20 mai 2021

D136 - Oiseau et fleurettes, de Colette

Ce mail-art est resté un moment mystérieux pour moi, car à réception, je n'osai pas ouvrir sur un coté ou l'autre cette fragile enveloppe textile faite dans un morceau d'étamine de rideaux... A force d'en examiner les contours, j'ai fini par tenté l'ouverture sans rien abîmer.... cela aurait été dommage de ne pas lire la carte à l'intérieur et le gentil mot de Colette qui m'écrit depuis la Bretagne. 

De la dentelle argentée, un bel oiseau en feutrine, quelques fleurettes plus un jeu des transparences font de ce mail-art une création très originale.

Merci Colette pour ce cadeau, et pas d'inquiétude, il n'y a pas de délai qui tienne, tant que le fil de l'amitié n'est pas rompu. 

19 mai 2021

T116 - Mésange bleue au nid, de la part de Nadine

Oh la belle enveloppe aux couleurs printanières que voilà! En fait elle m'est parvenue, soigneusement emballée dans une enveloppe de protection de la Poste, craignant pour les éléments fragiles du nid. En effet, ce dernier est composé de raphia, de brins de laine épaisse et irrégulière, avec même quelques plumes. Et la jolie mésange bleue n'est pas peu fière d'y couver sa future progéniture.

Depuis la Suisse, c'est Nadine qui me fait ce bel envoi, se désespérant dans sa  montagne de voir le printemps arriver car il reste encore beaucoup de neiges sur les sommets, et la température très froide encore n'est pas vraiment digne d'une mi-mai. 

Merci beaucoup pour cette composition alliant le timbre avec le thème de l'envoi, tout comme j'aime! J'ai bien noté le thème de la légèreté  à traiter dans mon mail art de réponse,  mais ce ne sera pas pour tout de suite,  un petit peu de patience va être nécessaire. 

Encore merci Nadine, pour la belle complicité que nous sommes en train d'établir. 

Doigts de fée, pour Michele

Mon amie Michele est une brodeuse émérite, et moi j'adore broder et j'admire les dentellières. Alors ce mail-art réunit nos deux passions.  

image trouvée sur Pinterest, non attribuée

Là nous voyons essentiellement des grands-mères qui s'activent. Pourtant, il semble qu'aujourd'hui la broderie reprenne mais sous une forme plus moderne. Quant à la dentelle aux fuseaux, c'est au sein de couviges (rassemblement de dentellières) qu'il lui arrive de renaître dans des régions comme celle du Puy en Velay dans la Haute Loire ou bien dans les Vosges, à Mirecourt.

Je te souhaite bonne réception de ce mail-art faisant honneur à toutes ces dames aux doigts de fée qui savaient réaliser des chefs d'oeuvres de finesse.

La Pavlova, pour Nadine

Pour traiter du thème de la danse qui fait plaisir à Nadine, je lui ai fait un mail-art dédié à la très grande ballerine russe Anna Pavlova (ou Pawlova) qui reste dans toutes les mémoires comme une virtuose de la danse, l'interprète exceptionnelle d'un solo sur la Mort du Cygne sur une musique de Camille Saint Saens (costume dessiné par Léon Baskt)
Et plutôt que d'alimenter ce post par une rubrique Wikipédia, j'ai préféré la description du parcours et de la vie de cette artiste telle que publiés dans un livre pour la jeunesse : ce beau livre magnifiquement illustré est un cadeau tout trouvé pour les enfants avides de beauté et passionnés de danse.


de Laurel Snyder (Auteur) Julie Morstad (Illustration) La Danse du Cygne - La vie et la danse d’Anna Pavlova 

Du canard chétif au cygne majestueux : le parcours émouvant de la ballerine Anna Pavlova dans la Russie du début du XXe siècle.

Anna Pavlova naquit à Saint-Pétersbourg en 1881 dans une famille modeste ; sa mère était lessiveuse et devint ballerine en 1891. Elle se passionna pour la danse classique, après avoir observé l’enchantement de sa mère à la vue de La Belle au bois dormant et s’en être émue au point de danser pour les écureuils de sa cour, entre deux lessives.

Elle entra à dix ans à l’École Impériale de Danse, en dépit d’une maigreur certaine (contrairement aux danseuses plus enveloppées de l’époque) et d’une santé fragile. Ses rêves de ballerine, puis de danseuse étoile, s’accomplirent, en toute grâce, et sans tirer de sa gloire la moindre prétention. En 1899, elle rejoignit le Ballet du Théâtre Mariinsky, dont elle devint Première Danseuse en 1906. Elle imposa son style de « Sylphide », pâle et évaporée dansant évidemment les Sylphides et Giselle, dans les rôles-titre, et en s’illustrant surtout dans le solo de trois minutes de La Mort du cygne, écrit par le chorégraphe Michel Fokine, sur la musique de Camille Saint-Saëns.

Celle qui alors fut « rebaptisée » : « La Pavlova », en hommage à sa virtuosité inégalée, connut un succès mondial, dès 1908, quand elle partit dans le monde entier danser. Mais elle quitta le Mariinsky en 1913, afin de monter sa propre compagnie, dont le succès ne se fit pas attendre. La musicalité de son expressivité fut toujours soulignée par des critiques aux anges de voir cet être aux bras infinis, d’une grande précision gestuelle, mais aussi au buste très parlant sillonner la scène sans se brûler les ailes. Les codes de la danse classique en furent ainsi revisités grâce à la singularité de ses interprétations. « Anna nourrit le monde de beauté », c’est une « reine », un « cygne », une « libellule », une étoile qui brille la nuit comme le jour.

Cependant, quand la Première Guerre mondiale éclata, elle se réfugia à Londres, puis mourut, épuisée, lors d’une tournée aux Pays-Bas, d’une pneumonie, ou pleurésie, en 1931. Le train où elle se trouvait en avait percuté un autre, elle sortit en pyjama et marcha le long de la voie pour savoir ce qu’il s’était passé, sans remarquer qu’elle prenait froid et en mourut (elle repose au Crématorium de Golders Green, non loin de Londres). Il paraît, qu’avant de mourir, Anna demanda à enfiler son costume de Cygne, comme si elle allait monter sur scène et ses derniers mots furent : « Jouez cette dernière mesure très doucement ».

La petite Anna a bien révolutionné la danse classique du XXe siècle, et donné de l’espoir à toute une génération de jeunes danseuses issues de milieux défavorisés et ne craignant plus de se lancer à corps gagnant dans la danse. 

Source : Article d’Anne O’Byrne de décembre 2018 sur le site resmusica.com

18 mai 2021

PP05 - Hozho, peinture de sable et de guérison du peuple Navajo, de la part de Nicole

En 1996, Nicole a participé avec son travail à une manifestation culturelle sur le thème des peuples menacés comme elle m'en a déjà fait part dans un post précédent. 

Elle poursuit sur ce thème dans ce nouveau mail-art, dédié aux peintures de sable, tout à fait éphémères, réalisées par les chamans dans un but de guérison chez les amérindiens Navajo.

Entre autres documents et livres qu'elle a lus sur le sujet, Nicole s'est aussi rendue cette année-là  à une exposition qui se tenait à la Villette -cf. le player ci-dessus- où il est précisé au verso :

Pour la première fois en France, des "medecine men navajo" réalisent en public des peintures éphémères et sacrées.  Les peintures de sable sont l'un des temps forts des complexes cérémonies pratiquées en terre Navajo depuis des siècles.
Leur but est d'entretenir ou de rétablir l'harmonie qui unit l'être humain à l'ensemble de son environnement naturel, social, moral, voire politique.
Pendant près de six semaines, six indiens navajos, venus d'Arizona, se relaieront, à la Villette, pour créer, en présence du public, des oeuvres éphémères commencées le jour et effacées le soir même.
Cette exposition-création exceptionnelle livrera aux visiteurs une approche inédite de la pensée d'un peuple qui place la santé au coeur de sa philosophie, à travers la présentation d'une vingtaine d'oeuvres fixes, tapisseries, aquarelles et peintures dont certaines n'ont jamais été montrées au public

Quelle chance Nicole, tu as eu d'être témoin de cette manifestation-là! Tu dois en garder un grand souvenir.  Je te remercie infiniment, car comme toujours, ton art postal est  très documenté. Tu sais combien j'en suis particulièrement friande. 

Pour compléter, quelques chants navajos sont joints à l'envoi : 

Chant de la beauté 
Dans la beauté je marche
Avec la beauté devant moi, je marche
Avec la beauté derrière moi, je marche, 
Avec la beauté au-dessus de moi, je marche
Avec la beauté autour de moi, je marche
La beauté est revenue
La beauté est revenue
La beauté est revenue
La beauté est revenue.

Chant de la guérison
Avec joie, je guéris
Avec joie, la fraîcheur me pénètre
Avec joie, mes yeux retrouvent leur pouvoir
Avec joie , la fraîcheur pénètre ma tête
Avec joie, mes membres retrouvent leur pouvoir
Avec joie, je retrouve le pouvoir d'entendre
Avec joie, le sortilège a fini
Avec joie, je retrouve le pouvoir de marcher
Insensible à la douleur, je marche, 
Léger au-dedans, je marche,
Les sens aiguisés, je marche.

Chant du pollen 
Que le pollen arrête tes pieds,
Que le pollen immobilise tes mains,
Que le pollen fasse baisser ta tête !
Alors, tes pieds deviendront pollen. 
Tes mains, pollen
Ton corps, pollen
Ton esprit, pollen
Ta voix , pollen :
Le chemin est beau
Sois en paix.

Ci-dessous, vous trouverez de quoi en connaître davantage sur ces  rites chamaniques de guérison, hélas en train de s'éteindre petit à petit,  tout comme ce peuple amérindien.

***
Peintures de sable, de guérison (hozho) Navajos

Le terme navajo pour désigner les peintures de sable, "sandpaintings" : "iikààh" peut être traduit littéralement par "l'endroit par lequel les dieux viennent et vont".
Ces dessins sont faits à base de pierres pulvérisées, de sable sec saupoudré et coloré avec des pigments naturels. L'intention de ces peintures est de permettre au patient d'être investi par les pouvoirs des êtres mythiques présents à travers ce diagramme coloré et de le guérir.

Feest et de rares auteurs utilisent plus spécifiquement le terme de "peintures sèches" ou "drypaintings" pour qualifier les peintures navajos originelles. En effet, elles ne sont pas uniquement faites à l'aide de sables colorés, rouges, jaunes (dépôt d'ocre) et blancs (craie), mais également de matières, à l'état pur et mélangées, telles que farine de maïs, pollen, pétales de fleurs pulvérisées et charbon de bois, qui sont répandues sur un fond sableux généralement doré. On observe l'utilisation d'autres matériaux, végétaux, minéraux.

Avant la cérémonie, sont déposés sur un tapis une grande pierre à moudre, du sable et des pierres de couleurs variées. En général ce sont les femmes qui pilent les différents sables colorés qui sont ensuite utilisés comme colorants. "Il y avait des grès blancs, rouges et jaunes, du charbon de bois noir qu'il fallait mêler à du sable pour le rendre plus lourd ; des racines de chêne de rocaille qui, pilées avec du sable blanc, donnaient un beau ton bleu clair. D'autres couleurs telles que le brun, le rose et le gris étaient obtenues en mélangeant plusieurs teintes existantes."

La peinture de sable navajo est l'un des éléments les plus importants d'une cérémonie de guérison. A travers ce dessin, élaboré et coloré, dont les teintes noire, rouge, jaune, blanche et turquoise sont sacrées aux yeux des Navajos, les Etres Saints sont contactés afin de guérir le patient.

Ces peintures sont sacrées et font partie intégrantes de cérémonies. Elles ne sont réalisées que par un "Medecine-Man", ou par ses apprentis, mais toujours sous sa responsabilité. S'il ne trace pas lui-même la structure de la peinture de sable, dans tous les cas il dirige l'opération dans ses moindres détails. Ses assistants ont ainsi la possibilité d'apprendre en pratique les différentes peintures associées à chaque cérémonie.

La technique de réalisation d'une peinture demande énormément de précision dans le geste. Un peu à la manière des moines tibétains qui réalisent des mandalas de sable, les hommes-médecine, quant à eux utilisent leur pouce et leur index recourbé entre lesquels ils laissent le sable fin et coloré s'écouler en une ligne bien nette et régulière. Cette pratique nécessite une très grande maîtrise du geste. Les grains sont méticuleusement déposés sur un fond de sable de couleur terre préalablement étalé. Il s'agit d'une véritable mosaïque de sable !

Les peintures de sable navajos sont à la base une forme d'art éphémère ; aucun fixatif n'est employé. Ces peintures éphémères, dont Washington Matthews fait état pour la première fois en 1887 dans une première monographie vont évoluer vers une forme plastique fixe et permanente, lorsque des copies seront réalisées par des observateurs blancs puis par les Navajos eux-mêmes, malgré l'interdiction formelle mythologique de représenter ces motifs sacrés de façon permanente.

Il existe près de 600 peintures connues à travers la plupart des collections du début du siècle, environ quatre à cinq sont réalisées pour chaque cérémonie. Les peintures de sable traditionnelles appartiennent à deux catégories. Dans un premier temps, il y a les peintures spécifiques qui accompagnent les chants pendant une partie de la cérémonie. Puis, une autre catégorie est utilisée pour illustrer les "histoires" de la mythologie navajo et sur lesquelles le patient va s'agenouiller. De nos jours, des peintures traditionnelles et éphémères sont encore pratiquées dans les réserves par des hommes-médecine au cours de cérémonies de guérison. Ces dernières ne sont pas secrètes mais semblent faire preuve d'une très grande discrétion. Ainsi, des hommes-médecine navajos en viennent à réaliser deux sortes de peintures de sable, les traditionnelles et les peintures de dimension artistiques destinées à des usages différents et qui évoluent dans des espaces bien distinctifs.

Toutefois, il est important de savoir qu'aujourd'hui les peintures de sable navajos existent essentiellement sous forme d'œuvres d'art permanentes. Ces peintures ne sont plus uniquement pratiquées dans un contexte religieux ni pour des raisons thérapeutiques, mais ont intégré un marché de l'art ainsi que le champ de l'Art Contemporain.

Les peintures navajos originelles représentent "des personnages : êtres surnaturels et figures mystiques, placés aux quatre points cardinaux, ou en file, les uns à la suite des autres, presque toujours groupés par pairs hommes et femmes, vieux et jeunes et également des représentations symboliques d'éléments sacrés : le soleil, la lune, l'éclair, le maïs, un arbre, une montagne, un serpent, un lac, des nuages, une ville, un champ, l'arc-en ciel, des étoiles".

Chaque peinture de sable illustre un instant d'un mythe. En règle générale, les copies possèdent un titre qui permet de les identifier avec plus de précision. La peinture de sable navajo traditionnelle est exécutée sur le sol balayé du hogan cérémoniel par le chanteur, medecin-man et ses aides. Ensuite, au cours de la cérémonie, le patient s'assied sur la peinture de sable face à l'est.

Extrait d’une maîtrise d'arts plastiques, Sorbonne, 1999

A  travers les peintures de sable, les Navajos tendent vers Hozho. Hozho c'est être en harmonie avec l'univers. C'est être bien dans son corps, en sécurité, en accord avec soi et tous ce qui nous entoure. C'est un état intérieur qui surgit quand tout est à sa juste place. Hozho, c'est aussi quelque chose qui protège la beauté, qui veille à ce qu'elle puisse être.

Hozho compte plusieurs cérémonies ou Voies. Certaines sont féminines, d'autres masculines. En voici quelques une parmis les plus célèbres : la voie de la bénédiction, de la beauté, de l'eau, de la plume, de la perle, de la fourmi et la voie de l'aigle etc.

Il existe au moins mille deux cents peintures de guérison. Même un Hataalii (homme médecine) ne les connaît pas toutes. Il ne retient que celles qui se rattachent à sa spécialité.


La voie de la bénédiction : cette voie n'est pas faite pour soigner, mais pour ponctuer les grands passages de la vie : naissance, puberté, mariage, départ à l'armée d'un conscrit, l'entrée d'un homme en politique, protection d'un troupeau ou l'ouverture d'un nouveau restaurant.

Le cérémonial est court : deux jours deux nuits et simple : quelques chants et prières, des bains de mousse de Yucca, quelques peintures.

La voie de la beauté  : dans la voie de l'ennemi, deux belles femmes sont données en butin de guerre aux vainqueurs inattendus d'une bataille, deux hideux vieillards, homme-ours, homme serpent, capables de prendre l'apparence de la jeunesse et de la beauté. Elles s'enfuient l'aînée vers l'Ouest, la cadette vers l'Est, mais rattrapées, elles deviendront Bispali, l'héroïne de la voie de la montagne, et Glispah celle de la voie de la beauté.

Les voies Navajo sont ainsi de grands et sinueux voyages initiatiques. L'importance de ces héroïnes rappelle la place privilégiée des femmes dans la société Navajo ou la descendance matrilinéaire : un Navajo appartient au clan de sa mère, étant seulement né pour celui de son père.

Glispah apprendra au pays de peuple Serpent comment contrôler les forces de la fécondité, elle aura gâché des moissons, provoqué des ouragans de grêle, été punie, démembrée, puis reconstituée par le peuple serpent, maître en ce pouvoir d'utiliser et de contrôler la fécondité. L'homme serpent, son époux, peut enfin lui prodiguer cette cérémonie de quatre jours la voie de la beauté. A elle de porter cet enseignement au peuple de la terre puis de revenir vivre parmi le peuple serpent ou Femme serpent, déesse de la fertilité et de la guérison, règne depuis sur les nuages, la pluie, le brouillard la végétation pour le bien du peuple de la surface de la terre.

La voie de l'eau :  les voies, notamment les majeures, finissent toutes par rejoindre un même tracé. Le héros commet des impairs à cause de sa nature, laquelle n'est pas aussi tranchée qu'il paraît, la preuve en est que des Etres intermédiaires lui viennent en aide pour lui révéler sa propre ambiguïté ni tout a fait méchant ni tout à fait bon, capable du pire comme du meilleur, jusqu'à ce qu'il croise leur chemin.

Conscient de ses possibilités, il peut gagner ses galons d'Etre Sacré en rejoignant le monde de ceux qui ont déjà ce statut pour l'avoir acquis ou toujours eu. Là-haut ou tout en bas, il reçoit la cérémonie qui le sanctifie puis revient dans le monde des humains pour la leur léguer. Rejoignant définitivement le panthéon sacré des Navajos, il veille désormais à l'accomplissement de ce que sa nature avait de prophétique. Mais tous ces héros semblent nous encourager à tendre, même si c'est par des chemins différents vers l'immatérialité du pollen, la matière à l'interface du monde visible et invisible, de faire de sa vie une conquête spirituelle.

La voie de l'eau semble aujourd'hui éteinte, et ses deux derniers praticiens remontaient à l'époque du grand Homme-médecine du XXe siècle, Hosteen Klah (1867-1937).

Cérémonie majeure, elle ne se déploie plus, alors, que sur cinq nuits contre neuf à l'origine. On la dit liée au retrait des eaux après le déluge. Dans cette Voie de l'Eau comme dans la Voie de la Grande Etoile dont on pense qu'elles appartiennent au même groupe, que la Voie du Projectile, on voit surgir, aux côtés du héros, le Coyote : il est son animalité, son ombre lubrique.

Mais rien de manichéen, car si le coyote recherche à abuser de la naïveté du héros, le Blaireau lui, l'encourage à grimper toujours plus haut afin de s'élever vers les Etres Sacrés. Le Coyote n'est jamais loin, il guette à la fois tentateur, imaginatif, trouble, et celui qui propulse vers les choses de l'esprit. Ambigu à jamais : n'est-ce pas lui qui a donné le feu aux hommes mais a aussi provoqué le déluge ?

La voie du vent : vieil homme vent, vieille femme vent, petits vents de la montagne du yucca, vent noir à l'est, vent bleu au sud, vent jaune à l'ouest vent blanc au Nord, vent rayé et vent gaucher, vend fou, cyclone et tourbillon, vent rouge, vent gris...Les vents sont le principe même de la vie dans sa manifestation. Au sein même du corps, ils le parcourent, animent les poumons, le cœur, circulent dans l'œsophage et les intestins. C'est le souffle de la vie.

Et celui qui sait capter, comme l'homme médecine, les chants des vents, sait aussi raccorder l'homme aux grands souffles qui traversent et gèrent l'univers et prodiguer l'immunité préventives. C'est ce que tente de faire cette cérémonie ou abondent les images du soleil et de la lune, des nuages et de l'arc-en ciel, des tourbillons, des tonnerres, des cyclones, des cactus et des serpents.

Le serpent est une figure omniprésente de la voie du vent. Il est la personnification animale du vent, sa puissance est aussi fulgurante et destructrice que celle des tempêtes. Dans les peintures de cette voie, qui durait autrefois jusqu'à neuf nuits, le serpent remplace l'arc-en-ciel protecteur, il habille le corps des vents ou traverse en croix les personnages.

La voie de la perle : pouvoir de l'esprit et des cieux sur les piètres bien terrestres : telle est la leçon prodiguée par le Héros de la Voie de la Perle, dit le clochard qui vit habillé d'oripeaux et se nourrit de détritus. Mais sa richesse intérieure lui permet de s'allier avec les puissances suprêmes : à la fois celle de l'aigle, représentation de l'esprit indestructible, et celle de l'éclair et des serpents qui, prenant le relais, permettent au Clochard de franchir la porte du ciel. Mais comme tout héros, le Clochard aura commis préalablement des impairs, reçu l'aide de la Grande Mouche, bienveillante intermédiaire entre les humains et les Etres sacrés, donné l'abeille au monde terrestre et récupéré les trésors du plus riche de tous les peuples, le Peuple Araignée : il les retient dans les mailles serrées de sa toile et notamment des perles qui donnent leur nom à cette Voie de neuf nuits.

Ayant reçu la cérémonie des Etres sacrés, il n'a pas manqué non plus de revenir dans le monde des humains pour la leur transmettre à son tour. Rentré dans sa maison céleste, le corps paré de perles de sa victoire, le Clochard assure une distribution équitable des richesses. Au soleil, par exemple, il offre un très long collier de turquoises et son précieux bonnet de plumes rouge, qui depuis, donne sa couleur au crépuscule. Quant à ces peintures navajo, ceux qui sont capables de réaliser un tel équilibre doivent avoir en eux-mêmes un sens aigu de l'harmonie.

La voie de la nuit : cette voie se déploie sur 9 nuits et seulement pendant l'hiver, elle est destinée à rétablir l'ordre et la beauté chez les personnes dont le désordre s'exprime par un mal de tête, d'yeux, d'oreilles. Cette procédure consiste à exorciser le mal pendant les 4 premiers jours puis à rétablir l'ordre et la beauté nécessaires à la personne qui souffre. Ainsi assiste-t-on initialement à des bains de sudations et une série d'offrandes(k'eet'aan) préparées pour inviter les Etres Sacrées, ces ancêtres invisibles, occupant aujourd'hui les sites sacrés de la terre navajo, et s'assurer de leur présence. Car ils sont nécessaires si l'on veut que la procédure fonctionne correctement et que pour la personne chantée soit rendue entièrement à l'ordre navajo.

Les premiers jours, c'est une succession de sudations, répétitions de prières, chants. Et plus tard surviennent les peintures de sable, les quatre derniers jours de la cérémonie. Chacune est une rhétorique de guérison en soi, complexe, des chefs d'œuvre de ré-ordonnancement. Les chants, prières, peintures sont de véritables chef-d'œuvre de beauté évoluant dans un univers Navajo organisé selon un ordre bien précis et imprégné d'une beauté lancinante.

Cette Voie Mâle par excellence est très pratiquée encore de nos jours. Elle vient pour lutter contre toute forme de paralysie aussi bien physique que mentale. Les héros de cette cérémonie se nomment Les Rêveurs ou Visionnaires. Hosteen Klah '1867-1937 fut l'un des plus brillants praticiens de cette voie complexe dont l'apprentissage culmine avec la constitution d'une trousse de médecine fournie, notamment en masques très difficiles à obtenir, les Maîtres de cette voie les cèdent difficilement à leurs apprentis. Aujourd'hui, de nombreux homme médecine continuent de la pratiquer dans l'ombre et le froid des nuits d'hiver.

Techniques

Les couleurs pour la peinture de sable sont habituellement faites avec le sable naturellement coloré, le gypse écrasé pour le blanc, le grès pour le rouge et un mélange de charbon de bois et de gypse pour les bleus. Le brun peut être fait par un mélange de rouge et de noir. Le rouge et le blanc donne le rose. D'autres agents de coloration participent à l'élaboration des couleurs : la farine de maïs, le pollen, les racines et l'écorce en poudre.

Les peintures de sable sont habituellement associées à une cérémonie. En raison de la nature sacrée des cérémonies, les peintures de sable sont réalisées et détruites au cours d'une période de douze heures.

Le rituel des peintures de sable fait partie d'une cérémonie plus vaste qui comporte des chants spécifiques en fonction du type de cérémonie (guérison, purification etc.). Chaque cérémonie dure habituellement de cinq à neuf jours, mais jamais moins de trois jours. Une peinture de sable est réalisée chaque jour.

Beaucoup de peintures de sable incluent les yéi, qui sont les êtres faisant parti de la mythologie Navajo. Les cérémonies curatives font participer des chamans chantant des chansons particulières et qui créent simultanément une peinture de sable sur la terre. Le chaman demande les yéis pour "sentir" la peinture et pour aider à la guérison du patient en reconstituant l'équilibre et l'harmonie : Hozho qui pourrait se traduire par la voie de la beauté.

Bien sûr, les peintures de sable vendues dans le commerce n'ont rien à voir avec celles utilisées dans les cérémonies...

Source : le Site Arizonadream
Je viens de dénicher sur le net un très beau livre qui illustre bien ses peintures extraordinaires : je pense que je vais me le procurer...

17 mai 2021

Le charme des roses trémières, pour Marcelle

Tu as toujours adoré les fleurs du jardin, aussi voici une hampe florale pleine de poésie, dont le port majestueux orne magnifiquement cette façade ancienne et cette fenêtre à tout petits carreaux, tout à fait charmante. 

Bonne Fête, Marcelle, et bonne réception!

Colibri et fuschia, pour Marcelle

Voici de beaux fuschias comme ceux que tu as eu longtemps dans ton jardin :ils sont si gracieux qu'on dirait des ballerines en tutu, faisant des pointes.

Je te souhaite un très bel anniversaire, avec ce colibri faisant sa collecte de nectar au coeur des corolles de fuschias. Cet oiseau est très emblématique, il symbolise  pour moi ce que chacun doit pouvoir faire à son niveau pour protéger le mieux possible la planète.

Bon anniversaire Marcelle!
***
La légende amérindienne du colibri !
Un jour, dit la légende, il y eut un immense incendie de forêt. Tous les animaux terrifiés, atterrés, observaient impuissants le désastre. Seul le petit colibri s’activait, allant chercher quelques gouttes avec son bec pour les jeter sur le feu. Après un moment, le tatou, agacé par cette agitation dérisoire, lui dit : "Colibri ! Tu n’es pas fou ? Ce n’est pas avec ces gouttes d’eau que tu vas éteindre le feu ! "

Et le colibri lui répondit : "Je le sais, mais je fais ma part."

Tintin et Milou dans la montagne corse, pour Jean-Paul

Pour mon ami Ursu, voici une association entre le timbre sur le monte Cinto -plus haut sommet de la Corse-  et le sujet du mail-art. 

On y voit Tintin le petit reporter belge toujours associé à son chien fidèle, qui s'est donné pour mission d'atteindre ce sommet, habillé et équipé comme un montagnard autrichien. 

Je t'en souhaite bonne réception.

Monsieur et Madame Toujours-Soif en belle humeur

Jean-Paul est un amateur de bière mais aussi de vieux papiers. Entre autres et jusqu'à il y a peu, il collectionnait  les étiquettes de bières ; il faut dire qu'il en existe de fort originales.

J'en ai reproduit une ici, ancienne, représentant l'intérieur d'un couple ; près de la table l'homme soulève un hanap de bière tandis que la femme s'apprête à consommer une tasse de café.

  

Je t'en souhaite une bonne réception, mon ami. Quel dommage que la légende de l'étiquette soit de mauvaise qualité, je l'imagine savoureuse. Voici quand même ce que j'arrive à y lire, en utilisant  une loupe :

sur la gauche de l'étiquette : 
Jean Toujours-Soif : 
Capitaine de l'invincible compagnie des buveurs de bière
Vivent la Bière et ses amis
On ne peut en aucun pays
Trouver un jus plus confortable 
Chaque jour vidant douze pots
Jean Toujours-Soif est gai, dispos
Et d'un embonpoint remarquable.

sur la droite  de l'étiquette : 
Madame Toujours-Soif, née Ducafé : 
Présidente de la Grande Société des Soeurs de la Cafetière
Je ne bois ni Bière, ni Vin
Mais le Café, soir et matin,
Me procure un jus délectable.
Si la bière étanche la soif
De mon mari, Jean Toujours-Soif, 
Le Café m'est indispensable.

                                         

15 mai 2021

Quinze féminin, encore pour mon plus fidèle postier

Je continue de remercier les agents de la Poste qui permettent à mes courriers textiles d'être compostés à la main, leur évitant ainsi de souffrir des affres des machines à affranchir, généralement dévastatrices pour nos courriers fantaisistes.

Manu, mon fidèle postier, est un fondu de sport, tout particulièrement du rugby. Alors cette fois-ci, j'ai changé un peu de modèle en lui composant un terrain avec quelques rugbywomen en action.

Nos bleues méritent bien cet hommage, même si ici elles ont un look un peu désuet. Je les ai trouvées dans un dessin intitulé "La saison des balles", réalisé par  Georges Pavis, paru dans un numéro de La vie parisienne dans les années 20, avec un commentaire très daté. 
Signe des temps : c'est parfois en "dégageant" du pied que les jeunes filles d'aujourd'hui espère engager leur main.

Allez les petits!, pour mon fidèle postier

Tout le monde se souvient de cet encouragement donné par le célèbre commentateur des matchs de rugby qu'était Roger Couderc. Son enthousiasme était communicatif, même si comme moi, on n'y connaissait rien à ce sport.

Le rugby, c'est aussi la passion de mon postier préféré, alors cette fois-ci je suis partie d'une carte postale ancienne, que j'ai prolongée au moyen de crayons aquarellables pour obtenir une carte textile dans mon format préféré.

d'aorès une carte postale ancienne publiée sur le site Delcampe

Je lui en souhaite une bonne réception.

Pivoine, belle de Chine, pour ma nouvelle postière

Même si je déplore souvent la mauvaise qualité du service de  distribution postale, ces derniers mois, avec des facteurs intérimaires qui font ce qu'ils peuvent, j'apprécie beaucoup les postiers qui acceptent gentiment de me tamponner à la main les réalisations que je leur amène, au moins une fois par semaine. 

Ma nouvelle postière Bénédicte m'a dit aimer le jardin et les fleurs : alors j'imagine que cette branche de pivoine arbustive saura lui plaire. Je lui en souhaite bonne réception.

Grande diversité des métiers d'art, de Michel - Carnet 28-5/2

Ouf, j'ai eu encore beaucoup de chance de récupérer ce carnet, car Michel n'a toujours pas mis à jour mon adresse, malgré mes indications. Il faut croire que dans certains cas,  un ange gardien  veille à ce que les créations que vous m'adressez me parviennent bien....

Michel aime les timbres et me le prouve bien ici : il a choisi d'illustrer nombre de métiers d'art par des timbres anciens sur la page de gauche :  reliure, porcelaine et  cristaux,  lutherie et tapisserie,  gastronomie, joaillerie, orfèvrerie et art du bijou,  ferronnerie, haute-couture et  ganterie,  fleurs et parfums, pour terminer au centre par la vannerie.

Le timbre n'a pas été collé sur le carnet lui-même mais sur une étiquette distincte

La page de droite est dédiée au dessin des mains, outil principal du maître artisan d'art, et à trois très beaux paysages ensoleillés qui semblent être des tapisseries.

Je te remercie beaucoup Michel, à mon tour de prendre la main pour composer la troisième double-page de ce carnet, mais ce ne sera pas dans l'immédiat.  

10 mai 2021

Danseuse indienne charmeuse d'oiseau, pour Chantal

Toujours d'après les illustrations dénichées dans les pages superbes d'un livre de la Bibliothèque National de France sur des miniatures de l'Inde et de la Perse, en accès libre, voici une nouvelle danseuse indienne, très gracieuse, destinée à Chantal : elle m'a dit toujours apprécier ce qui lui rappelle l'Inde, pays qu'elle connaît très bien.

Je t'en souhaite bonne réception, Chantal!

Indiscrétion, de la part de France

Ce que c'est sympa de la part de France de m'inclure dans les destinataires de sa série "par le trou de la serrure" et quelle belle idée elle a eu là, surtout !

Alors, maintenant,  que vais-je trouver en faisant coulisser le cache?

....une série de drapeaux couverts de prières, flottant au vent, au Tibet, peut-être.
Merci France pour ce mail-art tout à fait inattendu.