26 avril 2020

Christian Husler : artiste original, passionné des poissons et d'art postal

Quel bonheur ce matin en allant sur le blog de l'ami Eric Babaud ! J'y ai découvert un personnage passionnant, un artiste à part, un féru de pêche qui regrette la quasi-disparition des poissons qui peuplaient la rivière qu'il a beaucoup fréquentée : à mon tour, j'ai eu envie de vous le faire connaître.

Voici donc Christian Husler, un pêcheur-bricoleur-collectionneur suisse génial, un être tellement généreux, totalement atypique. Son amour des poissons inspire toutes ses oeuvres comme vous allez le découvrir ci-après. 

Comme cela fait du bien de savoir qu'il existe encore des personnes comme lui, artiste sans prétention et si sensible, aimant la nature et les gens avec une grande simplicité, un grand poète! Quel personnage attachant!

"De l'art ou du poisson" un film de Blaise Piguet (extrait de "Passe moi les jumelles" émission de la R.T.S)
Image : Walter Hug /Son : Philippe Combes /Montage : Aline Weber /Réalisation : Blaise Piguet
/ Illustration sonore: Stephane Kircher /Mixage : Pierre Bader/Etalonnage : Sacher Anne-Laure
Avec la participation de : Christian Husler  - Merci à s on épouse et sa famille, Jean-Luc Farquet, Clarence Stiernet, Michel Roset, Martin Staub, Mireille Ripol / Lieux de tournage : Genève, Onex

***
"Tout m'inspire. Je me nourris des objets du monde": Christian Husler, ancien pêcheur devenu artiste, aime chiner au marché aux puces. C'est dans cette caverne "d'Ali Baba" qu'il trouve son inspiration.
"Ma passion pour l'art m'a sauvé" : cette courte vidéo décrit vraiment sa manière de fonctionner : collecter et bien ranger toute une masse d'objets puis les avoir à disposition ensuite pour créer à sa guise,  à la manière d'un typographe qui va piocher  ce dont il a besoin dans ses casiers.

Voici quelques unes de ses oeuvres trouvées sur le site de Visarte Genève où l'artiste se décrit ainsi : 

Christian Husler - 51, route de Loëx - 1213 Onex
Né à Genève, le 31.10.1950
Artiste lettriste impressionniste /Peintre graveur assembleur /Organisateur d’événements et d’expositions
Fondateur des Editions de l’Ombre / Co-fondateur du groupe ARRIMAGE / Co-fondateur de l’Académie du Vain
Plus de 80 expositions personnelles et collectives essentiellement à Genève et en Suisse.
Mon travail actuel : sur papier, de petits formats carrés de 11 x 11 cm. La technique : collages rehaussés d’écriture et de dessins, probablement inspirée de l’art postal que j’ai beaucoup pratiqué ces dernières années. Les petits tableaux sont assemblés en lignes, ou présentés en séries pouvant atteindre d’assez grands formats.

Un grand merci à Eric Babaud de me l'avoir fait connaître!

20 avril 2020

Amabié, une légende pour conjurer le sort

Aujourd'hui, j'ai relevé sur le blog de l'ami Eric Babaud , un article passionnant où il nous raconte la légende des Amabiés. 

Dans la culture japonaise, Amabié est une créature anthropomorphe avec 3 jambes, qui sort de la mer et prophétise soit une abondante récolte, soit une épidémie. Depuis la pandémie de Covid 19, Amabié est devenu un thème populaire au Japon et progressivement au-delà.

Eric à créé plusieurs Amabiés que je vous laisse découvrir sur son blog en réponse à l'appel de son amie artiste italienne, reproduit ci-dessous
Yokai amabié de Valeria Bigardi
Yokai amabié de Valeria Bigardi

 APPEL A ARTISTES

« Une croyance japonaise dit qu’en temps d’épidémies et de contamination, il y a un Yokai (les Yokai sont des êtres surnaturels) qui émerge de la mer. Cette créature s’appelle Amabié, elle a une tête d’oiseau, trois queues de sirène et de longs cheveux. Si on montre son portrait, selon cette légende, le fléau finira et elle disparaîtra dans les abysses marins. Mais il faut la dessiner beaucoup pour mettre fin à la contagion. J’ai essayé de la peindre aujourd'hui, c’était un peu dur parce qu’elle ne restait jamais immobile.

Si quelqu’un (grands et petits) voulait s’ajouter à ce petit rituel entre l’apotropaïque, l’artistique et le ludique, qu’il serait beau.
Et puis, quand tout sera fini, nous faisons une grande exposition collective ! »

L’appel était accompagné du dessin ci-contre.



Cet  article m'a immédiatement séduite et en voyant les réalisations très riches de diversité des artistes qui ont participé, j'ai eu envie de créer aussi une Amabié. C'est un petit collage, sans prétention,  car je n'ai malheureusement pas grand chose d'autre à ma disposition en ce moment, et une broderie serait trop longue à réaliser.
.
En cette période de confinement pénible et qui va encore durer, c'est  ma manière à moi de  "conjurer le mauvais sort" et de lutter de manière créative et ludique contre ce maudit coronavirus. 

Pour voir davantage d'Amabiés dessinés ou peints par d'autres vrais artistes, vous pouvez aller consulter le blog de Sophie Lepetit  ou le site de Christine Magne

Si cela vous dit de participer, ces deux dames se chargent de collecter les nouvelles réalisations.


*** Amabié, la légende ***
Une amabié. Gravure sur bois, fin de l'époque Edo (source Wikipédia) 
Une amabié est apparue dans la province de Higo (préfecture de Kumamoto) selon la légende, vers le milieu du quatrième mois, en l'an Kōka 3 (mi-mai 1846) à l'époque d'Edo. Un objet brillant avait été repéré dans la mer, pendant plusieurs nuits. Le responsable de la ville s'est rendu sur la côte pour enquêter et a vu l'amabié. Selon le croquis réalisé par ce fonctionnaire, elle avait des cheveux longs, une bouche comme le bec d'un oiseau, était couverte d'écailles jusqu'au cou et avait trois pattes. S'adressant au fonctionnaire, elle s'est identifiée comme une amabié et lui a dit qu'elle vivait en pleine mer. Elle a ensuite livré une prophétie: "Il y aura une bonne récolte pendant six ans à partir de l'année en cours; si une maladie se propage, montrez une image de moi à ceux qui tombent malades et ils seront guéris." Ensuite, elle est retournée à la mer. L'histoire a été imprimée dans un kawaraban avec son portrait, et c'est ainsi que l'histoire s'est diffusée au Japon

17 avril 2020

Christophe rejoint son paradis, nous laissant des maux bleus au coeur

Décidément ce Covid-19 est impitoyable : jour après jour il nous reprend des êtres proches qui nous sont chers mais aussi des artistes qui ont embelli, bercé, accompagné nos vies. Aujourd'hui, à 74 ans, c'est Christophe qui s'est éteint à Brest, loin de son environnement habituel mais avec sa fille Lucie  auprès de lui.

Comme tout le monde j'ai fredonné ses grands tubes comme "Aline, les marionnettes, les mots bleus, les paradis perdus" mais j'avoue avoir été surtout sensible à son travail inlassable de chercheur de sons nouveaux, de combinaisons musicales infinies qui l'habitaient toutes les nuits, une vraie passion qui le portait bien loin du chanteur "de variétés" de ses débuts.


Portrait intimiste de l'artiste dans la défunte émission "Thé ou café"

Je l'ai encore vu et apprécié récemment dans un Taratata où il a accompagné Laetitia Casta : c'était un vrai bijou que de les écouter tous les deux chanter, mais surtout parler de leur manière de collaborer. C'est surtout cet aspect là du bonhomme que j'aimais.
Alors Christophe sois heureux là-haut, enchantes tous les musiciens qui t'ont précédé! Ici-bas nous n'allons pas t'oublier de sitôt, même si aujourd'hui nous avons le coeur meurtri par des maux bleus.

11 avril 2020

Inventons le monde d'après : Consultation citoyenne du 11 avril au 25 mai 2020

Je ne savais pas en rédigeant le post précédent qu'avait été créée une plafeforme, à l'initiative du WWF et de la Croix-Rouge, pour recueillir les avis et les idées de tous les citoyens, sur le monde que nous voudrions voir succéder à celui qui nous a mis dans la situation tragique actuelle.

Voici l'intitulé du manifeste : Inventons le monde d'après

"La crise mondiale liée au Covid-19 est un choc et une épreuve pour toute l’humanité, notamment pour les plus vulnérables. Elle ébranle nos codes, nos habitudes, nos liens sociaux, notre économie, notre environnement et tout notre quotidien. Cette crise va au-delà de l’urgence sanitaire planétaire, elle révèle aussi les limites de nos différents modèles de pensée et du fonctionnement de toutes nos sociétés.

Confrontés à cette urgence inédite, nous toutes et tous, citoyens, associations, universitaires, acteurs du monde de la culture, journalistes, entrepreneurs…, savons, dans un élan de responsabilité collective, qu’il est crucial de penser dès maintenant le monde de l’après-crise, pour qu’il n’y ait pas de retour à l’anormal.

Les inspirations ne manquent pas. Face à la crise, de nombreux acteurs du soin et du secours sont mobilisés sur le terrain, des élans de solidarité se sont créés à tous les niveaux, des systèmes d’entraide citoyenne ont émergé, des initiatives innovantes fleurissent partout dans le pays pour apporter des solutions de rupture, par la volonté de la société civile dans son ensemble.

Les priorités de la reconstruction dépendent de nous. La garantie des biens communs ; l’assurance d’une transition vers un modèle plus solidaire, résilient aux risques climatiques et écologiques, soutenable et protecteur des citoyens ; la protection de la biodiversité, ainsi que des systèmes démocratiques qui associent pleinement la participation de toutes et tous et le respect des droits fondamentaux, sont essentiels pour éviter de nouvelles crises. Ces priorités peuvent guider la construction de notre société après la crise à condition que tous les citoyens s’en emparent.

​C’est pourquoi, dans le cadre de l’initiative “Inventons le monde d’après”, La Croix-Rouge française et le WWF France s’associent à Make.org et le Groupe SOS, en partenariat avec Unis-Cité, la Meute d’amour et le Mouvement UP pour vous inviter à répondre à cette question cruciale : “Crise Covid-19 : Comment inventer tous ensemble le monde d’après ?“. Vos propositions qui seront plébiscitées lors de cette consultation constitueront un Agenda citoyen donnant à l’ensemble des acteurs de la société civile une boussole de vos priorités pour construire ensemble le monde de l’après-crise.

Cette consultation est lancée pendant le festival virtuel "Académie du monde d'après" qui se déroule en ligne les 11 et 12 avril 2020."


Lancement ce week-end des 11-12 avril 2020 d'une consultation citoyenne 
lors du festival virtuel "L'Académie du monde d'après" 


Le coup d’envoi de la consultation sera donné lors d’un festival en ligne, avec 250 personnalités dont Juliette Binoche, Cali, Yann-Arthus Bertrand, Isabelle Autissier, Marion Cotillard, mais aussi des personnels hospitaliers.

Ce festival, appelé « L’Académie du monde d’après », aura lieu ces samedi 11 et dimanche 12 avril 2020, de 15 h à 23 h, sur Zoom, YouTube et Facebook.

Le président Emmanuel Macron « a été très clair pour dire que le jour d’après ne sera pas un retour au jour d’avant. Nous le prenons au mot », ajoute Véronique Andrieux.

Vendredi 10 avril 2020, la convention citoyenne pour le climat (CCC) a transmis cinquante propositions à l’exécutif pour créer « un modèle économique et sociétal différent, plus humain et plus résilient ».

Composée de 150 citoyens représentant la société française, elle souligne dans une déclaration que « la participation citoyenne est essentielle. C’est le moment idéal d’écouter et de prendre en compte les remarques des citoyens pour la construction d’une société future ».
***

Participez, votez, proposez en cliquant ici Je participe à la consultation citoyenne

Les résultats de cette consultation citoyenne seront analysés et restitués le 29 mai 2020

Source : Ouest France et le site WWF

Changer de logiciel pour re-penser notre vie autrement

Vous l'avez sûrement déjà vue ou entendue cette vidéo mais j'avais envie de la partager avec vous.


Au-delà des chansons et de la belle alliance entre tous ces artistes qui réalisent collectivement de bien belles actions pour nous tenir le moral pendant le confinement, puisse chacun d'entre nous mettre à profit ce temps de réflexion pour envisager notre futur lorsque nous pourrons reprendre notre vie!

Attention, cela ne doit pas être  notre vis d'avant, mais une vie nouvelle à inventer, plus soucieuse de l'humain, plus attentive aux besoins des anciens, des malades, des handicapées, des sans-abri,  de tous les aidants, de ses voisins, et même des siens que la vie trépidante et la folle course en avant vers le toujours plus a quelquefois éloigné de nos pensées et de nos préoccupations. Un vie où tous les services publics, le service de santé en tout premier lieu, mais pas seulement,  devront revenir au service du public, au service des gens, et non pas uniquement préoccupés de faire des économies, de faire du chiffre, des statistiques, et surtout pas de faire du profit et de continuer d'engraisser des gens déjà pourvus qui ne pensent qu'à faire gonfler leur portefeuilles d'actions.

De l'action il en faudra mais ce ne sera pas la même : ensemble, trouvons l'intelligence de consommer autrement, pour aider le petit commerce, les petits artisans et les producteurs de proximité, même si cela nous coûte un peu plus cher (il est tout de même légitime que ces gens-là  puissent vivre de leur travail, eux qui sont rarement à 35 heures par semaine!). Après tout, est-ce si important d'avoir le dernier matériel technologique à la mode et qui coûte la peau des fesses pour mieux vivre? Que se passerait-il si nous ne changions pas de vêtements à chaque fois que la fast-fashion nous le suggère?Avons-nous besoin d'aller toujours plus vite et plus loin pour partir en vacances si nous envisageons une manière de travailler plus proche de nos rythmes biologiques et donc moins stressante? 

La diffusion planétaire et exponentielle de ce Covid-19 est une catastrophe qui va laisser beaucoup de monde au tapis, sur le plan sanitaire et/ou économique. Cependant,  puisque ce coronavirus a été capable de mettre à l'arrêt la planète entière, c'est une trop belle opportunité pour que nous, modestes citoyens, chacun avec sa force de pensée et d'action en tant que consommateur, n'acceptions pas de repartir exactement comme avant, les mêmes solutions produisant les mêmes effets.

Il nous faut changer de logiciel, apprendre à ne plus penser comme avant (à de-penser) et nous mettre à réfléchir pour une qualité de vie différente, centrée sur l'humain et sur le vivant ; nous en sommes à la 4ème semaine de confinement et cela n'est sûrement pas fini. Nous avons encore bien du temps pour songer à l'après et à ce qui ne sera définitivement plus acceptable.

Oui il y a de l'utopie dans mes propos, car rien de tout n'est simple et je ne possède pas de baguette magique. Mais je suis certaine, que si chacun fait sa part, comme le colibri, collectivement et petit à petit , nous arriverons à faire changer les choses, pour le respect de la nature, des êtres vivants et de la biodiversité. 

Sinon, n'ayons aucune illusion, la  planète continuera de tourner quand l'humanité se sera sabordée! 

Portez-vous bien, mes amis, protégez-vous,et surtout,  restez chez vous. Je vous souhaite un très beau week-end de Pâques,

PS : Je n'ai pas de Facebook et ne tiens pas à en avoir, mais ce serait bien si on trouvait le moyen de mettre en place une plateforme, une "cagnotte à idées pour le futur", accessible par tous,  pour collecter toutes les suggestions pratico-pratiques et/ou toutes les solutions système D inventées par les uns et les autres  afin qu'elles soient conservées  ou modifiées pour en permettre la pérennité car oui la créativité et la solidarité existent plus que jamais!

9 avril 2020

Jean Boite en visite à Massy, de Christian

Quel bonheur aujourd'hui de recevoir à nouveau de l'art postal dans ma nouvelle boîte à lettres qui est restée désespérément vide depuis plusieurs semaines, ...la faute à ce virus de malheur.

Alors aujourd'hui, même s'il a perdu quelques cheveux en route et s'est fait raboter le nez (*), c'est un plaisir que de vous présenter  Jean Boite, cette bouille ronde aux sourcils épais, 
toute droite sortie de l'imagination sans borne de l'ami Christian !

Jean Boite original
Un grand merci à toi, Christian! ton cadeau  me fait chaud au coeur . Merci, merci pour ceux qui ont encore la niaque pour créer, moi je rame un maximum en ce moment,  je me fais trop de soucis pour ma maman confinée en EHPAD.

T103 - Papillon et dentelle , de Michel



Malgré l'ancienne adresse erronée, ce mail-art est arrivé jusqu'à moi, à ma nouvelle adresse : quelle chance, merci facteur!   Toujours très attentif aux thèmes de chacun , voici une nouvelle création superbe de Michel, avec un timbre magnifique de dentelle.
Ce timbre accompagne un superbe papillon réalisé au crochet, une sorte de dentelle faite à la main, avec du coton blanc pour marier des mailles serrées, et des brides simples, doubles et triples, le tout sur un fond rose, comme celui du timbre.
Voilà une bien  belle harmonie, et un bien beau cadeau : un grand merci à toi, l'artiste!

4 avril 2020

En quarantaine... ou en première ligne : merci Gauvain !

Décidément, ce  jeune chanteur creusois me plait bien : à sa manière bien à lui, avec ses mots simples et sans prétention mais où transpire toute son humanité, il a su vite retranscrire sur un petit air de guitare tout ce qui fait notre actualité à tous en ce moment.
Voici d'abord la vidéo de sa chanson "en première ligne" créée depuis son lieu de confinement où il décrit le sort de différentes personnes, dont trois "combattants" de notre quotidien sous Covid19,  totalement invisibles à la plupart d'entre nous, jusqu'alors.
Je m'associe à lui pour les remercier, infiniment, pour leur dévouement sans limite,
 pour leur travail journalier depuis de longues semaines, pour notre survie sanitaire et alimentaire,
eux qui vont au combat,  sans armes pour se protéger et protéger les leurs.
***
Puis voici encore de Gauvain Sers une chanson dont les bénéfices  seront reversés à la Fondation Hôpitaux de France pour venir en aide aux soignants qui travaillent d'arrache-pied et veillent sur nous
jour et nuit.



Pour finir, car cela fait beaucoup de bien, voici une vidéo collective pour l'enregistrement d'une version légèrement modifiée de la chanson de Bourvil, où ce chanteur a également participé.
Bien que cette vidéo ait été déjà largement diffusée , je ne résiste pas au plaisir de vous donner un beau moment de tendresse,
Bon courage à tous, mes amis, portez-vous bien
Protégez-vous et restez chez vous, vous sauvez des vies!

25 mars 2020

Quand le beau et la poésie nous consolent....







Depuis peu, nous sommes officiellement entrés dans la belle saison du printemps, tellement attendue et tellement espérée en temps normal... 

la sombre actualité arrive presque à nous le faire oublier!
Après une semaine de confinement où je tourne en rond dans ma petite pièce tout récemment investie  et comme c'est aussi le printemps des poètes, j'ai décidé de mettre à l'honneur des poésies complètes ou des fragments, pour qu'ensemble nous ayons à voir et à lire de l'infiniment beau.
La muse Calliope tient un poème épique et parfois une trompette ou des tablettes
J'ai démoli ma pile de cartons -normalement en stand-by en attendant une hypothétique  future nouvelle adresse- pour accéder à mes chiffons et autres trésors, à mes fils à broder et je vais tâcher de transformer ce temps suspendu, ce temps arrêté et mortifère,  en un moment de création et de pensées positives tournées vers l'ensemble de mes ami(e)s et de mes chers correspondants. 

En attendant que mes futures créations arrivent à bon port, si je m'y tiens et si la Poste se remet un jour à fonctionner, je vous offre un poème à la gloire d'un beau pays, le nôtre, exaltant pour finir une valeur qui nous est si chère : la liberté!

***
À la France  

France ! ô belle contrée, ô terre généreuse
Que les dieux complaisants formaient pour être heureuse,
Tu ne sens point du Nord les glaçantes horreurs ;
Le Midi de ses feux t’épargne les fureurs ;
Tes arbres innocents n’ont point d’ombres mortelles ;
Ni des poisons épars dans tes herbes nouvelles
Ne trompent une main crédule ; ni tes bois
Des tigres frémissants ne redoutent la voix ;
Ni les vastes serpents ne traînent sur tes plantes
En longs cercles hideux leurs écailles sonnantes.
Les chênes, les sapins et les ormes épais
En utiles rameaux ombragent tes sommets ;
Et de Beaune et d’Aï les rives fortunées,
Et la riche Aquitaine, et les hauts Pyrénées,
Sous leurs bruyants pressoirs font couler en ruisseaux
Des vins délicieux mûris sur leurs coteaux.
La Provence odorante, et de Zéphyre aimée,
Respire sur les mers une haleine embaumée,
Au bord des flots couvrant, délicieux trésor,
L’orange et le citron de leur tunique d’or ;
Et plus loin, au penchant des collines pierreuses,
Forme la grasse olive aux liqueurs savoureuses,
Et ces réseaux légers, diaphanes habits,
Où la fraîche grenade enferme ses rubis.
Sur tes rochers touffus la chèvre se hérisse,
Tes prés enflent de lait la féconde génisse,
Et tu vois tes brebis, sur le jeune gazon,
Épaissir le tissu de leur blanche toison.
Dans les fertiles champs voisins de la Touraine,
Dans ceux où l’Océan boit l’urne de la Seine,
S’élèvent pour le frein des coursiers belliqueux.
Ajoutez cet amas de fleuves tortueux :
L’indomptable Garonne aux vagues insensées,
Le Rhône impétueux, fils des Alpes glacées,
La Seine au flot royal, la Loire dans son sein
Incertaine, et la Saône, et mille autres enfin
Qui nourrissent partout, sur tes nobles rivages,
Fleurs, moissons et vergers, et bois et pâturages,
Rampent aux pieds des murs d’opulentes cités,
Sous les arches de pierre à grand bruit emportés.

Dirai-je ces travaux, source de l’abondance,
Ces ports, où des deux mers l’active bienfaisance
Amène les tributs du rivage lointain
Que visite Phoebus le soir ou le matin ?
Dirai-je ces canaux, ces montagnes percées,
De bassins en bassins ces ondes amassées
Pour joindre au pied des monts l’une et l’autre Téthys ?
Et ces vastes chemins en tous lieux départis,
Où l’étranger, à l’aise achevant son voyage,
Pense au nom des Trudaine et bénit leur ouvrage ?

Ton peuple industrieux est né pour les combats.
Le glaive, le mousquet n’accablent point ses bras.
Il s’élance aux assauts, et son fer intrépide
Chassa l’impie Anglais, usurpateur avide.
Le ciel les fit humains, hospitaliers et bons,
Amis des doux plaisirs, des festins, des chansons ;
Mais, faibles opprimés, la tristesse inquiète
Glace ces chants joyeux sur leur bouche muette,
Pour les jeux, pour la danse appesantit leurs pas,
Renverse devant eux les tables des repas,
Flétrit de longs soucis, empreinte douloureuse,
Et leur front et leur âme. Ô France ! trop heureuse,
Si tu voyais tes biens, si tu profitais mieux
Des dons que tu reçus de la bonté des cieux !

Vois le superbe Anglais, l’Anglais dont le courage
Ne s’est soumis qu’aux lois d’un sénat libre et sage,
Qui t’épie, et, dans l’Inde éclipsant ta splendeur,
Sur tes fautes sans nombre élève sa grandeur.
Il triomphe, il t’insulte. Oh ! combien tes collines
Tressailliraient de voir réparer tes ruines,
Et pour la liberté donneraient sans regrets,
Et leur vin, et leur huile, et leurs belles forêts !
J’ai vu dans tes hameaux la plaintive misère,
La mendicité blême et la douleur amère.
Je t’ai vu dans tes biens, indigent laboureur,
D’un fisc avare et dur maudissant la rigueur,
Versant aux pieds des grands des larmes inutiles,
Tout trempé de sueurs pour toi-même infertiles,
Découragé de vivre, et plein d’un juste effroi
De mettre au jour des fils malheureux comme toi.

Tu vois sous les soldats les villes gémissantes ;
Corvée, impôts rongeurs, tributs, taxes pesantes,
Le sel, fils de la terre, ou même l’eau des mers,
Sources d’oppression et de fléaux divers ;
Vingt brigands, revêtus du nom sacré de prince,
S’unir à déchirer une triste province,
Et courir à l’envi, de son sang altérés,
Se partager entre eux ses membres déchirés.
Ô sainte Égalité ! dissipe nos ténèbres,
Renverse les verrous, les bastilles funèbres.
Le riche indifférent, dans un char promené,
De ces gouffres secrets partout environné,
Rit avec les bourreaux, s’il n’est bourreau lui-même ;
Près de ces noirs réduits de la misère extrême,
D’une maîtresse impure achète les transports,
Chante sur des tombeaux, et boit parmi des morts.

Malesherbes, Turgot, ô vous en qui la France
Vit luire, hélas ! en vain sa dernière espérance,
Ministres dont le coeur a connu la pitié,
Ministres dont le nom ne s’est point oublié ;
Ah ! si de telles mains, justement souveraines,
Toujours de cet empire avaient tenu les rênes,
L’équité clairvoyante aurait régné sur nous ;
Le faible aurait osé respirer près de vous ;
L’oppresseur, évitant d’armer d’injustes plaintes,
Sinon quelque pudeur aurait eu quelques craintes ;
Le délateur impie, opprimé par la faim,
Serait mort dans l’opprobre, et tant d’hommes enfin,
A l’insu de nos lois, à l’insu du vulgaire,
Foudroyés sous les coups d’un pouvoir arbitraire,
De cris non entendus, de funèbres sanglots,
Ne feraient point gémir les voûtes des cachots.

Non, je ne veux plus vivre en ce séjour servile ;
J’irai, j’irai bien loin me chercher un asile,
Un asile à ma vie en son paisible cours,
Une tombe à ma cendre à la fin de mes jours,
Où d’un grand au coeur dur l’opulence homicide
Du sang d’un peuple entier ne sera point avide,
Et ne me dira point, avec un rire affreux,
Qu’ils se plaignent sans cesse et qu’ils sont trop heureux ;
Où, loin des ravisseurs, la main cultivatrice
Recueillera les dons d’une terre propice ;
Où mon coeur, respirant sous un ciel étranger,
Ne verra plus des maux qu’il ne peut soulager ;
Où mes yeux, éloignés des publiques misères,
Ne verront plus partout les larmes de mes frères,
Et la pâle indigence à la mourante voix,
Et les crimes puissants qui font trembler les lois.

Toi donc, Équité sainte, ô toi, vierge adorée,
De nos tristes climats pour longtemps ignorée,
Daigne du haut des cieux goûter le libre encens
D’une lyre au coeur chaste, aux transports innocents,
Qui ne saura jamais, par des voeux mercenaires,
Flatter à prix d’argent des faveurs arbitraires,
Mais qui rendra toujours, par amour et par choix,
Un noble et pur hommage aux appuis de tes lois.
De voeux pour les humains tous ses chants retentissent ;
La vérité l’enflamme, et ses cordes frémissent
Quand l’air qui l’environne auprès d’elle a porté
Le doux nom des vertus et de la liberté.

André Chénier, Hymnes et Odes

24 mars 2020

Salut et merci Manu!


La musique n'a pas de frontière,  hélas le coronavirus non plus !

En plus de tous les anonymes qu'il foudroie pour lesquels j'ai une pensée émue, ainsi qu'à leur famille,   aujourd'hui c'est un grand musicien venu d'Afrique qui nous quitte.

Déjà malade, Manu Dibango, avec plus de 60 ans de carrière, son caractère jovial et son langage universel, avec son célèbre saxophone succombe ce jour à ce terrible fléau.  




Voici quelques vidéos pour nous le rappeler, lui qui a su si bien marier le jazz avec des musiques plus traditionnelles, ça groove !
Un grand merci à toi l'Artiste!

18 mars 2020

Gracias a la vida , de Maria












Oh la belle surprise du jour dans ma boîte aux lettres! Ce sont les bons voeux pour 2020 de Maria, en provenance d'Argentine.

Conçu sur une page d'un ancien livre scolaire de sciences naturelles, relative à la fonction de la feuille, son mail-art est une célébration de la vie, une partition avec la joie que nous procurent les animaux et les végétaux, en ce début de printemps.

Plus que jamais remercions le renouveau et la vie. 
Gracias a la vida!
Merci à toi Maria !
***
Et pour ceux qui ne la connaîtraient pas encore,  voici la chanson Gracias a la vida interprétée par l'artiste chilienne Violeta Parra qui l'a écrite et mise en musique En voici les paroles originales et traduites en français :

Gracias a la vida Merci à la vie
Que me ha dado tanto Qui m'a tant donné
Me dio dos luceros Elle m'a donné deux étoiles
Que cuando los abro Que quand je les ouvrent
Perfecto distingo Une parfaite distinction
Lo negro del blanco Du noir du blanc
Y en el alto cielo su fondo estrellado Et dans le ciel haut son fond étoilé
Y en las multitudes Et dans les multitudes
El hombre que yo amo. L'homme que j'aime.

Gracias a la vida Merci à la vie
Que me ha dado tanto Qui m'a tant donné
Me ha dado el oído Elle m'a donné l'ouïe
Que en todo su ancho Que dans toute sa grandeur
Graba noche y día Qui enregistre nuit et jour
Grillos y canarios Criquets et canaris
Martillos, turbinas, ladridos, chubascos Marteaux, turbines, écorces, averses
Y la voz tan tierna de mi bien amado. Et la voix si douce de mon bien-aimé.

Gracias a la vida Merci à la vie
Que me ha dado tanto Qui m'a tant donné
Me ha dado el sonido Elle m'a donné le son
Y el abecedario Et l'alphabet
Con él las palabras Avec lui les mots
Que pienso y declaro Que je pense et déclare
"madre, amigo, hermano  ''mère, ami, frère''
Y luz alumbrando la ruta  La lumière illuminant la route
del almadel que estoy amando. de l'âme de celui que j'aime.


Gracias a la vida Merci à la vie
Que me ha dado tanto Qui m'a tant donné
Me ha dado la marcha Elle m'a donné la marche
De mis pies cansados De mes pieds fatigués
Con ellos anduve Avec eux j'ai marché
Ciudades y charcos Villes et flaques d'eau
Playas y desiertos, montañas y llanos Plages et déserts, montagnes et lacs
Y la casa tuya, tu calle y tu patio.Et ta maison, ta rue et ta cour.

Gracias a la vida Merci à la vie
Que ma ha dado tanto Qui m'a tant donné
Me dio el corazón Elle ma donné le coeur
Que agita su marco Qui agite son cadre
Cuando miro el fruto Quand je regarde le fruit
Del cerebro humano Du cerveau humain
Cuando miro el bueno tan lejos del malo Quand je regarde le bien si loin du mal
Cuando miro el fondo de tus ojos claros. Quand je regarde le fond de tes yeux clairs.


Gracias a la vida Merci à la vie
Que me ha dado tanto Qui m'a tant donné
Me ha dado las risas Elle m'a donné les rires
Y me ha dado el llanto Et ma donné les pleurs
Así yo distingo Ainsi je le distingue
Dicha de quebranto Dite de coupure
Los dos materiales que forman mi canto Les deux matériels qui forment mon chant
El canto de todos que es el mismo canto Le chant de tous qui est le même chant
El canto de todos que es mi propio canto Le chant de tous qui est mon propre chant
Gracias a la vida !Merci à la vie!

ou une autre interprétation très connue en France, celle de Joan Baez 

13 mars 2020

Jean Ferrat : chanson posthume pour les 10 ans de sa disparition

Dis-moi, qu'as-tu fait du temps des cerises?  un chanson inédite de Jean Ferrat sort aujourd'hui dans les bacs, pour l'anniversaire de sa disparition, il y a tout juste 10 ans.

C'était un  titre prévu pour l'album "dans la jungle ou dans le zoo", qui n'a pas pu être gravé en plus des autres titres déjà présents. Il faut le resituer dans le contexte des années 90 mais, comme d'habitude on y retrouve tout ce qui nous a fait aimer ce grand poète humaniste épris de liberté, avec ses multiples références à la célèbre chanson "Le temps des cerises", indissociable de la Commune de Paris et des espoirs qu'elle souleva.

Ami et fidèle producteur de l'artiste, Gérard Meys annonce qu'il détient encore une vingtaine de nouvelles chansons non enregistrées par l'auteur-compositeur-interprète, mais qui pourraient être chantées par d'autres. 

C'est heureux d'apprendre cela : la chance de pouvoir découvrir encore de beaux textes de Jean  nous sera peut-être encore donnée. Merci!

7 mars 2020

AA03 - Tortues et lézard peints à la manière des aborigènes, par France

Après deux jours exténuants de déménagement , petit arrêt en soirée devant ma nouvelle boite aux lettres ; et là,  parmi les pubs et les prospectus pour les élections,  quelle joie de trouver un bien beau mail-art sur l'Australie. France en est l'auteure et me fait ce cadeau.
Sur un beau fond très coloré et brillant, elle a collé et cousu des morceaux de tissu provenant d'un ancien T-Shirt conservés pour le cas où... c'est une représentation ressemblant aux motifs généralement peints par le peuple aborigène - ici deux tortues et un lézard-.

Pour compléter son envoi, France a adjoint un très beau timbre australien au timbre postal de la série "effets papillon" dont les teintes se fondent parfaitement dans l'ambiance général de ce mail-art.

Un grand merci à toi, France! Je suis très touchée de cette marque d'amitié!

4 mars 2020

Jean Ferrat, chantre de la paix et de la liberté, tu nous manques tant!

"On ne voit pas le temps passer" : le 13 mars prochain, cela fera déjà 10 ans qu'il s'est éteint dans sa chère Ardèche. Parti vers d'autres cieux et un juste repos, ce poète chantant, cette personne terriblement humaine, dont je me suis sentie si proche, me manque tellement.

D'aussi loin que je me souvienne, sa voix si chaude nous a toujours accompagnée, ma famille et moi. Même gamine, j'adorai écouter "la montagne", j'en ai même reçu le super 45 tours en cadeau après l'obtention de mon BEPC... oui, je sais ce n'est pas banal mais j'étais très loin de la pop musique et de la Beatlemania qui dominaient à cette époque sur les ondes radiophoniques.

"Il ne chantait pas pour passer le temps". Les poèmes qu'il savait si bien mettre en musique -qu'ils soient de Louis Aragon ou de Frédérico Garcia Lorca-, ses propres textes toujours très forts et sa musique souvent jazzy, m'ont toujours touchée profondément. Il savait si bien chanter l'amour, mais aussi s'élever avec vigueur contre toutes les injustices et contre la peste brune, rappeler avec vigueur le combat des travailleurs dans le monde ouvrier pour une existence plus juste, et mettre en lumière les opprimés de tous les pays!

Ses positions franches n'ont pas toujours fait le bonheur des diffuseurs de musique, tant à la télévision qu'à la radio où il fut maintes fois censuré. Qu'importe, au-delà de ses idées de gauche que tout un chacun a le droit de ne pas partager,  Jean était un grand humaniste, un féministe convaincu, un fervent défenseur de la paix et de la justice. 

Il était très aimé par les Français, car il savait nous parler directement au coeur. S'il fallait s'en convaincre, il n'y a qu'à voir dans quel recueillement plusieurs centaines de personnes sont venues suivre la cérémonie de ses obsèques, rassemblés sur la place d'Antraïgues,  où ils ont chanté d'une seule voix "la montagne" pour lui rendre un hommage appuyé. 

Antraïgues-sur-Volane, le village qu'il avait adopté tant le caractère rude des Ardéchois lui a plu, est désormais devenu un lieu de pélérinage pour toutes les personnes qui l'ont aimé. Sans discontinuer, elles viennent se recueillir sur sa tombe et/ou visiter "la Maison de Jean Ferrat" érigée dans une ancienne bâtisse restaurée, sur la Place de la Résistance au coeur du village, là-même où Jean aimait taper le carton pour un poker ou disputer des parties de pétanque passionnées avec ses amis les villageois (dont le "sacré Félicien").

Un grand merci à toi Jean, le poète et l'homme : tu resteras toujours très présent dans mon coeur, j'aime et j'aimerai toujours ton chant qui me console souvent !

Voici quelques-unes de ses chansons parmi mes préférées, il y en a tant plus belles les unes que les autres, que le choix est difficile !
...et je pourrai encore continuer cette liste mais ce ne serait pas raisonnable. 

Lecture passion, de Jeanne-Marie

Aujourd'hui encore, une amie mail-artiste, d'une réactivité incroyable, vient de m'adresser à ma nouvelle adresse un art postal tiré de sa série "Lire... me délivre".
 Elle a réalisé ainsi la bibliothèque de chacun de ses  correspondants en précisant sur le dos des livres leurs principaux thèmes!
C'est une idée magnifique : bravo et merci infiniment Jamari!
Quand je vais pouvoir m'y remettre, je vais avoir beaucoup de retard à combler.