25 juin 2020

T106 - Léger... comme un papillon, de Jeanne-Marie

Belle association que ce beau spécimen d'éléphant d'Afrique avec un papillon, en rappel de la très belle série des timbres de la Poste, mettant en valeur les ocelles et les couleurs magnifiques des ailes de ces lépidoptères. Les contrastes s'attirent, alors pourquoi pas ? le fond est magnifiquement travaillé et une belle guirlande en dentelle de papier reprend les couleurs du fond Fond papier magnifique. C'est du très beau travail! 
Voici encore une magnifique série de mon amie Jamari, toujours plus créative en cette année 2020,
 alors que,  pour ma part, je ne suis plus du tout en mesure de mailarter.
Je vais en avoir du rattrapage à faire dès je retrouverai mes matériaux et que je pourrai disposer d'espace pour m'installer mieux ... avant la fin de l'année je l'espère.

Un grand merci à toi, mon amie. 

23 juin 2020

Une sacrée tronche, de Christian

Ah quel bonheur aujourd'hui de trouver dans ma boite aux lettres un personnage en 3D (ou ronde-bosse) totalement modelé avec du papier kraft froissé, du papier journal collé, coloré et feutré, par le génial Monsieur R. 
Cet artisan mail-artiste fidèle continue de m'adresser ses grosses têtes insolites et/ou grotesques, pleine d'expressions et cela, malgré ma défection totale depuis quelques mois, et pour quelques mois encore!
Un grand merci à toi, Christian, tes délires humoristiques sont d'un grand réconfort pour moi,
 surtout en ce moment!

13 juin 2020

Naissance et histoire de l'art Aborigène d'Australie

Comment évoquer l'histoire de l'art Aborigène, sans souligner les grandes migrations humaines vers l'Australie, comme les dernières actualités ou découvertes archéologiques dans les territoires Aborigènes ? L'isolement des Aborigènes pendant des millénaires leur a permis de transmettre leur culture de façon continue pendant plus de 50 000 ans ce qui est unique au monde. 
Figure d'esprit peint sur une paroi rocheuse dans les territoires du nord, à la limite du parc du Kakadu.
© Photo Aboriginal Signature
Les dernières analyses génétiques d'échantillons de cheveux donnés par un Aborigène dans les années 20, révèlent le parcours singulier de représentants de ce peuple nomade aventurier. Ils passent d'Europe où ils récupèrent quelques 3 à 4% de gènes de l'homme de Néandertal, vers le sud de la Sibérie où ils ajoutent autour de 6% des gènes de l'homme de Denisnova... avant de gagner plus tard l'Australie, sans doute autour de 70 000 ans avant notre ère.

La traversée vers l'Australie n'est pas simple. Si le niveau des océans est sans doute beaucoup plus bas qu'aujourd'hui, il existe tout de même un bras de mer de plus de 30 km entre la Papouasie et l'Australie. A titre d'exemple, à cette époque la Mer du nord n'existait pas et était remplacée par une vaste plaine en partie glacée, où se retrouvait des Mammouths.

Les Aborigènes ne voient pas la terre de l'autre côté. Sans doute aperçoivent-ils des vols d'oiseau dans cette direction, ou des fumées liées à des feux spontanés dans les zones sèches. Aventuriers, peut-être animés d'une foi en autre chose au-delà des mers, ils décident de traverser. Le périple en lui-même devait comporter de nombreux risques mais ils finirent par bien arriver en Australie à l'aide de canots ou barques en roseaux finement tressés. L'aventure allait se poursuivre.

Les traces de ces premières arrivées en Australie ne sont pas visibles sur les côtes, celles-ci ayant été submergées par la remontée des océans. Différentes fouilles sous-marines sont complexes à mener mais les dernières analyses évoquent une fourchette de 85 000 à 65 000 ans pour l'arrivée des premiers Aborigènes d'Australie.

Ce peuple a fini par embrasser la totalité de cette île-continent, ne négligeant aucune partie, des régions tropicales au nord, au désert semi-aride dans le centre. Avant l'arrivée des Britanniques en 1788, les Aborigènes étaient un peu moins d'un million d'habitants, parlant plus de 250 langues différentes, avec de nombreuses différenciations culturelles et un profond respect pour la nature et les paysages.

Leurs techniques de brûlis ont sans doute profondément modelé les paysages Aborigènes, permettant la régénération des plantes, évitant des incendies majeurs par un brulis régulier se concentrant sur les plantes basses. Les Aborigènes parlent à ce sujet de "cleaning country".

LES PREMIÈRE PEINTURES RUPESTRES AUTOUR DE - 40 000 ANS
Les peintures les plus anciennes découvertes en Australie remontent à quelques millénaires, vers 40000 ans avant notre ère,  assez largement avant les peintures rupestres européennes les plus anciennes, comme la grotte Cosquer, ou Lascaux. La datation de ces œuvres n'est pas toujours chose aisée, les Aborigènes ayant peint par dessus des peintures anciennes pour transmettre et continuer à entretenir les mythes. Aussi les archéologues ont trouvé une parade innovante pour dater ces œuvres mêmes si les parties visibles sont en partie modernes : en analysant le sol sous les parois, ils découvrent des couches sédimentaires où figurent des traces de pigments grattés sur la roche à différentes périodes. La datation de morceaux de bois ou de restes carbonés au même niveau permet dés lors de dater les plus anciennes peintures portées sur ces endroits.

LES ABORIGÈNES CITOYENS AUSTRALIENS EN 1967, DERNIERS NOMADES EN 1986

Les Aborigènes en partie déracinés de leurs terres, sont regroupés dans des missions souvent éloignées. Les difficultés y sont fréquentes, car celles-ci réunissent des clans différents, où des segmentations sont nécessaires, éventuellement antagonistes. Sur l'ensemble du XXe siècle, les Aborigènes vont tous progressivement quitter une vie semi-nomade pour ces missions et les villes. Ce déracinement sera difficilement vécu. Les derniers nomades quittent définitivement le désert en 1984 pour les Pintupi du côté de Kintore-Papunya et en 1986 pour les Pitjantjara dans le grand désert du Victoria (Spinifex Art Project).

DU SIGNE À LA NAISSANCE D'UN MOUVEMENT D'ART CONTEMPORAIN

Les signes Aborigènes furent repérés depuis les débuts du XXe siècle par des anthropologues. L'artiste Karel Kupka fut probalement un des premier à collectionner des écorces peintes dans les années 1950 et à s'intéresser à l'individualisme de chaque artiste, pour ensuite les rapporter en Europe. Celles-ci figurent aujourd'hui dans les collections permanentes du Musée du Quai Branly à Paris mais également du MEG à Genève.

Différentes activités artistiques démarrent dans les missions comme à la fin des années 1930 à Hermannsburg avec l'artiste et aquarelliste Albert Namatjira. Ensuite suivront d'autres initiatives séparées comme autant d'étincelles et de préludes à l'émergence de ce mouvement artistique.

EXPÉRIENCE ARTISTIQUE D'ERNABELLA EN 1939

Dés 1939, un atelier créatif est crée à Ernabella et commence à réaliser des paniers décorés avec les herbes de Spinifex tressées. En 1940 les enfants commencent à dessiner des témoignages de designs ancestraux dans la classe de Mr Trudinger à l’école de la communauté. Dés 1952. Sous l’impulsion de Winifried Hilliard, le centre d’art se développe et prend de l’ampleur pour devenir en 1974 une entreprise gérée de façon complète par les Aborigènes de la communauté d'Ernabella.

EMERGENCE DU CENTRE D'ART DE PAPUNYA TULA
Régulièrement à Papunya, dans cette mission située à 240 km d'Alice Springs, des Aborigènes quittent le désert dans les années 1970. Ils ne sont pas toujours bien accueillis par les Aborigènes déjà sédentarisés, jugeant ces nouveaux venus comme peu avancés selon les critères occidentaux en vogue, alors qu'ils disposent au contraire de l'authenticité la plus intime avec les mythes et leur propre histoire. Je rencontrais en 2014, une infirmière présente en 1971-1972 à Papunya. Elle avait rencontré Geofrey Bardon et m'évoquait les tensions au sein du peuple Pintupi entre les derniers sédentarisés et les premiers, mais également dans les autres groupes linguistiques comme les Warlpiri, Kukatja, Anmatyerr...

Dans ce contexte, où des clans différents sont réunis au même endroit, les risques de violence sont nombreux, en raison d'une extrême pauvreté qui règne aussi dans ces communautés éloignées. En ces temps là, la valeur de la culture Aborigène est très loin d'être reconnue. Les choses vont changer radicalement par une démarche collaborative. Dés 1969, les Aborigènes de Papunya inquiets que leur culture soit absorbée par le monde occidental, commencent à transcrire leurs histoires sur des planches de contreplaqué. Juste deux ans après avoir reçu la citoyenneté Australienne, ils cristallisent ainsi la mémoire de leur peuple. 

Cette approche collaborative de la naissance de ce mouvement artistique est soulignée lors de recherches récentes menées par Luke Scholes auprès des derniers témoins du mouvement, et d'une exposition remarquable qui a suivi au Musée de Darwin en 2017. Cela ne retire en rien les mérites du professeur de l'école de Papunya, Geoffrey Bardon, qui va donner une amplitude toute particulière au démarrage de ce mouvement. Sympathisant avec les enfants, cet instituteur va demander de reproduire en 1971 sur les murs de l'école, un mythe du Temps du rêve dont il a entendu parler : le Rêve de la Fourmi à Miel.Les discussions sont vives avec les anciens qui ne souhaitent pas partager ces signes et mythes secrets avec des blancs non initiés. Cependant, loin de la vision du blanc qui découvre un peuple premier, les Aborigènes vont se mettre d'accord et saisir l'opportunité de peindre sur le mur de l'école ce mythe du Temps du rêve sur plus de 10 mètres, et ainsi répondre à l'intérêt du professeur Geoffrey Bardon.
Le Rêve de la Fourmi à Miel en 1971 sur le mur de l'école de Papunya.
Photo tirée de l'ouvrage de Sylvie Crossman et Jean-Pierre Barou, dans leur ouvrage "Peintures Aborigènes d'Australie".
 © Photo d'Allan Scott
Avant cela, dés 1969, les Aborigènes s'étaient constitués en centre d'art ou studio de création à Papunya afin de cristalliser leur culture et de transmettre leur art aux jeunes générations. Cet engagement collaboratif partagé de part et d'autre va bouleverser à jamais la vie de ce peuple. Geoffrey Bardon ne restera que très peu de temps au service de Papunya, tombant malade par la suite. Selon les Aborigènes il fut puni pour les avoir incité à révéler dans leurs peintures des éléments plus sacrés.

D'abord confidentielles, les premières peintures de Papunya vont très vite susciter l'intérêt. Nous assistons à un véritable Big Bang artistique. Les Aborigènes peignent sur des plaques de contreplaqué, réalisent des dessins sur papier. Il s'agit ni plus ni moins que de la naissance d'un nouveau mouvement artistique. Ces premières œuvres de 1972, 73, 74, feront l'objet d'une grandiose rétrospective en 2012 au sein du Musée du Quai Branly.

UNE PEINTURE POLITIQUE, UN MOUVEMENT D'ART RECONNU
D'autres centres d'art verront le jour peu après dans les territoires Aborigènes. La peinture, véritable témoignage sublimé et mythologique du territoire sera utilisée par les Aborigènes pour revendiquer leurs territoires dans le cadre de la loi du Native Act Title. Certaines communautés récupèreront ainsi plus de 71 000 km2 de terres grâce à des œuvres collaborative réunissant 20 artistes sur 8 m x 12 m.

Aujourd'hui les Aborigènes ont récupéré près de 20% des territoires Australiens et leurs peintures figurent dans de nombreux musées à travers le monde, de New-York à Sydney, en passant par Paris (Musée du Quai Branly). Leurs peintures font partie de nombreuses collections privées en Europe, aux USA ou en Australie. L'ensemble des musées Australiens disposent également d'une collection rare et pointue de peintures Aborigènes.

Leurs œuvres, avec des provenances impeccables comme celle des centres d'art officiels - présentés sur notre site dans la section peintures - font également l'objet de ventes aux enchères spécialisées, organisées par les grandes maisons spécialisées dans le monde.

En Europe, un musée spécialisé d'Art Aborigène - AAMU- réunit une très belle collection à Utrecht en Hollande. Des sections permanentes d'art Aborigène existent également au sein du Musée des Confluences à Lyon, au MEG à Genève et au Musée du Quai Branly à Paris.

Des expositions thématiques sur l'art Aborigène sont également organisées dans les plus grandes institutions comme le Bristish Museum et le Musée des Civilisations au Québec en 2015, le musée d'Aquitaine à Bordeaux en 2013, le musée du Quai Branly en 2012, le musée de Cologne en Allemagne en 2011 et 2017.

Aujourd'hui, à travers le regard des artistes, souvent de grands initiés, ce mouvement artistique ne cesse de puiser dans le terreau fertile d'une culture multi-millénaire, les gisements d'une créativité artistique insatiable, porteuse de la mémoire d'un peuple.

source : 

9 juin 2020

Frères et soeurs en humanité : ensemble faisons peuple!

Sur France Inter, dans  Boomerang, l'émission d'Augustin Trapenard d'aujourd'hui, écoutons la belle voix et les mots percutants de ce bel artiste : Abd Al Malik
Abd Al Malik en octobre 2019 à Paris
Abd Al Malik en octobre 2019 à Paris © Getty / Stephane Cardinale - Corbis

Auteur, compositeur, interprète, metteur en scène et réalisateur, sa rencontre avec celui qu’il appelle son frère a décidé de son destin. En cette période trouble et décisive, il vient faire souffler les mots de la révolte, de la fraternité et de la paix.

Artiste complet, citoyen investi et poète révolté, son art est celui du dialogue. Il vient nous parler de la résonance des mots d'Albert Camus aujourd'hui, du besoin de fraternité, du pouvoir rédempteur de la culture et de l'art.

Il m'a mis les poils au "garde à vous" en écoutant ses lectures à voix haute, et sa chanson "eux" écrite pour accompagner l'exposition du Musée d'Orsay de l'an passé, dédiée au modèle noir dans l'Art de Géricault à Matisse.

Pour ceux qui auraient raté cela, je vous mets le lien sur cette émission.

Merci l'Artiste!

7 juin 2020

Jolie mésange bleue, pour Marcelle

Une bien jolie mésange bleue s'est posée sur une branche décorée d'un splendide lichen jaune, comme je les aime. Cette boule de plumes m'a paru tellement espiègle et finaude, que j'ai décidé de la faire voler jusqu'à toi pour te souhaiter une bonne fête! 
Crédit photo @ Nathalia Santa Maria publié sur le site Oiseaux.net
Je t'en souhaite une bonne réception.

4 juin 2020

T105 - Légèreté et beauté, de Michel

Quoi de plus joli, de plus gracieux que le vol d'un papillon? 
C'est le beau cadeau que me fait Michel aujourd'hui, bien arrivé dans ma boite aux lettres malgré l'adresse erronée. 
Heureusement que c'est le même facteur qui dessert mon nouveau lieu de vie (provisoire) 
C'est un spécimen magnifique de Morpho Peléides avec ses superbes ocelles et du bleu phosphorescent, en complète harmonie avec le timbre de la très belle série sur les ailes de papillon édité par La Poste. 

Je te remercie Michel pour ton envoi, ton amitié et ta fidélité.

1 juin 2020

La gorgebleue chante pour Marcelle

Si tu connais très bien son cousin, ton ami rouge-gorge, voici un passereau moins bien connu, qui vit pourtant en Europe du Nord, dont la France : il s'agit de la gorgebleue à miroir.

La gorgebleue à miroir se reproduit dans la toundra avec des zones buissonneuses, dans les bosquets, les lisières de forêts humides, les zones arbustives sur les collines et les zones montagneuses, souvent près de l'eau. On peut aussi la trouver jusqu'à 2000 mètres d'altitude. Elle hiverne dans les zones broussailleuses au bord de l'eau et dans les roselières.
Crédit Photo ©Tom Kruissink
Ce très joli passereau vient de ma part te souhaiter un très bon anniversaire!

Guy Bedos tire son irrévérence


C'est décidément une année terrible et un très triste mois de mai que nous vivons là avec la perte de tant d'artistes dont le talent dans des registres variés ont fait rayonner la culture française. 

Ce 28 mai nous apprenions la disparition de Guy Bedos, comédien et humoriste à son tour, nous quittait, nous laissant orphelin une fois de plus.
Simon, le médecin hypocondriaque, irresistible dans le film d'Yves Robert : Un éléphant ça trompe énormément

En duo, avec sa femme et partenaire, Sophie Daumier, dans les années 1970

C'est surtout l'humoriste politique vachard, n'épargnant personne, ni à gauche ni à droite qui restera dans les mémoires, mais il était tellement plus que cela. Pour moi, je retiendrai surtout l'homme, à l'enfance brisée, qui a été sa vie entière constant dans ses engagements personnels, luttant inlassablement contre le racisme et l'antisémitisme, pour les droits des Sans Papiers et pour le Droit au Logement.

Reposes en paix l'ami! rejoins vite tes meilleurs potes Desproges et Dabadie, au paradis!
Guy , avec son fils Nicolas.
Diffusée ce jour sur Franc Inter, voici la très belle lettre d'intérieur rédigée par  Nicolas Bedos : les adieux d'un fils à son père aimé, magnifique.

Papa,

Une dernière nuit près de toi. Des bougies, un peu de whisky, ta main si fine et féminine qui serre la mienne jusqu'au p'tit jour du dernier jour. Ton regard enfantin qui désarme un peu plus le gamin que j'redeviens. Au-dessus de ton lit, un bordel de photos, de Jean-Loup Dabadie à Gisèle Halimi, de Desproges à Camus en passant par Guitry. Ça ne votait pas pareil, ça ne priait pas les mêmes fantômes, mais vous marchiez groupés dans le sens de l'humour et de l'amour.


Au bout de tes jambes qui ne marchent plus, tes chats – sereins, comme des gardiens. Sur la table de nuit, un fond de verre de Coca, ultime lien entre ce monde et toi, quelques gorgées de force qui te permettent, du fin fond de ta faiblesse, de nous lancer des gestes d'une élégance et d'une tendresse insolentes.

Fâché de ne plus pouvoir parler, tu envoies des baisers muets à ta femme adorée, à ta fille bien aimée, à la fenêtre sur l'Île Saint Louis, au soleil que tu fuis. Des gestes silencieux qui font un boucan merveilleux dans nos yeux malheureux. Tu auras mélangé les vacheries et l'amour jusqu'au baisser de rideau. Les « foutez l'camp » et les « je t'aime ». Caresses et gifles, jusqu'au bout. Incorrigible Cabotin, tu avais bien prévu ton coup : dans ton dernier morceau d' mémoire, tu avais mis des « vous êtes beaux, je suis heureux, j'ai de la chance. C'est ta mère, là, devant moi ? C'est ma femme ? Oh Tant mieux ! ».

On va t'emmener, maintenant, dans ton costume de scène. Celui des sketches et des revues de presse, des télés et des radios, celui qui arpenta la France, en long en large et en travers de la gorge de certains maires. J'ai dénoué ta cravate noire. On va t'emmener où tu voulais, c'est toi qui dictes le programme, c'est toi qui conduis sans permis. D'abord à l'église Saint-Germain, tu n'étais pas très pote avec les religions, mais les églises, ça t'emballait. Tu disais « Faudrait qu'on puisse les louer pour des spectacles de music-hall, des projections de films, des concerts de poésies ». Il y aura des athées, plein d'arabes et plein de juifs. Ça aurait consterné ta mère, tu aurais bien aimé que ta mère soit fâchée.

Puis on t'envole en Corse, dans ce village qui te rendait un peu ta Méditerranée d'Alger. On va chanter avec Izia et les Tao, du Higelin, du Trenet, du Dabadie et Nougaro. On va t'faire des violons, du mélodrame a capella : faut pas mégoter son chagrin, à la sortie d'un comédien. Faut se lâcher sur les bravos et occuper chaque strapontin. C'est leur magot, c'est ton butin. D'autant que je sens que tu n'es pas loin... Tu n'es pas mort : tu dors enfin.»

27 mai 2020

Un monde à réécrire, de Michelle

Deuxième bonheur du jour avec les beaux slogans de l'enveloppe de Michka, arrivée ouverte  mais heureusement toujours garnie d'une très belle carte vantant la convivialité pendant le confinement.
Dans certains quartiers parisiens, là où les résidents ne s'étaient pas volatilisés vers des contrées plus  vertes, les voisins se sont aidés, ont été généreux et solidaires, certains n'hésitant pas à faire de la musique ou à chanter pour les voisins, qui eux donnaient le rythme par leurs applaudissements.
Merci Michelle : j'espère juste que ce bel élan ne va pas s'arrêter tout net, lorsque chacun aura dominé sa peur et qu'il se sera libéré de l'épée de Damoclès qui nous menace encore toutes et tous..

Oui, un nouveau monde est à réécrire,  il faut tenir bon, face à toutes les pressions économiques et sociales. En notre qualité de consommateur, il nous appartient désormais de devenir des consomm'acteurs.

Biodiversité marine entre nos mains, de Marcelle

Dans ma boite aux lettres ce jour, je suis très gâtée : d'abord je vous présente la très belle enveloppe créée par la géniale Miss Yves.
C'est une impression de tampon de linogravure mettant en valeur la vie marine, que l'on tient entre nos mains! Si nous voulons conserver un tant soit peu de vie sur notre planète,  changeons nos habitudes de consommation, les  ressources halieutiques n'étant  pas sans limite dans les mers et océans du globe : 

  • autorisons la pêche sans gaspillage, avec des filets au maillage adapté, 
  • interdisons avec contrôle à l'appui, la pêche électrique,
  • créons des zones de protection des espèces jusqu'à ce qu'elles se régénèrent,
  • choisissons selon les saisons de consommer le poisson qui est abondant! il n'y a pas que le thon rouge, la coquille St Jacques, le Saint Pierre et le turbot qui soient intéressants sur le plan alimentaire, la chair de nombreuses autres espèces méritent qu'on s'y arrête,
  • etc....
En parallèle, arrêtons d'utiliser le plastique non recyclable que l'on retrouve échoué partout (le fameux sixième continent) et qui met des siècles à disparaître... d'ailleurs il disparait de notre vue, mais pas dans notre corps car à l'heure actuelle nous consommons l'équivalent d'une carte bancaire en plastique par semaine !

Un grand merci à toi Marcelle, pour ta création et son message! Merci aussi pour le fascicule joint à ton envoi à propos d'un spectacle Yokai donné juste avant le confinement dans ta ville de Saint-Lô,

25 mai 2020

Amazonie : derrière la pandémie, l'écocide et l'éthnocide

L'an passé nous avons tous été émus par les incendies gigantesques qui ont ravagé la forêt amazonienne, repoussant toujours les hommes et les animaux qui la peuplent dans des espaces de plus en plus étroits. 

La pandémie planétaire de la Covid-19 combinée à une politique particulièrement agressive du président du Brésil à leur encontre fait craindre le pire pour ce qu'il reste des populations autochtones, particulièrement vulnérables à toutes les épidémies bactériennes et virales contre lesquelles elles n'ont aucune immunité. 

Tous les amérindiens ont  tout autant que nous le droit de vivre sur note planète : ils sont les gardiens de la forêt amazonienne depuis des temps immémoriaux, ils ont toujours su y vivre et s'en nourrir avec parcimonie, mais surtout la vénérer et la respecter. 

Je ne peux demeurer indifférente à leur sort, même si je n'ai pas beaucoup de moyens, au moins je me dois d'attirer l'attention sur ce qui se trame là-bas, à bas bruit (cf. article ci-dessous)
La Covid-19 est une  nouvelle menace pour des indigènes déjà affectés par une déforestation qui n'a cessé d'augmenter depuis l'arrivée au pouvoir  de JaÏr  Bolsonaro. [Ricardo Oliveira de l'AFP]

C’est un drame immense qui se joue aux confins du Brésil, dans ces « points chauds » de la déforestation qui s’allument sous le souffle cynique et meurtrier de Jaïr Bolsonaro. Le monde se souvient de cette Amazonie en feu qu’Emmanuel Macron qualifiait d’écocide. L’été 2020 risque d’être plus brûlant encore.

Alors que la saison sèche n’a pas encore débuté, l’Amazonie est déjà dévorée de toutes part à une vitesse effrayante. La surface déforestée de l’Amazonie légale (regroupement des États d’Acre, Amapá, Amazonas, Mato Grosso, Pará, Rondônia et Roraima, et une partie du Maranhão et du Tocantins) avait déjà augmenté de 30% entre 2018 et 2019. Plus de 10 300 km2 ont disparu cette année-là. Depuis, le système satellitaire DETER d’évaluation de la déforestation multiplie les alertes. En mars dernier, elles étaient 30% plus nombreuses qu’à la même époque l’année précédente. En avril, les surfaces prises sur la forêt étaient 64% plus importantes qu’un an plus tôt, attisant les craintes que la déforestation de l’Amazonie atteigne un plus haut historique en 2020. Et ceci en dépit, ou plutôt grâce à la pandémie.

Le Covid-19 n’a pas épargné le Brésil. Le pays compte déjà plus de 12 000 morts – le plus lourd bilan en Amérique du Sud – et certains observateurs estiment que le nombre réel de victimes serait jusqu’à 15 fois plus important. Parmi elles, de nombreux membres de peuples autochtones vivant dans des communautés reculées de la forêt dépourvues de toute offre de soins. L’État d’Amazonas, au centre de l’Amazonie, cumule les particularités qui illustrent le drame écologique et humain qui se joue : la déforestation y est la plus importante dans tout le bassin amazonien ; il concentre, avec environ 170 000 personnes, la plus grande population indigène de la Fédération brésilienne et enregistre, proportionnellement, le plus grand nombre de personnes contaminées par le Covid-19. Le mercredi 13 mai, 1648 nouveaux cas de contamination étaient détectés en une seule journée dans cet État de 4 millions d’habitants.

Le Plan national d’urgence pour le coronavirus dans les Peuples indigènes rappelle qu’en raison de leurs spécificités immunologiques et épidémiologique, ces populations sont particulièrement vulnérables aux infections respiratoires. Dans les années 1980, 20% du peuple Yanomami avait disparu, victime d’infections virales introduites par des milliers de garimpeiros. Encouragés par l’envolée du cours mondial de l’or – autre conséquence de la pandémie – ils seraient désormais 20 000 à occuper les terres Yanomani, tous porteurs potentiels du virus mortel. Derrière, le front de la déforestation avance sous la pression des bûcherons, des éleveurs ou des producteurs de soja. Dans les territoires autochtones, la déforestation a augmenté de 74% entre 2018 et 2019 et la tendance à la hausse se confirme en 2020. Des milliers d’indiens, dépositaires d’un héritage culturel unique au monde et gardiens d’une biodiversité inestimable, sont ainsi exposés à un génocide. Dans l’indifférence la plus totale. 

Avec à sa tête un homme qui n’exprime que dégoût et haine pour une partie de son peuple, le gouvernement fédéral, par sa carence fautive, n’a jamais cessé d’encourager et de soutenir ces criminels. Alors que la déforestation explose, le nombre de procès-verbaux dressés par la police de l’environnement (IBAMA) en Amazonie n’a jamais été aussi bas : moins de 3 000 en 2019 contre plus du double en 2016. Ceux établis par l’Institut Chico Mendes pour la Conservation de la Biodiversité (ICMBio), chargé de la surveillance des unités de conservation, ont connu une chute plus importante encore.

Le 20 mars dernier, le gouvernement a franchi un nouveau cap : son ministre de l’environnement a annoncé qu’en raison de la pandémie, les actions de l’IBAMA et de l’ICMBio étaient suspendues, laissant le champ libre aux bûcherons et aux garimpeiros. La situation est tellement grave que le Ministère Public Fédéral, véritable contre-pouvoir judiciaire, a ordonné le 24 avril 2020 à ces deux organismes de reprendre leur plan de contrôle et de police de l’environnement. Dans les 10 points chauds de la déforestation identifiés par l’IBAMA, le commerce du bois et le négoce de l’or sont suspendus par les magistrats.

Dans son ordonnance, le Ministère Public justifie ces mesures urgentes « sous peine d'un véritable génocide des populations amazoniennes et d'un écocide des ressources naturelles ». Ces mots, qui font écho à ceux employés par Emmanuel Macron l’été dernier, devraient inciter les États membres de la Cour pénale internationale à reconnaitre le crime d’écocide parmi ceux relevant de sa compétence. 

Ironie de l’histoire, c’est à Greta Thunberg, icône haïe par le président brésilien, qu’en appelait le 2 mai 2020 le maire de Manaus, capitale de l’Amazonas, pour sauver les défenseurs de la forêt de la « barbarie » en cours : « Mon peuple souffre, l’Amazonie et la forêt doivent être sauvées », implorait-il. En attendant, avec à sa tête un président contesté de toutes part, le Brésil expérimente un double cauchemar : celui d’un gouvernement d’extrême droite fanatisé, indifférent aux souffrances de son peuple et celui d’une pandémie qui pénètre le pays jusque dans les profondeurs de ses forêts. La reprise imminente des mégas feux parachèvera alors le drame qui se joue dans l’indifférence générale chez nos frères d’Amazonie.
Source : Médiatpart du 14 mai 2020 par Sébastien Mabile

24 mai 2020

Parolier et scénariste reconnu et aimé, Jean Loup Dabadie s'en est allé

Encore un grand personnage qui nous laisse en ce printemps 2020 catastrophique ! 
Jean-Loup Dabadie disparait, laissant le monde de la culture encore une fois en deuil !
Ce monsieur toujours souriant, courtois, un peu dandy, avait de très nombreuses cordes à son arc. Artiste, journaliste d'art, critique littéraire, auteur et écrivain, son amour des mots et des lettres l'a fait reconnaître par ses pairs ce qui l'a conduit jusqu'à l'Académie Française en 2008.

Mais il fut également dialoguiste de nombreux sketchs de Guy Bedos notamment, scénariste auprès de très grands réalisateurs comme Yves Robert, François Truffaut, Claude Sautet (les choses de la vie,  François, Vincent,  Paul et les autres ou César ou Rosalie),  Philippe de Broca, et bien d'autres.Au théâtre il faut à la fois adaptateur mais également créateur de pièces de théâtre, également.

Très populaire, il est bien sûr connu comme parolier pour de nombreuses chansons qui resteront dans toutes nos mémoire, comme "Femmes je vous aime" ou "Ma préférence" chantées par Julien Clerc ou "Nous irons tous au paradis" entonnée par Michel Polnareff , pour les connues. Mais il écrivit aussi pour Barbara, pour Johnny Hallyday, Serge Reggiani , Michel Sardou et tant d'autres.

Cet homme-là toujours jovial appréciait l'amitié plus que les honneurs : merci à lui pour son grand  talent protéiforme et pour tous les beaux textes qu'il nous laisse!
Femmes je vous aime
Quelquefois
Si douces
Quand la vie me touche
Comme nous tous
Alors si douces
Quelquefois
Si dures
Que chaque blessure
Longtemps me dure
Longtemps me dure
Femmes, je vous aime
Femmes, je vous aime
Je n'en connais pas de faciles
Je n'en connais que de fragiles
Et difficiles
Oui, difficiles
Quelquefois
Si drôles
Sur un coin d'épaule
Oh oui, si drôles
Regard qui frôle
Quelquefois
Si seules
Parfois elles le veulent
Oui mais, si seules
Oui mais si seules
Femmes, je vous aime
Femmes, je vous aime
Vous êtes ma mère, je vous ressemble
Et tout ensemble mon enfant
Mon impatience
Et ma souffrance
Femmes, je vous aime
Femmes, je vous aime
Si parfois ces mots se déchirent
C'est que je n'ose pas vous dire
Je vous désire
Ou même pire
O, femmes
Femmes
Paroliers : Jean Loup Dabadie / Julien Clerc



Le petit garçon
Ce soir mon petit garçon mon enfant mon amour
Il pleut sur la maison mon garçon, mon amour
Comme tu lui ressembles
On reste tous les deux
On va bien jouer ensemble
On est là tous les deux seuls
Ce soir elle ne rentre pas, je n'sais plus, je n'sais pas
Elle écrira demain peut-être nous aurons une lettre
Il pleut sur le jardin
Je vais faire du feu
Je n'ai pas de chagrin
On est là tous les deux, seuls
Attends, je sais des histoires
Il était une fois
Il pleut dans ma mémoire
Je crois ne pleure pas
Attends, je sais des histoires
Mais il fait un peu froid ce soir
Une histoire de gens qui s'aiment
Une histoire de gens qui s'aiment
Tu vas voir
Ne t'en va pas
Ne me laisse pas
Je ne sais plus faire de feu mon enfant, mon amour
Je ne peux plus grand-chose mon garçon, mon amour
Comme tu lui ressembles
On est là tous les deux
Perdus parmi les choses
Dans cette grande chambre, seuls
On va jouer à la guerre et tu t'endormiras
Ce soir elle ne s'ra pas là, je n'sais plus, je n'sais pas
Je n'aime pas l'hiver
Il n'y a plus de feu
Il n'y a plus rien à faire
Qu'à jouer tous les deux, seuls
Attends, je sais des histoires
Il était une fois
Je n'ai plus de mémoire
Je crois, ne pleure pas,
Attends, je sais des histoires
Mais il est un peu tard ce soir
L'histoire de gens qui s'aimèrent
Et qui jouèrent à la guerre
Ecoute-moi
Elle n'est plus là
Non; ne pleure pas
.Source : Musixmatch /Paroliers : Datin Jacques Jean Marie / Dabadie Jean-loup

22 mai 2020

Centaurée ou bleuet, de la nature en bouquet, de Pascal

Quel beau cadeau aujourd'hui dans ma boîte aux lettres :
c'est un bouquet de vrais bleuets dessiné de la main de Pascale. 
Ces bleuets me font immanquablement penser à ceux qui poussaient avec les coquelicots et les marguerites dans les champs de blé au printemps, dans ma jeunesse, à la campagne. C'était un temps où l'on ne les éradiquait pas encore à coup d'insecticides et/ou de pesticides pour augmenter le rendement de la parcelle.

Je dois dire, pour être tout à fait honnête que je les ai vus revenir il y a deux ou trois ans, dans les champs, avec leurs copains coquelicots.... Merci aux agriculteurs qui ont compris qu'on leur faisait exercer leur métier à l'inverse de ce qui est leur vocation première, consistant à entretenir et  protéger la terre nourricière plutôt que de la tuer.

Un grand merci à toi Pascal!

18 mai 2020

Michel Piccoli, rattrapé par les choses de la vie

A 94 ans, Michel Piccoli s'est éteint ce 12 mai.  C'est un grand nom du cinéma, du thêatre et de la mise en scène aussi, qui nous quitte. Il va laisser un grand vide tant il était touche-à-tout. Tout au long de sa longue carrière, il n'a laissé personne indifférent tant il a interprété de rôles toujours différents, toujours choisis en conscience, avec de très grands réalisateurs comme Louis Daquin, Luis Bunuel, Claude Sautet, Jean-Luc Godard, Jacques Demy, Marco Ferreri, et tant  d'autres, Nanni Moretti aussi dans les dernières années de sa carrière avec le magnifique Habemus Papam.

Acteur inoubliable dans Les choses de la vie, La grande bouffe, Belle de Jour, Les Demoiselles de Rochefort, Milou en mai, Max et les ferrailleurs, Vincent, François Paul et les autres, sa carrière fut très riche. Extravagant et provocateur, il n'hésitait pas à se mettre en danger et savait tout jouer. 

Il ne faisait rien pour cacher ses idées. C'était un homme libre, toujours à gauche mais jamais encarté, qui s'est engagé en tant qu'individu dans bien des combats : actif contre la guerre du Vietnam, pour la défense des sans-papiers, pour la parité homme-femme dans la vie publique, mobilisation contre le Front national. Michel Piccoli fut très actif au sein de SOS Racisme (créé en 1984) et aux côtés d'Amnesty International. Sensible il le fut également aux questions migratoires, allergique à toutes les formes de dictature et phobique pour le capitalisme et la dictature de l'argent. 

Il aimait passionnément le mouvement et la vie. Merci Michel.

16 mai 2020

EL110 - Déconfinement amorcé : tous masqués! de Jeanne-Marie

Ah Jeanne-Marie, je te reconnais bien là avec ta bienveillance légendaire et ta créativité sans faille.
Tu t'emploies à procurer des masques à chacun pour une prise de risques minimum en cette nouvelle ère de déconfinement progressif, y compris pour notre ami de la savane, muni de son attestation de sortie pour venir jusqu'à moi - tu penses vraiment à tout !

.Ah, si seulement, ainsi masqués, les éléphants pouvaient échapper à leurs prédateurs, ce serait miraculeux! Bravo pour le timbre  rhinocéros judicieusement choisi dans la belle série "cabinet de curiosités" éditée par La Poste.

Merci Jamari, pour ton humour et pour ton amitié fidèle!