Blog d'art-postal, essentiellement textile , créé pour satisfaire toutes mes envies de couture, broderie, embellissement, collages et autres fantaisies... en les appliquant aux univers riches et variés induits par les timbres postaux. Il peut m'arriver d'y noter mes coups de coeur pour des expositions ou des artistes, sources d'inspiration ou d'émotions.
BIENVENUE!
Quand on se penche les soixante années de sa longue carrière, Agnès Varda est toujours prête à déclencher l'obturateur d'un appareil photo, à lancer le moteur d'une caméra et à imprimer sur la pellicule tout ce qui a fait le charme de ses films et documentaires : un regard extrêmement attentif à toutes les petites choses de la vie des gens ordinaires, de monsieur et de madame Tout le monde.
Quand ce fut l'ère du numérique, elle utilisa le camescope beaucoup plus maniable seule pour aller butiner, ou glaner des images fugitives, mais tellement précieuses sur des moments de vie des uns et des autres... et en profiter pour recycler les pellicules désormais obsolètes de ses films pour les transformer en installations en 3D, mais toujours avec un sens du cadre extraordinaire.
J'espère que Vincent a eu l'occasion de visualiser quelques unes de ses oeuvres et je lui souhaite une bonne réception de ce mail-art qui tente de résumer en quelques clichés tout l'itinéraire d'une femme artiste majeure.
Agnès dans ses trois vies : photographe, cinéaste et artiste visuelle : crédit photos Ciné-Tamaris
Quelle femme extrêmement moderne, féministe, engagée, joyeuse et même espiègle ce fut ! Outre son travail de photographe, de cinéaste (le plus connu) et d'artiste visuelle sur les 15 dernières années de sa vie, j'ai appris qu'elle avait été aussi parolières des chansons de son film L'une chante l'autre pas! Sacrée Agnès, tu nous étonneras toujours.
J'ai toujours été terriblement admirative de son oeuvre et aussi de sa personnalité : je n'arrive pas vraiment à réaliser qu'elle n'est plus parmi nous : pour moi Agnès était à la fois un oeil (pour son talent et sa curiosité insatiable) et un coeur (pour son humanité, son sens du partage, sa générosité).
Vous le savez tous, maintenant, je suis une inconditionnelle du cinéma d'Agnès Varda.
Dans toute sa filmographie, j'ai particulièrement aimé "Visages, villages", réalisé conjointement avec l'artiste photographe plasticien JR. C'est un joyeux road-trip où les deux protagonistes se titillent gentiment tout du long de leur cheminement, mais où l'amitié qui les lie est de plus en plus perceptible, malgré leur grande différence d'âge.
Le voyage pouvait se passer en train (copie du générique du film) ou Agnès Varda et JR circulaient dans le camion
Agnès Varda, JR Cine/Tamaris Social Animals
Tous les deux possèdent une qualité essentielle à mes yeux : ils sont extrêmement sensibles à l'humain, à l'éphémère aussi et savent capter des moments rares, de personnes ou d'évènements qui sont souvent "à la marge".
Le regard est la base de tout ce film car ils sont partis tout deux avec un sujet préparé au minimum pour chaque direction prise, puis ils se laissent guider par leur intuition une fois sur place : au finish c'est le seul fil du hasard qui leur a permis de faire de belles rencontres, avec des personnes qu'il est rare de voir ainsi mis en lumière (femme de mineur dans un coron où elle est la dernière à vivre, village de vacances abandonné avant sa livraison, femmes de dockers dans le port du Havre, chevrière, agriculteur suréquipé travaillant tout seul 800 hectares de terre, journée avec des ouvriers à l'usine, facteur...). C'est aussi une sorte de ballade dans la mémoire d'Agnès qui évoque des lieux, des personnes qu'elle a connu tout au long de sa longue et riche vie d'artiste.
3 femmes de dockers, dans le port du Havre / Jeanine, la dernière habitante d'un coron dans le nord de la France
deux photos extraites du livret de presse édité à l'occasion de la sortie du film Visages Villages droit Ciné-Tamaris
Je dédie ce mail-art à mon amie belge, une compatriote donc d'Agnès : ici figure entre autres le portrait en très grand d''un facteur vauclusien, du village de Bonnieux qui venait de prendre sa retraite au moment du tournage, après 33 ans de bons et loyaux services dans le département. Il y a aussi Jeannine, la dernière femme de mineur que les autorités pressent de quitter son coron voué à la démolition et qui refuse l'effacement total d'une tranche d'histoire capitale pour les gens du Nord.
J'ai fait ce choix car Agnès aimait aussi les courriers artistiques et vouait une grande admiration aux facteurs, comme mon amie Michele, dont une partie de la famille a travaillé dans les mines en Belgique.
3 femmes de dockers, dans le port du Havre / Jeanine, la dernière habitante d'un coron dans le nord de la France le facteur de Bonnieux, trois photos extraites du livret de presse édité à l'occasion de la sortie du film Visages Villages droit Ciné-Tamaris
à gauche, une photo de ce qui reste de la photo dans le village de Bonnieux - Volets fermés(https://www.sunwhere.fr/2015/07/luberon-jr-varda.html)au milieu et à droite : se faire une idée de l'échelle de ces photos immenses réalisées par JR - extrait du film Visages Villages, droit des photos Ciné-Tamaris
Chère Michele, je te souhaite une bonne réception de ce mail-art hommage à deux artistes complémentaires que je sais que nous apprécions toutes les deux.
*** à propos du film Visages Villages ***
Agnès Varda parle de son film Visages Villages réalisé avec JR - publié sur la chaine Youtube de Télérama
Vous le savez déjà, l'artiste Agnès Varda est quelqu'un d'important pour moi, d'ailleurs je n'arrive toujours pas à parler d'elle au passé. Si je connais beaucoup moins son oeuvre de photographe dans la première partie de sa vie d'artiste, j'aime infiniment son oeuvre cinématographique et ce qu'elle fit ensuite en tant qu'artiste visuelle.
Aujourd'hui c'est sous sa facette de glaneuse que j'aime à vous la présenter : elle a toujours eu l'oeil pour aller chercher avec une très grande empathie des trésors dans la vie des petites gens, ceux qui sont à la marge ; elle a eu du génie pour en faire ressortir tout ce qui ne brille pas, n'est pas instagramable, mais qui est terriblement proche de tout ce qui fait notre humanité, ce qui la rend si attachante.
Le cinéma était souvent pour elle un moment de découverte, de communion parfois, avec les gens. Elle l’avait prouvé en 2000 avec son film Les Glaneurs et la Glaneuse. Une plongée dans la vie de personnes démunies, récupérant dans les champs et sur les marchés les légumes abîmés ou invendus. « Dans ce monde de surconsommation, je voulais rencontrer ceux qui mangent ce que nous jetons. » Elle en avait gardé une sorte de passion artistique pour les vieilles pommes de terre. « Surtout celles en forme de cœur. Cela m’a voulu le surnom de Madame patate », s’amusait-elle.
C’est en 2000 que l’attachement d’Agnès Varda pour la patate, et tous les symboles qu’elle charrie avec elle, est dévoilé au public. Dans son documentaire Les Glaneurs et la Glaneuse, elle s’épanchait longuement sur les propriétés, les particularités et les pouvoirs de la pomme de terre, en retraçant le quotidien de ceux qui récupèrent, collectent, recyclent et redonnent vie aux objets et aliments dont on ne veut plus.
Sur un fond de récoltes de pomme de terres en plein champ, une photo d'Agnès déguisée en patate lors de l'exposition
« Y’a pas que la mer » au musée Paul Valéry de Sète le 24 novembre 2011ainsi qu'une autre photo où le visage d'Agnès est intégralement cerné de pommes de terre : affiche de l'exposition Patatutopia à Bruxelles - crédits photos : Ciné-Tamaris
Ce mail-art est destiné à l'Etre anonyme car je pense qu'elle n'est pas passée à côté de cette femme engagée, généreuse et tellement proche des petites gens, Elle était écolo avant qu'on parle de récupération et de recyclage, habituée toute sa vie à bricoler avec des moyens limités pour ses créations. Bonne réception.
Vidéo publiée sur Youtube par Le Blob
À l'occasion de son installation artistique présentée dans l'espace Science Actualités à la Cité des sciences et de l'industrie, dans le cadre d'une enquête sur la pomme de terre (jusqu'en avril 2017), la cinéaste Agnès Varda raconte la genèse de son travail autour de ce tubercule entamé lors du tournage de son documentaire « Les glaneurs et la glaneuse ».
"Patatutopia"
Ainsi est née sa passion, sinon son obsession, pour le tubercule, qui l’a amenée à stocker dans sa cave des tonnes de patates, trouvées, achetées ou envoyées par des agriculteurs de la France entière et vouées à être filmées et photographiées. Nombre d’entre elles se présentaient sous forme de cœur. Non pas par hasard, mais bien en référence à son documentaire, unanimement salué par la critique et le public.
Deux ans plus tard, c’était habillée d’un costume de patate en résine qu’elle se présentera à la cinquantième Biennale de Venise pour y présenter son exposition désormais culte "Patatutopia" : un parterre de 700 kg de pommes de terre récoltés au cours de l’année précédente accompagné d’images et de vidéos à l’honneur du tubercule. C’était sa toute première exposition, mais loin d’être la dernière. "Patatutopia" célèbre leur résistance. C’est utopie de penser que, parmi les légumes et les fruits, elles sont modestes et pourtant les plus belles et les plus vivantes du monde”, disait-elle.
On se souviendra d’Agnès Varda sur les routes et plages de France, d’Agnès Varda au Festival de Cannes, d’Agnès Varda à Los Angeles. Mais il ne faudra jamais oublier l’Agnès Varda des patates-cœurs, jamais lassée de regarder germer, vieillir et renaître (“vivre”) ses précieux tubercules.
Je vous en ai déjà parlé au fil des années sur ce blog c'est vrai ; la regrettée Agnès Varda est une femme artiste et féministe dont l'oeuvre m'a toujours beaucoup touchée.
L'édition récente d'un timbre paru pour le 5e anniversaire de sa disparition a déclenché l'envie chez moi de créer une petite série afin de remettre en lumière ce qui me plait tant chez elle : sa modernité, sa belle humanité, son combat auprès des femmes, sa curiosité insatiable des autres, surtout ceux qui ne comptent pas, ceux qui sont "à la marge" comme elle le disait, sa générosité et son envie de témoigner et de partager ces instantanés de vie saisis dans son objectif, son éclectisme, son obstination à suivre la route qu'elle s'était tracée et l'autonomie dont elle a toujours fait preuve, même si cela lui a nui pour trouver des financements, son non- conformisme, son espièglerie, son humour,...
le timbre conçu en son honneur est illustré par une photographie réalisée par Didier Doussin.
On y voit Agnès Varda, accompagnée de son chat, Zgougou, symbolisant son approche personnelle et intime.Autour de la feuille de timbres, les titres de ses films les plus marquants encadrent son portrait, offrant ainsi un panorama de son œuvre cinématographique
Pour introduire cette mini-série, je vous offre la chanson de Vincent Delerm : voici comment le chanteur revient sur les pas de la cinéaste et célèbre sa personnalité généreuse.
Dans Les Plages d’Agnès, Agnès Varda revenait sur les rivages de sa jeunesse en empruntant les bords de mer qui ont marqué sa vie et ses œuvres – le littoral californien, les côtes de Sète ou l’île de Noirmoutier. Dans sa dernière chanson, Vie Varda, Vincent Delerm rend hommage à ce goût de la réalisatrice pour les périples maritimes. Parsemé de clins d’œil à son documentaire autobiographique -une chaise longue solitaire renversée sur la plage, des chemins étroits et des dunes de sable que le chanteur parcourt comme pour suivre les pas de la cinéaste, le clip convoque en creux sa présence dans de petits détails. Une chanson en forme d’hommage qui célèbre aussi, au-delà de son oeuvre, la personnalité généreuse d’Agnès Varda
Vie Varda - vidéo officielle sur la chaine Youtube de Vincent Delerm
Comme cela me fait plaisir de revenir à ce thème de la culture aborigène et de l'Australie, qui n'est pas franchement leader sur ce blog : c'est normal, cela ne parle pas forcément à tout le monde, la vie des peuples premiers et leur art sont assez loin de nous géographiquement.
Cet art là n'a pas échappé à France qui m'a déjà gratifiée de plusieurs mail-arts sur le sujet que j'accueille toujours avec beaucoup de plaisir. Ma correspondante a réalisé un fond marin particulièrement élaboré avec du tissu peint en bleu et des points de colle espacés qui laissent à penser qu'il y a du mouvement ou tout au moins des bulles... c'est du plus bel effet, bravoFrance, je te remercie infiniment pour cette jolie composition associé à un timbre sur les écailles d'un poisson, évidemment, parfait combo, merci beaucoup. Bel automne à toi.
Le voyage culturel se poursuit avec Vincent pour une découverte cette fois-ci d'une boite de nuit parisienne mythique, je veux parler de la cave du Tabou, à Saint-Germain des Près. C'était le lieu principalement fréquenté par Boris Vian et par Juliette Gréco, notre "Jujube" comme elle se faisait appeler à l'époque.
"Imagine une bande de jeunes dans les années 40, en pleine occupation allemande qui défient le sérieux et la guerre avec des costumes colorés et du swing dans les oreilles : les zazous, c'était plus qu'un style, c'était un air de liberté, une révolte joyeuse contre la grisaille" m'explique Vincent.
Merci beaucoup de ce mail-art, Vincent, toujours très instructif : je ne connaissais pas bien l'importance que ce mouvement représentait pour la société de l'époque, mais en fait, ils ont été des pionniers comme j'ai pu le retracer ci-après :
Source : une émission de Radio France - Marie Mougin du 1er novembre 2018
un zazou typique des années 40 - jnl
Ils détonnent dans les rues : s’habillent de façon excentrique, arborent un mode de vie festif… tout pour déplaire à la France Occupée et au régime de Vichy ! Ce sont les “zazous” qui sont apparus aussi subitement qu’ils ont disparu à La Libération… Une génération précurseuse de la “culture jeune” ?
En 1940, la France est occupée par l’Allemagne nazie et toute la vie artistique foisonnante des années 1920 et 1930 (les années folles) est enterrée… Dans cette France grisonnante, de jeunes feux follets émergent : les « zazous » ! Des esprits libres, qui revendiquent une vie artistique trépidante en période de récession et surtout des goûts culturels en contradiction avec la morale vichyssoise... C'est la contre-culture zazou !
Du jazz au pantalon : les zazous
Ils se donnent un air british : parlent français avec un accent anglais, se promènent toujours avec un parapluie qu'ils n'ouvrent jamais, se font des coiffures excentriques, sont férus de mode anglo-saxonne, ne jurent que par le jazz et passent leur temps dans les cafés... Les zazous sont la figure de l'anti-conformisme dans les années 1940. Ils font un pied de nez à la politique du rationnement en portant des vêtements beaucoup trop longs, alors que le tissu et le cuir étaient drastiquement rationnés. Ils portent les cheveux longs, alors que le régime de Vichy demande aux Français de porter les cheveux courts pour récupérer les cheveux coupés chez les coiffeurs, qui deviennent la matière première pour la fabrication de pantoufles...
Dans la rue, dans les cafés, dans les foires, sur les marchés... dans tout l'espace public, les zazous représentent une résistance visible aux yeux de l'ennemi, que ce soit l'Allemagne nazie ou le régime de Vichy. Alors que le temps est à la privation, ils détonnent par leur mode de vie flamboyant et festif et leur style vestimentaire sophistiqué et excentrique.
Gérard de Cortanze, écrivain, essayiste, et auteur de Zazous (Albin Michel, 2016) : Les zazous sont des pré-yéyés en quelque sorte, avec les nazis en plus et la consommation en moins. Ils ont un regard très particulier sur cette époque. Ce sont des excentriques, et l’excentricité commence par une différenciation liée aux vêtements. C'est une mode qui est "contre". Ils sont "contre". L'époque est aux tissus tristes alors ils vont utiliser des tissus colorés. L'époque est aux formes amples alors les jeunes filles zazous vont mettre des vêtements moulants.
Ils se retrouvent au Quartier Latin, au Café de Flore, aux Deux-Magots, à la brasserie Lipp mais aussi et surtout dans clubs : le Tabou, le club de la Rose Rouge, et toutes sortes de caves où l'on pouvait entendre du jazz et danser ! Car les zazous sont aussi liés à l’émergence du free jazz. Ce nouveau style musical est déjà très décrié car il casse les codes du jazz. Mais de plus, le fait qu'il soit plébiscité par un public aux habitudes vestimentaires peu orthodoxes n'aide pas...
Henri Szwarc, avocat d'origine juive polonaise (1897-1944) :
C’était une mode vestimentaire et une façon de se coiffer allant tout à fait à l’encontre de ce que préconisait Vichy. C’était une façon de résister à l’endoctrinement, à l’esprit de collaboration, au « retour à la terre » et « travail, famille, patrie ». Les zazous aimaient la musique nègre et étaient animés de « l’esprit de jouissance » qui « nous avait fait perdre la guerre » !
Quand la mode est politique...
Nonchalants, insouciants... les zazous sont bien vite catalogués "insolents". Les générations plus anciennes les voient comme de jeunes âmes insaisissables complètement dépolitisées et déconnectées de la dure réalité de la guerre et de l'Occupation. Pourtant, c'est tout le contraire, avec leurs vêtements et leur mode de vie, ils se positionnent directement en rejet de tout ce que le gouvernement peut insuffler : les mesures, les interdictions et la morale.
C'est un véritablement mouvement de contre-culture :
il porte en lui une perception du monde particulière, une opinion politique, il instaure des normes et des codes identitaires reconnaissables.
Les zazous répondent avec légèreté et autodérision à l'ordre social et moral du régime de Vichy... C'est un véritable militantisme déguisé. Ils ont même l'audace d'arborer des étoiles jaunes marquées "zazou», «swing» ou «goy» ("non-juif" en hébreu) par défi !
Cette résistance ne passe évidemment pas inaperçue et les zazous se retrouvent même avec une très mauvaise presse dans les médias. Exemple en 1944, avec le journal régional Le Petit Troyen :N’est-il pas révoltant de voir de jeunes pitres efféminés se trémousser à longueur de journée dans les bars clandestins ou flâner sur les boulevards de la capitale, alors que seule la classe ouvrière doit supporter le poids des sacrifices consentis par notre pays pour écraser le Bolchevisme ?
La répression contre les zazous ne tarde pas, et quand ce ne sont pas les forces de l'ordre qui les pourchassent, ce sont les Jeunesses Populaires Françaises, un mouvement de jeunes fascistes qui s'attaquaient aux esprits libres et aux juifs. Ils ont comme slogan contre ces chevelus de zazous « Scalpez-les tous ! » et organisent des rafles, des expéditions punitives, ou les attendent à la sortie de leurs bars préférés pour les passer à tabac.
Les zazous jusqu'en Angleterre et en Russie
Curieusement, au même moment où la France voit fleurir des zazous, d'autres pays d'Europe touchés par la guerre voient éclore des mouvements juvéniles libres...
L'Angleterre a ses « néo-édouardiens » qui cherchent à faire renaître le faste, l'élégance et le raffinement des gentlemen du XIXe siècle, sous le règle d'Edouard VII. Eux aussi se distinguent par leur style vestimentaire : pantalons étroits, gilets, manteaux Chesterfield cintrés, cols de velours, chapeaux melon, parapluie... et par leurs goûts, rejetant en bloc l'invasion des modes américaines.
Une « culture jeune » initialement réservée aux fortunes de la classe aisée, mais qui réussit à investir progressivement les strates plus modestes de la jeunesse avec l'apparition des « teddy boys » – Teddy étant un surnom familier d'Edouard VII. Ils bricolent les codes vestimentaires de l'upper-class « néo-édouardienne » à coups de pantalons étroits toujours, vestes droites et longues à quatre boutons, gilets et cravate.
Parallèlement, en URSS, les « stiljagi » – terme péjoratif formé à partir du mot « style » – résistent à l'austérité communiste à coups de pantalons très étroits et d'autres vêtements aux coupes originales et aux couleurs bariolées. Ils cherchent à se distinguer de leurs pairs qui vivent sous le régime communiste de rigueur, écoutent de la musique occidentale, majoritairement du jazz, dansent de manière « occidentale » – soit de manière libre, sans répéter les chorégraphies des danses traditionnelles russes et slaves. Et évidement ils sont eux-aussi stigmatisés dans la société et considérés comme des parasites sociaux.
Un mouvement pionnier dans la contre-culture jeune
Finalement, en remettant en cause l'ordre social et moral, les valeurs établies par le régime, auxquelles se conforment les générations supérieures, la jeunesse zazou remet aussi en cause la suprématie parentale. Et c'est ainsi que l'autorité des anciens décline. La jeunesse, en tous cas zazou, se développe comme une entité autonome, qui se distingue des adultes par ses goûts et ses habitudes : le swing, le jazz, les bals clandestins.
Ils cherchent tellement à se différencier de leurs aînés qu'ils forment une jeunesse porteuse d'idéaux réfractaires et d'une culture à part entière. Pour le sociologue Jacques Goguen, spécialiste des mouvements de mode des jeunes : que ce soit musicalement parlant, vestimentairement parlant ou de manière plus globale, artistiquement ou culturellement... chaque mouvance culturelle jeune qui fut, a pu exister grâce aux zazous.
Après la Libération le mouvement zazou s'évapora soudainement, signe qu'ils rejetaient simplement le diktat des goûts et des valeurs de l'époque, qu'ils assimilaient à un conformisme et à une forme de collaboration avec l'ennemi. Mais ils ont tracé le premier sillon et sont véritablement les précurseurs de la « culture jeune ».
Et pour sourire j'en termine avec la chanson délirante de Brigitte Fontaine et de M :
Clip de la chanson Y a des zazous de Brigitte Fontaine et M
publié sur la chaine Youtube 100% Chanson Française
Y a des zazous
Jusqu'ici sur terre, un homme pouvait être
Blanc ou noir, ou rouge, ou jaune et puis c'est tout
Mais une autre race, est en train d'apparaître :
C'est les zazous, c'est les zazous !
Un faux col qui monte jusqu'aux amygdales,
Avec un veston qui descend jusqu'aux g'noux
Les cheveux coupés jusqu'à l'épine dorsale :
Voilà l'zazou, voilà l'zazou !
Y a des zazous dans mon quartier
Moi, j'suis déjà à moitié ;
Un de ces jours à votre tour
Vous serez tous zazous comme eux
Car le zazou, c'est contagieux
Ca commenc' par un tremblement
Qui vous prend soudain brusquement
Et puis on pouss' des hurlements
Ah ! wa da la di dou da di dou la wa wa !
Si vous rencontrez un jour sur votr' passage,
Un particulier coiffé d'un fromag' mou
Tenant dans ses doigts, un poisson dans un' cage :
C'est un zazou ! c'est un zazou !
Si votre épicier vous dit : " j'ai du gruyère
Mais malheureus'ment il n'reste que les trous "
Ne supposez pas qu'il fuit de la caf'tière :
Il est zazou, il est zazou !
Y a des zazous dans mon quartier
Moi, je l'suis déjà à moitié :
Un de ces jours ça vous prendra
Ah ! wa da la di dou da di dou la wa wa !
A son futur gendre, avant-hier ma concierge
Disait : " voyez ma fille est un bijou "
Elle est encore mieux, que si elle était vierge !
Elle est zazou ! elle est zazou !
En prenant le train, j'ai vu le chef de gare
Qui m'a dit mon cher, j'suis plus cocu du tout
Je suis quelque chose de beaucoup plus rare
Je suis zazou, je suis zazou !
Y a des zazous dans mon quartier
Moi, je l'suis déjà à moitié
Un de ces jours ça vous prendra
Ah ! wa da la di dou da di dou la wa wa !
A la société, devant payer sa dette
D'vant la guillotine, Gégène a dit :"j'm'en fous "
Pour son anniversaire je voulais faire un petit coucou à Marie qui n'a plus guère le temps de faire de l'art postal. Je sais néanmoins à quel point elle aime la Bretagne, son littoral, ses embruns, ses couleurs, enfin tout ce qui fait qu'on aime cette région tellement attachante.
J'ai choisi une scène de récolte du goémon à la main, ramené ensuite sur une charrette tirée par un cheval en partant d'un cliché pris par le photographe Louis Bourdon, amoureux de la Bretagne lui aussi.
Goémoniers de Plougerneau - photographie de Mr Louis Bourdon fond passé au pastel sec puis dentelle et rajout d'un morceau d'algue sèche
A cette époque là, les paysans faisaient bruler les algues sèches directement dans des fours pour obtenir de la soude.
Maintenant l'exploitation des algues se fait à grande échelle et avec d'autres moyens techniques, car elles sont utilisées dans beaucoup de domaines comme la gastronomie, la recherche médicale, et même dans la cosmétique. Et ce sont des bateaux appelés eux-aussi des goémoniers, une flotte toute particulière qui s'occupe d'extraire les algues au moyen d'une sorte de scoubidou métallique destiné à les agripper pour les ramener à bord.
Dans les deux reportages ci-dessous, on emploie clairement le verbe "arracher" pour qualifier l'action du scoubidou ou du peigne norvégien, les deux outils utilisés pour la récolte des algues bretonnes. Dans ces conditions, comment peut on espérer que cette exploitation pourra être pérennisée, si leurs souches mêmes sont détruites,
Goémoniers, les champs d'algue du Finistère - Vidéo Youtube du moulin à images
Le goémon, aujourd'hui - Vidéo Youtube du moulin à images
*** Louis Bourdon, photographe ***
Je suis tombée en arrêt sur les magnifiques photos de la Bretagne qu'a pris Louis Bourdon , je trouve que la lumière y est vraiment extraordinaire. Je vous mets un lien sur son site, pour que vous vous en régaliez vous aussi, d'ailleurs il ne fait pas que des photos de Bretagne, le reste vaut également le coup d'oeil.
Plus que de l'art postal, ce que j'ai reçu aujourd'hui c'est du cadeau postal et posté, sur les facteurs et les factrices d'antan, de la part de Nicole qui me gâte beaucoup.
Il y avait plein de choses à l'intérieur, évidemment, en commençant par une enveloppe bleue ornée d'un morceau de tissu ethnique d'un bleu profond (peut-être indien) et à l'intérieur une carte d'un facteur en vélo à sonnette, tamponné de la journée du Timbre de Rochefort.
Vient ensuite de la documentation postale, avec des copies de cartes postales anciennes de facteurs faisant leur tournée en carriole tirée par un chien ou juché sur des échasses, en Chalosse, dans les Landes...
puis la copie de pages de livres sur l'histoire de la carte postale au moment de la première guerre mondiale et celle de l'arrivée des femmes en 1880 dans les bureaux de la Poste à Paris (tirées d'un livre "Il était une fois la Poste").
Et comme si cela ne suffisait pas, il y avait un superbe livre "Zoom" pour les enfants (mais aussi plaisant pour les adultes) : , pour éduquer le regard et vérifier que selon l'angle où l'on se place pour regarder on peut voir des choses différentes, en changeant d'échelle. C'était cela la cerise sur le gateau justifiant le colis, quelle belle surprise et quelle gentille attention.
Il y avait déjà quelque temps que j'avais reçu un éléphant et Isabelle me comble aujourd'hui avec ce superbe mâle, photographié en noir et blanc se détachant sur un ciel d'Afrique très nuageux, le tout joliment inséré dans un cadre gris découpé et orné d'un liseré rose. C'est du plus bel effet.
C'est vraiment sympa Isabelle de m'adresser un nouveau mail-art en remplacement de celui que je n'ai pas reçu, qui plus est avec un très beau timbre de l'ancienne Haute-Volta maintenant Burkina-Faso. C'est une composition à la fois sobre et raffinée, comme je les aime où l'animal est superbe sans qu'il soit besoin d'en rajouter. Merci infiniment et belle continuation à toi.
La Poste vient d'éditer un timbre en l'honneur de Lucy, notre ancêtre australopithèque révélée au monde il y a déjà 50 ans. A l'époque l'étude des restes de son squelette conservé à 40 %, avec 52 fragments osseux a permis de faire progresser notre connaissance sur les hominidés qui nous ont précédé sur la Terre.
La paléontologie est un domaine passionnant aussi je profite de cette occasion pour reparler ici un peu de l'évolution d'Homo Sapiens telle qu'on a pu la reconstituer à date.
Dans d’anciens manuels de cours, dans la presse, sur internet, une image est souvent utilisée pour représenter l’évolution de l’homme, elle est totalement erronée, car elle montre (de la gauche vers la droite) un singe courbé qui avance vers la droite en se redressant et s’humanisant pour « finir » en un Homo sapiens bien redressé…
ceci est une FAUSSE interprétation de l'évolution de l'homme
Cette image, banalisée, est en fait pleine de sous-entendus et induit en erreur le commun des mortels. Elle est d’autant plus dangereuse qu’en plus de véhiculer une idée erronée des principes de l’évolution humaine, elle est simple à comprendre et à retenir.
***
Sur la voie d’Homo Sapiens
The Early Man paru aux éditions Time-Life en 1936.
Voici le texte d’origine qui présentait l’image :
Quelles ont été les étapes de ce long cheminement qui a conduit nos ancêtres, encore voisins des singés anthropomorphes, jusqu’à l’Homo sapiens? Le tableau ci-contre qui commence en bas et à droite de cette page et se poursuit sur les quatre pages suivantes, fait apparaître les bornes qui jalonnent l’évolution des primates et de l’Homme, d’après les documents fossiles fragmentaires que les savants d’aujourd’hui ont pu rassembler. C’est une histoire instructive parce qu’elle nous révèle l’existence d’êtres qui sont maintenant disparus. De plus, elle illustre de façon imagée que l’on peut apprendre beaucoup à partir de documents au premier abord insignifiants. Par exemple, ces quelques ossements, apparemment pêle-mêle, à gauche, peuvent donner une idée tout à fait précise de la façon dont marchait Australopithecus, ce bipède qui apparaît à l’aurore de l’humanité.
Beaucoup des reconstitutions de ce tableau ont été faites d’après des restes encore plus fragmentaires : une mâchoire, quelques dents parfois; les ombres blanches indiquent précisément les ossements qui leur ont servi de base.
Ces reconstitutions sont donc en partie hypothétiques, mais même si des découvertes ultérieures imposaient des changements, elles auraient atteint leur but en montrant ce que pouvait être l’aspect de ces primates disparus. On peut voir à quelle époque ils vécurent d’après l’échelle chronologique figurée en haut de la page, bleue pour les ancêtres des singes anthropomorphes, rouge et violette pour les Hominidés, y compris les premiers représentants du genre Homo, verte pour Homo sapiens. Les interruptions dans les bandes correspondent à l’extinction de la lignée ou à des lacunes dans les documents fossiles. Bien que les «ancêtres des singes anthropomorphes» aient été quadrupèdes, tous sont ici figurés debout, pour faciliter la comparaison.
Et fort intéressant pour s'imaginer le foisonnement des différents types d'homénidés aujourd'hui recensés, voici un tableau toujours provisoire, susceptible de compléments au fil des découvertes.
Schéma Copyright Neekoo pour Hominides.com Versions 2012,2017, 2022
D’après des graphiques modifiés de Pascal Picq (Les origines de l’homme et Au commencement était l’homme), Jean-Jacques Hublin ( Quand d’autres hommes peuplaient la terre), D. Grimaud-Hervé (Histoires d’Ancêtres 2015).
Extrait d'articles visible sur le site Hominides.com avec les remerciements pour leur participation Yvette Deloison, Antoine Balzeau, François Marchal et Jean-Luc-Voisin.
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Les Racines de l'Humanité- Traces et héritages des hominidés dans l'évolution d'homo sapiens
par Zouhaïr Ben Amor
Depuis plus de six millions d'années, une multitude d'espèces d'hominidés ont peuplé notre planète, comme en témoignent les fossiles découverts par les scientifiques. Ces espèces, appartenant à des lignées diverses, ont toutes contribué à l'arbre généalogique complexe de l'humanité. Aujourd'hui, Homo sapiens est la seule espèce d'hominidé survivante, mais notre existence actuelle porte en elle les héritages biologiques, culturels et technologiques de nos ancêtres lointains, tels que les Australopithèques, Homo erectus, Homo habilis, et les Néandertaliens.
La Poste française vient d'émettre un timbre en l'honneur de notre très lointaine cousine ou grand-tante, Lucy, ce petit bout de femme exhumé des collines de l’Afar ; je m'en souviens très bien encore même si cela fait déjà 50 ans que nous avons appris cette découverte essentielle pour les scientifiques, qui a permis de mieux connaître l'évolution du genre humain. Aujourd'hui encore, je ressens toujours beaucoup d'émotions quand je pense à elle et à ceux qui l'ont découverte, peut-être parce que c'était une femme?
Titre: Diorama of Australopithecus afarensis ("Lucy")
Droits: Cette image a été obtenue auprès de la Smithsonian Institution.
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Crédit photo: Chip Clark, Smithsonian Institution Muséum national d'histoire naturelle
Lucy In The sky :
C'est en 1974 que le fossile de l'australopithèque fut découvert en Ethiopie par une équipe de recherche internationale qui incluait les Français Yves Coppens (paléontologue) et Maurice Taieb (géographe), les américains Donald Johanson (paléoanthropologue) et Tom Gray étudiant en paléontologie . Au moment de leurs fouilles, les paléontologues et archéologues écoutent la radio et entendent en boucle la chanson des Beatles "Lucy in The Sky with Diamonds". Lors de leur découverte majeure pour la science et pour l'humanité, ils décident de baptiser ce fossile de 52 fragments d'os par le nom de la chanson du groupe anglais. Lucy, notre ancêtre à tous, sort de terre et se hisse tout en haut du ciel.
Lucy constitue le premier fossile relativement complet (conservé à 40 %, avec 52 fragments osseux) qui ait été découvert pour une période aussi ancienne, et a révolutionné notre perception des origines humaines, en démontrant que l’acquisition de la bipédie datait d'au moins 3,2 millions d’années, et avait largement précédé le processus d'accroissement du volume endocrânien d'une australopithèque datant de 3,18 millions d'années.
L'australopithèque Lucy, n'est probablement pas un ancêtre direct des humains d'aujourd'hui. Une étude précise de son squelette montre qu'il s'agit plutôt d'une tante ou d'une vieille cousine.
Lucy n’aura jamais aussi mal porté son nom. L’australopithèque a lourdement chuté du haut d’un arbre. C’est en heurtant le sol que notre ancêtre a perdu la vie. Après quatre décennies de doute sur le sujet, une équipe américaine tranche en faveur de cette hypothèse dans la revue Nature. John Kappelman et ses collègues résolvent au passage l’un des éléments les plus débattus : le premier hominien évoluait bien dans les arbres.
Le fossile de Lucy, découvert dans la région d’Afar en Ethiopie, recèle encore de nombreux secrets. L’équipe de Texans a aidé à en élucider au moins un. Lors d’un passage aux Etats-Unis, le squelette a été photographié sous tous ses angles à l’aide d’un scanner à hautes performances. Un intérêt justifié : « C’est un des squelettes le plus complets; à ce titre, elle nous a fourni beaucoup d’éléments sur les premiers hommes », rappelle John Kappelman.
Les pieds en premier :
Les clichés ont révélé des éléments sur la vie de Lucy… mais aussi sur sa mort pour le moins brutale. Comme pour tous les fossiles, trois millions d’années d’exposition aux éléments ont laissé des traces. Mais certaines sont évocatrices de blessures survenues du vivant de l’australopithèque la plus célèbre du monde.
Une a particulièrement attiré l’attention des chercheurs, au niveau de l’humérus. Elle porte des signes de compression mais les fragments sont restés attachés au corps. « Cela suggère que l’enveloppe de l’os et la capsule articulaire étaient intactes au moment de la blessure », analyse John Kappelman. L’absence de cicatrisation corrobore cette hypothèse.
Lucy serait donc tombée d’une hauteur de 12 mètres, à une vitesse d’environ 60 km/heure. L’emplacement des fractures semble le confirmer : pied, hanche, côtes, épaules et mandibule sont blessés. « Elle a probablement atterri les pieds en premier. Les blessures que nous observons aux genoux suggèrent que son corps a vrillé sur la droite », raconte John Kappelman.
Source : Kappelman nature
Bipède et arboricole : Consciente au moment de sa chute, Lucy a tout fait pour amortir le choc avec ses bras. Mais à 60 km/heures, difficile d’atténuer l’impact sur les organes internes. « La mort a suivi très rapidement », résume John Kappelman. Le co-directeur de la mission qui a découvert l’australopithèque, Yves Coppens, n’y trouve rien à redire.
Lucy était donc bipède et arboricole : ces travaux le confirment alors que l’hypothèse était débattue depuis sa découverte. Comme les singes actuels, elle se serait abritée dans les arbres la nuit, pour échapper aux prédateurs. Mais le fait même d’être devenue bipède semble avoir handicapé notre ancêtre et ses congénères. Moins habile dans les arbres, du fait même de cette évolution, elle aurait été plus sujette aux chutes. source : https://esperanzavaroblog.wordpress.com/2019/01/28/lucy/
Mannequin reproduisant Lucy en pied (Gianni Dagli Orti / The Art Archive / The Picture Desk)
Longtemps considérée comme une espèce à l’origine de la lignée humaine, Australopithecus afarensis est aujourd'hui interprétée comme une espèce cousine du genre Homo. Lucy avait 25 ans quand elle décédée.
vidéo Culture Prime publiée par Arts Télévisés Français
*** L'émotion des chercheurs au jour de la découverte le 24 novembre 1974 ***
C’est un véritable cri de joie et d’excitation qui s’échappe, ce matin du dimanche 24 novembre 1974, dans les collines éthiopiennes de Hadar, de la bouche de l’étudiant en paléontologie américain Tom Gray. Alertés, ses collègues de la mission franco-américaine de l’Afar (International Afar Research Expedition) accourent, en prenant soin de ne pas fouler du pied quelque fossile hominidé… et restent bouche bée devant le spectacle qui s’offre à eux.
Maurice Taïeb, géologue français en poste au laboratoire CEREGE d’Aix-en-Provence à l'époque et qui avait repéré quelques années auparavant le potentiel fossilifère exceptionnel de cette région, d’environ 80 kilomètres carrés, située au nord-ouest de l’Ethiopie, à l’ouest de la dépression de la Rift Valley, se souvient de ces premiers instants : « Au centre d’un rectangle de dix mètres sur deux, à ciel ouvert et dégagé par des eaux de ruissellement, des dizaines de côtes et de vertèbres affleuraient, serrées les unes contre les autres, préfigurant le squelette presque complet qui serait ensuite reconstitué par mon collègue américain Donald Johanson. C’était un spectacle très émouvant, inoubliable ».