11 mars 2021

Quand un artiste célèbre un autre artiste, par France

France m'apprend par son envoi que son mari est un sculpteur fondeur, plasticien, grand spécialiste du bronze. Elle me présente ici l'une de ses oeuvres disposée sur la tombe d'Yvette Horner, la célèbre accordéoniste, qui repose au cimetière Saint Jean de Tarbes.
Merci France pour ce MA pour le moins original. 

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Le sculpteur Yves Lacoste a déposé mercredi une statue en hommage à Yvette Horner sur la tombe de l’accordéoniste, au cimetière Saint-Jean, à Tarbes. Elle sera inaugurée ce samedi 23 mars.

Sur le caveau de la famille Horner, dans l’aile ouest du cimetière Saint-Jean, le prénom et le nom de la plus célèbre accordéoniste de France enterrée là ne figurent pas. Mais depuis mercredi, plus qu’une simple inscription, c’est une statue de bronze haute d’1m54, la taille d’Yvette Horner, qui orne désormais la tombe. Cette œuvre, à côté de laquelle il est difficile de passer sans la voir, est le résultat d’un an de travail mené par le sculpteur bordérais Yves Lacoste. Depuis 20 ans, la statue attendait dans son atelier de prendre place ici. En l’installant cet après-midi là, avec l’aide de l’entreprise Vazquez, l’artiste peut enfin mettre un point final à son œuvre : « Aujourd’hui, c’est l’accomplissement de la charge qu’Yvette Horner m’avait donnée ». Car cette statue avait en effet été commandée par la musicienne de son vivant.

« La raconter de façon définitive » : en 1994, alors âgée de 72 ans, elle prend contact avec Yves Lacoste à ce sujet : « Elle voulait une forme d’immortalité, en hommage à public, ses parents et son mari. Elle voulait quelque chose de discret, de 80 cm, sur sa tombe. Mais elle n’avait rien d’arrêté vraiment ». Résultat, ce « quelque chose de discret » est finalement une statue grandeur nature « pour raconter son histoire à sa dimension », faite d’un « métal précieux inaltérable et indestructible » et pèse 300 kilos. « Je voulais la raconter de façon définitive et respectueuse », explique le sculpteur. L’accordéoniste y est représentée entourée de feuillages et de flammes, portée par des mains géantes qui applaudissent, jouant de l’accordéon, représentation exacte de celui utilisé pour l’un de ses morceaux préférés. « Cette pièce va appartenir à tout le monde. C’est une forme de pèlerinage de venir la rencontre et la re-rencontrer, dans une forme d’intimité et sans agressivité. Elle offre là un concert permanent. »

Source : Article du  Journal des Pyrennées/ Tarbes du 22 mars 2019

10 mars 2021

D133 - Mésange charbonnière messagère du printemps , de Michele

Le printemps est arrivé dans ma boite aux lettres ! Waouh quelle magnifique création de mon amie Michele! ta petite mésange charbonnière brodée au point de croix me comble.

Placée au centre d'un fond fleuri de couleur bleue (forcément), rehaussée de boutons en forme de coeur et d'un joli galon, puis bordée d'une frise de dentelle de papier, elle évoque vraiment pour moi l'arrivée du printemps et du renouveau et toute la chaleur de ton amitié.

Je te remercie chaleureusement pour ce joli travail où je retrouve une bonne partie de mes thèmes de prédilection. 

9 mars 2021

Appel à mail art - Les peuples premiers

Généralités : 
Format A5 de préférence, A4 maxi - pas d'ATC - timbre et adresse au recto
Création libre -
 Appel permanent

2021 - Les peuples premiers (PP)

Les peuples premiers (ou primitifs) m'ont toujours beaucoup passionnés. 

Avec toutes les questions qui se posent maintenant que le monde entier a dû s'arrêter un  temps pour cause de pandémie d'une part, et avec tout ce qui touche au climat et au réchauffement de la planète d'autre part, plus que jamais il est important de se tourner vers ces premiers peuples qui ont vécu sur la terre, dans une grande partie des territoires, qu'ils soient polaires, tempérés,  tropicaux  ou équatoriaux et de comprendre comment ils ont su vivre en bonne intelligence avec ce que la terre pouvait leur donner. 

Malheureusement, il en reste très peu de vivants, ils ont été malmenés voire exterminés au gré des vagues de conquête, d'occupation, de colonisation par d'autres ethnies ou lorsque des maladies importées les ont éradiquées. 

Les rares peuples survivants occupent maintenant des espaces restreints où on les a cantonnés, mais leurs territoires deviennent souvent la cible de grosses sociétés industrielles qui veulent exploiter le sous-sol pour en tirer de juteux bénéfices. 

Alors tant qu'il reste encore des traces de leurs us et coutumes (habitat, vêtements, parures, traditions, fêtes),  de leurs rites chamaniques ou païens, des formes d'art qu'ils ont développées, de leur manière de vivre sur leur territoire, je vous remercie de les honorer par la voie de l'art postal, si le sujet vous intéresse. 

Exemples de peuples premiers : 

  • les Aborigènes d'Australie,
  • les Kanaks d'Océanie,
  • les Maoris de Nouvelle Zélande,
  • les Pygmées d'Afrique Centrale,
  • le peuple Sami de Scandinavie,
  • les Hmongs et autres ethnies du Nord Viet-Nam, 
  • les Papous de Nouvelle-Guinée,
  • les Rapa Nui de l'Ile de Pâques 
  • tous les peuples pré-hispaniques d'Amérique du Sud
  • toutes les ethnies indiens d'Amérique du Nord
  • tous les peuples de l'Indonésie et de la Micronésie
  • etc...etc... etc...
Une liste très détaillée est donnée ici 



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Les peuples premiers d’après Laurent Testot - extrait du magazine Sciences Humaines

Ils sont tout au plus un demi-milliard sur Terre ! Des peuples qui représentent moins d’un humain sur quinze. Ils sont dits premiers car ils incarneraient des modes de vie ancestraux, aux antipodes de notre civilisation urbanisée et technicienne.

Si ces mêmes peuples sont dits autochtones, c’est pour souligner que leur histoire est marquée par les spoliations : ils ont été expropriés des terres autrefois parcourues par leurs ancêtres, les épidémies les ont décimés, leurs langues ont été combattues, et notre conquête de la planète les a relégués aux marges du monde : le Grand Nord, les collines d’Asie australe, les jungles et les déserts d’Afrique, la forêt amazonienne… Des territoires fragiles, déstructurés précocement par le changement climatique.

Mais alors que leurs sociétés se mobilisent pour faire entendre leurs voix, s’adaptent à ces tensions, s’ouvrent au tourisme, les chercheurs questionnent les stéréotypes : on les disait pacifistes, égalitaires, cela ne va plus de soi. On découvre que les « forêts vierges » étaient des écosystèmes entretenus par leurs habitants. Jusqu’au chamanisme, à la fois façon globale de penser la santé des humains, des sociétés et des milieux ; et usage original des techniques de l’imagination et de la cognition.

Il nous faut désormais apprendre à voir les autochtones non plus comme les témoins d’un passé révolu, mais comme des partenaires qui ont tant à nous enseigner sur l’expérience humaine.

Complément du 11 septembre 2023 : repertoire des peuples premiers ou des peuples originaires, recensement effectué sur le site de Coco de Magnanville que je remercie infiniment pour tout ce travail.


8 mars 2021

Femmes rouges, pour Sabine - Carnet 25- 5/1

Cela a l'air opportuniste de parler des femmes  un 8 mars, car c'est toute l'année qu'elles devraient être célébrées,  en accord avec le  poète  qui déclara que "les femmes sont l'avenir de l'homme".

C'est particulièrement vrai pour nombre de femmes africaines, démunies de tout, pour lesquelles aller chercher du bois et de l'eau pour satisfaire aux besoins élémentaires de leur famille, reste souvent une corvée journalière, encore au 21e siècle. 

J'ai décidé de traiter de ce thème que j'aime beaucoup, tout comme Sabine, en lui composant  un carnet que nous complèterons à quatre mains. Comme je ne l'ai pas prévenue à l'avance, j'espère que cela lui plaira et qu'ensemble nous poursuivrons l'aventure (ce qui n'est pas une obligation).


J'ai choisi de commencer par les femmes Himbas vivant en Namibie : je les trouve très belles, toutes recouvertes d'un mélange de terre rouge, jusque dans leurs coiffures compliquées, elles ont une allure majestueuse! Pour en savoir plus sur ce peuple, lire ci-dessous.

Je te souhaite bonne réception de ce carnet, à compléter selon ton envie, sans obligation ni délai.

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Les Himbas, un peuple de Namibie

Les Himbas appartiennent à la grande famille du peuple Bantou, ensemble ethnique composé de locuteurs de l’une des quatre cents langues Bantou de l’Afrique. Uniquement présents en Afrique australe, les Himbas sont principalement établis au nord de la Namibie, dans le désert côtier du Kaokoveld, prolongement du désert du Namib. Une petite partie vit également sur la rive angolaise du fleuve Kunene, frontière naturelle, mais invisible aux yeux des Himbas, entre l’Angola et la Namibie. Leur population regroupe environ 13 000 individus, répartit sur 30 000 km2 de territoire. 

Un peu d’histoire
Selon la légende véhiculée par le peuple Himba, leurs aïeuls seraient venus du Botswana, et se seraient installés en Namibie après une longue migration effectuée entre le 15ème et le 16ème siècle. Plus anciennement, leurs ancêtres seraient originaires des rives du Nil Egyptien, et cousins du peuple Masaï.

La colonisation de l’Afrique et l’histoire moderne ont contribué à définir la zone géographique de leur habitat actuel. En les chassant avec violence de leur territoire, les colons allemands ont poussé la plupart des Himbas à se réfugier en Angola. Pendant plusieurs décennies ils furent forcés de délaisser leur mode de vie traditionnel nomade pour travailler aux côtés des colons portugais. Puis, à partir de 1920, l’Afrique du Sud leur affecte une réserve où ils sont contraints de s’installer à l’emplacement actuel de la Namibie, alors sous influence sud-africaine. Sans autorisation de pratiquer le commerce ni de faire brouter du bétail, les Himbas sont réduits à mendier, et mis en marge de la société. Ce n’est qu’après la décolonisation que le Himba retrouve sa liberté et se fixe définitivement dans la zone actuelle où ils vivent.

Mode de vie et culture Himba
A l’origine peuple nomade de chasseurs-cueilleurs, les Himbas sont aujourd’hui presque tous sédentarisés dans des villages. Ils tentent cependant de conserver un mode de vie ancestral, notamment par leurs tenues vestimentaires : hommes et femmes restent torse nu et portent de simples pagnes de cuir noués autour de la taille.
photo © frag

Leurs coiffures évoluent au fur et à mesure de l’avancement de leur vie. Les fillettes portent deux tresses pointant vers l’avant lorsqu’elles sont enfants, puis dirigées vers l’arrière lorsqu’elles sont en âge de se marier.
Photo © mophoto
Une fois devenues épouses, elles se coiffent de longues nattes enduites d’argile. Les jeunes garçons affichent un crâne rasé jusqu’à la circoncision. Après cette cérémonie, ils doivent se coiffer d’une imposante tresse en forme de corne. Filles comme garçons se voient retirer quatre incisives inférieures afin d’améliorer leur esthétique, le peuple Himba attachant beaucoup d’importance à la beauté.

Le campement himba, formé d’un ensemble de petites cases coniques disposées autour de l’enclos du bétail, vit au rythme des déplacements nécessaires pour faire paître les bêtes à proximité des points d’eau. Un feu doit rester en permanence allumé, il est le lien indispensable entre le monde des vivants et celui des morts.

Le bétail : trésor des Himbas
Le quotidien des Himbas se tourne entièrement vers l’élevage du bétail. Le cheptel occupe une place centrale dans leur vie. Cette place se matérialise sur leur campement, puisque toutes les huttes sont disposées de manière circulaire autour de l’enclos des bêtes.Source de lait, de viande, de cuir ou d’excréments servant à la construction de l’habitat, les vaches assurent l’essentiel de l’existence des Himbas. Chaque homme se doit d’en posséder le plus possible, et de connaître le caractère de chacune d’entre elle. Symbole de richesse, le bétail est un moyen de s’assurer d’un statut social respectable.

Le peuple des femmes rouges
Photo © frag

Etre aussi résistante et belle qu’une vache rousse : c’est ce dont rêve les femmes Himbas. La terre rouge mélangée à du beurre dont elles s’enduisent le corps est censé y contribuer. Cette pommade traditionnelle les protègent par ailleurs de l’ardeur du soleil et des piqures d’insectes. Jamais une femme ne se lave avec de l’eau. Un rituel de beauté quotidien de fumigations à base d’écorces odorantes remplace la toilette à l’eau. Complété par l’étalement du baume pourpre, ce rituel rend leur peau souple et hydratée, et font d’elles des femmes rouges d’une extraordinaire beauté, reconnaissables au premier regard.

Le défi moderne des Himbas
Si les Himbas semblent fortement attachés à leurs traditions, ils sont aussi en contact permanent avec la modernité, et les usages se mis peu à peu à évoluer. Désormais, les Himbas complètent leurs besoins au supermarché, et des villages se sont tournés vers l’accueil des touristes. Des pères se sont mis à rêver que leurs fils deviennent médecin pour soigner les vieux du village. Ils souhaitent désormais bénéficier d’écoles, de dispensaires, mais aussi s’intégrer à la population namibienne qui les a mis à l’écart. Mais tout cela doit s’accomplir à leur rythme, sans que rien ne leur soit imposé, c’est là tout le défi de la modernité que doivent relever les Himbas.

Extrait d'un article relevé sur le site Namibie en liberté

Pâtisser avec Mamie le mercredi , pour Michele - Carnet 24-5/1

Il y a déjà longtemps que nous voulions traiter du thème de la transmission et du partage mon amie Michele et moi. Maintenant que je suis devenue  grand-mère,  je me sens  plus légitime pour ce faire.

Alors c'est parti, je lance un carnet à 4 mains sur le thème des relations entre petits-enfants et grands-parents et je t'en fait la surprise. 


J'espère que cette nouvelle réalisation qui va circuler entre nous t'apportera de la joie, comme j'en éprouve  à le concevoir avec toi, pages après pages. Je t'en souhaite bonne réception.

Vers d'autres horizons, pour France - Carnet 23-5/2

Il y a fort longtemps, j'avais reçu une ébauche de carnet à 4 mains de la part de France, qui me savait totalement submergée par des soucis nombreux et me proposait comme thème l'évasion. Hélas à l'époque  je n'étais absolument pas inspirée ni surtout installée pour pratiquer mon passe-temps favori.

Comme je ressors en ce moment tout ce qui était resté en stand-by pendant quasiment deux ans,  j'ai eu plaisir à reprendre totalement ce carnet et à en poursuivre la réalisation.

Au bout d'une année d'un tunnel sans fin, où nous n'avons plus l'occasion de nous déplacer facilement pour rencontrer de nouveaux espaces, de nouvelles personnes, j'ai choisi d'autre moyens d'évasion, uniquement mentale, mais cela marche aussi, avec la méthode Coué.

Merci France de ta belle initiative, j'espère que tu ne m'en voudra pas de l'avoir transposé dans un carnet textile. A toi de compléter si l'envie est toujours là. En attendant, je t'en souhaite bonne réception. 

Sauver sa peau! pour Françoise

Pour Françoise la grande amie des ours, voici un mail-art en forme de revendication.
Je m'y connaissais très peu en street-art mais j'avoue que ce mode d'expression est maintenant pratiqué par des artistes magnifiques : ici , sur ce mur, flagrante est la prise de conscience sur la nécessité de considérer rapidement le réchauffement climatique et ses conséquences, et de tout faire pour éviter que le climat continue à se dégrader, et que la banquise continue de fondre.

Les nouvelles sont alarmantes : le 26 février dernier, était repérée  une énorme faille dans la banquise, conduisant au détachement d'un immense iceberg de la taille de 12 fois Paris et sa couronne !!! oui vous avez bien lu, d'ailleurs, voici la preuve.

Vue aérienne de la faille qui sépare l’iceberg de la banquise
Crédit : British Antarctic Survey


Il est plus que temps de réagir si nous voulons que les ours blancs sauvent leur peau !
Je te souhaite bonne réception de ce MA, Françoise.

Street-art et poésie, pour Michèle

Pour cette passionnée de street-art qu'est Michèle, j'ai déniché cette représentation graffée sur un mur de Paris et je lui ai trouvé beaucoup de poésie! Et comme il me restait un timbre de la belle série éditée par la Poste en 2020 sur les oeufs d'oiseaux, voilà mon oeuf d'autruche en bonne place.

Je t'en souhaite bonne réception, Michèle. Si tu as de nouveaux thèmes d'art postal, n'hésites pas à me les faire connaître, en attendant, je découvre le street-art, grâce à toi
Auteur du graffiti : Levalet
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Biographie de Levalet
Depuis 2012, les dessins et collages de Levalet remplissent les murs des rues de Paris. Ce jeune artiste français surprend le public avec des créations drôles, peintes généralement à l’encre de chine sur papier kraft, soulignant l’absurdité de certaines situations du quotidien.

Charles Leval, alias Levalet, est né en 1988 à Epinal. Il grandit en Guadeloupe où il découvre la culture urbaine et les arts plastique. A 13 ans, il commence à peindre sur les murs de l’île. De retour en métropole à 17 ans, il étudie les arts visuels à Strasbourg. Il pratique le théâtre, touche à l’audiovisuel, à la photographie, à la sculpture, la peinture avant de se spécialiser dans les arts plastiques. Il est aujourd’hui professeur et enseigne les arts plastiques à Paris.

Hors les murs, son talent se décline au coeur des rues de Paris, dès 2012. « C’est là que j’ai véritablement commencé mon travail de dessin de rue, inspiré par l’architecture et par le sentiment de liberté qui se dégage de la capitale », dit-il. Son entrée dans le street art résulte davantage d’une transposition de sa passion pour le théâtre, l’image, le dessin et les installations dans la rue que par la fibre graffiti. Aujourd’hui, ses collages pourtant éphémères, vivent plus longtemps dans le 13è arrondissement de Paris là où Levalet réside. « Je peux coller en toute impunité, mes collages ne sont pas effacés par les services municipaux car la mairie mène une vraie politique d’inclusion des arts urbains dans l’identité du quartier », explique-t-il.

Des installations en interactions avec la rue
Ses installations mettent en scène des personnages dessinés à l’encre de chine, souvent en taille réelle, collés sur les murs au sein d’un environnement propice au dialogue entre l’art, l’architecture et le public. Cette interaction entre les installations et l’architecture crée des situations drôles, parfois totalement absurdes qui amusent le spectateur. Et provoque une sensation d’illusion totale pour le passant. Une sorte de miroir du quotidien, de mise en abyme curieuse et légère.

Levalet travaille ses dessins à partir de photos. Ses personnages qu’il utilise sont parfois des proches, des autoportraits ou des modèles qu’il fait poser spécialement. Quand il trouve le lieu idéal où s’exprimer, il le prend en photo, le mesure, utilise les fissures apparentes, les tâches, les mobiliers urbains pour créer une installation sur-mesure et unique. « Les cours d’eau offrent toujours des éléments d’architecture et des espaces qui semblent totalement étrangers au quotidien d’une mégalopole comme Paris », indique Levalet. « Cela m’inspire des situations surréalistes ».

Le décor parisien détourné
En noir et blanc, parfois rehaussés d’un trait de couleur, les dessins de Levalet prennent vie au détour des rues ou des lieux fréquentés. Comme ces bouteilles de vins en équilibre sur un rebord mural du 2è arrondissement dans « Celle de trop », ou ces fontaines à eau détournées dans le 11è arrondissement, ou encore le « Minotaure » à tête de boeuf dans le 4è arrondissement.
A chaque fois, Levalet utilise ces statues, ou d’autres éléments de décor de l’architecture, pour les détourner avec délectation.

Ces installations utilisent ainsi le décor naturel ou parfois, Levalet rajoute un objet pour que le regard du spectateur percute davantage. Un millet fixé au mur, s’accroche à la main d’un personnage dessiné et collé qui s’apprête à détruire ses téléviseurs et ordinateurs empilés dans l’oeuvre intitulée « Service après-vente ». Ou encore, une cannette de soda pliée et jetée sous les feux des caméras et micros de télévision de personnages factices et éphémères. « J’imagine mes installations directement pour le lieu que j’ai choisi, afin que la juxtaposition d’un élément qui appartient au réel, comme un lampadaire par exemple, et d’un élément représenté, comme un personnage suspendu, crée une certaine ambiguïté visuelle qui confond deux niveaux de réalité », explique-t-il.

Levalet joue sur les échelles et la précision du placement de ses dessins et de ses objets pour provoquer le regard du spectateur et le faire glisser dans une réalité fictive… Il fait partie des artistes qui nous ont donné envie de créer street-art-avenue, dont le tout premier billet lui a été consacré. 

Source : article de Street Art Avenue

En Dordogne aux temps anciens, pour Jean-Paul

Jean-Paul apprécie les fragments des temps passés et les civilisations anciennes : j'ai pensé que cette représentation d'habitants des grottes de Dordogne, homo sapiens, à voir leurs physique, saurait lui plaire. 

Dans mes boites à trésors (pas encore toutes rapatriées à ma nouvelle adresse), j'ai déniché  un petit morceau de tissu que j'avais teinté avec une soupe de clous rouillés : il était le bienvenu pour réalisé le fond de mon mail-art, tout à fait raccord avec mon sujet.

Je t'en souhaite bonne réception, ami Ursu.

3 mars 2021

T113 - Tutti-frutti super vitaminé, de Nadine

Waouh, dans ma boite aux lettres du jour, je continue d'en prendre plein les yeux, avec cette enveloppe pleine de pep's, qui m'arrive de Suisse : c'est une nouvelle correspondante Nadine Deppierraz, qui me l'envoie. 

Partie d'un timbre immense (parfumé avec l'odeur du fruit) représentant un coing, et dans une joyeuse débauche de couleurs et de fruits découpés et collés, Nadine a représenté une bien jolie dame, ambassadrice de la bonne façon de se nourrir, avec 5  fruits et légumes par jour. 

J'imagine même que les manches de son corsage sur le verso de l'enveloppe ainsi que les froufrous de sa jupe au recto, sont faits à partir de morceaux de filets à emballer les oranges, tout en véritable cordonnet textile, .c'est magnifique! et cela redonne... la pêche 


Merci de cet honneur, Nadine : je suis contente de pouvoir correspondre avec toi. 

D'après ta longue lettre je comprends que nous avons beaucoup de points en commun dans notre manière d'appréhender l'art postal ;  c'est curieux que nous ne nous soyons pas encore rencontrées, postalement parlant. C'est maintenant chose faite, et je vais essayer de trouver ce qui te ferait plaisir car j'ignore tout de tes thèmes de prédilection. 

"Sous le soleil, exactement", de Nicole

Pour titrer ce post, je n'ai pas résisté à l'envie de parodier un titre de Serge Gainsbourg dont nous célèbrons actuellement les 30 ans de la disparition : il faut dire que j'en ai pris "plein les mirettes" avec cette superbe enveloppe d'un jaune pétant accompagnée d'un vrai soleil, gravé dans une capsule de métal doré.

Sur cette enveloppe trône une très beau découpage représentant le soleil  pour la tête combinée à la silhouette de Lucky Luke, avec cette mention "à lui tourner le dos, on fait face à son ombre". Quel humour, j'adore, tout comme le timbre en harmonie de couleurs avec cette dame en bleu de Jean- Baptiste Camille Corot. 

Quel mail-art revigorant avec cette ode au soleil, cet astre que nous chérissons et qui nous a manqué cruellement ces derniers mois. Les jours rallongent et bientôt ce sera le printemps, nous pourrons à nouveau nous réchauffer à ses rayons qui prennent plus de vigueur de jour en jour.

Jamais Nicole tu n'oublies ma couleur préférée (essentiellement à cause des fleurs bleues particulièrement rares, au naturel). Un grand merci à toi pour cette belle enveloppe garnie, contenant également la photo d'un dessin de bouquet de fleurs en hommage à Vincent Van Gogh, le peintre du soleil. et une image d'Epinal, célébrant là encore notre bel astre solaire. 

Merci vraiment Nicole, de ton bon goût et de ton amitié.

2 mars 2021

Essaimage au printemps, pour Christian

Voilà un sujet mis de côté pendant le premier confinement,  pour remercier de ses belles images notre amoureux des abeilles butineuses, qu'elles soient sauvages ou domestiques.

Pour peaufiner le sujet, en plus du timbre sur le thème,   j'ai adoré rebroder toutes les abeilles agglutinées autour de leur reine, qui forment un essaim bourdonnant. Notre apiculteur des temps anciens fait son possible pour récupérer la précieuse grappe afin de l'abriter dans une de ces ruches en paille ou en bois.

J'espère que cette scène bucolique, et un peu désuète saura te plaire, Christian. Je t'en souhaite une bonne réception.

Envolée sur la pointe, pour Nadine

 Le nouveau thème de Nadine est la danse : comme je ne sais pas si ce sont toutes les danses qu'elle aimerait voir traiter, j'ai commencé par la danse classique.
J'espère Nadine que ce personnage en train de danser dans une envolée magnifique te plaira 
et je t'en souhaite une bonne réception.
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J'adore le mouvement induit par cette sculpture d'une artiste chinoise Luo Li Rong . Son travail me fascine: ici j'ai choisi une danseuse mais elle a sculpté plein d'autres silhouettes féminines dans des drapés merveilleux, à découvrir ci-après.

Biographie de l'artiste
 
Luo Li Rong (prononcé « lolijon ») née en 1980 en Chine dans le Hunan est une artiste sculptrice diplômée en 2005 de la prestigieuse Beijing Central Academy of Fine Art (CAFA) de Pékin avec les félicitations du jury. Luo Li Rong rentre à 18 ans à l’Académie des Arts Changsha (Hunan-Chine). A 20 ans, elle intègre pour 5 ans la CAFA (Pekin) dans le département de Sun Jia Guo, en section céramique avec Lu Pin Chang et en section sculpture avec Sun Jia Bo.

Vivant désormais depuis plusieurs années en Europe, elle connait depuis 2014 une reconnaissance montante de son art auprès de galeries internationales mais aussi de collectionneurs.

Les sculptures de Luo Li Rong dans leur globalité s’inscrivent dans la culture contemporaine chinoise tout en offrant une compréhension de l’Occident subtile et pertinente.

Luo Li Rong fait partie de ces rares artistes qui ont bénéficié d’un enseignement rigoureux auprès de maîtres exigeants. Maîtres qui aujourd’hui continuent de suivre avec attention le chemin de leur élève. L’artiste Xiao Xiao Qiu de l’académie des Arts de Changsha décèle très tôt chez elle un réel talent à percevoir les formes dans l’espace et à les traduire dans l’argile. C’est lui qui l’encourage et l’aide à préparer le concours de la CAFA.

L’artiste Sun Jia Bo de la CAFA a lui une grande influence sur son approche sculpturale et amène son élève à accroitre son attention sur la présence du modèle et ce qui s’en dégage.

Forte de ces précieuses rencontres et d’une recherche personnelle permanente, Luo Li Rong trouve peu à peu sa voie et pose les grandes lignes de ses futures sculptures. Son style actuel se caractérise par un savoir-faire rare et une force de réalisation étonnante.

En présence de ses œuvres le spectateur est immédiatement touché par l’extrême finesse du modelage et par la très grande sensualité qui en émane. Cette maîtrise aussi remarquable soit-elle, s’efface pourtant au profit de l’expression de son sujet. Car l’artiste nous propose de ne pas en rester au stade de la fascination envers les formes et les apparences, mais nous invite à aller plus loin pour accéder à l’esprit du modèle. Ainsi, les voiles, le passage du vent dans une chevelure font avant tout écho au monde intérieur du sujet. Les drapés et le regard, mouvements incroyablement vivants, comme s’ils venaient d’être juste saisis dans l’instant, sont pour Luo Li Rong une porte entrouverte sur la dimension d’éternité présente dans l’Humain.


Le mouton dans l'art, pour Isabelle - Carnet 20-5/3

 Un deuxième carnet à quatre mains, resté trop longtemps en stand-by chez moi, va prendre le chemin de l'Alsace pour y retrouver Isabelle.



J'ai souhaité continuer notre thème de la laine et du mouton en mettant l'accent cette fois, sur les moutons dans l'Art. Cet animal est présent depuis des temps immémoriaux dans l'histoire des hommes,  par exemple dans la mythologie grecque avec Jason et la Toison d'Or ou bien dans l'Odyssée d'Homère, lorsque Ulysse et ses compagnons s'attachent chacun sous un bélier pour fuir l'antre du Cyclope Polyphème.

Jason et la Toison d'Or - Rubens

Ulysse et ses compagnons  fuyant Polyphème - par Jacob Jordaens 

Mosaïque représentant Ulysse accroché sous le bélier fuyant le Cyclope
 
J'ai essayé de faire un florilège car le mouton est très présent dans la peintures comme dans les sculptures de pierre dans l'art classique. Mais on le retrouve aussi,  d'une manière beaucoup plus fantaisiste,  dans le street-art, dans l'art topiaire dans des parcs paysagers ou bien dans des expositions très contemporaines.

En espérant que cette 3e page de notre carnet plaira à Isabelle, je lui en souhaite bonne réception avant un dernier aller et retour entre nous.

1 mars 2021

EA48 - Safran, fleur de crocus, de Chantal

Aujourd'hui, premier mars, mois du printemps, je suis tout à fait ravie de la jolie surprise que m'adresse Chantal! lle me parle du crocus, fleur de saison, de cette variété de bulbe très prisée car ses délicates étamines sont recouvertes d'une poudre orangée, utilisée comme l'épice la plus chère du monde.

Comme toujours, son mail-art tout en paperolles est délicat et très réussi ; elle y mêle le bulbe et les fleurs du crocus, les étamines symbolisées ici par du coton à broder orange, avec l'image d'un jeune bonze habillé en tissu du même colori, car obtenu lui aussi à partir de cette plante aux vertus tinctoriales.

En fait, Chantal réunit dans cette très belle création mon thème sur les épices et aromates, et la teinture  des tissus obtenue avec des produits naturels, autre passion qui m'anime et que j'espère pouvoir à nouveau pratiquer, lorsque je serai bien installée pour cela.  

Merci beaucoup et Bravo l'artiste!***

Comme Chantal me le conseille, je suis allée consulter un site qui décrit l'histoire et les usages de cette plante (site biologie-ens-lyon.fr) 

La fleur couleur
Il semble que le safran ait été depuis la plus haute antiquité un colorant. Les stigmates du safran, même en faible quantité, produisent une lumineuse couleur jaune. Plus la quantité de safran est importante, plus la couleur du tissu tend vers le rouge. Aussi précieux que la pourpre (pigment obtenu à partir d'un mollusque marin le Murex), le safran servait à teindre les vêtements des rois babyloniens perses ou mèdes. Homère, dans l'Iliade, décrit Eos (l'Aurore) vêtue de son krokopeplos, le manteau de crocus « Eos jaillit des flots habillée de safran ». Les mariés de Rome portaient des voiles teints au safran, coutume qui s'est perpétuée jusqu'au Moyen-Age. Peut-être le jupon jaune retrouvé au fond d'un grenier périgourdin avec des vêtements de mariés du siècle dernier en est-il l'ultime vestige ? L'exemple actuel le plus frappant est celui des moines bouddhistes qui portent traditionnellement des robes de couleur safran. Vu le prix du safran, beaucoup sont d'ailleurs teintes actuellement avec du curcuma.

Robe de couleur safran d'un étudiant d'une université bouddhiste thaïlandaise  
et safranine en poudre 

Plus étonnante est l'utilisation de la safranine, colorant tiré du safran pour réaliser des colorations de coupes histologiques. Une technique assez courante est la coloration à la safranine-vert lumière, colorant les noyaux cellulaires en rouge vif et les cytoplasmes en jaune-vert.

D'où vient la couleur et l'arôme du safran ?
La couleur jaune-orangé du safran est essentiellement due à la crocine, caroténoïde hydrophile. Le safran contient également plusieurs dizaines de composés volatils et aromatiques. L'arôme amer du safran est du à un hétéroside : la picrocrocine. Cette molécule est formée par l'union d'un glucide et d'un aldéhyde, le safranal . Lorsque le safran est séché après la récolte, la chaleur combinée à l'action enzymatique, coupe la molécule de picrocrocine en deux pour donner le glucose et une molécule de safranal libre. Le safranal est une huile volatile qui donne au safran une grande part de son arôme.

La fleur de santé
Avant d'être épice, le safran fut utilisé pour ses propriétés médicinales. Le papyrus Ebers, découvert en 1872, daté de 1550 avant Jésus-Christ mentionne le safran dans la composition de plusieurs préparations. Remède précieux, il est transmis de siècle en siècle, ce que rappelle cette citation latine : « confortare crocus dicatur laetificando et partes lascas firmare, hepare reparando » que l'on peut traduire par « le safran réconforte, il excite la joie, raffermit tout viscère, et répare le foie. » C'est peut être lui accorder des vertus qu'il ne possède pas ! Il est utilisé actuellement en homéopathie.