20 février 2026

Angela Davis, professeure, féministe, noire et combattante, pour la Médiathèque de Montigny-en-Gohelle

L'appel à mail-art lancé par la Médiathèque La Boussole de Montigny-en-Gohelle sur la voix des femmes qui nous inspirent me donne l'occasion de consacrer un article à l'une d'entre elles,  dont j'ai toujours suivi le parcours depuis mon adolescence : il s'agit d'Angela Davis.

Bien évidemment je me suis servie de dentelle noire ancienne pour simuler sa coupe Afro de l'époque si reconnaissable

Voici comment cela a commencé : Le 7 août 1970, une tentative de libération d’un membre du Black Panther Party se conclut par la mort d’un juge. Angela Davis, une enseignante communiste et noire de l’université de San Diego qui est accusée d’avoir fourni les armes, est en cavale. Rattrapée par le FBI, elle est accusée dans un procès qui peu lui valoir la peine de mort. Fleurissent alors des banderoles « Free Angela » sur toute la planète.

Comme beaucoup d'autres personnes en France, c'est à ce moment là que j'ai entendu parler d'elle pour la première fois. Nous étions au début des années 1970, j'avais 15 ans : j'ai  longtemps arboré le badge "Free Angela",  d'ailleurs 56 ans plus tard, ce badge est toujours en ma possession. 

Avec l'immense élan populaire que cette injuste incarcération puis ce procès soulevèrent, Angela est devenue une icône internationale sans l'avoir voulu,  au point qu’aujourd’hui encore on trouve sa silhouette d’alors, avec sa coiffure afro restée célèbre,  sur de nombreux murs où les street-artistes du monde entier l'ont taggée.  

   
Street-art à Blois, à Berlin, à Oakland

J'ai toujours été extrêmement touchée par la cause de cette femme injustement accusée parce que femme, noire, communiste et professeure se battant pour les droits civiques des afro-américains. Au fil du temps où je suivais de loin en loin son parcours, je l'ai toujours trouvée inspirante par son courage et sa détermination, toujours profondément militante et engagée, fidèle aux  nombreux combats qu'elle mène sans faillir, à maintenant 82 ans. 

Née le 26 janvier 1944 à Birmingham dans l'état de l'Alabama, au cœur de l’Amérique ségrégationniste, Angela Davis a fait de sa vie une école de résistance. Philosophe marxiste, militante du Black Power et féministe avant l’heure, elle a connu la cavale, la prison, la gloire et l’exil ; sans jamais renier sa pensée. De la salle de classe aux tribunaux, des universités américaines aux tribunes de l’ONU, elle a transformé la lutte en méthode, et la pensée en arme. Aujourd’hui encore, son nom incarne l’alliance rare entre rigueur intellectuelle, courage politique et quête universelle de justice.

Elle n'est pas devenue cette combattante par hasard : durant sa jeunesse, Angela a été profondément marquée par son expérience du racisme, des humiliations quotidiennes provoquées  par la ségrégation raciale et le climat de violence qui règne dans son environnement quotidien.

Birmingham, une ville de ségrégation
En 1963, la ville de Birmingham, dans l’État d'Alabama, est « probablement la ville où la ségrégation est la plus rigoureuse de tous les États-Unis », selon les mots de Martin Luther King.Bien que sa population de presque 350 000 habitants soit à l'époque à 60 % blanche et 40 % noire, la ville ne compte aucun noir parmi ses officiers de police, pompiers, vendeurs dans les grands magasins, conducteurs de bus, employés de banque ou caissiers. Les secrétaires noirs n'avaient pas le droit de travailler pour des professionnels blancs. Les emplois accessibles aux noirs étaient limités aux travaux de force dans les aciéries de Birmingham, aux emplois de service domestique et d'entretien, ou au travail dans les quartiers noirs. En cas de plans de licenciement, les employés noirs étaient souvent les premiers touchés. Le taux de chômage des noirs était deux fois et demi supérieur à celui des blancs, et le revenu moyen des noirs de la ville n'atteignait pas la moitié de celui des blancs. Il était courant que les échelles de rémunération des travailleurs noirs dans les aciéries locales soient significativement inférieures à celles de leurs collègues. La ségrégation raciale dans les établissements publics et dans les commerces du comté de Jefferson était légalement requise, couvrait tous les aspects de la vie et était rigoureusement appliquée. En 1960, seulement 10 % de la population noire de la ville était inscrite sur les listes électorales.... 

Source :Extrait débutant un long article sur la campagne de Birmingham sur Wikipédia (à lire pour se rendre compte de la violence exercée sur la population noire à cette époque-là).

Tout ce vécu a sans doute compté pour beaucoup dans l'engagement d'Angela Davis très tôt dans la lutte contre l’oppression des Afro-Américains aux États-Unis, son premier combat.(*) 

Ce ne fut pas le seul. C'est pourquoi Angela est une femme que je n'ai jamais pu oublier, représentant pour moi un modèle de courage et d'engagement pour toutes les luttes qui sont les siennes, dans le but de faire évoluer les mentalités contre le racisme, le sexismeet le capitalisme et pour le féminisme, la sauvegarde de l'environnement et le bien-être animal.

*** FREE ANGELA ***


Sa soeur Janis, Louis Aragon et Jacques Laurent en tête du cortège à Paris le 3-10-1971

- Manifestation monstre à Paris le 3 octobre 1971 pour demander la libération d'Angela Davis, avec la participation d'environ 100 000 personnes,
- Des personnalités comme Jean-Paul Sartre, Louis Aragon, Jacques Prévert l'on soutenu à cette époque
- John Lennon et Yolo Ona lui dédie une chanson "Angela" tandis que les Rolling Stones lui dédie la chanson "Sweat black angel" en 1972
-  Une référence à Angela Davis, dans la chanson "Lily" de Pierre Perret en 19
- La complainte pour Angela Davis par  Francesca Solleville, en 1972 
- Angela, chantée par Yannick Noah en 2010
- ...
***
Pour en savoir davantage sur la vie de cette femme extraordinaire de courage, de force et de volonté, voici quelques compléments d'informations, cette liste étant bien sûr non exhaustive 

Comment Birmingham a façonné l'esprit radical d'Angela Davis et sa quête de liberté pour tous.
* Podcast sur France Inter dans l'émission de Guillaume Gallienne "ca peut pas faire de mal : Angela Davis et son combat pour la liberté :  
* Radioscopie avec Jacques Chancel qui reçoit Angela Davis en 1977
* Extrait d'''Une lutte sans trève", un des livres publiés par Angela Davis où elle analyse les luttes antiracistes dans leurs différentes implications, allant de l’incarcération de masse des populations non blanches aux Etats Unis à la solidarité internationale avec le peuple palestinien
* Le portrait d'Angela Davis, une icône des luttes sociales,  sur le site "Celles qui osent".
* etc...

1 commentaire:

monsieur R a dit…

toute ma jeunesse mes débuts de militant merci