paludisme : « La terre est saturée d’eau pendant tout l’hiver ; l’eau regorge jusqu’à la surface, et comme le sol est plat, ou à peu près, les Landes sont une mare impraticable jusqu’au retour du beau temps. L’été venu, autre histoire. Vous pensez bien qu’une telle masse d’eau croupie ne s’évapore pas sans empoisonner le pays. Nous récoltons ici toutes les variétés connues de la fièvre, exceptée la jaune. » (Ebout 1900)

Au début du XVIIIe siècle, l'homme entame l'amélioration de son milieu, en cherchant à stopper l'avancée permanente des dunes vers l'intérieur des terres. C’est finalement en 1787 que plusieurs procédés sont testés lors d’expériences entreprises à La Teste (Gironde) par un ingénieur des Ponts et Chaussées, Nicolas Brémontier. Il fut en quelque sorte le premier chercheur à travailler sur la Pinède landaise ! Sur le cordon dunaire du littoral, le piégeage du sable est fait par l'oyat, une plante aux longues racines, qui permet d'obtenir un tapis végétal bloquant la progression des grains de sable. Sur les dunes plus intérieures, la stabilisation définitive est assurée par un ensemencement de Pin maritime / ajonc / genêt. En 1864, les dunes sont ainsi fixées et terre et hommes, protégés du sable. 
En 1857, Napoléon III impose alors par la loi à l'ensemble des communes d’Aquitaine l'ensemencement en pins de leurs terrains, assurant ainsi le drainage et l’assainissement des marécages du plateau. De la pointe du Médoc aux méandres de l'Adour, de l'Océan aux berges de la Garonne, le massif des Landes de Gascogne est né. Actuellement, en Aquitaine, sur plus d'un million d'hectares de forêts de production (1 810 000 ha), 815 000 ha sont majoritairement constitués de futaies de Pin maritime (Inventaire Forestier National 2007-2011).

Un pays de Pin et de bois
Originaire du Sud de l’Europe et du Nord de l’Afrique, il était déjà présent naturellement en France, et notamment en Gironde – Landes – Corse – Alpes maritimes bien avant ce programme d’envergure de plantations : sa présence est déjà notée aux alentours de 1650 sur les buttes au milieu des marécages (cartes de Cassini). Ce conifère avait alors été choisi lors des reboisements du XIXe siècle car malgré les vents dominants de la mer, la pauvreté de ce sol sableux, détrempé en hiver mais desséché en été, le pin maritime pousse vite et bien. A 45 ans, il peut atteindre 30 m de hauteur et 40 cm de diamètre.
Source : extrait d'un article sur le site https://www.jardinsdefrance.org/la-foret-des-landes-de-gascogne-royaume-du-pin-maritime

Quand lutherie et poésie font alliance en un instrument de légende, pour Ouiza

Il y  a déjà longtemps que j'apprécie la musique rendue par le luth oriental qu'on appelle le oud. Et j'ai déjà eu la chance de voir des virtuoses de cet instrument dans la salle de spectacles Paul B de Massy, à moins d'un kilomètre de chez moi : par exemple, j'ai entendu jouer Rabih Abou-Khalil, célèbre compositeur libanais et merveilleux joueur de oud, il y a une bonne dizaines d'années.

Plus proche de nous, l'an passé, c'est le Trio Joubran qui m'a régalée, accompagné par le percussionniste Youssef Hbeisch. Ces trois frères oudistes sont impressionnants à écouter mais aussi à regarder car ils n'arrêtent pas de communiquer entre eux pour jouer en improvisation. Tous sont d'excellents musiciens évidemment mais deux d'entre eux sont en plus des luthiers, la quatrième génération de fabricants de oud, après Hatem leur père, Basem le grand-père et Dib l'arrière-grand-père. Wissam l'ainé est même diplômé du très fameux conservatoire Antonio Stradivari de Crémone. 
Les trois ouds qui ont été joués ce soir-là sont des créations de Wissam dont le sien, particulièrement travaillé : son centre est constitué d'une rosace avec un poème du grand poète palestinien Mahmoud Darwich, complété d'un message de paix avec l'inclusion de deux colombes. C'est un magnifique instrument qu'il a mis une bonne année à réaliser. 
Wissam Joubran dans son atelier de lutherie de Paris 15e
C'est cette poésie si délicatement ciselée que j'adresse à une nouvelle correspondante, dont j'admire depuis longtemps les envois qu'elle adresse à l'ami Eric. J'espère que ceci saura lui plaire.
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Et comme je ne me lasse jamais de leur musique, je vous donner quelques bonnes occasions d'en connaître plus sur ce trio de frères originaires de Nazareth, de nationalité israélienne par la force des choses, mais Palestiniens de cœur et messagers de paix.
Le Tio Joubran invité dans l'émission de Jean François Zigel de 2015
A l'ombre des mots : poésie de Mahmoud Darwich et musique par Trio Joubran et Percussionniste Youssef Hbeisch -2009
deux vidéos du Trio Joubran publiées sur la chaine Youtube de Amor Beh Rhouman

1/Lien sur la biographie de Wissam JOUBRAN et sur la dynastie de luthiers dans la famille JOUBRAN

2/Lien sur un article "Le trio JOUBRAN - Frères de résistance, frères de résonance" qui décrit leur vocation et la musique qu'ils créent et aiment à jouer ensemble.

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Mahmoud Darwich
J’imagine
et il n’ y a pas de mal à cela
ni d’illusion;
que, d’un fil de soie, je coupe le fer,
que d’un fil de laine,
je construis les tentes du lointain
et que je leur échappe
et échappe à moi-même
car je suis…comme je suis!

24 octobre 2024

"Ma bohème" d'Arthur Rimbaud, de la part de l'Etre anonyme

Je suis contente de recevoir cette lettre poétique de l'Etre anonyme qui rend hommage à Arthur Rimbaud, dont c'est l'anniversaire de sa naissance, il y a 70 ans.

J'ai de vraies lacunes en ce qui concerne ce poète qu'on a surnommé "l'homme aux semelles de vent". Pourquoi me reste-t-il en tête des poésies de Verlaine, mais rien du tout de Rimbaud. Etait-il considéré comme trop sulfureux ou trop avant-gardiste pour qu'on nous enseigne sa poésie? 


Ma Bohème 

Je m’en allais, les poings dans mes poches crevées ;
Mon paletot aussi devenait idéal ;
J’allais sous le ciel, Muse ! et j’étais ton féal ;
Oh ! là ! là ! que d’amours splendides j’ai rêvées !
Mon unique culotte avait un large trou.
– Petit-Poucet rêveur, j’égrenais dans ma course
Des rimes. Mon auberge était à la Grande-Ourse.
– Mes étoiles au ciel avaient un doux frou-frou
Et je les écoutais, assis au bord des routes,
Ces bons soirs de septembre où je sentais des gouttes
De rosée à mon front, comme un vin de vigueur ;
Où, rimant au milieu des ombres fantastiques,
Comme des lyres, je tirais les élastiques
De mes souliers blessés, un pied près de mon coeur !

Arthur Rimbaud, 
Cahier de Douai (1870)

J'ai honte de mon inculture en ce qui le concerne alors que je sais que c'est un artiste fort apprécié, à la vie fort courte mais tellement dense. Merci beaucoup Catherine, de me l'avoir remis en tête, à moi d'aller découvrir son oeuvre fulgurante, désormais. 

21 octobre 2024

D182 - "Dame à la dentelle", une défiguration d'Eric

L'ami Eric a pour habitude depuis quelque temps de s'approprier des visages d'hommes ou de femmes couchés sur papier glacé, tirés de magazines people qu'il récupère, et de les détourner avec malice. 

C'est ainsi que l'air de rien, au fil des jours, il a élaboré toute une galerie de portraits qu'il nomme ses "défigurations" (ou "reconfigurations" lorsqu'il va jusqu'à orienter le visage de face de la photo d'origine pour en faire un profil -ou l'inverse-), réalisant ainsi une véritable série. Son sens de la perspective, ses qualités pour le dessin plus les couleurs vives de ses Posca en font des enveloppes d'art postal tout à fait originales. 

Aujourd'hui c'est à mon tour de recevoir l'un de ses visages reconfigurés, avec une touche toute spéciale pour moi, puisque qu'Eric a rajouté un petit morceau de dentelle ancienne pour orner le front de la belle. Merci beaucoup Eric pour cette gentille attention, cela me fait très plaisir. 

Merci d'avoir pris le temps de me faire cet envoi alors que tu es fort occupé à finaliser l'organisation  de ton exposition à Mialet le prochain week-end!

18 octobre 2024

Appel à mail-art : En mémoire du monde ouvrier de France

Généralités :
Format A5 de préférence, A4 maxi - pas d'ATC - timbre et adresse au recto
Création libre - Appel permanent 

Fernand Léger, Les constructeurs - 1950
Les ouvriers ferraillent et coffrent les premières voûtes, en aval du barrage
1946-1951 : le barrage de Vassivière, une histoire d’hommes, d’eau et d'électricité
(archive photo EDF juillet 1950)

.2024 - En mémoire du monde ouvrier de France - MO

Alors que la France comptait six millions d’ouvriers en 1911, dépassant pour la première fois le nombre des agriculteurs exploitants, cette catégorie sociale semble aujourd’hui avoir disparu du paysage économique et social engloutie par les restructurations industrielles et la mondialisation. Pourtant les ouvriers existent encore mais, en un siècle, ils ont subi des mutations qui en ont fait quasiment des invisibles. 
Source Hérodote Article de 2021

Comme vous le savez déjà,  je suis née et j'ai vécu à la campagne mes vingt premières années,  issue d'un milieu ouvrier dont je n'ai jamais eu honte. Je pense très souvent à mon père maintenant disparu, dont toute la vie active s'est déroulée sur des chantiers du BTP puis dans différentes usines.

Je ne l'ai connu qu'en bleu de chauffe (y compris lorsqu'il était à la retraite), son travail à l'usine et son engagement à défendre ses collègues occupaient le plus clair de son temps, le reste étant occupé à produire des légumes au jardin tous les jours, week-end compris, pour nous assurer une alimentation saine et régulière sans être obligé d'aller acheter à l'extérieur. C'était tout sauf un fainéant, pas davantage une personne "assistée". 

Par respect pour ce monde ouvrier, je ne me résous pas à laisser disparaître de la mémoire collective toutes ces personnes qui se sont usées à la peine en travaillant durement dans tous ces lieux de production intensive qui ont fait la richesse de la France depuis l'industrialisation de la fin du 19e siècle, jusqu'aux années 80 du siècle dernier -sans oublier tous les efforts qu'ont leur a demandé après chaque guerre mondiale pour remettre le pays sur pied-.

Ces hommes et ces femmes (quelquefois aussi les enfants) travaillaient essentiellement :
- dans les mines (charbon, bauxite, métaux rares, etc..) 
- dans les grandes infrastructures (routes, barrages hydrauliques,...) 
- à l'usine, que ce soit dans le textile, le plastique, le verre, l'industrie automobile, la chimie, l'aéronautique, ou autre...
- dans les hauts-fourneaux ou à la forge, pour la métallurgie et la sidérurgie
- dans le bâtiment...
- etc...etc... 
Des ouvrières au travail, sous la surveillance de deux contremaîtres,
dans l’atelier des aimants de l’usine d’Unieux des Établissements Jacob Holtzer, date et auteur inconnus

Avec cet appel,  j'aimerai pouvoir faire revivre un temps tous ces ouvriers et leur environnement à travers vos envois, car ils me semblent mériter tout notre respect et notre considération. 

J'espère que ce nouveau thème vous plaira, tous vos mails-art sur le sujet seront les bienvenus. 

Vue perspective d'une partie des cités ouvrières de Mulhouse. Dessin de Lancelot, vers 1855. 
Collection Archives municipales de Mulhouse. Source : Wikimedia Commons.

Cet appel à mail-art concernant exclusivement la catégorie des ouvriers, comme précisé ci-après.

Qu'est ce qu'un ouvrier? : c'est un travailleur ou une travailleuse qui exécute pour le compte d'autrui, moyennant salaire, un travail manuel (dans un atelier, une mine, une manufacture, une usine, une exploitation agricole, forestière...). 

Qu'est ce qu'un artisan?: c'est une personne qui fait un travail manuel, qui exerce une technique traditionnelle ou artistique à son propre compte, aidée souvent de sa famille et d'apprentis  (ex. serrurier, plombier).

En effet, le fait de pratiquer un travail manuel ne suffit pas à décrire un ouvrier. 

17 octobre 2024

Des ballons légers, un petit côté vintage : quel pied les enveloppes de Christophe !

Une invitation à participer à la 15e JMFTA du 21 novembre prochain : c'est que ce contient cette nouvelle enveloppe bricolée par l'ami Christophe dans les pages d'un vieux magazine, joliment revêtue de collages vintage : j'adore!

En effet, pour ceux qui ne le sauraient pas encore, c'est vers son génial petit musée, le MIAP de Rencurel, que convergeront les courriers de cette nouvelle édition, revêtus de nos faux-timbres d'artiste les plus créatifs.

Merci Christophe pour ce rappel, j'avais bien noté la date,  car depuis la 8e édition je participe à cette aventure extraordinaire qu'est la Journée Mondiale du Faux-Timbre d'Artiste, avec toujours autant de plaisir. 

16 octobre 2024

Migrants : toujours des victimes de la misère et de la guerre, pour Jean-Fi

Je m'attaque aujourd'hui à un sujet brûlant dans l'actualité au point que mes oreilles en sont douloureuses : "l'immigration, les immigrés, les migrants, les réfugiés, les demandeurs d'asile" on entend ces mots à longueur de journée, les chaines d'opinion et les media mainstream s'en font sans arrêt l'écho! N'oublions jamais qu'ils ne sont pas une entité globale et indifférenciée, mais qu'il s'agit là tout simplement d'individus comme vous et moi, des hommes, des femmes et des enfants!

Cela me fait mal aux tripes également car je suis une petite-fille d'immigrés italiens, venus de leur lointaine et pauvre région du Frioul et fuyant l'Italie fasciste : oui,  je suis la fille d'une "macaroni" comme on appelait ma maman lorsqu'elle était petite-fille, pourtant née en France. A l'époque, il n'était pas forcément très facile de s'intégrer car les plus pauvres et les plus démunis étaient souvent mis au banc de la société, y compris dans les petits villages comme celui où la famille s'est fixée (cf. Le Rital de Cavana). Cependant, à force de volonté et de travail, toute la famille s'est bien insérée,  heureuse de pouvoir voir les enfants s'instruire à l'école de la République, même s'ils ont dû la quitter dès l'age de 14 ans pour aller travailler à leur tour. 

Alors, pour Jean-Fi, j'ai réalisé un montage à partir de différentes photos et dessins retraçant la migration des plus pauvres lors de la grande dépression consécutive au crash boursier de 1929 aux USA. Comme quoi, le problème de la migration ne concerne pas uniquement les personnes de couleurs, qui sont toujours prises comme boucs émissaires de tous les maux dont souffre notre société. 

Photos de Dorothea Lange - 1929- Migrants sur une autoroute en Californie - 1935 Jeune famille sans abri
Au centre : The Transients- dessin de Phyllis Pele de Lappe de 1938

Aujourd'hui, la France a une démographie en berne, et les boulots les plus ingrats et les plus mal payés ne sont plus acceptés par les Français : que deviendraient le BTP, les soignants à l'hôpital et dans les EPHAD, les aides à domicile, les éboueurs, les personnes en charge de l'assainissement et du nettoyage des rues et des locaux industriels, et j'en passe... sans la présence de ces "étrangers" qui viennent apporter leur force de travail mais restent invisibilisés et si mal payés -trop souvent au noir-?

Je te souhaite une bonne réception Jean-Fi, de ce mail-art, j'espère qu'il te plaira, tellement je me sens solidaire avec tous ceux qui sont obligés de s'expatrier pour survivre. 

*** Les différentes vagues d’immigration en France ***

La France est le plus ancien pays d’immigration en Europe. Dès la seconde moitié du XIXe siècle une immigration de masse est venue combler les pénuries de main-d’œuvre.

D’abord frontalière (allemande, belge), elle s’est diversifiée à la fin du XIXe siècle, et plus encore après la Première Guerre mondiale, pour répondre aux besoins de reconstruction du pays. Les immigrations italienne (communauté la plus nombreuse en 1930) et polonaise ont largement contribué à alimenter les secteurs de la mine, du bâtiment et de l’industrie sidérurgique et métallurgique.

Aux lendemains de la Seconde Guerre mondiale, le paysage migratoire s’est diversifié car l’immigration italienne, moins importante que prévue, a été remplacée par une immigration espagnole, portugaise, yougoslave, turque, tunisienne, marocaine et, enfin, originaire des pays subsahariens. L’immigration algérienne, quant à elle, est bien plus ancienne puisqu’elle a commencé dès la fin du XIXe siècle.

L’arrêt de l’immigration de travail salarié décidé par l’État en 1974 a accéléré le regroupement familial des non-Européens, peu nombreux à retourner dans leurs pays alors que les Européens bénéficiaient progressivement de la liberté de circulation, d’installation et de travail.

Une (lente) diversification des pays d’origine
Aujourd’hui le paysage migratoire s’est diversifié en raison également de l’arrivée de demandeurs d’asile en provenance d’Amérique latine, d’Asie et d’Afrique, mais aussi d’Europe et du Proche-Orient. De nouvelles migrations (chinoise, indienne, pakistanaise) se développent, comme celles en provenance de l’Est de l’Europe : immigrés qualifiés roumains et bulgares, réfugiés tchétchènes et migrants de transit venus de l’ex-Yougoslavie et de Roumanie – essentiellement des Roms.

Pour autant, le temps long de l’histoire des migrations comme celui de l’empire colonial impriment encore leurs marques sur les données statistiques : 49% des immigrés résidant en France proviennent de sept pays : Algérie (12,7 %), Maroc (12 %), Portugal (8,6 %), Tunisie (4,5 %), Italie (4,1 %), Turquie (3,6 %), Espagne (3,5 %).

Source : Article de Mustapha Harzoune, 2022 - Musée de la Porte Dorée -le site https://www.histoire-immigration.fr/les-migrations/depuis-quand-la-france-est-elle-une-terre-d-immigration

Le renardeau fait son timide, pour Isabelle

Avec les jolies couleurs de l'automne et un des quatre nouveaux timbres de la Poste dédiés aux renards, j'ai craqué pour cette belle photo d'un renardeau endormi dans les branchages. Il est destiné à Isabelle de l'Isère, dont c'est l'un des thèmes favoris.

Nom de l'auteur de la photo non mentionné : photo vue sur Pinterest

Ce mail-art est créé sur un fond de tissu crème rehaussé par une dentelle en tulle rebrodé : pour plus de réalisme, j'ai donné à ce petit timide une couche supplémentaire de végétaux d'automne pour un meilleur confort.

Je t'en souhaite une bonne réception Isabelle : passes un bel automne! 

JO 2030 scandaleux : en pleine rigueur budgétaire, l'Etat apporte sa garantie financière pour le CIO

Parmi les projets les plus impactant pour la planète et pour l'argent du contribuable, en voici un vraiment scandaleux.  Le contrat signé avec le CIO pour l'organisation des Jeux Olympiques d'Hiver dans les Alpes françaises en 2030 nous coûtera au moins 800 à 900 millions.


En pleine rigueur budgétaire, Michel Barnier a signé, le 2 octobre, les garanties financières nécessaires à l’officialisation de l’attribution des Jeux olympiques (JO) d’hiver de 2030 aux Alpes françaises. Le Comité international olympique (CIO) a en effet attribué fin juillet les JO aux Alpes françaises « sous conditions ». En retour, le gouvernement devait donner des garanties financières, notamment promettre d’éponger toutes les dettes de la compétition. Michel Barnier n’a pas précisé le montant que l’État s’engage à garantir auprès du CIO, mais selon les informations du Monde, un premier chèque de 520 millions d’euros devrait être inclus dans le budget de l’État pour 2025.

Entre les coûts d’organisation (2 milliards) et d’infrastructures (1 milliard), le budget global des JO d’hiver 2030 devrait atteindre 3 milliards d’euros selon les régions Auvergne-Rhône-Alpes et Provence-Alpes-Côte d’Azur. Au départ, le dossier de candidature annonçait 2 milliards d’euros. Les subventions publiques, initialement prévues à hauteur de 460 millions d’euros, pourraient atteindre 800 à 900 millions d’euros, selon un rapport de l’Inspection générale des finances (IGF).

Tous ces millions d’euros d’argent public pour un tel évènement interrogent : avec le dérèglement climatique, la neige va se faire de plus en plus rare à basse et moyenne altitude, c’est-à-dire sous les 2 000 mètres. Y en aura-t-il assez en 2030 ?
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Voilà déjà ce qu'il se passait en 2022 au Grand Bornand pour le championnat du monde de biathlon : les images sont très parlantes, même si ce ne sont évidemment pas celles qui nous ont été retransmises de l'évènement sportif 
Depuis le lundi 28 novembre, une douzaine de camions a transporté 12 000 m3 de neige depuis la ferme à neige
 du Chinaillon jusqu’à la piste du stade. Photo Le DL /T.P.V.S.

La station du Grand-Bornand a dû se résoudre à transporter de la neige en camions pour couvrir la piste du stade (située à 1 000 m d'altitude), faute de précipitations neigeuses suffisantes. L'organisation estime les besoins en neige à 24 000 m3, pour moitié stockée dans la ferme à neige du Chinaillon et mélangée à la neige de culture, comme l'indique Le Dauphiné Libéré.

Une neige « artificielle et carbonée »:  dans un communiqué, un collectif d'associations composé de Mountain Wilderness, des antennes départementale et régionale de la FNE, la Nouvelle Montagne, Résilience Montagne et Pour une Transition Participative à Thônes précise que l'eau utilisée pour alimenter les canons à neige « est pompée dans le lac de la Cour, lui-même alimenté par la retenue collinaire du Maroly » et martèle : « produire de la neige artificielle n’est pas sans impact pour les grands équilibres du cycle de l’eau ».

Rappelant les JO de Pékin ou l'attribution des Jeux asiatiques d'hiver à l'Arabie Saoudite, les associations déplorent que « dans les montagnes françaises aussi, l’environnement est parfois encore sacrifié sur l’autel des grandes manifestations sportives » avec « l'obstination à maintenir à tout prix le modèle industriel de la neige ».

Elles estiment que ce « cirque motorisé » est « grave » à l'heure de « l’engagement de tous pour des transitions énergétiques et écologiques », pointant au passage le sponsor automobile du circuit mondial de biathlon et le greenwashing de l'évènement. Leur proposition : organiser les compétitions « à des périodes et lieux propices à l’enneigement naturel » et « tourner la page de la montagne artificialisée » pour s'engager vers la neutralité carbone.
Source : Reporterre