11 septembre 2023

En vert mais contre nous, pour Rémy

Si nous regardons bien dans les différents  rayons des grandes surfaces, nous voyons bien que la couleur verte est partout : c'est tellement plus vendeur d'être plus écolo plus naturel, plus végétal, plus bio, etc.. : ne soyons pas dupes, la couleur de l'emballage ne fait pas tout, ouvrons plutôt l'oeil sur la composition du produit !

C'est le message que ma carte textile veut porter à Rémy, cet artiste limougeaud confirmé dans sa longue pratique de l'art postal, et qui pratique lui-aussi du recyclage à haute dose lorsqu'il compose ses fameux stampoèmes.

l'homme vert, photo trouvée sur Pinterest, sans nom d'auteur

Je t'en souhaite une bonne réception Rémy, ainsi qu'une belle fin d'été!

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Packaging et greenwashing ou comment repeindre l’emballage en vert

Une « voiture verte » par-ci, une « banque verte » par-là. Des fruits et des légumes « 100% d’origine naturelle ». Des cosmétiques avec des « actifs végétaux » dedans (le reste, on n’en parle pas). Cerise sur le gâteau, un désherbant ultra-polluant présenté comme « biodégradable » – pour celle-ci, Monsanto a été condamné, c’est même devenu un cas d’école. Bref, le greenwashing est partout.

Plus les consommateurs semblent sensibles au développement durable, plus les emballages verdissent. La preuve par l’image :

Si certains appliquent la peinture verte au rouleau (confère la pub McDo ci-dessus), le pinceau fin a aussi ses adeptes. Le « verdissage » est alors plus difficile à identifier. Alors pour ne vous faire avoir et finir vert de rage, petit décryptage du greenwashing en trois points.

1. Qu’est ce que le greenwashing ?
Le greenwashing, ou écoblanchiment en français, désigne « un procédé de marketing ou de relations publiques utilisé par une organisation, entreprise, administration, etc., pour se donner une image écologique responsable.

« La plupart du temps, nous apprend Wikipédia, l’argent est davantage investi en publicité que pour de réelles actions en faveur de l’environnement et du développement durable. » Autrement dit, on utilise une communication mensongère pour tromper délibérément les consommateurs. L’image montrée est celle d’un acteur engagé dans le développement durable alors que dans les faits, il n’en est rien. Le greenwashing n’est pas uniquement réservé à l’écologie ou à l’environnement. Le même procédé peut être utilisé pour donner à l’entreprise une image responsable, et ce quel que soit ce domaine de responsabilité : éthique, social, emploi, diversité, etc.

Tout ça pour quoi ? Pour donner bonne conscience à ses clients, c’est-à-dire à vous et à moi.

2. Comment fonctionne le greenwashing ?
C’est le principe des fake news: on fait passer une fausse information pour vraie. Vous êtes une entreprise nocive du point de vue social ou environnemental mais vous aimeriez préserver et étendre votre marché ? Présentez-vous comme un ami de l’environnement et/ou un leader du combat pour l’égalité ou contre la pauvreté, utilisez une présentation déformée des faits et de la vérité et le tour est joué !

Bien sûr, la publicité mensongère est interdite. Mais le greenwashing est malin : il se glisse dans les interstices de la loi et profite du flou juridique. Quant aux tentatives de régulation par la profession, elles incitent mais n’obligent à rien… Au rayon greenwashing, les procédés sont nombreux. Certains sont assez faciles à identifier, d’autres moins. De manière générale, les incitations à gaspiller, à surconsommer, comme la banalisation/ minimisation de la crise climatique, sont des indices probants.

Dans le détail, le greenwashing utilise des produits verts par une entreprise qui ne l’est pas, utilise des images suggestives, des slogans abusifs, prétend qu’il est le premier d’une classe en oubliant de mentionner que c’est la classe des cancres, emploie un jargon écologique, des mots approximatifs, des arguments de vente factices, n’apporte aucune preuve de ce qu’il avance.

Sur les emballages, cela se traduit par des allégations mensongères parce que sans fondement. Par exemple : des études et/ou des chiffres qui n’ont rien de scientifique des promesses exagérées, de faux écolabels, auto-attribués et qui ne correspondent à aucun référentiel, une mise en avant hors contexte du produit, avec des « résultats » obtenus dans des conditions d’utilisation qui n’ont rien de réel, une fausse exclusivité.

L’appétit est au bio, au naturel ? Allons-y pour les « recettes traditionnelles » quand elles ne sont pas carrément « ancestrales », les « règles de l’art » et les «ingrédients naturels ». Naturels comme l’uranium ou le plomb par exemple
.
Le végétal a la cote ? Et hop, une mention « d’origine végétale ». La ciguë est 100% végétale, sa consommation n’est pas conseillée pour autant.

Au rayon cosmétique, tous les produits affichent fièrement la mention « sans paraben » mais à la place, la composition révèle un conservateur pire que les parabens utilisés il y a 20 ans : les isothiazolinone (methylisothiazolinone par exemple). Mais pas un mot sur les tensioactifs sulfatés irritants.

3. Comment ne pas tomber dans le panneau
Savoir que le greenwashing existe est un bon départ. Savoir l’identifier c’est encore mieux. Les techniques de greenwashing se déclinent sur tout ce qui construit la marque ou le produit (nom, slogan, champ lexical utilisé, identité visuelle) mais elles se concentrent sur l’emballage. Faites de même : concentrez-vous sur l’emballage !Faites preuve de bon sens – rappelez-vous, l’uranium est naturel et la ciguë 100% végétale.

  • Lisez attentivement les étiquettes et décortiquez la composition des produits étiquettes
  • Vérifiez les termes et/ou labels que vous ne connaissez pas avant l’achat
  • Informez-vous auprès des organismes et associations qui travaillent sur ces questions.Le site de l’ADEME recèle quantité d’informations, notamment un guide anti-greenwashing à télécharger. Les associations de consommateurs et/ou de préservation de l’environnement pourront également vous renseigner.

Source https://vieverte.fr/2019/06/03/packaging-et-greenwashing-ou-comment-repeindre-lemballage-en-vert/

*** De quoi qu'on s'mail, Rémy? ***

J'ai l'immense chance de correspondre depuis deux ans avec cet artiste plasticien, mail-artiste de la première heure, Monsieur Rémy Pénard, qui pratique depuis les années 1970 ce que l'on n'appelait pas encore de l'art postal. Nos relations épistolaires sont assez espacées, mais j'apprécie nos échanges.

Je vous le laisse découvrir dans cette une vidéo Youtube où il explique son parcours et sa technique.
Vidéo Youtube de 7ALimoges - Remy Pénard, de quoi j'me mail

L'autre 11 septembre, le coup d'état au Chili en 1973 - Hommage à Victor Jara

Le 11 septembre n'est pas uniquement le jour des attentats terroristes qui ont détruit les tours jumelles à New York en 2001. Cette date maudite est aussi celle du coup d'Etat militaire du général Pinochet qui a renversé la démocratie chilienne en 1973 et entraîné la mort du président Salvador Allende.
Photo de  Marcelo Montecino relayée sur Nantes Révoltée


Le 11 Septembre 1973, le palais présidentiel de La Moneda,dans lequel s'est retranché le président Salvador Allende, 
subit les assauts des troupes dirigées par Augusto Pinochet. ©AFP/Archives 
El Estadio nacional devint pour quelques semaines le principal centre de détention, de tortures et d’exécutions du pays

Scènes de rue : autodafé, arrestations multiples 
La dictature chilienne reste dans les mémoires car elle a été sanglante et longue. Le régime de Pinochet va torturer, tuer et faire disparaître des milliers d’opposants, et ira jusqu’à jeter certains prisonniers depuis des hélicoptères au dessus de l’océan. Beaucoup sont encore portés disparus. Pendant 17 ans, les exactions de ce régime fasciste ont durablement traumatisé le peuple chilien.

Si cela vous dit, je vous  conseille les films de Patricio Guzman, qui éclairent intelligemment ce qui s'est passé là-bas (Nostalgie de la Lumière 2010, Le bouton de nacre 2015). Je vois qu'il a filmé son pays dans un autre film que je ne connais pas encore (La cordillière des songes 2019).

Aujourd'hui, 50 ans après ces évènements tragiques, comment ne pas se rappeler les horreurs qui ont été perpétrées là-bas? il est tellement essentiel de permettre à chaque chilien de pouvoir retrouver dignité et humanité et à nous; de ne jamais oublier leur martyr.

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CHILI. Cinquante ans après le coup d’État, il est vital pour l’avenir du pays de stimuler la mémoire historique

Des étudiants de l'Université du Chili lors d'une marche à l'occasion de la Journée des personnes disparues-Photo de Getty Images

Afin de panser les blessures infligées par le régime militaire dirigé par Augusto Pinochet, le Chili doit tirer les leçons de son histoire et reconstruire les fondements d’une société plus respectueuse de la dignité humaine, a déclaré Amnesty International à l’occasion de la commémoration des 50 ans du coup d’État qui a donné lieu à d’innombrables crimes de droit international et à de cruelles violations des droits humains dans ce pays.

Sous le régime Pinochet, les garanties constitutionnelles ont été suspendues, le Congrès a été dissous et l’état de siège a été déclaré dans tout le pays. La torture et les disparitions forcées, entre autres pratiques, sont devenues la politique de l’État. D’après les chiffres officiels, le régime a fait 40 175 victimes, parmi lesquelles des personnes torturées, exécutées, détenues ou disparues ; selon les dossiers de l’Observatoire de la justice de transition, dans plus de 70 % des cas de personnes exécutées ou soumises à une disparition forcée, il n’y a pas eu de justice, de vérité ni de réparations.
 

Entre 1973 et 1990, 3 216 personnes ont été tuées ou ont fait l’objet d’une disparition forcée. À ce jour, on estime que les corps de 1 469 personnes détenues ou exécutées n’ont pas été retrouvés. Il est impératif que le Plan national de recherche annoncé par le président Gabriel Boric permette d’élucider les circonstances de la disparition de ces personnes et le sort qui leur a été réservé. Ce programme doit être mené en partenariat avec les familles, être doté de moyens suffisants pour sa mise en œuvre effective et déboucher sur des enquêtes pénales sur l’ensemble des personnes soupçonnées d’avoir une responsabilité individuelle.


"La recherche des détenu·e·s disparus est une question de justice, mais aussi d’humanité. Non seulement retrouver leur trace, les identifier et restituer leurs dépouilles à leurs familles soulagera ces dernières, mais cela contribuera également à guérir la profonde blessure qui est manifeste au sein de la société chilienne. Il est donc essentiel que les personnes qui se sont obstinées à ne pas fournir d’informations complètes sur ce qui s’est réellement passé le fassent enfin. Cette mesure, ainsi que d’autres récemment annoncées par le gouvernement, sont essentielles pour que le Plan national de recherche puisse remplir sa mission", a déclaré Rodrigo Bustos.

Le Congrès doit se rendre disponible afin de progresser vers la justice et soutenir les projets de loi proposés par le gouvernement. L’élimination du caractère secret des lois adoptées sous le régime de Pinochet et la levée de la confidentialité des témoignages des victimes de torture devant la commission Valech sont des éléments qui permettront au Chili de devenir un pays qui s’acquitte de ses dettes en matière de droits humains.

La mémoire historique est un pilier fondamental des mesures visant à éviter que des événements aussi dévastateurs se reproduisent. Cinquante ans après le coup d’État, le Chili ne dispose toujours pas d’une loi visant à protéger les sites mémoriels, ni d’archives nationales de la mémoire. Il est crucial que les autorités concrétisent l’initiative visant à se doter d’archives, qu’elles fixent des objectifs précis pour leur fonctionnement et réfléchissent à la participation de la société civile. Il est par ailleurs urgent qu’elles répondent aux besoins du réseau des sites mémoriels et qu’elles adoptent des mesures de protection et de préservation des lieux où des violations des droits humains ont été commises. Dans ce contexte, l’annonce récente par le gouvernement d’une politique nationale de la mémoire et du patrimoine est bienvenue, et il est essentiel que le Congrès soutienne cette initiative.
"Les sites mémoriels doivent être respectés, entretenus et valorisés de sorte à remplir leur fonction éducative. La présence de ces lieux sera un rappel pour les nouvelles générations, afin qu’elles n’oublient jamais les atrocités qui y ont été commises et qu’elles grandissent avec la conviction que ces pratiques ne doivent jamais se répéter", a déclaré Rodrigo Bustos.

"Il est essentiel d’entretenir la mémoire, pour que les nouvelles générations n’aient pas à vivre les atrocités que nous avons connues dans le passé", rappelle Rodrigo Bustos.

Aujourd’hui, alors que les victimes, leurs familles et les groupes de défense des droits humains persévèrent encore, après des décennies de quête de justice, certaines personnalités et autorités publiques diffusent de manière irresponsable des discours de haine. Ces agissements sont réellement dangereux car ils minimisent les souffrances des victimes, nient le droit à la vérité, désinforment, affaiblissent les institutions et favorisent l’impunité et la répétition de l’histoire.

"Nous ne pouvons pas laisser l’oubli et les discours de haine entraver le fonctionnement de la société. Il est essentiel d’entretenir la mémoire, pour que les nouvelles générations n’aient pas à vivre les atrocités que nous avons connues dans le passé. Un rejet ferme des violations des droits humains et un engagement inébranlable en faveur de la vérité, de la justice, de la réparation et des garanties de non-répétition constitueraient un signal fort indiquant que notre pays mérite de vivre", a conclu Rodrigo Bustos.

Source ; https://www.amnesty.org/fr/latest/news/2023/09/chile-50-years-since-the-coup-detat-exercising-historical-memory-is-vital-for-the-countrys-future/

*** Hommage à Victor Jara ***

Par Marcelo Urra from Santiago, Chile —  https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=11915623

Il y a des personnes qui nous touchent
Au plus profond de nous
Et même sans les connaître on les connaît
Il y a dans notre cœur une porte
Qui s’est ouverte pour eux.
C’est un être de lumière
Un distributeur de tendresse
Un rayonneur
Un troubadour à la voix de velours
Il a donné à l’humanité sa nature profonde
Et tout l’éclat de son message
Par la chanson, porté aux 4 coins du monde.
Il y a des êtres lumineux
Eternellement éternels et
Ceux qui les ont fauchés
N’y sont pas étrangers
On les regarde on les écoute
Une beauté terrible et essentielle vient en notre âme
Planter une flèche à jamais
C’est répétable à merci
Est-ce de connaître leur terrible destinée
Qui nous les rend émouvants, attachants, si chers ?
Il est des êtres qui nous marquent à jamais
Et l’un d’entre eux
C’est Víctor Jara.

Carole Radureau (30/11/2020)
Source : http://caro-hobo.over-blog.com/2020/11/lumineux.html

Víctor Lidio Jara Martínez (né à San Ignacio, province de Ñuble, le 28 septembre 1932 et mort à Santiago, vers le 15 septembre 1973) est surtout connu comme chanteur populaire chilien, et cantautor (auteur-compositeur-interprêtre). Mais il fut aussi un homme de théâtre, metteur en scène et professeur de théâtre universitaire reconnu. Il est enfin resté dans la mémoire du Chili et du monde pour sa fin tragique lors du coup d'État fasciste du 11 septembre 1973 à Santiago.

Au titre de sa carrière musicale, il est un des représentants les plus célèbres d'un courant qu'on a appelé la Nueva canción (« Chanson nouvelle »), avec Violeta Parra (Chili), Carlos Puebla (Cuba) et Mercedes Sosa (Argentine), et d'abord la nueva canción chilena (« nouvelle chanson chilienne ») avec des groupes comme Quilapayún, Inti Illimani et Illapu. Il a d'ailleurs parfois chanté sur scène et enregistré avec ces trois groupes, de même que sa route a croisé celle d'Isabel et Ángel Parra, ne serait-ce qu'à la Peña de los Parra, le lieu culturel créé et animé par les enfants de Violeta ; il a parfois mis des chansons de cette dernière à son répertoire, et il l'évoque avec tendresse et respect dans certaines de ses propres chansons (Manifiesto, par exemple).

La Nueva canción est un mouvement musical qui se trouve à la confluence de racines autochtones, folkloriques et populaires revendiquées (avec notamment des genres qu'on a appelés Alto folclore), ou la musique andine, ainsi qu'avec la déclinaison latino-américaine de la Canción de protesta (« chanson engagée ») et de la canción social (« chanson sociale »), tout comme le protest song nord-américain (de Joan Baez ou de Bob Dylan première période, par exemple).

Il fut l'un des principaux soutiens de l'Unité populaire et du président Salvador Allende. Ses chansons critiquent la bourgeoisie chilienne, contestent la guerre du Viêt Nam, chantent la grève contre la répression, la réforme agraire , la révolution...Ses chants, écrits par lui ou par d'autres, rendent hommage aux grandes figures révolutionnaires latino-américaines.

Arrêté par les militaires lors du coup d'État du 11 septembre 1973, il est emprisonné et torturé à l'Estadio Chile (aujourd'hui nommé stade Víctor Jara en mémoire de son martyre) puis à l'Estadio Nacional avec de nombreuses autres victimes de la répression qui s'abat alors sur Santiago.
Source : Wikipédia

Voici d'abord en vidéo le bel hommage que lui a rendu Julos Beaucarne, si émouvant.

Vidéo de la chanson "Lettre à Kissinger" chantée par Julos Beaucarne, 
publiée sur la chaine Youtube de Marijoe Be 
Et quelques vidéos sur les chants magnifiques de Victor Jara
Concierto Víctor Jara au Pérou - 17 juillet 1973 (Récital complet)- 
vidéo publiée sur la chaine Youtube de Felipe Rebolledo Saez

Canto libre de Victor Jara, vidéo publiée sur le youtube d'Enriquevicsaa

CANTO LIBRE de Victor Jara

Recherche de l’endroit où nicher / Que busca donde anidar
Éclate et déploie ses ailes / Estalla y abre sus alas
Voler et voler / Para volar y volar
Ma chanson est une chanson libre / Mi canto es un canto libre
Que voulez-vous offrir / Que se quiere regalar
Qui lui serre la main / A quien le estreche su mano
Quiconque veut tirer / A quien quiera disparar
Ma chanson est une chaîne / Mi canto es una cadena
Pas de début ni de fin / Sin comienzo ni final
Et dans chaque lien il y a / Y en cada eslabón se encuentra
Le chant des autres / El canto de los demás
Continuons à chanter ensemble / Sigamos cantando juntos
À toute l'humanité / A toda la humanidad
Que la chanson est une colombe / Que el canto es una paloma
Qui vole pour trouver / Que vuela para encontrar
Éclate et déploie ses ailes / Estalla y abre sus alas
Voler et voler / Para volar y volar
Ma chanson est une chanson libre / Mi canto es un canto libre

et sur l'hommage que ses compatriotes lui rendent dans cette magnifique chanson.
"Victor Libre" musique de Carlos Noguera, paroles de Carlos Noguera et Maneco Galeano
Vidéo publiée sur la chaine Youtube de Carlos Alberto

Victor Libre

Où est resté ton regard pur, / Dónde quedó tu mirada limpia,
sourire ouvert dans la nuit, / sonrisa abierta en la noche,
ailes de mouette et de poignard. / alas de gaviota y puñal.

Le Chili pleure ton chant immolé, / Chile llora tu canto inmolado,
de Víctor Libre est la lumière, / de Víctor Libre es la luz,
de Patrie et de Jara la voix. / de Patria y Jara la voz.

Pierre, passion, une prière, / Piedra, pasión, plegaria,
un murmure araucan, / arrullo araucano,
libre est né le soleil / libre ha nacido el sol
après sa mort. / después de morir.

Une rivière de lune baigne ton visage / Un río de luna baña tu rostro
de poésie et de honte / de poesía y vergüenza
qui est défi au traître. / que es desafío al traidor.

Les quatre vents soufflent / Soplan los cuatro vientos,
de braves cavaliers de la victoire / valientes jinetes de la victoria
éclairante et finale. / esclarecedora y final.

Pierre, passion, une prière, / Piedra, pasión, plegaria,
un murmure araucan, / arrullo araucano,
libre est né le soleil / libre ha nacido el sol
après sa mort. / después de morir.

http://cocomagnanville.over-blog.com/2016/11/victor-libre.html

10 septembre 2023

Le miracle du "Kindertransport" : un voyage vers la vie

La cérémonie du Souvenir à la mémoire des Déportés et des Victimes de la Shoa a lieu aujourd'hui dimanche 10 septembre à la Grande Mosquée de Paris, avec comme thème pour 2023 "les enfants cachés".

Le devoir de mémoire est une chose essentielle pour moi. Il me semble capital de transmettre aux générations suivantes les faits historiques qui ont façonné le destin des hommes pendant le 20e siècle, si tragique, maintenant qu'il n'y a quasiment plus de témoins de ces évènements encore en vie. 

Pour que plus jamais de telles horreurs ne se reproduisent!

Le Kindertransport 1938-1940

Rappeler l'histoire du transport de nombreux enfants juifs exfiltrés d'Europe où ils étaient pourchassés par les nazis du 3e Reich m'a paru important, sauf qu'une fois que j'ai eu réalisé cet art postal, je n'ai pas su à qui l'envoyer, de peur de risquer de froisser l'un ou l'autre de mes correspondants.

Ci-dessus la statue du groupe d'enfants dit "L'arrivée" devant la station de métro de Liverpool Street à Londres.
sculpture de Frank Meisler (1925–2018) 
Frank Meisler réalisa plusieurs statues sur le même sujet, en différents lieux de départ des enfants, comme à Berlin, Hambourg (Allemagne), Hoek (Hollande) ou encore Gdansk (Pologne)

Mémorial de Berlin
Mémorial de Gdansk (Pologne)

Mémorial de Hambourg
Mémorial de Hoek (Hollande)

Source : https://encyclopedia.ushmm.org/content/fr/article/kindertransport-1938-40

Le Kindertransport (transport d'enfants) est le nom informel d'une série d'opérations de sauvetage qui permit, entre 1938 et 1940, de transférer d'Allemagne nazie vers la Grande-Bretagne des milliers d'enfants juifs réfugiés.

Après les violences antisémites organisées par les autorités nazies pendant la "Nuit de cristal" en novembre 1938, le gouvernement britannique rendit moins contraignantes les restrictions en matière d'immigration pour certaines catégories de réfugiés juifs. Sous la pression de l'opinion publique britannique et des comités d'aide aux réfugiés, et plus particulièrement du British Committee for the Jews of Germany et du Movement for the Care of Children from Germany, les autorités britanniques acceptèrent d'autoriser un nombre indéterminé d'enfants de moins de 17 ans en provenance d'Allemagne et des territoires occupés par l'Allemagne (c'est-à-dire d'Autriche et des territoires tchèques) à entrer en Grande-Bretagne.

Des citoyens privés ou des organisations devaient s'engager à subvenir aux besoins et à l'éducation de chaque enfant, ainsi qu'à prendre en charge le moment venu son émigration hors de Grande-Bretagne. En contrepartie de cet engagement, le gouvernement britannique acceptait de permettre à des enfants réfugiés non accompagnés d'entrer dans le pays munis de simples visas de tourisme. Il était entendu à l'époque que lorsque la "crise serait passée", les enfants retourneraient dans leur famille. Les parents ou les tuteurs n'étaient pas autorisés à accompagner les enfants. Les quelques enfants en bas âge inclus dans le programme furent ainsi placés, pendant la durée du transport, sous la responsabilité d'autres enfants.

Le premier convoi d'enfants arriva à Harwich, en Grande-Bretagne, le 2 décembre 1938. Il s'agissait d'environ 200 enfants provenant d'un orphelinat juif de Berlin qui avait été détruit pendant la Nuit de Cristal. A l'instar de ce convoi, la plupart des transports se firent par train au départ de Berlin, de Vienne, de Prague ainsi que d'autres grandes villes d'Europe centrale. Les enfants des petites villes et des villages devaient se rendre dans des points de rencontre pour rejoindre les transports. Des organisations juives établies au sein du Reich grand-allemand — notamment le Conseil central des Juifs d'Allemagne, dont le siège était à Berlin (puis après 1939, l'Association des Juifs d'Allemagne qui lui succéda) et l'organisation de la communauté juive de Vienne (Kultusgemeinde)  — organisaient les transports.

Ces associations favorisaient en général les enfants dont l'émigration était urgente parce que leurs parents étaient en camp de concentration ou n'étaient plus en mesure de s'occuper d'eux. La priorité était également donnée aux enfants sans domicile et aux orphelins. Les enfants choisis voyageaient en train jusqu'en Belgique et aux Pays-Bas, d'où ils prenaient le bateau jusqu'à Harwich. (Au moins l'un des premiers convois quitta le port de Hambourg en Allemagne, et certains enfants de Tchécoslovaquie prirent directement l'avion pour la Grande-Bretagne). Le dernier transport en provenance d'Allemagne partit en septembre 1939, juste avant le début de la guerre, et le dernier en provenance des Pays-Bas partit le 14 mai 1940, le jour de la reddition des forces armées du pays. En tout, les opérations de sauvetage permirent de faire immigrer en Grande-Bretagne de 9 000 à 10 000 enfants, dont 7 500 enfants juifs, d'Allemagne, d'Autriche, de Tchécoslovaquie et de Pologne.

Après leur arrivée à Harwich, les enfants qui étaient parrainés étaient envoyés à Londres pour faire la connaissance de leur famille d'accueil. Les autres étaient hébergés dans une colonie de vacances de Dovercourt Bay ou dans d'autres centres jusqu'à ce que des familles acceptent de les prendre en charge ou que des structures d'accueil en mesure de recevoir des groupes d'enfants soient mises en place. Nombreux furent les individus et les organisations qui participèrent à ce sauvetage. En Grande-Bretagne, c'est le Movement for the Care of Children from Germany qui en assura la coordination. Des Juifs, des quakers et des chrétiens de nombreuses confessions travaillèrent de concert pour accueillir les enfants réfugiés. Environ la moitié des enfants furent placés dans des familles d'accueil, l'autre moitié séjournant dans des auberges de jeunesse et des fermes sur l'ensemble du territoire britannique.

En 1940, les autorités britanniques firent interner, en tant qu'étrangers ennemis environ 1 000 enfants du Kindertransport sur l'Ile de Man et dans d'autres camps d'internement au Canada et en Australie. Malgré cette qualification d'étrangers ennemis, certains des jeunes garçons s'enrôlèrent plus tard dans l'armée britannique et combattirent contre l'Allemagne.

Après la guerre, de nombreux enfants du programme de transport d'enfants devinrent citoyens britanniques ou émigrèrent en Israël, aux Etats-Unis, au Canada ou en Australie. La plupart de ces enfants ne revirent jamais leurs parents, exterminés pendant la Shoah.


Frank Meisler (1925–2018)*

Sculpteur, né à Danzig, aujourd'hui Gdansk, Pologne, qui a déménagé en Angleterre en tant que réfugié des nazis en 1939, s'installant plus tard en Israël, basé à Jaffa. Il a montré en Angleterre et a eu pendant un certain temps un studio à Londres; a été inclus dans l'exposition Heart of Israel à Alexandra Palace, 1988; et sa sculpture en métal La lampe israélienne a été dévoilée près du Royal Shakespeare Theatre, Stratford-upon-Avon, en 1990. L'œuvre la plus remarquable de Meisler est probablement son Mémorial de l'Holocauste à Mannheim, en Allemagne. Il y avait un autre mémorial de l'Holocauste par lui à Miami, en Floride. Meisler avait une réputation considérable en Israël, ses œuvres y compris une fontaine à l'hôtel King David, à Jérusalem.

Source du texte : "Artistes en Grande-Bretagne depuis 1945" par David Buckman (Art Dictionaries Ltd)

6 septembre 2023

Une épave et des céphalopodes, vers Eric - Carnet 33-6/3

Nous ne nous mettons aucune pression pour réaliser ce carnet-navette avec Eric mais lorsque l'inspiration m'est venue d'un coup,  je me suis laissée portée par l'ambiance particulière des profondeurs de l'océan. Et pourtant ce n'était pas gagné, car la dernière double page magnifiquement composée par Eric pointait sur ce que j'avais imaginé mettre en images pour la suite...si bien que le challenge fut complet puisqu'il m'a fallu repenser à une toute nouvelle composition. 

Vient maintenant le temps où notre carnet à quatre mains entreprend son troisième voyage et repart vers Eric, pour y être complété, selon son feeling, son tempo et sa guise. 

photo centrale extraite de "Naufrage", par Erica Grenci trouvée sur le site Artstation


C'est en visionnant la photo d'un naufrage et en extrayant la partie la plus sombre avec la carcasse d'un bateau échoué, que j'ai eu le déclic. Il n'est pas facile d'imaginer un monde foisonnant dans une atmosphère aussi peu lumineuse que celle des abysses, alors de voir cette épave-au dessus de laquelle des rayons de lumière font une trouée où l'on voit tournoyer des requins a été particulièrement inspirante pour imaginer un monde autour.

J'espère qu'Eric recevra notre carnet en bon état car cette fois, ma double page comporte un peu d'épaisseur. Je lui souhaite autant de plaisir pour la réalisation de la suite, que j'ai pu en éprouver à faire cette composition.

article du 30 août publié le 6 septembre pour ménager la surprise à Eric

5 septembre 2023

EL154 - Couleurs d'Afrique et empreinte de ses éléphants, de Nicole

Dans ma boîte aux lettres du jour j'ai trouvé une enveloppe kraft magnifiquement colorée, sur le thème de l'Afrique et des éléphants (sur le morceau de tissu qui en garni le base et sur le timbre empreinte de pas d'un pachyderme) : c'est l'amie Nicole, qui se remet au mail-art pour la rentrée, d'une manière magnifique.

bande de tissu avec impression d'éléphants stylisés
Quelle chance j'ai de t'avoir pour correspondante, tu es érudite sur tant de sujets que c'est un bonheur d'avoir des échanges avec toi! 

Mais cette fois-ci, comme si cela ne suffisait pas, tu as rajouté un cadeau dans l'enveloppe d'où l'épaisseur. Et c'est un livre de Thierry Dedieu, aux éditions Seuil Jeunesse,  qui raconte une histoire d'initiation et de choix... m'écris-tu. Je pense qu'il me faudra attendre quelques années avant que je puisse le faire lire à ma petite-fille, mais je ne manquerai de lui proposer,  le moment venu. 

Et même si ce n'est pas sur le même continent, j'ai beaucoup aimé la carte qui accompagne ton envoi, présentant un masque Sugpiak, Alutiiq (Archipel de Kodak, Alaska) du 19e siècle. Les fentes très étroites prévues pour laisser passer le regard évoquent immédiatement l'immense réverbération du soleil sur la glace, dont il fallait absolument se protéger. 

Un très très grand merci Nicole pour cette enveloppe garnie, et pour ton grand coeur.

4 septembre 2023

Sur les traces d'un randonneur, pour Christophe

Dans le massif du Vercors qu'il habite désormais, l'ami Christophe a souvent l'occasion de porter les chaussures de randonnée pour arpenter les sentiers balisés et découvrir toute la beauté de cet environnement de montagne et sa flore si abondante et si variée en été. 

Alors,  en souvenir du temps où je pouvais encore moi-même pratiquer cette saine activité, j'ai pensé en composant ce mail-art,  au doux moment où l'on peut enfin se déchausser après une belle journée passée à crapahuter sur les sentiers... fourbue mais contente. 

"Marcher est une manière de ralentir le temps et de gouter la vie "  Frédéric Gros 
photo trouvée dans Pinterest sans nom d'auteur, rebrodée à la main

Je te souhaite une bonne réception de ce mail-art, cher Christophe,  ainsi qu'une belle fin d'été. 

Porte ancienne bien lunée, pour France

Parmi les thèmes préférés de France, l'astre lunaire figure en bonne place. Pour changer un peu de la lune en plein ciel, j'ai choisi de l'illustrer d'une toute autre manière.

Cette vieille porte lui rend hommage, très bien représentée grâce aux ferrures et aux clous savamment orchestrés par l'artisan qui l'a façonnée, il y a sûrement bien longtemps.

Ancienne Porte en bois et ferrures Bulgarie- rebrodée à la main

Je t'en souhaite une très bonne réception, France ainsi qu'une belle fin d'été. 

La forêt c'est la vie, pour Christian

Comment pouvons nous encore tolérer l'arrachage des arbres pour continuer à bitumer, bétonner et artificialiser le territoire ? Il n'y a qu'à aller lire la presse sur l'écocide qui se passe actuellement sur le futur trajet de l'autoroute A69 entre Toulouse et Castres!


Les forêts étouffent.-. Fanatic Studio/Science Photo Library - 2017- Sciences et Avenir 
A cause de la déforestation, les forêts émettent plus de CO2 qu’elles n’en absorbent

Il y a longtemps que j'ai eu des nouvelles de Christian, aussi pour lui et pour tous ceux qui sont sensibles à l'avenir de notre belle planète, voici un mail-art pour rappeler l'importance essentielle à la vie des forêts et des arbres dans notre environnement.

Je te souhaite bonne réception de ce mail-art cher Christian et j'espère te lire bientôt sur ton blog. 

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« Les forêts précèdent les peuples, les déserts les suivent » Chateaubriand 

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Les forêts représentent un poumon vital pour la terre, nécessaires au maintien des équilibres climatiques, à la diversité des espèces, elles retiennent l’eau, sont essentielles contre l’effet de serre et un trésor de la planète. Un moratoire mondial sur leur exploitation est plus que jamais urgent.

Déforestation sauvage. Un constat.

La déforestation sauvage sévit partout dans le monde où des forêts premières subsistent. Les grandes compagnies forestières avec souvent la complicité des gouvernements, ou plus souvent encore en toute illégalité, exploitent sans scrupules les forêts anciennes, sans aucun respect pour la biodiversité, l’environnement végétal ou animal ou les peuples qui y vivent. Elles pratiquent l’abattage systématique, dans le seul but de s’assurer de profits à court terme, générés par le commerce du bois. La dérégulation des marchés, la pauvreté, la nécessité de payer les intérêts des dettes colossales, l’appât du gain…la demande accrue des pays développés, font oublier les menaces que cette déforestation fait peser sur la planète. La fusion-association des entreprises de plus en plus puissantes finit par ouvrir toutes les frontières. « L’appât du gain incite les compagnies forestières à mener une politique de vandalisme et de terre brûlée partout où elles passent. Elles laissent généralement derrière elles des pays exsangues, des populations déracinées, des drames sociaux et des désastres environnementaux dont elle n’ont cure, trop occupées qu’elles sont à investir d’autres zones encore vierges ; en Côte d’Ivoire, au Cameroun, en Papouasie Nouvelle Guinée, aux Philippines, le scénario est le même… » (Stop P. 356)

Près de 80% des forêts primaires de la planète ont déjà disparu. Il a fallu à ces forêts des dizaines de milliers d’années pour se développer. En Europe : 98%, en Asie :94%… des forêts primaires ont disparu. A Madagascar : 80% du massif forestier rasé…. 75% des forêts non boréales sont en voie de disparition. 150000km² de forêts détruites chaque année, le plus souvent les sols restent nus et deviennent stériles. Et lorsque ces superficies sont replantées, elles le sont trop souvent avec des essences à croissances rapides, dont à rentabilité rapide ( Conifères et eucalyptus au Portugal) qui ne tiennent pas compte des sols, des risques d’incendie, des problèmes d’eau…

L’Indonésie et la Nouvelle Guinée ont perdu 65% de leurs forêts anciennes. Les diverses forêts tropicales des ces pays sont des trésors de l’humanité : elles abritent 500 espèces de mammifères, 1600 espèces d’oiseaux, 30000 espèces de plantes supérieures… La production industrielle de bois a cependant augmenté de 25% dans la dernière décennie. 70% des abattages d’arbres sont illégaux. Les législations forestières ne sont pas respectées, détruisant le milieu naturel et les espèces qui y vivent.

Le gaspillage est énorme :70% du bois exploité dans les scieries termine en déchets.

Les forêts tempérées d’Amérique du Sud sont en danger de disparaître.

L’Amazonie constitue la plus grande forêt existant sur la terre : six fois la France Elle représente un tiers des forêts tropicales de la planète. 30000 espèces de plantes,1000 espèces d’oiseaux, 3000 espèces de poissons, 30 espèces de singes…dauphins d’eau douce, alligators, tortues… cette forêt jouent un rôle essentiel dans la régulation des précipitations régionales, et du climat mondial.

Dans les trente dernières années on a détruit une superficie de la seule forêt brésilienne grande comme la France, et bien plus pour l’Amazonie entière. A l’exploitation du bois s’ajoutent les surfaces détruites pour les pistes, l’agriculture, les mines, … Les grandes compagnies d’exploitation, après épuisement des ressources dans leur propre pays, s’internationalisent . Certaines ont obtenu en Amazonie des concessions de plusieurs dizaines de milliers d’hectares. Ces exploitations sans aucun contrôle sont en augmentation constante. 80% du bois exploité au Brésil est illégal. Aucun investissement n’est fait pour une exploitation durable, raisonnée et une régénération des essences.

On estime que pour que la forêt amazonienne survive, il faudrait qu’il en reste au moins 60%. Or, le World Ressources Institute prévoit que dans 15 ans, 42% de cette forêt aura définitivement disparu, sous l’effet de la perturbation de son propre système climatique et hydrologique. Nous savons qu’elles subissent aussi les effets du réchauffement de la planète. ( Incendies, diminution des pluies, insectes destructeurs plus nombreux…)

Les raisons des destructions :

Le développement industriel des pays à haut revenus, ou émergents, implique une demande plus forte chaque année,( Chine, Inde, Amérique du Sud …) les firmes multinationales forestières essaient d’obtenir la suppression des taxes douanières sur les importations de bois ! Les déforestations ne peuvent qu’augmenter.

On détruit les forêts pour :
  • Usage du bois. (72%), dont : 
    • 58% : constructions, mobiliers…
    • 24% : Papier , carton…
    • 20% : bois traités…contreplaqué, agglomérés
  • Plantations et élevages.(20% en général, 38% au Brésil, pour les seuls pâturages)
  • Plantations et élevages industriels, dont les produits sont destinés à l’exportation, sont responsables d’une partie des abattages de forêts. ( Huile de palme, caoutchouc, soja, bananes, café sucre, poivre…)
Les petits agriculteurs contribuent au défrichement en défrichant ou brûlant la forêt. ( Souvent ils ont été expulsés de leurs terres, par les gros propriétaires ou la surpopulation, ou l’expansion des villes… et doivent émigrer ailleurs) Les sols s’épuisant très vite, il faut défricher ailleurs. ( En Amazonie, 500000 petits agriculteurs défrichent chacun 1 hectare par an, souvent par le feu ) Mais au Brésil, 3% de la population possède les deux tiers de la terre, comprenant les zones les plus fertiles.

Quand la forêt brûle, elle libère dans l’atmosphère d’énormes quantités de dioxyde de carbone qui aggravent l’effet de serre.( 1998 : 27 millions d’hectares brûlés). 20 millions de personnes vivent dans la forêt amazonienne brésilienne. Son exploitation effrénée a des conséquences catastrophiques. Un tiers de cette forêt a déjà disparu.

L’exploitation des richesses du sous-sol. :
  • Or, diamants, minerais de fer, bauxite, uranium…Exemple donné par « Stop » : « La mine de fer à ciel ouvert de Sierre Carajas ( Nord est du Brésil), opérationnelle grâce aux fonds de la Banque Mondiale, a causé la destruction de 150000 km² de forêt amazonienne ( Mine et déforestation destinées à collecter le bois pour les hauts fourneaux fabriquant le fonte sur place) et d’une voie ferrée de 780 km…sans compter défrichements annexes ( Habitations pistes d’aérodromes…) » Les chercheurs d’or utilisent sans vergogne du mercure, métal lourd mortel pour les animaux et les hommes, qui atteint les rivières, les nappes souterraines…
  • Gaz, pétrole …   
    La forêt primaire est menacée dans 22 pays par la prospection du gaz et du pétrole.(Equateur, Bolivie, Colombie, Vénézuéla, Indonésie, Nigéria.) Défrichements pour implanter les infrastructures, les pipelines, mais aussi empoisonnement de la terre et de l’eau par les fuites. (Dans la seule Amazonie équatorienne, Texaco a déboisé plus d’un million d’hectares.
    Exxon Mobile, Shell, Texaco, Chevron, BP, sont partout dans les forêts. Les marées noires existent, tout comme dans la mer, dans ces forêts où l’eau circule lentement sur des centaines de kilomètres carrés, entraînant des déchets de pétrole, empoisonnant la flore et la faune.
  • Les pistes et les routes.
    Elles sont comme des veines ouvertes par lesquelles s’écoule la vie de la forêt. Par elles s’en vont les richesses de la forêt, inexorablement. Une fois ouverte, s’y engouffrent comme une gangrène, tous ceux qui pensent trouver là la fortune ou plus simplement un moyen de subsistance. Ces routes attirent les colons qui brûlent et défrichent sur des centaines de km.
  • Les constructions de barrages.
    Ils recouvrent d’eau des milliers d’hectares de forêts.(Chine, Brésil ; Malaisie, Canada…)
Les marchés et les règles.

Il faut toujours gagner plus : on prélève sans se soucier de l’avenir.

Les marchés principaux sont les USA, l’Europe occidentale, le Japon. ( La France est le premier importateur de bois tropical en Europe) 1/5 ième de la population mondiale consomme plus de la moitié du bois et les 2/3 du papier.

Plus de 600 millions de mètres cubes de bois sont commercialisés chaque années. Moins de 1% du bois commercialisé est « écocertifié », c’est à dire produit par des forêts dont on a la preuve qu’elles sont gérées durablement, avec reboisements et en respectant l’écosystème... D’après la Banque Mondiale, la perte de revenu pour les Etats, due à l’exploitation illégale du bois se monte à environ 5 milliards d’€. Ces pertes hypothèquent la gestion durable des forêts. ( Un plan d’action a été mis sur place par le G8 en 1998 pour lutter contre le commerce illégal, mais sans aucune mesure juridique contraignante). Nous en sommes toujours au niveau de l’Accord International sur les commercialisation des bois tropicaux (AIBT II) signé « pour améliorer la commercialisation et la distribution des exportations de bois tropicaux provenant des sources gérées de façon durable. » On imagine l’efficacité de l’accord. Certains pays reconnaissent bien l’urgence d’utiliser des bois écocertifiés, dans l’approvisionnement de leurs marchés publics, mais, sans législation claire, l’effet est nul.

Conséquences :
  • La première conséquence est la misère et l’humiliation des peuples de la forêt, quand il ne s’agit pas d’atteintes à leur vie.
  • Les forêts primaires sont un réservoir de plantes et d’animaux qui sont un bien de l’humanité.
  • Dégradation des climats locaux. Réchauffement de la planète.
    La couverture forestière, en particulier dans les grandes forêts tropicales ou équatoriales, est une pompe à pluie et à chaleur. Une fois saccagée, les températures au sol augmentent.(+ 12° en Amazonie). Les pluies diminuent. D’énormes masses d’air s’y forment chaque année, chargées de nuages, qui vont déverser leurs pluies sur tous les pays de l’Amérique et aussi de l’Europe. La destruction ce ces forêts pourrait affecter ces régimes de pluie.
    D’autre part, le carbone, emmagasiné par ces forêts ; est libéré dans l’atmosphère lors de leur destruction. (CO²) Plus de la moitié du carbone terrestre ( 880 milliards de tonnes) est stocké dans les forêts.( arbres et sols). De plus, la photosynthèse absorbe chaque année 20% du carbone produit par l’incinération des combustibles fossiles (charbon, pétrole, gaz…)
  • Dégradation des sols.
    Le plus souvent, les sols volés aux forêts primaires deviennent stériles. En effet, naturellement pauvres en nutriments et sensibles au fortes pluies, au vent, au soleil, ils sont facilement épuisés ou emportés par les ruissellements, ou, compactés, ils n’absorbent plus les eaux de pluies. Les reboisement sont alors très difficiles. Lorsque ces sols, dénudés, sont utilisés pour l’agriculture industrialisée, ils ne résistent pas plus de quelques années. En Amazonie, une superficie déboisée, grande comme la France, a été abandonnée après quelques années d’exploitation agricole industrielle. En Chine, le phénomène est similaire à cause des violentes pluies de mousson. Des tempêtes de sable se forment durant la saison sèche. Dans les forêts boréales, les déboisements provoquent la fonte du permafrost et les sols se transforment en marécages… Ils est alors impossible de reboiser.
  • Inondations. Pollution des côtes.
    Les forêts retiennent et filtrent l’eau. Lorsqu’elles ont disparu, l’écoulement est plus rapide, l’eau de ruissellement érode plus aisément la terre et n’a plus le temps de s’infiltrer lentement vers les nappes phréatiques. Les flots accélérés provoquent glissements de terrain et inondation dans toutes les parties du monde. En Amérique centrale ( Honduras, Costa Rica) dans les Caraïbes ( Haïti), au Bengladesh, dans le nord-est de l’Inde, au Bhoutan… , des milliers de morts sont dues à ces glissements de vagues de boue et d’eau qui détruisent les bâtiments et les cultures.
Source https://www.enfants-soleil.org

1 septembre 2023

Grande broderie au tambour, pour Isabelle

Si vous êtes un(e) habitué(e) de ce blog,  vous savez combien j'aime tous les travaux manuels liés au tissu mais plus particulièrement la broderie. Cette activité,  encore essentiellement féminine, est un art pratiqué dans tous les pays du monde, quasiment, et offre une telle variété dans les motifs, les couleurs, et les matériaux utilisés, ce qui en fait tout le charme.

d'après une aquarelle de l'artiste Maria Kurbatova
Isabelle m'a récemment offert une enveloppe toute brodée que j'ai trouvée absolument charmante et magnifiquement réalisée. A mon tour, je lui adresse une femme qui brode au tambour un ouvrage de belle ampleur, le tout sur un fond garni d'une très ancienne dentelle. 

J'espère que ce mail-art te parviendra rapidement et en bel état, chère Isabelle. Je te souhaite le meilleur pour la rentrée.

Découpage de ribambelles, pour Stéphanie

En trouvant cette image avec les deux fillettes occupées à découper des personnages dans du papier journal, j'ai aussitôt pensé à Stéphanie, la découpeuse aux ciseaux magiques, car créer des ribambelles de papier est devenu pour elle, un jeu d'enfant, 

Bien qu'étant très loin d'avoir sa pratique, j'ai quand même choisi d'agrémenter mon mail-art d'une petite guirlande de personnages en papier noir, puis d'y adjoindre la copie d'un timbre suisse, sur le découpage car c'est là, dans ce pays, que Stéphanie a découvert cet art traditionnel et populaire, qu'elle pratique avec tant de bonheur.

Je t'en souhaite une très bonne réception, chère Stéphanie.

Colombe de la paix, vole vite vers l'Ukraine, pour Fabienne

Dix-huit mois déjà que la guerre en Ukraine continue de broyer des existences, celles des femmes, des enfants, des vieillards, totalement démunis devant la violence cruelle et aveugle des agresseurs qui visent les objectifs civils, et bien sûr, n'oublions pas de parler des hommes engagés au combat, depuis si longtemps...avec si peu de temps de repos. 

Afin de ne pas oublier que ces gens là se battent aussi pour nous, voici pour Fabienne, une nouvelle carte tricotée, au point de blé,  pour rappeler l'exportation difficile des céréales dont l'Ukraine est l'un des deux plus gros producteurs mondiaux. Cette année la difficulté est plus grande encore, car les ports sont pilonnés et que l'accord permettant de faire naviguer les bateaux sur la Mer Noire n'a pas été reconduit. Ainsi les Ukrainiens sont pénalisés mais également les pays du Tiers Monde qui ont tellement besoin de ces denrées pour subsister.

d'après une Illustration d'Olesya Vakulenko.

Pour orner le fond tricoté aux couleurs du drapeau national ukrainien, j'ai ajouté une représentation d'une colombe dessinée et peinte, comme cela est fait traditionnellement à Petrykivka.

Je t'en souhaite une bonne réception, Fabienne, ainsi qu'une belle fin d'été.

Quand éléphant et lapins se font copains, pour Michele

Mon amie Michele aime beaucoup les petits lapins, à l'époque de Pâques, mais pas que.

Ce bel éléphant aux larges oreilles bordées de dentelles m'a interpellé puisqu'il a fait ami-ami avec tout un groupe de lapins espiègles, j'ai aussitôt su que je venais de trouver un nouveau sujet pour mon amie, dans un mail-art qui nous ressemble à toutes les deux. 

Un morceau de vieilles dentelles aux jolies bordures (un peu cuit, mais cela va bien pour faire du mail-art), sert de base à ce tableau singulier, mais si sympathique. 

Je sais qu'il va faire plaisir à Michele, il me reste juste à espérer qu'elle le reçoive rapidement et en bel état. Belle fin d'été mon amie!