Blog d'art-postal, essentiellement textile , créé pour satisfaire toutes mes envies de couture, broderie, embellissement, collages et autres fantaisies... en les appliquant aux univers riches et variés induits par les timbres postaux. Il peut m'arriver d'y noter mes coups de coeur pour des expositions ou des artistes, sources d'inspiration ou d'émotions.
BIENVENUE!
Il y a 93 ans, au mois de février, naissait Eunice Weymon que nous connaissons davantage sous son nom d'artiste de Nina Simone. Ce n'est pas trop du répertoire de l'artiste que je méconnais mais bien de la femme que j'ai envie de vous parler aujourd'hui : combattante et engagée toute sa vie pour les droits civiques de la communauté Afro-américaine, elle fait partie elle aussi des femmes remarquables à mes yeux, celles dont le courage et la détermination sont à célébrer à jamais.
"Je vais te dire ce qu'est la liberté pour moi : pas de peur"
à gauche, Nina Simone à Londres en avril 1967 à droite, une peinture de Clémence Powney
J'adresse ce mail-art à Claire, dont je ne connais absolument rien de ses goûts musicaux. Pourtant je suis à peu près certaine qu'elle a été forcément touchée par le parcours incroyable de cette femme qui n'a pas eu la chance de naître au bon endroit ni avec la bonne couleur de peau pour pouvoir exaucer son rêve de devenir la première pianiste classique virtuose noire, alors qu'elle en avait toutes les dispositions.
Qu'elle soit ici honorée à la hauteur de son engagement et de sa pugnacité pour faire reconnaître les droits et le respect de tout un chacun sur cette terre.
Bonne réception de ce mail-art, chère Claire, le racisme et la xénophobie étant plus que jamais présents et exacerbés dans le monde d'aujourd'hui, il y a une sorte d'urgence à affirmer notre humanité et notre solidarité, au moins par la pensée, avec tous ceux qui sont minorés et qui en souffrent.
Nina Simone, diva d'une colère noire : vidéo sur la chaine Youtube de France Culture
Son rêve était de devenir la première pianiste classique noire. Le voeu de Nina Simone n’aura jamais été exaucée. "Je veux que les jeunes Noirs se rendent compte que je me bats encore pour leur cause, comme je l’ai fait pendant 20 ans. Je le fais car j’ai souffert encore plus qu’eux. Nina Simone"
Des détails bouleversants sur la vie de Nina Simone : vidéo sur le Youtube de Grunge
Comment une jeune fille nommée Eunice Waymon, originaire de Tryon, en Caroline du Nord, est-elle devenue l'une des artistes et militantes des droits civiques les plus marquantes du XXe siècle ? L'histoire de Nina Simone, à l'image de sa musique, est audacieuse et inoubliable.
*** Mississippi Goddam ***
« Mississippi Goddam » de Nina Simone. Enregistrement : Live à Antibes, les 24 et 25 juillet 1965.
le sixième Festival de Jazz d'Antibes Juan-les-Pins s'est déroulé du 24 au 29 juillet.
En mars 2019, la prestigieuse Library of Congress (la Bibliothèque du Sénat) a classé la chanson «Mississippi Goddam» de Nina Simone parmi les 25 enregistrements « culturellement, historiquement ou esthétiquement importants » du pays. Le morceau sort pourtant en 1964, alors que le Sénat n’a pas encore aboli la ségrégation dans le sud du pays où l’artiste, née le 21 février 1933, a grandi.
«Ça c’est une chanson pour un spectacle, mais le spectacle de cette chanson n’a pas encore été écrit! ». C’est par cette phrase elliptique et grinçante que Nina Simone introduit ce morceau devant un public majoritairement blanc. On est en 1964 au légendaire Carnegie Hall, à New York, et il s’agit du premier enregistrement officiel de ce morceau. « Mississippi Goddam» va faire scandale, car bien entendu, tout le monde sait bien hélas que l’histoire de cette chanson a déjà été écrite. Elle renvoie au meurtre du militant noir américain Medgar Evers, assassiné en juin 63, à Jackson (Mississippi), par un suprémaciste blanc du Ku Klux Klan. Evers, défenseur des droits de l’homme, se battait pour l’accès des Afro-Américains à l’université du Mississippi.
« Et je pense que chaque jour sera mon dernier »
L’Amérique est ébranlée par cette tragédie qui inspire aussi une chanson à une des idoles rebelles de l’époque, Bob Dylan (« Only a Pawn in Their Game« ).
Mais alors que Dylan se veut descriptif et raconte les balles qui sifflent, Nina Simone, elle, ne cite pas le nom d’Evers. Elle envoie tout bouler et cogne les touches de son piano : « tout le monde sait ce qui se passe dans le Mississippi Bon Dieu!» (ou tout le monde sait ce qui se passe dans le Mississippi putain!).
Nina Simone, elle, lie l’assassinat du militant à un autre épisode tragique de l’histoire du sud des États-Unis. Car trois mois plus tard, une bombe explosait dans une église baptiste de Birmingham en Alabama. L’attentat est revendiqué par le KKK. Il tue quatre gamines noires (Addie Mae Collins, Carole Robertson, Cynthia Wesley et Denise McNair) et blesse vingt-deux autres personnes. En pointant l’Alabama, le Mississippi et le Tennessee, Nina Simone dessine surtout avec clairvoyance la folie d’une société hypocrite, sourde et profondément injuste. On y sent le souffle chaud d’un sud poisseux, les nuques baissées rendues dociles, et surtout la peur et la mort qui rôdent quand elle chante :
Hound dogs on my trail / Chiens de chasse sur ma piste School children sitting in jail / Des écoliers dans les prisons Black cat cross my path / Un chat noir croise mon chemin I think every day’s gonna be my last / Et je pense que chaque jour sera mon dernier !
Il faut dire que Nina Simone est née en 1933, après la Grande Dépression, dans la ségrégation du sud des États-Unis. Là, le soir, les voisins et les patrons portent des cagoules blanches du Ku Klux Klan, et le dimanche, sa mère prêche à l’Église. Eunice Kathleen Waymon (son nom à l’état civil) étudie le piano et donne son premier concert à 12 ans. Et refuse que ses parents cèdent leur siège à des spectateurs blancs ! « Quand tu naissais et que tu grandissais dans ce sud des États-Unis à l’époque, à 12 ans, c’était comme si tu en avais 50 ! Tu avais tellement vu et tellement vécu de choses terribles que ça faisait ta maturité » raconte le frère de Nina Simone, Sam Waymon.
Lorsque sa couleur de peau lui interdit de devenir pianiste classique et d’intégrer le fameux Curtis Institute de Philadelphie, la jeune Eunice se réinvente en Nina Simone, pour rendre hommage à son idole d’alors, l’actrice française Simone Signoret. À l’époque, la jeune fille sage ne dit pas de gros mots comme goddam! Intégrer ce juron à un titre de chanson, et en plus l’accoler à un « respectable » État lui vaut les plus vives critiques et même l’interdiction du morceau dans plusieurs états. C’est d’ailleurs, du propre aveu de la chanteuse, le morceau qui « a le plus nui à sa carrière ».
Nina au pays des mensonges
Pourtant, sur l’album Live At Carnegie Hall qui révèle « Mississippi Goddam », il y a aussi une chanson peut-être plus explicite sur les lois du pays. Dans « Old Jim Crow », elle réagit aux lois de la ségrégation. Mais « Mississippi Goddam » est la chanson qui sacre Simone comme une des icônes du mouvement des droits civiques.
Quand sa colère monte, elle chante :
All I want is equality / Tout ce que je veux c’est l’égalité
For my sister my brother my people and me /Pour ma sœur mon frère mon peuple et moi
Yes you lied to me all these years / Oui tu m’as menti toutes ces années
You told me to wash and clean my ears / Tu m’as dit de me laver et de nettoyer mes oreilles
And talk real fine just like a lady / Et de bien parler comme une dame
And you’d stop calling me Sister Sadie / Et tu arrêterais de m’appeler sœur Sadie
Oh but this whole country is full of lies / Oh mais tout ce pays est plein de mensonges
Nina Simone chante encore cette chanson devant 40 000 personnes à la fin des fameuses « Marches de Selma à Montgomery » (1965), célèbres manifestations contre la ségrégation. À cette occasion, on lui présente Martin Luther King. En lui tendant la main, elle le prévient : « Je ne suis pas une non-violente, moi ! » Il lui aurait répondu calmement : « Aucune importance, ma sœur. »
Trois ans plus tard, le 4 avril 1968, l’assassinat de celui qui disait I Had A Dream met fin au rêve de non-violence du pays. Des émeutes éclatent dans les grandes villes américaines, et trois jours plus tard Nina Simone monte sur la scène de Westbury. Avant de chanter « Mississippi Goddam », elle raconte :
«Il y a quelques années, quatre petites filles étaient été tuées en Alabama. À ce moment-là, ces morts nous avaient donné l’inspiration d’écrire cette chanson. Mais la mort du Dr King m’a laissée tellement anéantie que je ne sais plus où j’en suis, vraiment. Vous avez entendu la chanson «Shed A Little Light» de James Taylor composée spécialement pour ce triste jour. J’espère que d’ici la fin de l’année, nous nous serons assez remis pour écrire des chansons qui plongent dans notre Histoire et qui rendent hommage à ces gens merveilleux et courageux qui ne sont plus de ce monde aujourd’hui.»
Dans ce concert, elle bouscule le public pour qu’il chante s’il «est ému par ce qui se passe, et s’il connaît ses chansons», et glisse qu’elle n’a pas l’intention de «rester non violente, ma chérie!» Pourtant la chanson qu’elle vient d’écrire pour King, le roi de l’amour (The King of love) est une chanson plus poignante qu’un appel à la guerre.
« C’était spontané et triste à la fois raconte Sam son frère présent sur scène ce jour-là. On ne savait pas à quoi le monde allait ressembler après tout ça. Quand j’étais sur scène, c’était le lieu et le moment où je me sentais le plus libre de ma vie, pour Nina c’était pareil parce que sur scène on existe et on se sent en sécurité. Je n’ai jamais eu peur sur scène, jamais. Le seul lieu où je me sentais menacé c’était dans le sud des États-Unis… »
Les leaders non violents sont assassinés ou en exil, et Nina doute. Changera-t-elle les États-Unis pour en faire un pays plus juste ? L’art peut-il révolutionner le monde ?
Dans son autobiographie Nina Simone écrit : L’Amérique telle que je la rêvais pendant les années 60 était devenue une mauvaise blague avec Nixon à la Maison-Blanche, et la révolution noire remplacée par la disco (…) L’assassinat de Malcom X a renforcé ma conviction que notre lutte ne pourrait se livrer sans violence, et que si on tardait à le comprendre on tomberait comme des mouches, comme je le disais dans « Mississippi Goddam »».
Avant de prendre un révolver, Nina Simone quitte le pays, elle part pour des années d’errance et de voyages, entre la Barbade, la Suisse ou la France avec un passage par le Libéria où elle sera « enfin heureuse ». Elle dépense beaucoup, tombe amoureuse et voit son père en rêve… « J’ai vu des éclairs en Afrique. Ils vous foudroient et vous laissent sans voix », écrit-elle dans ses mémoires. Elle restera hantée par ses fantômes et ses fantasmes d’un monde plus juste avant de finir sa vie face à la mer sur la Côte d’Azur. Dr. Nina Simone y joue Bach, Debussy, Ravel et Chopin. Aujourd’hui, « Mississippi Goddam » repose à la Librairie du Congrès parmi les œuvres les plus importantes que les États-Unis aient créées. Ce n’est que justice.
Source : Article de PAM Pan Aafrican Music
*** Nina SIMONE, sa vie, son oeuvre ***
Nina Simone voit le jour le 21 février 1933 sous le nom d’Eunice Kathleen Waymon à Tryon, en Caroline du Nord (États-Unis). Elle est la sixième d’une famille afro-américaine modeste de huit enfants : son père est barbier, sa mère est femme au foyer et pasteure méthodiste. Prenant, dès l’âge de 3 ans, des leçons de piano, elle se révèle très douée. Aspirant à mener une carrière de pianiste concertiste classique, elle est toutefois recalée en 1950 à l’examen d’entrée du prestigieux Curtis Institute of Music de Philadelphie. Très déçue, Eunice Waymon attribue ce refus à sa couleur de peau.
Elle débute alors une carrière de pianiste de club : elle est engagée en 1954 dans un bar d’Atlantic City (New Jersey). Elle chante surtout des standards du jazz des années 1930, qu’elle interprète librement avec des improvisations tendant vers le blues, le gospel et le classique. Pour cacher son activité à ses parents, elle prend le nom de « Nina Simone » en hommage à l’actrice française Simone Signoret.
Elle connaît son premier succès en 1957 avec sa version de I Love You Porgy, tiré de Porgy and Bess, l’opéra de George Gershwin. Son premier album, « Little Girl Blue », sort en 1959 sur le petit label new-yorkais Bethlehem Records. On y retrouve notamment My Baby Just Cares for Me. De façon inattendue, ce titre deviendra un tube trente ans plus tard, en 1987, lorsque Chanel l’utilisera dans un spot publicitaire pour son parfum n° 5. Le style original de Nina Simone, issu d’un mélange entre jazz, gospel, blues, folk et musique classique, s’impose. Les années 1960 la voient enregistrer de nombreux albums pour de grandes maisons de disque (Colpix, Philips et RCA) et faire de grandes tournées, y compris hors des États-Unis.
En septembre 1963, révoltée par l’attentat contre l’église baptiste de la 16ᵉ rue de Birmingham (Alabama) qui a coûté la vie à quatre fillettes, ainsi que par l’assassinat du militant des droits civiques Medgar Evers, Nina Simone compose Mississippi Goddam, sa première protest song. Dès lors, elle s’engage activement dans le mouvement des droits civiques. Elle fréquente ainsi plusieurs grandes figures du mouvement, Martin Luther King, Malcom X ou Stokely Carmichael, époux de Myriam Makeba. Elle joue lors de grands rassemblements en faveur des droits civiques, comme les marches de Selma à Montgomery (Alabama) en 1965. Sur ses albums des années 1960, Nina Simone interprète des chansons sur la condition des Afro-Américains dans le Sud, tels Strange Fruit de Billie Holliday (sur l’album « Pastel Blues » en 1965) ou en compose, comme Wild is the Wind (sur l’album « Four Women » en 1966). En 1968, elle dédie la chanson Why ? The King of Love is Dead à Martin Luther King trois jours après son assassinat. Puis en 1969 To Be Young, Gifted and Black devient une chanson emblématique pour les jeunes Afro-Américains.
Écœurée par l’essoufflement du mouvement des droits civiques, brouillée avec de nombreuses personnes et en difficulté avec le fisc américain, Nina Simone n’a plus vraiment l’énergie pour composer au début des années 1970. En 1974, elle quitte alors les États-Unis pour le Liberia. Elle s’installe ensuite en Europe : en Suisse, aux Pays-Bas et en France.
Souffrant d’un cancer du sein, elle s’éteint le 21 avril 2003, à l’âge de soixante-dix ans, à Carry-le-Rouet, dans les Bouches-du-Rhône, où elle venait de s’installer.
COMBLE DE L'IRONIE : À l'avant-veille de sa mort, elle reçoit un diplôme honorifique du conservatoire Institut Curtis de Philadelphie, celui-là mêmequi lui refusa l'admission en 1950.
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Quelques compléments si vous voulez en écouter et en savoir davantage.
Comme je l'ai déjà décrit précédemment (ICI et LA), sur cette enveloppe textile destinée à Eric le Parisien, je vous raconte ici comment l'incroyable aventure d'Edmond Albius, enfant esclave, qui à 12 ans découvre le secret qui transformera à jamais la culture de la vanille à La Réunion.
Dessin représentant Edmond Albius et les gousses de vanille qu'il a su obtenir à l'age de 12 ans, vu sur Pinterest sans nom d'auteur
à droite, des photos en libre accès sur le site Adobe Stock
L'introduction de la vanille à Bourbon s'est faite en trois temps et à partir de trois lieux différents :
- Le 26 juin 1819 elle vient de Cayenne. Pierre Bernard Milius Gouverneur de l'île depuis le 13 septembre 1818 décide de diversifier l'agriculture de l'île. Il organise des expéditions dans toutes les parties du monde afin de ramener dans la Colonie des espèces nouvelles. A la tête d'une de ces expéditions se trouve un créole de Bourbon, le Commandant Pierre-Henri Philibert accompagné du Botaniste Perrotet. C'est de Cayenne qu'ils ramènent les premières boutures de vanille.
- Le 6 mai 1820 elle vient de Manille. Une deuxième expédition du Commandant Philibert quitte Bourbon à destination de la Nouvelle Hollande, le botaniste Perrotet fait à nouveau partie du voyage. Cette expédition fera un arrêt à Manille et le botaniste en profitera pour collecter de nombreuses boutures de vanille.
- Le 25 septembre 1822 elle vient du Muséum de Paris. M. Marchant ordonnateur de Bourbon, profitant d'un voyage en France, se rend au Muséum de Paris et se procure des boutures de vanille du Mexique. Depuis le siècle dernier on cultivait, au Muséum, cette variété dans des serres chauffées. M. Marchant et sa vanille voyagent sur un bateau commandé par un créole de Saint-André, David De Floris. Ils arrivent à Bourbon le 25 septembre 1822.
Histoire de la vanille à l'Ile Bourbon
Au début du XIX siècle des plants furent expédiés à Java, puis à la Réunion et à Maurice pour y tenter la culture de la précieuse vanille, mais en l'absence de pollinisation naturelle par un insecte du Mexique, la culture s'est avérée impossible sur ces îles.
La première pollinisation artificielle du Vanillier fut réalisée en 1836 au jardin botanique de Liège par Charles Morren, puis en 1837 par le Français Neumann, mais c'est en 1841 qu'un jeune esclave, Edmond Albius, imagina le procédé encore utilisé de nos jours. Ce fut dès 1848 l'essor de la culture à l'Ile de la Réunion (alors plus connue sous le nom de « l'Ile Bourbon »)
Edmond Albius est né à Sainte-Suzanne le 9 août 1829. Sa mère est esclave chez la sœur de Féréol Bellier Beaumont ; il la perd à sa naissance. Le 8 décembre 1853 Méziaires Lepervanche décrit l'adolescence du jeune esclave et son initiation à la botanique : Mr Féréol Bellier Beaumont recueillit cet enfant, et s'y attacha comme s'il eût été son propre fils : il ne lui dit donner aucune instruction, mais sans cesse, dans la société de cet homme, instruit, Edmond se trouva éclairé comme par une sorte de reflet des connaissances de son maître, et ne tarda pas à s'associer à ses travaux d'horticulture, et apprit de son maître, versé dans la science des plantes, à reconnaître toutes les fleurs en leur appliquant leurs noms techniques, ce qui n'était pas sans originalité d'entendre sortir des lèvres d'un enfant noir des termes scientifiques, usités seulement chez les adeptes de la science de la botanique.A l'instar de son maître, Edmond s'était essayé souvent à opérer la caprification artificielle sur des fleurs qui, par une raison ou par une autre, ne peuvent se féconder naturellement.
En 1841, l'esclave Edmond âgé de douze ans trouva, avant les botanistes du Muséum d'histoire naturelle de Paris et les scientifiques locaux, une méthode simple pour féconder manuellement les fleurs de l'orchidée vanillier. Cette découverte permit l'exploitation commerciale de la vanille Bourbon. L'intelligent enfant avait su discerner dans la même fleur, les organes mâles et femelles et les mettre convenablement en relation, procédé simple et rapide consistant à appliquer l'anthère avec le pollen, organe mâle, sur le pistil, organe femelle. La découverte du jeune Edmond allait enrichir de nombreux planteurs, doter l'île d'une nouvelle industrie agricole et permettre le développement de la culture de la vanille à travers le monde.
La « Vanille Bourbon » : comment la découverte d’Edmond a transformé l’économie de La Réunion
Ferréol Bellier-Beaumont comprend immédiatement la portée de l’invention. Loin de garder le secret, il fait d’Edmond un ambassadeur de sa propre technique. Il emmène le jeune esclave de plantation en plantation sur l’Île Bourbon pour enseigner le procédé aux autres colons et à leurs esclaves. Cette diffusion rapide du savoir-faire lance l’industrie de la vanille et établit, aux yeux de tous les témoins, la paternité de la découverte.
L’impact économique est foudroyant. Les chiffres témoignent d’une véritable « révolution » agricole, transformant l’économie de l’île.
* Avant 1841 : Production de vanille : 0. * 1848 : Coïncidant avec l’abolition de l’esclavage, les premières exportations de vanille symboliques commencent : 50 kilos sont envoyés en France. * 1858 : La Réunion passe à une production de trois tonnes en 1858. * ~1860-1870 : La production explose et atteint puis à près de 15 tonnes annuelles. * Début des années 1880 : L’île exporte 60 tonnes annuelles au début des années 1880. * 1898 : L’apogée est atteint avec une production record de 200 tonnes.
L’Explosion de la Production de Vanille Bourbon (1848-1898)
Cette nouvelle richesse est « nomé » sous le nom de Vanille Bourbon, tirant son nom de l’appellation coloniale de l’île (un hommage à la famille royale française). Dans cet acte de nomination se joue une première ironie tragique : l’invention qui fait la fortune de l’île porte le nom des rois de France, et non celui du jeune esclave qui l’a rendue possible. L’invention d’Edmond, faite en 1841, a offert une culture de diversification essentielle à l’économie de plantation de l’île, juste au moment où l’abolition de l’esclavage en 1848 allait la forcer à se réinventer.
De l’Île Bourbon à Madagascar : l’expansion mondiale d’un savoir-faire
Le génie de la technique de pollinisation d’Edmond résidait dans sa simplicité et sa transférabilité. Elle n’a pas tardé à voyager. Des colons réunionnais, voyant le potentiel, ont emporté la méthode d’Albius avec eux sur l’île voisine : Madagascar.
Comme à La Réunion, des lianes de vanille y avaient été introduites (dès 1820), mais elles restaient désespérément stériles. C’est l’importation de la méthode Albius depuis La Réunion qui va donner naissance à l’industrie de la vanille de Madagascar. Le climat et l’immensité du territoire malgache se prêtent encore mieux à cette culture de cette plante. La pollinisation manuelle y est adoptée à grande échelle, et la production explose.
L’appellation Vanille Bourbon s’étend pour inclure la production de Madagascar et des Comores, devenant un label de qualité pour la Vanilla planifolia de l’océan Indien. Rapidement, l’élève dépasse le maître. Madagascar devient le premier producteur mondial de vanille, ravissant la place à La Réunion. Aujourd’hui, Madagascar produit plus de 80% de la vanille dans le monde.
L’ironie économique est totale. L’industrie de la vanille, un marché de plusieurs milliards de dollars, repose intégralement sur l’héritage direct du geste d’Edmond Albius. Mais cette même invention, par sa facilité de transfert, a finalement causé le déclin de l’industrie réunionnaise, incapable de concurrencer les coûts de production malgaches.
La paternité contestée : L’ombre de l’esclavage sur le génie
Une découverte d’une telle ampleur économique ne pouvait rester incontestée. Alors que l’île s’enrichissait, la paternité de sa découverte fut violemment remise en cause. L’adversaire d’Edmond Albius était un « érudit prestigieux », Jean-Michel Claude Richard, un botaniste français de renom, directeur du Jardin du Roy sur l’île.
Dans les années 1860, Richard prétendit publiquement être le véritable inventeur. Il affirma avoir découvert la technique à Paris et l’avoir enseignée à un petit groupe à La Réunion en 1838. L’accusation implicite était claire : Edmond, alors «un petit esclave», n’avait pu que «jeter un coup d’œil» et «voler la technique».
Cette controverse est un cas d’école de racisme scientifique. Il était socialement et académiquement impensable pour l’establishment de l’époque qu’un «enfant noir», sans éducation, puisse être un «scientifique», un inventeur. Il était bien plus plausible qu’il soit un voleur.
C’est alors que Ferréol Bellier-Beaumont intervient de manière décisive. Il prend la plume pour défendre publiquement son ancien esclave. Dans une lettre restée célèbre, il démolit l’argument de Richard avec une logique implacable. Il rappelle qu’il est l’ami de Richard, mais qu’il a des « obligations envers Edmond ». Puis il pose la question fatale : «Pourquoi les fermiers inviteraient-ils Edmond à enseigner ‘si le procédé était déjà connu’? ». La défense de Bellier-Beaumont, publiée, fit taire la controverse. .../...
Source : Extrait d'un article vu sur le site https://abacai.fr/edmond-albius-pollinisation-esclavage-et-memoire-1841/
Connaissez-vous l'incroyable histoire de la vanille et celle d'Edmond Albius qui lui est intimement liée?
Les origines de la vanille
La vanille est une épice dérivée des gousses de certaines espèces d'orchidées du genre Vanilla, principalement. Originaire du Mexique et d'Amérique centrale, la vanille a été cultivée et utilisée par les Aztèques depuis des siècles pour aromatiser le chocolat, une boisson précieuse pour cette civilisation.
La découverte de la vanille par les Européens
La vanille a été découverte par les Européens au 16ème siècle, lors de la conquête de l'empire aztèque par les conquistadors espagnols. Hernán Cortés est souvent crédité pour avoir introduit la vanille en Europe après avoir goûté à une boisson au chocolat aromatisée à la vanille offerte par l'empereur aztèque Moctezuma II. La vanille est rapidement devenue populaire en Europe, principalement en France, où elle a été utilisée pour aromatiser des desserts tels que les glaces et les crèmes pâtissières
Et c'est là que l'histoire d'Edmond Albius s'imbrique avec celle de cette épice car c'est lui le découvreur de la fécondation artificielle de la vanille.
A l'origine la liane de vanille vit au Mexique et ses fleurs ne peuvent être pollinisées que par une minuscule abeille mexicaine sans dard du genre Melipona . Cette abeille n'est présente nulle part ailleurs dans le monde.
Le tournant décisif de l’histoire de la vanille survient à l’île Bourbon (ancien nom de La Réunion) au XIXe siècle. Des pieds de vanillier ont été introduits sur l’île en 1819 depuis les colonies françaises, mais pendant des années, ils fleurissent sans donner de fruits faute de pollinisation naturelle. C’est en 1841 qu’un jeune esclave réunionnais de 12 ans, Edmond Albius, au service d'un botaniste , découvre le procédé manuel de pollinisation de la fleur de vanille.
En frottant délicatement, à l’aide d’une fine tige, le pollen des organes mâles de la fleur sur le pistil femelle, Albius réussit à féconder la fleur : un geste simple mais révolutionnaire qui permet enfin à la plante de donner ses précieuses gousses.
Portrait d'Edmond Albius devant des lianes de vanille paru en 1863 dans l'Album de l'île de la Réunion d'Antoine Roussin.
photos libres de droit Adobe Stock
Dans un article précédent je parle longuement de l'histoire de ce garçon, dont l'histoire a totalement effacé le nom jusqu'à il y a très peu de temps et surtout comment les colons blancs se sont arrangés pour s'approprier sa découverte et en faire un marché très lucratif, en remettant en question l'esprit pratique et l'intelligence de ce garçon féru de botanique et incroyablement observateur. Pour certains d'entre eux, en effet, il était tout simplement impossible de concevoir qu'un esclave, noir de surcroît, puisse avoir eu cette intelligence là où depuis des décennies, les planteurs réunionnais avaient échoué à réussir la fructification de la vanille.
Toute l'histoire est racontée ici, parfaitement documentée sur la vanille Bourbon (oui, on lui a donné un nom de roi plutôt que celui de l'esclave Albius). sources : ABACAI qu'est ce que la vanille exactement
*** La littérature jeunesse au secours de l'histoire ***
Couleur Vanille (2011) -La vraie couleur de la vanille (2012) -Pour l'amour de Vanille (2012)
Comment la littérature jeunesse, en trois livres parus au 21e siècle, tente de mieux faire connaître Edmond Albius, malgré toutes les difficultés et les écueils liés à la publication lorsque le sujet d'un livre, même chargé d'histoire, n'est pas déjà connu.
.../...
En vitrine des trois romans, le péritexte éditorial destiné à attirer le lecteur – ou l’acheteur médiateur – opère des choix communs en première de couverture où prennent place, au cœur du titre et de l’image, le mot « vanille » et la représentation d’un jeune garçon noir. Substitué métonymiquement au nom d’Edmond Albius, c’est le mot « vanille » qui joue le rôle d’accroche dans un titre qui semble poser une énigme, soit en insistant sur la question de la couleur qui jouera un rôle symbolique dans le récit (Couleur vanille, La vraie couleur de la vanille), soit en le dotant d’une majuscule qui fait de lui un prénom et annonce une romance (Pour l’amour de Vanille). Les titres démarquent donc des entreprises différentes, où l’empan s’élargit d’emblée de la fiction (le roman d’amour) au documentaire (le sous-titre de Couleur vanille).
Longtemps restée muette, l’histoire de l’esclavage fut biaisée par le point de vue extérieur des Blancs et rares sont les récits de ceux qui n’avaient pas accès à l’écriture, en particulier en français. « Pour des sociétés où manque un récit des origines, c’est à la littérature que peut incomber la mission d’en élaborer. Aussi des voix se sont-elles élevées pour rendre justice aux esclaves, pour faire connaître leur histoire, leurs souffrances et, plus rarement, leurs exploits : « Un questionnement autour de la mémoire, qu’elle soit historique ou textuelle, émerge. Il s’agit aussi d’écrire ce qui n’a pas été écrit avant, de faire entendre ce qui a été oblitéré ». À travers une entreprise ancrée dans le double projet d’un éditeur et d’un auteur pour la jeunesse, nos trois romans composent, chacun à sa façon, un tombeau à Edmond Albius, qui, comme les tombeaux poétiques, vise à lui rendre hommage et à perpétuer sa mémoire « Tel qu’en Lui-même enfin l’éternité le change », pour reprendre le premier vers du « Tombeau d’Edgar Poe » de Mallarmé. Mais les histoires relatées ne relèvent pas de l’épitaphe, elles redonnent vie au fantôme, elles font partager ses sentiments, elles invitent à comprendre le passé pour mieux vivre le présent.
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En l’espace de quelques années, un écrivain spécialiste de littérature, Michaël Ferrier, et trois romanciers pour la jeunesse s’emparent de ce personnage longtemps méconnu du grand public et jusque-là absent des programmes scolaires. Touché par ce destin tragique, chacun d’eux s’est, semble-t-il, senti investi d’une mission : extraire le zélé apprenti botaniste du néant dans lequel il a été longtemps plongé par la volonté de quelques hommes, faire connaître le parcours exceptionnel de ce jeune garçon dans une volonté de devoir de mémoire. Force est de constater que, pour l’instant, ces écrivains ont davantage agi pour faire connaître Edmond Albius en France métropolitaine que l’État français.
Une fois n'est pas coutûme, aujourd'hui, je vais vous parler d'un "fantôme" de l'histoire dont pourtant nous devrions tous connaître le nom, étant donné la fantastique découverte qui fut la sienne et l'énorme commerce international dans l'industrie de la vanille qui en découla.
Cet article est destiné à faire connaître Edmond Albius du plus grand nombre et à réhabiliter cette personne, pourtant noire et esclave, dont la très grande intelligence et un sens de l'observation très poussé, ont permis sa découverte : son nom n'aurait jamais dû être effacé de notre Histoire.
L'histoire en bref :
En 1841, sur l’île de La Réunion, un garçon esclave de 12 ans nommé Edmond Albius changea le monde avec pour seules armes sa curiosité et son pouce.
Les colons français avaient rapporté des plants de vanille du Mexique vers La Réunion et les îles voisines. Mais un problème de taille subsistait : les orchidées de vanille ne fleurissaient que brièvement, et au Mexique, ce sont des abeilles spécifiques qui en assuraient la pollinisation. Sur l’île de La Réunion aucune de ces abeilles n’existait. Malgré leur savoir, botanistes et planteurs étaient impuissants : la fleur se fanait avant d’être fécondée.
Et puis, Edmond est arrivé. Armé d’un éclat de bois ou d’un brin d’herbe, il souleva délicatement le minuscule opercule à l’intérieur de la fleur, pressa les parties mâle et femelle l’une contre l’autre, et réalisa à la main une pollinisation parfaitement maîtrisée. C’était simple. Élégant. Rapide. Et ça a fonctionné.
Grâce à sa méthode, la vanille pouvait désormais être cultivée presque partout. La Réunion devint un important producteur. Puis Madagascar, qui domine encore aujourd’hui le marché mondial — en utilisant la technique inventée par Edmond. Mais pour Edmond Albius, aucune récompense, ni fortune, ni reconnaissance durable. Bien que sa découverte ait lancé une industrie florissante à l’échelle mondiale, il est mort dans la pauvreté et l’oubli.
Aujourd’hui, nous nous devons de l'honorer. Parce qu’un enfant privé d’éducation, privé de liberté, a pourtant réussi là où tous échouaient : percer le secret de l’orchidée vanille, et laisser une empreinte invisible mais précieuse — dans chaque boule de glace, chaque gâteau, chaque flacon de parfum.
Source / facebook/Le monde littéraire
Âgé de douze ans Edmond Albius découvre le procédé de la fécondation artificielle de la vanille.
Edmond Albius est né à Sainte-Suzanne en 1829. Sa mère est esclave chez la sœur de Féréol Bellier Beaumont ; il la perd à sa naissance.
Le 8 décembre 1853 Méziaires Lepervanche décrit l'adolescence du jeune esclave et son initiation à la botanique : "Mr Féréol Bellier Beaumont recueillit cet enfant, et s'y attacha comme s'il eût été son propre fils : il ne lui dit donner aucune instruction, mais sans cesse, dans la société de cet homme, instruit, Edmond se trouva éclairé comme par une sorte de reflet des connaissances de son maître, et ne tarda pas à s'associer à ses travaux d'horticulture, et apprit de son maître, versé dans la science des plantes, à reconnaître toutes les fleurs en leur appliquant leurs noms techniques, ce qui n'était pas sans originalité d'entendre sortir des lèvres d'un enfant noir des termes scientifiques, usités seulement chez les adeptes de la science de la botanique. A l'instar de son maître, Edmond s'était essayé souvent à opérer la caprification artificielle sur des fleurs qui, par une raison ou par une autre, ne peuvent se féconder naturellement. "
En 1841, l'esclave Edmond âgé de douze ans trouva, avant les botanistes du Muséum d'histoire naturelle de Paris et les scientifiques locaux, une méthode simple pour féconder manuellement les fleurs de l'orchidée vanillier. Cette découverte permit l'exploitation commerciale de la vanille Bourbon. L'intelligent enfant avait su discerner dans la même fleur, les organes mâles et femelles et les mettre convenablement en relation, procédé simple et rapide consistant à appliquer l'anthère avec le pollen, organe mâle, sur le pistil, organe femelle.
La découverte du jeune Edmond allait enrichir de nombreux planteurs, doter l'île d'une nouvelle industrie agricole et permettre le développement de la culture de la vanille à travers le monde.
Affranchi, Edmond reçut son nom de liberté : Albius qui signifie Blanc. Après l'abolition de l'esclavage, Edmond Albius va vivre à Saint-Denis où il trouve un emploi d'aide cuisinier chez un officier de la garnison. Il est alors impliqué dans une affaire de vol. Le 15 juin 1852, il va être condamné à cinq ans de travaux forcés.
Le 26 avril 1855, le Gouverneur Hubert De Lisle décide de le faire libérer pour bonne conduite après 3 ans d'emprisonnement.
Edmond Albius décède à l'hospice de Sainte-Suzanne le 9 août 1880 dans le dénuement le plus complet.
En 1981 la municipalité de Sainte-Suzanne a érigé une stèle sur le lieu de naissance d'Edmond Albius à Bellevue.
En 2004, un mémorial pour la commémoration du 10 mai où l’esclavage est reconnu comme crime contre l’humanité est installé sur le site du bocage à Sainte-Suzanne, Une statue en bronze d'Edmond Albius occupe le centre de ce mémorial, une oeuvre de l'artiste réunionnais Jack Beng-Thi né en 1951 au Port. Maurice Gironcel, maire et conseiller général de Sainte-Suzanne, explique : "Ce projet nous tient particulièrement à cœur. Edmond Albius a marqué l’histoire de Sainte-Suzanne, de La Réunion et du monde à travers sa découverte qui a révolutionné le monde agricole et industriel. Mais comme vous le savez, malgré sa découverte, son génie ne sera jamais reconnu, parce qu’il était noir, esclave."
Dans une lettre datée du 17 février 1861, Férol Bellier relate les circonstances dans lesquelles Edmond à découvert le procédé de la fécondation artificielle de la vanille.
"Je me faisais aider par lui pour la fécondation des fleurs d'une plante de la famille des citrouilles, appelée jolifiat. Dans cette plante, les fleurs mâles et les fleurs femelles sont séparées et sur des rameaux différents. J'enseignais au petit noir, Edmond, à cueillir les premières et à les poser avec soin sur les fleurs femelles, qui sous elles, portent l'embryon du fruit, comme dans les citrouilles. Je ne me souvenais plus de cette enseignement lorsque, la même année plus tard, me promenant avec mon fidèle compagnon, j'aperçus sur le seul vanillier que j'eusse alors une gousse bien nouée. Je m'en étonnai, et la lui fit remarquer. Il me dit que c'était lui qui avait fécondé la fleur. Je refusai de le croire, et passai. Mais 2 ou 3 jours après je vis une seconde gousse près de la première. Lui de me répéter son assertion. Je demandai alors comment il avait fait. Il exécuta devant moi cette opération que tout le monde pratique aujourd'hui. L'intelligent enfant avait su discerner, dans la même fleur, les organes mâles et femelles et les mettre convenablement en rapport. Dans l'article de journal que je vous ai signalé, ci-dessus, j'essayai d'expliquer le procédé au public. Des amis me dirent que je n'étais nullement parvenu à me faire comprendre et bientôt Messieurs Sarrasin Floris, Patu de Rosemont, Vinet et Madame Joseph Desbassyns, en envoyant chercher Edmond et le faisant opérer devant eux purent faire connaître partout le procédé de la fécondation".
Je vous laisse lire le très intéressant mais très long article À la recherche d’Edmond Albius, esclave réunionnais, « fantôme » de l’histoire qui founrit énormément d'informations sur ce qui s'est passé réellement dans la vie de ce jeune homme esclave à la Réunion, dont l'histoire a été totalement effacée jusqu'à il y a très peu de temps.
J'espère que ce récit aura plu à Michèle à laquelle ce mail-art est destiné
Toni Morrison, première et unique auteure afro-américaine à avoir reçu le prix Nobel de littérature, est décédée le 6 août 2019 à l'âge de 88 ans,. Elle laisse derrière elle un héritage littéraire et culturel unique au monde, porté aux nues par les médias américains, Vanity Fair et le New Yorker en tête.
Marquée par la ségrégation et le racisme, l'écrivaine a exploré toute l'histoire des Noirs américains à travers ses romans, de l'esclavage à l'époque contemporaine.
Toni Morrison, décédée en 2019, est photographiée le 20 février 2012 à l'Oberlin College Cleveland. (Lynn Ischay/The Plain Dealer )
Portrait de Toni Morrison vers 1996 réalisé par le street-artiste canado-japonais Tim
Toni, c'est d'abord Chloe Wofford, petite fille vive qui grandit au sein d'une famille modeste dans l'Ohio. Chloe, dont les parents n'ont pas eu droit à l'instruction, adore les livres et mesure déjà le chemin qu'il reste à parcourir.
Un chemin qu'elle va continuer à défricher, rebaptisée Toni, en entrant d'abord à Howard, la plus prestigieuse des universités noires, en devenant professeur, puis éditrice dans une grande maison new-yorkaise.
Elle y fera connaître des écrivains et des poètes noirs et se battra pour publier sans rien atténuer de leur message les grandes voix du mouvement de libération afro-américain : le boxeur Muhammad Ali, les militants Stokely Carmichael et Angela Davis.
L'histoire de Toni Morrison, c'est en filigrane celle des Etats-Unis de la ségrégation, du racisme revendiqué, des lynchages et des assassinats politiques, du combat pour les droits civiques…
C'est aussi celle d'une femme libre qui sait dès l'adolescence, à la fin des années 1940, qu'elle ne se laissera pas enfermer dans le mariage. Une mère seule, qui chérit ses deux enfants, mène une carrière brillante… et se ménage aussi, dans les interstices de cette vie bouillonnante, des espaces d'écriture.
Toni Morrison publie son premier livre à 39 ans : L'Oeil le plus bleu, aujourd'hui largement reconnu… 700 exemplaires vendus à l'époque. Mais elle persévère car Toni ressent intimement la nécessité de témoigner de son époque et de son identité millefeuille, africaine-américaine, femme noire, mère célibataire, intellectuelle…
source : extrait de la biographie écrite par Laura Nsafou
J'ai déja écrit sur Toni Morrison dans un article précédent, car cette femme à la force mentale extraordinaire est l'une de ces femmes remarquables que j'admire énormément même s'il me reste tant à lire de son oeuvre littéraire.
Je souhaite à Marc à qui j'adresse ce mail-art une bonne réception de mon enveloppe textile : je suis certaine qu'un artiste du dessin, peintre et un amateur de bonne musique comme lui appréciera cette grande dame qui a beaucoup écrit pour mettre en lumière l'histoire de sa communauté depuis le temps de l'esclavage jusqu'à nos jours, insistant particulièrement sur les conditions des femmes, avec ses mots et ses analyses percutantes d'une situation qui n'est toujours pas vraiment réglée encore aujourd'hui.
ART IS DANGEROUS : Dernières réflexions de Toni Morrison sur « L’art et la justice sociale »
Vidéo sur la chaine Youtube de Stella Adler Studio of Acting mis en ligne le 17 juin 2016
Voici un extrait d'une discussion passionnante à Broadway, organisée par le Stella Adler Studio of Acting dans le cadre du cycle de conférences Harold Clurman, avec la participation de Toni Morrison, Ta-Nehisi Coates, Sonia Sanchez et Toshi Reagon. Dans cette vidéo, Toni Morrison partage ses réflexions finales sur le sujet.
Traduction : « Je tiens à rappeler à tous que l’art est dangereux. Je tiens à vous rappeler l’histoire des artistes assassinés, massacrés, emprisonnés, démembrés, interdits d’entrée. L’histoire de l’art, qu’il s’agisse de musique, de littérature ou autre, a toujours été sanglante, car les dictateurs, les puissants et ceux qui veulent contrôler et tromper savent précisément qui risque de perturber leurs plans. Et ces personnes, ce sont les artistes. Ce sont eux qui chantent la vérité. Et c’est quelque chose que la société se doit de protéger. Mais lorsqu’on s’engage dans ce domaine, qu’il s’agisse de la poésie de Sonia ou de la prose d’une clarté saisissante de Ta-Nehisi, c’est une entreprise périlleuse. On a toujours quelqu’un à ses trousses. Il faut le savoir avant de commencer, et agir en conséquence, car c’est l’une des choses les plus importantes que font les êtres humains. »
« Résistez, encore et toujours. »
C’est sans doute le seul message qu’il faudrait garder de l’œuvre féconde et singulière de Toni Morrison. Pendant plus d’un demi-siècle, cette dernière a restitué les traumatismes, les maux et les blessures de sa communauté. Sa voix fut celle d’une Amérique multiraciale, constamment challengée par ses vieux démons, souffrant de ses perpétuels regains de tension. Il serait candide de penser que le combat est terminé. Son combat, c’est aussi celui d’une nouvelle génération, autorisée à utiliser les mêmes lavabos, certes, mais sur laquelle plane encore la menace de cette distinction raciale. Rentrer à pied avec un ami, vendre des cigarettes au coin d’une rue ou quelques CDs, porter une capuche dans un quartier résidentiel, jouer avec un faux pistolet ou même simplement se rendre à la messe peut encore coûter la vie.
Dans un récent entretien donné à la revue America (n°1, 2017), cette fervente partisane de l'ancien président Obama faisait part au journaliste François Busnel de ses nouvelles craintes et de ses ambitions futures : «Quand Trump a gagné cette élection je suis restée abasourdie, comme tout le monde. J’ai même passé une ou deux journées prostrée, incapable de réagir, de bouger. Mais je refuse de me laisser entraver, de me rendre malheureuse. Fuir, quitter le pays sous prétexte que son gardien est un fou dangereux, ce serait déserter. Aujourd’hui je me relève. Et j’écris. Il faut écrire.»
C'est à Sylvie que je destine ce nouveau mail-art rendant hommage à cette femme extraordinaire et courageuse qu'était Toni Morrison ; c'est l'une des femmes remarquables de mon panthéon personnel que j'admire pour sa personnalité et pour son fort tempérament, même si je ne fais que commencer à découvrir son oeuvre sur le plan de la lecture.
« Investie dans l’expérience noire, dans les vies noires et dans la conscience noire »…
Toni Morrison. Photographie : Tim Knox
Suite à un incendie survenu dans sa maison en 1993, Toni Morrison a commencé à faire don de ses notes, manuscrits et documents connexes à la bibliothèque de l'université de Princeton.
Photo : Une page corrigée de « Tar Baby ».Photo reproduite avec l'aimable autorisation des Collections spéciales de la bibliothèque de l'université de Princeton et publiée sur le site de ladite Université
Mon amie jurasienne a une grande bibliothèque où ne figurent pas uniquement des éditions jeunesse. Cultivée comme elle l'est, j'imagine bien qu'elle a déjà dû lire quelques-uns des nombreux romans, essais et autres publications écrits par Toni Morrison, une écrivaine majeure pour sa communauté et pour les générations de filles afro-américaines qui lui ont succédé (et qui se sont beaucoup exprimé au moment de sa disparition sur leur gratitude à son égard, ses mots leur ayant permis d'accepter mieux la couleur de leur peau et de comprendre leur histoire)
Mais ses écrits sont capitaux aussi pour tous les autres lecteurs : Madame Toni Morrison est vraiment une grande dame de la littérature mondiale et elle est référencée dans les 100 premiers livres qu'il faudrait avoir lus dans sa vie.
Chère Sylvie, je te souhaite une bonne réception de cette enveloppe textile et comme je te l'avais précisé, j'y ai glissé un timbre à illustrer dans un prochain échange.
Toni Morrison 23 avril 2003 in New York City. (Photo by Evan Agostini/Getty Images)
"S'il y a un livre que tu veux lire mais qu'il n'a pas encore été écrit, alors tu dois l'écrire"
Le premier de ses livres qui connu une renommée internationale fut "Beloved" en 1988 qui lui valut le Prix Pulitzer. Le Prix Nobel de Littérature lui fut attribué en 1993 pour l'ensemble de son oeuvre.
*** Un exemple de sa manière d'écrire avec le roman Délivrances ***
L’art de Toni Morrison s’exprime dans sa parfaite maîtrise du récit. Délivrances donne la parole aux différents personnages féminins, qui souvent s’adressent directement au lecteur. Les voix de Bride et de sa mère, de Brooklyn, de l’institutrice, de la petite Rain, font entendre chacune une musique particulière. Lorsqu’il s’agit de Booker, Toni Morrison a recours à la troisième personne, et l’on n’entend sa voix que dans les dialogues, ou dans les poèmes qu’il compose. C’est lui qui prononce les phrases-clés du roman : « Des mensonges. Le silence. Juste le fait de ne pas dire ce qui était vrai ni pourquoi » et « Scientifiquement, il n’existe rien de tel que la race, Bride, donc le racisme sans race est un choix. Enseigné, bien sûr, par ceux qui en ont besoin, mais c’est tout de même un choix. Les gens qui le pratiquent ne seraient rien sans lui ». L’art de Toni Morrison repose aussi sur la faculté d’évoquer la musique – le jazz rythme le roman – et de jouer avec les couleurs. Lorsque Lula Ann naît, sa mère décrit la couleur de la peau et la couleur des yeux de sa fille comme un « noir bleu ». Dans le deuxième chapitre, lorsque l’on entend pour la première fois la voix de Bride, les couleurs sont omniprésentes, que ce soit pour évoquer les panneaux d’autoroute ou la banalité d’un paysage ressemblant à un dessin d’enfant. La couleur noire, celle de la peau noire, n’est pas réductible à la synthèse soustractive des chimistes. Lorsque Bride décide, sur les conseils d’un coach, de ne plus s’habiller qu’en blanc, elle découvre que le blanc possède lui aussi une infinité de nuances, et n’est pas non plus réductible à la synthèse additive des physiciens. Permutation ultime : la blanche et blonde Brooklyn se coiffe en dreadlocks alors que les cheveux de Bride-la-noire-bleutée sont souples et bouclés.
Délivrances est un court roman d’une densité exceptionnelle. Tout y est précis, brillant.
Depuis quelques temps, il m'a pris l'idée de mettre la lumière des femmes qui, dans leur parcours de vie personnel et professionnel m'ont marquée, à différents titres : je les appelle des "femmes remarquables".
Dans ce panthéon-là, il y a une place évidente pour l'écrivaine Toni Morrison, prix Nobel de littérature en 1993 et prix Pulitzer en 1988, dont je commence seulement à lire les principaux romans, mais sur laquelle j'ai beaucoup écouté d'émissions de radio (voir ci-dessous).
Alors pour Daniella, aujourd'hui, voici le mail-art que je lui adresse, tant je suis certaine que la destinée de cette femme-là, si inspirante, lui plaira.
Pour mieux connaître Toni Morrison et découvrir son parcours je vous renvoie à cet article brillant qui nous fait mieux comprendre son intelligence et l'importance des mots dans sa vie pour affirmer sa personnalité et son humanité de femme noire à part entière, qui ne veut en rien être réduite à la vision que s'en font les blancs dominants. Source :https://dialna.fr/portrait-toni-morrison-une-romanciere-imperieusement-brillante/
“Refuser de répondre chaque minute au regard de quelqu’un d’autre”. Par sa plume, elle rejette tous les critères littéraires établis par les dominants afin d’inventer sa propre musicalité à partir des 26 lettres de l’alphabet à sa disposition. Ses œuvres représentent les Afro-américains dans toute la complexité de leur humanité. Le personnage Noir est ainsi tiré des marges pour être placé au centre de la narration.
et toujours sur France Culture dans l'émission à Voix Nue : Toni Morrison, la mémoire en héritage, une série de 5 podcasts - l'enregistrement date de sa venue en France en novembre 2006 au Louvre.
Tant qu'un nègre a des jambes, il a intérêt à s'en servir.
Qu'il reste assis trop longtemps et quelqu'un trouvera un moyen de les ligoter.
Citation dans Beloved (1987) de Toni Morrison
Une citation de Toni Morrison est inscrite sur un mur du Mémorial national pour la paix et la justice.
Ce mémorial, qui occupe un pâté de maisons dans le centre-ville de Montgomery, en Alabama, commémore plus de quatre mille victimes de lynchages racistes.
Il a été créé par l'Equal Justice Initiative et inauguré en 2018.
Traduction : ... et ô mon peuple, dehors toi, écoute-moi, ils n’aiment pas ton cou ; mets une main dessus, fais-lui grâce, caresse-le et tiens-le en l’air ; et toutes vos parties intérieures qu’ils enverraient aussitôt aux cochons, vous devez les aimer. Le foie sombre, sombre - j’adore ça, beaucoup, et le cœur qui bat et qui bat, j’aime aussi cela. Plus que des yeux ou des pieds. Plusque des poumons qui n’ont pas encore d’air libre. Plus que ton utérus porteur de vie et tes parties intimes vivifiantes, écoute-moi maintenant, aime ton cœur, car c’est le prix.
Quand la musique est un puissant vecteur de changement qui a le pouvoir d’éveiller la conscience et de rassembler autour de causes communes…
Les questions environnementales sont plus pressantes que jamais, et quand les décisions prises en haut-lieu concernant la protection de la nature, sont régulièrement revues à la baisse, voire même déniées par les industriels… Le « Projet BLEU VERT » vise à faire entendre la musique de nos préoccupations environnementales.
Le disque « Projet BLEU VERT » se compose d’une dizaine de duos et d’un poème de Paul Watson que j’ai mis en musique. Les chansons sont des reprises réorchestrées de titres enregistrées au fil des années, ainsi qu’une chanson inédite intitulée «Engagés volon-terre»
Réchauffement climatique, disparition des espèces, projets immobiliers inhumains, pollution des rivières, modifications transgéniques, la sélection des chansons s’est faite en fonction des thèmes abordant différentes questions qui nous semblent essentielles.
La pochette de l’album a été gracieusement dessinée par Michel Granger.
Partageant le même engagement citoyen face aux enjeux de la planète, dix artistes parmi mes amis ont accepté bénévolement de prêter leur voix en participant à cet album : Jean Louis Aubert, Cali, Kent, Angélique Kidjo, le duo Pur-sang, Yamée Couture, Yannick Noah, Réné Nunes, Papillon Paravel et Souleymane Diamanka.
Le disque LP sera fabriqué en Biovinyl qui possède la même qualité de son que le vinyle traditionnel mais qui respecte les principes de l’économie circulaire.
Une fois les frais de production et de promotion compensés, chaque €uro servira à la sensibilisation de l’écologie. Nous assurons que les profits qui seront générés par l’album « Projet BLEU VERT » seront reversés à la fédération « France Nature Environnement », créée en 1968 et reconnue d’utilité publique en 1976.
Partout en France, les membres de la fédération FNE s’engagent pour sensibiliser les citoyens, préserver des espaces naturels ou encore pour agir en justice face aux pollueurs. Elle rassemble, au sein de plus de 6000 associations, celles et ceux qui veulent défendre notre monde vivable. FNE en vidéo
Plus encore que les slogans volatiles, l’Art et l’émotion peuvent permettre de changer le regard qu’on porte sur les habitudes quotidiennes et le monde en général.
Merci d’avance à toutes celles et ceux qui aideront la diffusion de ce projet.
France Nature Environnement et moi-même espérons compter sur vous !
CharlElie COUTURE
Par la newsletter mensuelle de FNE à laquelle je suis abonnée, j'ai eu la chance d'écouter en intégralité et en avant-première cette chanson "engagé volon-terre" et je peux vous assurer qu'elle est finement écrite et formidablement accompagnée par René Nunes avec une belle musique brésilienne.
En voici quelques extraits dans un teaser publié sur la chaine Youtube de CharlElie.
CharlElie Couture ft. René Nunes ● TEASER Engagé Volon-Terre ● Projet BLEU VERT (2026)
Voici les paroles de cette magnifique chanson telles que je les ai comprises, elles sont entrecoupées de paroles brésiliennes que je n'ai pas reportées.
ENGAGE VOLON-TERRE - CharlElie Couture et René Nunes
Je suis bêtement toujours émue lorsque je reçois un courrier de la part de Lubomyr depuis Lviv en Ukraine, avec sur l'enveloppe de curieux sapins personnifiés pour Noël, mais aussi des pysanky sur les timbres qui ne manquent pas d'évoquer la décoration traditionnelle des oeufs de Pâques en Ukraine. Comme il faut environ deux mois pour que nos courriers nous parviennent respectivement, c'est plutôt bien vu de sa part.
J'apprécie particulièrement sa façon de travailler le carton ondulé, c'est la deuxième fois qu'il m'envoie une création ainsi peinte et sculptée à la fois, avec des matériaux toujours de récupération.
Mais cette fois-ci il y a un petit truc en plus, qui m'a fait très plaisir car j'ai trouvé au fond de l'enveloppe un petit mot tout en français, ce qui n'est pas facile pour quelqu'un qui ne pratique pas l'alphabet latin qui est le notre. Chapeau, Lubomyr!
Moi je n'ai pas été capable de lire le texte sur le verso de la carte postale jointe, encore moins les commentaires au recto de celle-ci, car tout en rédigé en cyrillique. J'y vois néanmoins un message d'espoir puisques les roses fleurissent à nouveau, même quand les vitres des fenêtres ont sauté et qu'il a fallu obturer cette ouverture.
Quoi qu'il en soit, je te remercie Lubomyr pour ce nouvel envoi, à mon tour de trouver un nouveau sujet pour te répondre, bientôt j'espère.
Voici un mail-art qui revient de loin... je l'ai retrouvé dans ma poubelle d'atelier entre deux feuillets d'un des tracts pour les prochaines élections, dont ma boite aux lettres est saturée ces temps-ci!
Si Pascal, son auteur ne s'était pas manifesté, je n'aurai pas été le chercher là, mais j'ai eu un gros doute lorsqu'il a insisté en s'étonnant de ne pas le voir arrivé chez moi.
Voici donc cette création miraculée désormais en ligne! Merci aussi Pascal pour les deux faux- timbres d'artiste d'une certaine Diana Halle dont tu m'as gratifiée. Et pardon pour ma méprise.