Blog d'art-postal, essentiellement textile , créé pour satisfaire toutes mes envies de couture, broderie, embellissement, collages et autres fantaisies... en les appliquant aux univers riches et variés induits par les timbres postaux. Il peut m'arriver d'y noter mes coups de coeur pour des expositions ou des artistes, sources d'inspiration ou d'émotions.
BIENVENUE!
Nadine a un nouveau thème en 2025, la mode féminine et masculine du 19e siècle.
Alors, j'ai pu trouvé sur Gallica, le catalogue numérique de la BNF, la première page d'un Journal des Dames de 1806, revue officielle de la mode féminine de l'époque.
J'espère chère Nadine, que ce mail-art saura te plaire avec cette parution tout à fait vintage. Je t'en souhaite une très bonne réception.
Comme je le suis moi-même, par nos lectures croisées sur nos blogs respectifs, je sais combien Eric a été et est encore bouleversé par les non-dits de notre gouvernement à propos des horreurs qui sont en train de se passer sous nos yeux, à Gaza principalement, mais aussi en Cisjordanie, perpétrés sans vergogne par le gouvernement d'extrême droite, faschisant de Netanyaou.
Tableau de Suleiman Mansour - Espoir
Alors de toutes mes forces, en citoyenne du monde convaincue que tous les êtres humains sur terre ont le droit d'y vivre sur leur terre ancestrale, dans le respect du Droit International et des Droits de l'Homme, même si ces "belles valeurs" sont de plus en plus souvent bafouées par les pays occidentaux. Ces droits sont universels et s'appliquent à tous, absolument tous les humains, et pas seulement les plus riches et les plus forts.
Annie Ernaux dans la Grande Librairie début juin : dénoncer le génocide à Gaza
HALTE au GENOCIDE - Rappelons le haut et fort :
- les Gazaouis ne sont pas que des Palestiniens, ce sont d'abord des êtres humains
- ces personnes-là ne sont pas que des musulmans , ce sont surtout des êtres humains,
- ce ne sont pas seulement des arabes, ce sont surtout des êtres humains
- ce sont juste et surtout des personnes qui ont eu la malchance d'être nés là!
J'espère que ce mail-art te parviendra en bon état cher Eric, il est important pour moi de mettre en avant ce qui peut encore l'être pour faire connaître la culture d'un pays dont on veut anéantir les habitants farouchement attachés à leurs racines.
La douceur qui se dégage de ce tableau à dominante bleu ainsi que sa lumière m'ont fait penser à la peinture qu'aime Marie, ma correspondante lorraine. En creusant un peu, je n'en suis pas si surprise car l'auteur américain de cette toile Alson Skinner Clark (1876-1949) appartenait aussi au courant impressionniste.
Alors, avec en plus un peu de vieille dentelle pour rester fidèle à mes thèmes de prédilection, mais aussi avec les reflets dans l'eau de la piscine en écho à la belle lumière qui se reflète dans le miroir de la jeune fille, j'ai tenté un petit haiku, comme un clin d'oeil à l'été qui approche et aux grandes vacances qui s'annoncent enfin pour ceux qui ont durement travaillé tout au long de l'année.
Alson Skinner Clark - Reflection - 1922
Chère Marie, je te souhaite une bonne réception de ce mail-art ainsi qu'un bel été, avec, si je ne me trompe, un bel évènement familial à célébrer.
Cela fait un bon moment que je fais des essais avec des feuilles d'automne que j'ai traitées avec de la glycérine pour qu'elles restent souples, pour en obtenir comme une sorte de cuir. Je rêve en fait d'être capable un jour de réaliser des compositions mariant feuilles mortes et points de dentelle au crochet comme le fait magnifiquement bien l'artiste Suzanner Bauer que j'admire, mais jusqu'alors je n'y suis pas parvenue (ce n'est pas encore la bonne variété de feuilles ou la bonne texture pour éviter que le "cuir" des feuilles" ne se déchire avec le passage de l'aiguille ou du crochet) .
Cependant, comme certaines tentatives n'ont pas été totalement moches, je n'ai pas tout jeté et j'ai eu envie d'en faire un mail-art au naturel pour mon amie Daniella. Avec des lambeaux d'écorce de boulot, et des morceaux de feuilles que j'ai découpés, fixés par broderie sur le fond en tissu teinté à la soupe de clous rouillés (ce sont les toutes dernières chutes), j'ai tenté un assemblage expérimental... et voilà ce que cela donne !
Vue du dessus
Lorsqu'on le voit ainsi à plat, on dirait un oiseau perdu dans la tempête, avec les couleurs de la rouille qui pourraient symboliser les rafales.... cela aurait été bien que je me rende compte de cela avant de le terminer car j'aurai pu ordonnancer autrement les différentes pièces sur le tissu! Pourtant, cela fait plusieurs mois que je l'avais mis en stand-by, attendant un moment d'inspiration plus favorable! Bon, promis, j'essaierai de mieux faire la prochaine fois.
Vue de la tranche, avec volume à gauche, au bas de l'écorce de bouleau
C'est extrêmement fragile mais je vais le laisser partir par la Poste en l'état.
Chère Daniella, j'espère te faire plaisir avec cette "création" à l'image de ce que tu aimes m'envoyer, un bidule "complètement nature". Souhaitons qu'il arrive jusqu'à ta boite aux lettres dans le meilleur état possible (pas comme le précédent sur le bleu Asse que tu n'as jamais reçu).
Je ne suis pas une spécialiste du bel canto mais il est des airs d'opéra que j'aime écouter. Et parmi ceux-là reviennent souvent ceux chantés par la grande diva qu'était Maria Callas dont l'immense talent a beaucoup contribuer à les faire connaître. Par exemple, parmi les plus connus, j'aime écouter l'air de Carmen, et Casta Diva dans la Norma.
J'ai souhaité évoqué Maria Callas sur un art postal que je destine à Diane, car je la considère aussi comme une "femme remarquable" dans son domaine. Il y a un tel écart entre la réussite de sa vie professionnelle et le grand vide de sa vie personnelle que c'en est vertigineux.
Et puis je dois confesser que les personnes qui doivent lutter pour pouvoir s'accepter dans leur corps me touchent beaucoup.
Chère Diane, j'espère que l'évocation de cette grande dame que fut La Callas sera à ton goût, je t'en souhaite une très bonne réception.
*** Maria Anna Cecilia Sofia Kalogeropoulos ***
dite Maria Callas
New-York Manhattan 1923 / Paris 1977
photo publiée dans Wikipédia
Au-delà de son incontestable talent de comédienne, tragédienne et de cantatrice sur la scène (avec une tessiture exceptionnelle couvrant trois octaves), elle était aussi une femme à la fois forte et vulnérable, qui a connu dès son enfance un destin plutôt singulier. Fille de parents immigrés grecs, elle fut élévée par une mère autoritaire et caractérielle qui désirait un fils (pour remplacer celui qu'elle venait de perdre).
Enfant mal-aimée par sa mère qui privilégiait beaucoup sa soeur ainée, elle se sentait laide dans un corps en surpoids et souffrait en plus d'une myopie sévère. A un moment donné, sa mère a encouragé Maria au piano et au chant où elle avait de beaux résultats ... par la suite elle fut obligée de quitter l'école pour recevoir son éducation musicale en Grèce à l'âge de 13 ans, et se produire sur une scène lyrique à Athènes dès ses 18 ans.
Plus tard, à Vérone, à 26 ans, lorsqu'elle épouse Giavanni Battista Meneghini son premier amour, elle se voit contrainte par son conjoint-impresario à en faire toujours plus, ce qui n'a pas été du tout bon pour sa voix mais a permis de la mieux faire connaître et aussi de l'enrichir. Toujours insatisfaite de son image, elle s'efforça de se transformer en un idéal de diva de l'opéra et de se réinventer. Avec cette transformation physique (une perte d'environ 30 kg en 2 ans, probablement à l'origine de la maladie qui finira par l'emporter) et son acharnement au travail, elle a fini par brûler sa vie par les deux bouts. A l'age de 33 ans, sa voix a commencé à décliner et à quarante ans, c'était déjà une femme usée.
Maria Callas chante Norma, avant et après sa transformation physique impressionnante
Toujours sous pression, la cantatrice s'est donnée corps et âme à son art et à son public, mais elle n'a jamais vécue la vie dont elle aurait rêvé, celle de vivre comme une simple femme aimante, avoir un foyer et des enfants, ce qui lui a toujours été refusé. Ses amours contrariées avec l'armateur Aristote Onassis, qui finira lui préférer Jackie Kennedy, ne lui apporteront que du tourment .
La célèbre cantatrice conquit, à la fin des années 1950, un statut de soprano assoluta. Pour les mélomanes, les critiques spécialisés et la presse « people», elle était tout simplement « la Callas», preuve qu’elle occupait une place singulière dans le monde lyrique. Cette cantatrice ne ressemblait à aucune autre de ses rivales. Elle transcenda, grâce à sa voix exceptionnelle et ses qualités de tragédienne, les conventions alors en usage dans l’opéra, au point qu’aucune de ses consœurs, jusqu’à aujourd’hui, n’a pu la remplacer.
Maria Callas chante "Vissi d'arte" (de Puccini : Tosca) – Paris, 1958
Vidéo publiée sur la chaine Youtube de Warner Classic
Dans cet enregistrement live de décembre 1958, Maria Callas chante « Vissi d'arte » de l'opéra Tosca de Puccini, l'un de ses rôles les plus emblématiques, à Paris avec le chef d'orchestre Georges Sebastian. Enregistré en direct au Palais Garnier (Théâtre National De L'Opéra De Paris), le 19 décembre 1958. Concert de gala organisé par le magazine Marie Claire.
Vidéo publiée sur la chaine Youtube d'Allan Rizzetti / interview de Maria du 14 juin 1964 réalisée à Paris
Voici ce qu'en écrit l'auteur Bertrand Meyer-Stabley dans la biographie "La véritable Maria Callas" :
Maria Callas apparaît désormais comme la plus illustre cantatrice du XXe siècle. Mais son nom a également alimenté la chronique des scandales. Or elle a beaucoup moins été la tigresse qu'on a dite qu'une artiste éprise d'absolu et incapable de se satisfaire de la médiocrité. Cette travailleuse acharnée n'a jamais transigé : elle n'a pensé qu'à la grandeur d'un Art qu'elle a voulu servir jusqu'au bout de ses forces. Cependant, ses succès fabuleux, l'enthousiasme que ses apparitions en scène déchaînèrent, les hommages qu'elle reçut des plus grands n'effacèrent jamais en elle les blessures d'une enfance malheureuse ou les stigmates d'un physique ingrat qu'elle parvint à transformer au moyen d'une volonté de fer. Enfin, une douloureuse histoire d'amour avec le milliardaire grec Onassis, qui l'abandonna vulgairement pour épouser Jacqueline Kennedy, accéléra le désarroi d'une femme qui s'enferma peu à peu dans la solitude. Bertrand Meyer-Stabley retrace magistralement le destin de cette extraordinaire personnalité, tout à la fois adulée et décriée, qui donna à l'art lyrique un nouvel essor en faisant redécouvrir au public un pan oublié du répertoire et imposa une image moderne de la cantatrice, mince, élégante et crédible sur scène.
Source : principalement des extraits de Wikipédia, mais aussi Elle, Vogue
Tout au long de sa carrière, Maria Callas n'a jamais laissé personne indifférent : on l'aime ou on la déteste, encore aujourd'hui, 48 ans après sa disparition. Et même si elle avait un caractère affirmé voire orageux, on exigeait et on attendait énormément d'elle, d'ailleurs la presse de l'époque ne l'a jamais beaucoup épargnée. Par amour de son métier et avec une exigence sans faille sur la qualité de ses prestations, Maria a quelquefois préféré ne pas donner une représentation si elle se savait souffrante - ou même l'interrompre comme ce fut le cas à Rome en janvier 1958 dans la Norma de Bellini et cela ne lui a pas été pardonné.
J'aime beaucoup les dessins totémiques que réalise l'artiste Jean-François Rieux lorsqu'il m'adresse ses créations en art postal. J'ai eu la chance de le rencontrer au Festival du Mail-Art de Vienne en mars 2022 (manifestation qui n'existe plus sous cette forme, hélas) et depuis nous correspondons régulièrement.
Or, voilà que je découvre un artiste américain, Rex Clawson dont certains dessins sont très proches de l'univers dessiné par Jean-François, un mix entre art primitif et art naïf. Pour réaliser ce mail-art j'ai extrait la partie centrale de l'un de ses tableaux où un homme, sorte d'écorché à tête de lion, est installé en amazone sur un gros chat fantastique. Magnifiquement stylisé, j'aurai adoré pouvoir rebroder le bel animal, ce qui ne m'est pas encore possible. A noter, le joli travail sur le corps et les membres pour représenter les muscles, d'une manière naïve.
Ma composition et à coté l'oeuvre originale de R. Clawson "Stylised Figure"
C'est pour moi l'occasion de saluer à la fois le travail de Jean-François que je retrouve dans d'autres oeuvres de Rex Clawson mais également de représenter les félins, et évidemment le chat, mon animal de compagnie. A voir ses tableaux, il me semble que cet animal a été aussi important pour lui.
Je t'en souhaite une bonne réception, Jean-François, ainsi qu'un bel été.
*** Rex Martin CLAWSON - (1929-2007) ***
La satire sociale et politique à connotation sexuelle imprègne l'œuvre de Rex Clawson. Enfant à Dallas, au Texas, il est influencé par le graphiste Jon Witcomb, Van Gogh, Gauguin et les impressionnistes. Rex obtient ensuite une bourse du Colorado Springs Art Centre et part étudier un an au Mexique.
Au début des années 1970, les œuvres de Clawson sont exposées dans plusieurs galeries new-yorkaises. Une critique du New York Herald Tribune de 1963 décrit son travail comme «évoquant la peinture primitive où une histoire est racontée… (à travers) une image symbolique». Il présente deux expositions personnelles à la Royal Athena Gallery, de 1963 à 1964, où il caricature la politique de son époque par l'art.
Source : Extrait d'Askart.com
PS : je n'ai pas pu trouver de biographie de cet artiste ; selon les sites d'art consultés qui parlent de sa peinture, il serait né en 1929, ou en 1930 ou encore en 1933!
Avec l'arrivée de l'été, nous sommes tentés d'aborder des thèmes évoquant les vacances.Je m'en suis donc donné à coeur joie, pour ce mail-art textile destiné à Claire.
Rien de plus simple avec ce délicieux tissu de broderie anglaise bleu ciel que de simuler justement le ciel, pour l'arrière plan de cette composition des années 1920, où de belles dames fort élégantes se prélassent et devisent sur la plage.
Pas sûre que leur installation avec vrai fauteuil et abri en toile soient totalement compatibles pour une vraie journée de détente en bord de mer, tant leur toilette me semble précieuse pour un tel endroit!
Chère Claire, je te souhaite une bonne réception de cet art postal : passes un bel été!
Dans un post précédent j'ai longuement expliqué la génèse de ce style populaire dit "Fraktur", pratiqué essentiellement en Pennsylvanie par des expatriéseuropéens ayant fui les persécutions au 18e siècle, pour des raisons religieuses, essentiellement
En parcourant les oeuvres anciennes conservées notamment par certains grands collectionneurs, j'ai mis de côté le dessin d'un dragon que je destine à France, très amatrice de ces animaux fantastiques et mythologiques.
Composition d'après une peinture Fraktur d'art folklorique américain
Dessin de dragon volant, dragon ailé, XIXe siècle, fantastique, créature mythique - Vu sur le site internet Etsy
Tracés à la plume et peints à l'aquarelle les dessins de cette époque illustraient essentiellement les actes de naissance, de mariage, les signets et marques-pages, ou bien encore les cartes pour la Saint-Valentin, ou encore servaient à illustrer les manuels religieux.
Certaines familles américaines en ont fait la collection et possèdent un vrai trésor dans leur intérieur comme c'est le cas chez Joan et Victor Johnson de Philadelphie.
Joan et Victor Johnson, originaires de Philadelphie, collectionnent les fraktur allemands de Pennsylvanie depuis la fin des années 1950. Selon Joan Johnson, « À l'époque, les fraktur étaient quelque chose que nous pouvions nous permettre, comme disait ma mère, avec l'argent de mon rosbif – tout ce qui restait du budget de la semaine. Dès que je voyais quelque chose qui me plaisait, je l'achetais. » Progressivement, sur plus de cinquante ans, les Johnson ont constitué l'une des plus belles collections privées de ce type d'œuvres du pays. En 2012, ils ont promis l'intégralité de leurs fraktur au Philadelphia Museum of Art, doublant ainsi la collection de fraktur du musée et augmentant considérablement son étendue, sa richesse et sa qualité. Figurant parmi les premières grandes institutions américaines à acquérir de l'art populaire allemand de Pennsylvanie, dès le début des années 1890, le musée possède l'une des plus importantes collections de ce type aux États-Unis. Le généreux don des Johnson placera les fraktur du musée au même niveau que le reste de l'art allemand de Pennsylvanie (...).
Source : Philadelphia Museum of Art
Livre édité en 2015 (seulement en anglais) de la Collection Joan et Victor Johnson
Drawn with spirit - Pennsylvania German Fraktur
de Lisa Minardi et Ann Percy
L'un des meilleurs groupes de fraktur allemand de Pennsylvanie jamais assemblé est présenté dans son intégralité, illustré avec de belles photographies.
Parmi les formes les plus appréciées de l'art populaire américain, fraktur est une tradition germanique de manuscrits décorés et de documents imprimés remarqués pour son utilisation de couleurs vives et de motifs fantaisistes. Cette publication apporte une contribution historique à l'étude du fraktur allemand de Pennsylvanie, et offre l'étude la plus complète du sujet depuis plus de 50 ans. Les objets présentés, dont la plupart n'ont jamais été publiés, accompagnent de nouvelles informations importantes sur les artistes qui ont réalisé ces œuvres et les personnes qui les possédaient. Un essai d'introduction place la célèbre collection Johnson dans le contexte de la collection et de l'érudition sur l'art populaire allemand de Pennsylvanie, puis met en évidence de nouvelles découvertes majeures, y compris les liens entre fraktur et des exemples connexes de meubles et d'impressions. Un entretien avec les collectionneurs offre des informations précieuses sur la formation de ce groupe spécial d'objets, qui comprend des certificats de naissance et de baptême, des assiettes, des textes religieux, des échantillons d'écriture, des bénédictions de maison, des découpes et des larges côtés imprimés. Les splendides illustrations en couleur révèlent des écoles d'influence artistique et régionale, donnant une compréhension nuancée de la façon dont les artistes se sont inspirés les uns des autres et comment les designs ont été transférés vers de nouveaux endroits. Les entrées détaillées du catalogue comprennent des informations détaillées sur chaque pièce ainsi que des traductions complètes.
Publié en association avec le Philadelphia Museum of Art
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Chère France, j'espère que l'histoire de cet art populaire t'intéressera : je te souhaite une bonne réception de ce mail-art dragon un peu particulier, ainsi que de belles vacances estivales.
J'ai choisi Isabelle et son ami Léon pour aborder ce thème en art postal, puisque cette correspondante adore représenter fruits et légumes au crochet, où elle excelle : j'espère qu'elle ne m'en voudra pas.
Je te souhaite une bonne réception de ce mail-art, chère Isabelle, je suis sûre qu'avec ton amie Léon et ton amour de la belle laine, tu ne pourras que te réjouir de cette belle botte d'asperges vertes!
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J'ai envie de dénoncer ce slogan dont on nous a rabaché les oreilles depuis des années : "pour être en bonne santé, manger 5 fruits et légumes par jour" .
En effet, il me semble que pour être bon pour la santé, il faut répondre a minima à certains critères essentiels comme qualité, fraicheur et accessibilité.
Les supermarchés font leur promotion en tête de gondole ou de la publicité dans nos boites à lettres ou à la télévision, et là ils jouent essentiellement sur le critère prix, sachant combien les gens traversent des difficultés économiques depuis plusieurs années. Conditionnés par tous ces effets d'annonce, et surtout si la famille est nombreuse, force est de constater que beaucoup d'entre nous succombent aux appâts qu'ils nous tendent. Et pourtant, il ne suffit pas de voir du vert dans son assiette ni de croire que la pomme de terre est un légume pour penser que c'est bon pour notre santé.
Lorsque les légumes ont poussé hors saison dans et sous des serres de plastique où l'on exploite des tas d'ouvriers agricoles sous-payés et vivant dans des conditions ignobles de chaleur (comme en Espagne par exemple), que certains poussent hors sol car nourris (ou plutôt biberonnés) avec de l'eau chargée de nutriments et de médicaments, croyez-vous qu'ils puissent être bons à consommer même s'ils sont les moins chers sur le marché? Trouvez-vous bon un concombre ou un melon qui vous est proposé dès février? Si l'on parle des fraises, vous savez celles énormes qui ressemblent à des pis de vache, très odorantes à l'extérieur mais totalement blanches dedans, vendues aussi dès le mois de février dans les hypermarchés, les trouvez-vous réellement délicieuses ?
Et encore là, je ne parle pas des intrants ni des insecticides dont ces fruits et légumes sont inondés pour éviter les maladies dans ces espaces de production gigantesques! J'ai récemment remarqué que les citrons ont un prix multiplié par 5 lorsqu'ils sont garantis sans pesticides, après récolte. C'est quand même un comble : il faut maintenant payer davantage pour avoir du "sans". Ceci prouve bien que tout est fait pour que nous succombions aux bas prix (et souvent les familles n'ont pas le choix), indépendamment des problèmes de santé induits par tous les traitements chimiques subis par les produits qu'on nous propose.
Personnellement, j'adore l'asperge, ce légume dont la saison est plutôt courte, un de mes grands bonheurs dans l'assiette, avec la jardinière de légumes de printemps (oignons nouveaux, petits pois frais, carottes et pomme de terre primeurs, feuilles de laitue et lardons fumés). Mais cette année, force est de constater que je n'ai pas les moyens de m'acheter certains de ces légumes qui, pourtant en pleine saison, sont vendus à des prix totalement fous! Et pourtant je ne crois pas faire partie des retraitées les plus pauvres. Par contre, je dois dire que je suis exigeante sur la qualité des produits que j'achète et que je préfère souvent acheter peu mais acheter bon et frais!
Alors cette année où les prix pratiqués dépassent l'entendement, pas plus les petits pois frais que les asperges ne viendront garnir mon assiette. Idem pour les cerises (à plus de 15 euros le kg en pleine saison). Je fais le choix délibéré de m'en priver, car je n'arrive pas à acheter des produits venus de l'autre bout du monde (Chili, Maroc), ou bien qui sont "soldés" car ils ont bien trainé dans les rayons....
Honnêtement, je me demande qui peut encore aujourd'hui se payer 5 fruits et légumes par jour qui soient vraiment bons pour notre santé? C'est simple : uniquement les gros salaires!
Déguster des asperges, un mets réservé à l'aristocratie, comme sur le livret de cette chanson !
Le critère prix est non négligeable pour beaucoup, mais pour autant tout est-il bon à acheter à bas coût? Pendant que l'agro-alimentaire s'enrichit sur notre dos à nous les consommateurs, les producteurs sont sous-rémunérés et beaucoup qui s'étaient convertis à la filière bio (la vraie, pas ce qui est vendu en grandes surfaces sous cette appellation) sont obligés d'abandonner et de revenir au "conventionnel". Quel dommage!
Ce n'est pas facile lorque je fais mes courses et je n'y parviens pas tout le temps mais j'ai décidé de choisir la voie de la consomm'action plutôt que celle de la consommation à tout va, par respect :
- pour les producteurs locaux et les maraîchers qui s'efforcent de remettre les sols en état avec la permaculture, la rotation des cultures en respectant le cycle des saisons, - pour le cycle de la nature : consommer en fonction des produits de saison de France - pour préserver les ressources en eau de notre planète qui vont en s'amenuisant (finis les avocats en culture intensive au Pérou comme sontgourmandes en eau les cultures du mais ou du coton partout) - pour permettre de conserver un maximum des surfaces cultivables et de forêt (c'est assez de détruire les forêts pour en faire du carburant "vert", assez de bitumes et d'artificialisation des sols pour bâtir des entrepôts genre Amazon ou des grandes surfaces...)
et surtout, pour ma santé, en préférant le cuisiné maison plutôt que les plats déjà tout prêts à l'emploi (trop riches en graisses, en sel et en sucre, sans compter les additifs nombreux et dont l'effet cocktail n'a jamais été étudié).
Autre exemple : les protéines apportées par les légumineuses -ou légumes secs- tellement variées ne sont jamais valorisées, pourquoi ? Avez-vous vu de la publicité sur les lentilles vertes ou blondes, les pois chiches, les pois-cassés verts (tous de production française), les haricots secs rouges ou blancs ? c'est pourtant une alternative peu chère à la viande, au poisson et aux oeufs! Et bien oui, le mot magique est laché..rien ne doit entraver la consommation à outrance de la viande (et ses lobbyistes y veille).
Bon j'arrête là ma démonstration car vous savez déjà tous, plus ou moins, tout cela : chacun fait comme il peut dans cette jungle pour s'en sortir au mieux, mais comme dit l'adage, un homme averti en vaut deux !
Une petite aide ici, pour mieux s'y retrouver dans les fruits et les légumes, leur saison optimale pour être consommés et des recettes : https://www.lesfruitsetlegumesfrais.com/
*** LES ASPERGES DANS L'ART ***
PROUST ET LES ASPERGES
L'Allemagne de l'Est est le paradis des asperges (Spargelparadies). Vous trouvez ce légume en grande quantité sur tous les étalages des marchés est-allemands et notamment sur ceux du marché de Leipzig. Et cela est plus qu'appréciable quand on est, tout comme moi, un amateur d'asperges !
J'en ai d'ailleurs dégustées récemment ce qui m'a fait me souvenir d'une anecdote que j'ai lue dans Le côté de Guermantes, le troisième opus d' A la recherche du temps perdu de Proust. Le narrateur y évoque, en effet, un tableau représentant une botte d'asperges que le peintre Elstir a vendu à la duchesse de Guermantes et que la mari de cette dernière trouve affreux étant donné la caractère assez avant-gardiste de l'oeuvre. En note, il est rapporté l'anecdote selon laquelle, en 1880, le peintre Edouard Manet a réalisé une telle oeuvre suite à une commande faite par Charles Ephrussi (critique d'art, collectionneur russe et ami de Marcel Proust). Manet la lui vendait 800 Fr mais Charles Ephrussi lui en offrit 1000. Manet, homme qui aime l'humour, décida alors de lui offrir un tableau représentant une seule asperge pour remercier Ephrussi de sa générosité.
Une botte d'asperges, Edouard Manet (Musée d'Orsay) - voir le timbre - L'asperge, Edouard Manet (Musée du Louvre, Paris)
Mais, ce n'est pas la première fois que l'asperge est mentionnée dans l'oeuvre de Proust. Déjà, dans Du côté de chez Swann, le narrateur effectue une description de ce légume : "[...]mon ravissement était devant les asperges, trempées d’outremer et de rose et dont l’épi, finement pignoché de mauve et d’azur, se dégrade insensiblement jusqu’au pied,-encore souillé pourtant du sol de leur plant,-par des irisations qui ne sont pas de la terre. Il me semblait que ces nuances célestes trahissaient les délicieuses créatures qui s’étaient amusées à se métamorphoser en légumes et qui, à travers le déguisement de leur chair comestible et ferme, laissaient apercevoir en ces couleurs naissantes d’aurore, en ces ébauches d’arc-en-ciel, en cette extinction de soirs bleus, cette essence précieuse que je reconnaissais encore quand, toute la nuit qui suivait un dîner où j’en avais mangé, elles jouaient, dans leurs farces poétiques et grossières comme une féerie de Shakespeare, à changer mon pot de chambre en un vase de parfum."
Toujours dans le même chapitre, le narrateur se souvient d’un certain séjour chez sa grand-tante à "Combray" où Françoise, la gouvernante, réserva une place de choix à ce légume dans ses menus.
-"Madame Octave, il va falloir que je vous quitte, je n’ai pas le temps de m’amuser, voilà bientôt dix heures, mon fourneau n’est seulement pas éclairé, et j’ai encore à plumer mes asperges. » -«Comment, Françoise, encore des asperges ! mais c’est une vraie maladie d’asperges que vous avez cette année, vous allez en fatiguer nos Parisien !» -«Mais non, madame Octave, ils aiment bien ça. Ils rentreront de l’église avec de l’appétit et vous verrez qu’ils ne les mangeront pas avec le dos de la cuiller »
[...]"L’année où nous mangeâmes tant d’asperges, la fille de cuisine habituellement chargée de les « plumer » était une pauvre créature maladive, dans un état de grossesse déjà assez avancé quand nous arrivâmes à Pâques, et on s’étonnait même que Françoise lui laissât faire tant de courses et de besogne, car elle commençait à porter difficilement devant elle la mystérieuse corbeille, chaque jour plus remplie, dont on devinait sous ses amples sarraux la forme magnifique. Ceux-ci rappelaient les houppelandes qui revêtent certaines des figures symboliques de Giotto dont M. Swann m’avait donné des photographies. C’est lui-même qui nous l’avait fait remarquer et quand il nous demandait des nouvelles de la fille de cuisine, il nous disait : « Comment va la Charité de Giotto ? »[...]"
"La pauvre Charité de Giotto, comme l’appelait Swann, chargée par Françoise de les « plumer », les avait près d’elle dans une corbeille, son air était douloureux, comme si elle ressentait tous les malheurs de la terre ; et les légères couronnes d’azur qui ceignaient les asperges au-dessus de leurs tuniques de rose étaient finement dessinées, étoile par étoile, comme le sont dans la fresque les fleurs bandées autour du front ou piquées dans la corbeille de la Vertu de Padoue."
On apprend, un peu plus loin, la raison quelque peu sadique de cette prédilection :
"[...]bien des années plus tard, nous apprîmes que si cet été-là nous avions mangé presque tous les jours des asperges, c’était parce que leur odeur donnait à la pauvre fille de cuisine chargée de les éplucher des crises d’asthme d’une telle violence qu’elle fut obligée de finir par s’en aller."
A noter que l'asperge a fait son entrée dans la littérature grâce à Marcel Proust.
Nature morte aux asperges (1867) de Fernand Bonvin, conservée au musée Kröller-Müller d’Otterlo
Pour avoir arpenté le Louvre pendant sa jeunesse, alors qu’il était
compositeur d’imprimerie puis employé à la Préfecture de police, François
Bonvin (1817-1887) connaît les œuvres des peintres hollandais et surtout celles
de Chardin. Il se spécialise dans les scènes religieuses, de type Charité dans
un hospice, et dans les natures mortes. Les animaux y rivalisent de naturel
avec les fruits et légumes.
Botte d’asperges au verre de vin rosé (2004) de Bernard Londinsky sur le site d’Artprice
De nos jours, l’asperge fait encore le bonheur des peintres avec son
opposition de blanc, vert et violet. Ici, Bernard Londinsky (né en 1932), élève
du peintre Roland Bourigeaud, pose sa botte sur une petite planchette de bois
et fait jouer de manière hyperréaliste les asperges à têtes vertes entre celles
aux légers reflets roses, violets et rouges. Il la flanque d’un verre de vin et
d’une branche de groseilles bien mûres. Un trompe-l’œil admirablement exécuté.
Le Bottelage des asperges (1884) d’Hippolyte Pierre Delanoy,conservé au musée Henri Martin de Cahors
Pour le peintre d’histoire, de portraits et de natures mortes Hippolyte
Pierre Delanoy (1849-1899), il s’agit d’abord de faire briller les armures, de
rendre le soyeux d’une texture, d’évoquer quelque recoin d’une ferme comme
faisaient ses maîtres Léon Bonnat et Antoine Vollon à la recherche d’un
réalisme parfait. Comme les peintres hollandais, il se passionne pour le
détail, celui d’une asperge brisée au premier plan, lors de sa mise en botte.
Nature morte aux asperges (1697) de Adriaen Coorte, conservée au Rijksmuseum d’Amsterdam
Pendant d’un bol de fraises rutilant sur fond noir, cette nature morte aux
asperges est caractéristique du travail précis d’Adriaen Coorte (vers
1665-après 1707), un artiste de Middelburg en Hollande. S’il est connu pour ses
représentations d’animaux comme des pélicans ou des canards, il a reçu de
nombreuses commandes de compositions de fruits et légumes répondant à des
céramiques chinoises et de la vaisselle de cuivre ou d’argent. Tout un jeu de
matières et de reflets.
Moi, j'ai un faible pour cette "Nature morte avec un panier de fruits et une botte d'asperges" peinte par une femme, Louise Mouillon, en 1630.
Un peu perdu sur ce grand fond blanc, ce jeune émeu, dessiné et coloré à la manière des aborigènes australiens, vient m'apporter des nouvelles de France, depuis la Haute-Garonne.
Je t'en remercie France et te souhaite un bel été.
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Connaissez vous cette histoire incroyable?
Parce qu’il a existé un cas assez inouï dans l’histoire contemporaine du monde : la guerre entre une nation et des animaux, je me dois de vous raconter cela. Cette nation, c’est l’Australie ; ces animaux, ce sont les émeus ; cette guerre, c’est la grande guerre des émeus. Et les historiens s’accordent à dire que le perdant de cette « guerre », c’est bel et bien l’Australie. Récit.
Oh comme me voilà gâtée ! Cela me ramène une bonne grosse soixantaine d'années en arrière, lorsqu'à l'école communale, nous apprenions à broder l'alphabet (pour chiffrer notre trousseau). En couture, nous devions savoir faire les reprises pour prolonger la vie des chaussettes ainsi qu'être capable de raccomoder, de rapiécer en posant des pièces de tissu en couture anglaise, l'idée étant de faire de nous de bonnes ménagères en plus de filles éduquées par les enseignements élémentaires.
Faire du neuf avec du vieux, n'était pas une option de bobo à la fin des années 50 et au début des années 60 : c'était une nécessité économique pour bien des foyers ruraux.
Comme moi, Nadine mesure l'évolution des habitudes, tant dans la lingerie de maison que pour les acquisitions de vêtements : aujourd'hui, d'un clic sur leur smartphone, les jeunes filles et les jeunes femmes commandent sur internet à l'autre bout du monde de la "fast-fashion" des vêtements de faible qualité conçus pour être très vite démodés et donc jetés car non recyclables. De plus, ils sont souvent fabriqués par des personnes exploitées, sous-payées quand ce n'est pas par des enfants.
Le monde tourne à l'envers et il doit y avoir sûrement un juste milieu : bref, je viens de me prendre une bonne volée de nostalgie, même si je ne considère pas que tout était mieux avant.
Merci beaucoup Nadine, pour cette belle enveloppe brodée à la main.Bonnes vacances en France!
J'avais très envie d'une harmonie de couleurs douces, pour faire un envoi à Chantal. Il y a bien longtemps que je lui ai envoyé quelque chose, et à chaque fois que j'ai essayé, cela s'est terminé à la poubelle. Il faut dire que depuis le début de l'année je ne suis pas au mieux au niveau de la vue, mais j'espère qu'après avoir été opéré des deux yeux et avec de nouvelles lunettes cela se passera un peu mieux, même s'il me reste encore un problème pour la vision latérale.
d'après la copie d'une peinture de Natalia Gontcharova, rebrodée à la main
Comme Chantal aime beaucoup le jardin et les fleurs, tout en restant dans des coloris doux, j'ai rebrodé modestement une copie sur tissu d'un tableau de Natalia Gontcharova (je n'ai pas trouvé le titre officiel). C'est une artiste franco-russe qui a été peintre mais aussi sculptrice, dessinatrice de costumes de théatre, et, dont j'ai déjà mis en broderie quelques oeuvres ici et et parler de sa vie et de son oeuvre là.
Ce sont là mes premiers points de broderie depuis une éternité : cela fait du bien de pouvoir s'y remettre même si je fatigue très vite, j'avais tellement hâte.
J'espère que cette enveloppe saura te plaire chère Chantal. J'espère que tout va bien pour toi et les tiens et que tu vas pouvoir passer un bel été. Bonne réception
Si l'arrivée dans ma boite aux lettres de Amadéus Pourpataché m'a bien fait rire, la tête du personnage créé par l'ami Christian m'a aussi inspirée pour la réponse à lui faire.
Avec sa bouche toute ronde, il m'a fait penser à ces têtes de personnage qu'on peut voir notamment à Venise, près du Palais des Doges : ce sont les "bocca della verita", en français "bouches de vérité" ou "bouches de dénonciation", dont je vous raconte ci-après l'histoire.
Les photographies que j'ai utilisées sont visibles sur le site de Jean-Marie Sicard reporter voyageur et photographe.
Bocca della verita - Palais des Doges - agrandissement à droite
Bocca della verita - Torcello
Cher Christian, je te souhaite une bonne réception de ce mail-art, un peu particulier, c'est vrai, et je te souhaite également un très bel été.
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La vérité sort de la bouche des Vénitiens
Les bocca della verita littéralement les bouches de la vérité, sont de véritables boites à lettres (le courrier se glisse dans la fente au niveau de bouche).
Elles étaient utilisées à Venise pour dénoncer anonymement des personnes ne respectant pas les lois.
À cette époque, la république de Venise est une grande puissance et la puissance navale de son arsenal lui permet de régner sur la méditerranée.
Dans cette république, peu de tolérance, couper un arbre était passible de la peine de mort, autant vous dire que personne n’avait envie de voir son nom figurer dans cette boite.
En vous promenant dans la cité des doges, vous pouvez voir cette ancêtre de la boite aux lettres, qui était utilisée à l’époque par le pouvoir vénitien pour récolter les lettres de dénonciations secrètes sur les mauvais faits et gestes de ses administrés. En effet, chaque citoyen pouvait déposer dans cet espace un avis anonyme dénonçant les mauvaises pratiques de son voisin. C’est de cette façon que le célèbre Giacomo Casanova se retrouva derrière les barreaux puisqu’une missive non signée crut bon de révéler au pouvoir ses mœurs libertines. Ce système a aujourd’hui disparu et c’est bien dommage, car avec les révélations de la vie publique dans nos sociétés modernes, nous pourrions rire un peu plus encore.
Traduction du texte gravé dans la pierre :
« Dénonciations secrètes contre toute personne qui dissimule des faveurs ou des services, ou qui cherche à cacher ses vrais revenus »
Mais de nombreux vénitiens ont tremblés devant ces dénonciations anonymes, c’était vraiment une arme que le pouvoir politique de Venise utilisait à grande échelle pour faire régner l’ordre dans la cité des doges.
Vous pouvez en voir beaucoup autour du Palais des doges. Amusez-vous à les chercher, c’est rigolo !
La toute première fonction de la boîte aux lettres était la
dénonciation. Connaissez-vous l’ancêtre de la boîte aux lettres, la
fameuse « bouche de dénonciation » ?
Cet équipement urbain bien connu des Italiens aurait été à
l’origine de nombreux actes de délation…
La boîte aux lettres publique est aujourd’hui un
objet urbain tout à fait banal, facilement détectable par sa couleur citronnée
et sa multiplicité, servant à acheminer le courrier à travers le monde
entier. Mais saviez-vous que la première fonction de notre banale
boîte aux lettres n’était pas d’envoyer quelques pensées à ses proches, mais
plutôt de les dénoncer ?
La
« bouche de dénonciation », l’ancêtre de la boîte aux lettres
L’ancêtre de la boîte aux lettres publique s’appelait
la « bouche de dénonciation » (ou « de vérité »), installée
dès le XIVe siècle dans certains édifices italiens de Gênes, Venise ou Rome.
Ces installations publiques recevaient des dénonciations
secrètes au profit de l’État, relevant généralement de l’ordre fiscal ou
sanitaire. Les bouches de dénonciation étaient couramment utilisées par les
citoyens italiens jusqu’au XVIIIe siècle.
À Venise, au Palais des Doges, une bouche de
dénonciation est toujours visible sur la façade, aussi qualifiée de bouche
de lion du fait de la nature de la sculpture (voir photo ci-dessus). Cette
boîte aux lettres d’un autre genre récoltait ainsi les dénonciations
anonymes des citoyens de la ville. Le texte sculpté sur la pierre indique
: Dénonciations secrètes contre toute personne qui dissimule des faveurs
ou des services, ou qui cherche à cacher ses vrais revenus.
Au XVe siècle, à Paris, la maison des Messagers des Villes
installe sa propre boîte de dépôt. Cette boîte postale acceptait alors les
missives des particuliers, avec mention du lieu où ils se rendaient.
Quand est
née la première boîte aux lettres publique ?
C’est à Jean-Jacques Renouard de Villayer qu’on
devrait la création de la première boîte aux lettres en 1653, entrepreneur
et membre de l’Académie française. Toute de bois vêtue, cette boîte trônant
fièrement dans les rues de Paris permettait ainsi aux citoyens de déposer leur
courrier. Le dispositif possédait plusieurs compartiments séparés à
destination des différents quartiers.
Dans la foulée, Monsieur de Villayer crée La Petite
Poste, service payant permettant l’acheminement du courrier à l’intérieur de la
ville grâce au premier timbre-poste. En 1760, Monsieur Piarron de
Chamousset redéveloppe ce service auparavant abandonné. Vingt ans plus
tard, Louis XVI décide de le confisquer à son profit.
Ce mail-art est né de mon amitié pour Marc mon correspondant alsacien, et de l'achat fortuit d'un bouton en bois représentant une maison alsacienne ancienne.
Si les journées du Patrimoine passionnent énormément de Français, essentiellement pour les monuments ou les grands édifices prestigieux, il y a beaucoup moins d'engouement pour le patrimoine rural et régional et pourtant ce sont les traces d'un passé pas si lointain, qu'il serait bon de ne pas tout à fait effacer.
C'est tout un symbole qui est en danger en Alsace. Plus d'une maison à colombages y est détruite chaque jour. Elles ont résisté aux siècles, aux catastrophes et aux guerres : pourtant chaque année, des dizaines de maisons à colombages alsaciennes disparaissent au pays des cigognes, un patrimoine dont la sauvegarde reste tributaire de la bienveillance des maires et des associations.
Sur le Site de France Inter, on apprend que l’Association pour la Sauvegarde de la Maison Alsacienne (Asma) dresse un état des lieux alarmant de la situation des maisons à colombages en Alsace. Chaque année, c’est plus de 500 de ces maisons emblématiques de la région qui disparaissent, selon l’Asma. Ces destructions surviennent souvent en raison de rénovations jugées trop coûteuses.
Pourtant nous sommes tous émerveillés par ce magnifique patrimoine architectural que sont les maisons à colombages alsaciennes, que nous connaissons tous lorsque nous empruntons la route des vins, par exemple, car de ce côté-là les villages sont prospères et très touristiques, donc l'entretien des bâtisses y est permanent. Les couleurs sont régulièrement ravivées et le fleurissement subventionné.
Mais il y a l'autre face de l'histoire : dans les petits bourgs et dans les villages, les imbroglios des successions, la méconnaissance du bâti ancien, et le laisser-aller de certains élus ont raison de centaines de bâtiments anciens (édifices publics, dépendances, maisons…) parfaitement restaurables pour les adapter à nos besoins et notre mode de vie actuel.
Heureusement, des amoureux du patrimoine veillent au grain : 900 maisons alsaciennes sont vides, laissées à l’abandon, menacées de destruction. Ce chiffre est le résultat d’un comptage réalisé par l'A.S.M.A. (Association de Sauvegarde des Maisons Alsaciennes) fin 2018.
Créée en 1972 et comptant en 2024 plus de 1 100 adhérents (particuliers, artisans, 60 communes), 𝐥’𝐀𝐬𝐬𝐨𝐜𝐢𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐩𝐨𝐮𝐫 𝐥𝐚 𝐒𝐚𝐮𝐯𝐞𝐠𝐚𝐫𝐝𝐞 𝐝𝐞 𝐥𝐚 𝐌𝐚𝐢𝐬𝐨𝐧 𝐀𝐥𝐬𝐚𝐜𝐢𝐞𝐧𝐧𝐞 est un acteur essentiel de la préservation et de la valorisation du bâti ancien en Alsace. Composée de passionnés et de professionnels bénévoles spécialistes du patrimoine (artisans, architectes, ingénieurs, urbanistes, architectes du patrimoine…), l’ASMA œuvre au quotidien à la valorisation du patrimoine, à la sensibilisation des propriétaires de maisons anciennes et à la préservation des bâtis emblématiques de l’Alsace.
Chaque jour, des bâtis font l’objet de projets de restauration, d’autres sont menacés. L’ASMA n’est composée que de bénévoles et ne perçoit aucune subvention : pour relever les défis de la sauvegarde, elle n’est financée que par les cotisations des adhérents et les dons –
La tâche est rude et il leur faut beaucoup de courage pour entreprendre entre bénévoles, et avec l'aide de professionnels spécialistes du secteur du bâtiment ancien pour mener à bien de telles restaurations et malheureusement une partie de ce patrimoine-là va disparaître.
Les amoureux du colombage luttent pour préserver le patrimoine - Vidéo youtube de FR3 Grand Est
Maisons à colombages : une richesse patrimoniale en danger
à droite maison ancienne à Vannes, https://www.vannes-bretagne-sud.bzh/vannes-et-sa-femme
Les maisons à colombages font la richesse et le charmes des villes en Bretagne et en Alsace. Ces maisons datant pour la plupart de l’époque médiévale font partie de l’identité de leur région et attirent chaque année des millions de touristes étrangers. Toutefois, une partie de ces bâtisses est menacée de destruction du fait de la non-rénovation. Elles sont donc menacées d’extinction si elles n’obtiennent pas de label de patrimoine.Les maisons à colombages sont des bâtisses traditionnelles en bois avec des murs en encorbellement, typiques de l’architecture médiévale européenne. Les murs sont composés de solives en bois assemblées en croix, avec des briques ou du torchis entre les espaces pour former les murs.
Les colombages peuvent être décoratifs ou fonctionnels, fournir un support supplémentaire pour les toits en pente raide. Les maisons à colombages sont souvent associées aux villages médiévaux et sont populaires dans de nombreuses régions de France et d’Europe.
Ces maisons font le charme des villes en Bretagne et en Alsace. Chaque année, plus deux millions de touristes viennent visiter ces maisons qui, autrefois, avaient la particularité d’être bon marché contrairement aux maisons en pierre.
Une richesse médiévale
En France, l’utilisation de la technique de construction à colombage remonte à l’Antiquité romaine. Cette technique a été largement utilisée du Moyen Âge jusqu’au XIXe siècle. Cependant, à partir du XVIIIe siècle et tout au long du XIXe siècle, les façades des maisons à colombage ont été plâtrées pour leur donner un aspect plus moderne et luxueux. Bien que de nombreuses maisons à colombages soient encore visibles en Alsace, en Normandie et en Bretagne, notamment à Tréguier ou Morlaix, ainsi que dans les Landes et à Troyes, l’une des villes européennes qui possède la plus grande surface de vestiges de la Renaissance, une référence est nécessaire pour confirmer leur existence.
Au fil du temps, les styles architecturaux ont évolué, mais les maisons à colombages ont continué à être construites. En Europe, de nombreux bâtiments publics et privés ont été construits dans ce style, notamment des hôtels de ville, des maisons de commerce et des maisons de campagne.
De nos jours, les maisons à colombages sont souvent préservées pour leur valeur historique et culturelle, et peuvent être une attraction touristique dans certaines régions. De plus, la technique de construction à colombages est encore utilisée dans certains emplacements pour construire de nouvelles maisons, en raison de sa durabilité, de sa souplesse et de son attrait esthétique.
Actuellement, des plans de restauration sont en cours pour préserver ces maisons et leur donner leur aspect d’origine. Sauf que même avec des plans de restauration, ce patrimoine régional est en danger et certains ne sont pas protégés par la loi, ce qui fait qu’elles peuvent être détruites.
Un trésor patrimonial menacé d’extinction
Selon l’association pour la sauvegarde de la maison alsacienne, l’ASMA, en 2014 il y avait prés de 500 maisons à colombages détruites chaque année, un nombre très élevé si l’on part du principe que ces bâtisses font partie de l’identité de la région.
La cause principale est le coût de la rénovation. En effet, très peu de ces maisons ont le label de la fondation du patrimoine qui permet de déduire une partie des travaux de rénovation et, par la même occasion, protéger le site.
Les maisons sont pour une partie laissées à l’abandon puis détruites.
L’avantage des maisons à colombages c’est que le bois ne coûte pas si cher que cela. De même, les armatures en bois sont empilés donc la plupart des maisons sont en kit et peuvent être démontées pour être déplacées sans pour autant être détruites.
A ce jour, la seule solution envisageable c’est d’avoir des fonds pour les rénovations et obtenir des labels qui leur permettront d’être sauvegardées.
Pour conclure, les maisons à colombages font partie de la culture bretonne et alsacienne. Elles représentent l’époque médiévale et sont l’identité de leurs régions. Chaque année ces sites accueillent des millions de touristes qui s’intéressent à la vie en cité au Moyen Âge. Malheureusement ces sites sont menacés car ne sont pas protégés pour la plupart et certaines font face à une destruction.