L'appel à mail-art lancé par la Médiathèque La Boussole de Montigny-en-Gohelle sur la voix des femmes qui nous inspirent me donne l'occasion de consacrer un article à l'une d'entre elles, dont j'ai toujours suivi le parcours depuis mon adolescence : il s'agit d'Angela Davis.
Voici comment cela a commencé : Le 7 août 1970, une tentative de libération d’un membre du Black Panther Party se conclut par la mort d’un juge. Angela Davis, une enseignante communiste et noire de l’université de San Diego qui est accusée d’avoir fourni les armes, est en cavale. Rattrapée par le FBI, elle est accusée dans un procès qui peu lui valoir la peine de mort. Fleurissent alors des banderoles « Free Angela » sur toute la planète.
Comme beaucoup d'autres personnes en France, c'est à ce moment là que j'ai entendu parler d'elle pour la première fois. Nous étions au début des années 1970, j'avais 15 ans : j'ai longtemps arboré le badge "Free Angela", d'ailleurs 56 ans plus tard, ce badge est toujours en ma possession.
J'ai toujours été extrêmement touchée par la cause de cette femme injustement accusée parce que femme, noire, communiste et professeure se battant pour les droits civiques des afro-américains. Au fil du temps où je suivais de loin en loin son parcours, je l'ai toujours trouvée inspirante par son courage et sa détermination, toujours profondément militante et engagée, fidèle aux nombreux combats qu'elle mène sans faillir, à maintenant 82 ans.
Née le 26 janvier 1944 à Birmingham dans l'état de l'Alabama, au cœur de l’Amérique ségrégationniste, Angela Davis a fait de sa vie une école de résistance. Philosophe marxiste, militante du Black Power et féministe avant l’heure, elle a connu la cavale, la prison, la gloire et l’exil ; sans jamais renier sa pensée. De la salle de classe aux tribunaux, des universités américaines aux tribunes de l’ONU, elle a transformé la lutte en méthode, et la pensée en arme. Aujourd’hui encore, son nom incarne l’alliance rare entre rigueur intellectuelle, courage politique et quête universelle de justice.
Birmingham, une ville de ségrégationEn 1963, la ville de Birmingham, dans l’État d'Alabama, est « probablement la ville où la ségrégation est la plus rigoureuse de tous les États-Unis », selon les mots de Martin Luther King.Bien que sa population de presque 350 000 habitants soit à l'époque à 60 % blanche et 40 % noire, la ville ne compte aucun noir parmi ses officiers de police, pompiers, vendeurs dans les grands magasins, conducteurs de bus, employés de banque ou caissiers. Les secrétaires noirs n'avaient pas le droit de travailler pour des professionnels blancs. Les emplois accessibles aux noirs étaient limités aux travaux de force dans les aciéries de Birmingham, aux emplois de service domestique et d'entretien, ou au travail dans les quartiers noirs. En cas de plans de licenciement, les employés noirs étaient souvent les premiers touchés. Le taux de chômage des noirs était deux fois et demi supérieur à celui des blancs, et le revenu moyen des noirs de la ville n'atteignait pas la moitié de celui des blancs. Il était courant que les échelles de rémunération des travailleurs noirs dans les aciéries locales soient significativement inférieures à celles de leurs collègues. La ségrégation raciale dans les établissements publics et dans les commerces du comté de Jefferson était légalement requise, couvrait tous les aspects de la vie et était rigoureusement appliquée. En 1960, seulement 10 % de la population noire de la ville était inscrite sur les listes électorales....
Source :Extrait débutant un long article sur la campagne de Birmingham sur Wikipédia (à lire pour se rendre compte de la violence exercée sur la population noire à cette époque-là).
*** FREE ANGELA ***







1 commentaire:
toute ma jeunesse mes débuts de militant merci
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